L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

De 800 à 899

 

 

 

 

 

800         Première apparition des Normands (pirates scandinaves) sur les côtes de France. Un viking est un explorateur, commerçant et/ou pillard scandinave au cours de la période 793-1066, selon les dates traditionnellement retenues. Les peuples en contact avec les Vikings leur ont donné différents noms : Normands pour les Francs, Danois pour les Anglais, Rus pour les Slaves, les Arabes et les Byzantins. Ils étaient parfois aussi qualifiés de "païens" ou d'"étrangers". Varègue est le nom donné au viking exerçant sur la route de l'Est. Au sens large, le terme viking désigne parfois l'ensemble des Scandinaves de la période caractérisée par le phénomène viking. Les Vikings.

 

 

Dès le VIIIe siècle les Vikings lancent leurs premiers raids sur les côtes anglaises et françaises. Un siècle plus tard ils partent à la conquête de l'Islande, du Canada, du Groenland, de la Russie et de l'Europe. Les Normands, "Hommes du Nord", qui, venus de Scandinavie ravagent les côtes de tout l'Occident, s'aventurent jusqu'au coeur de la Méditerranée, pénètrent loin dans les terres de l'Est, poussent jusqu'en Orient, mais traversent également l'Atlantique, découvrent l'Islande, le Groënland, Terre-Neuve, mais aussi les côtes du Canada et d'Amérique du Nord, essentiellement de la fin du VIIIe siècle au XIe siècle.

 

 

À partir de l'an 896, des bandes vikings s'installent à l'embouchure de la Seine, sous la conduite de Rollon le Marcheur, puis, plus tard, s'implantent solidement en Pays de Caux et en Cotentin surtout, mais également en Bessin, sur tout le littoral, le long des cours d'eau et de la Seine, et dans certaines villes de l'intérieur comme à Harcourt (qui tire son nom de Hariulfi Curtis du nom supposé d'un chef viking, Hariulf) : cette région devient le duché de Normandie après que le jarl viking norvègien Rollon reçoit du roi carolingien Charles le Simple par le traité de Saint-Clair-sur-Epte (911) le comté de Rouen.

 

 

La population scandinave qui s'implante dans le duché, est majoritairement originaire du Danemark, mais une minorité non négligeable est issue de Norvège, principalement fixée en Cotentin, et même quelques bandes varègues venues de Suède se fixent en Normandie. La colonisation viking se fait sur plus d'un siècle car les dernières bandes scandinaves arrivent dans le duché dans les années 1020 sous le règne du duc Richard l'Irascible. Le duché de Normandie se constitue surtout sous les successeurs de Rollon et c'est seulement au siècle suivant, sous le règne du duc Guillaume le Bâtard que le pouvoir ducal est totalement affirmé (à partir des années 1060).

 

 

Les Normands du duché font à leur tour la conquête de l'Angleterre sous le duc Guillaume le Bâtard à partir de l'an 1066, mais depuis le début du XIe siècle déjà, des Normands partent s'illustrer et chercher fortune en Espagne en combattant les musulmans aux cotés des rois chrétiens du Nord comme vers 1034 ou en 1064 à la bataille de Barbastro, mais surtout en Méditerranée, en Italie du Sud et en Sicile, jusqu'à Byzance et en Asie Mineure et enfin en Terre-Sainte à l'époque de la Croisade.

 

 

 

800         Capitulaire de Villis sur la gestion des domaines royaux. Le capitulaire De Villis ou plus exactement le Capitulare de villis vel curtis imperii (ou imperialibus) est une ordonnance royale datée de la fin du VIIIe siècle ou du début du IXe. Charlemagne y édicte à l'intention des villici, les gouverneurs de ses domaines (villae, villis) un certain nombre d'observances et de règles. Il ne s'agit pas (comme il est trop souvent dit) de simples recommandations mais de règles strictes à respecter scrupuleusement, sous peine de lourdes sanctions (amendes, révocation, emprisonnement, bannissement…) car ce texte est une ordonnance royale dont l'application concrète sera contrôlée sur le terrain par les missi dominici (les envoyés du seigneur). Par cette longue ordonnance de 120 articles (les fameux capitulae), Charlemagne entendait, huit siècles avant Sully, réformer entièrement l'agriculture et l'administration de ses domaines, immenses puisqu'ils s'étendaient de l'Allemagne à l'Espagne.

 

 

800         24 novembre Charlemagne est accueilli à Rome par Léon III.

 

 

800        25 décembre Charlemagne est couronné empereur des Romains à Rome par le pape Léon III. A cette occasion, le pape lui met sur la tête la couronne des empereurs romains. Le peuple assemblé ratifie par ses acclamations l'acte du souverain pontife. C'est le pape Léon III qui, en ce jour de Noël, couronne Charles empereur des Romains. Le pape a élu celui qui passe pour être "un chef à l'ombre duquel le peuple chrétien repose en paix et qui, de toutes parts, inspire la terreur aux nations païennes, un guide dont la dévotion ne cesse, par la fermeté évangélique, de fortifier la foi catholique contre les sectateurs de l'hérésie", ainsi que le définit un certain Alcuin. Lors de la cérémonie on acclame le nouvel empereur par ces mots : "A Charles Auguste couronné par Dieu, grand et pacifique empereur des Romains, vie et victoire !"

 

 

800         L'Empire d'Occident et Charlemagne. Charlemagne devient l'empereur d'Occident en 800. Défenseur de la foi chrétienne, ses conquêtes s'accompagnent de la conversion, de gré ou de force, des peuples vaincus. Il restaure une administration unifiée.

 

 

800         Au début du IXe siècle, Charlemagne rétablit l'empire d'Occident. Son influence civilisatrice et la renaissance des lettres latines entraînent paradoxalement l'apparition d'une nouvelle langue écrite, qui deviendra le français. Charlemagne tente de redonner à ses peuples la civilisation qu'ils ont perdue. Pour aider les moines qui ne comprennent plus le texte de la Vulgate (traduction latine de la Bible), il fait venir un clerc d'Oxford, Alcuin, qui crée à Tours un enseignement en latin. Il fait ensuite ouvrir de nombreux centres de formation des élites et attire à sa cour les meilleurs intellectuels de son temps.

 

 

Les nouveaux lettrés, qui ont appris le latin classique, prennent alors conscience de la réalité linguistique du pays: alors que la langue simplifiée de leurs prédécesseurs, pleine de barbarismes à leurs yeux, avait été accessible au peuple, il est devenu impossible de faire comprendre un texte de vrai latin à qui ne l'a pas étudié. C'est pourquoi, en 813, les évêques, réunis en concile à Tours, demandent aux prêtres de faire leurs sermons dans les langues familières, germanique ou romane, les seules désormais comprises par les fidèles. Cette décision, qui apparaît comme la première reconnaissance officielle de la langue française, est considérée comme fondatrice du français; c'est en effet de ce jour que les clercs se sont préoccupés de mettre par écrit - et donc d'élaborer et de fixer - leur langue maternelle.

 

 

Ainsi, depuis le latin de César jusqu'à la langue parlée au IXe siècle, la même langue a été employée continûment sur le territoire de la France. Pourtant, à la veille de la mort de Charlemagne, un retour au latin classique a mis en évidence l'existence de deux langues: la langue familière, ou maternelle, sert dans la vie courante, tandis que le latin continue à faire fonction de langue officielle, puisqu'il est seul utilisé dans les écrits "sérieux" (histoire, théologie, philosophie), dans l'administration, le culte et l'enseignement. C'est cette langue maternelle que les historiens appellent "langue vernaculaire", pour éviter d'employer le terme de "français" - le concept n'existe pas encore en ce haut Moyen Âge. Les textes latins de l'époque parlent, eux, de rustica romana lingua.

 

 

 

800         vers - Le Livre de Kells. Au VIIIe siècle, la culture latine de l'Irlande est bien supérieure à celles de l'Angleterre anglo-saxonne, de l'Italie lombarde et de la France mérovingienne. Écrit au début du IXe siècle, le Livre de Kells est reconnu comme l'apogée de la production des manuscrits "insulaires". En décorant de manière unique le texte des quatre évangiles, ce chef d'oeuvre nous plonge dans l'histoire comme dans l'imaginaire médiéval. Le Livre de Kells (Book of Kells en anglais), également connu sous le nom de Grand Évangéliaire de saint Colomba, est un manuscrit illustré de motifs ornementaux et réalisé par des moines celtiques vers l'an 800.

 

 

Chef d'oeuvre du christianisme irlandais et de l'art irlando-saxon, il constitue malgré son inachèvement l'un des plus somptueux manuscrits enluminés ayant pu survivre à l'époque du Moyen Âge. En raison de sa grande beauté et de l'excellence technique de sa finition, le manuscrit est considéré par beaucoup de spécialistes comme l'un des plus remarquables vestiges de l'art religieux médiéval. Rédigé en langue latine, le Livre de Kells contient les quatre Évangiles du Nouveau Testament ainsi que des notes liminaires et explicatives, l'ensemble étant accompagné de nombreuses illustrations et enluminures colorées.

 

 

801       Prise de Barcelone par les francs après un siège de deux ans.

 

 

802     Charlemagne exige de nouveau un serment de fidélité de tous les hommes libres du royaume.

 

 

802      Fondation du royaume du Cambodge par Jayavarman II (fin de règne v. 836). Il fait l'unité des Khmers et fonde la ville d'Angkor. Il rejette la suzeraineté des Çailendra de Java (il a séjourné jusque vers 790 à Java) et inaugure le culte du dieu-roi (devaraja), liant la royauté au pouvoir divin de Siva. Jayavarman II, le roi khmer Jayavarman II est le fondateur du royaume d'Angkor. Angkor est l'ancienne capitale de l'Empire khmer qui prospéra du IXe au XVe siècle.

 

 

803      Paix de Salz avec les Saxons. Charlemagne conclut la paix avec la Saxe à Salz.

 

 

805         Révolte des Saxons.

 

 

805         Charlemagne réaffirme le monopole royale de la frappe de la monnaie.

 

 

805         Capitulaire de Thionville sur les obligations militaires des hommes libres.

 

 

806    Charlemagne partage son royaume entre ses trois fils Charles le jeune, Louis (Louis Ier) l'Aquitaine) et Pépin d'Italie la Lombardie. Charles, Pépin et Louis se voient attribuer des parts équitables du royaume, mais la mort prématurée des deux premiers laissera Louis le Pieux seul héritier. Charles le Jeune (772-811) Roi des Francs, Roi de Neustrie, et Duc de Mans. Il est le fils de Charlemagne. Louis Ier dit le Pieux ou le Débonnaire, roi d'Aquitaine (781-814) et empereur d'Occident (814-840). Pépin d'Italie (777-† 810), fils de Charles Ier dit le Grand ou Charlemagne et Hildegarde de Vintzgau, roi d'Italie (781). dynastie des Herbertiens.

 

 

809      Concile d'Aix-la Chapelle sur le filioque. Filioque (théologie) On appelle "querelle du Filioque" la querelle théologique entre l'Église catholique romaine et l'Église orientale (futures Églises orthodoxes), à propos du dogme de la Trinité, à partir du VIIIe siècle. Cette querelle, ainsi que des différends d'ordre culturels et politiques, conduisit au Grand Schisme d'Orient de 1054, séparant le catholicisme de l'orthodoxie. "L'affaire du "Filioque", a contribué à l'approfondissement du fossé entre l'Orient et l'Occident, et constitue encore aujourd'hui un obstacle à un rapprochement entre Rome et les Églises orthodoxes.

 

 

En 381, le concile de Constantinople avait complété le Credo de Nicée en ajoutant une référence à l'Esprit Saint. Les fidèles confessaient ainsi, en plus de Dieu et de Jésus-Christ, l'Esprit Saint "qui procède du Père". Or, en Espagne, à la fin du VIe siècle, des théologiens wisigoths avaient proclamé que l'Esprit Saint procède "du Père et du Fils (Filioque)". La formule séduisit les clercs carolingiens qui la considérèrent comme théologiquement correcte. Mais, pour Constantinople, celle de 381 était intangible. Au début du IXe siècle, Charlemagne, en froid avec l'Empire d'Orient, voulut convaincre les Grecs d'erreur et confia à ses théologiens la tâche de justifier le "Filioque".

 

 

En 809, il fit approuver par un concile la double procession du Saint Esprit. La querelle rebondit en 867, lorsque le patriarche Photius dénonça le "Filioque" comme une doctrine hérétique dans une lettre à ses pairs orientaux. Photius était excédé pour plusieurs raisons. Il avait appris que le clergé romain exigeait l'emploi du "Filioque" en Bulgarie, pays converti par des missionnaires byzantins mais qui avait demandé au pape Nicolas Ier (858-867) la création d'une hiérarchie ecclésiastique. Ce dernier en avait profité pour établir sa juridiction sur le royaume bulgare. Le pape avait aussi refusé de ratifier l'élection de Photius au patriarcat de Constantinople, et excommunié ce dernier.

 

 

Nicolas Ier souhaitait le rétablissement de l'ancien patriarche Ignace, contraint à la démission en 856. L'ingérence du pape dans les affaires byzantines avait été très mal prise à Constantinople. Bien que la paix fût rétablie dans la chrétienté, la querelle photienne et le "Filioque" ont créé des séquelles profondes dans les relations entre l'Orient et l'Occident. La controverse sur la primauté du pape, toujours actuelle, remonte à cette époque. Schisme entre l'Église d'Orient et d'Occident. Dans l'Europe médiévale se développe une vision du monde qui inclut non seulement la prépondérance de la chrétienté, mais aussi celle de l'Église en tant que puissante institution.

 

 

La chrétienté est le seul lien reliant les divers états occidentaux et le garant de l'ordre social. Cependant, la chrétienté elle-même était loin d'être unifiée. Entre l'Église orthodoxe originaire de Byzance et l'Église occidentale dirigée de Rome par la papauté, le fossé se creuse rapidement, rendant la séparation inévitable. Le couronnement de Charlemagne en tant qu'empereur du Saint-Empire romain par le pape en 800 crée une scission entre les empires rivaux, chacun disposant à sa tête d'un chef spirituel et d'un chef temporel. La crise se durcit en 1054, quand le pape déclare avoir la mainmise sur la Chrétienté toute entière, Église d'Orient comme d'Occident.

