L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

Franceinfo - le mardi 8 janvier 2019 - mis à jour le 09.01.19

 

 

Thèmes, organisation... Le mode d'emploi du "grand débat national" promis par Emmanuel Macron

 

 

 

 

Emmanuel Macron lancera le 15 janvier cette consultation dont l'objectif est de répondre à la crise des "gilets jaunes"

 

 

 

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Des "gilets jaunes" débattent sur un rond-point où a été déposé un cahier de doléances, à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), le 20 décembre 2018. (VALERY HACHE / AFP)

 

 

 

Il doit commencer le 15 janvier. Le "grand débat national", consultation destinée à répondre à la crise des "gilets jaunes", durera jusqu'à la mi-mars. Comment se déroulera-t-il ? Sur quoi peut-il déboucher ? Etat des lieux, une semaine avant son lancement.

 

 

 

Qui l'organise ?

Ce devait être la Commission nationale du débat public (CNDP). Cette autorité indépendante présidée par Chantal Jouanno avait été chargée par Edouard Philippe d'organiser le "grand débat national". Mais l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy a jeté l'éponge le 8 janvier, fragilisée par une polémique sur son salaire. Prenant acte de sa décision, Matignon a immédiatement annoncé qu'à l'issue du séminaire gouvernemental prévu mercredi 9 janvier à l'Elysée, le Premier ministre présenterait une "organisation et un mode de pilotage du 'grand débat national' qui présenteront des garanties équivalentes en termes d'indépendance et de neutralité".

 

 

 

Comment peut-on y participer ?

Les modalités du débat devraient être similaires à celles présentées par Chantal Jouanno avant sa démission. Le "grand débat national" voulu par Emmanuel Macron aura lieu partout en France sous des formes multiples : débats dans les mairies, sur les marchés ou sur les lieux de travail. "Toute personne qui a envie d'organiser un débat est libre de le faire. Vous nous contactez, on vous inscrit", expliquait Chantal Jouanno, lundi 7 janvier, sur le plateau de franceinfo.

 

 

L'inscription aurait lieu sur un site dédié, Granddebat.fr, qui n'est pas encore opérationnel. "On vous donne des conseils, un kit méthodologique de conseils : comment pouvez-vous utilement animer votre réunion avec plusieurs possibilités et surtout comment nous rendre compte des résultats de manière très simple (...) pour qu'ensuite on puisse fidèlement la retranscrire dans le débat final", détaillait Chantal Jouanno.

 

 

Des stands vont également être installés dans les halls de gare, sur les marchés... "On pourra débattre partout", insistait-elle. Il y a aura aussi une plateforme en ligne qui recueillera les contributions au niveau national. Des "conférences de citoyens tirés au sort" seront mises en place dans chaque région "pour échanger sur les analyses et les propositions", selon la CNDP.

 

 

 

Que va faire le chef de l'Etat dans tout ça ?

Emmanuel Macron précisera les contours du débat dans une lettre "aux Français" publiée dans la presse et sur les réseaux sociaux au cours de la semaine du 14 janvier. "Le rôle de cette lettre sera de cadrer les thèmes du débat et d'en préciser les attentes", a indiqué l'Elysée, le 2 janvier. Puis le président ira à la rencontre des maires dans toute la France. Il commencera par l'Eure, à Grand Bourgtheroulde, le 15 janvier, avant de se rendre dans le Lot, le 18 janvier.

 

 

 

De quoi pourra-t-on parler ?

Le gouvernement a fixé quatre thèmes : "Mieux accompagner les Français pour se loger, se déplacer, se chauffer", "rendre notre fiscalité plus juste, plus efficace, plus compétitive", "faire évoluer la pratique de la démocratie" et "rendre l'Etat et les services publics plus proches des Français et plus efficaces". L'immigration, d'abord annoncée par Emmanuel Macron comme un thème en soi, a finalement été intégrée au thème "citoyenneté".

 

 

Dans les cahiers de doléances mis à disposition en décembre par 5 000 communes rurales après la mobilisation des "gilets jaunes", la préoccupation du pouvoir d'achat est arrivée en tête, devant l'injustice fiscale et la diminution des services publics. Autre demande récurrente, la possibilité d'organiser des référendums d'initiative citoyenne (RIC).

 

 

Après plusieurs jours d'atermoiement, le gouvernement a fixé une ligne rouge en écartant certains sujets. "On ne tergiversera pas sur les valeurs. L'IVG, la peine de mort, le mariage pour tous ne seront pas sur la table", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sur BFMTV le 8 janvier. A l'inverse, le gouvernement accepte d'ouvrir la discussion sur la suppression de la taxe d'habitation pour les 20% plus riches, déjà annoncée mais pas encore en vigueur.

 

 

 

Sur quoi peut-il déboucher ?

C'est la grande question de ce grand débat. Le gouvernement tiendra-t-il compte de ses résultats ? Emmanuel Macron a déjà tracé des lignes rouges : pas question de "détricoter" les réformes décidées depuis 18 mois, comme la suppression de l'ISF. Ni de renoncer aux réformes prévues (retraites, fonctionnaires, minima sociaux...). De leur côté, des élus de la majorité évoquent la tenue d'un référendum à questions multiples sur le vote blanc, la proportionnelle, la réduction du nombre de parlementaires et le cumul des mandats.

 



09/01/2019
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