L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

De 1380 (Charles VI le Fou) à 1420

 

 

 

► 1380 CHARLES VI le Fou (1380-1422)

 

 

 

► 1380 Charles VI le fou. Lorsque Charles V meurt, Charles VI n'a que 12 ans. Il est placé sous l'autorité d'un conseil de régence. Il est constitué de ses oncles, les ducs d'Anjou (Louis Ier de Naples, Louis II d'Anjou), de Bourgogne (Philippe le Hardi) et de Berry (Jean Ier de Berry) ainsi que le duc de Bourbon (Louis II de Bourbon) son oncle maternel qui se disputent l'autorité. Sa minorité est marquée par des troubles sociaux les Maillotins à Paris, de la Harelle à Rouen, des Tuchins en Auvergne et par l'insurrection des villes de Flandre ce qui oblige l'armée à intervenir et qui réveille la lutte avec l'Angleterre.

 

 

A sa majorité Charles VI renvoie ses oncles et rappelle les anciens conseillers de son père "les marmousets" par dérision et en 1389 Charles VI le bien aimé (appellation d'alors) fait entrer dans Paris Isabeau de Bavière qu'il avait épousée en 1385. Il gouverne avec sagesse conclut des accords avec Gaston Phébus comte de Foix, et Jean duc de Bretagne. Il entreprend des discussions avec Richard II d'Angleterre mais cette négociation échoue à Amiens en 1392. C'est au cours d'une opération contre l'Anglais que les troubles mentaux de Charles VI apparaissent.

 

 

Il aura des crises plus ou moins espacées d'abattement et de démence. Encouragés par la folie du roi, les oncles reviennent et se disputent à nouveau le pouvoir. Le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi meurt, son fils Jean Sans Peur prend sa succession. On s'aperçoit vite que Jean Sans Peur, duc de Bourgogne, mène une politique d'intérêt personnel alors que Louis Ier d'Orléans menait une politique Française. En 1407 Jean Sans Peur fait assassiner le duc d'Orléans (Louis Ier d'Orléans). Soutenu par l'université et la puissante corporation des bouchers, les Bourguignons massacrent les partisans du duc d'Orléans à Paris.

 

 

Les Bourguignons gouvernent la France. Pour mettre fin à la guerre avec l'Angleterre on conclut un contrat de mariage entre la fille de Charles VI, Isabelle, et Richard II d'Angleterre, une trêve de 28 ans est signée. Mais voici que des troubles surviennent en Angleterre et Richard II est détrôné par Henri de Lancastre qui règne sous le nom de Henri IV (1399). Il meurt en 1413 son fils hérite du trône. Il règne sous le nom de Henri V et revendique à son tour le trône de France. La guerre reprend. Bernard VII duc d'Armagnac dont la fille a épousé le fils du duc d'Orléans (1410) s'arme.

 

 

En 1413 en réaction aux exactions causées par les Cabochiens, qu'on appelait aussi les écorcheurs et dont le Chef Simon Caboche règne en dictateur à Paris, une révolte des parisiens las des violences font appel aux Armagnac. Bernard VII parvient à chasser les Bourguignons de Paris et est fait connétable (chef des armées royales et régent de fait) par la Reine Isabeau de Bavière en 1415. Les armées anglaises débarquent en Normandie avec pour mission de prendre Harfleur qui servira de tête de pont pour les prochaines incursions. L'objectif atteint elles sont sur le point de repartir. Mais il avait été décidé du coté Français d'attaquer, mais que le roi ne devait pas être présent, bien que lucide, souvenir cuisant de Jean le Bon mais de ce fait il n'y avait personne dont la stature était suffisante pour commander.

 

 

Un noble ne reçoit d'ordres que du roi. Lorsque les Français attaquent (25 octobre 1415) dans la plaine d'Azincourt, il a plu pendant plusieurs jours, dans la boue les chevaux glissent les cavaliers doivent mettre pied à terre, les flancs sont mal disposés, c'est un massacre. 1500 Anglais et 5000 Français ont péri. Toute la fine fleur de l'aristocratie française est décimée. C'est toute l'administration civile et militaire qui vient de disparaître. De plus Bernard VII qui a un comportement odieux et tyrannique, est détesté par le peuple de Paris.

 

 

Abandonné par la Reine il est massacré ainsi que plusieurs milliers de ses partisans par les Parisiens (1418). A nouveau ce sont les Bourguignons qui reviennent au pouvoir, qui concluent une alliance avec l'Angleterre (1419) et avec la complicité de la reine Isabeau de Bavière concluent le traité de Troyes (1420) qui fait du roi d'Angleterre l'héritier du trône de France au détriment du fils de Charles VI. Les Armagnacs deviennent alors le parti de la France. Une entrevue entre le Jean Sans Peur et le dauphin (Charles VII de France) est organisée le 10 septembre 1419 sur la pont de l'Yonne à Montereau mais le duc y est assassiné par un Armagnac Tanneguy Duchatel qui voulait venger l'Assassinat du duc d'Orléans (1407).

 

 

En 1422, la même année Henri V roi d'Angleterre qui a 34 ans et le roi Charles VI, délaissé par tous meurent. Le successeur de Henri V, son fils Henri VI d'Angleterre, n'a qu'un an, c'est le duc de Bedford (Jean de Lancastre) qui devient son tuteur. Charles VII qui s'était réfugié à Bourges lorsque les Bourguignons occupèrent Paris (1418) déshérité par sa mère en 1420 n'est pas vraiment le roi de France.

 

 

 

► 1380 Le palais du roi. Charles VI possède plusieurs palais, transformés par son père, dans Paris. La capitale compte également des demeures princières très luxueuses. Chartes VI délaisse le palais royal. Le palais royal au coeur de l'île de la Cité symbolise le pouvoir. Les événements importants y sont marqués par des réceptions officielles. L'administration royale et le Parlement y siègent, mais Charles VI préfère vivre dans trois autres résidences plus vastes, aménagées de manière somptueuse par son père. Vincennes en chantier. Le château de Vincennes, à une demi-journée de cheval de Paris, fut construit par Philippe VI, Jean le Bon puis Charles V.

 

 

C'est une véritable petite ville, protégée par une enceinte rectangulaire et des fossés en eau. Les appartements royaux sont dans le donjon. Poursuivant L'oeuvre de son père, Charles VI achève la réalisation d'une sainte-chapelle comme celle du palais de la Cité. Ses murs sont percés de fenêtres élancées, ornées de dentelles de pierre. Ces longs travaux ne seront pas terminés sous son règne. L'hôtel Saint-Pol a la préférence du roi. De joyeuses fêtes y sont organisées. Ce palais est situé sur la rive nord de la Seine, près de la Bastille.

 

 

Il est composé de plusieurs bâtiments reliés par des galeries couvertes. Le roi, la reine et leurs enfants y ont chacun un hôtel indépendant. Les jardins sont célèbres dans toute l'Europe. Ils abritent une ménagerie et ses lions ravissent les visiteurs. Le Louvre se transforme. Le palais du Louvre situé à l'ouest, sur la rive nord de la Seine, fut construit par Philippe Auguste à l'extérieur des murs de la ville. La nouvelle enceinte de Charles V inclut le château qui perd tout intérêt défensif.

 

 

Le roi décide alors de le transformer en palais. En cette fin du XIVe siècle, ses façades sont percées de nombreuses fenêtres, les toits hérissés de hautes cheminées. La Cour aime à se promener dans le jardin du roi, composé de parterres de fleurs, de petits pavillons de treillages et d'un verger. Les demeures princières. Les grands princes, qui doivent rester proches du roi, occupent ou se font construire à Paris une résidence digne de leur rang. Le duc de Berry possède l'hôtel de Nesle sur la rive gauche. Celui des ducs de Bourgogne et l'hôtel de Bohême occupé par Louis Ier d'Orléans sont sur la rive droite, non loin du Louvre. Ces palais, presque aussi luxueux que celui du souverain, accueillent de véritables Cours.

 

 

 

► 1380 - 16 septembre Le duc d'Anjou, Louis Ier de Naples (frère de Charles V) assure la régence. Louis Ier de Naples, comte, puis duc d'Anjou, roi titulaire de Naples, (né à Vincennes le 23 juillet 1339 - mort au château de Biseglia, près de Bari, Italie, le 20 septembre 1384) est le deuxième fils de Jean le Bon et de Bonne de Luxembourg. Il est fait comte de Poitiers en 1350, comte d'Anjou et du Maine en 1356 ainsi que lieutenant du royaume la même année et enfin duc d'Anjou en 1360. Il est empereur titulaire de Constantinople (1383-1384), roi titulaire de Naples (1360-1384), duc d'Anjou, comte de Provence et de Forcalquier (1381-1384) et roi titulaire de Jérusalem.

 

 

 

► 1380 - 30 novembre Charles VI est sacré à Reims. Le roi n'a pas douze ans encore en ce jour où il est sacré à Reims. L'ordonnance qu'a signée son père en 1374 établissant la majorité du roi à quatorze ans ne saurait lui être appliquée. Les quatre oncles du roi assurent le conseil de régence. Parce qu'ils viennent d'apprendre que la suppression des fouages, décidée par feu le roi Charles V le Sage, est maintenue, les habitants de Reims saluent le sacre par les cris de : “Vive le roi de France ! Montjoie Saint Denis !”

 

 

 

► 1380 Le roi d'Angleterre ne conserve que Calais, Cherbourg, Brest, Bordeaux et Bayonne.

 

 

 

► 1381 - 4 avril Second traité de Guérande rétablissant Jean IV de Bretagne. Le duc de Bretagne, Jean IV de Bretagne renonce à son alliance anglaise, sollicite et obtient le pardon du roi de France moyennant un nouvel hommage et la promesse de verser une indemnité de guerre de 200 000 livres. Il doit encore accepter le principe d'une amnistie générale, renvoyer chez eux les capitaines et ses conseillers anglais, récupérer les places fortes tenues par des mains étrangères, y compris Brest.

 

 

Un article secret, absent du texte officiel, dispense le duc de Bretagne de participer en personne à la lutte contre ses anciens alliés. Dépitées, les troupes britanniques évacuent le duché, sauf Brest. Une brouille s'installe entre Bretagne et Angleterre, qui confisque le comté de Richemont. Le second traité de Guérande est signé le 4 août 1381. Le duc Jean IV de Bretagne recouvre ses biens, contre l'hommage prêté au roi de France, le versement d'une indemnité et le renvoi des conseillers anglais.

 

 

 

► 1381 - 1er septembre Émeutes de Béziers. Bien que le roi Charles VI le Fou ait atteint sa majorité, ses oncles les ducs d'Anjou (Louis II d'Anjou), de Bourgogne (Philippe le Hardi) et de Bourbon (Louis II de Bourbon) continuent d'assumer la régence. Ce qui leur permet de vider les caisses royales. Ils ont créé de nouvelles taxes, dont les fouages. Cet impôt provoque des troubles et des émeutes dans tout le royaume. Les bourgeois de Béziers se révoltent eux aussi. Ils sont réprimés par les "tuchins" (autrement dit par les “tue-chiens” !), qui pillent, violent et volent.

 

 

En dépit de cette répression, l'agitation gagne dans tout le Languedoc. La révolte des Tuchins ou tuchinat est une révolte languedocienne survenue entre 1381 et 1384 contre les prélévements fiscaux et la présence des mercenaires. C'est aussi une organisation de défense active contre les garnisons anglo-gascones. Elle est menées par de bandes armées composées de paysans et d'artisans et soutenues par certains grands seigneurs et l'élite urbaine de la province. Elle toucha aussi l'Auvergne entre 1384 et 1389.

 

 

 

► 1382 - Les régents font annoncer qu'ils rétablissent des taxes qui avaient été abolies par le feu roi. A cette nouvelle, le peuple de Paris se révolte, massacre un collecteur d'impôts et s'empare des armes qui étaient tenues en réserve à l'Hôtel de Ville, notamment de maillets de plomb fabriqués autrefois pour être distribués en cas de besoin aux défenseurs des remparts : de là le surnom de Maillotins donné à ces insurgés qui, maîtres de la ville, y font régner la terreur et y commettent toute sorte d'excès.

 

 

En même temps, des troubles analogues éclatent dans plusieurs villes, telles que Reims, Sens, Compiègne, Amiens et Rouen, et jusque dans le Languedoc, où les révoltés prennent le nom de Tuchins. Pendant ces troubles, les Flamands se sont, de leur côté, soulevés contre leur comte, et se sont donné pour chef Philippe van Artevelde (fils de Jacques van Artevelde que les Français ont combattu sous le règne de Philippe VI). Le comte de Flandre étant le beau-père du duc de Bourgogne (l'un des régents de France), celui-ci pousse Charles VI à prendre les armes en sa faveur.