 

 

Les croisés portent le coup de grâce avec le sac de Constantinople en 1204. La haine byzantine pour l'Occident s'intensifie. La querelle entre les deux Églises n'est pas doctrinaire, mais manifeste l'expression d'ambitions politiques rivales. L'Église est une institution puissante et influente, et sa ligne de conduite et ses actions ont de fortes répercussions politiques. La fracture entre les deux Églises reflète l'hégémonie naissante de la chrétienté occidentale face au déclin de sa consoeur orientale. Église orthodoxe, l'Orthodoxie ou Christianisme orthodoxe est une des branches du christianisme. Elle est organisée en de nombreuses Églises territoriales (et non nationales) qui forment ensemble l'"Église orthodoxe" ou "Communion orthodoxe".

 

 

Les Églises orthodoxes sont nées ou fondées dans l'antique zone de culture grecque, c'est-à-dire dans la zone orientale du bassin de la Méditerranée. Ce groupe d'Églises partage une compréhension, un enseignement et des offices d'une grande similitude avec un fort sentiment de se considérer les unes les autres comme les parties d'une seule Église. La Bible et la Liturgie sont lues dans les langues nationales actuelles ou anciennes. Les Églises orthodoxes représentent dans le monde la deuxième plus grande confession chrétienne en nombre de fidèles après l'Église catholique.

 

 

809        L'édification de la ville de Fès. Monté sur le trône à la mort de son père (Idrîs Ier), Idrîs II fonde la ville de Fès el-Bali, dans laquelle il transfère sa capitale. Il y fera bâtir l'université et mosquée de Karouiyine. Particulièrement influente sur le royaume, la ville impériale deviendra le lieu de rencontre des intellectuels et un véritable bastion religieux. Idrîs II est né à Walila (Volubilis) au Maroc deux mois après la mort de son père en 793. Il prit le pouvoir à onze ans. Il est mort en 828.

 

 

810         mort de Pépin d'Italie (777-810), fils de Charlemagne, roi d'Italie.

 

 

811         Intervention de Charlemagne contre les bretons.

 

 

811         4 décembre Mort de Charles le Jeune, fils aîné de Charlemagne.

 

 

812         Nouvelle expédition victorieuse de Charlemagne contre les Wilzes.

 

 

812         Traité de paix d'Aix-la-Chapelle entre Charlemagne et Byzance.

 

 

813        11 septembre Charlemagne couronne son fils Louis Ier. Louis Ier le Pieux, qui est son troisième fils et qui est roi des Aquitains depuis 781, est le seul héritier des dix-neuf enfants que Charlemagne a eus avec ses neuf épouses successives. Le sacre a lieu à Aix-la-Chapelle.

 

 

813       5 synodes permettent d'établir une géographie linguistique de la compréhension du latin: - Concile de Tours: les prêches doivent être prononcés en langue romane rustique ou en allemand pour que les fidèles puissent les entendre (le latin n'est plus compris, c'est la reconnaissance de la naissance du français: rusticam romanam linguam: précocité française à se séparer du latin - Concile de Mayence: invite les prêtres à prêcher de façon que le peuple comprenne (donc en germanique) - Concile d'Arles, Concile de Chalon-sur-Saône: recommandations générales sur le prêche (peut toujours être tenu en latin) - Concile de Reims: invitation à faire le prêche dans la langue particulière des fidèles.

 

 

On nomme langue romane toute langue issue essentiellement du latin vulgaire (au sens étymologique de "populaire"), c'est-à-dire la forme de latin vernaculaire utilisée pour la communication de tous les jours, par opposition au latin classique et littéraire ; ce sont donc des langues indo-européennes, basées sur le latin. Ces langues ont été parlées ou le sont encore dans un ensemble géographique désigné par le terme de Romania, couvrant en grande partie le Nord-Ouest européen de l'ancien Empire romain (l'est étant resté majoritairement de langue grecque – à l'exception des Valaques – et le sud ayant adopté l'arabe après la conquête musulmane).

 

 

Les mots roman(e) et Romania remontent bien sûr à des dérivés de l'adjectif latin romanus : l'on considérait en effet que leurs locuteurs utilisaient une langue issue de celle des Romains, par opposition à d'autres introduites ultérieurement dans les territoires de l'empire, comme le francique au nord de la France, langue des Francs appartenant à la famille des langues germaniques. La première attestation du terme de roman, sous une forme ou une autre, remonte au synode de Tours, en 813 de l'ère chrétienne ; c'est lors de ce synode que la première langue vulgaire à s'être détachée du latin est ainsi désignée ; il s'agit d'une forme de proto-français, que l'on nomme romana lingua, ou encore roman.

 

 

L'ancien français est donc la première langue romane attestée à l'écrit (ce qui ne signifie pas que ce soit la première langue à être apparue comme clairement différente du latin). Le premier ouvrage théorique sur les langues romanes est, en latin, le De Vulgari Eloquentia ("De l'éloquence vulgaire") de Dante (XIIIe siècle), où apparaissent pour la première fois les dénominations de langue d'oïl, langue d'oc et de langue de si (pour l'italien et l'espagnol) – en fonction de la forme respective du mot oui dans les différentes langues romanes.

 

 

L'on date grosso modo l'évolution du latin vulgaire vers les langues romanes ainsi : 1. entre -200 et 400 environ : différentes formes de latin vulgaire ; 2. entre 500 et 600 : ces formes commencent à se différencier plus ou moins nettement ; 3. vers 800 : l'existence de langues romanes est reconnue (synode de Tours) ; 4. 842 : premier texte complet rédigé en une langue romane (le roman, forme de protofrançais), les Serments de Strasbourg. Les langues germaniques sont des langues indo-européennes. Elles furent d'abord parlées par les peuples germaniques, qui vivaient initialement aux frontières nord-est de l'Empire romain.

 

 

Ces langues partagent plusieurs traits uniques, parmi lesquels d'importantes mutations consonantiques décrites par les lois de Grimm et de Verner (auxquelles on peut ajouter la seconde mutation consonantique pour le vieil haut allemand), ainsi qu'un lexique conséquent composé de radicaux non indo-européens. Langues romanes, on nomme langue romane toute langue issue essentiellement du latin vulgaire (au sens étymologique de "populaire"), c'est-à-dire la forme de latin vernaculaire utilisée pour la communication de tous les jours, par opposition au latin classique et littéraire ; ce sont donc des langues indo-européennes, basées sur le latin.

 

 

Ces langues ont été parlées ou le sont encore dans un ensemble géographique désigné par le terme de Romania, couvrant en grande partie le Nord-Ouest européen de l'ancien Empire romain (l'est étant resté majoritairement de langue grecque – à l'exception des Valaques – et le sud ayant adopté l'arabe après la conquête musulmane). Les mots roman(e) et Romania remontent bien sûr à des dérivés de l'adjectif latin romanus : l'on considérait en effet que leurs locuteurs utilisaient une langue issue de celle des Romains, par opposition à d'autres introduites ultérieurement dans les territoires de l'empire, comme le francique au nord de la France, langue des Francs appartenant à la famille des langues germaniques.

 

 

814         28 janvier Mort de Charles que la postérité a appelé Charlemagne (Charles le Grand) à Aix-la-Chapelle. C'est à 9 heures du matin que s'éteint Charlemagne, emporté par une pleurésie à l'âge de soixante-douze ans. Il est enterré à Aix-la-Chapelle. Partage de l'Empire. - Charlemagne avait fait des rois de ses trois fils, en leur donnant à chacun une partie de son empire. Pépin avait reçu l'Italie et Charles l'Allemagne; Louis, l'Aquitaine.

 

 

Pépin mourut avant l'empereur et son royaume échut à son fils Bernard d'Italie ; Charles étant mort aussi avant son père eut pour héritier Louis (le Pieux ou le Débonnaire) - Avènement de Louis Ier le Débonnaire. - Ce prince régnait déjà sur les Aquitains et les Allemands, lorsque lui échut l'immense empire de Charlemagne. Bernard d'Italie, né vers 797, mort le 17 avril 818, fut roi des Lombards de 813 à 817. Petit-fils de Charlemagne, il était fils (illégitime) de Pépin, roi des Lombards, et de Chrothais.

 

 

814         LOUIS Ier LE PIEUX (814-840) ou Louis le Débonnaire.

 

 

814         Louis le Pieux. Charlemagne avait prévu le partage de son empire entre ses 4 fils mais 3 moururent avant lui, Lothaire en 779 (Lothaire (778-779), frère jumeau de Louis), Pépin en 810 et Charles le jeune en 811. Louis hérita donc de l'ensemble du territoire. Il est couronné empereur par le pape Étienne IV en 816 à Reims. Dés 817 (il a 39 ans) il veut régler le problème de sa succession. A l'époque il a trois fils Lothaire né en 795, Pépin en 797 et Louis en 806. Il désigne Lothaire comme héritier du trône, Pépin sera roi d'Aquitaine et Louis roi de Bavière.

 

 

Ce partage suscite la révolte de son neveu Bernard petit fils de Charlemagne et roi d'Italie et qui s'était déjà révolté. Louis doit intervenir, Bernard est vaincu en 818, on lui crève les yeux, il meurt pendant le supplice, le royaume d'Italie est supprimé. Louis Ier profondément chrétien fait pénitence publique à Attigny en 822 devant les grands de l'empire ce qui diminue son prestige. Alors que tout semblait réglé, son épouse Ermengarde décède en 818, il se remarie avec Judith de Bavière l'année suivante et naît un 4ème fils Charles (futur Charles le Chauve) en 823. Pour donner à ce dernier une part de l'héritage il remanie le règlement de 817 à l'assemblée de Worms en 829.

 

 

Ses trois fils aimés se révoltent en 830 puis en 833 lorsque Louis le Pieux retire l'Aquitaine à son fils Pépin. Louis le Pieux est vaincu, jugé, condamné et enfermé dans un monastère ainsi que sa femme Judith. Voyant Lothaire prendre trop d'importance, Pépin et Louis le Germanique rétablissent leur père en 834 mais il ne retrouvera pas son autorité. En 838 Pépin meurt, Louis le Pieux entreprend un nouveau partage de l'empire dans lequel Charles le chauve reçoit l'Aquitaine, le fils de Pépin étant dépossèdé. Louis le pieux meurt en 840. Louis le Germanique et Charles le Chauve s'unissent pour lutter contre Lothaire qui est vaincu à la bataille de Fontenoy en 841. Ils confirment leur alliance par le serment de Strasbourg en 842. C'est le premier document officiel en langue vernaculaire (langue courrante) franque et germanique et non pas en latin. L'Empire est à nouveau partagé par le traité de Verdun en 843.

 

 

 

814         Les Arabes adoptent les chiffres indiens. Les chiffres dits "arabes", qui furent d'abord utilisés en France puis dans toute l'Europe et enfin dans le monde entier, sont en réalité des chiffres indiens : ils sont nés en Inde. Les chiffres tels qu'on les connaît aujourd'hui ont été décrits dans un ouvrage d'Al Khawarizmi, et ont été probablement transmis à l'Europe depuis l'Andalousie musulmane vers la fin du Xe siècle grâce à l'enseignement du calcul sur abacus, tel que pratiqué par les Arabes. On en trouve des attestations claires dans le Liber abaci de Fibonacci, datant de 1202. Ce sont des logogrammes. Alors d'emploi très limité, l'utilisation de ces chiffres arabes (que les Arabes nomment "chiffres hindîs") n'a vraiment commencé à se généraliser en Europe et dans le monde arabe qu'au XIIe siècle. Leur tracé définitif est attesté dès le XVe siècle.

 

 

816         Mort du pape Léon III, Étienne IV le remplace. Étienne IV, né à Rome, pape de 816 à 817. Il sacra Louis le Débonnaire empereur à Reims.

 

 

816         5 octobre Sacre de Louis Ier à Reims par le pape Étienne IV.

 

 

817        Trouvant trop lourd pour un seul le gouvernement de tant de peuples différents, Louis le Pieux procéda à un partage de ses territoires entre ses trois fils: Lothaire, Pépin et Louis. Lothaire était associé à l'Empire, à Pépin échut l'Aquitaine, à Louis la Bavière (ce fut Louis le Germanique). Ces deux derniers ne pouvaient entreprendre de guerre, ni conclure de traité, sans l'autorisation de Lothaire. Bernard, leur cousin, fut confirmé dans sa possession de l'Italie, que d'ailleurs Charlemagne lui avait reconnue à la mort de son père; cependant il se crut lésé par ces dispositions; il se révolta contre son oncle, entre les mains duquel il tomba par trahison et qui, pour le punir, lui fit crever les yeux, ce dont il mourut. Louis crut expier ce crime en faisant pénitence publiquement, à Attigny.

 

 

817       janvier Mort du pape Étienne IV, Pascal Ier lui succède. Pascal Ier, 98ème pape de 817 à 824. Né à Rome, il avait été auparavant directeur du monastère Saint-Étienne à Rome. Il reçut en don de la part de Louis le Débonnaire, la Corse et la Sardaigne. Il couronna Lothaire Ier empereur en 823, et ouvrit à Rome un refuge pour les Grecs que la persécution des Iconoclastes réduisait à quitter l'Orient.

 

 

817       Louis Ier proclame (Ordinatio imperii) son fils Lothaire empereur rompant avec la tradition Franque (Partage).

 

 

817        Bernard d'Italie, petit fils de Charlemagne et roi d'Italie, entré en rébellion contre son oncle, Louis le Pieux, doit finalement se rendre à lui.

 

 

818         avril Condamnation à mort pour haute trahison de Bernard.

