L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

SAVOIR et DECOUVERTES


Franceinfo - le vendredi 17 novembre 2017

 

 

Comment l'humanité a sauvé la couche d'ozone (et pourquoi on devrait s'en inspirer pour le climat)

 

Alors que s'achève la COP23 à Bonn, les scientifiques s'alarment du manque d'initiatives pour lutter contre les gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. Pourtant, il y a trente ans, c'est lors d'une conférence comme celle-ci que politiques et scientifiques ont sauvé la couche d'ozone d'une disparition attendue

 

 

"Tirer la sonnette d'alarme", "marteler", "prévenir"... En 2017, c'est aussi cela, le job de scientifique. Surtout quand il étudie le réchauffement climatique. Lundi 13 novembre, plus de 15 000 chercheurs, issus de 182 pays, ont ainsi signé une tribune demandant d'agir en urgence pour enrayer le phénomène. Ils y dressent un rapide bilan de ce qui a été fait pour sauver la planète depuis la publication d'un "premier avertissement", il y a vingt-cinq ans. 

 

 

 

Depuis 1992, à l'exception de la stabilisation de la couche d'ozone stratosphérique, l'humanité n'a pas réussi à faire des progrès suffisants dans la résolution générale de ces défis environnementaux prévus et (...) la plupart d'entre eux deviennent bien pires.

Tribune de 15 000 scientifiques pour le climat

 

 

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Démoralisante, cette phrase convoque un lointain souvenir : celui d'un monde terrifié à l'idée de finir carbonisé par les rayons ultraviolets du soleil, en raison du trou de la taille d'un continent dans notre couche d'ozone. Et qui a réagi. Selon la Nasa, ce dernier est bien parti pour se résorber totalement d'ici 2030-2050 (lien en anglais). L'occasion de revenir sur la façon dont scientifiques, politiques et industriels ont sauvé le monde une première fois. Qui sait, peut-être en sont-ils toujours capables ?

 

 

 

 

"L'industrie chimique a rapidement été alertée"

 

Quand la présidente de la Commission internationale sur l’ozone, Sophie Godin-Beekmann, démarre sa carrière de scientifique, à la toute fin des années 80, l'humanité vient de prendre conscience de l'ampleur des dégâts causés sur la couche d'ozone par les gaz CFC (ou chlorofluorocarbures). Elle se souvient d'une terrifiante conférence lors de laquelle un chercheur avait présenté l'ampleur de la diminution d'ozone à l'échelle planétaire. "Il s'agissait d'un signal tellement fort que nous étions tous très, très inquiets", se rappelle-t-elle.

 

 

 

L'homme qui tire la sonnette d'alarme s'appelle Paul Crutzen. Le Néerlandais fait partie de ces quelques chercheurs qui, au début des années 70, ont évoqué publiquement la détérioration de la couche d'ozone sous l'effet des CFC. Et ce, à une époque où les gouvernements envisageaient de développer des flottes d'avions supersoniques – tel le Concorde – dévastateurs pour la couche d'ozone... 

 

 

 

Une fabrique d'aérosols, à Saint-Pétersbourg (actuelle Russie), en 1976. 
Une fabrique d'aérosols, à Saint-Pétersbourg (actuelle Russie), en 1976.  (V. NIKITIN / RIA NOVOSTI / AFP)

 

 

 

"Jusqu'au milieu des années 70, on considère que les CFC sont des composés très sûrs au niveau du process industriel", relève la spécialiste, directrice de recherche au CNRS. Leur utilisation est très developpée. On en trouve à la fois dans les aérosols et les réfrigérateurs. Les accusations des chercheurs, qui se basent sur des "modèles rudimentaires" et non des preuves tangibles, embarrassent donc l'industrie chimique. Cette dernière se défend en arguant que le secteur pèse quelques centaines de milliers d'emplois et plusieurs milliards de dollars, rappellent les auteurs de Protecting the Ozone Layer : The United Nations History. 

 

 

 

Dès 1975, la mauvaise réputation de ce composé provoque toutefois la chute des ventes d'aérosols aux Etats-Unis. L'entreprise SC Johnson fait même le pari de se débarrasser des CFC. Au Canada comme en Scandinavie, on discute de la pertinence de ce composant. "L'industrie chimique a rapidement été alertée des soupçons qui pesaient sur le CFC et a alors commencé à travailler sur des substituts", poursuit la spécialiste.

 

 

 

L'industrie a choisi d'accompagner les scientifiques. Elle a notamment payé des instruments de mesures et a suivi l'avancée des travaux dans ce domaine. Moi-même, j'ai utilisé un laser financé par le CMA, l'association de l'industrie chimique.

Sophie Godin-Beekmann

à franceinfo

 

 

Pour les industriels, il s'agit alors de garder la main sur le secteur en développant de nouveaux produits et "leurs propres modèles scientifiques""Ils voulaient anticiper et comprendre ce qu'il se passait", souligne encore la chercheuse. 

 

 

 

"Le monde a compris qu'on mettait l'espèce humaine en danger"

 

Le débat bascule à partir de 1985, avec la publication d'un article du scientifique Joseph Farman, puis deux ans plus tard, avec les premières campagnes de mesures réalisées dans l'Antarctique. La science rapporte enfin la preuve de l'implication des CFC dans la diminution de la couche d'ozone. Elle tranche les théories discutées entre experts en établissant un lien entre quantité de chlore dans l'atmosphère et diminution de l'ozone. En août et en septembre 1987, un avion effectue deux vols à 17 km au-dessus de l'Antarctique et révèle avec précision l'ampleur du trou dans la couche d'ozone.

 

 

Ces images, fournies par la Nasa, montrent le trou de la couche d'ozone en 1979, 1989, 2006 et 2010. 
Ces images, fournies par la Nasa, montrent le trou de la couche d'ozone en 1979, 1989, 2006 et 2010.  (AP / SIPA)

 

 

 

Quand bien même certains, comme le très populaire vulcanologue Haroun Tazieff, martèlent à tort que les données scientifiques ne permettent pas d'incriminer l'homme, ces nouvelles images entraînent la sensibilisation express du grand public. "Elles ont frappé les esprits", note la scientifique.

 

 

 

La couche d'ozone, c'est quand même le seul filtre qui nous protège des rayonnements ultraviolets. Tout le monde a compris que si on l'endommageait, on mettait directement en danger l'espèce humaine.

Sophie Godin-Beekmann

à franceinfo

 

Un protocole ratifié par tout le monde

 

La même année, en mars, une première conférence intergouvernementale se penche sur le problème et se solde par la ratification d'un traité, toujours en œuvre aujourd'hui : le protocole de Montréal. "Au départ, il ne permet pas d'éliminer les CFC", précise la directrice de recherche. En effet, le texte instaure "une baisse de la production des CFC de 30% et le principe d'une révision de ces objectifs tous les quatre ans, afin de faire évoluer les règles en fonctions de nos connaissances." Surtout, il met en mouvement "un cercle vertueux".

 

 

Les différentes disciplines des sciences du climat ont commencé à travailler ensemble – les modélisateurs, les observateurs, les gens qui étudient les constantes de réactions chimiques – dans des programmes scientifiques internationaux.

Sophie Godin-Beekmann

à franceinfo

 

"Ils ont produit des rapports détaillés qui ont permis aux politiques de disposer des informations nécessaires pour décider de revoir encore à la baisse la production des CFC". Le composant finit par être banni en 1996 dans les pays développés et en 2010 dans les pays en voie de développement.