 

 

La chevalerie française obéit d'autant plus volontiers en cette circonstance à Charles VI, que le mouvement qui se produit dans les Flandres est en réalité une révolte des artisans et des bourgeois contre les seigneurs. Les Français sont commandés par un ancien compagnon d'armes de Du Guesclin, le connétable Olivier de Clisson. La rencontre a lieu le 17 novembre 1382 à Roosebecke; les Flamands y sont complètement battus par les Français et leur chef Artevelde y est tué. A la suite de cette victoire, Charles VI entre à Gand et y fait décapiter plusieurs bourgeois regardés comme les chefs du mouvement.

 

 

Après quoi il rentre à Paris pour réduire la révolte des Maillotins. Révolte des maillotins. Insurrection de Parisiens en mars 1382. Ayant pillé l'Arsenal où ils s'arment de maillets de plomb – d'où leur nom –, ils sèment la terreur en tuant de nombreux percepteurs. Leur révolte a en effet pour origine l'annonce de la collecte d'une taxe indirecte sur les comestibles, en dépit de promesses contraires. La révolte n'est écrasée qu'en novembre 1382, par les troupes royales de retour de guerre.

 

 

 

► 1382 - 27 novembre : Charles VI remporte la bataille de Roosebeke sur les Flamands, à l'issue d'une véritable expédition militaire menée à la suite de la révolte des tisserands de Gand, menée par Philippe van Artevelde, qui sera pendu sans procès au lendemain de la victoire. La bataille de Roosebecke se déroula près du village de Roosebecke, actuellement Westrozebeke en Flandre-Occidentale, le 27 novembre 1382. Les chefs furent d'une part Philippe van Artevelde pour les Flamands, d'autre part Charles VI de France conduisant l'armée française commandée par Olivier IV de Clisson. 

 

 

Philippe van Artevelde né en 1340, fut tué à la bataille de Roosebecke le 27 novembre 1382. Fils de Jacob Van Artevelde. Lors de la bataille qui l'opposa à Louis Ier de Flandre, comte de Flandre, Philippe van Artevelde capitaine des Gantois fut victorieux. Mais il subit une cuisante défaite à la bataille de Roosebecke le 27 novembre 1382. Charles VI de France écrasa l'armée flamande commandée par Philippe van Artevelde à Roosebecke. Au cours de cette bataille, Philippe van Artevelde mourut par étouffement au milieu de ses soldats aissaillis par les troupes françaises.

 

 

 

► 1382 mort de Nicolas d'Oresme.

 

 

 

► 1383 - 29 février Exécution du dernier prévôt des marchands. En janvier, le roi Charles VI le Fol a mis fin à la prévôté des marchands de Paris, il a supprimé les maîtrises des métiers et interdit les assemblées. Pour signifier sa volonté, il fait exécuter le dernier des prévôts des marchands, des Marès.

 

 

 

► 1383 mars Débarquement des Anglais à Calais qui occupent la Flandre.

 

 

 

► 1384 - 14 septembre Trêve entre la France et l'Angleterre.

 

 

 

► 1384 La Flandre devient bourguignonne. Le dernier comte de Flandre trouve la mort. Son gendre, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne obtient le territoire flamand. C'est ainsi que naissent les Pays-Bas bourguignons. Par la suite, Philippe le Bon annexera au territoire le comté de Namur, le duché de Brabant-Limbourg, les comtés de Hainaut, Zellande, Hollande et Frise. Il y ajoutera encore le duché de Luxembourg et la principauté de Liège. 

 

 

Bourguignons, lors de la guerre de Cent Ans, les Bourguignons sont un des partis, qui s'oppose aux Armagnacs dans la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. L'histoire du parti des Bourguignons s'inscrit dans celle de la guerre de Cent Ans. En 1361 le duc Philippe de Rouvre meurt sans héritier, le roi de France Jean II le Bon récupère le duché et l'octroie en apanage à son fils Philippe le Hardi en 1363. Celui-ci et ses descendants s'attachent à en faire une grande principauté, tendant à l'indépendance. 

 

 

Les Armagnacs furent au XVe siècle l'un des deux partis qui s'opposèrent dans une guerre civile en France. Leurs adversaires étaient les Bourguignons. À l'origine le conflit oppposait le duc de Bourgogne, Jean sans Peur à Louis Ier d'Orléans. Suite à la folie de Charles VI, la France est gouvernée par un conseil de régence présidé par la reine Isabeau depuis 1393. La reine est piètre politique, et le membre le plus influent du conseil est le duc de Bourgogne (Philippe le Hardi) qui est l'oncle du roi.

 

 

 

► 1385 - 17 juillet Charles VI épouse Isabeau de Bavière, qui est restée célèbre par les scandales de sa vie privée et publique. Dans le but d'obtenir de l'aide de certains États du Saint-Empire romain germanique contre l'Angleterre, Charles VI le Fol épouse Isabeau de Bavière, fille du duc Étienne II de Bavière-Ingolstadt. Isabeau de Bavière, Élisabeth avant son mariage (1371-29 août 1435) est la fille d'Étienne II, duc de Bavière-Ingolstadt et de Thadée Visconti. Elle se marie le 17 juillet 1385, à Amiens, avec Charles VI de France (dit le Bien-Aimé) et devient reine de France.

 

 

 

► 1385 à 1433 - naissance et mort de Alain Chartier, écrivain et diplomate français du Moyen Âge, étudia à l'université de Paris, fut secrétaire de Charles VI et de Charles VII, et exerça comme ambassadeur en Allemagne, à Venise et en Écosse. L'oeuvre de ce grand poète de la fin du Moyen Âge reste injustement négligée: il a pourtant laissé une marque profonde et subtile dans la littérature française. Clément Marot dit de ses vers qu'ils étaient un honneur pour toute la Normandie et sa province natale. Le grand humaniste Étienne Pasquier (1529-1615) prolongea cet éloge, nommant Chartier le "grand poète de son temps".

 

 

 

► 1386 à 1466 - naissance et mort de Donatello. Sculpteur italien. Il est né à Florence en 1386. Il commença à pratiquer la sculpture à l'âge de 20 ans et travailla dans le magasin de Lorenzo Ghiberti. Plus tard dans sa vie il étudia les ruines romaines et devint un humaniste. Il eut également un atelier à Florence où il créa plusieurs de ses chefs d'oeuvre. Parmi ceux-ci ont peu citer son: 'Saint Pierre', 'Saint Georges et le dragon', 'Saint Jean l'Évangéliste', 'Saint Antoine' et une statue équestre appelée 'Gattamelata'.

 

 

Beaucoup de ses sculptures annonçaient la Renaissance. Son 'David' fut la première statue nue de la Renaissance, et sa 'Gattamelata', a été considérée comme une des meilleures sculptures la mieux proportionnées. Il a employé un réalisme puissant qui donna à ses statues un regard distinct. Donatello a eu un immense impact sur l'art et les artistes de la Renaissance. Il caractérisa chacune de ses figures. Il fit également la première sculpture en bronze. Il créa les premières statues libres de la Renaissance, indépendantes de l'architecture ou de la décoration.

 

 

Un de ses premiers ouvrages pour la cathédrale de Florence fut son 'Saint Michel'. A cette occasion il défini un type de statuaire monumental dont les concepts sont demeurés incontesté jusqu'au début du XXème siècle. Les cinq statues des prophètes faits entre 1418 et 1435 ont fixé ces concepts définitivement. Dès le début, Donatello était sensible à la physionomie et il eu le talent d'exprimer des émotions dans ses oeuvres notamment avec le plissement des fronts, les regards fixes. Il fut un des artistes les plus admirés et les plus respectés de son temps.

 

 

Le sens tactile de la profondeur et de la récession était un des dispositifs constants de l'art de Donatello. Le meilleur éclairage à cet égard est son 'Pazzi Madonna' considéré comme un de ses premiers travaux, précédant son 'Saint Georges'. Dans son oeuvre postérieure connu sous le nom de Madone des nuages, Donatello a recourt, comme dans son 'saint Georges', à des effets plus imagés. Il est souvent associé à l'épanouissement de Florence.

 

 

Mais sa renommée se fait dans toute l'Italie. Il réussit à présenter une grande diversité dans son oeuvre, dans un domaine plutôt restreint - la sculpture - et cela en fait un créateur incomparable à d'autres artistes de son époque. Il travaille la sculpture sous plusieurs aspects comme la statue, le relief, tabernacle, statue équestre. Il exploite plusieurs matériaux comme le marbre, le bronze, le stuc, la terre cuite et le bois.

 

 

 

► 1387 Gaston Phébus écrit 'Livre de Chasse'. Gaston Phébus, Gaston III de Foix-Béarn, comte de Foix, vicomte de Béarn, né le 30 avril 1331 à Orthez et mort en 1391 est un écrivain et un seigneur féodal du Midi de la France. Il est le fils de Gaston II de Foix-Béarn, comte de Foix-Béarn et d'Aliénor de Comminges.

 

 

 

► 1387 Le père de la poésie anglaise, Geoffrey Chaucer, écrit ses 'Contes de Cantorbéry'. Geoffrey Chaucer (Londres vers 1343 - 1400) fut un auteur, philosophe, diplomate et poète anglais, mieux connu comme l'auteur des "Canterbury tales" (Contes de Cantorbéry). Il est parfois considéré comme le premier auteur à démontrer la légitimité artistique de la langue anglaise.

 

 

 

► 1388 - 3 novembre Charles VI, décidé à gouverner seul, renvoie ses oncles dont l'action a été si funeste, et rappelle les anciens conseillers de son père, gens de petite noblesse, et même de mince origine (et que pour cette raison on appela les Marmousets), mais sages et prévoyants. L'administration prudente et économe des Marmousets ramène quelque prospérité dans le pays. Les marmousets furent entre autres : Jean de Montagu, Olivier IV de Clisson, Bureau de la Rivière, Jean Le Mercier.

 

 

Ils n'étaient pas issus du peuple, il n'étaient pas des princes, ni des fonctionnaires, ils étaient tout simplement très proches du roi Charles VI de France. C'est grâce à cette position qu'ils ont pu accéder aux plus hautes fonctions de l'État. Ces hommes étaient dotés d'une autre qualité, la solidarité entre eux. Choisis par Charles VI en 1388, ils firent le serment de rester unis et amis, solidaires l'un envers l'autre.

 

 

 

► 1388 - 18 août Trêve de Leulinghem entre la France et l'Angleterre.

 

 

 

► 1389 Louis Ier d'Orléans, duc d'Orléans, frère de Charles VI, épouse Valentine Visconti, qui reçoit en dot des droits sur le Milanais (cause des futures guerres d'Italie)Louis Ier d'Orléans (1372 - Orléans, 1407) fut duc d'Orléans. Fils du roi de France Charles V, et frère de Charles VI, il était le chef de la faction des Armagnacs et fut assassiné sur l'instigation du chef des Bourguignons, Jean sans Peur.

 

 

Il épouse en 1389 Valentine Visconti (1368 † 1408), fille de Jean-Galéas Ier Visconti, seigneur de Milan, et d'Isabelle de France. C'est ce mariage qui seront à l'origine des prétentions des rois Louis XII et François Ier sur le duché de Milan. Duc d'Orléans, le titre de duc d'Orléans est un titre de noblesse présent dans la famille royale française depuis 1344. Il était traditionnellement réservé au deuxième fils du roi. C'est donc un apanage de la couronne.

 

 

 

► 1389 Les Turcs ottomans battent les croisés et les Serbes à la bataille de Kosovo Polje le 28 juin et annexent la Serbie. Le prince de Serbie Lazare est tué. Le Serbe Miloc Kobilovic poignarde le sultan Murat Ier. Le grand vizir ottoman écrase les Bulgares à Nicopolis. Les Ottomans occupent en Europe la Macédoine, la Thrace orientale et la Bulgarie. La bataille de Kosovo Polje eut lieu le 28 juin 1389 au Kosovo sur le "champ des Merles" entre l'empire Ottoman et les Serbes. Cette bataille est particulièrement chère au coeur de la plupart des serbes, qui aiment à se rappeler cette date particulière, qui marqua la fin de leur indépendance, pour près de cinq siècles et leur passage sous la domination ottomane.

 

 

 

► 1389 Pierre d'Ailly devient chancelier de l'Université de Paris. Pierre d'Ailly, né en 1351 et mort en 1420, est un prélat français fort influent de son temps et un auteur universitaire prolixe. Né à Compiègne en 1351 dans une famille bourgeoise aisée (son père était un boucher prospère), Pierre d'Ailly étudie à Paris au Collège de Navarre à partir de 1364 et devient maître en théologie en 1381, puis recteur du collège en 1384. Il devient aumônier du roi Charles VI en 1389 et, la même année, il est nommé chancelier de l'université de Paris. Il est alors le maître de Jean Gerson qui sera son disciple préféré et deviendra son ami et successeur en tant que chancelier de l'université.