 

 

818         Intervention de Louis le Pieux en Bretagne contre les soulèvements.

 

 

820         Premier raid normand à l'embouchure de la Seine.

 

 

822        Confession publique de Louis Ier lors de la pénitence d'Attigny. Louis le Pieux se confesse publiquement à Attigny d'avoir fait crever les yeux de son neveu Bernard d'Italie qui y a succombé. Les conseillers ecclésiastique de Louis le Pieux (Adalhard, Wala, Agobard et Hilduin, l'abbé de Saint-Denis), après avoir obtenu la confession de l'empereur, obtiennent l'envoi de Lothaire comme roi en Italie et son sacre par le pape (823), comme si le couronnement laïc de 817 avait été insuffisant. Lothaire ne s'occupera jamais vraiment du royaume d'Italie et s'en servira surtout comme base politique et militaire pour ses raids septentrionaux. Il s'installe dans les grands domaines royaux, en dehors des villes, et ne nomme pas de Lombards à des postes ecclésiastiques ou séculiers.

 

 

823         5 Avril Sacre de Lothaire Ier par le pape Pascal Ier à Rome. Lothaire Ier (795-† 855), fils de Louis Ier dit le Pieux et Ermengarde de Hesbaye, empereur d'Occident (840-855). Déjà en 814 son père lui avait confié le gouvernement de la Bavière. Il est déclaré seul héritier et associé à l'Empire en 817. Son père Louis le Pieux s'étant remarié avec Judith, après la mort de sa première épouse, il eut avec celle-ci un fils, Charles qui deviendra par la suite Charles le Chauve. Lothaire à cette époque est envoyé en Italie où il s'installe à Pavie, il est sacré empereur par le pape Pascal Ier, la papauté se soumet à son autorité.

 

 

Il est également reconnu comme roi de France et prend en 820 le titre de roi des Lombards. Lothaire Ier se révolte contre son pére Louis Ier le Pieux, celui-ci ayant voulu prendre de nouvelles dispositions en faveur de son plus jeune fils Charles. Lothaire entraîne ses deux frères Louis le Germanique et Pépin contre leur père, et le détrône par 2 fois en 830 et 833, mais deux fois il se voit forcé de lui rendre la couronne. Resté seul empereur à la mort de Louis le Débonnaire en 840, il tente d'envahir les États de ses deux frères, qui refusent de le reconnaitre comme empereur, mais ceux-ci se liguent contre lui et le battent à Fontenay-en-Puisaye dans l'Auxerrois en juin 841.

 

 

Ils lui imposent alors le partage de Verdun en 843, qui lui octroie le titre impérial et une Lotharingie longue et étroite allant de la Mer du Nord à l'Italie, bien fragile entre ses voisines. Peu de temps avant sa mort il abdique, pour aller s'enfermer dans l'abbaye de Prüm. Il eut épousé Ermengarde, fille du comte de Tours, Hugues d'Alsace, avec qui il eut trois fils. Ces derniers se partagent ses États: Louis (Louis II le Jeune), qui reçoit le royaume d'Italie avec le titre d'empereur; Charles, qui reçoit la Provence jusqu'à Lyon, Lothaire (Lothaire II), qui hérite du pays nommé le royaume de Lorraine. Lothaire mourut à Prüm en 855.

 

 

823         13 juin Naissance de Charles, fils de Louis le Pieux et Judith. Charles II dit le Chauve (Francfort-sur-le-Main, 13 juin 823 - Avrieux, 6 octobre 877) empereur d'Occident de 875 à 877. Roi de Francie occidentale de 840 à 877

 

 

824         11 février Mort de Pascal Ier, élection de Eugène II sur le trône papal. Eugène II, né à Rome, 99e pape de 824 à 827. Il négocia avec Louis le Débonnaire la Constitutio romana de 824. Il tint un concile à Rome pour la réforme du clergé. Sa charité lui mérita le titre de père des pauvres.

 

 

824         11 novembre Constitutio Romana de Louis Ier imposant son autorité au Pape.

 

 

825      Raban Maur abbé de Fulda rédige la première encyclopédie médiévale 'De rerum naturis ou De universo'. Raban Maur, né à Mayence en 776, mort en 836, étudia à l'abbaye de Fulda, puis à Saint-Martin de Tours, sous Alcuin, reçut les ordres en 814, visita la Terre-Sainte, prit à son retour la direction de la célèbre école de Fulde, fut élu abbé de Fulda en 822, devint évêque de Mayence en 847, réprima beaucoup d'abus ecclésiastiques, chercha, mais en vain, à réconcilier Louis le Débonnaire et ses fils, composa de sages règlements et présida plusieurs synodes. Il traita Gotescalc avec une grande sévérité, mais aussi il déploya une charité sans bornes lors de la famine de 850.

 

 

825       Le mathématicien, astronome et géographe arabe Al-Khawarizmi publie un traité dans lequel il utilise pour la première fois en mathématiques l'expression "al-jabr" (de "jabara", réduire), qui donnera le mot "algèbre" en français. Al-Khawarizmi, né vers 783 à Khiva dans le Khwarezm qui a donné son nom, décédé vers 850 à Bagdad), mathématicien iranien, est l'auteur de l'ouvrage intitulé Al-jabr wa'l-muqabalah, qui signifie "La transposition et la réduction", publié en 825. Le terme Al-jabr fut repris par les Européens et devint plus tard le mot algèbre. Son autre ouvrage, disparu, Kitab 'Al-jami wa'l-tafriq bi h'isab 'Al-Hind, "Livre de l'addition et de la soustraction d'après le calcul indien"), est le premier à parler du système des chiffres indiens.

 

 

829  à 830 - De sa seconde femme appelée Judith de Bavière, épousée en 819, Louis Ier eut un fils, Charles (qui plus tard fut surnommé le Chauve), auquel il voulut assurer aussi un royaume, et dans ce but il prétendit remanier le partage fait en 817. Les trois premiers fils, nés d'Ermengarde, la première femme, protestèrent les armes à la main contre cette décision. Vainqueurs de leur père, ils le déposèrent. Cependant cette déposition ne fut pas sanctionnée par l'assemblée des Grands, à Nimègue, et d'ailleurs les trois révoltés étant entrés en composition, Louis Ier reprit possession de son trône.

 

 

829       Louis Ier donne à son fils Charles (le Chauve), l'Allemagne et une partie de la Bourgogne.

 

 

830        mars Intervention de Louis le Pieux contre la révolte de Bretagne et de son fils Pépin. Pépin Ier d'Aquitaine (797-† 838), roi d'Aquitaine (817-838), fils de Louis Ier dit le Pieux et Ermengarde de Hesbaye.

 

 

830         avril Révolte des grands du royaume contre Louis le Pieux.

 

 

830  à 912 - naissance et mort de Notker le Bègue. Confesseur. Moine de Saint-Gall en Suisse, il fut surnommé "le Bègue", et mit ses talents poétiques et musicaux en composant de nombreuses séquences liturgiques, malgré ce défaut et peut-être à cause de lui.

 

 

831         Nouvelle révolte de Pépin, fils de Louis le Pieux.

 

 

832        mai Révolte de Louis le Germanique fils de Louis le Pieux en Bavière qui fini par se soumettre. Louis II dit le Germanique ou de Bavière (v.806-† 876), fils de Louis Ier dit le Pieux et Ermengarde de Hesbaye), roi de Germanie (843-876).

 

 

832      septembre Victoire de Louis le Pieux contre son fils Pépin qui le fait emprisonner à Trèves.

 

 

832      Création d'un institut officiel de traduction à Bagdad. Sous l'impulsion d'Al-Mamun se crée à Bagdad une "maison de la sagesse" (Bayt Al-hikma), sur le modèle des bibliothèques hellénistiques, qui attire les savants (astronomes, mathématiciens, penseurs, lettrés, traducteurs). Des textes grecs (philosophie et science), pehlvis et indiens sont traduits et mis à la disposition des musulmans. Les traductions s'accompagnent de réflexions et de commentaire et une forme nouvelle de littérature apparaît.

 

 

Les maisons de la sagesse étaient des universités fondées par le calife Abbasside Al-Mamun en 832. Ce n'étaient au départ que des bibliothèques sur le modèle hellénistique de la bibliothèque d'Alexandrie, mais le calife Al-Mamun l'améliora considérablement, ainsi ces centres sont devenus à la fois des centres de traductions, d'étude et de recherche en philosophie et en science, et de réunions. Al-Mamun, Abû al-Abbâs “al-Ma'mûn” Abd Allah ben Hârûn ar-Rachîd surnommé Al-Mamûn ou Almanon est né en 786 à Bagdad et mort à Tarse le 10 août 833, à l'âge de quarante-sept ans, était un calife abbasside qui régna de 813 à 833.

 

 

833 à 834 - Ces événements n'avaient pas fait renoncer Louis le Pieux à l'idée d'un nouveau partage. A peine rétabli sur le trône, il chercha à déposséder son fils Pépin de l'Aquitaine pour la donner à Charles le Chauve,

 

 

833       Évasion de Pépin.

 

 

833       avril Révolte de Pépin, Lothaire et Louis avec l'appui du pape Grégoire IV contre leur père. Lothaire et Louis le Germanique se jugeant menacés par les nouveaux projets de leur père prirent les armes contre lui et l'attaquèrent à Colmar. Grégoire IV, né à Rome, 101ème pape de 827 à 844. Il introduisit la fête de la Toussaint.

 

 

833    23-24 juin : Au Rothfeld, lieu de bataille rebaptisé "Champ du Mensonge" (Lügenfeld) entre Colmar et Sigolsheim, Louis le Pieux est trahi par ses fils et doit se constituer prisonnier. Les nobles aussi avaient abandonné l'empereur qui est enfermé quelques semaines durant dans la villa royale de Marlenheim puis transféré à Soissons pour y être jugé, condamné et déposé par ses fils Louis le Germanique, Pépin d'Aquitaine et Lothaire. Le pape Grégoire IV avait tenté en vain d'arbitrer cette querelle sur place.

 

 

833        juillet L'empereur et roi franc Louis le Pieux est déposé par ses fils. Abandonné par ses soldats, Louis le Pieux tomba aux mains des révoltés, qui le déposèrent de nouveau en lui infligeant, à Soissons, une sorte de dégradation publique. Cependant la masse de ses sujets lui était restée fidèle et n'apprit qu'avec indignation l'outrage qu'il venait de subir. Les évêques réunis à Thionville condamnèrent solennellement les actes de ses fils et le remirent en possession du trône.

 

 

833       7 octobre : Louis le Pieux fait pénitence publique à l'église du monastère de Saint-Médard à Soissons et se retire en laissant l'empire à Lothaire.

 

 

834         janvier Louis le Germanique et Pépin s'allient contre leur frère Lothaire.

 

 

834         28 février Devant la menace de ses frères Lothaire s'enfuit.

 

 

834         1er Mars Louis le Pieux absous de ses péchés retrouve son trône.

 

 

834         Lothaire prend Châlons-sur-Saône avant de finalement se rendre à son père.

 

 

835         Cérémonie expiatoire lors de l'assemblée de Thionville et de Metz annulant les jugements de 833.

 

 

837         Partage du royaume en faveur de Charles le Chauve au détriment de Louis le Germanique et Lothaire.

 

 

838        septembre À l'initiative de son père, Charles le Chauve est couronné à Querzy-sur-Oise.

 

 

838         novembre Nouvelle révolte de Louis le Germanique contre son père.

 

 

838         13 décembre Mort de Pépin, roi d'Aquitaine, fils de Louis le Pieux.

 

 

838         Début des raids sarrasins sur la Provence (838-990)

 

 

839        Nouveau partage du royaume en faveur de Charles le Chauve et Lothaire au détriment de Louis le Germanique.

 

 

839         Expédition de Louis le Pieux contre la révolte de l'Aquitaine et contre son fils Louis.

 

 

840         Louis le Germanique exigeant, contre les intentions de son père, une part de l'héritage de Pépin, Louis le Pieux marcha contre lui, mais la mort le surprit au cours de cette campagne. Pendant ce règne, les Normands continuèrent leurs incursions armées en diverses parties du littoral de l'Empire.

 

 

840        20 juin Mort de Louis le Pieux près de Mayence. Au moment de mourir à Ingelheim, près de Mayence, de chagrin et d'inanition, le roi murmure à propos de son fils rebelle, Louis le Germanique : “Je lui pardonne, mais dites-lui que Dieu, vengeur des pères, punit dans la colère les enfants rebelles”. Le royaume est partagé entre ses fils.

 

 

840         Début du règne de Lothaire Ier, empereur d'occident (fin en 855). Début du règne de Charles II le Chauve, roi de France (fin en 877).

 

 

840         Lothaire Ier. Fils aîné de Louis le Pieux et Ermengarde, il est fait roi de Bavière en 815 et en 817 il est associé au trône. En 822 il est fait roi d'Italie et couronné empereur l'année suivante par le pape Pascal Ier. En 817 son père Louis le pieux souhaitant préparer sa succession partage son royaume entre ses trois fils mais l'année suivante c'est sa femme Ermangarde qui meurt. Il se remarie avec Judith de Bavière en 819 et de ce second mariage nait un fils Charles en 823.

 

 

Louis le Pieux entreprend un second partage de l'empire carolingien, ses trois aînés se révoltent contre lui. Les troupes de Louis le pieux se retournant contre lui Louis est déposé en 833. A la suite de disputes entre les fils, Louis est rétabli sur le trône en 834. Pépin meurt en 838 Louis le Pieux entreprend alors un troisième partage qui avantage Charles et il meurt en 840. A la mort de son père Lothaire reste seul empereur mais doit faire face à la rébellion de ses deux frères Louis le Germanique et Charles le Chauve qui le battent à Fontenoy-en-Puisaye en 841 et lui impose le traité de Verdun en 843.

 

 

Le traité de Verdun assure aux trois frères le même nombre d'évêchés, de comtés et de domaines et tout ce qui s'y rattache (hommes, terres, droits et revenus). Lothaire ne règnera plus que sur une bande de terre allant de l'Italie à la mer du nord mais conservera le titre d'Empereur. Il meurt en 855 mais auparavant il avait réparti son royaume entre ses 3 fils: Charles, la Provence; Lothaire II, la Lotharingie (pays entre Rhin et Meuse) et Louis II conserve le titre d'empereur d'Occident; Charles meurt en 863, Lothaire II annexe son territoire et meurt à son tour en 869. Louis le Germanique et Charles le Chauve se partageront son territoire.

