L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le lundi 13 janvier 2020

 

 

En Irak, au Yémen, en Syrie... Comment le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis risque de s'exporter

 

 

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Kocila MakdecheFrance Télévisions
 

 

 

Téhéran et Washington jouent la carte de l'apaisement pour éviter un conflit armé de plus grande ampleur. Pourtant, de nombreux observateurs craignent que les deux puissances règlent leur comptes sur d'autres terrains dans des "guerres par procuration"

 

 

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Des manifestants iraniens brûlant des drapeaux américain et israélien, le 6 janvier 2020, à Téhéran.  (ATTA KENARE / AFP)

 

 

Le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran va-t-il mettre le feu au Moyen-Orient ? La mort du général Qassem Soleimani, tué par un tir de drone américain, et la riposte iranienne contre des bases irakiennes abritant l'US Army ont laissé craindre une escalade militaire. Mais après une semaine sous tension, Téhéran et Washington ont joué la carte de l'apaisement.

 

 

Lors d'une conférence de presse, Donald Trump a finalement opté, mercredi 8 janvier, pour de nouvelles sanctions économiques contre l'Iran plutôt que pour une intervention militaire. Et malgré des déclarations belliqueuses quasi-quotidiennes, le pouvoir iranien a pris soin de ne pas tuer de soldats américains dans sa riposte. 

 

 

Pourtant, de nombreux observateurs s'attendent à ce que les deux puissances n'en restent pas là et exportent leur conflit dans les pays alentours. Dans un message diffusé à la télévision iranienne, le 6 janvier, la fille du général Soleimani a sommé le Syrien Bachar Al-Assad ainsi que les chefs du Hezbollah, du Hamas et de la rébellion houtie de venger la mort de son père en s'attaquant aux Américains ou à leurs deux alliés historiques dans la région, Israël et l'Arabie saoudite. Franceinfo fait le point sur les risques de guerres par procuration entre Téhéran et Washington en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen et en Palestine. 

 

 

 

En Irak : le conflit "le plus probable" 

• Qui sont les acteurs ? Après avoir quitté le pays en 2011 sous le mandat de Barack Obama, les forces américaines se sont massivement redéployées en Irak dans le cadre de la coalition internationale contre les jihadistes de l'Etat islamique. Elles en forment le principal contingent avec 5 200 soldats, selon le magazine Time (en anglais). L'administration Trump a laissé planer le doute sur un éventuel retrait de ses troupes, avant de démentir l'information. 

 

 

Historiquement, l'Iran a toujours exercé une influence forte sur son voisin, que ce soit en noyautant le gouvernement, comme l'ont révélé les "Iran Cables", ou en soutenant financièrement et militairement des milices chiites. Cette influence s'est accentuée en 2014, lorsque Téhéran a volé à la rescousse de Bagdad après la conquête d'un tiers du pays par les jihadistes de l'Etat islamique. Aujourd'hui, une myriade de groupes paramilitaires pro-Iran évoluent en Irak. Réunis sous la bannière du Hachd al-Chaabi, ils ont été en grande partie intégrés aux forces de sécurité irakiennes. 

 

 

• Quelles sont les réactions ? L'assassinat du général Qassem Soleimani, commandant de la force Al-Qods des Gardiens de la Révolution et principal émissaire de Téhéran en Irak, a provoqué l'ire de ces groupes armés. D'autant plus que lors du bombardement américain, Abou Mehdi Al-Mouhandis, le chef militaire du Hachd al-Chaabi, a aussi perdu la vie.

 

 

 

 

 

 

Toutes ces forces, divisées par le passé, ont promis de s'unir contre Washington. "Nous allons regrouper les factions de la résistance en une seule entité, a déclaré, le 7 janvier, Nasser Al-Chemmari, numéro 2 de Noujaba, l'une des factions pro-Iran les plus radicales de cette coalition, s'engageant à mener une "guerre contre la présence américaine dans tous les endroits de la région que nous pouvons toucher." Moqtada Al-Sadr a aussi appelé à l'union des "factions irakiennes de la résistance". Ce leader militaire chiite a réactivé son Armée du Mahdi, une milice islamiste qui avait tué des dizaines de soldats américains pendant la seconde guerre du Golfe, avant d'être démantelée en 2008.

 

 

• Que peut-il se passer ? Le chaos irakien constitue "l'option la plus probable", selon Bernard Hourcade, géographe spécialiste de l'Iran et directeur de recherche émérite au CNRS. "Il s'agit du seul terrain où Téhéran peut avoir les troupes américaines dans son viseur sans s'engager directement dans un conflit armé." L'Iran peut s'y appuyer sur "une myriade de milices, qui lui sont totalement dévouées", continue Wassim Nasr, journaliste à France 24 et observateur du conflit irakien.