 

 

 

► 1390 à 1441 - naissance et mort de Jan van Eyck. Déjà considéré en son temps comme le plus grands des peintres, Jan van Eyck est resté le plus célèbre des primitifs flamands. Depuis le XVIe siècle, la tradition lui attribue l'invention de la peinture à l'huile. Même si cette technique existait bien avant lui, il est certainement celui qui a le plus contribué à son amélioration et son expansion (l'utilisation de l'huile de térébenthine, c'est lui).

 

 

Obsédé par le réalisme et guidé par un perfectionnisme ambitieux, il est devenu inégalable dans le rendu des surfaces, matières, textures (brocards, fourrures, velours, pierres précieuses, métaux, armures, marbres, verre, chair...) et de tous leurs effets de lumière, reflets et transparences. Le même souci d'exactitude se retrouve dans ses portraits, dont il peint chaque détail avec acuité. Il ne nous est parvenu que 9 tableaux signés et datés par Van Eyck et une dizaine dont l'attribution est à peu près certaine. Sa devise était 'Als ich kan' (Comme je peux).

 

 

 

► 1392 Attentat à Paris de Pierre de Craon contre Olivier de Clisson, qui est laissé pour mort, mais réchappe de ses blessures. Cette tentative de meurtre a eu lieu à l'instigation du duc de Bretagne, Jean IV de Bretagne, ennemi mortel du connétable. Charles VI exige la remise du meurtrier qui s'est réfugié à la cour du duc, et que celui-ci refuse de livrer. Le roi de France, pour venger son fidèle lieutenant auquel il doit la victoire de Roosebecke (1382) ainsi que le rétablissement du prestige royal et qui est du reste un personnage considérable, prépare une expédition contre le duc, et entre en campagne.

 

 

Le 5 août, comme l'armée, au sortir de la forêt du Mans, débouchait en plaine par une chaleur torride, Charles VI, déjà troublé par l'apparition soudaine d'un individu qui, sous bois, lui avait crié d'arrêter parce qu'il était trahi, devient subitement fou en entendant le bruit d'armes qu'un soldat laissait par négligence s'entrechoquer. Il se jette l'épée haute sur son entourage, tue quatre hommes de son escorte et n'est maîtrisé qu'à grand-peine. Ses oncles reprennent le pouvoir concurremment avec son frère Louis Ier d'Orléans.

 

 

Sa folie cependant n'est pas absolue, et on le voit pendant trente-cinq ans que dure encore son règne, s'occuper fréquemment des affaires de l'État. Pierre de Craon, ce digne chambellan, est encore connu par l'assassinat d'Olivier de Clisson, qu'il fit attaquer la nuit, à Paris, au sortir de l'hôtel Saint-Pol, par plusieurs hommes armés. Olivier de Clisson, laissé pour mort, guérit de ses blessures.

 

 

Ce fut en se dirigeant vers l'Anjou pour tirer vengeance de ce crime que le roi Charles VI fut atteint de cette démence fatale qui livra la France aux fureurs rivales de ses parents et aux dévastations des étrangers. Condamné par le parlement, enfermé dans la tour du Louvre, Pierre de Craon, dont les biens devaient être confisqués, obtint du roi des lettres d'abolition pour son double crime. Le parlement, indigné, refusa l'entérinement des lettres de grâce et confirma son premier arrêt par un autre plus sévère, mais qui ne fut pas plus exécuté que le premier.

 

 

 

► 1392 - 5 août, le roi Charles VI de France est victime, dans la forêt du Mans, de la première crise de la folie qui va marquer tout le reste de son règne. Après avoir tué quatre hommes et tenté de tuer son frère Louis Ier d'Orléans, il s'enfuit. Ses suivants mettront une heure à le retrouver et à le maîtriser. C'est le début d'une alternance entre crises de folie et périodes de lucidité qui va durer trente ans et avoir des conséquences terribles pour le royaume de France. Ses retours intermittents à la raison empêchent l'établissement d'une régence solide.

 

 

 

► 1393 - 28 janvier Son frère Louis Ier d'Orléans devient régent avec les ducs de Berry (Jean Ier de Berry) et de Bourgogne (Philippe le Hardi). Jean Ier de Berry, Jean de France, né le 30 novembre 1340 à Vincennes, mort en 1416 à Paris, est un prince français de la branche Valois de la dynastie capétienne, Duc de Berry de 1360 à sa mort.

 

 

 

► 1393 Début de la rivalité entre le régent Orléans et le duc de Bourgogne.

 

 

 

► 1394 - 17 septembre Ordonnance sur l'expulsion des Juifs. Par ordre du roi, Charles VI le Fol, tous les Juifs de France perdent l'autorisation de résider dans le royaume.

 

 

 

► 1395 à 1455 - naissance et mort de Fra Angelico (Guido di Piero). Peintre italien. Considéré dès son vivant comme l'un des peintres les plus importants de la première moitié du Quattrocento, Fra Angelico a, pendant des siècles, fasciné les mémoires pour ce trait supplémentaire, mais essentiel, d'avoir été "saint homme", prêtre et frère dominicain. De cette mémoire, une mythologie est née, faisant du peintre ce personnage "angélique" qui n'aurait, dit-on, jamais pris ses pinceaux avant d'avoir fait une prière...

 

 

L'histoire de l'art cherchant, quant à elle, l'apport spécifique de l'artiste - ou, au contraire, ses résistances - aux grands bouleversements stylistiques de la Renaissance. Mais l'art de Fra Angelico exige une approche médiane, ou plutôt dialectique. Dépositaire d'un immense savoir - théologique, exégétique, liturgique -, l'artiste aura dû forger une poétique singulière qui utilisait, voire détournait les formes "humanistes" aux fins d'une pensée ancrée dans le Moyen Âge. Et une telle poétique démontre toute sa génialité dans le jeu qu'elle instaure, souvent paradoxal, d'une intense matérialité colorée aux effets toujours "anagogiques": signe d'une peinture constamment en quête de son au-delà.

 

 

 

► 1396 Naissance de Philippe le Bon, futur duc de Bourgogne. Philippe le Bon, Philippe III de Bourgogne, dit Philippe le Bon, né en 1396, mort en 1467, était un prince français de la deuxième branche bourguignonne de la dynastie capétienne. Il fut duc de Bourgogne de 1419 à 1467. Il était le fils unique de Jean sans Peur. Son fils Charles le Téméraire lui succéda.

 

 

 

► 1396 Jean sans Peur, fils du duc de Bourgogne, conduit une expédition de chevaliers français à la défense de la Hongrie contre les Turcs; il est battu à Nicopolis par le sultan Bayezid Ier. Jean sans Peur, Jean Ier de Bourgogne, dit Jean sans Peur, duc de Bourgogne est né le 28 mai 1371 à Dijon. Il est le fils aîné de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, et de Marguerite III de Flandre. Il est d'abord comte de Nevers en 1384, comté qu'il abandonne en 1404 à son frère Philippe. 

 

 

La Bataille de Nicopolis eut lieu le 25 septembre 1396 sur la rive droite (sud) du Danube (aujourd'hui Nikopol en Bulgarie). Le Sultan ottoman Bayezid Ier ("Bajazet" en français, fils de Mourad Ier) et le Prince Stefan Lazarevic de Serbie défirent une croisade d'ampleur sans précédent menée par Sigismond de Luxembourg, Roi de Hongrie-Croatie. C'est la cavalerie serbe de Stefan Lazarevic, vassal et beau-frère du Sultan qui, en attaquant l'armée hongroise sur son flanc droit, assura la défaite de la coalition chrétienne. Bayezid conquiert ensuite la Thessalie sur ce qui reste de Byzance.

 

 

Cependant l'irruption en Europe de Tamerlan, qui écrase Bayezid à la Bataille d'Angora en 1402, retarde la chute des Balkans aux mains des Ottomans. Bayezid Ier est né à Edirne en 1360. Désigné par testament, il succéda à son père Murad Ier en 1389. À peine eut-il pris le pouvoir qu'il fit étrangler son frère aîné Yakub Çelebi. Son caractère emporté, et la rapidité de ses décisions lui valurent son surnom de "Foudroyant". Il est fait prisonnier en 1402 par Tamerlan et est mort en captivité.

 

 

 

► 1396 Trêve anglo-française signée pour 28 ans (1396-1415)

 

 

 

► 1396 Jean Gerson devient chancelier de l'Université de Paris. Jean Gerson (1363-1429) : Né à Gerson, de son vrai nom Jean Charlier. Élève de Pierre d'Ailly au collège de Navarre, docteur en 1392, chancelier de l'Université en remplacement de D'Ailly. Doyen de Notre-Dame de Bruges de 1397 à 1401, il est en contact avec les Frères de la Vie Commune et lit les 'Noces Spirituelles' de Ruysbroeck, mais il les trouve trop proches des Beghards.

 

 

Il tenta de participer aux solutions diplomatiques du grand Schisme, puis prôna énergiquement les réformes : il écrit le 'De Auferibilitate papae ab ecclesia' pour défendre le concile de Pise, puis assiste au concile de Constance et y compose en 1417 son 'De Potestate ecclesia'. Menacé par Jean sans Peur, il s'exile pendant deux ans dans le Tyrol et en Autriche, puis rentre à Paris en 1419 avant de se retirer chez les Célestins à Lyon. Il y mourra. Nicolas de Clémanges est un de ses plus célèbres élèves.

 

 

 

► 1397 à 1475 - naissance et mort de Paolo Uccello, est un peintre, mosaïste et marqueteur italien, qui travailla notamment à la basilique Saint-Marc de Venise. On lui doit deux "Saint Georges et le dragon".

 

 

 

► 1398 - 17 décembre Victoire de Tamerlan en Inde. Le conquérant tuco-moghol Tamerlan, vainc les troupes du sultanat et parachève sa conquête avec la destruction de Delhi. La ville est pillée et les habitants massacrés par les armées de Tamerlan. Il abandonne ensuite la région à la famine et reprend la route pour d'autres conquêtes. Le sultanat de Delhi se reformera pour encore 150 ans. Tamerlan, parent éloigné de Gengis Khan, se considéra comme son fils spirituel. Son prénom, Timur, signifie "fer" en turco-mongol et se rapproche de celui de Gengis Khan, Temüdjin.

 

 

On l'appelle aussi Amir Timur (Émir de fer). Né près de Samarcande en Ouzbékistan en 1336 et devenu émir de Transoxiane, il se révéla un redoutable chef de guerre, bâtissant un immense empire reposant sur la force et la terreur. Il se montra cependant aussi protecteur des arts et des lettres qui firent la grandeur de sa capitale, Samarcande. Apres la mort de Tamerlan en 1405 son empire, gouverné par ses descendants (les Timourides), fut grignoté par les puissances voisines jusqu'à l'assaut final des Ouzbeks de la dynastie des Chaybanides.

 

 

 

► 1399 Henri IV d'Angleterre: premier roi de langue maternelle anglaise.

 

 

 

► 1400 Enguerrand de Monstrelet, 'Chroniques' (1400-1444). Enguerrand de Monstrelet, chroniqueur né sans doute à Montrelet (Somme) vers 1390, mort vers le 15 juillet 1453. il a écrit en français, pour continuer Froissart, une Chronique qui s'étend de 1400 à 1444 en deux livres.

 

 

 

► 1400 à 1456 - naissance et mort de Jacques Coeur. Jacques Coeur, l'argentier du roi. Homme d'affaires audacieux, Jacques Coeur devint en quelques années un personnage puissant et incontournable du royaume de France. Anobli par Charles VII, il est chargé de combler les moindres exigences du roi et de la cour, une fonction domestique qui va lui permettre de s'enrichir.

 

 

Jacques Coeur est l'ami des rois, des papes et des princes. Grand Argentier du roi Charles VII, c'est avec l'argent prêté au roi qu'il permet au "Petit Roi de Bourges de bouter les Anglais hors de France". Il fut un homme d'affaires remarquable. Sa vie dans les honneurs et sa fin tragique font de cette existence un véritable roman. Argentier, surintendant ou ministre des Finances.

 

 

 

► 1401 à 1428 - naissance et mort de Masaccio (Tommaso di Ser Giovanni) eut une influence déterminante sur les artistes de la Renaissance, dont on peut considérer qu'il est l'un des premiers avec Brunelleschi et Donatello. Masaccio se rend à Florence, où, en 1422, il s'inscrit à la corporation des médecins et des pharmaciens. Il entre dans le cercle de Masolino da Panicale et des peintres florentins. On ne sait exactement si Masolino (bien plus âgé que lui) fut son maître, ou si la position de Masaccio était plus indépendante.