 

 

840         Pépin Ier. Second fils de Louis le Pieux et Ermengarde, lors du partage de son royaume en vue de sa succession Pépin reçoit l'Aquitaine. Lorsque Louis se remarie et que nait Charles, le partage est remis en cause. Les trois fils de la 1ère femme de Louis, Ermengarde, se révoltent en 830. En 833 Louis retire l'Aquitaine à Pépin les fils se révoltent à nouveau les armées de Louis le Pieux passent à ses fils à Colmar au "camp du mensonge". Pépin meurt en 838 son fils Pépin II lui succède mais il sera dépouillé à nouveau par le traité de Verdun. Il luttera contre Charles mais finalement sera vaincu en 852, prisonnier il s'évadera, s'alliera aux Normands. Il sera repris par Charles et finira ses jours dans la prison du monastère de Senlis. Sa lutte obstinée illustrera la résistance de l'Aquitaine au royaume carolingien.

 

 

840         Louis le Germanique. Troisième fils de Louis le Pieux et Ermangarde, lors du partage de son royaume en vue de sa succession, Louis reçoit la Bavière et la partie orientale de l'empire (la Germanie). Lorsque Louis le Pieux se remarie et que naît Charles, le partage est remis en cause. Les trois fils de la 1ère femme de Louis le Pieux, Ermangarde, se révoltent en 830. En 833 Louis le Pieux retire l'Aquitaine à Pépin les fils se révoltent à nouveau. Les armées de Louis le pieux passent à ses fils à Colmar au "camp du mensonge".

 

 

Après la mort de son frère Pépin et de son Père, Louis le germanique s'allie à son demi Frère Charles (futur Charles le Chauve) pour contrer l'égémonie de Lothaire, ils le battent à la bataille de Fontenoy-en-Puisaye en 841 qui conduira au serment de Strasbourg en 842 puis au traité de Verdun 843. C'est dans le traité de Verdun que le terme de Gallia fut remplacé pour la première fois dans un texte officiel par Francia Occidentalis, terre des Francs occidentaux, qui donnera son nom au pays la France. La Francia Orientalis apparait dans le traité sous le nom de Germania.

 

 

Cependant, ce n'est que vers 1100 que l'on prit vraiment conscience de ce que représentait le mot France. Les Vikings effectuent des offensives contre les royaumes francs, ils établissent des bases à l'embouchure de la Loire (853) et de la Seine (856) Charles le chauve qui règne sur ces territoires charge Robert le Fort (ancêtre des capétiens) de défendre ces territoires. Lothaire II meurt en 869, il s'était auparavant annexé le territoire de Charles son frère à sa mort en 863. Louis le Germanique et Charles le Chauve se partage son territoire par le traité de Meerssen.

 

 

840         CHARLES le Chauve (840-877)

 

 

840        Charles le Chauve. Fils de Louis le pieux et Judith de Bavière. Lorsque Louis le Pieux fait le premier partage de son royaume en vue de sa succession, Charles n'était pas encore né. La première femme de Louis le Pieux meurt en 818 il se remarie avec Judith l'année suivante et Charles naît en 823. Le partage est remis en cause. Les trois fils de la 1ère femme de Louis le pieux, Ermengarde, se révoltent en 830. Après la mort de son frère Pépin et de son Père, Charles le Chauve s'allie à son demi Frère Louis le Germanique pour contrer l'égémonie de Lothaire ils le battent à Fontenoy-en-Puisaye en 841, renouvellent leur alliance par le serment de Strasbourg en 842 qui aboutit au traité de Verdun 843.

 

 

C'est dans le traité de Verdun que le terme de Gallia fut remplacé pour la première fois dans un texte officiel par Francia Occidentalis, terre des Francs occidentaux, qui donnera son nom au pays la France. La Francia Orientalis apparait dans le traité sous le nom de Germania qui se changera en Allemagne, pays des Alamans à partir de 1024. Cependant, ce n'est que vers 1100 que l'on prit vraiment conscience de ce que représentait le mot France. Lorsque le second fils de Lothaire, Lothaire II meurt en 869, il s'était auparavant annexe le territoire de Charles son frère à sa mort en 863.

 

 

Louis le Germanique et Charles le Chauve se partagent son territoire par le traité de Meerssen. Il doit lutter contre les Bretons qui veulent leur indépendance, contre le fils de son frère Pépin II qui revendique l'Aquitaine jusqu'en 864 mais il doit surtout lutter contre les invasions des Normands qui pillent Paris à 3 reprises en 845, 858 et 861 et établissent des bases à l'embouchure de la Loire en 853 et de la Seine en 856. Il charge Robert le Fort (qui sera à l'origine de la dynastie capétienne) de défendre ces territoires.

 

 

A la mort de Louis II, fils aimé de son frère Lothaire, qui avait reçu en héritage le titre d'empereur de l'occident, le pape Jean VIII lui offre la couronne. Il est sacré empereur en 875. En 876 son frère Louis le Germanique meurt, il veut s'emparer de son territoire mais le fils de celui-ci Louis le jeune le bat à Andernach. En 877 le pape est menacé par les Sarrasins, Charles le Chauve confie son royaume à son fils Louis II le Bègue et aux grands (Capitulaire de Quierzy qui marque un développement de la féodalité) et part pour l'Italie, échoue, et meurt sur la route du retour. Son unique fils vivant Louis II le Bègue prendra sa succession.

 

 

840       Louis le Pieux ayant de bonne heure associé à l'Empire son fils Lothaire, celui-ci entendit, après le décès du père, exercer l'autorité impériale et garder ses frères sous son contrôle. Ces derniers se révoltèrent contre ces prétentions et prirent les armes contre leur aîné (c'étaient Charles le Chauve et Louis le Germanique); ils le battirent à la bataille de Fontanet.

 

 

840      Lothaire s'empare de terres attribuées à Charles.

 

 

840      octobre Lothaire est près de Senlis.

 

 

840      novembre Trêves entre Charles le Chauve et Lothaire, qui conserve le bénéfices de ses conquêtes.

 

 

840  à 930 - naissance et mort de Hucbald de Saint-Amand. Poète français de langue latine, également appelé Hubaud ou Hucbaldus de Saint-Amand. Il fut une des principales célébrités de l'ordre monastique en France dans la seconde moitié du IXe siècle et au début du Xe. Moine à Saint-Germain d'Auxerre il y dirigea probablement l'école épiscopale. Il enseigna à Saint-Omer et réforma les écoles de Reims. Il mourut nonagénaire le 20 juin 930 à l'abbaye de Saint-Amand ou il exerça ses talents d'écolâtre en prenant la direction de l'école à la mort de son oncle, le poète Milon, en 872.

 

 

840        mort d'Eginhard.

 

 

840       L'Irlandais Jean Scot Erigène arrive en France. Jean Scot Erigène, philosophe et théologien du XIe siècle. Il fut accusé d'hérésie lors d'un débat sur la prédestination. Traducteur des oeuvres d'un écrivain grec anonyme des Ve et VIe siècles qui fut nommé Pseudo-Denys. Il est également l'auteur d'oeuvres d'inspiration néo-platonicienne.

 

 

841         Les Danois s'emparent et pillent Rouen.

 

 

841         25 juin Victoire de Charles le Chauve et Louis le Germanique contre Lothaire à Fontenay-en-Puisaye près d'Auxerre. Lothaire, allié à Pépin II d'Aquitaine, est battu par Charles le Chauve et Louis le Germanique. Il se réfugie à Aix-la-Chapelle. La bataille de Fontenoy-en-Puisaye eut lieu le 25 juin 841 entre trois fils de Louis Ier le Pieux (l'aîné Lothaire Ier, Louis le Germanique et Charles II le Chauve) et son petit-fils Pépin II, roi d'Aquitaine héritier de son père Pépin Ier.

 

 

841         Invasion viking à Nantes, Bordeaux, Poitiers et Tarbes.

 

 

842         14 février Traité de Strasbourg scellant l'alliance de Charles le Chauve et Louis le Germanique. Serment de Strasbourg: partage de l'Empire d'après les espaces linguistiques entre Charles le Chauve et Louis le Germanique. Chacune des parties s'engage dans la langue de l'autre, Louis en lingua teudisca, Charles en lingua romana; attestation initiale du français (mais c'est une exception: il faut attendre plus de trois siècles avant de voir réapparaître des chartes en français). 

 

 

Les Serments de Strasbourg marquent la naissance de la langue française. C'est dans ce serment d'assistance mutuelle prêté le 14 février 842 entre deux petits-fils de Charlemagne, à savoir Charles le Chauve et Louis le Germanique, contre leur frère Lothaire, que l'on trouve la première attestation de l'existence d'une langue parlée en France qui fut clairement séparée du latin, la romana lingua ou roman, ancêtre du français. Les Serments de Strasbourg ont été déclarés et écrits dans ce protofrançais et en teudisca lingua (langue francique) par chacun des deux monarques dans la langue de son frère, puis par leurs troupes, afin que tout le monde se comprît.

 

 

842         Le premier écrit entièrement en langue vernaculaire qui nous soit parvenu est la partie française des Serments de Strasbourg. Ce premier document a une double importance, car ces serments sont aussi fondateurs de la nation française. Jusqu'alors, en effet le territoire de la future France ne présentait aucune unité nationale, soit qu'il fût morcelé en petits royaumes gaulois, soit qu'il fit partie d'un empire, romain, franc ou germanique. Du temps de Charlemagne même, le territoire de la France n'était qu'une portion de son empire.

 

 

Mais à la succession de son unique héritier, Louis le Pieux, ses trois petits-fils, Lothaire, Louis et Charles exigent chacun un royaume d'égale richesse. Pour mettre fin à leurs querelles, les négociateurs découpent l'empire en trois bandes parallèles: la future France est attribuée à Charles le Chauve, la future Allemagne revient à Louis (dit plus tard le Germanique), la région qui les sépare, proposée à Lothaire, reçoit le nom de Lotharingie. Un an avant que cette partition ne soit ratifiée par le traité de Verdun (843), Louis et Charles s'unissent pour faire accepter le partage à Lothaire. Ils se prêtent solennellement assistance, chacun dans la langue de l'autre: Louis en "roman" et Charles en "tudesque".

 

 

Puis leurs armées prêtent serment, chacune dans sa langue. Le texte de ces engagements nous est parvenu dans un ouvrage historique écrit en latin par Nithard, un clerc contemporain, parent de ces princes. Cette citation de textes en langue vulgaire dans un ouvrage érudit est très surprenante pour l'époque. Selon l'hypothèse de Renée Balibar, historienne de la langue et spécialiste de l'institution du français national, elle reflète la volonté, pour les grands clercs qui négocièrent ces accords, d'asseoir la partition sur une séparation linguistique entre les sujets germaniques et romans.

 

 

Les engagements solennels ont soigneusement été rédigés par eux dans une langue vernaculaire déjà élaborée, et ont été volontairement retransmis tels quels. Leurs langues se posaient ainsi, dès l'abord, en langue officielle. Ce proto-français, n'était pas, pense-t-on aujourd'hui, la transcription d'un dialecte. C'était plutôt une langue recomposée, très inspirée du latin mérovingien que les clercs érudits du IXe siècle considéraient comme le modèle de la langue vulgaire écrite: leur volonté était de proposer une langue accessible à tous. C'est à partir d'élaborations de ce type, par tous les clercs qui essayèrent de "mettre en roman" leur langue maternelle, que s'est forgé l'ancien français classique, celui de la Chanson de Roland ou des romans de Chrétien de Troyes.

 

 

Cette langue était fortement marquée de traits provenant d'une région assez étendue, dont le centre était l'Ile-de-France mais elle n'a jamais été, comme on l'a d'abord cru, le dialecte de l'Ile-de-France. Au XVIe siècle cette langue littéraire, sans cesse enrichie par des érudits latinistes, commença à dominer les dialectes, parce qu'elle était devenue la langue officielle du roi. Pourtant, après les serments de Strasbourg, il fallut encore 150 ans et un changement de dynastie pour que les rois de France ne s'expriment plus en germanique: les Chroniques de Rither rapportent que le premier roi de France à avoir besoin d'un traducteur pour s'entretenir avec un roi germanique fut Hugues Capet.

 

 

Quant au latin, qui cessa d'être la langue de l'administration sous François Ier, il subsista en tant que langue de l'enseignement jusqu'à la Révolution et en tant que langue du culte jusqu'au milieu du XXe siècle. Histoire de la langue française. On estime généralement que les Serments de Strasbourg de 842 sont le premier texte écrit en protofrançais (ou romana lingua ou encore roman). La première mention de l'existence d'une langue romane ne date que de 813, lors du synode de Tours. Il faut attendre entre 880 et 881 pour le premier texte littéraire, la 'Séquence de sainte Eulalie', encore qu'on puisse considérer que la langue de ce texte est plus du picard que du français lui-même.

 

 

C'est en 1539 que l'ordonnance de Villers-Cotterêts impose le français comme langue du droit et de l'administration. On peut définir à peu près cinq états de la langue, qui est bien sûr passée progressivement de l'un à l'autre ; dans les exemples ci-dessous, l'orthographe est celle des éditeurs et non celle des auteurs. Il ne faut pas oublier que jusqu'au XIXe siècle, l'orthographe normée du français, qui s'établit lentement à partir du XVIe siècle, reste très variable. D'autres découpages sont possibles et ne sont, bien sûr, que des moyens de situer un texte par rapport à l'état de la langue.

