L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le samedi 28 septembre 2019

 

 

Mondiaux d'athlétisme : la chaleur, premier adversaire des athlètes à Doha

 

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Des températures caniculaires sont attendues durant les championnats du monde qui ont débuté au Qatar

 

 

 

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Les épreuves du saut en longueur se disputeront dans le Khalifa Stadium où la température ne devrait pas dépasser 25 °C grâce à la climatisation. A l'extérieur en revanche, les températures friseront les 40 °C. (KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP)

 

 

 

Gare au coup de chaud. Les championnats du monde d'athlétisme, qui ont débuté vendredi 27 septembre à Doha (Qatar), seront les premiers de l'ère post-Usain Bolt. Si la retraite du sprinteur laisse un grand vide, sa succession n'est pas au centre des discussions. Elles tournent surtout autour des températures qui vont régner durant la compétition. "La sortie de l'aéroport a été un choc pour beaucoup", raconte Patrice Gergès, patron des équipes de France. "On avait l'impression d'être une pizza qui rentre dans un four", illustre-t-il sur Europe 1. Avec des risques de surcuisson. 

 

 

 

Quelles sont les conditions attendues ?

Un rapide coup d'œil aux températures annoncées à Doha dans les prochains jours sur le site de Météo France fait froid dans le dos et laisse imaginer la fournaise qui attend les athlètes. Des nuits où le thermomètre ne descendra pas en dessous de 30 °C et des journées où il flirtera avec les 40 °C. "Cela ne s'est jamais vu dans l'histoire des championnats du monde d'avoir de telles conditions, avec un fort taux d'humidité [jusqu'à 70%] et une telle chaleur ambiante [jusqu'à 45 °C ressentis la nuit], qui placent les sportifs face à un milieu hostile", relève dans Le Monde le docteur Jean-Michel Serra, directeur du service médical de la Fédération française d'athlétisme (FFA).

 

 

 

 

 

 

Ainsi, la première épreuve des Mondiaux, le marathon féminin, s'est déroulée par 35 °C avec un taux d'humidité proche des 60%, alors qu'elle avait débuté peu avant minuit, heure locale.

 

 

Sebastian Coe, président de l'Association internationale des fédérations d'athlétisme (IAAF) et ancien athlète, s'inquiète : "Le problème n'est pas la chaleur. Le vrai problème, c'est l'humidité. Tous les gens qui ont déjà couru savent qu'il est possible de gérer la chaleur. L'humidité, en revanche, représente un tout autre challenge."

 

 

 

Qu'est-il prévu pour lutter contre la chaleur ?

Bien conscients des températures qui vont régner à Doha pendant ces dix jours de compétition, les organisateurs ont prévu une climatisation dans le Khalifa Stadium, qui va accueillir les épreuves. La température tournera autour de 23 °C à 25 °C  grâce à un système de 3 000 bouches d'aération disposées tout autour de l'enceinte. Mais avant d'entrer sur la piste, les athlètes s'échaufferont sur un terrain où la température atteint les 38 °C et l'humidité avoisine les 50%. Un tunnel long de 150 mètres, unique en son genre, permettra de refroidir les corps des sportifs.

 

 

Les athlètes "auront un voyage thermique", assure à l'AFP Sébastien Racinais, responsable des recherches sur la santé et la performance des athlètes au centre Aspetar, le premier hôpital spécialisé en orthopédie et médecine sportive du Golfe. Un système informatisé préparera le corps des athlètes en abaissant la température par étapes au fur et à mesure qu'ils avanceront dans la passerelle souterraine éclairée qui mène au stade de 46 000 places. Une descente en douceur : "Il n'est pas bon d'avoir une température trop basse. La chaleur est bonne pour les sprinters mais c'est un stress supplémentaire pour les athlètes pratiquant un sport d'endurance", précise le chercheur.