 

 

Masaccio est en fait le continuateur de Giotto par la force de ses sentiments, le calme de sa composition, la mise en valeur des volumes. Léonard de Vinci, dans son Traité de la peinture, a défini, avec justesse, la nouveauté de Masaccio: "Après Giotto, l'art retomba en décadence pendant plus d'un siècle, parce que les peintres commencèrent à imiter les oeuvres de Giotto. Puis vint le Florentin Tommaso (Masaccio); il prouva, par la perfection de ses oeuvres picturales, que tous ceux qui ne prennent pas comme modèle la nature, cette éducatrice de tous les maîtres, s'efforcent vainement de faire de l'art."  

 

 

      

► 1401 Jean Gerson écrit 'Sermons' (1401-1413)

 

 

 

► 1402 - 20 juillet : Tamerlan (Timour lenk) défait les Turcs Ottomans à Ankara et s'empare du sultan Bayezid Ier. Les Ottomans perdent des émirats turcs d'Anatolie. Brousse est occupée et pillée. Smyrne, ville chrétienne, est prise et détruite par Tamerlan. A Sivas, Tamerlan fait enterrer vivant 4000 guerriers arméniens et fait écraser sous les sabots de ses chevaux tous les enfants de la cité. Tamerlan, parent éloigné de Gengis Khan, se considéra comme son fils spirituel. Il se révéla un redoutable chef de guerre, bâtissant un immense empire reposant sur la force et la terreur. Il se montra cependant aussi protecteur des arts et des lettres qui firent la grandeur de sa capitale, Samarkand. Brousse, ville de Turquie, appelée Bursa en turc.

 

 

 

► 1402 Querelle du 'Roman de la Rose'. La seconde partie a provoqué des polémiques sur la vision de la femme par Jean de Meung, en particulier la réponse de Christine de Pisan sur ses positions conduisant à une des premières querelles féministes. Elle a été impliqué dans la première querelle littéraire française que certains considèrent comme un manifeste, sous une forme primitive, du mouvement féministe. En effet 'Epistre au Dieu d'Amours' 1399 et son 'Dit de la Rose' 1402, critique de la seconde partie du Roman de la rose écrite par Jean de Meun, provoquèrent des remous considérables dans l'intelligentsia de l'époque.

 

 

 

 

► 1403 Naissance de Charles (futur Charles VII), cinquième fils de Charles VI et Isabeau de Bavière. Charles VII de France, dit Charles le Victorieux ou encore Charles le Bien Servi (né à Paris le 22 février 1403 - Mehun-sur-Yèvre, 22 juillet 1461). Roi de France de 1422 à 1461. Il mit fin en 1453 à la guerre de Cent Ans sur une victoire française. Son nom reste principalement attaché à l'épopée de Jeanne d'Arc, qui lui permit de renverser une situation compromise et d'être sacré à Reims (17 juillet 1429).

 

 

 

► 1403 26 avril 1403 Ordonnance concernant la régence. Une ordonnance est créée qui institue la régence et le gouvernement pendant “les absences” du roi Charles VI le Fol, faible mot pour parler des crises de démence du souverain.

 

 

 

► 1404 janvier Reprise des hostilités entre la France et l'Angleterre.

 

 

 

► 1404 - 26 avril Mort de Philippe le Hardi, son fils Jean sans Peur devient duc de Bourgogne.

 

 

 

► 1404 à 1472 - naissance et mort de Léon Battista Alberti. Humaniste et architecte florentin. L'architecte est mêlé à l'édification d'un monument en 1454; c'est après cette date qu'il laisse dans l'histoire de l'architecture une marque profonde qui lui vaut sa réputation universelle, concevant plusieurs édifices qui vont ouvrir des voies radicalement nouvelles à cet art. Mais de l'âge de vingt ans à l'âge de cinquante ans (et au-delà), les résultats prodigieux qu'il réussit à atteindre en particulier comme écrivain, en latin et en italien, comme philosophe ou comme ingénieur - et que ce livre se fixe aussi comme objectif d'illustrer - ne peuvent que surprendre et fasciner.

 

 

Sa devise était d'ailleurs Quid tum et son symbole un oeil ailé, signes de cette volonté d'aller toujours de l'avant, de ne jamais répéter ce que les autres ont fait ou de ne jamais se répéter lui-même. Son jeune contemporain Landino parlera plus tard de lui comme d'un caméléon, qui s'adapte sans cesse à de nouveaux domaines au point que son esprit polymorphe est impossible à classer. Ce qui fait de lui, sans conteste, le génie le plus universel du XVe siècle.

 

 

 

► 1404 Christine de Pisan écrit 'Livre des fais de Charles V’

 

 

 

► 1405 juin Débarquement anglais dans le Cotentin. Le Cotentin est un pays de la Normandie autrefois appelé Pagus Constantiensis (pays de Coutances).

 

 

 

► 1405 Début des voyages de l'amiral chinois eunuque Zheng He vers l'Indonésie, l'Inde, l'Arabie et la côte Est de l'Afrique (jusqu'en 1433). Il mène sept expéditions qui conduisent à l'hégémonie navale de la Chine sur les mers de la Sonde et sur l'océan indien (1405-1424) : Champa, Cambodge, Siam, Malacca, Java, Sumatra, Ceylan, Bengale et Inde méridionale. Les escadres chinoises sont présentes à Ormuz, à Aden et à Djedda. A deux reprises, la flotte touche la côte orientale de l'Afrique. Zheng He était un eunuque chinois et un explorateur maritime célèbre. Zheng He, surnomé "l'Eunuque aux trois joyaux", né en 1371 et mort en 1433, était un eunuque chinois et un explorateur maritime célèbre.

 

 

 

► 1406 Début de la construction de la Cité interdite à PékinLa Cité Interdite est le Palais impérial de Pékin dont la construction fut ordonnée par Yongle, troisième empereur Ming. Ce palais, d'une envergure inégalée, fait partie des palais les plus anciens et les mieux conservés. Le nom "cité interdite" vient du fait que son accès était interdit au "peuple" à l'époque des grands empereurs chinois. Comme résidence de ces grands empereurs, elle est devenue symbole d'interdit. Son nom complet est "cité interdite pourpre", en référence à l'étoile "sacrée", l'étoile polaire, de couleur pourpre pour les Chinois.

 

 

 

► 1407 La mésintelligence règne entre les régents du royaume au nombre desquels se place la reine Isabeau de Bavière: elle est particulièrement vive entre le duc d'Orléans (Louis Ier d'Orléans), et le duc de Bourgogne (Jean sans Peur), qui, pour se débarrasser de son rival, le fait assassiner à Paris dans un guet-apens.

 

 

 

► 1407 - 23 novembre : L'assassinat à Paris de Louis Ier d'Orléans, frère cadet du roi Charles VI le Fou, par les hommes de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, déguisés en une bande de malfrats masqués et dirigés par Raoul d'Octonville. Le Duc de Bourgogne avait pour dessein d'unir l'Artois et la Flandre à son duché. Mais son cousin, Louis Ier d'Orléans, fils du roi de France Charles VI, s'opposait à son projet.

 

 

Cet assassinat entraîne la guerre civile en France entre Armagnacs et Bourguignons. Jean sans Peur quitte Paris après avoir fait assassiner Louis Ier d'Orléans. C'est alors que Louis Ier d'Orléans sort de l'hôtel Barbette, où réside sa belle-soeur la reine Isabeau de Bavière, à laquelle il vient de rendre visite, qu'il est poignardé par des sbires de Jean sans Peur, duc de Bourgogne. La haine que celui-ci porte à Louis dure depuis des années. Trois jours plus tôt, le duc de Bourgogne avait feint de se réconcilier avec son cousin…

 

 

 

► 1407 à 1435 - guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. - Charles d'Orléans, fils de Louis Ier d'Orléans qui vient d'être assassiné, épouse la fille du comte d'Armagnac (Bonne d'Armagnac, fille du comte Bernard VII d'Armagnac) et rallie autour de lui tous les partisans de sa maison, auxquels on donne le nom d'Armagnacs; il entre en lutte armée avec les partisans du duc de Bourgogne, appelés les Bourguignons. Cette querelle, qui partage la France en deux camps, dégénère en une véritable guerre civile; les deux factions rivalisent d'atrocités.

 

 

Les Bourguignons dominent d'abord dans Paris, où ils s'appuient sur la corporation des bouchers dirigés par Caboche et Capeluche, et surnommés les Cabochiens. Ceux-ci poussent les excès si loin que la population appelle les Armagnacs à son secours (1413), et l'on voit les fureurs des Armagnacs succéder à celles des Bourguignons. La lutte continue entre ces irréconciliables adversaires. Le parti Armagnac s'aliène les sympathies du peuple en sollicitant le concours des Anglais. En 1414, Charles VI marche contre le duc de Bourgogne qu'il va assiéger à Arras.

 

 

C'est au cours de ce siège qu'il est fait pour la première fois usage des arquebuses que l'on appelait alors les canons à mains. Cette expédition n'a pas de suites: Charles VI accorde la paix au duc. Les Armagnacs furent au XVe siècle l'un des deux partis qui s'opposèrent dans une guerre civile en France. Leurs adversaires étaient les Bourguignons. À l'origine le conflit oppposait le duc de Bourgogne, Jean sans Peur à Louis Ier d'Orléans. Suite à l'assassinat de ce dernier en 1407, ses partisans se rallièrent à Bernard VII d'Armagnac, comte d'Armagnac, beau-père de son successeur Charles d'Orléans. 

 

 

Les Bourguignons sont les habitants de la Bourgogne. En 1411 un conflit ouvert éclate entre les Armagnacs, partisan de Louis Ier d'Orléans puis de Bernard VII d'Armagnac, comte d'Armagnac et les Bourguignons partisans de Jean sans Peur, duc de Bourgogne. Les Armagnac sont proches du pouvoir royal, notamment du Dauphin, tandis que les Bourguignons s'allient aux Anglais en France. La guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons est un conflit qui ravagea la France, déjà en lutte avec l'Angleterre pendant la guerre de Cent Ans.

 

 

Le conflit trouve ses racines sous le règne de Charles VI. Pendant la minorité de ce dernier, son oncle Philippe le Hardi fut régent. Puis lorsque la folie de Charles VI se révela, les princes de Bourgogne et d'Orléans se partagèrent le pouvoir, tandis que Jean Ier de Berry servait de médiateur. En 1407, craignant de se voir écarter du pouvoir, le duc de Bourgogne fait éliminer son concurrent, déclenchant la guerre civile. Le 19 septembre 1419, l'assassinat de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, sur le pont de Montereau-Fault-Yonne empêche tout apaisement. 

 

 

Charles d'Orléans (24 novembre 1394, Paris- 5 janvier 1465, à Amboise), duc d'Orléans est surtout connu par son oeuvre poétique réalisée lors de sa longue captivité anglaise. Son enfance est marquée par le conflit qui oppose son père à Jean sans Peur, duc de Bourgogne, conflit qui est à l'origine de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Son père est tué sur l'ordre du duc de Bourgogne le 23 novembre 1407. En sa qualité d'aîné, il recueille la plus grande part de l'héritage dont le duché d'Orléans, les comtés de Valois et de Blois, et les seigneuries de Coucy et de Chauny.

 

 

 

► 1409 - 9 mars Paix de Chartres. Jean sans Peur a le pardon du roi. Paix de Chartres signée le 9 mars 1409 comportait 21 articles rédigés par Jean de Montaigu. Dans ces articles on peut y lire entre autres : l'aveu de Jean sans Peur, duc de Bourgogne concernant le meurtre de Louis Ier d'Orléans "Par sa volonté et par ses ordres, pour le bien du royaume". des excuses aux enfants du duc d'Orléans.

 

 

Il fut prévu une cérémonie en la cathédrale de Chartres le 9 mars 1409. Cette cérémonie de réconciliation fut une véritable crève-coeur pour Charles d'Orléans (1394-1465) et son frère Philippe d'Orléans (1396-1420), comte de Vertus. En effet, en larmes ils accordèrent leur pardon à Jean sans Peur l'assassin de leur père. Puis, ils prêtèrent le serment sur les Évangiles de respecter cette paix qui venait d'être signée.

 

 

 

► 1409 - 26 juin Concile de Pise élit un nouveau pape Alexandre V, mais Grégoire XII et Benoît XIII refusent d'abdiquer. Alexandre V (antipape) (né en 1340 et mort le 3 mai 1410) a été élu pape à Pise sous le nom d'Alexandre V durant le Grand Schisme d'Occident. Comme tous les papes d'Avignon et les papes de Pise de cette époque, il est aujourd'hui considéré par l'Église catholique romaine comme un antipape. Grégoire XII, né à Venise en 1325, pape de 1406 à 1415. Benoît XIII (antipape) Pedro de Luna (1329 - 1423), originaire d'Aragon, devient pape sous le nom de Benoît XIII. 