 

 

La manière de classer les états de la langue qui suit ne s'appuie pas seulement sur sa grammaire mais aussi sur son orthographe : Roman : IXe s., Serments de Strasbourg (843) : Pro deo amur et pro christian poblo et nostro commun salvament, d'ist di in avant, in quant deus savir et podir me dunat, si salvarai eo cist meon fradre Karlo et in aiudha et in cadhuna cosa, si cum om per dreit son fradra salvar dist, in o quid il mi altresi fazet, et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai, qui meon vol cist meon fradre Karle in damno sit. Ancien français (Xe-XIIIe s.) : Xe s., Vie de Saint Léger (vers 980) : Domine Deu devemps lauder / Et a sos sancz honor porter. / In su'amor cantomps dels sanz / Quoe por lui augrent granz aanz. XIIe s., Chanson de Roland (vers 1170) : Seignurs baruns, a Carlemagnes irez ; / Il est al siege a Cordres la citet. / Branches d'olives en voz mains porterez, / Ço senefiet pais e humilitet. XIIe s., Alexandre de Bernay, Roman d'Alexandre (vers 1185) : Li mengiers est tous pres, que li quieu l'ont hasté, /Puis sont li siege fait et li tapit geté. / Li chevalier s'assieent qant il orent lavé / Et on lor a le vin en hanas aporté, XIIe-XIIIe s., Jehan Bodel, Brunain la vache au prestre (fabliau ; entre 1165 et 1210) : Nus hom mouteploier ne puet / Sanz grant eür, c'est or del mains. / Par grant eür ot li vilains / Deus vaches, et li prestres nule. / Tels cuide avancier qui recule. Moyen français (XIVe-XVe/XVIe s.) : XIVe s., les Enseignemenz (livre de recettes, entre 1304 et 1314) : Por blanc mengier – Se vos volez fere blanc mengier, prenez les eles e les piez de gelines e metez cuire en eve, e prenez un poi de ris e le destrempez de cele eve, puis le fetes cuire a petit feu, e puis charpez la char bien menu eschevelee e la metez cuire ovec un poi de chucre. XVe s., François Villon, le Lais ou le Petit Testament (vers 1456) : Le regart de celle m'a prins / Qui m'a esté felonne et dure ; / Sans ce qu'en riens j'aye mesprins, / Veult et ordonne que j'endure / La mort, et que plus je ne dure. Français classique (XVIe-XVIIe/XVIIIe s.) ; XVIe s. Louise Labé, Sonnets (entre 1545 et 1555) : Je vis, je meurs : je me brule et me noye. / J'ay chaut estreme en endurant froidure : / La vie m'est et trop molle et trop dure. / J'ay grans ennuis entremeslez de joye, Note : la langue du XVIe siècle est à une période charnière. La considérer comme du français classique peut sembler contestable. Rappelons qu'un tel découpage est forcément arbitraire. XVIIe s., Charles Perrault, Peau d'Âne (1694) : Il était une fois un Roi, / Le plus grand qui fût sur la Terre, / Aimable en Paix, terrible en Guerre, / Seul enfin comparable à soi : / Ses voisins le craignaient, ses États étaient calmes. Français moderne (à partir du XVIIIe s.).

 

 

842         18 mars Charles le Chauve et Louis le Germanique s'emparent de Coblence, Lothaire doit fuir. Coblence est une ville et un district d'Allemagne, située au nord du Land de la Rhénanie-Palatinat. Le Land de Rhénanie-Palatinat est l'un des 16 États fédérés composant l'Allemagne. Le Land est frontalier avec trois pays : la Belgique (avec la Région wallonne), le Luxembourg et la France.

 

 

842         avril Charles le Chauve et Louis le Germanique s'emparent d'Aix-la-Chapelle.

 

 

842         juin Entrevue de Mâcon fixant le partage du royaume entre les trois frères.

 

 

843         24 juin Les Normands s'emparent de Nantes.

 

 

843        11 août - Traité de Verdun: Par ce traité, le partage de l'empire entre Lothaire, Louis le Germanique et Charles le Chauve est consacré. On s'accorde à y voir la base juridique de l'indépendance du royaume de France. L'attitude résolue de ses frères incita Lothaire à entrer en composition. Entre eux trois intervint le Traité de Verdun par lequel ils se partagèrent l'Empire. Charles le Chauve eut la Gaule comprise entre l'Océan, l'Escaut, la Meuse, la Saône et l'Èbre. Ce vaste territoire, d'un seul tenant, constitua le royaume de France; on peut donc dire que Charles le Chauve a été le premier roi de France.

 

 

Louis le Germanique conserva la Germanie; Lothaire eut l'Italie et les territoires compris entre les deux autres royaumes (ce fut la Lotharingie, d'où est venu le nom de Lorraine) et conserva le titre d'empereur. les frontières tracées selon les lignes linguistiques sont à l'origine de l'Europe politique telle que nous la connaissons aujourd'hui. Le Traité de Verdun, conclu le 11 août 843 consacre la division de l'empire de Charlemagne entre ses trois petits-fils, les trois fils de Louis le Pieux. À la mort de Louis le Pieux, en 840 son fils aîné Lothaire s'arroge sa succession. Pépin Ier d'Aquitaine, fils de Louis le Pieux ne prend pas part à la succession étant mort en 838.

 

 

Ses deux cadets, Charles le Chauve et Louis le Germanique, s'allient et battent leur frère à la bataille de Fontenoy-en-Puisaye en 841. En 842 ils renforcent leur alliance par le Serment de Strasbourg. Lothaire finit par céder suite à l'attaque sanglante d'un guerrier viking nommé Varg Vikernes. En 843, les trois petits-fils de Charlemagne se partagent l'empire qu'il avait fondé par le traité dit de Verdun : * Charles le Chauve reçoit la Francie occidentale (qui deviendra la France). * Lothaire Ier, à qui échoit le titre impérial, reçoit la Francie médiane, du centre de l'Italie à la Frise (qui deviendra la Lotharingie). * Louis le Germanique reçoit la Francie orientale (qui deviendra la Germanie noyau du futur Saint Empire romain germanique).

 

 

 

843      Le territoire belge divisé par le traité de Verdun. Au lendemain du traité, le territoire est partagé entre la Francie et la Lotharingie. C'est ainsi que la Flandre, au nord, revient à Charles le Chauve, tandis que la Wallonie s'intègre aux territoires de Lothaire Ier. Ces derniers seront toutefois attribués au Saint Empire romain germanique quelques années plus tard.

 

 

844        janvier Mort du Pape Grégoire IV, remplacé par Serge II. Serge II, 102ème pape de 844 à 847, né à Rome.

844         Rencontre de Yutz instaurant le "régime de fraternité" entre les trois frères. Yutz est une commune française, située dans le département de la Moselle et la région Lorraine.

845         en Chine - Édit de l'empereur Tang Wou-tsong contre les manichéens, les bouddhistes et les nestoriens. Plus de 4 600 monastères et 40 000 temples et autels sont détruits, plus de 260 000 moines et moniales bouddhistes sont contraints de retourner à la vie séculaire. Arrêt de l'expansion du bouddhisme en Chine. Prééminence du confucianisme et du taoïsme.

845         Les Normands remontent le cours de la Seine sur leurs barques et pillent les environs de Paris. Les Normands (Vikings) avec à leur tête Ragnar, remontent la Seine au mois de mars et après s'être emparés de Rouen, dévastent Saint-Riquier et pillent les abbayes de Saint-Germain-des-Prés et Sainte-Geneviève, puis mettent le siège devant Paris. Après une victoire facile, ils entrent sans difficultés dans la ville (28 mars). Le roi Charles le Chauve leur verse un tribut de 7000 livres d'argent pour acheter leur départ (premier Danegeld).

845         mars Pillage de Paris par les Normands, Charles le Chauve paye une rançon contre leur départ.

845         juin Traité de Saint-Benoît-sur-Loire où Charles le Chauve reconnaît la souveraineté de son neveu Pépin II sur l'Aquitaine en l'échange d'un serment de fidélité. Pépin II d'Aquitaine (823–864), roi d'Aquitaine (839-852), fils de Pépin Ier d'Aquitaine et Rigarde et donc petit-fils de Louis le Pieux.

845         novembre Attaque bretonne contre Charles le Chauve près du Mans. Le roi de Bretagne Nominoë bat le roi de Francie Charles le Chauve à la bataille de Ballon, près de Redon. La Bretagne ne paiera plus tribut ; elle devient indépendante du royaume et le restera pendant plus de six siècles. Pour Charles le Chauve cette défaite marque l'échec de la conquête de la Bretagne. Celle-ci devient indépendante du royaume. Elle le restera pendant près de 7 siècles. Nominoë, comte de Vannes à partir de juillet 819, Nominoë est désigné missus imperatoris de Louis le Pieux et ducatus ipsius gentis des Bretons à partir de 831. À la mort de ce dernier en 840 il soutient dans un premier temps Charles II le Chauve puis revendique son indépendance, que Charles doit reconnaître vers 846 suite à la bataille de Ballon. Il s'empare de Nantes en 850, lance des raids sur le Bessin et l'Anjou. Nominoë meurt invaincu le 7 mars 851 près de Vendôme, ayant pu conquérir le Maine et l'Anjou.

846         août Prise de Saint-Pierre près de Rome par les Arabes. Les pirates sarrasins d'Afrique du nord pillent Rome : soixante dix navires attaquent Ostie et Porto. Les Sarrasins marchent sur Rome en pillant tout sur leur passage. La garnison de Grégoriopolis ne peut les arrêter. Ils profanent l'Église Saint-Pierre. Guy de Spolète finit par les repousser.

847         Charles le Chauve rend l'édit de Marron, près de Maestricht, par lequel les seigneurs sont dispensés de suivre le roi à la guerre à moins que ce ne soit contre l'étranger, et les hommes libres ont la faculté de choisir leur suzerain autre que le roi. Vers cette époque, le roi reconnaît la souveraineté du duc de Bretagne, Nominoë ; il constitue le duché de France, dont le premier titulaire est Robert surnommé le Fort; et le comté de Flandre en faveur de son gendre Baudouin Bras-de-Fer. Baudouin Ier de Flandre dit Bras de Fer, (° Laon ? - † abbaye St-Bertin, 879), fut marquis ou comte en Flandre (Belgique seconde) de 863 à 877. D'après la tradition, Baudouin est le fils du forestier Inghelram, appelé aussi Audacer. Il lui succède comme forestier à sa mort (837), et s'illustre comme redoutable guerrier, ce qui lui vaut son surnom. Robert le Fort, marquis de Neustrie, tué le 15 septembre 866) était un membre de la famille des Robertiens (bisaïeul de Hugues Capet). Il est né aux alentours de 820 et est très probablement fils de Robert III, comte de Wormsgau, et de Waldrade, soeur d'Eudes d'Orléans. Lors des luttes de pouvoir entre les fils de Louis Ier le Pieux, il prit parti pour Charles le Chauve, qui était le gendre d'Eudes d'Orléans, et il dut abandonner ses terres, incorporées dans le royaume de Lothaire Ier, pour se réfugier à l'Ouest, dans sa famille maternelle. En 852, Charles le Chauve le fait abbé laïc de Marmoutier, puis l'année suivante missus dominicus des régions de Tours et d'Angers en 853 et probablement comte de Tours. En 858, Charles le Chauve installe son fils Louis II le bègue à la tête du comté du Mans et Robert, inquiet, se révolte en rejoignant Louis le Germanique. Il ne se soumet qu'en 861, en échange du marquisat de Neustrie. À partir de ce moment il fut de sa responsabilité de lutter contre les Bretons et les Normands et il fut finalement tué en combattant ces derniers à la bataille de Brissarthe en 866. Il est le père de Eudes et Robert Ier de France qui furent tous deux rois de France. Par ce dernier, il est l'arrière-grand-père de Hugues Capet et donc l'ancêtre de toute la lignée capétienne.

847         28 février Rencontre de Charles le Chauve, Lothaire et Louis le Germanique à Meerssen. Meerssen, ville des Pays-Bas située à proximité des frontières allemande et belge et voisine de Maastricht.

848         janvier Prise de Bordeaux par les Normands.

849         Incursions Normandes en Gascogne et en Périgord.

850         Apparition de l'artillerie à contrepoids (trébuchet) en Occident. Le trébuchet fait partie des pièces d'artillerie médiévales dites à contrepoids. Introduit en France au courant du XIIe siècle, son utilisation a perduré jusqu'au XVIe siècle. Le trébuchet fut introduit en France au XIIe siècle. Les croisades furent vraisemblablement le moteur qui poussa à développer ce type d'armes de siège. Le trébuchet est une variante du mangonneau en ce sens que son contrepoids, appelé aussi huche, est articulé. Ceci lui confère de nombreux avantages, notamment en ce qui concerne l'équilibrage de l'arme. Le trébuchet nécessite également moins de personnes pour reprendre sa position initiale. L'âge d'or du trébuchet se situe aux XIIIe siècle. Il fut notamment utilisé pendant la croisade des Albigeois, comme l'attestent les fouilles faites à Carcassonne et au château de Montségur par exemple. Il fut appelé le "loup de guerre" sous le règne du roi d'Angleterre Édouard Ier (Édouard l'Ancien) qui en utilisa de nombreux exemplaires pour conquérir le Pays de Galles puis l'Écosse. Édouard l'Ancien (871? - 17 juillet, 924) est un des rois d'Angleterre (899 - 924). Fils d'Alfred le Grand, il devient roi du Wessex à de la mort de son père en 899.

850         Incursions arabes jusqu'à Arles.

850         Les Bretons s'emparent de Nantes. Nominoë, duc de Bretagne, après son ralliement à Charles le Chauve, affirme son indépendance et s'empare de Nantes.

850         à 1519 - L'empire Aztèque. Les Aztèques étaient, à l'époque de l'arrivée des espagnols, les habitants de la région centrale du Mexique, autour de la capitale actuelle, Mexico. Les civilisations précolombiennes se sont développées de façon autonome et certaines au Moyen Âge. Les Olmèques s'étendent sur le Haut Plateau, sur la côte Pacifique. Ils disparaissent vers -300. L'empire Aztèque (850 à 1521) organise l'état, l'empereur Motecuzoma Ier et son frère Tlacaelel inventent une religion nouvelle, synthèse de la tradition tribale nordique et des cultures autochtones précédentes. L'état Inca naît dans les Andes. A partir de l'intronisation de Pachacuti (1440), le triomphe inca est fulgurant. Il impose le quecha comme langue commune à tout l'empire s'étendant sur 900 000 km² et 4 000 km de côtes.

