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L'AIR DU TEMPS

le Progrès du jeudi 31 mars 2016

 

 

RELIGION - AFFAIRE DE PÉDOPHILIE. L'ARCHEVÊCHÉ DE LYON PERQUISITIONNÉ

 

 

Une perquisition a eu lieu hier à Lyon dans le cadre du dossier qui vise le cardinal Barbarin et d'autres responsables religieux, en marge de l'affaire du prêtre inculpé pour des agressions sexuelles. Une procédure très classique, mais un endroit très inhabituel. La perquisition, ce terme très souvent employé depuis les derniers attentats, s'accommode assez mal avec les lieux du sacré.

 

 

Hier à Lyon, l'archevêché, situé à deux pas de la basilique de Fourvière, a pourtant reçu la visite de policiers dans le cadre de deux enquêtes préliminaires pour "non-dénonciation d'atteintes sexuelles sur mineurs de 15 ans" et "mise en danger de la vie d'autrui". La première a été ouverte le 4 mars par le parquet en marge de la mise en examen, le 27 janvier, du père Preynat pour des agressions sexuelles sur des scouts lyonnais entre 1986 et 1991. Six responsables religieux, dont le cardinal Barbarin, sont visés par quatre plaintes de victimes qui leur reprochent de ne pas avoir dénoncé à la justice le passé de ce prêtre suspecté de pédophilie.

 

 

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Depuis une seconde enquête préliminaire a été ouverte à la suite d'une autre plainte d'un haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur, pour des atteintes sexuelles par un autre prêtre, remontant au début des années 90. Cette victime reproche aussi au cardinal Barbarin de ne pas avoir agi lorsqu'il l'a informé de cette agression en 2009. Cette perquisition menée sous le contrôle du parquet est donc tout à fait normale à ce stade de l'enquête. Elle n'a pas donné lieu à une déferlante de policiers, repartis quelques heures après, les bras chargé de cartons, "Cela s'est fait dans la sérénité. Pour le cardinal Barbarin, c'était une opération portes ouvertes et tiroirs ouverts", résume son avocat Me André Soulier.

 

 

"Il a été remis aux enquêteurs les éléments dont la justice souhaitait disposer pour faire la lumière sur ces événements douloureux. Le cardinal Philippe Barbarin a exprimé à de nombreuses reprises sa volonté de coopérer en toute transparence avec la justice. Il se tient à sa disposition avec confiance et renouvelle le voeu qu'elle puisse agir dans la sérénité indispensable à la manifestation de la vérité et à l'apaisement de la souffrances de victimes", a réagi le diocèse de Lyon dans un communiqué.

 

 

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Selon une autre source, la perquisition menée par les policiers de la Brigade de Protection de la Famille, visait des demandes et des éléments très précis sur des archives remontant jusqu'au début des années 90. C'est en 1991 que les parents d'une victime avaient écrits au cardinal Decourtray pour signaler les agissements du père Preynat, alors écarté pendant six mois avant d'être replacé dans des paroisses jusqu'en 2015. Après Decourtray, trois autres cardinaux se sont succédé à la tête du diocèse de Lyon, dont le cardinal Barbarin, en place depuis 2002.

 

 

Cette enquête judiciaire s'annonce délicate, puisqu'elle vise à prouver à quand remonte la connaissance précise que le cardinal Barbarin et les autres responsables visés par les plaintes, avaient de ces faits. Viendrait alors s'ajouter une autre difficulté : la non-dénonciation est délit dont la prescription est de trois ans, ce qui peut encore fragiliser les éventuelles poursuites. Xavier Breuil

 



01/04/2016
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