L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le mardi 29 octobre 2019

 

 

Algérie : une jeune étudiante emprisonnée devient l'icône du hirak

 

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Jacques DeveauxRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Elle a été arrêtée le 17 septembre 2019 lors d’une manifestation à Alger, la trentième marche des étudiants. Depuis, Yasmine Dahmani est en détention provisoire dans la prison d’El Harrach

 

 

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Lors de la manifestation du 4 octobre 2019 à Alger. Comme à chaque fois, les manifestants réclament la libération des détenus arrêtés lors des manifestations. (RYAD KRAMDI / AFP)

 

 

 

Son arrestation a fait de la jeune étudiante en droit de 22 ans un symbole aux yeux des jeunes marcheurs hebdomadaires à Alger. A chaque manifestation, son nom est scandé, des pancartes brandies, réclamant sa libération. C’est également pour avoir brandi une pancarte que Yasmine Dahmani est en prison depuis le 17 septembre. Elle dénonçait "la corruption de la bande".

 

 

 

 

 

 

L’avocat Abdehafid Tamart lui a rendu visite dans sa prison"Le corps chétif… l’humeur sombre… Les gestes lourds… les yeux tristes… l'esprit distrait… Elle ne lève presque pas le visage du sol et ne répond que par un oui ou un non…", écrit l’avocat dans une lettre adressée à l’étudiante. A sa question sur son état de santé, il a comme réponse un "je me sens seule""Tu n'es pas une criminelle ma sœur… Baisser la tête ne te sied pas… Tu n’es pas une criminelle ma sœur… et toute cette tristesse ne te sied pas… ", poursuit Abdehafid Tamart.

 

 

Un vaste mouvement de solidarité traverse la société algérienne. Les étudiants en particulier réclament sa libération à chaque manifestation.

 

 

Selon Le Monde, ils seraient une soixantaine de détenus, arrêtés lors des manifestations. Depuis, les familles sont plongées dans le désarroi. Certaines sont même sans nouvelle de leur proche, ne connaissant pas leur lieu de détention.

 

 

Les raisons de ces interpellations sont également très fumeuses. Au départ, la police a arrêté les porteurs de drapeau berbère. Puis certains manifestants en amont des manifestations, explique Le Monde. Le journal évoque le sort d’un homme de 34 ans, au passé militant bien connu, interpellé à la terrasse d'un café. Un autre au volant de sa voiture. Son tort ? Il y avait des pancartes sur la banquette arrière du véhicule avec des slogans contre le pouvoir.

 

 

 

 

 

 

Ces jours-ci se déroulent les premiers procès contre les manifestants. Le procureur de Bab El Oued a ainsi requis de 18 à 24 mois d’emprisonnement pour le port du drapeau berbère. Les peines de prison ne vont pas tarder à tomber.

 

 

Tout le monde en est convaincu, ces multiples arrestations n’ont qu’un seul but : intimider la population. Et elles devraient se succéder jusqu’à la date fatidique des élections fixée par le pouvoir au 12 décembre prochain.

 



29/10/2019
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