850         Samarra, la plus grande mosquée d'Iraq. Samarra, ville d'Iraq au nord de Bagdad fondée en 836, fut capitale abasside au IX° siècle. Grande mosquée de Samarra fondée par Al-Mutawakkil en 850. C'est une variante de la mosquée de Damas avec des nefs perpendiculaires au mur de la Qibla. L'édifice et ses dépendances sont entourés d'une ziyada (enceinte). La date d'apparition des minarets est inconnue mais celui de la grande mosquée de Samarra appelé Malwiya, de forme hélicoïdale, est l'une des plus anciennes.

852         Les Vikings, avec à leur tête Sydroc, détruisent l'abbaye de Saint-Wandrille de Fontenelle le 9 janvier et pour la première fois hivernent en Basse-Seine jusqu'au 5 juin. Ils s'installent également à l'embouchure de la Charente et dévastent le bas Poitou. Les Normands d'Asgeirr quittent le bassin parisien pour opérer à Bordeaux. Une autre flotte normande, dirigée par Godfredr Haraldson remonte la Seine (8 octobre). Elle est rejointe par les 250 navires de Sydroc, qui vient de remporter d'importants succès sur la côte frisonne. Les Scandinaves sont retranchés dans une petite île de la Seine, Oscellus (sans doute Jeufosse, près des Andelys). Lothaire Ier et Charles le Chauve unissent leurs forces, en vain. Charles le Chauve doit payer de nouveau un tribut (danegeld) pour obtenir le départ des Vikings. Sydroc ne quitte les rives de la Seine que pour mieux piller ailleurs.

853         Repli des Normands.

853         novembre Nouvelle rencontre en Charles le Chauve, Lothaire et Louis le Germanique à Valenciennes.

853         Les Normands s'emparent de Nantes et de Tours.

854         Louis le Germanique décline l'invitation de ses frères pour une rencontre à Liège.

854         mars Louis III de Germanie, fils de Louis le Germanique prend la tête de la révolte en Aquitaine. Louis III de Germanie, dit Louis le Jeune (835-† 882), roi de Germanie (876-882), fils de Louis dit le Germanique et Emma de Bavière.

854         Louis le Germanique rappelle son fils, rétablissant la paix entre les trois frères.

855         29 septembre Mort de Lothaire. Lothaire meurt à Prüm. Charles le Chauve va se consacrer à la guerre contre son frère Louis le Germanique pour s'emparer des restes de son royaume. Son royaume est partagé entre ses trois fils Louis II, Lothaire II, et Charles de Provence. Louis II dit le Jeune (825-† 875), fils de Lothaire Ier et Ermengarde, empereur d'Occident (855-875), roi de Provence (863-875). Lothaire II, roi de Lotharingie, est né vers 825. Il est le deuxième fils de Lothaire Ier et d'Ermengarde d'Alsace. Son royaume est constitué par le tiers du royaume de Lothaire Ier situé au nord de la Bourgogne. C'est ce royaume qui prend le nom de Lotharingie, puis de Lorraine. Charles de Provence (845–864), fils de Lothaire Ier et Ermengarde, Roi de Provence (855-863).

855         Nouvelle victoire pour le fondateur de la dynastie Croate. Trpimir repousse une attaque Bulgare et parvient à maintenir les frontières de son Duché. Ayant lutté avec succès au cours de différentes guerres, Trpimir est le premier dirigeant à prendre le titre de "Prince des Croates" même s'il reconnaît l'autorité du roi d'Italie. Il est le fondateur de la dynastie croate.

855         Début du pontificat supposé de la Papesse Jeanne sous le nom de Benoît III ou d'Anastase III (fin en 857). Benoît III, fut le 104e pape de 855 à 858. Il fut élu malgré l'opposition des empereurs Lothaire II de Lotharingie et Louis II le Jeune, et eut à repousser les agressions de l'antipape Anastase. Il établit en Angleterre le denier de Saint Pierre. C'est entre son règne et celui de son précédeceseur, qu'on place l'histoire fabuleuse de la papesse Jeanne. D'après d'autres sources, il serait la papesse Jeanne. Anastase III dit Anastase le Bibliothécaire, né vers 815 et mort en 880, antipape en 855 contre Benoît III. Il fut nommé par le successeur de Benoît III, Saint Nicolas Ier, à la Chancellerie pontificale dont il devint un des plus brillants rédacteurs. Selon certains, il est possible qu'il soit la papesse Jeanne. Papesse Jeanne, la légende de la papesse Jeanne conte l'histoire d'une femme qui aurait usurpé la papauté catholique en cachant sa véritable identité sexuelle. Le pontificat de la papesse est généralement placé entre 855 et 857, c'est-à-dire entre celui de Léon IV et Benoît III, au moment de l'usurpation d'Anastase le Bibliothécaire.

856         18 avril Les Normands s'emparent d'Orléans.

856         juillet Les grands du royaume se soulèvent contre Charles le Chauve et propose le trône à Louis le Germanique qui refuse.

856         Début des raids danois et norvégiens (appelés Normands) à partir des côtes et cours d'eau.

857         1er Mars Rencontre entre Lothaire II et Charles le Chauve à Saint-Quentin.

857         juillet Rencontre entre Louis le Germanique et Louis II à Trente.

857         Soulèvement de l'Aquitaine sous l'impulsion de Pépin II, roi d'Aquitaine.

857         Les Normands s'emparent de Poitiers.

858         Fondation d'un monastère de moniales (moines féminines) par Girart de Roussillon à Vézelay. Vézelay est une commune française, située dans le département de l'Yonne et la région Bourgogne.

858         Intervention de Charles le Chauve contre les Normands.

858         Entrée de Louis le Germanique sur les terres de Charles le Chauve, les grands du royaume lui jurent fidélité.

859         janvier Charles le Chauve repousse Louis le Germanique.

860         juillet échec de l'entrevue d'Andernach entre Charles le Chauve et Louis le Germanique.

860         10 novembre Les armées de Charles le Chauve et Louis le Germanique se font face à Brienne.

860         13 novembre Charles le Chauve doit battre en retraite, trahi par les siens.

860         Lothaire II apporte son soutien à Louis le Germanique.

860         Nicolas Ier est élu pape. Saint Nicolas Ier, dit le Grand, né à Rome vers l'an 800, 105ème pape de 858 à 867. Sous son pontificat, il secoua la tutelle impériale et permit aux Bulgares l'accès à l'Église romaine.

860         Alphabet cyrillique. L'alphabet cyrillique est un alphabet bicaméral de trente-deux lettres (dans sa version moderne russe), créé au IXe siècle par des disciples du frère Cyrille (peut être Climent Ochrydsky), à partir du grec dans sa graphie onciale ; il est notable que la valeur phonétique des lettres empruntées corresponde à celle qu'elles avaient dans le grec de l'époque. Cyrille et Méthode, deux frères originaires de Salonique, ont entrepris l'évangélisation des peuples slaves dans la langue slave à la demande du prince Rastislav de Grande Moravie, qui voulait diminuer l'influence des ecclésiastiques bavarois en Grande Moravie. Cyrille invente l'alphabet slave glagolitique en 862, ce qui leur permet de traduire la Bible en slave et de poursuivre l'évangélisation la Grande Moravie en 863. Ils établissent la liturgie qui permet la fondation de l'Église bulgare en 865. Cyrille et Méthode, Cyrille ou Constantin le Philosophe, (827-828 à Thessalonique - 14 février 869 à Rome) et Méthode, évêque de Sirmium (Thessalonique 815-820 - 6 avril 885 dans une ville inconnue en Grande Moravie), les Apôtres des Slaves. L'Église catholique fête les deux saints le 14 février. L'Église orthodoxe fête la natalice de Cyrille le 14 février, celle de Méthode le 6 avril et la synaxe des deux saints Égaux aux apôtres le 11 mai.

861         Rencontre de Coblence entre Charles le Chauve et Louis le Germanique scellant la paix. Charles le Chauve échoue dans sa tentative de s'emparer de la Provence, royaume de Charles le Jeune son neveu.

861         Nouvelles attaques normandes contre Paris.

863         24 janvier Mort de Charles de Provence, ses frères (Louis II et Lothaire II) se partagent son royaume.

866         Par faiblesse ou incapacité, Charles le Chauve n'avait organisé aucune défense générale contre les Normands qui devenaient de jour en jour plus audacieux et pénétraient en France par tous les fleuves; il avait pensé suffisant de laisser à chaque seigneur riverain la défense de son territoire. Les pirates s'étaient établis en France en plusieurs endroits, notamment dans l'île d'Oyssel, près de Rouen et dans l'îlee de Noirmoutier d'où ils partaient pour infester les contrées d'alentour et où ils remisaient leur butin. Un de leurs chefs, Hastings, qui avait été serf aux environs de Troyes, était particulièrement redoutable. Robert le Fort, comte d'Anjou et de Blois, marquis de Neustrie, considéré comme l'ancêtre des capétiens, réunit les forces de quelques autres seigneurs pour marcher contre lui; une bataille se livra près de Brissarthe dans l'Anjou, où Hastings fut battu, mais Robert le Fort y perdit la vie. Robert le Fort, (né entre 815 et 820, semble-t-il en Neustrie - tué le 15 septembre 866 à la bataille de Brissarthe, Maine-et-Loire) était un membre important de l'aristocratie franque, issu de la famille des Robertiens, ancêtre de la dynastie capétienne, et marquis de Neustrie à partir de 862.

866         15 septembre Mort de Robert le Fort à Brassarthe contre les Normands.

867         Mort du pape Nicolas Ier, Adrien II lui succède. Adrien II, né à Rome en 792, 106ème pape de 867 à 872.

869         8 août Mort de Lothaire II.

869         6 octobre Mort de la Reine Ermentrude à l'abbaye de Hasnon.

870         8 août Rencontre de Meersen entre Charles le Chauve et Louis le Germanique qui se partagent le royaume de Lothaire II (entre la mer du Nord et la Bourgongne). Le traité de Meerssen (actuellement aux Pays-Bas) fut conclu en 870 entre Charles le Chauve et Louis le Germanique et consacrait le partage de la Lotharingie, le royaume de leur neveu Lothaire II. Le Traité de Verdun, en 843 avait décidé du partage de l'Empire Carolingien entre les trois fils de Louis le Pieux. L'aîné, Lothaire Ier avait reçu la Francie médiane qui fut à son tour divisé à sa mort en 855 entre ses trois fils Louis II, Lothaire II et Charles. Charles mourut en 863, sa part revint à son frère Louis II. Lothaire II mourut à son tour en 869. Son frère Louis II aurait dû hériter de son royaume, mais il était occupé à combattre les musulmans dans le Bénévent (il prit Bari en 871) et ne put recueillir son héritage. Ses deux oncles en profitèrent donc pour s'approprier la Lotharingie et signèrent un traité à Meerssen pour ce faire. Malgré ses protestations et le soutien du pape Adrien II, Louis II ne réussit pas par la suite à obtenir la Lotharingie. Il mourut en 875. En 880, par le traité de Ribemont, les petit-fils de Charles le Chauve cédèrent leur part de la Lotharingie à Louis le Jeune, fils de Louis le Germanique, qui recueillit ainsi toute la Lotharingie.

871         Début du règne d'Alfred le Grand, roi d'Angleterre (fin en 878). Alfred (849? – 26 octobre, 899) est roi d'Angleterre de 871 à 899, sans jamais en contrôler l'ensemble du territoire. Quatrième fils du roi Ethelwulf de Wessex (ou Aethelwulf) et très probablement de la première femme de ce dernier, Osburga, il succède à son frère Ethelred de Wessex en tant que roi du Wessex et de Mercie en 871. Alfred est célèbre pour avoir organisé la défense du royaume contre les Danois (les Vikings), et obtenu en conséquence l'épithète le Grand : il est le seul monarque anglais à être connu comme tel.

871         Al-Kindi développe la philosophie arabe en partant des modèles grecs. Al-kindi, est considéré comme le premier philosophe arabe. Il fut un penseur doué d'une connaissance véritablement encyclopédique qui bénéficia du mécénat de trois califats abbassides. Al-Kindi est un savant complet, dans des domaines très variés : philosophie, mathématiques, médecine, musique, physique, astronomie. Il écrit 241 ouvrages. Al-Kindi adopte la philosophie aristotélicienne, tout en la parant de platonisme. Il s'emploiera à contrecarrer l'aversion de ses correligionnaires envers la réception ou l'assimilation des méthodes et des concepts étrangers. Il sera en quelque sorte le symbole de cette tentative pour amoindrir le choc entre deux cultures totalement différentes, grecque et musulmane. La foi d'Al-Kindi demeurera intacte toute sa vie, aussi sa philosophie reste dans les limites de la religion musulmane. Dans son ouvrage 'Philosophie première', il définit la métaphysique comme "la connaissance de la Réalité Première, Cause de toute réalité". La connaissance de la métaphysique est la connaissance des causes des choses, la connaissance physique étant simplement la connaissance des choses ; ce qui est de l'aristotélisme pur et simple. La philosophie première était, dans le Bas Moyen Âge (XIIe siècle et XIIIe siècles), la métaphysique générale. Aujourd'hui, la philosophie première s'apparente à l'ontologie. Cette philosophie a participé au développement des Histoire des sciences en occident (Europe occidentale actuelle). La philosophie première se fondait sur la philosophie d'Aristote, qui fut étudiée au XIIe siècle à la suite des contacts avec la civilisation arabo-musulmane. Les traités d'Aristote furent traduits de l'arabe en latin, puis directement du grec ancien en latin, à Tolède et dans plusieurs villes d'Italie. La philosophie première a été développée et structurée par l'école scolastique, par les grands philosophes médiévaux, notamment par Thomas d'Aquin, à partir des principaux éléments de la philosophie d'Aristote, en cohérence avec les autres philosophes.

