L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le lundi 16 septembre 2019

 

 

Présidentielle en Tunisie : deux candidats "anti-système" revendiquent leur victoire au premier tour

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 
 

 

Aucun résultat officiel n'a été pour l'instant communiqué par l'instance en charge du scrutin

 

 

 

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Des électeurs tunisiens font la queue devant un bureau de vote à Marsa, au nord-est de Tunis, le 15 septembre 2019. (CHEDLY BEN IBRAHIM / NURPHOTO)

 

 

 

La Tunisie se réveille dans l'incertitude. Alors que les deux premières places du premier tour de l'élection présidentielle ont été revendiquées par deux candidats "anti-système", dimanche 15 septembre, les résultats officiels n'ont, pour l'heure, pas été communiqués par les autorités compétentes lundi matin.

 

 

Parmi les 26 candidats en lice, deux outsiders revendiquent leur qualification pour le deuxième tour sur la foi de deux sondages d'instituts privés : Nabil Karoui, homme d'affaires en prison sous le coup d'une enquête pour blanchiment et fraude fiscale, et Kais Saied, commentateur politique et constitutionnaliste. Ce dernier serait arrivé en tête avec quelque 19% des voix, contre 15% pour son rival. Le candidat du parti islamo-conservateur Ennahdha, Abdelfattah Mourou, est donné troisième avec 11 à 12,5% des voix.

 

 

Si les estimations s'avèrent exactes, ces résultats seraient un véritable coup de tonnerre en même temps qu'un coup de balai pour la classe politique tunisienne au pouvoir depuis la révolution de 2011. Le scrutin s'est déroulé dans une atmosphère de rejet des élites politiques et sur fond de grave crise sociale et économique.

 

 

 

Faible participation 

L'instance en charge des élections en Tunisie (Isie) n'a pas encore donné de chiffres officiels. Ces résultats sont attendus au plus tard mardi. Elle n'a fourni que la participation des sept millions de Tunisiens qui étaient appelés aux urnes : 45,02%. Un faible taux au regard des 64% du premier tour de la présidentielle en 2014. "C'est le signe d'une désaffection très profonde vis-à-vis d'une classe politique qui n'a pas répondu aux attentes économiques et sociales", a déclaré à l'AFP le politologue Hamza Meddeb. Ces premières estimations en faveur des "outsiders" traduirait, selon le spécialiste, "le dégoût de la classe politique".

 

 

Le Premier ministre, Youssef Chahed, candidat pour ce scrutin présidentiel, s'est inquiété de cette faible participation, "mauvaise pour la transition démocratique." Celui qui s'annonce comme l'un des grands perdants de l'élection a mis en cause la fragmentation de son camp libéral et centriste. 

 

 

Ce premier tour semble avoir été particulièrement marqué par une désaffection des jeunes. Le président de l'Isie, Nabil Baffoun, avait exhorté cet électorat crucial à se rendre aux urnes, une heure avant la fin des opérations. Le scrutin s'est déroulé dans le calme. Les milliers d'observateurs, déployés par les partis et des institutions internationales dans les bureaux de vote, n'ont pas fait état d'infractions majeures dimanche soir.

 



17/09/2019
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