 

 

Hormis les frappes iraniennes sur deux bases américaines en Irak en représailles à la mort de Soleimani, plusieurs roquettes se sont abattues sur la "zone verte" de Bagdad où se trouve l'ambassade américaine. "En réalité, les intérêts américains sont déjà ciblés depuis plusieurs mois", remarque Thierry Coville, chercheur à l'Iris et spécialiste de l'Iran

 

 

En Syrie : un conflit risqué pour Al-Assad

Qui sont les acteurs ? Depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar Al-Assad en 2011, le conflit est devenu extrêmement complexe. Officiellement mobilisées pour lutter contre les jihadistes de l'Etat islamique qui avaient pris le contrôle de l'est du pays, une multitude de puissances étrangères interviennent désormais sur le terrain syrien. Le régime sanguinaire d'Al-Assad est soutenu militairement par la Russie et l'Iran. Au sol, le Hezbollah libanais et des dizaines de milliers de miliciens pro-Iran combattent aux côtés de Damas. Une coalition occidentale, menée par les Etats-Unis et dont la France fait partie, est alliée aux combattants kurdes et à des factions arabes rebelles autrefois unies sous la bannière de l'Armée syrienne libre. Mais cette dernière a explosé, laissant place à un jeu d'alliances sans fin et à des combats fratricides entre groupes islamistes et jihadistes plus ou moins proches d'Al-Qaïda.

 

 

Après l'annonce par les combattants kurdes de la dissolution du califat de l'Etat islamique, en mars 2019, l'engagement occidental a considérablement reculé. Les Etats-Unis ont annoncé un retrait partiel de leurs troupes, laissant les Kurdes en proie à la Turquie dans le nord du pays. En octobre, après une offensive turque contre les positions kurdes dans le nord de la Syrie, Ankara et Moscou ont signé un accord décisif. Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan s'imposent depuis comme les deux hommes forts du conflit syrien. 

 

 

Quelles ont été les réactions ? En tant que responsable des affaires extérieures des Gardiens de la Révolution, Qassem Soleimani a joué un rôle déterminant pour soutenir le régime syrien. Après la mort du général iranien, Bachar Al-Assad a dénoncé un "crime perpétré par les Etats-Unis" qui "ne fera qu’embraser la détermination de la Syrie et de l’Iran à faire face à la politique américaine subversive au Moyen-Orient".

 

 

 

Des manifestants pro-régime à Alep (Syrie), le 7 janvier 2020, devant une affiche montrant le portrait de Qassem Soleimani et Bachar Al-Assad embrassant l\'ayatollah Ali Khamenei.

Des manifestants pro-régime à Alep (Syrie), le 7 janvier 2020, devant une affiche montrant le portrait de Qassem Soleimani et Bachar Al-Assad embrassant l'ayatollah Ali Khamenei. (AFP)

 

 

 

Erdogan et Poutine ont fait une déclaration commune après les frappes iraniennes. "Nous affirmons notre engagement à désamorcer les tensions dans la région et appelons toutes les parties à agir avec retenue et bon sens et à donner la priorité à la diplomatie", qualifiant au passage l'assassinat de Soleimani "d'acte qui sape la sécurité et la stabilité de la région".

 

 

Que peut-il se passer ? Par le passé, l'armée américaine et les groupes armés fidèles à Téhéran évitaient tout affrontement pour se concentrer sur leur ennemi commun : le groupe Etat islamique. Maintenant que les jihadistes ont perdu leur emprise territoriale, ce statu quo est fragilisé. Fin décembre, des chasseurs F-15 américains ont visé deux installations, en Syrie, des Brigades Hezbollah, une milice chiite irakienne liée à l’Iran que Washington accuse d'être responsable d'attaques à la roquette contre ses soldats. Le groupe armé a aussi été la cible de frappes attribuées à Israël.

 

 

Un embrasement en Syrie semble cependant "très peu probable, du moins à court terme", selon Didier Billion, directeur adjoint à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). "Pour les Iraniens, le véritable enjeu du terrain syrien est de consolider le régime afin de s'assurer un accès à la Méditerranée et à Israël, explique le spécialiste de la région. Pour cela, leur intérêt est de voir les troupes américaines partir rapidement. Les attaquer aurait l'effet contraire." 