 

 

Le concile de Pise a été convoqué en 1409 pour tenter de régler le sérieux problème du Grand Schisme d'Occident. Depuis 1378, deux papes rivaux se trouvent à la tête de la Chrétienté. Celui de Rome a l'appui de l'Italie du nord, de l'Angleterre, de l'Allemagne, de la Pologne et de la Hongrie. Derrière son adversaire, installé à Avignon, se rangent la France, la Castille, l'Aragon, le Portugal, le royaume de Sicile, la Savoie et le royaume de Chypre. En 1394, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne et véritable maître de la France (Charles VI est devenu fou), demande à l'Université de Paris de le conseiller sur les moyens de mettre fin au schisme.

 

 

Celle-ci présente trois solutions: la voie de compromis (laisser aux pontifes le soin de mettre fin eux-mêmes au schisme), la voie de cession (il faut les obliger à abdiquer simultanément puis en faire élire un autre), et la réunion d'un concile qui tenterait de régler lui-même le problème. Philippe le Hardi a pris d'abord parti pour la voie de cession. En 1398, lors d'un concile tenu à Paris, les évêques français décident de retirer au pape d'Avignon les fonds venant des bénéfices et des revenus ecclésiastiques dans le but de l'obliger à se démettre. Seule l'autorité spirituelle lui est reconnue.

 

 

C'est ce que l'on appela la soustraction d'obédience. Appauvri, assiégé dans sa ville d'Avignon, le pape Benoît XIII tient cependant bon. En 1403, il parvient à se réfugier en Provence où l'accueille Louis II d'Anjou, hostile à la soustraction d'obédience. Devant l'échec de cette politique, le Conseil du roi de France la lui restitue en 1403. À mesure que les années passent, on s'aperçoit que seule la tenue d'un concile, troisième solution envisagée par l'Université de Paris, peut mettre fin au schisme. Réunis à Livourne en juin 1408, 8 cardinaux romains et 5 avignonnais décident d'en convoquer un à Pise pour mars 1409.

 

 

Le concile de Pise réunit 24 cardinaux (14 romains et 10 avignonnais), 300 hauts prélats et des ambassadeurs venus de toutes les parties de la Chrétienté. À cette époque, Benoît XIII est toujours pape d'Avignon; Grégoire XII est pape de Rome depuis 1406. Les deux pontifes ne s'entendent que sur une seule chose: le concile de Pise est illégal. Les pères conciliaires se réunissent de mars à août. Ils décrètent des mesures radicales. Ils accusent les deux papes d'hérésie et de sorcellerie et les assignent à comparaître. Ceux-ci, abandonnés par la majorité de leurs cardinaux et réfugiés, l'un en Aragon et l'autre dans la région de Naples, refusent de se rendre à Pise sous la contrainte.

 

 

Le concile décide donc de les déposer et, réuni en conclave, élit pape l'archevêque de Milan, le Grec Petros Filargis, qui prend le nom d'Alexandre V. Le concile de Pise n'a réussi qu'à envenimer la situation puisqu'il y a maintenant trois papes au lieu de deux sur le trône de St Pierre. Benoît XIII, pape d'Avignon, a derrière lui l'Espagne, le Portugal, la France et l'Écosse. Grégoire XII, pape de Rome, garde pour lui le sud de l'Italie et une partie de l'Allemagne. Tout le reste de la Chrétienté se range derrière le pape de Pise, Alexandre V. Il faudra attendre le concile de Constance, réuni à partir de 1414 pour que se règle le problème du Grand Schisme.

 

 

 

► 1410 - 15 avril Pacte de Gien contre Jean sans Peur. Jean Sans Peur (Jean de Bourgogne) fait assassiner le frère de Charles VI, Louis Ier d'Orléans. Son fils Charles d'Orléans lui succède et c'est le début d'une guerre civile qui oppose Orléans et Bourgogne. Le 28 novembre 1408 les partisans de Jean l'accueillent à Paris où il établit sa propre régence. Pour la légitimer, il n'hésite pas à se "réconcilier" avec Charles d'Orléans le 9 mars 1409.

 

 

Cette trêve sera de courte durée car le pacte de Gien (15 avril 1410) "unira" contre Jean sans Peur, tous les princes : le duc de Bourbon (oncle du roi par sa mère), le duc d'Orléans et son frère (petits-fils de Jean le Bon), les comtes d'Alençon et de Clermont (parents plus éloignés), le duc de Bretagne et Bernard d'Armagnac. Comme ce dernier prend la tête de la coalition, on appellera cela le parti des Armagnacs. Le roi est totalement impuissant. Il remaniera son conseil et on profitera de ses brefs instants de lucidité pour le faire signer tel ou tel acte. Il sait que ses moments de clairvoyance sont chronométrés et s'en remet totalement à ses conseillers.

 

 

 

► 1410 - 23 mai Élection de Jean XXIII par le concile de Pise. Jean XXIII (antipape) Baldassarre Cossa (Procida, province de Naples, v. 1360–Florence, 27 décembre 1419), élu pape par le concile de Pise en 1410 sous le nom de Jean XXIII, déposé par le concile de Constance en 1415, reconnu comme antipape par l'Église catholique romaine.

 

 

 

► 1410 Début du travail sur les 'Très Riches Heures du duc de Berry' par les frères Limbourg, illustrateurs flamands (fin en 1416). Ce document constitue l'une des plus beaux exemples de l'art du manuscrit et de l'enluminure au Moyen Âge et une source importante pour les médiévistes.

 

 

 

► 1410 écriture d''Imago mundi', de Pierre d'Ailly, ouvrage qui le fait apparaître comme un précurseur de Copernic. 'L'Imago mundi' est un ouvrage de cosmographie rédigé par Pierre d'Ailly, théologien français. C'est une représentation typique pour le Moyen Âge en forme de TO. Il faut ajouter que ces cartes on TO sont largement influencées par les pensées religieuses, et c'est par ce fait que dans ces cartes il n'existe souvent pas de distinction entre le monde réel et spirituel. Car ladite distinction était brouillée par l'influence religieuse, importante à l'époque.

 

 

 

► 1411 -  23 octobre Jean sans Peur revient à Paris.

 

 

 

► 1412 - 6 janvier Naissance de Jeanne d'Arc à Domrémy. Domrémy, ville de Lorraine, dans le département des Vosges, près de Neufchâteau, à une cinquantaine de kilomètres de Nancy.

 

 

 

►1412 - 8 mai Traité d'alliance entre les Armagnacs et Henri IV d'Angleterre. les Armagnacs signent une alliance avec l'Angleterre qui n'en demandait pas temps. Ils font ainsi entrer le loup dans la bergerie et la guerre anglo-française se superpose à la guerre civile. Le 10 août, c'est la chevauchée du duc de Clarence qui part de la Normandie et qui se termine à Bordeaux.

 

 

 

► 1412 - 22 août Traité d'AuxerreLa "Paix d'Auxerre" entre les princes. Le conflit entre les Armagnacs et les Bourguignons est un de ceux qui ont le plus touché l'Auxerrois à la fin du Moyen Âge. En mai 1412, Charles VI de France, passe à Auxerre à la tête d'un long convoi de munitions, des chariots transportant des bombardes et autres instruments de tir, pour se rendre au siège de Bourges, ville tenue par les Armagnacs.

 

 

La situation militaire en France est périlleuse, tant pour le parti du roi que pour le parti du duc de Berry, Jean Ier de Berry. Les troupes royales, qui assiègent la capitale du Berry, sont victimes de la dysenterie et d'une véritable épidémie de peste, qui fait des ravages considérables dans le royaume de 1411 à 1413. Les assiégés, quant à eux, essaient de ne pas mourir de faim dans une ville exsangue mutilée par les machines de guerre royales.

 

 

Un élément de poids intervient le 8 mai 1412 ; les ducs Jean Ier de Berry et Charles d'Orléans signent avec Henri IV de Lancastre, roi d'Angleterre, le traité d'Eltham. Ce pacte de guerre prévoit qu'en échange de l'aide militaire britannique accordée aux Armagnacs contre le parti de Bourgogne, un duché d'Aquitaine sera reconstitué sous souveraineté anglaise.

 

 

 

► 1413 - 20 mars Mort du roi Henri IV d'Angleterre, Henri V qui lui succède revendique le trône de France. Henri V (9 août ou 16 septembre 1387 - 31 août 1422), roi d'Angleterre, fils du roi Henri IV et de Marie de Bohun, est né à Monmouth au Pays de Galles.

 

 

 

► 1413 - 27 avril Début des émeutes contre les Armagnacs à Paris.

 

 

 

► 1413 - 28 avril Révolte des cabochiens. Pendant 1 mois, les "cabochiens" (du nom du meneur Simon Caboche), bouchers ou écorcheurs, remplissent Paris de leurs violences. Le royaume de France est alors divisé entre les factions du duc de Bourgogne, les "Bourguignons" et celles du duc d'Orléans, les "Armagnacs". Le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, impose un temps sa domination sur Paris, soulève le peuple et réussit à faire passer une réforme administrative appelé "ordonnance des cabochiens".

 

 

Mais les Armagnacs reprendront vite le dessus. La révolte des Cabochiens est un épisode de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Au printemps 1413, Jean sans Peur, duc de Bourgogne parvient à soulever le peuple de Paris et à imposer une réforme appelé ordonnance des cabochiens. Mais après quelques mois les Parisiens aspirent à un retour à l'ordre et les Armagnacs reprennent l'ascendant. Simon Caboche ou Simonet Caboche, de son véritable nom Simon le Coutelier, est le chef populaire de la révolte des Cabochiens, une insurrection parisienne favorable au duc de Bourgogne Jean sans Peur au début du XVe siècle.

 

 

 

► 1413 - 28 juillet Paix de Pontoise entre les Armagnacs et les Bourguignons. La paix de Pontoise fut conclue entre le 28 juillet 1413 et le 8 août 1413. En août 1413, Jean Ier de Berry et son neveu Jean sans Peur, duc de Bourgogne entrent dans Pontoise. Cette paix ne peut en aucun cas être signée sans l'accord de Paris, en effet la capitale retient prisonniers le roi Charles VI de France, son épouse Isabeau de Bavière et son fils le dauphin de France Louis de Guyenne otages des Cabochiens.

 

 

Ceux-ci après délibération dans chaque quartier de la capitale accepteront la paix proposée par Charles VI, à l'exception du quartier des Halles où l'on trouve une forte concentration de Cabochiens et l'Hôtel d'Artois (résidence des ducs de Bourgogne à Paris). Cette paix permettra la libération de Louis de Bavière (futur Louis VII de Bavière-Ingolstadt) et d'Édouard III de Bar détenus au Louvre.

 

 

 

► 1413 - 28 août : Les Armagnacs chassent le duc de Bourgogne de Paris et gouvernent par la terreur contre les cabochiens. Les ordonnances cabochiennes sont abrogées.

 

 

 

► 1414 - 23 mai : Henri V d'Angleterre conclut une alliance offensive et défensive avec Jean sans Peur, duc de Bourgogne.

 

 

 

► 1414 - 1er novembre Concile de Constance pour mettre fin au Grand Schisme d'Occident. En cette période de Grand Schisme de l'église d'occident s'ouvre la concile de Constance, qui s'achèvera quatre ans plus tard après avoir mis fin à la crise. L'église tente d'adopter des réformes pour museler les hérésies et affirmer la supériorité du concile sur le pape. Trois papes sont déposés avant que l'élection de Martin V ne réunifie le clergé. Le concile de Constance est, pour l'Église catholique romaine, le XVIe concile oecuménique, convoqué par l'empereur Sigismond Ier et l'antipape Jean XXIII.

 

 

Présidé par Jean Allarmet de Brogny, il mit fin au Grand Schisme d'Occident. Le concile de Constance (1414-1418) est, pour l'Église catholique romaine, le XVIe concile oecuménique, convoqué par l'empereur Sigismond Ier et l'antipape Jean XXIII. Présidé par le cardinal Jean Allarmet de Brogny, il mit fin au Grand Schisme d'Occident. À la suite du concile de Pise de 1408, l'Église catholique se retrouvait avec trois papes à sa tête : Alexandre V, Benoît XIII et Grégoire XII. Dans la confusion générale, l'Empereur choisit de se substituer au Sacré Collège défaillant, comme certains canonistes lui en conféraient le droit.