 

 

 

C'est l'autre point positif du protocole, souligne la chercheuse. "Les pays développés, à l'origine de cette pollution, ont subi des règles plus contraignantes. Et les pays en voie de développement, dont la Chine faisait partie, ont bénéficié de transferts de technologies, notamment sur les produits de substitution", explique-t-elle. "Cela a accéleré la ratification du protocole par la plupart des pays. Il est l'un des rares protocoles environnementaux ratifiés de manière universelle." 

 

 

 

Un problème "plus simple" que le réchauffement

 

Comment expliquer que la planète ait pris à bras-le-corps le problème du trou de la couche d'ozone alors qu'il apparaît aujourd'hui si compliqué d'agir contre le dérèglement climatique ? D'abord, parce que "les composants incriminés avaient été identifiés". "Les industriels avaient déjà dans leurs cartons des substituts possibles quand il a fallu faire baisser les émissions. Pour eux, abandonner les CFC ne nécessitait pas de changer tout le process industriel : il s'agissait de le remplacer par des gaz qui sont assez proches. Cela paraissait faisable", relève Sophie Godin-Beekmann. 

 

 

Repenser notre façon de produire l'énergie à l'échelle planétaire semble plus complexe. Plus abstrait aussi pour le grand public, qui ne doit pas seulement jeter son frigo ou arrêter de vaporiser de la laque.  

 

 

Un vieux frigo dans la rue porte une inscription indiquant que le CFC a été retiré, le 23 juillet 2010, à New York (Etats-Unis). 
Un vieux frigo dans la rue porte une inscription indiquant que le CFC a été retiré, le 23 juillet 2010, à New York (Etats-Unis).  (RICHARD B. LEVINE / NEWSCOM / SIPA)

 

 

Par ailleurs, sur le plan de l'action politique, "compte tenu de la situation de l'époque, marquée par la domination écrasante des Etats-Unis, il y avait beaucoup moins d'acteurs dans le jeu qu'aujourd'hui". Et la chercheuse de résumer :

 

 

Moins d'acteurs politiques, moins d'acteurs économiques, une seule sorte d'industrie concernée avec une certaine gamme de produits, un coupable identifié, des images fortes... En fait, le problème était beaucoup plus simple que ce que nous connaissons avec le réchaufffement climatique.

Sophie Godin-Beekmann

à franceinfo

 

 

Et le monde de 2017 n'est plus celui de 1987. "Le fait qu'un président comme Donald Trump soit capable de dire que son pays ne fera rien et que ce que dit la communauté scientifique est faux, c'est quelque chose qui n'aurait pas été imaginable dans les années 80", estime Sophie-Godin Beekmann. Aujourd'hui, la parole du scientifique sur le réchauffement climatique est difficilement audible. "Les gens peinent à discerner le vrai du faux. (...) Par ailleurs, nous vivons dans un monde où les lobbys sont très importants. Aujourd'hui, on a l'impression que les Etats ont beaucoup moins de pouvoir par rapport à des industriels puissants", relève Sophie Godin-Beekmann.

 

 

Une bombe aérosol contenant du CFC (image d'illustration). 
Une bombe aérosol contenant du CFC (image d'illustration).  (VIDAL / ISOPRESS / SIPA)

 

 

Signataire de la tribune publiée lundi, la scientifique pense pourtant que tout espoir n'est pas perdu. La lutte contre le réchauffement climatique "bénéficie à tous et il faut insister sur ce discours positif afin que les citoyens réalisent qu'il faut agir", estime-t-elle, en soulignant que la pression citoyenne peut faire avancer le politique et transformer l'accord de Paris signé en 2015 en un texte aussi décisif que le protocole de Montréal. Pour le moment, on est encore loin du compte. 

 


23/11/2017
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Franceinfo - le samedi 18 novembre 2017

 

 

Climat : ce qu'il faut retenir de la COP23, la conférence de l'ONU qui vient de s'achever en Allemagne

 

 

Beaucoup de discussions, peu d'actions, mais pas mal de bonne volonté... A l'issue de la COP23, les pays se sont engagés à discuter tout au long de l'année pour permettre de définir, dès 2018, les règles permettant l'application par tous de l'accord de Paris

 

 

Rendez-vous l'année prochaine, à Katowice, en Pologne. A l'issue de la 23e conférence climat de l'ONU, la COP23, les délégués de près de 200 pays se sont séparés, samedi 18 novembre, au petit matin au terme de deux semaines de négociation. 

 

 

Voici les principaux enseignements de cette conférence organisée à Bonn (Allemagne) par les îles Fidji, et au cours de laquelle de nombreux acteurs ont souligné l'urgence à agir contre les émissions de gaz à effet de serre, principal responsable du réchauffement climatique. 

 

 

 

Les Etats avancent, mais trop lentement

 

L’ancienne négociatrice en chef de la France, Laurence Tubiana, a vu durant cette COP "les coalitions se structurer de plus en plus", rapporte Le Monde. Un diplomate européen cité par l'AFP qui a préféré rester anonyme est encore plus sévère : "Je n'ai jamais vu une COP avec un taux d'adrénaline aussi bas", a-t-il confié. Car depuis l'accord de Paris en 2015, les conférences climat de l'ONU se sont concentrées sur l'élaboration d'un manuel d'application de ce traité, qui entre en vigueur en 2020 et doit permettre de stabiliser, puis réduire les émissions de gaz à effet de serre.

 

 

Un volet indispensable mais technique, qui souffre du caractère bureaucratique du processus, jugé bien trop lent face à l'urgence de la situation. "Ce qui est en jeu, c'est la pertinence du processus de COP. Nous ne pouvons pas prendre le risque de devenir de moins en moins pertinents à chaque conférence", s'est même inquiété le chef de la délégation nicaraguayenne, déplorant la lenteur des pourparlers.

 

 

Car les négociations sont aussi à la traîne par rapport aux actions menées par les villes, les régions et les entreprises."Pour la première fois dans l'histoire des COP, le cœur de l'action n'était pas dans la zone des négociations, mais dans la zone 'verte' [consacrée aux actions] : ce ne sont pas les négociations qui ont été au centre du jeu, mais les actions des acteurs non-étatiques", note David Levaï, de l'Institut des relations internationales (Iddri).

 

 

 

Aucun pays ne prend le leadership

 

Depuis que les Etats-Unis ont quitté le navire en juin, date à laquelle Donald Trump a annoncé la sortie de l'accord de Paris, le siège de leader est resté vide. Y compris à Bonn où, selon Jennifer Morgan, directrice exécutive de Greenpeace International, citée par Le Temps, "aucun pays développé ne peut actuellement prétendre au leadership dans la lutte contre les changements climatiques".

 

 

 

 

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Le charbon bientôt abandonné

 

C'est l'une des rares annonce concrète de cette COP : le lancement de l'"alliance" pour la sortie du charbon, le 16 novembre, à l'initiative du Royaume-Uni et du Canada. Parmi ses membres, cette alliance compte l’Angola, la Belgique, la Finlande, la France, l’Italie, les îles Marshall, le Portugal, le Salvador, mais aussi plusieurs Etats américains et provinces canadiennes. Tous se sont engagés à éliminer progressivement leurs centrales au charbon.