 

 

"Soyez assurés que nous veillons à la sécurité des sportifs et spectateurs", a récemment répété l'organisateur en chef des Mondiaux, Dahlan al-Hamad. En prévision, l'équipe de France "a investi dans des vestes réfrigérantes, dans un congélateur ici à l'hôtel et des glacières à transporter", liste Patrice Gergès au Monde. Et face aux rumeurs d'annulation d'épreuves, comme le 50 km marche masculin prévu samedi 28 septembre, l'IAAF a assuré que "l'annulation ou le report n'était pas envisagé" et que "des plans d'urgence avaient été mis en place pour tous les scénarios possibles, mais [qu']aucun n'avait été activé."

 

 

 

 

 

 

Que risquent les athlètes ?

A priori, les plus exposés sont ceux qui participent aux épreuves de fond sur route, les marathoniens, les marcheurs et les triathlètes. Les conditions incitent à la prudence. "On aura quelques surprises quant aux résultats pour les athlètes qui partiront sur des bases identiques à celles dont ils ont l'habitude à cause de la hausse de température corporelle et de l'accélération de la fréquence cardiaque", prédit dans Le Monde Gilles Garcia, référent du fond français.

 

 

La grosse inquiétude, c'est que les athlètes ne se rendent pas compte que l'effet de l'humidité est pire que celui de la chaleur et qu'ils produisent le même effort qu'en temps normal. On pourrait avoir des malaises relativement importants. Jean-Michel Serra, directeur du service médical de la Fédération française d'athlétisme dans "Le Monde"

 

 

Ceux qui seront dans le stade sont moins exposés, bien qu'ils ne soient pas à l'abri d'autres désagréments. En effet, en passant de la canicule du stade d'entraînement à des températures plus fraîches dans l'enceinte des compétitions, les risques d'angine augmentent, malgré la transition thermique créée par le tunnel.

 

 

 

Comment réagissent-ils ?

Deux courants s'affrontent parmi les athlètes. Ceux qui pestent et les autres. Parmi les mécontents, le Français Yohann Diniz. "On nous prend pour des cons (...). Autant dans le stade, on aura des conditions normales, entre 24 °C et 25 °C, mais en dehors on nous met dans une fournaise qui n'est pas possible. Là, on est pris pour des cobayes", s'est insurgé auprès de l'AFP le champion du monde en titre du 50 km marche. "On essaye de rester concentré sur sa course mais tout le monde se pose des questions et pense à son intégrité physique", a-t-il ajouté sur franceinfo, mardi.

 

 

Pour l'athlète, qui "regrette" d'être venu à Doha, le problème vient aussi des lieux sélectionnés pour accueillir les compétitions. "Il y a vraiment des aberrations dans les lieux où les compétitions sont attribuées, c'est un réel problème. Il faudrait peut-être tenir compte des conditions climatiques du pays où se tiennent les épreuves. Il vaudrait mieux avoir des conditions clémentes et appropriées aux différentes compétitions, que ce soit d'hiver ou d'été." 

 

 

Ceux qui disputeront leurs épreuves à l'intérieur du stade reconnaissent être mieux lotis. "On s'y sent bien dedans, je suis obligé de l'admettre. On s'y sent comme dans une salle indoor, mais climatisée", a déclaré le champion du 800 m Pierre-Ambroise Bosse, vendredi, rapporte francetvsport. Jimmy Vicaut, candidat pour le 100 m, partage le même avis. "C'est parfait. En plus, c'est bien recouvert, il n'y a pas trop de vent, je pense que c'est le bon stade." 

 

 

Le recordman du saut à la perche, Renaud Lavillenie, ne comprend d'ailleurs pas comment certains athlètes peuvent encore être étonnés par la chaleur de Doha : "Il faut être conscient que les championnats du monde à Doha, ça ne fait pas deux ans que l'on est au courant. Pour tout le monde, on a eu le temps de se faire à l'idée et pouvoir s'y préparer. Je suis venu ici l'année dernière en stage pour justement voir la chaleur. Il faut s'y adapter, quoi qu'il arrive, on sera tous dans les mêmes conditions", a-t-il assuré.

 



30/09/2019
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