873         Mort du pape Adrien II, Jean VIII est élu pour lui succéder. Jean VIII, né à Rome vers 820, pape de 872 à 882. Il est archidiacre de Rome avant d'être élu pape le 14 décembre 872. Son élection fait l'objet d'une vive opposition de la part de Formose, futur pape. Bien qu'assez âgé au moment de sa montée sur le trône de Pierre, il est un pape énergique, à l'image de Nicolas Ier.

875         12 août Mort de Louis II à Brescia.

875         1er septembre Charles le Chauve pénètre dans le royaume de Louis II.

875         29 septembre Charles le Chauve remporte la victoire face à Carloman de Bavière et Charles le Gros, fils de Louis le Germanique. Carloman de Bavière (830 - 882) fut roi de Bavière de 876 à 882. Il est le fils de Louis le Germanique et Emma. Charles III dit le Gros (Neidingen, 839 - Reichenau, 13 janvier 888) fut empereur d'Occident de 881 à 887 et roi de France de 884 à 887. Il est le fils de Louis II le Germanique et Emma.

875         17 décembre Charles le Chauve arrive à Rome.

875         25 décembre Couronnement de Charles le Chauve par le pape Jean VIII. Soixante-quinze ans après son grand-père Charlemagne, Charles le Chauve est couronné à Rome empereur des Romains par le pape Jean VIII.

876         28 août Mort de Louis le Germanique, son royaume est partagé entre ses trois fils (Carloman de Bavière, Charles le Gros et Louis le jeune).

876         8 octobre Louis le Jeune repousse Charles le Chauve près de Coblence.

877         Boson, beau-frère de Charles le Chauve, fonda à son profit le royaume d'Arles (dit aussi de Provence, ou de Bourgogne cisjurane). Boson V de Provence (avant 855 - 887) fut un grand seigneur féodal ; il épousa en 876 Ermengarde, fille unique de l'empereur Louis II le Jeune. Boson, beau-frère de Charles le Chauve, se fit élire roi de Provence et de Bourgogne, devenant par la même le premier roi non carolingien des États francs.

877         Mort de Lothaire, empereur d'Italie.

877         16 juin. En cette année fut dressé, par Charles le Chauve, le capitulaire de Quierzy qui assurait aux seigneurs l'hérédité des fiefs, charges et dignités qu'ils n'avaient possédés jusqu'alors qu'à titre temporaire. Le capitulaire dit de Quierzy fut promulgué le 16 juin 877 à Quierzy-sur-Oise. Appelé au secours par le pape Jean VIII, menacé par les musulmans, Charles le Chauve entreprend une expédition en Italie. Préalablement il réunit une assemblée à Quierzy pour régler la bonne marche de son empire. Dans cette même assemblée, il promulgue des articles qui n'avaient qu'une portée ponctuelle - l'expédition en Italie et ses conséquences directes - mais qui sont considérés comme les articles fondateurs de la féodalité par l'hérédité des honneurs. Il s'agit des articles qui règlent la question des honneurs laïcs et ecclésiastiques qui viendraient à vaquer pendant cette période. Assemblée de Quierzy-sur-Oise. Avant son départ pour l'Italie, le roi franc Charles le Chauve émet à Quierzy un capitulaire consignant les mesures à prendre durant son absence. Il apparaît ainsi pour la première fois dans un texte officiel le concept d'hérédité des charges et des bénéfices : si un comte vient à mourir lors de la campagne du roi, ses biens doivent être gérés par un tiers jusqu'à la majorité de son fils.

877         juin Régence de Louis le Bègue pendant que Charles le Chauve porte assistance au pape contre les Arabes. Louis II dit le Bègue (846-† 879), roi de France (877-879), fils de Charles II dit le Chauve et Ermentrude d'Orléans. Il fut d'abord couronné roi d'Aquitaine en 867 puis roi de France en 877 mais en cédant la Provence à Boson de Provence.

877          septembre Révolte en France entraînant le retour prématuré de Charles le Chauve.

877         6 octobre Charles le Chauve passe promptement les Alpes dans le but de s'emparer du trône devenu vacant et réussit en effet à se faire couronner empereur à Rome; mais en s'en retournant, il meurt, au pied du mont Colis. Accouru au secours du pape attaqué par les Sarrasins, Charles meurt de dysenterie sur la route du retour à Avrieux, près de Modane. Il est inhumé à Saint-Denis. Louis le Bègue lui succède.

877         LOUIS II le Bègue (877-879)

877         Louis II le Bègue. Fils ainé de Charles le Chauve, il succède à son père en 877 mais a du mal à s'imposer aux Grands du royaume en raison de sa constitution fragile et de son bégaiement. Il ne pourra se faire reconnaître roi qu'en multipliant les concessions. Il meurt en 879 au moment où il allait partir en campagne contre Bernard de Gothie (Septimanie) qui, avec les comtes de Poitiers et du Mans avaient refusé de le reconnaître.

877         à 879 - Règne de Louis II le Bègue, fils de Charles le Chauve (né en 846), qui ne se distingua que par la facilité avec laquelle il se laissa arracher de nouveaux fiefs par les seigneurs de son entourage. Cependant Bernard, duc de Septimanie, région côtière sud-occidentale de la France, s'étant révolté contre son autorité, il allait se mettre en route pour le châtier, lorsqu'il mourut.

877         Promulgation rendant les charges publiques héréditaires.

878         7 septembre Nouveau sacre de Louis II le Bègue lors du concile de Troyes par le pape Jean VIII. Concile de Troyes. En 878, le pape Jean VIII tient un concile à Troyes au cours duquel il couronne le roi Louis le Bègue.

878         1er novembre traité de Fouron entre Louis II le Bègue et Louis le Jeune confirmant les frontières existantes.

879         Louis II le Bègue malade, confie le gouvernement à son fils Louis III.

879         10 avril Mort de Louis II le Bègue. Alors qu'il s'apprêtait à attaquer Bernard de Gothie de Septimanie, il meurt brusquement à Compiègne où il est inhumé. Avec lui, toute autorité va disparaître. Le royaume est partagé entre ses deux fils Carloman et Louis.

879         LOUIS III et CARLOMAN (879-882)

879         Louis III. A la mort de son père Louis II en 879 il a 16 ans et son frère Carloman n'en a que 12. Ils partagent le royaume en 2, Louis III obtient la Francie et la Neustrie. Ils doivent reconnaître la possession de toute la Lotharingie (traité de Ribemont en 880) à Louis le Jeune fils de Louis le Germanique qui avait vaincu Charles le Chauve en 876 alors qu'il voulait s'emparer d'une partie du royaume de Louis le Germanique à la mort de celui-ci. Confirmant la dislocation de l'empire franc, Boson beau frère de Charles le Chauve se fait proclamer roi de Bourgogne-Provence à Mantailles. Louis III, son frère Carloman et Charles le Gros s'unissent et assiègent Boson dans Vienne qui résiste pendant deux ans. Au moment ou Vienne capitule les deux frères doivent abandonner pour faire face à l'envahisseur Normand. Louis III remporte une victoire sur les pirates normands à Saucour en Vimeu en 881. Alors que la Francie occidentale pense avoir trouvé un roi courageux et capable, celui-ci meurt en 882 sans descendant laissant son frère Carloman seul roi.

879         Carloman. A la mort de son père Louis II en 879 il a 12 ans et son frère Louis III, 16. Ils partagent le royaume en 2, Carloman obtient la L'Aquitaine et la Bourgogne. Ils doivent reconnaître la possession de toute la Lotharingie (traité de Ribemont en 880) à Louis le Jeune fils de Louis le germanique qui avait vaincu Charles le Chauve en 876 alors qu'il voulait s'emparer d'une partie du royaume de Louis le germanique à la mort de celui-ci. Confirmant la dislocation de l'empire franc, Boson beau frère de Charles le Chauve se fait proclamer roi de Bourgogne - Provence à Mantailles. Carloman, son frère Louis III et Charles le Gros s'unissent et assiègent Boson dans Vienne qui résiste pendant deux ans. Au moment ou Vienne capitule les deux frères doivent abandonner pour faire face à l'envahisseur Normand. Il doit lutter contre les Normands. Il meurt en 884 dans un accident de chasse. Louis II n'a plus d'héritier, Charles, futur Charles le Simple naitra la même année.

879         Louis III et Carloman, fils de Louis le Bègue recueillirent sa succession et régnèrent de concert, bien qu'ils se fussent partagé le royaume de telle sorte que Carloman avait l'Aquitaine et la Bourgogne. Louis III avait dû abandonner une partie de la Lorraine à Louis le jeune dit Louis III de Germanie. Les deux frères dirigèrent une expédition contre leur oncle Boson, roi de Bourgogne et de Provence, se trouvant frustrés des territoires que celui-ci s'était adjugés pour les ériger en royaume; ils s'emparèrent, après un siège de deux ans, de sa ville de Vienne, mais ils durent abandonner cette guerre pour se retourner contre les Normands au nord-ouest de leur royaume. Grâce à cette circonstance, Boson conserva son trône si récemment édifié. - Ils remportèrent quelques succès dans la lutte qu'ils entreprirent contre les pirates, notamment à Saucourten-Nimeu, dans la Somme actuelle; mais Louis III mourut d'un accident en 882.

879         avril Couronnement de Louis III et Carloman au monastère de Ferrières-en-Gâtinais.

879         15 octobre Boson est couronné roi de Provence.

879         Création des duchés de Croatie et de Slavonie. Après une nouvelle offensive de Byzance, le duc de Croatie Branimir (879-892) restaure l'Église soumise à l'autorité de Rome. Branimir est reconnu Prince de Croatie par Jean VIII. Installé sur les rives de l'Adriatique depuis le VIIe siècle, le peuple croate s'est organisé politiquement au cours du IXe siècle. Converti au christianisme, il a formé trois duchés distincts : la Croatie blanche, la Croatie rouge et la Croatie pannonienne. La reconnaissance de Branimir comme le Prince de Croatie est une première étape vers l'indépendance du pays et la fondation du royaume.

880         Nouvelles incursions normandes.

880         février Victoire de Louis III le Jeune contre les Normands près de Charleroi. Charleroi est une ville de Belgique, située dans la province du Hainaut.

880         juin Rencontre de Gondreville entre Charles le Gros, roi de Germanie deviendra roi de France et empereur, Louis III, Carloman et un représentant de Louis-le-Jeune.

880         Traité de Ribemont : L'Escaut devient la frontière entre les royaumes de France et de Germanie. La Lotharingie occidentale est cédée au roi de Germanie Louis III le Jeune. Traité de Ribemont, il fut signé en 880 entre le roi germanique Louis III le Jeune et les rois de France Louis III et Carloman II. En 879, Louis le Jeune, roi germanique en Saxe et en Franconie s'apprétait à faire la guerre à ses cousins les rois de France Louis III et Carloman II. Mais, Boson, un noble qui n'était pas issu de la famille carolingienne, se proclama roi en Bourgogne. De plus, les vikings reprirent leurs offensives. Afin de contrer ces différences menaces, les rois carolingiens décidèrent de mettre de côté leurs différents et de faire front commun. Il se rencontrèrent à Ribemont, actuellement dans l'Aisne.

880         En échange de la neutralité de Louis le Jeune, les rois de France lui donnèrent la partie de la Lotharingie qu'il possédaient depuis le traité de Mersen et purent mener la lutte contre Boson. Les nouvelles limites entre le royaume germanique et le royaume de France perdureront pendant tout le Moyen Âge.

880         vers - 'Séquence de Sainte-Eulalie' : composée à l'abbaye de Saint-Amand (Nord), sa passion fait l'objet de la Cantilène, le plus ancien poème (liturgique) en langue d'oïl conservé. 'Séquence de sainte Eulalie', le premier texte littéraire écrit en français, alors nommé roman (ancêtre de l'ancien français et du français), est vraisemblablement la Séquence (ou Cantilène) de sainte Eulalie. On le date de 880 ou 881 et il est inclus dans une compilation de discours en latin de saint Grégoire, en plus de quatre autres poèmes, trois en latin et un en langue tudesque (langue germanique). Une telle séquence, ou poésie rythmique, était chantée lors de la liturgie grégorienne ; celle-ci l'a vraisemblablement été à l'abbaye de Saint-Amand (près de Valenciennes). La région Nord / Pas de Calais détient un particularisme linguistique. En effet, deux idiomes prédominent : le flamand et le dialecte picard. Ce dialecte dérive de la langue romane. Il s'est formé avant le IXe siècle et nous en conservons une trace ancienne grâce au manuscrit, la cantilène de sainte Eulalie (Xe siècle), conservé à Valenciennes. Il est parlé dans la partie méridionale de la Gaule Belgique, de la Bresle jusqu'au Tournaisis et de Mons à Senlis jusqu'à Gravelines, avec quelques différences. L'autre dialecte, le flamand, dérive de la langue germanique et de la pénétration des Barbares. Il est utilisé dans notre région entre la frontière belge et la mer et entre l'Aa et la Lys. Jadis, cette langue avait une influence géographique un peu plus vaste, mais n'étant plus la seule langue employée après la conquête française, l'idiome a perdu de son rayonnement. Au XIXe siècle, la législation a rendu obligatoire l'utilisation du français dans l'administration, dans les écoles et dans les prêches. Une résistance populaire et intellectuelle a permis la pérennisation du flamand, qui aujourd'hui est de nouveau enseigné. Le flamand désigne un groupe de dialectes du néerlandais. Le flamand est, au sens strict et dans le domaine linguistique, un dénominateur de tout dialecte parlé quelque part en Flandre. Cela s'étend du sud des Pays-Bas (Zélande) au nord de la France. D'ouest en est, il en existe beaucoup de variétés locales dont la plus répandue est sans doute le flamand occidental, qui serait parlé par plus d'un million de personnes dans l'extrême ouest de la Belgique. Le picard est une langue dont les origines sont communes avec celles du français ; c'est donc une langue romane. Il est parlé en France dans le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie, et en Belgique dans l'ouest de la province de Hainaut (plus précisément, à l'ouest d'une ligne Rebecq-Beaumont-Chimay). Dans la région Picardie, on parle de picard, alors qu'on emploie plutôt les sobriquets ch'ti, ch'timi dans le Nord-Pas-de-Calais (et Rouchi dans la région de Valenciennes) même si les Nordistes parlent entre eux simplement de patois. Mais cette dénomination peut avoir quelque chose de dévalorisant. Les linguistes emploient uniquement la désignation de picard. En effet, qu'on l'appelle patois, picard ou "ch'ti", il s'agit de la même langue, et les variétés qui sont parlées en Picardie et dans le Nord-Pas-de-Calais sont assez largement intercompréhensibles.