 

 

Mais les membres de cette alliance ne représentent qu’une faible part de la production et de la consommation charbonnière mondiale, concentrée en Chine, en Inde et en Asie du Sud-Est, ce qui limite la portée de cette annonce. Sur le plan symbolique, l'alliance a le mérite d'isoler Donald Trump, contesté dans son propre pays par des acteurs non-étatiques dans sa décision de continuer la production d'énergies fossiles. Rappelons que les Etats-Unis sont le deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre. 

 

 

 

Les frictions demeurent

 

Dès la première semaine de négociations, les divisions entre pays développés et pays en développement ont ressurgi, notamment autour des promesses financières des nations industrialisées, rapporte Le Monde (article réservé aux abonnés). "Alors que l’année 2017 a été marquée par des événements climatiques exceptionnels, il n’y a pas eu d’avancées concrètes pour aider les populations les plus vulnérables à faire face aux impacts du changement climatique", a déploré Armelle Le Comte, membre de la délégation de l’ONG Oxfam, citée par Reporterre

 

 

"Les pays développés sont arrivés les mains vides", a-t-elle relevé, rappelant que, si l’accord de Paris prévoit que les "financements climat" s’élèvent à 100 milliards de dollars par an en 2020 (près de 85 milliards d'euros), nous sommes encore loin du compte. Or "si les pays développés ne tiennent pas leurs engagements financiers, les pays en développement refuseront de faire plus d’efforts", analyse le site spécialisé. Seule l'Allemagne s'est engagée à verser 50 millions d'euros dans le fonds d'adaptation et 50 millions dans le fonds pour les pays les moins avancés.

 

 

Ces sommes sont loin de satisfaire les Etats les plus directement menacés par le réchauffement climatiques (exposés aux cyclones, à la montée des eaux ou aux épisodes de sécheresse.) Ils attendent en effet des fonds pour s'adapter, mais aussi pour compenser les pertes qu'ils subissent déjà en raison des aléas climatiques. Or, la présidence des îles Fidji n'a pas permis de donner la priorité à cette question, pourtant vitale pour l'île. 

 

 

 

 "Il faut agir"

 

Les aléas climatiques, Timoci Naulusala les connaît bien. Le petit Fidjien de 12 ans, appelé à s'exprimer à la tribune mercredi 15 novembre, a ému l'assemblée en décrivant les effets du cyclone Winston, lequel a détruit son île en 2016 : "Ma maison, mon école, ma source de nourriture, d'eau, d'argent, ont été détruites. Ma vie était un chaos. Je me suis demandé : 'Que se passe-t-il ? Que vais-je faire ?'"

 

 

Appelant le monde à ouvrir les yeux sur le changement climatique, le garçon a appelé les leaders à privilégier l'environnement à l'économie. "Mesdames et messieurs, les discours et les discussions ne régleront pas le problème. Pour être efficace, il faut agir", a-t-il déclaré, suscitant les applaudissement.

 

 

 

Le dialogue reste au cœur du processus

 

Le jeune Timoci Naulusala a demandé de l'action. Mais à l'issue de cette COP, les négociateurs se sont quittés en promettant de nouvelles discussions. Car la principale avancée de cette COP est l'instauration d'un processus de "dialogue de Talanoa",  selon le terme fidjien signifiant 'parler avec le cœur'). La tenue de cette années de "dialogue", doit permettre aux Etats de dresser, fin 2018, un bilan collectif de leurs émissions de gaz à effet de serre. Ce dialogue devra être "constructif et tourné vers les solutions" et ne viser personne, prévient la décision adoptée.

 

 

L'idée est d'encourager et aider les pays à revoir leurs engagements, à ce stade insuffisants pour permettre au monde de rester bien en deça de 2°C de réchauffement comme le stipule l'accord de Paris de 2015. 

 

 

Parallèlement aux négociations, les mois à venir seront jalonnés d'événements destinés à partager les expériences et informer les pays. A commencer par un sommet organisé le 12 décembre à Paris pour tenter d'avancer sur les financements. Un "sommet de l'action climatique mondiale" réunira à San Francisco en septembre 2018 villes, scientifiques, citoyens, entreprises... Bref, "on aura beaucoup de travail en 2018", a admis une négociatrice européenne.

 


20/11/2017
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Franceinfo - le samedi 18 novembre 2017

 

 

Cancers multiples, maladies rares, diabète chez les enfants... : que se passe-t-il dans le Golfe de Fos ?

 

 

Edité par Cécile MimautGéraldine HallotRadio France

Dans le Golfe de Fos, près de Marseille, le taux de cancer est deux fois plus élevé qu'ailleurs en France. "Samedi investigation" a mené l'enquête dans cette zone extrêmement industrialisée pour tenter de comprendre

 

 

"Samedi investigation" s'intéresse le 18 novembre à la santé des habitants de Fos-sur-Mer, de Port-Saint-Louis-du-Rhône ou encore de Port-de-Bouc dans le Golfe de Fos. Ce secteur extrêmement industrialisé fait partie du grand port maritime de Marseille. Le taux de cancer y est deux fois plus élevé qu'ailleurs en France et les cas de diabète et d'asthme se multiplient. Pourquoi les habitants de cette zone en particulier déclarent-ils autant de maladies ? franceinfo a enquêté.

 

 

 

Cancers multiples et maladies auto-immunes

 

Comment ne pas être frappé par cette famille où la mère a eu deux cancers et le père est mort d'une maladie cardiaque ? Comment ne pas écarquiller les yeux dans cette rue de Fos où l'on a dénombré jusqu'à neuf personnes souffrant de sclérose en plaques ? Comment ne pas être étonné quand Sylvie se définit elle-même comme "un nid à cancer". Cette femme de 54 ans a commencé à être malade dès l’âge de 38 ans, et ça ne s’est jamais arrêté depuis. "J’ai commencé par avoir une maladie cardio-vasculaires. J’ai enchaîné sur un cancer de l’ovaire. Ensuite, j’ai développé un diabète. S’en est suivi un cancer de la thyroïde et là j’ai un cancer du sein", énumère-t-elle.

 

 

 

J’ai commencé à être malade à 38 ans, aujourd’hui j’en ai 54

Sylvie, habitante de Fos-sur-Mer, atteinte de trois cancers

à franceinfo

 

 

Et cette femme est loin d’être un cas isolé, dans les communes du Golfe de Fos-sur-Mer. Les médecins généralistes constatent en effet que leurs patients développent de multiples pathologies. Depuis que Vincent Besin est installé à Port-Saint-Louis avec son épouse, médecin elle-aussi, toutes les maladies rares se sont données rendez-vous dans leur salle d’attente, explique-t-il. "On s’est d’abord demandé pourquoi les gens étaient dans cet état-là. On a d’abord incriminé des postes de travail difficiles. Mais quand on s’adresse à la population d’enfants ou à la population des femmes qui ne travaillent pas, ça ne fonctionne pas du tout", confie le médecin.

 

 

 

On a été bouleversé par la situation sanitaire des enfants en matière de diabète de type 1, d’asthme et de maladies auto-immunes, et on s’est dit qu’il y avait quelque chose dans le milieu ambiant qui était responsable de ça.

Vincent Besin, médecin à Port-Saint-Louis

à franceinfo

 

 

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Fos-sur-Mer, en septembre 2006 (Illutsration). (MAXPPP)

 

Forte présomption de lien avec la pollution de l'air

 

Dans l'air que ces gens respirent, on trouve beaucoup de fumées, parce qu’il y a beaucoup d'usines. L'ouest de l'étang de Berre est l'une des plus grandes zones industrielles d'Europe. Près de 200 entreprises, représentant 40 000 emplois, y sont installées. Et on parle là d'industrie lourde : raffineries, dépôts pétroliers, métallurgie, sidérurgie. Donc forcément il y a les rejets qui vont avec : métaux lourds, dioxyde d'azote, particules ferreuses, etc.