 

 

Jean XXIII, successeur d'Alexandre V, lui en fournit l'occasion : il fut vaincu par le roi de Naples, Ladislas Ier, partisan de Grégoire XII, et dut se réfugier à la cour impériale. Sigismond accepta à condition qu'un concile fût tenu dans une ville d'Empire. Il put donc annoncer que le 1er novembre 1414, le concile se réunirait à Constance. Sigismond s'assura ensuite du succès du futur concile. Devant la résistance de Jean XXIII et de ses partisans italiens, il modifia le mode de scrutin.

 

 

Le vote par nation remplaça le vote par tête, ne laissant à l'Italie qu'une seule voix. Comprenant son échec, Jean XXIII s'enfuit le 20 mars 1415. Les Pères conciliaires adoptèrent le 6 avril le décret Haec sancta, affirmant la supériorité du concile sur le pape. Jean XXIII et Grégoire XII s'inclinèrent et se démirent. Sigismond fit avancer ses troupes en Espagne et au Portugal, écrasant les partisans de Benoît XIII. Avant de procéder à une nouvelle élection, les Pères conciliaires s'assurèrent de leur indépendance en votant le 30 octobre 1417 le décret Frequens.

 

 

Celui-ci disposait que le concile se réunirait de nouveau en 1423, puis en 1430, puis tous les dix ans à compter de cette date. Dès lors, le concile n'était plus soumis au bon vouloir du pape. ceci fait, le concile élu le 11 novembre, jour de la saint Martin, le Romain Oddone Colonna, qui prit le nom de Martin V. Celui-ci, rejetant les appels de la France à gagner Avignon, et ceux de l'Empereur à choisir une ville d'Empire, choisit de partir pour Rome, où il entra le 16 mai 1418. Le concile prit alors fin.

 

 

 

► 1415 - 23 février Paix d'Arras entre les Armagnac et les Bourguignons. La paix d'Arras est signée entre les envoyés de Jean sans Peur, duc de Bourgogne et Louis de Guyenne représentant son père Charles VI de France qui de nouveau, avait sombré dans un crise de démence. C'est une trêve dans la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Concernant l'unité du royaume et la paix, les pensées de Louis de Guyenne allaient dans le même sens que celles de son père.

 

 

Le 4 septembre 1414, il signe la paix et fait prêter serment aux prélats, aux grands seigneurs de l'armée royale de respecter cette paix. Le port de la croix de Saint-André et la bande blanche portées respectivement par les Bourguignons et les Armagnacs fut interdit. Sur l'ordre de Louis de Guyenne les mots Bourguignons et Armagnacs furent bannis du royaume, il était formellement interdit de les prononcer.

 

 

 

► 1415 - 4 juillet le pape Grégoire XII abdique.

 

 

 

► 1415 - 13 août Henri V débarque en Normandie.

 

 

 

► 1415 - 21 août Les Portugais prennent Ceuta. Le roi du Portugal Jean Ier s'empare de la ville de Ceuta, sur la côte méditerranéenne du Maroc. Cette conquête marque le début de l'expansion outre-mer des Européens. Cette politique d'expansion stimulera les explorations maritimes pour s'enrichir, mais aussi, pour s'attaquer aux "infidèles" musulmans.

 

 

Ceuta sera annexée par les Espagnols en 1580. Ceuta (Sebta) est une ville autonome espagnole enclavée sur la côte nord-est du Rif oriental Marocain. Elle est l'une des deux enclaves de ce pays en Afrique du Nord avec Melilla, sur la Méditerranée. Avec Tanger et Tetouan, elle est la porte d'entrée du Nord-ouest-Afrique vers l'Europe.

 

 

 

► 1415 - 22 septembre Henri V prend Harfleur.

 

 

 

► 1415 Les Anglais ont cherché à profiter du désordre où se trouve la France pour débarquer des troupes à l'embouchure de la Seine. Un grand nombre d'Armagnacs et de Bourguignons font trêve à leur querelle pour marcher ensemble contre eux sous le commandement du connétable d'Albret; le duc de Bourgogne ne se joint pas à eux. Les Français livrent bataille aux Anglais à Azincourt où la chevalerie française subit un désastre sans précédent.

 

 

 

► 1415 - 25 octobre : L'armée française composée de 50 000 hommes est écrasée par les troupes de 15 000 hommes d'Henri V d'Angleterre à la bataille d'Azincourt. Les pertes s'élèvent à près de 10 000 hommes contre 1 600 du côté anglais, montrant la supériorité de la stratégie anglaise basée sur l'utilisation des archers contre la lourde cavalerie des chevaliers français. À la suite de la bataille, Charles d'Orléans échappe à l'égorgement, contrairement à ses compagnons d'armes, et devient prisonnier du roi d'Angleterre - il le restera 25 ans - et commence son oeuvre poétique. Jean II Boucicaut, maréchal de France, est également fait prisonnier.

 

 

La bataille d'Azincourt se déroule le 25 octobre 1415 pendant la guerre de Cent Ans. Elle oppose les troupes françaises (entre 25 000 et 45 000 hommes) au contingent anglais fort d'approximativement 10 000 hommes (entre 6 000 et 15 000, selon les sources). Cette bataille est une défaite importante pour le camp français ; la cavalerie lourde, rendue moins efficace par un terrain boueux et les retranchements anglais, est transpercée par les archers en majorité gallois, équipés de grands arcs (long bows) à très longue portée.

 

 

Cette bataille, où la chevalerie française est mise en déroute par des soldats anglais inférieurs en nombre, sera souvent considérée comme la fin de l'ère de la chevalerie et le début de la suprématie des armes à distance sur la mêlée, suprématie qui ne fera que se renforcer par la suite grâce à l'invention des armes à feu. Elle sera, en réaction, une cause majeure de l'épopée de Jeanne d'Arc, puis de l'investissement dans l'artillerie qui deviendra une spécialité française.

 

 

 

► 1415 Début de la captivité de Charles d'Orléans. Charles d'Orléans fait partie de l'armée française poursuivant Henri V retraitant dans le nord de la France. À la débacle d'Azincourt, le 25 octobre 1415, Charles d'Orléans est fait prisonnier et emmené en Angleterre. Sa libération est conditionnée au paiement d'une rançon. Il restera 25 ans en Angleterre. Il est surtout connu par son oeuvre poétique réalisée lors de sa longue captivité anglaise.

 

 

 

► 1415 à 1492: naissance et mort de Piero della Francesca, ce peintre et mathématicien du début de la Renaissance italienne. Moins d'une trentaine d'oeuvres nous est parvenue, à des degrés divers de conservation mais qui suffit pourtant à témoigner de ses apports: introduction d'une lumière neuve, éclat des couleurs, maîtrise parfaite des perspectives. Ce qu'on peut voir aussi dans ses tableaux, c'est que Piero della Francesca, qui peignait pour l'esprit autant que pour l'oeil, avait tout de l'humaniste progressiste: simple, sincère, intelligent, érudit, ouvert.

 

 

 

► 1417 - 1er août Henri V débarque à Trouville.

 

 

 

► 1417 - 4 septembre Henri V s'empare de Caen.

 

 

 

► 1417 - 11 novembre L'élection au concile de Constance du pape Martin V marque la fin du Schisme. Martin V, Oddone Colonna (Genazzano, 1368–Rome, 1431), 204ème pape (1417-1431) sous le nom de Martin V. Il fut élu pape lors du concile de Constance le 11 novembre 1417 et prit le nom de Martin V en hommage à Martin de Tours, dont la fête était célébrée le jour de son élection. Consacré le 21 novembre par le président du Concile, Jean Allarmet de Brogny, il mit fin au grand schisme d'Occident. Il concentra tous les pouvoirs et réunit le concile de Pavie-Sienne en 1423, puis celui de Bâle en 1431.

 

 

 

► 1418 - 28 mai Les Parisiens ouvrent les portes de la capitale aux Bourguignons.

 

 

 

► 1418 - 29 mai Le dauphin, Charles VII, quitte Paris.

 

 

 

► 1418 Henri V d'Angleterre profite de sa victoire pour continuer la conquête de la Normandie; Caen et Rouen se défendent héroïquement. Jean sans Peur exploite cet événement en soulevant le peuple de Paris contre les Armagnacs dont le chef, Jean d'Armagnac, vient d'être fait connétable. Les Bourguignons entrent dans la ville avec l'aide des Cabochiens, se saisissent de tous les Armagnacs qu'ils peuvent trouver et les massacrent. Le dauphin Charles VII (fils aîné de Charles VI et d'Isabeau de Bavière) n'échappe à la mort que grâce au dévouement de Tanneguy Duchâtel, prévôt des marchands, qui l'emporte couvert d'un manteau et réussit à le faire sortir de Paris.

 

 

Le dauphin prend le titre de régent et transfère à Poitiers le siège du gouvernement et ce qui, du Parlement et de l'Université, s'attache à sa fortune. Henri V d'Angleterre (9 août 1387, Monmouth, Pays de Galles – 31 août 1422), duc de Cornouailles et de Lancastre, fut roi d'Angleterre de 1413 à 1422. Vainqueur de la bataille d'Azincourt le 25 octobre 1415, il parvint à se faire reconnaître comme héritier du trône de France au traité de Troyes (1420), mais mourut prématurément avant son beau-père Charles VI de France, sans avoir pu ceindre une seconde couronne.

 

 

 

► 1418 - 12 juin Massacre des Armagnacs à Paris.

 

 

 

► 1418 - 29 mai : Prise de Paris par Jean sans Peur, duc de Bourgogne. Dans la nuit du 28 au 29 mai, un certain Perrinet Le Clair, fils d'un marchand de fer, ouvre à Jean de Villiers de L'Isle-Adam, capitaine bourguignon, la porte Saint-Germain-des-Prés.

 

 

 

► 1418 Le 12 juin, les bouchers forcent les portes des prisons et égorgent tous les Armagnacs détenus, dont Bernard VII d'Armagnac. Bernard VII d'Armagnac, né vers 1360 à Paris, mort le 12 juin 1418, fut comte de Charolais (1384-1391), puis comte d'Armagnac, de Fézensac, de Rodez (1391-1418), comte de Pardiac (1402-1418) et connétable de France. Il était le fils de Jean II, comte d'Armagnac, de Fézensac, de Rodez et de Charolais, et de Jeanne de Périgord.

 

 

 

► 1418 - 29 juin : Les Anglais entament le siège de Rouen qui s'achèvera le 19 janvier 1419. Le siège de Rouen en 1418-1419 par les Anglais a lieu durant la guerre de Cent Ans. Au moment du siège de Rouen (juillet 1418-janvier 1419), la ville compte environ 70 000 habitants, ce qui en fait une des plus grandes villes de France. La prise de cette ville est cruciale pour s'emparer du duché de Normandie, point d'orgue de la guerre de Cent Ans.

 

 

 

► 1418 - 26 décembre Le dauphin devient régent. Le dauphin, de sa propre autorité, prend le titre de régent du royaume. Il institue par lettres patentes le parlement à Poitiers.

 

 

► 1418 Régence du futur Charles VII.

 

 

► 1418 Le prince portugais Henri le Navigateur, fils cadet du roi Jean de Portugal, lance les premiers voyages d'exploration portugais. Il décide de découvrir et d'évangéliser les populations noires du Sahara. Installé à Sagres, il engage plusieurs navigateurs chargés d'explorer le littoral occidental de l'Afrique.

 

La noblesse s'oppose à cette politique, qui est soutenue par la bourgeoisie. Henri le Navigateur, Infante Dom Henrique (4 mars 1394 - 13 novembre 1460) fut un prince du Portugal, souvent regardé comme le personnage le plus important du début de l'expansion coloniale européenne, et le troisième fils de Jean Ier de Portugal, le fondateur de la dynastie d'Aviz. Sa mère est Philippa de Lancastre, la fille de Jean de Gand.

 

 

► 1419 - 19 janvier La capitulation de Rouen marque la fin de la conquête de la Normandie par Henri V.

 

 

► 1419 - 13 juillet Paix de Pouilly-le-Fort entre Jean sans Peur et le dauphin, Charles VII de France.

 

 

► 1419 Les amis du dauphin, feignant de désirer une réconciliation avec le duc de Bourgogne Jean sans Peur, attirent ce dernier à Montereau, où il est assassiné par Tanneguy Duchâtel.

 

 

► 1419 - 10 septembre Assassinat de Jean sans Peur au pont de Montereau, son fils Philippe le Bon lui succède. Face à face sur le pont de Montereau, le dauphin Charles (futur Charles VII) qui a seize ans, et Jean sans Peur, duc de Bourgogne. Cette rencontre, qui doit permettre une réconciliation entre Bourguignons et Armagnacs, se tend lorsque le Dauphin accuse le duc de ne pas tenir ses engagements et de se rapprocher des Anglais.

