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L'AIR DU TEMPS

la Tribune du samedi 4 octobre 2014

 

 

 

TERRORISME - Djihadistes : près de 1 000 Français impliqués dans des actons en Syrie. Comment limiter les risques lors des retours et empêcher les départs. La France, premier fournisseur européen de djihadistes en Syrie... Combien sont-ils exactement en Syrie ? Quel comité d'accueil quand ils reviennent ? Que fait-ont pour les empêcher de partir ?

 

 

 

 

Les dernières statistiques du ministère de l'Intérieur font froid dans le dos. Près de 1 000 ressortissants français ou étrangers résidant habituellement en France seraient "impliqués" dans le djihad en Syrie. 353 opéreraient sur place dont une soixantaine de femmes et 174 seraient en transit vers les zones contrôlées par l'Etat islamique. "Il ne faut pas oublier les 36 décès survenus dans les combats, les 189 personnes reparties de Syrie et les 232 qui ont exprimé des velléités de départ", ajoute-t-on au ministère de l'Intérieur.

 

 

 

 

Comment désamorcer ces possibles bombes à retardement quand elles décident de revenir en France ? "Ils ne sont pas partis là-bas pour faire de l'humanitaire. Leur retour est compliqué. Quand nous avons des éléments qui attestent qu'ils ont participé à des entreprises terroristes en Syrie, cela tombe sous le coup de la loi".

 

 

 

 

Résultat, les forces de l'ordre ont effectué 110 interpellations débouchant sur 107 gardes à vue, 74 mises en examen et 51 incarcérations. "Nous agissons. Et ceux qui ne sont pas immédiatement inquiétés par la justice sont étroitement surveillés par les agents de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Toutes les forces de sécurité du territoire coopèrent avec les renseignement, la gendarmerie, la police, les douanes sont mobilisées dans les 78 départements français où vivent des anciens djihadistes", explique-t-on au ministère.

 

 

 

 

 

Plus de signalements en Turquie

 

 

Mais peut-on être rassuré quand nos frontières semblent si poreuses ? Certains, en provenance de Turquie, la plaque tournante des djihadistes, passent à travers les mailles du filet comme lors du "couac" du 23 septembre dernier où trois individus sont rentrés sur le territoire sans être inquiétés. "Trois jours plus tard, Bernard Cazeneuve a obtenu de la Turquie de nombreuses améliorations sur la communication d'informations concernant nos ressortissants sur le chemin du retour", veut retenir un proche de ministre de l'Intérieur.

 

 

 

 

Dorénavant, la Turquie s'est engagée à donner un signalement lors de tout contrôle d'un Français sur son territoire. Une liste des personnes en rétention administrative pour séjour irrégulier sera également mise à jour régulièrement et disponible par les autorités française. Enfin, un policier s'assurera sur place de l'embarquement d'un Français visé par un éloignement. "Mais cela ne peut pas suffire. Il faut une coordination au niveau européen qui permette via un fichier commun de connaître avant même qu'ils atterrissent l'identité des personnes recherchées" explique le ministère de l'Intérieur qui organisera le 6 novembre prochain une réunion sur le sujet avec les six principaux ministres de l'Intérieur en présence d'un représentant de la Turquie.

 

 

 

 

Soixante-dix mineurs retenus et suivis

 

Organiser des "comités d'accueil", c'est bien, empêcher les départs, c'est mieux. Depuis le début de l'été, une plateforme d'appels (numéro vert : 0 800 005 696) enregistre les signalements de parents inquiets par la radicalisation de leurs enfants mineurs.

 

 

 

Près de 400 appels ont été enregistrés à ce jour évitant 70 départs pour la Syrie. "Ces mineurs sont ensuite suivis. Plus que suivis pour éviter un basculement complet. Les préfets coordonnent les services de l'Etat pour accompagner ces jeunes gens et leurs familles", insiste le ministère.

 

 

 

Si depuis le 23 avril dernier, date des premières mesures lancées par Bernard Cazeneuve, les parents peuvent aussi s'opposer aux départs de leurs enfants, une nouvelle mesure interdisant la sortie du territoire est en train d'être votée par le parlement. "Quand la soeur de Mohamed Merah a disparu de la circulation en mai dernier, il était impossible de lui interdire de monter dans l'avion. Avec la nouvelle loi, nous aurons cette possibilité", conclut le ministère. Patrice Barrère

 



05/10/2014
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