 

 

Le lien entre ces substances et les maladies des habitants, a fait l’objet de nombreuses études dans le passé. En 2010, l'Institut de veille sanitaire relevait un excès d'hospitalisations pour des maladies cardiovasculaires et pour des leucémies aiguës. Mais l'étude qui a mis le feu aux poudres a été publiée début 2017. Elle s'appelle Fos Epseal. Financée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, elle révèle qu’à Fos et Port-Saint-Louis, les habitants ont deux fois plus de cancers, de diabète ou d'asthme qu'ailleurs en France. La chercheuse Yolaine Ferrier a co-réalisé cette vaste enquête. Elle explique que la pollution industrielle est probablement l'un des facteurs déclenchant de ces maladies : "L’étude ne fait pas un lien direct entre les maladies et la pollution industrielle. Par contre, elle établit une forte présomption de ce lien."

 

 

 

Des particules hors des radars de contrôle

 

Des mesures et des analyses de l'air sont pourtant réalisées dans la région du Golfe de Fos par Air Paca, organisme financé par l'Etat, les collectivités locales et les industriels. Mais le problème c'est que ces relevés ne détectent rien d’anormal la majeure partie du temps. Du coup, des scientifiques du coin et certains habitants aussi ont créé un institut éco citoyen en 2010. Parce qu'ils n'avaient pas confiance dans les données officielles, ils ont lancé leurs propres campagnes de mesures de la qualité de l'air. Et les résultats ont été stupéfiants, explique le chimiste Philippe Chamaret, qui dirige cet institut. "La première campagne de mesure de la composition de l’air a montré que l’air était composé à 80 % de particules ultrafines, et d’autre part que la composition chimique des polluants de l’air à Fos-Sur-Mer était extrêmement complexe", révèle le chimiste.

 

 

Ces particules ultra-fines dans l’air se révèlent particulièrement dangereuses pour la santé des habitants, car plus une particule est fine, plus elle pénètre à l'intérieur de notre organisme. Une particule de gros diamètre s'arrête au niveau du nez ou de la bouche. Une particule fine va jusqu’aux bronches. Une particule ultrafine descend, quant à elle, jusqu’aux poumons. Si Air Paca ne les mesurait pas, c’est parce que la réglementation européenne, qui fait foi en matière d'environnement, n'impose pas aux Etats de mesurer les particules ultrafines. Nous sommes donc allé voir le directeur d'Air Paca, Dominique Robin, pour lui demander s'il fallait changer la législation. Et il a fini par reconnaître qu'il fallait la faire évoluer.

 

 

 

On sait que le standard de 10 ou 2,5 microns, qui correspond à la taille des particules qui vont plus ou moins pénétrer dans le poumon, est un standard qui est un peu grossier encore.

Dominique Robin, directeur d'Air Paca

à franceinfo  

 

 

"Vraiment, pour répondre à l’impact des plans d’action mais aussi mieux protéger la population, il faudrait passer à moins de un micron. Et donc ces particules fines ou très fines sont un enjeu", reconnaît-il.  

 

Une industrie qui nourrit aussi la population locale

 

Voilà  pourquoi, officiellement, tout va bien dans l'air du Golfe de Fos. Mais les habitants ont-ils conscience que la pollution de l'air est sous-estimée ? Difficile de le savoir. Ce qui est palpable en revanche, c’est la mansuétude de nombreux habitants du Golfe de Fos envers les industriels. Dans toutes les familles, il y a un parent plus ou moins proche qui travaille à l'usine, entraînant comme une forme de déni, selon Gérard Casanova, qui préside l'association de défense de l’environnement Au fil du Rhône. "Très clairement, il y a beaucoup d’emplois et d’emplois induits. Il y a tout un développement des cités qui s’est organisé autour de cet aménageur principal et on a du mal à imaginer un développement qui soit différent. Et donc, forcément on est un peu coincé", admet-il.  

 

 

 

On a beaucoup de mal à imaginer qu’on puisse recevoir du mal de ceux qui nous ont donné à manger. 

Gérard Casanova, président l'association Au fil du Rhône

à franceinfo

 

 

Le résultat c'est qu'aucun malade n'envisage de lancer une action en justice contre les industriels, contrairement à ce qu'on a vu avec le glyphosate ou l'amiante. Dans le Golfe de Fos, il y a une forme de résignation et de fatalisme, pour l'instant du moins.

 

 

 

Ce qui différencie le mode de vie et la vie quotidienne de ces habitants par rapport à la moyenne des habitants en France, c’est justement leur proximité, depuis plusieurs décennies, avec la zone industrielle  

Yolaine Ferrier, chercheuse et co-auteur de l’étude Fos Epseal

à franceinfo


20/11/2017
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Franceinfo - le lundi 6 novembre 2017

 

 

Ouverture de la PMA à toutes les femmes : y a-t-il un risque de pénurie de sperme en France ?

 

Des spécialistes de la médecine de la reproduction pointent le manque actuel de dons de spermatozoïdes, qui entraîne des délais importants pour les couples hétérosexuels en attente d'assistance médicale à la procréation

 

 

 

dans une clinique parisienne, le 7 octobre 2010.  (MELANIE FREY / SIPA)

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Vincent DanielFrance Télévisions

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L'ouverture à toutes les femmes de la procréation médicalement assistée (PMA) va-t-elle entraîner une pénurie des dons de spermatozoïdes ? La question est posée par les spécialistes français de la reproduction. Des états généraux de la bioéthique, prévus "à la fin 2018", seront le préambule d'une révision des lois de bioéthique qui devrait – notamment – autoriser la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes. 

>> Cinq questions sur la PMA, que le gouvernement veut généraliser

Parmi les problématiques qui devront être abordées, celle de la gestion des dons de sperme par les Centres d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos). Nathalie Rives, présidente de la Fédération des Cecos, estime que l'ouverture de la PMA pourrait entraîner une "insuffisance" des dons. 

 

 

Actuellement, seuls les couples hétérosexuels en âge de procréer peuvent avoir recours à une PMA lorsqu'ils font face "à une infertilité médicalement constatée" ou "pour éviter la transmission d’une maladie grave à l’enfant ou à l’un des membres du couple", explique l'Agence de la biomédecine. L'Assurance maladie prend en charge la PMA à 100%, à condition que la femme n'ait pas dépassé 43 ans. Après acceptation de leur dossier, les couples ayant besoin d'un don de gamètes (ovocytes ou spermatozoïdes) sont inscrits sur une liste d'attente. En 2015, près de 3 500 couples ont demandé à bénéficier d’un don (il faut deux ans pour obtenir des chiffres fiables).

 

 

Des délais d'attente "déjà trop longs"

Problème : les Cecos font déjà face à une carence de dons de spermatozoïdes. "Actuellement, le délai d'attente pour les couples infertiles est de l'ordre de 12 à 15 mois avant de pouvoir bénéficier d'un don", indique à franceinfo le professeur Fabrice Guerif, chef du service de médecine et de biologie de la reproduction au CHRU de Tours (Indre-et-Loire). Dans certains Cecos, ce délai peut atteindre jusqu'à deux ans. 