 

 

 

Dans les territoires palestiniens : le Hamas a trop à perdre 

• Qui sont les acteurs ? "Grand ennemi" d'Israël, Téhéran a soutenu financièrement de nombreux groupes armés palestiniens. C'est le cas du Jihad islamique palestinien et du Hamas, qui a livré trois guerres à Israël dans la bande de Gaza. Distantes pendant un temps, les relations entre le mouvement islamiste et l'Iran se sont réchauffées en début d'année, Qassem Soleimani qualifiant de nouveau le Hamas "d'ami de Téhéran", selon Al-Monitor (en anglais). D'après le journal palestinien Al-Quds (en arabe), l'Iran a même recommencé à financer le groupe armé à hauteur de 15 millions de dollars par an.  

 

 

• Quelles ont été les réactions ? Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas, s'est rendu à Téhéran pour rendre hommage à Qassem Soleimani. Le parti islamiste a salué la mémoire d'un homme ayant "joué un rôle de soutien majeur à la résistance palestinienne". Il a dénoncé une "orgie de violence américaine" sans toutefois appeler à la vengeance. De son côté, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas – qui n'est pas en bons termes avec l'Iran – a gardé le silence.

 

 

 

Dans la bande de Gaza, des manifestants palestiniens mettent le feu à des drapeaux américains et israéliens, le 8 janvier 2020.

Dans la bande de Gaza, des manifestants palestiniens mettent le feu à des drapeaux américains et israéliens, le 8 janvier 2020. (SAID KHATIB / AFP)

 

 

• Que peut-il se passer ? En novembre, le leader du Jihad islamique palestinien, Bahaa Abou El-Atta, a été tué lors d'une frappe israélienne. Le groupe armé palestinien a répondu en tirant des centaines de roquettes depuis Gaza sur le sud d'Israël. 

 

 

 

 

 

 

"L'Iran soutient par principe le Jihad islamique, mais n'a pas les moyens de se lancer dans un conflit armé à travers eux. Quant aux rapports entre Téhéran et le Hamas, ils ne sont plus ce qu'ils étaient", estime Bernard Hourcade, spécialiste de l'Iran. Le parti islamiste qui contrôle la bande de Gaza bénéficie d'un accord de trêve avec Israël et aurait trop à perdre à se lancer dans une nouvelle guerre.

 

 

Interrogées par le journal panarabe Asharq Al-Awsat (en anglais), des sources sécuritaires palestiniennes indiquent que le Hamas refusait "que Gaza soit transformée en arène pour des conflits extérieurs ou soit utilisée pour régler des comptes". Herzi Halevi, chef militaire israélien, a de son côté affirmé dans le journal Yedioth Ahronoth (en hébreu) qu'il se tenait prêt à répondre à toute offensive. 

 

 

 

Au Liban : l'option "la moins probable"

• Qui sont les acteurs ? Au Liban, l'Iran bénéficie du soutien de son principal allié dans la région : le Hezbollah. Ce puissant mouvement chiite a d'ailleurs été créé grâce aux financements de Téhéran, en 1982, après l'invasion du Liban par Israël. Il prône depuis "l'élimination" de l'Etat hébreu. 

 

 

Israël considère le Hezbollah comme une organisation terroriste, tout comme les Etats-Unis, principal allié de l'Etat hébreu dans la région, et l'Union européenne. Tsahal et le Hezbollah se sont affrontés lors de plusieurs conflits armés, dont la seconde guerre du Liban en 2006, et les tensions sont très fortes à la frontière.

 

 

• Quelles ont été les réactions ? Le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, comptait parmi les proches de Qassem Soleimani. En octobre, le général iranien avait raconté avoir sauvé lui-même Nasrallah alors qu'il était pris sous un bombardement israélien pendant la seconde guerre du Liban. Quelques jours avant sa mort, il se serait d'ailleurs rendu à Beyrouth pour échanger avec le chef du Hezbollah.

 

 

Lors d'un discours télévisé retransmis sur des écrans géants dans la banlieue sud de Beyrouth, Hassan Nasrallah a appelé à "venger" l'assassinat de Qassem Soleimani, qui "concerne (...)  l'ensemble de la nation musulmane". Il a cependant appelé à viser uniquement les intérêts militaires américains dans la région, sans menacer directement Israël.

 

 

De son côté, le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, s'est félicité de la mort de Qassem Soleimani, le qualifiant de "terroriste en chef". Tel Aviv accusait le général iranien d'être l'éminence grise d'un projet visant à convertir des roquettes du Hezbollah en missiles de précision pouvant causer d'importants dommages sur Israël.

 

 

 

Des militants du Hezbollah suivent un discours de leur leader, Hassan Nasrallah, qui réagit à la mort de Qassem Soleimani, le 5 janvier 2020, à Beyrouth (Liban).