 

Offensé, le duc porte la main à son épée. Des chevaliers ne doivent en aucun cas faire un tel geste devant le roi de France ou devant son fils, qui le représente. Robert de Loire lance au duc : “Mettez-vous la main à votre épée en la présence de monseigneur le Dauphin ?”. A cause de cette offense, Tanneguy du Chastel frappe le duc d'un coup de hache. Les chevaliers qui entourent le Dauphin l'achèvent. Ce meurtre rejette la Bourgogne dans le camp anglais.

 

 

► 1419 - 2 décembre Alliance entre Philippe le Bon, duc de Bourgogne et Henri V d'Angleterre.

 

 

► 1419 Georges Chastellain écrit 'Chroniques' (1419-1475). Georges Chastellain, après d'excellentes études à l'université de Louvain vers 1430, il devint historiographe officiel de Philippe le Bon dont il fut écuyer puis membre du conseil privé. Il servira ensuite Charles le Téméraire, fils de Philippe le Bon. Il résida souvent à Valenciennes où il mourut et donna son nom à une rue de la ville.

 

 

Il servit pendant dix ans (1435-1446) à la cour de France. Considéré comme étant le plus grand des chroniqueurs bourguignons, Michelet le qualifia de "grand et éloquent historien". Il établira des chroniques qui couvrent la période 1420 - 1474 : Chroniques des choses de ce temps, qui s'ouvrent sur l'assassinat de Jean sans Peur, père de Philippe le Bon, à Montereau. Il est également l'auteur de 'Récollection des merveilles advenues en nostre temps' (vers 1462). Georges Chastellain a laissé de nombreuses oeuvres poétiques (l'Outré d'amour) avec des ballades, des complaintes, des panégyriques, un mémoire justificatif adressé au roi Charles VII et des épitaphes.

 

 

► 1420 - 21 mai Traité de Troyes, négocié par Isabeau de Bavière et Philippe le Bon, duc de Bourgogne (fils de Jean sans Peur) avec les Anglais, et qu'on fait signer à Charles VI malgré sa débilité mentale. Par ce traité, le dauphin est déshérité au profit de Henri V d'Angleterre qui est déclaré régent, et héritier de la couronne de France. Henri se marie avec Catherine de Valois, fille de Charles VI. Henri V fait son entrée à Paris et se fait remettre le Louvre, la Bastille, Vincennes, Sens, Montereau et Melun, que ses troupes occupent.

 

 

Le dauphin Charles se voit renié et déshérité par Charles VI le Fol qui ne s'oppose pas à ce traité “honteux” par lequel il donne sa fille Catherine en mariage à Henri V d'Angleterre dont il fait le régent et l'héritier du royaume de France. Le dauphin Charles ne deviendra Charles VII que grâce à l'intervention de Jeanne d'Arc. Le traité de Troyes est le traité marquant la suprématie anglaise au cours de la Guerre de Cent Ans. Il a été signé le 21 mai 1420 dans la cathédrale de Troyes et prévoit que Charles VI de France après sa mort serait succédé par Henry VI. Dans ce traité, Philippe le Bon, Charles VI et Henri V d'Angleterre forment une alliance contre le dauphin Charles VII.

 

 

La légitimité du dauphin est mise en doute, le soi-disant dauphin, en remettant en question son droit à la couronne. Ils poussent Charles VI et Isabeau de Bavière à renier et déshériter leur propre fils. Ils conviennent par ailleurs qu'Henri V épousera Catherine, la fille de Charles VI de Valois et d'Isabeau de Bavière. Il sera à ce titre le seul héritier de la couronne. Le 1er décembre 1420, Henri V fait une entrée triomphale à Paris en compagnie du roi Charles VI et de Philippe le Bon.

 

 

L'Université et les États généraux de langue d'oïl lui apportent leur soutien en enregistrant le traité de Troyes. Les juristes casseront le traité de Troyes en disant que la Couronne de France n'appartenant pas au roi de France celui-ci ne peut donc en disposer. C'est un argument similaire qui est à l'origine de la Guerre de Cent Ans. Deux ans après la signature du traité, Henri puis Charles VI meurent. Le fils d'Henri, âgé de dix mois, est proclamé roi des deux royaumes, dont Paris, sous le nom d'Henri VI. Le duc de Bedford assure la régence en France et met le siège devant Orléans, la dernière ville au nord de la Loire, qui reste fidèle à Charles VII.

 

 

► 1420 - 1er décembre Entrée triomphale de Henri V, Philippe le Bon et Charles VI à Paris.

 

 

► 1420 - 12 décembre : Réunis à Paris par Henri V d'Angleterre et Charles VI de France, les États généraux approuvent la paix avec l'Angleterre et accordent la couronne au roi d'Angleterre à égalité avec le roi de France.

 

 

► 1420 En ce début du XVe siècle l'État français n'est plus. La France est "anglaise". Depuis le traité de Troyes (21 mai 1420) qui a suivi le désastre d'Azincourt où la chevalerie française s'est enlisée dans la boue "jusque au gros des jambes", et littéralement étouffée elle-même sous le poids de ses armures. Une hécatombe dans les rangs de la noblesse du royaume qui "fut là tuée et découpée têtes et visages". Selon les clauses du traité "honteux", Charles VI renie et déshérite son fils le dauphin Charles et reconnaît le roi d'Angleterre Henri V comme héritier du royaume de France.

 

 

A la mort de ce dernier (1422), son fils Henri VI lui succède. C'est un bébé de six mois. Aussi son oncle le duc de Bedford exerce-t-il en son nom la régence en France. Quelle France ? En fait il en existe trois. La France "anglaise" : elle comprend la Normandie, la Guyenne et une partie des régions situées au nord de la Loire. La France du "royaume de Bourges" : en gros la moitié méridionale du pays dans laquelle s'est réfugié le dauphin Charles avec des partisans fidèles, qui l'ont reconnu roi après le décès de son père. Enfin la France de "l'État bourguignon" : donné en apanage au duc de Bourgogne, ce vaste territoire s'est agrandi de l'Artois, la Flandre, le Brabant et les Pays-Bas.

 

 

De Philippe III le Hardi à Jean sans Peur et au dernier duc Philippe le Bon, tous ont contribué à consolider leur puissance en faisant de leur apanage un véritable État indépendant. Restée à l'écart des opérations militaires, la France bourguignonne est la plus riche et, malgré les malheurs des temps, la cour des ducs brille par son faste et sa magnificence. Qui gouverne la France ? Le régent anglais le duc de Bedford ? Le petit roi de Bourges ? Le duc de Bourgogne Philippe le Bon ? Cette situation politique extrêmement confuse ajoute encore à l'état pitoyable de la France.

 

 

Mais les difficultés ne datent pas d'hier. Elles sont le résultat de plusieurs facteurs conjugués : la crise dynastique, les ravages des épidémies et de la guerre, le marasme économique qui en est la conséquence. Depuis Hugues Capet, la belle continuité monarchique a été brisée. Quand le dernier roi capétien meurt sans laisser d'héritier mâle, les évêques et les barons du royaume sont alors contraints d'élire un neveu du souverain, Philippe VI de Valois. Avec lui naissait une nouvelle dynastie. Mais ce changement ne fait pas l'adhésion de tous.

 

 