"Cela coince déjà aujourd'hui, confirme à franceinfo Virginie Rio, fondatrice du collectif BAMP, association de patients de l'assistance médicale à la procréation et de personnes infertiles. Les délais d'attente sont beaucoup trop longs." Cet interminable parcours actuellement imposé aux couples ne "relève que de la gestion de la pénurie de dons", souligne-t-elle. Si le collectif BAMP est favorable à l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, sa représentante redoute une "absence d'anticipation"

Si rien ne change, tout le système va se bloquer, les délais vont exploser. Par ailleurs, il existe aussi un risque de discrimination entre les couples infertiles, les couples de femmes et les femmes seules.

Virginie Rio, fondatrice du collectif BAMP

à franceinfo

Le professeur Fabrice Guerif alerte aussi sur un "risque indirect" lié à l'augmentation du délai d'attente pour des dons : "Un âge au moment de la conception repoussé avec des conséquences sur les chances de grossesse."

Une communication "ringarde"

En 2015, 255 hommes ont donné des spermatozoïdes (contre 238 en 2014). Une démarche volontaire, anonyme et gratuite. Pour donner, il faut avoir entre 18 et 45 ans et être en bonne santé. Et si jusqu'en 2015, il fallait avoir eu au moins un enfant auparavant, ce n'est plus le cas depuis. Comment expliquer ce manque chronique de donneurs de spermatozoïdes ? "Ce n'est pas un don qui revêt un caractère vital comme le don d'organe, répond Fabrice Guerif. Et même si les mentalités changent, c'est un don un peu tabou qui touche à l'intime."

"Il n'y a pas suffisamment de communication autour du don de sperme", déplore également la professeure Nathalie Rives, qui exerce au CHU de Rouen (Seine-Maritime). L'Agence de la biomédecine, chargée de faire connaître cette démarche, reconnaît elle-même un "déficit de notoriété". La dernière campagne d'information publique à ce sujet remonte à 2015. Son slogan : "Faites un cadeau tout petit pour un bonheur très grand." Elle est notamment accompagnée d'un test en ligne intitulé "quel donneur de bonheur êtes-vous ?", avec des questions telles que "aimez-vous offrir des cadeaux, des fleurs, des chocolats ?" ou "aimez-vous rendre service à votre entourage ?"

"Quand on a vu cette campagne, on s'est dit 'Au secours !'", témoigne la fondatrice du collectif BAMP. Et Virginie Rio s'agace : "Il faut sortir de ce truc ringard et affligeant, le bleu, le rose... Il faut des campagnes qui osent vraiment, il y a une révolution culturelle à faire !" Une nouvelle campagne pour inciter au don sera déclinée sur différents supports au cours du mois de novembre. La présidente de la Fédération des Cecos appelle, elle aussi, à une "communication adéquate" autour de ce don en cas d'ouverture de la PMA à toutes les femmes. "Peut-être assistera-t-on à une surprise, cela pourrait susciter un mouvement de solidarité envers les femmes", espère Nathalie Rives.

Un défraiement ou une rémunération, comme c'est le cas aux Etats-Unis, pourraient-ils inciter d'éventuels donneurs ? Pour le moment, un changement de "l'esprit du don et de sa gratuité" n'est pas à l'ordre du jour, explique le professeur Fabrice Guerif. "On entrerait dans un système de marchandisation du corps avec un risque de dérives et de surenchère de la part d'instituts privés qui s'engouffreraient dans la brèche", redoute-t-il. 

"La future demande est difficilement estimable" 

Pour la présidente de la Fédération des Cecos, le risque de pénurie de spermatozoïdes "est important, mais ce n'est pas le point le plus essentiel". Car, selon la professeure Nathalie Rives, l'extension du droit à la PMA, à laquelle elle est favorable, "soulève beaucoup d'interrogations sur les modalités de prise en charge de toutes les demandes, infertilité ou non, sans pénaliser personne". Elle attend notamment "des moyens financiers suffisants" pour les Cecos.

Une loi qui ouvre la PMA à de nouveaux bénéficiaires ne suffira pas si on n'est pas en mesure de les accueillir ou de les satisfaire.

Nathalie Rives, présidente de la Fédération des Cecos

à franceinfo

"La future demande est difficilement estimable", ajoute Nathalie Rives. L'impact sur le fonctionnement des Cecos fait donc actuellement l'objet de réflexions. Le professeur Fabrice Guerif espère de son côté que les forums citoyens organisés par le Comité consultatif national d'éthique en amont de la révision des lois de bioéthique "seront l'occasion de débattre sereinement et d'aborder tous ces aspects pour que l'évolution de la PMA puisse se faire dans l'intérêt de tous".

"En France, il y a un côté 'à la tête du client'" 

En attendant cette évolution du droit, Virginie Rio, du collectif BAMP, reste persuadée que les couples de femmes "qui en ont les moyens continueront d'aller faire leur PMA en Espagne", considérée comme "l'eldorado de la PMA". Moyennant plusieurs milliers d'euros, des cliniques privées permettent aux femmes seules ou en couple (hétérosexuel ou homosexuel) d'avoir accès à la PMA. Le plus souvent avec un service personnalisé (en français, avec des prestations qui incluent hôtel, guide de la ville...) et l'assurance de voir sa demande traitée en temps et en heure. 

"Quand les couples de femmes qui ont déjà fait des PMA à l'étranger vont découvrir le niveau d'accueil, d'accompagnement et de prise en charge médicale dans les Cecos, elles vont halluciner... souffle Virginie Rio. En France, de façon opaque, on vous dit que vous aurez votre don maintenant, dans deux mois, dans six mois ou plus... Il y a un côté 'à la tête du client'. Et si vous avez le malheur de montrer que vous doutez, ce qui paraît normal dans ce parcours, vous repartez pour des rendez-vous psychologiques."


17/11/2017
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Franceinfo - le jeudi 2 novembre 2017

 

 

 

Pesticides, additifs, perturbateurs endocriniens... Comment bien choisir ses aliments pour ne pas s'empoisonner ?

 

Difficile de faire ses courses sans acheter des produits qui contiennent différentes substances nocives pour la santé. Franceinfo vous aide à minimiser les risques

 

 

Vous avez envie de croquer dans cette belle pomme ? Halte-là ! Si elle n'est pas bio, il va falloir la nettoyer pendant un quart d'heure sous l'eau avec du bicarbonate de soude. C'est la méthode la plus efficace pour enlever les pesticides, selon une étude de l’université du Massachusetts, relayée par plusieurs médias jeudi 26 octobre. Difficile, aujourd'hui, de faire ses courses sans acheter des produits qui contiennent différentes substances nocives pour la santé, des pesticides aux perturbateurs endocriniens en passant par les additifs et les conservateurs.

 

 

Pourtant, différentes applications permettent de scanner les codes-barres ou les étiquettes pour vérifier la qualité sanitaire et nutritive des aliments trouvés dans un supermarché. L'une des plus recommandées actuellement est Yuka, qui passe au crible différents critères, dont la présence d'additifs et l'origine bio ou non des produits. Mais pour les courses en ligne, il faut savoir lire la composition et avoir les bons réflexes. Alors que les Etats généraux de l'alimentation se tiennent jusqu'en novembre en France, franceinfo vous aide à minimiser les risques, avec l'aide de deux spécialistes.