Des militants du Hezbollah suivent un discours de leur leader, Hassan Nasrallah, qui réagit à la mort de Qassem Soleimani, le 5 janvier 2020, à Beyrouth (Liban). (ANWAR AMRO / AFP)


 

• Que peut-il se passer ? Pour Bernard Hourcade, du CNRS, un conflit armé entre le Hezbollah et Israël est "très peu probable au vu de la situation interne au Liban". Ces derniers mois, le pays a fait face à un mouvement de contestation populaire inédit qui a provoqué la démission du gouvernement de Saad Hariri, remplacé par Hassan Diab, un universitaire proche du mouvement chiite. "Politiquement, le Hezbollah est en position de force et n'a pas intérêt à s'engager dans un nouveau conflit avec Israël", analyse Bernard Hourcade. 

 

 

"Si Téhéran s'appuie sur le Hezbollah pour viser les Américains, il est plus probable que cela se fasse sur le terrain syrien où ils sont très présents, même si cela semble peu envisageable, complète Thierry Coville, chercheur à l'Iris et spécialiste de l'Iran. Téhéran a bien conscience que des représailles non contrôlées contre Israël via ses soutiens auraient l'effet d'une déflagration immédiate", continue Didier Billion, directeur adjoint de l'Iris. 

 

 

 

Le Yémen : déjà une guerre par procuration

• Qui sont les acteurs ? Depuis cinq ans, une guerre sanglante se déroule au Yémen où deux camps s'affrontent : le gouvernement, soutenu par une coalition arabe menée par l'Arabie saoudite, et les rebelles houtis, appuyés par l'Iran. Sur le plan religieux, les Houtis sont zaydites, un courant chiite différent du chiisme iranien, alors que la majorité du pays est sunnite. 

 

 

Ce conflit, qui engendre une terrible catastrophe humanitaire, est déjà considéré par beaucoup d'observateurs comme "une guerre par procuration". Les Etats-Unis, alliés historiques de Riyad dans le Golfe, fournissent armements et renseignements militaires à l'Arabie saoudite, qui mène la coalition pro-gouvernement. En face, les Houthis ont utilisé des drones et des missiles fabriqués en Iran pour bombarder des aéroports saoudiens. 

 

 

• Quelles ont été les réactions ? Au Yémen, les rebelles houthis ont réclamé des "représailles rapides et directes" après l'assassinat de Qassem Soleimani. "L'agression ne restera pas sans réponse", a promis Mohammed Al-Bukhaiti, membre du bureau politique des rebelles interrogé par l'AFP. Quand, comment et où la riposte aura lieu seront déterminés par l'Irak et l'Iran et nous serons avec eux car nous sommes un centre de résistance." 

 

 

 

Un Houti embrassant un portrait de Qassem Soleimani, tué en Irak par l\'armée américaine, le 6 janvier 2020, à Sanaa (Yémen). 

Un Houti embrassant un portrait de Qassem Soleimani, tué en Irak par l'armée américaine, le 6 janvier 2020, à Sanaa (Yémen).  (MOHAMMED HAMOUD / ANADOLU AGENCY)


 

Après les représailles iraniennes qui ont visé les positions américaines en Irak, l'Arabie saoudite a "dénoncé et condamné les violations iraniennes de la souveraineté de l'Irak". Riyad a cependant pris ses distances avec Washington : un responsable saoudien a affirmé à l'AFP que son pays "n'a pas été consulté" avant la frappe américaine. Lundi 6 janvier, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal Ben Farhane, a qualifié la situation de "très dangereuse".

 

 

• Que peut-il se passer ? "En soutenant les Houtis, l'Iran pouvait s'en prendre à son ennemi juré, l'Arabie saoudite, sans avoir à l'assumer diplomatiquement. Aujourd'hui, ce n'est plus la priorité", estime Thierry Coville, spécialiste de l'Iran. "Les choses sont en train de se calmer entre Téhéran et Riyad. Dans ce contexte de conflit avec les Etats-Unis, l'Iran n'a guère intérêt à ouvrir un nouveau front, mais plutôt à maintenir la sécurité dans le golfe Persique", continue Bernard Hourcade.

 

 

De son côté, Riyad a annoncé vouloir maintenir le canal de discussions avec les rebelles houthis, récemment établi. "Il est assez clair que les Saoudiens ne se réjouissent pas de cette crise, même s'ils doivent se réjouir du meurtre de Soleimani, analyse auprès de l'AFP Hussein Ibish, de l'Arab Gulf Institute, basé à Washington. Ils savent qu'ils seraient pris dans un feu croisé si la guerre éclate et ils font tout pour faire baisser la température."

 



13/01/2020
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