En France, il sert de prétexte aux prétendants évincés pour se rebeller, pour former des partis hostiles, pour faire de leurs apanages des états dans l'État, bafouant ainsi l'autorité royale. En Angleterre, le roi qui se considère également comme un prétendant possible au trône, entre en conflit avec le nouveau roi de France. C'est le début de la guerre de Cent Ans (1337-1453) ou plus exactement de cent ans d'hostilités entre les deux royaumes. Cette longue période de conflits intermittents (en moyenne une année de guerre sur cinq), coupée de trêves et de négociations est cependant désastreuse pour le pays. Bien que n'affectant que quelques cantons successivement, la guerre est profonde et destructrice. Les campagnes sont dévastées, soit par le pillage des troupes anglaises qui vivent dans le pays, soit par les destructions tactiques des Français qui visent à priver l'ennemi de ravitaillement. De plus la guerre a changé dans ses techniques et dans la mentalité des guerriers. Les armes à poudre sont de plus en plus employées, et l'artillerie seconde les toujours redoutables archers et les nouveaux arbalétriers. Pour s'en protéger, les chevaliers endossent une armure complète, exagérément lourde (de 20 à 60 kg) qui les entrave et rend le combat à cheval quasiment impraticable. La chevalerie anglaise s'adapte mieux. Elle a introduit la lutte au sol avec des armes courtes, des poignards qui se glissent facilement dans les jointures des armures. A l'inverse des chevaliers français qui dédaignent leur aide, les Anglais s'entourent d'archers montés, donc très mobiles. Tactique qui va leur apporter une supériorité décisive et tous les succès militaires. Nouveaux moyens, nouvel esprit. Les guerriers sont désormais des spécialistes qui traitent la guerre en hommes de métier et non plus comme une joute réglée par un code de courtoisie et des gestes "chevaleresques". Rares sont les batailles rangées où deux blocs s'affrontent toutes lances dehors. La guerre est faite d'embuscades, d'escarmouches, de chevauchées rapides. La ruse et la surprise priment. L'ennemi est harcelé par des petites bandes bien armées et d'une grande mobilité. Ce sont exclusivement des entrepreneurs de combats. Le roi traite avec ses mercenaires, aventuriers de toutes origines (Allemands, Bretons, Comtois, Basques, Espagnols etc.). Moyennant une rémunération substantielle, ces capitaines, issus pour la plupart de la noblesse, mettent à la disposition du roi leurs "compagnies ou routes", d'où leur nom de "routiers". Le groupe d'une quinzaine ou trentaine d'hommes au plus est fortement solidaire sous l'autorité du chef. Mais quand viennent les trêves les compagnies se dissolvent. Dès lors les hommes astreints au chômage pillent, attaquent les caravanes, exigent tribut aux villes en échange de leur "protection". Mais ceux que les citadins et les villageois appellent les "écorcheurs" ou "retordeurs" grossiront bientôt les rangs des compagnons de Jeanne d'Arc. Jamais terminée malgré des trêves, la guerre est coûteuse, dévoreuse de monnaie, ruineuse pour le trésor royal. Où trouver de nouvelles ressources pour la financer ? Le temps féodal n'est plus où l'on pouvait lever une armée sans la payer, où nobles vassaux et simples soldats devaient aide au souverain. Les soldats comme les routiers ont désormais une solde. La gabelle (taxe sur le sel), la taille (impôt sur chaque feu c'est à dire sur chaque famille paysanne) ne suffisent plus. Des levées "extraordinaires", les maltôtes, constituent des ponctions supplémentaires dans l'épargne privée des bourgeois ou dans celle des paysans. Le coût insupportable de la guerre frappe également la noblesse qui doit réunir l'argent de rançons énormes pour délivrer un seigneur prisonnier. Elle n'en a souvent plus les moyens et le combattant captif peut rester des années aux mains de l'ennemi. Par dizaines des lignages se sont ainsi éteints. Par domaines entiers les terres ont été laissées à un abandon forcé. Poussés par la guerre, les paysans se sont enfuis à l'abri des murailles des cités. Car à moins d'une ruse ou d'une trahison, la ville fortifiée demeure imprenable. Le siège, interminable pour les deux parties, est souvent abandonné. Mais les terres environnantes gardent longtemps les empreintes des exactions ennemies. Après le passage des hommes en armes, la campagne ressemble à un désert. Les bâtiments de ferme sont brûlés, les récoltes saccagées, les outils volés, les vignes, fours et moulins anéantis pour longtemps. Pour les paysans c'est le début de l'exode. En quête de sécurité ou de conditions de vie moins misérables, ils abandonnent derrière eux la terre laissée en friche, qui retourne vite à la forêt, au taillis ou en "épines". Pour les contemporains de Charles VII le bon temps était l'époque où tous avaient toujours de quoi manger. Ce temps est révolu. Mais l'occupant anglais et la guerre n'en sont pas les seuls responsables. Après un formidable essor, la France comme toute l'Europe subit une crise massive. Recul des espaces cultivés, mais aussi stagnation des rendements, pas d'amélioration dans l'outillage, régression de la production vivrière. Avant les méfaits de la guerre, c'était déjà le déclin des campagnes et leur dépeuplement : la courbe démographique a chuté. Les intempéries répétées et les famines qui s'ensuivent en sont les causes premières. Durant des décennies la hantise de la faim va obséder le paysan comme l'homme de la ville. Cependant le fléau majeur reste la Peste noire. Apparue au milieu du XIVe siècle, se prolongeant par poussées intermittentes au XVe siècle, la peste a traversé la France du sud au nord. Souffrant d'une sous-alimentation chronique, la population résiste mal aux chocs de l'épidémie. Selon les régions, le quart, le tiers, la moitié, parfois 80% de la population disparaît. De 1330 à 1450, le pays passe de 20 millions à 10 millions d'habitants ! Le mal a gagné partout en dépit des cordons sanitaires aux portes des villes, des feux d'herbes aromatiques dites “désinfectantes de l'air”, des pénitences collectives, des processions de flagellants, du massacre des Juifs rendus responsables de la calamité ou des recherches nombreuses de la Faculté de médecine. La mort qui fauche pareillement chevaliers ou vilains, pauvres ou riches, faibles ou forts, hante toute la population. La religion constitue un recours et devient plus individuelle. On appelle au repentir. Des prêcheurs haranguent les foules des villes. Pour leur édification on multiplie la représentation des Passions, des Mystères à grand renfort de machineries et de figurants. L'image de la mort est partout, dans les livres d'Heures ou ornant tombeaux et sépultures de macabres squelettes rongés par les vers. On se prépare à la mort en pratiquant une religion plus profonde, moins tournée vers la contemplation de Dieu que fondée sur l'idée du péché et de la crainte de l'Enfer. Aux malheurs des temps s'ajoute l'effondrement économique. L'économie d'échanges n'est plus regroupée autour de l'axe routier Flandre-Italie. Traversant les pays français, cet axe avait fait leur étonnante prospérité aux siècles précédents. Jadis carrefour commercial, la France se situe maintenant un peu à l'écart, dans une Europe qui a créé de nouveaux foyers économiques et des itinéraires marchands par mer, en Angleterre, aux Pays-Bas, en Italie ou en Espagne. Bruges, Gand, Anvers, Gènes, Barcelone, Londres ont remplacé les foires grouillantes de marchandises de la Champagne et de la Brie. La pénurie du numéraire, les désordres monétaires, l'abaissement très net du pouvoir d'achat du haut clergé comme des seigneurs ruraux, expliquent la paralysie de l'activité commerciale autant que les déplacements des grands circuits marchands. Comme celle des campagnes, l'activité urbaine a beaucoup décliné. Ruines, maisons branlantes, quartiers désertés attestent de l'appauvrissement général. Comme en milieu rural, le nombre des habitants a parfois diminué de moitié (de 40 000 à 20 000 à Toulouse). Les associations de métiers se durcissent et se sclérosent. Comparé à son confrère italien, le marchand des cités provinciales paraît singulièrement retardataire. Il vend un peu de tout (produits de première nécessité) sans pouvoir se spécialiser. En temps de disette, il est essentiellement pourvoyeur de grain. Symptôme des temps difficiles, la grande industrie drapière elle-même entre en décadence. Arras résiste cependant grâce à la fabrication nouvelle de la tapisserie de haute lisse, très à la mode dans les demeures nobles. Car le marasme n'est pas absolument général. En dépit du commun fléchissement de la fortune, quelques hommes s'enrichissent. Des entrepreneurs de guerre placent leurs immenses profits dans des seigneuries foncières. Des familiers du prince ou du souverain, directement branchés sur la fiscalité, font de prodigieuses ascensions. Tel Jacques Coeur, fils d'un pelletier de Bourges devenant l'homme le plus riche du royaume, maître des monnaies, grand argentier de Charles VII et anobli par lui. Construit en moins de dix ans, son hôtel particulier à Bourges a coûté la somme folle pour l'époque de 100 000 écus d'or. Quelques îlots exceptionnels de prospérité subsistent donc dans un pays politiquement cloisonné. Ainsi par exemple les capitales politiques comme Bourges mais aussi Paris ou Dijon. Les villes où résident les cours royales ou princières sont devenues des places de commerce ou d'argent. Là converge tout l'or des impôts. Levées sous prétexte de guerre, des sommes fabuleuses sont dépensées dans le luxe et les fêtes par les princes. La cour de Bourgogne est la plus brillante. Son palais de Dijon et ses châteaux de campagne regorgent d'objets et d'oeuvres d'art commandés aux Pays-Bas ou en Italie. On fait appel aux meilleurs compositeurs pour élaborer un nouveau style musical ; on charge les plus habiles artistes d'éclairer de vitraux les chapelles privées. Les tournois sont des spectacles réglés comme des ballets dont les livrets sont tirés des romans courtois. Les tombeaux des ducs de Bourgogne, avec à leurs pieds un cortège sculpté des princes du sang et des grands vassaux, ont vite fait école hors du duché. Moins fastueuse à Bourges, la cour de Charles VII va néanmoins retrouver tout son éclat à Paris, après qu'une petite paysanne entre en scène, triomphe de l'Anglais et permet le sacre du roi à Reims, le 17 juillet 1429. La France a à nouveau un vrai souverain, oint du Seigneur. En le sortant de son “exil”, Jeanne d'Arc semble avoir insufflé au roi l'énergie de se battre, et redonné aux Français la force de relever la tête. Ceux qui vivaient encore dans les territoires occupés ont compris que les Anglais “ne recherchaient qu'à les accabler et à les faire périr sous le poids des misères”. Le sursaut est général, enflammé par le revirement de la fortune des armes. Les soulèvements se multiplient, villes et places fortes tombent successivement aux mains des Français. Sagement conseillé, totalement transformé par ses succès, Charles VII se réconcilie avec le duc de Bourgogne qui reconnaît enfin sa légitimité. Grâce à la réorganisation complète de l'armée et son institution en corps permanent, l'Ile-de-France est reconquise. Paris est libéré, puis en quelques années toute la Normandie et la Guyenne. La France en a fini avec la présence anglaise et la guerre de Cent Ans. Dès lors elle peut reprendre haleine, se reconstruire. C'est ce à quoi toute la nation s'emploie durant les vingt dernières années du règne de Charles VII. Le roi est le principal acteur de cette rénovation. Secondé par des conseillers énergiques, nobles et bourgeois, il restaure l'autorité royale en mettant fin aux intrigues de cour et aux derniers États princiers. Mais ce triomphe de la royauté ne peut être durable que par l'union de toutes les régions au domaine de la couronne. Par confiscations, par la diplomatie, la rigueur ou par héritage, le domaine finira par s'élargir au-delà des limites du royaume. Bien administrer ce vaste territoire exige des réformes. Les "gens du roi" (agents de justice, sergents d'arme et de police, auxiliaires de tous rangs, clercs et laïcs) ont considérablement gonflé l'appareil administratif. C'est une lourde machine mais capable de fonctionner par elle-même, de gouverner efficacement avec son Parlement, sa Chancellerie, sa Chambre des comptes. Voulue par le souverain, la puissance publique se met en place de façon progressive mais profonde. L'ordre est rétabli dans la justice. Nomination des magistrats, exercice de leurs fonctions, règles de procédures sont fixées. La rédaction du droit coutumier, jusqu'alors oral, est inaugurée. En province, Grenoble, Toulouse, Bordeaux, Perpignan sont également dotés d'un Parlement. Des assemblées d'état répartissent les taxes. A force d'être sans cesse renouvelés pour l'effort de guerre, les impôts "extraordinaires" sont devenus réguliers. Sans violence, presque subrepticement, une transformation essentielle s'est produite dans la fiscalité : la monarchie a instauré un système d'imposition permanent qui remplit régulièrement les caisses de l'État. Pour faciliter la perception des impôts, on crée un corps de fonctionnaires spécialisés : généraux des finances et receveurs. Priorité est donnée aux campagnes. Toutes initiatives individuelles pour repeupler et remettre en culture les terres sont fortement encouragées. Des ordonnances royales favorisent la renaissance de l'activité économique : exemption d'impôt pour les paysans revenus cultiver les terrains en friches. Le roi offre également des primes à tous ceux qui débarrasseraient les campagnes et les abords des villes des hordes de loups, qui menacent jusqu'aux portes de Paris. Dans les champs, dans les vignes, dans les bois on travaille avec une ardeur redoublée. Les progrès de l'agriculture commencent à porter leurs fruits. Des villages nouveaux surgissent. Les cités relèvent leurs ruines. On constate une sensible reprise industrielle. Les fabrications se raniment, des industries nouvelles se développent. Jean Gobelin pratique à Paris la teinture de tapisseries auxquelles il a légué son nom. L'imprimerie est introduite à Lyon et dans la capitale. Les gisements de plomb argentifère sont relancés. Le système monétaire est enfin assaini. Mais sans “le support de la conscience nationale”, la reconstruction de la France serait fragile. L'unité de la langue devient un élément de l'unité française. De la Bretagne aux pays occitans, le français est langue officielle. Il se substitue partout au latin dans les actes de Chancellerie et tous les actes publics dans les parlements régionaux. Un véritable élan créateur prend son départ vers 1440. Né du gothique, l'art flamboyant transfigure le décor architectural. En même temps est née la grande peinture. Aux enluminures des livres, les amateurs préfèrent maintenant le tableau peint sur panneaux de bois. Il connaît son épanouissement dans l'oeuvre de Jean Fouquet, peintre du roi et de quelques grands personnages du royaume tel le Chancelier de France Guillaume Jouvenel des Ursins. Revenus à la cour à Paris avec Charles VII, les artistes, peintres, sculpteurs et maîtres verriers contribuent également à une vraie renaissance artistique. La capitale s'embellit de nombreux hôtels particuliers en pierre, de fontaines richement décorées. Les églises sont parées d'une exubérante floraison sculpturale de feuillages et d'arabesques qui expriment l'opulence et la joie de vivre retrouvées. Paris qui a survécu au désastre de la guerre de Cent Ans est plus que jamais au XVe siècle et bien au-delà, "le foyer où s'élabore les modes, où s'inventent les rites sociaux, où se définit le style de vie, où se forme le goût de tous ceux qui en Europe prétendent vivre noblement".

1420         Robert Campin peint 'La Madone à l'écran d'osier'. Robert Campin (vers 1378-1445), peintre, dit le "Maître de Flémalle" Issu d'une famille de Valenciennes, il fait une partie de son apprentissage à Dijon. Sa première apparition en tant que peintre se situe à Tournai où plusieurs acquisitions immobilières sont à son nom, ce qui dénote une certaine réussite matérielle. Entre 1418 et 1432, il devient chef d'atelier à Tournai et a comme élève Rogier van der Weyden. Il y rencontre probablement Jan van Eyck durant ses visites dans cette ville. Il va par la suite s'engager intellectuellement du côté des Français contre les pro-Bourguignons, ce qui lui occasionne plusieurs condamnations en justice.

1420         Robert Campin peint 'Nativité’

1420         à 1481 - naissance et mort de Jean Fouquet. Peintre et enlumineur, portraitiste réputé, Jean Fouquet est aujourd'hui reconnu comme l'un des plus grands créateurs de son temps. Au confluent des influences flamandes et toscanes qui dominent la peinture européenne de l'époque, son art renouvela profondément la peinture française du XVe siècle.

1420         vers - renaissance italienne. Mouvement humaniste, qui rejetant les valeurs médiévales tend à renouer avec la tradition gréco-romaine. Un des aspects essentiel de la Renaissance en tant que période est le renouvellement des thèmes et de l'esthétique en Europe. Régulier et Séculier sont des termes qui fréquemment dans la rhétorique religieuse sont opposés ; leur emploi est associé à la cosmologie percue par les sacerdotes. Séculier : qui vit dans le siècle. Désigne le pouvoir temporel, la justice de l'État, par opposition à spirituel. Par extension : laïc, non soumis à l'autorité et/ou l'influence religieuse. Clergé séculier: clergé non régulier; le clergé séculier regroupe donc les prêtres en paroisse, les diacres, les évêques, les cardinaux, etc. Régulier : soumis à une règle de vie, telle que celle des moines. Clergé régulier, obéissant à la règle d'un ordre monastique; Renaissance artistique, la Renaissance, Rinascimento en Italien, est une période de renouveau littéraire, artistique, et scientifique, qui se produisit en Europe par la diffusion de connaissances nouvelles parmi un milieu lettré. Un des aspects essentiels de la Renaissance en tant que période est le renouvellement des thèmes et de l'art en Europe après le Moyen Âge. Donner des bornes chronologiques précises pour ce mouvement artistique est difficile. Il est couramment admis que la Renaissance artistique commence en Italie au XVe siècle puis se diffuse dans le reste du continent, à des rythmes et des degrés différents selon la géographie. Elle se prolonge au XVIe siècle et atteint alors dans de nombreux pays son apogée. La Renaissance ne constitue pas un retour en arrière : les techniques nouvelles, le nouveau contexte politique, social et scientifique permettent aux artistes d'innover. Pour la première fois, l'art pénètre dans la sphère du privé : les oeuvres ne sont plus seulement commandées par le pouvoir religieux ou séculier, mais entre dans les maisons bourgeoises.

 

 



04/03/2021
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