 

 

 

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La viande et le poisson 

 

Pas simple de se passer de jambon dans la semaine, un aliment pratique et sans préparation. Mais la présence de nitrites, utilisés comme conservateurs, favorise les risques de cancer colorectal (+18%) si la consommation dépasse 50 g par jour (soit deux tranches). Problème, le jambon sans nitrites en magasin bio est très cher. Deux marques de la grande distribution s'y sont mises : Herta et Fleury-Michon. "Notre étude a prouvé que ces jambons tenaient leurs promesses", observe Marie-Noëlle Delaby, journaliste à Que Choisir en charge des questions d'alimentation. L'autre solution est d'opter pour du jambon à la coupe, qui contient moins de nitrites que les jambons sous vide.

 

 

Côté viande, le mieux est d'aller vous faire plaisir une fois par semaine chez votre boucher, qui pourra vous renseigner sur l'origine de la bête et son alimentation. "Une bonne viande, c'est d'abord des animaux de qualité élevés lentement, mis en pâture à l'herbe plutôt que nourris au soja ou au maïs OGM", prévenait dans L'Express Pierre Bouchez, éleveur installé dans le Pas-de-Calais. Si vous n'avez d'autres choix que d'acheter votre viande sous vide en supermarché, privilégiez l'origine française et les labels. L'étiquetage ne mentionne pas l'alimentation mais le sigle AB garantit, normalement, une alimentation sans OGM. Le label Bleu-Blanc-Cœur, lui, indique que les animaux ont reçu une alimentation riche en oméga-3 (graines de lin, luzerne, herbe). Le label rouge prévoit aussi dans son cahier des charges une alimentation dominée par l'herbe pour les bovins.

 

 

S'agissant du poisson, "le mieux est de ne pas en manger plus d'une à deux fois par semaine, comme la viande rouge", recommande Sandrine Gras, porte-parole de l'association Générations cobayes. En cause, la présence de métaux lourds, des "neurotoxiques", dans de nombreuses variétés. Ces perturbateurs endocriniens sont particulièrement présents dans les poissons gras, comme le saumon. "On prépare un dossier pour le mois de décembre sur le saumon", souligne Marie-Noëlle Delaby, journaliste à Que Choisir.

 

 

 

Nous avons clairement établi que cela ne sert à rien de se tourner vers du saumon bio ou label rouge car ils sont les plus lourdement contaminés en métaux lourds et en polluants organiques persistants comme les PCB.

Marie-Noëlle Delaby

à franceinfo

 

 

Autant acheter de temps en temps un bon saumon d'élevage, "de préférence en provenance d'Ecosse, qui pratique moins la pisciculture intensive qu'en Norvège", complète Sandrine Gras. Le saumon sauvage, lui, "n'est pas très qualitatif en termes de goût, à moins d'y mettre vraiment le prix", précise Marie-Noëlle Delaby. 

 

 

Pour les autres poissons, mieux vaut privilégier les petits, comme les sardines et les maquereaux. En début de chaîne alimentaire, ils sont donc moins contaminés. "Si vous n'avez pas le temps de cuisiner, il est donc préférable d'opter pour ces poissons, même en boîte, plutôt que pour du thon, par ailleurs menacé par la surpêche", souligne la journaliste spécialisée.

 

 

 

Les fruits et légumes

 

Si vous n'avez pas les moyens d'acheter tous vos fruits et légumes au rayon bio, concentrez vous au moins sur ceux qui sont les plus contaminés par les pesticides. "Ce sont généralement ceux dont la peau n'est pas épaisse et qui sont plus exposés aux pulvérisations de pesticides en raison de leur mode de culture", explique Sandrine Gras. La Direction générale de l'alimentation (DGCCRF) et l'Institut français de l'alimentation (Ifen) les ont listés et ils sont au nombre de 12. Pour les fruits, il s'agit des pêches, des pommes, des nectarines, des fraises, des cerises, des raisins et des poires. Pour les légumes, sont concernés les poivrons, le céleri, le chou frisé, la laitue et les carottes.

 

 

A l'inverse, les oignons, les avocats, le maïs doux, l'ananas, la mangue, l'asperge, les petits pois, le kiwi, l'aubergine et la papaye, la pastèque, le brocoli, la tomate, la patate douce sont les fruits et légumes les moins contaminés par les résidus de pesticides. Ils peuvent donc être consommés en provenance de l'agriculture traditionnelle.

 

 

Le mieux est d'acheter ses fruits et légumes, bio ou non bio, en circuits courts, auprès d'amap ou de réseaux comme la Ruche qui dit oui.

Sandrine Gras

à franceinfo

 

Si c'est trop compliqué, vous pouvez toujours vous rabattre sur le bio en grande surface, même si les produits sont souvent présentés sous film plastique (qui contient, lui aussi, des perturbateurs endocriniens).

 

 

Autre option, le surgelé. "Si on n'a pas trop le temps de cuisiner, il est préférable de prendre des légumes surgelés plutôt que de les laisser trop longtemps dans le bac à légumes. Au bout de trois jours, ils commencent à perdre leur valeur nutritive", observe Marie-Noëlle Delaby. Là encore, le bio est préférable. Dernière solution, la conserve. La présence de conservateurs, dont le sel, n'est pas idéale. Préférez les bocaux en verre, qui évitent que les légumes soient en contact avec l'aluminium et le plastique qui recouvrent l'intérieure des boîtes. "Etant donné qu'elles sont chauffées à très haute température pour la stérilisation, cela facilite la migration de nanoparticules dans les aliments", prévient Sandrine Gras.

 

 

Les produits laitiers et les œufs

 

Pour le lait et ses dérivés, les yaourts et le fromage, mieux vaut opter pour du bio. Les vaches des élevages traditionnels sont en effet majoritairement traitées aux hormones et aux antibiotiques. Elles sont également nourries avec des céréales et du fourrage non bio, qui contiennent donc des résidus de pesticides.

 

 

Idem pour les œufs. Non seulement les poules sont nourries avec une alimentation (essentiellement des graines) qui ne provient pas de l'agriculture biologique et qui peut donc contenir des pesticides, mais elles vivent dans des conditions d'élevage plus ou moins intensif. Le moyen le plus sûr de se repérer est de regarder le code sur l'œuf : 0 pour les œufs bio (au moins 2,5 m² par poule en extérieur et alimentation bio), 1 pour les poules élevées en plein air (au moins 2,5 m² par poule en extérieur), 2 pour les poules élevées au sol (élevage intensif, 9 poules par m²), 3 pour les poules élevées en cage (18 poules en cage par m²).

 

 

Les gâteaux et les céréales

 

Si vous retournez votre paquet de gâteaux et que vous voyez une liste interminable d'ingrédients, à base de "E" en tout genre, reposez-le en rayon. Sandrine Gras est catégorique : pour les produits à base de farine de blé et de canne à sucre, dont font partie les biscuits, les céréales mais aussi les pâtes, mieux vaut privilégier le bio pour éviter les résidus de pesticides. En outre, de nombreux additifs viennent se glisser dans la composition des plaisirs sucrés, qu'il s'agisse de colorants, d'édulcorants ou de conservateurs. L'association Générations cobayes récapitule ci-dessous les additifs alimentaires à éviter.