881         12 février Couronnement de Charles le Gros à Saint-Pierre par le pape Jean VIII.

881         3 août Victoire de Louis III contre les Normands à Saucour-en-Vimeu. La bataille de Saucour-en-Vimeu est une victoire remportée le 3 août 881 par les troupes carolingiennes de Louis III et de Carloman II sur les Vikings. À la suite de la bataille de Thimion la Grande Armée des Vikings recommence ses raids. En novembre 880 elle se trouvait à Courtrai, en décembre, Cambrai et Arras flambèrent. En 881 ce fut au tour d'Amiens et de Corbie d'être saccagées. Mais en août 881 Louis III remporte sur elle une grande première victoire à Saucourt-en-Vimeu.

882         5 août Mort de Louis III le Bègue, Carloman règne désormais seul. Ce dernier ne régna seul que deux ans. Il mourut en 884, victime comme son frère, d'un accident, sans que rien de particulier ait marqué la fin de son règne.

882         CARLOMAN (882-884)

883         Les Normands s'emparent d'Amiens.

884         janvier Carloman verse un tribu aux Normands installés à Amiens.

884         6 décembre Mort de Carloman, Charles le Gros, récupère le royaume.

884         CHARLES II le Gros (884-888)

884         Charles le Gros, arrière petit fils de Charlemagne, roi Alemanie et d'Italie est couronné Empereur d'occident en 881 par le Pape Jean VIII en 885, il reconstitue l'unité de l'Empire carolingien mais pour peu de temps. A la mort de Carloman en 884, le troisième fils de Louis II le Bègue n'a que 5 ans. Les grands du royaume de France font appel à Charles III dit Charles le Gros qui est alors empereur d'occident pour assurer la régence. Les Normands assiègent Paris mais sa faiblesse (il fuit devant les Normands) et son incompétence tant en France qu'en Germanie entraîne sa déposition par la diète de Tibur en 887.

884         Avènement de Charles le Gros, fils de Louis le Germanique et d'Emma de Bavière, né en 839. Le trône laissé par Carloman revenait à son deuxième frère Charles, fils posthume de Louis le Bègue, mais celui-ci n'était encore qu'un enfant de cinq ans. Pour cette raison, les seigneurs élurent Charles, qui se trouva à la tête d'un empire aussi vaste que celui de Charlemagne. Le nouveau roi était paresseux, incapable et lâche. Il laissa les Normands poursuivre leurs ravages et s'enhardir jusqu'à venir mettre le siège devant Paris. La future capitale de la France souffrit cruellement au cours de ce siège, mais fut héroïquement défendue par ses habitants commandés par Eudes, comte de Paris et fils de Robert le Fort et par l'évêque Cozlin. Charles le Gros n'arriva, avec 40 000 hommes d'armes, au secours des Parisiens assiégés depuis onze mois, que pour acheter la retraite des Normands, ce qui permit aux pirates d'aller piller d'autres provinces.

885         juin Serment de fidélité des vassaux de Carloman à Charles II le Gros à Ponthieu.

885         juillet Les Normands s'emparent de Rouen.

885         Grâce à un stratagème, le comte Henri tue Godfried, chef Normand. Assassinat du Normand Godfried, duc de Frise Occidentale, sur ordre de Charles le Gros pour trahison à la parole donnée.

885         24 novembre Début du siège de Paris par les Normands.

885         Siège normand de Paris défendu par le comte Eudes. Depuis la moitié du IXème siècle, les Parisiens doivent faire face aux attaques des Vikings qui n'hésitent pas à brûler la ville, comme ce fut le cas en 856. Cette fois-ci, la stratégie des Normands est différente : il décident de faire le siège de la ville. Paris résistera ainsi pendant près de deux ans notamment grâce à Eudes. Finalement c'est le versement d'une forte rançon par Charles le Gros qui permet aux hostilités de cesser. Eudes Ier de France (v. 860 - 20 juin 898 à La Fère), comte de Paris puis roi des Francs (888-898) Fils de Robert le Fort, il est de la branche des Robertiens. Il est devenu roi des Francs, suite à sa conduite héroïque lors du siège de Paris, en 886, contre les Normands. Charles III le Gros, roi des Francs à l'époque, mais surtout empereur d'Occident, ne se presse pas pour envoyer des troupes. Charles finira par être déchu en 887. Le 29 février 888, Eudes est élu roi des Francs. Charles le Simple, roi légitime luttera pendant tout le règne d'Eudes pour récupérer son trône.

886         28 août Mort du comte Henri près de Paris, face aux Normands.

886         octobre Arrivée de l'armée de Charles II le Gros à Montmartre.

886         octobre Les Normands lèvent le siège en contrepartie d'un tribut de 700 livres, et un droit de passage vers la Bourgogne.

886         octobre Les parisiens refusant le passage des navires, les Normands doivent contourner Paris par terre.

887         Indignés de la lâcheté de Charles le Gros et de son incapacité, les seigneurs, réunis en la diète de Tribur, le déposèrent, et partagèrent son empire en sept royaumes indépendants: 1. France; 2. Provence (Bourgogne cisjurane); 3. Bourgogne transjurane; 4. Italie; 5. Lorraine; 6. Allemagne (Germanie); 7. Navarre. - Eudes fut, à Compiègne, proclamé roi de France par les seigneurs.

887         Soulèvement en Franconie, en Thuringe, en Bavière et en Saxe. Arnulf bâtard de Carloman prend la tête de la révolte. Arnulf de Carinthie (? - 899) est empereur d'Occident de 896 à 899. Descendant de Charlemagne, il est fils naturel de Carloman, roi de Bavière, et petit-fils de Louis le Germanique, et il est d'abord duc de Carinthie. Après la déposition de Charles le Gros, il est élu roi de Germanie à la diète de Tribur en 888. Il se fait ensuite reconnaître à Pavie comme roi d'Italie, puis se rend à Rome, où le pape Formose le couronne empereur en 896. Il combat les Normands et les Moraves, et bat les Scandinaves dans la région de Louvain en 891. Il meurt sans doute empoisonné. Son successeur est son fils Louis IV, dit l'Enfant, le dernier des Carolingiens en Germanie.

887         novembre Charles II est déposé et enfermé dans une abbaye.

888         13 janvier Mort de Charles II le Gros, Eudes, comte de Paris est désigné roi de France par les Grands du Royaume au détriment de Charles le Simple, héritier légitime. Charles III, dit le Simple Roi de France de 893 à 929. Il est le fils de Louis II dit le Bègue et Adélaïde de Frioul.

888         EUDES (888-898) ancêtre des Capétiens, proclamé roi de France contre le candidat carolingien (888-898)

888         Eudes, comte de Paris, fils de Robert le Fort qui avait été chargé par Charles le Chauve de défendre la Neustrie contre les Vikings (mort en 866 au combat contre les Normands) ne fait pas partie de la famille carolingienne, il appartient aux Robertiens, famille d'origine des Capétiens. Eudes s'illustre dans la défense de Paris assiégé par les Normand en 885/886 sans toutefois réussir à faire lever le siège, Charles le Gros qui a fui devant les Normands doit finalement acheter leur départ. Devant la faiblesse de Charles le Gros tant en France qu'en Germanie celui-ci est déposé par la diète de Tribur en 887. Eudes est alors élu par les nobles, Roi de france et couronné à Compiègne en 888 au détriment de Charles le Simple dernier héritier de Louis II le Bègue qui n'a que 9 ans. Son règne marque le début d'une longue guerre entre Robertiens et Carolingiens qui durera un siècle. Eudes doit continuer la lutte contre les Normands qu'il vaincra en 888 à Montfaucon en Argonne mais il sera à son tour vaincu en 891.

888         Charles le Simple sera sacré roi en 893 après 3 années de lutte avec Eudes, celui-ci lui cèdera une partie du territoire et en fera son héritier (897). Eudes meurt en 898 et laisse le royaume aux Carolingiens.

888         29 février Couronnement de Eudes à Compiègne.

888         24 juin Eudes continua avec succès la lutte contre les Normands, sur lesquels il remporta entre autres victoires, celle de Montfaucon où il leur tua 20 000 hommes.

890         6 juin Louis III l'Aveugle, fils de Boson est sacré roi de Provence. Louis III l'Aveugle est né à Autun (Saône-et-Loire) vers 880 ou 883 - et il est mort le 28 juin 928 à Vienne (Isère). Il était le fils de Boson V de Provence (mort en 887), roi de Provence, et d'Ermengarde, fille de l'empereur d'occident, Louis II le Jeune; par sa mère il est un carolingien, lesquels se fondent dans les bosonides. Il succéda à son père en tant que roi de Provence (887 - 928), et fut empereur d'Occident de 901 à 905.

890         Richard dit Richard le Justicier, comte d'Autun, Mâcon et Châlon agrandit ses possessions puis se fait reconnaître duc de Bourgogne par le roi de France. Richard le Justicier (né en 858 - mort le 1er septembre 921), fut un grand seigneur féodal, à l'origine de la première maison des ducs de Bourgogne.

893         28 janvier Couronnement de Charles le Simple dans la basilique Saint-Rémi.

894         Arnulf se lance à la conquête de l'Italie.

896         Charles III dit le simple, fils posthume de Louis le Bègue, n'avait pas renoncé à la succession de son père. Une ligue se forma entre seigneurs de son entourage pour faire valoir ses droits, et prit les armes contre Eudes. Les amis de Charles furent vaincus, mais Eudes, par esprit de justice et pour éviter de nouvelles réclamations, lui céda les provinces situées entre Seine et Meuse.

896         mai Arnulf est sacré empereur à Rome.

897         Paix entre Eudes et Charles III qui récupérera le royaume à sa mort.

898         1er janvier Mort d'Eudes à la Fère-sur-Oise, Le duché de France passe à son frère Robert. Charles III (le Simple) occupe seul le trône. Robert Ier (865-923), roi des Francs, fut le fils le plus jeune de Robert le Fort, comte d'Anjou, et le frère de Eudes, qui devint roi des Francs de l'Ouest en 888. Nommé par Eudes le chef de plusieurs comtés, y compris le comté de Paris, et abbé in commendam de plusieurs abbayes, Robert obtint aussi le duché des Francs, une dignité militaire très importante. Il ne revendiqua pas la couronne de France quand son frère mourut en 898, mais il reconnut la prétention du roi carolingien, Charles III, qui confirma les dignités de Robert. Robert continua à défendre le nord de la France contre les attaques des Normands. La paix entre Charles III et Robert dura jusqu'à 921. Le clergé et les nobles s'irritèrent avec Charles, en particulier avec la faveur de Charles pour le comte Hagano. Avec l'appui des nobles les plus puissants, Robert attaqua Charles, qui fuit en Lorraine. Robert fut couronné roi des Francs à Reims le 29 juin, 922. Charles rassembla une armée et marcha contre Robert, et le 15 juin, 923, le vainquit à Soissons. Selon certaine tradition, Robert tomba en duel avec Charles.

898         CHARLES III le simple (898-923)

898         Charles III le simple. Fils posthume du roi Louis le Bègue il n'est pas sacré en 884 à la mort de son frère Carloman, les Grands du royaume lui préférant l'empereur Charles le Gros. Lorsque Charles le Gros est déposé pour incompétence en 887, c'est le comte Eudes qui a défendu Paris assiégé par les Normands qui est élu roi par les grands du royaume. L'élection de Eudes ne satisfait pas les partisans des carolingiens qui font sacrer Charles le Simple (le simple signifie en l'occurence sincère et honnête) par l'Archevêque de Reims Foulques le 23 janvier 893. Les hostilités entre Robertiens et Carolingiens ne s'apaiseront qu'en 897 lorsque Eudes fait de Charles le Simple son héritier d'autant plus qu'il meurt l'année suivante. Charles doit lutter contre les Normands, mais personne n'est en mesure de leur opposer une résistance valable, et après la bataille de Chartres, Charles le Simple, par le traité de Saint Clair sur Epte cède en fief le pays de Caux à Rollon chef des Normands en 911 et crée la Normandie. Pour sceller ce traité Charles donne en mariage sa fille Gisèle à Rollon qui s'engage à se convertir au christianisme ce qu'il fera effectivement plus tard. Depuis le début des invasions Normandes et principalement depuis 835 les seigneurs se sont construit des retranchements ce qui a créé des fiefs quasiment indépendants et à diminué l'influence royale, la Normandie ne fera pas exception à la règle d'autant plus que les Normands vont se servir de cette terre pour partir vers de nouvelles conquêtes et notamment se rendre maître de l'Angleterre (1066). Charles doit faire face à une révolte des grands du royaume qui élisent Robert Marquis de Neustrie roi de France en 922. Robert était le frère de Eudes tous les deux fils de Robert le Fort. Dans la bataille qui s'en suit, Robert est tué mais Charles est fait prisonnier par Herbert de Vermandois (Robert avait pour seconde épouse Béatrice de Vermandois). Il mourra en 923 captif.

898         28 décembre Victoire de Charles III à Saucourt-en-Vimeux contre les Normands.

899         décembre Mort d'Arnulf, Louis IV de Germanie devient empereur. Louis IV de Germanie dit l'Enfant (893-911), roi de Francie orientale (Germanie) (906-911), fils d'Arnulf de Carinthie, roi de Francie orientale, et Oda.



08/05/2020
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