 

 

 

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Le site Générations cobayes a listé les additifs alimentaires à éviter. (GENERATIONS COBAYES)

 

 

 

 

Pour ce qui est de la qualité nutritionnelle, des biscuits à base de sucre (mais pas trop) et de beurre seront meilleurs pour votre santé que ceux qui contiennent du  sirop industriel de glucose-fructose et de l'huile de palme, riche en acides gras saturés. Leur consommation excessive augmente les risques de diabète et de maladies cardiovasculaires. Attention aussi à la quantité de sel, dont la consommation ne doit pas dépasser 5 g par jour pour un adulte. Enfin, "les sucres blancs étant vides sur le plan nutritionnel, essayez les pâtes semi-complètes ou fabriquées à partir d'autres céréales que le blé", conseille Sandrine Gras.

 

 

Les boissons

 

Qu'ils soient entiers ou transformés en jus, les fruits contiendront toujours moins de pesticides s'ils sont issus de l'agriculture biologique. "Et vous aurez moins de chances de trouver des colorants et des arômes artificiels si vous évitez le jus de fruit concentré", rappelle Sandrine Gras. Quant aux sodas, mieux vaut restreindre leur consommation à la portion congrue. 

 

 

Pour ce qui est du vin, le label bio ne signifie pas l'absence de sulfites, un conservateur qui peut être responsable d'allergies ou de maux de tête, mais au moins de pesticides. Dans votre bouteille de vin traditionnel, vous pouvez retrouver "un cocktail de 10, 11, 12 pesticides, dont certains interdits en France", alerte Antonin Iommi-Amunategui, dans une tribune sur L'Obs.

 

 

Les viticulteurs ajoutent au moment de la vinification jusqu'à 70 additifs et des intrants chimiques, précise cet écrivain, passionné par le vin naturel. Réalisé à partir de raisins bio, le vin naturel est exempt de tous ces produits. La bouteille est un peu plus chère, autour de 10 euros, mais cela vaut le coup d'essayer, non ? L'appli Raisin répertorie tous les endroits qui proposent du vin naturel à la vente.

 


17/11/2017
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Franceinfo - le jeudi 16 novembre 2017

 

 

A quel âge peut-on consentir à un acte sexuel ? Un fait divers impliquant une fillette de 11 ans rouvre le débat

La cour d'assises de Seine-et-Marne a estimé qu'un rapport sexuel entre un homme de 22 ans et une fillette de 11 ans ne s'était pas produit sous la contrainte. Le dossier relance le débat sur l'instauration d'un seuil de présomption de non-consentement pour les mineurs, avec son lot d'incertitudes

 

 

 

"A 11 ans, on n'est pas consentante." Devant le ministère de la Justice à Paris, mardi 14 novembre, plusieurs organisations féministes dénoncent de récentes décisions de justice dans des affaires concernant des mineures. Début novembre, notamment, la cour d'assises de Melun (Seine-et-Marne) a acquitté un homme accusé du viol d'une fillette de 11 ans, des faits remontant à il y a huit ans. L'affaire a suscité un vif émoi dans l'opinion et relancé le débat sur le consentement sexuel des mineurs : faut-il fixer un seuil, un âge en dessous duquel une victime ne pourra jamais être considérée comme consentante ?

 

 

 

Dans cette affaire, tout débute au mois d'août 2009. L'enfant se trouve en vacances chez son oncle. Elle joue au ballon et fait du vélo en compagnie d'autres enfants, dans la cour intérieure d'un immeuble de Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne). Sa cousine et une amie viennent l'informer qu'un "grand" veut lui parler. Ce jeune homme âgé de 22 ans se trouve également en villégiature dans le lotissement, chez un proche, mais ne lui a jamais adressé la parole auparavant. "Ils discutent de tout et de rien", raconte Laure Habeneck, avocate de cette jeune fille qui est aujourd'hui âgée de 20 ans. L'homme lui demande où il peut trouver un parc dans les alentours.

 

 

La plaignante assure avoir bien informé son interlocuteur de son âge, 11 ans. L'homme affirme qu'elle lui a dit 15 ou 16 ans. La fillette "fait" pourtant bien son âge, affirment par la suite des éducateurs, selon Laure Habeneck. Les deux protagonistes discutent de tout et de rien, tout en se dirigeant vers le parc voisin. "Il la suit, car elle connaît mieux Champs-sur-Marne que lui", raconte Samir Mbarki, avocat de l'homme. "Jusqu'à l'entrée, tout va bien. Ma cliente n'a jamais prétendu qu'il l'avait traînée de force, poursuit Laure Habeneck. Mais d'un seul coup, il s'empare d'elle et tout bascule."

 

 

Consentante à 11 ans ?

 

C'est à partir de là que les versions divergent. La plaignante dit avoir été maintenue, déshabillée et pénétrée. "Elle ne lui dit non à aucun moment, ça se fait naturellement", répond Samir Mbarki. "C'est parole contre parole", ajoute-t-il, en pointant l'absence de certificat médical, d'ITT (Incapacité totale de travail) ou de témoins. Mais Laure Habeneck est convaincue du caractère contraint de l'acte sexuel. Elle voit mal sa cliente, de nature timide et réservée, tomber dans un tel scénario avec un inconnu. "L'expert-psychologue explique que c'est quelqu'un qui n'exprime pas ses sentiments, jamais." Un enfant issu de ce rapport sexuel est né l'année suivante, en 2010, avant d'être placé. La famille a pris connaissance des faits lors de la grossesse de la jeune fille, selon Le Parisien.

 

 

Au moment d'évoquer son histoire, lors de l'audience à Melun, lundi 6 et mardi 7 novembre, la plaignante est en pleurs. Laure Habeneck évoque une jeune femme "très courageuse et digne" : "La défense a décrit la scène comme une initiative d'un rapport sexuel – le premier de sa vie, dans un parc avec un inconnu !". L'avocat général requiert huit ans de prison et un suivi socio-judiciaire, mais l'homme est finalement acquitté des accusations de viol. Citée par l'AFP, la procureure de Meaux explique que les jurés ont considéré que les éléments constitutifs du viol, "la contrainte, la menace, la violence et la surprise, n'étaient pas établis". 

 

 

"Comment ça se fait que des gens potentiellement parents puissent prendre des décisions comme celle-ci ?", s'interroge la mère de l'accusée, citée par l'avocate. Pourquoi la Cour n'a-t-elle pas retenue la "contrainte morale" ? Depuis 2010, l'article 222-22-1 du Code pénal prévoit que cette contrainte "peut résulter de la différence d'âge" entre une victime mineure et son agresseur. Agée de 11 ans lors des faits, la fillette était-elle seulement en mesure de consentir à un acte sexuel ? "Ma réponse est non", tranche son avocate.

 

 

Il n'y a aucun doute possible. C'était une enfant à l'époque. Elle ne s'intéressait pas aux garçons.

Laure Habeneck, avocate de la plaignante

à franceinfo

 

Mais le texte de 2010 sur la contrainte morale donne une "simple possibilité de définition", nuance Audrey Darsonville, professeure de droit pénal : "C'est une indication". La différence d'âge, seule, n'est aujourd'hui pas suffisante pour qualifier la contrainte. En revanche, la juriste estime que le jury aurait, dans cette affaire, pu et dû retenir le critère de surprise. "Une fillette de 11 ans n’a pas besoin de hurler pour que le viol s’applique, explique-t-elle. On peut considérer que l’état de sidération – qui est un état de tétanie – empêche le consentement."

 

 

12, 13, 14, 15 ans... Quelle limite ?

 

Pour éviter des cas comme celui-ci, de nombreuses associations proposent de fixer dans la loi un âge en deça duquel l'agression sexuelle (ou le viol, en cas de pénétration) serait établie de facto : tout acte sexuel entre un adulte et un mineur en-dessous de ce seuil serait qualifié de viol. "Cette question se pose car la loi est mal appliquée, estime Audrey Darsonville. C’est peut-être aujourd’hui le seul moyen qu’on a de protéger les mineurs." "L'avantage, c'est que l'avocat général n'aurait plus à apporter la preuve d'un défaut de consentement", poursuit Laure Habeneck. L'idée fait aujourd'hui l'objet de plusieurs pétitions et de quatre propositions de loi, selon un décompte du Monde. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, s'est engagée "sur une loi autour du printemps", au micro de CNews

 

 

Reste à définir ce fameux seuil. Le Haut Conseil à l'égalité propose 13 ans. Audrey Darsonville rappelle qu'un mineur peut être incarcéré à partir de cet âge, en droit pénal des mineurs. "Si l’on considère qu’un mineur de 13 ans est assez mûr pour être incarcéré, on peut considérer aussi qu’il a la maturité suffisante pour accorder son consentement aux relations sexuelles." C'est aussi l'âge statistique de la puberté, précise le psychiatre Roland Coutanceau, coauteur de Victimes et auteurs de violence sexuelle (éd. Dunod) : "L’imaginaire sexuel est révolutionné par la puberté. Une fille ou un garçon prépubère ne cherchent pas dans la sensualité la même chose qu’un(e) pubère."

 

 

Mais "la révolution pubertaire" n'est pas suffisante pour "donner un consentement pour une sexualité adulte". Le médecin rappelle que tous les adolescents ne développent pas la même maturité au même âge. "Au-delà du symbole de l'âge, qui permet de donner un message dans le champ social, rien ne remplace l'étude au cas par cas. Il faut encore étudier in concreto chaque histoire, pour comprendre ce qui s'est passé entre les deux protagonistes." D'autres propositions françaises évoquent un seuil à 15 ans. L'Espagne, l'Allemagne et le Royaume-Uni et l'Allemagne ont respectivement adopté des barrières à 12, 14 et 16 ans.

 

 

Une requalification en "atteinte sexuelle" possible

On veut faire croire que la cour d'assises a légalisé la pédophilie en France, mais personne ne veut comprendre ! C’est horrible ce que la plaignante a subi, mais cela s’appelle une atteinte sexuelle sur mineure de moins de 15 ans et pas un viol.

Samir Mbarki, avocat de l'accusé

à franceinfo

 

Récemment, le tribunal de Pontoise (Val-d'Oise) a ainsi acquitté un homme, accusé de viol, dans un dossier similaire, tout en le poursuivant pour atteinte sexuelle. Cette qualification, toutefois, n'a pas été évoquée dans l'affaire de Champs-sur-Marne. Sollicité par franceinfo à ce sujet, le parquet n'a pour l'heure pas donné suite. Un tel délit aurait peut-être pu permettre de condamner l'accusé, mais pour Audrey Darsonville, toutefois, ce terme reste un pis-aller dans ce genre d'affaires. "C'est très injuste pour les victimes car l'atteinte sexuelle postule qu'elles étaient consentantes", analyse-t-elle.

 

 

Contrairement au viol, l'atteinte sexuelle n'est pas un crime, jugé aux assises, mais un délit, puni de cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende, étudié au tribunal correctionnel. Quand elle n'est pas utilisée à bon escient, il s'agirait donc d'une sous-qualification. "Les juges sont parfois réticents à envoyer des mineurs devant la cour d’assises [pour un crime, le viol], par crainte que leur parole ne soit pas suffisamment entendue par les jurés", explique Audrey Darsonville.

 

 

Dans cette affaire, la plaignante "a dû faire preuve d'énormément de courage pour venir à la barre", estime son avocate. Après avoir fait "le deuil de son enfance" en 2009, elle a vécu l'acquittement "comme un deuxième traumatisme", selon les mots de Laure Habenec. Aujourd'hui étudiante, la jeune femme âgée de 20 ans ne souhaite pas s'exprimer. Un nouveau procès doit avoir lieu, car l'avocat général a fait appel du verdict controversé.

 


16/11/2017
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Franceinfo - le 6 novembre 2017

 

 

"Paradise Papers" : nouvelles révélations sur l'argent caché des paradis fiscaux

Dix-huit mois après le scandale des "Panama Papers", nouvelles révélations sur l'argent caché dans les paradis fiscaux

 

 

C'est le fruit d'un travail de plusieurs mois, mené par près de 400 journalistes du monde entier. Dix-huit mois après le scandale des "Panama Papers", place aux "Paradise Papers". En partenariat avec le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), et à l'initiative du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, la cellule investigation de Radio France et l'émission "Cash investigation" de France 2 ont eu accès à quelque treize millions de fichiers, pour moitié issus du cabinet-conseil britannique Appleby installé aux Bermudes et dans dix autres paradis fiscaux. Il en ressort que le placement d'argent dans les places offshores est une pratique courante des entreprises multinationales, ainsi que de centaines de VIP, qui soustraient ainsi au fisc des montants astronomiques.

 

 

 Un proche de Trump éclaboussé. Parmi les révélations des "Paradise Papers" : les liens d'affaires entretenus par l’actuel secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, avec l’entourage du président russe, Vladimir Poutine. Malgré les sanctions contre la Russie, Wilbur Ross possède en effet toujours des intérêts dans la compagnie de transport maritime de gaz liquéfié Navigator Holdings qui fait des affaires avec un géant du gaz et du pétrole, Sibur, contrôlé par des proches du président russe, Vladimir Poutine.

 

 

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, également cité. L'exploitation des données révèle également la soustraction au fisc de plusieurs millions d’euros par des proches du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, pourtant champion de l’égalitarisme fiscal. Des acteurs clefs du Parti libéral canadien sont en effet impliqués dans des montages offshores très opaques, notamment le milliardaire et ami d’enfance du Premier Ministre, Stephen Bronfman.

 

 

La reine Elisabeth II concernée. Enfin, les premières révélations de cette enquête montrent que la reine d'Angleterre a, elle aussi, recours à des paradis fiscaux pour placer ses fonds et qu'ils contribuent en bout de chaîne à appauvrir les Britanniques les moins favorisés. Elisabeth II possède une société qui gère ses biens, intitulée "Duché de Lancaster". En 2005, cette société a investi 7,5 millions de dollars dans un fond situé aux îles Caïmans. Ce fond aux Caïmans a lui-même investi dans un fonds qui contrôle une société baptisée "Brighthouse". Or celle-ci est dans le collimateur de plusieurs députés et associations de consommateurs britanniques, parce qu’il vend de l’électroménager des appareils électroniques et de l’ameublement, en proposant à ses clients des crédits avec des taux d’intérêt de 99,9 %.

  


14/11/2017
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Franceinfo - le lundi 13 novembre 2017

 

 

Violences sexuelles : les plaintes ont augmenté de 30% en octobre

Près de 360 plaintes supplémentaires pour violences sexuelles ont été enregistrées en zone gendarmerie et en zone police en octobre 2017 par rapport à la même période de l'année précédente, a appris franceinfo, lundi

 

 

Les plaintes pour violences sexuelles déposées en zone gendarmerie et en zone police ont bondi respectivement de 30 % et de 23 % en octobre par rapport à la même période l'année passée, a appris franceinfo, lundi 13 novembre auprès des gendarmes, confirmant une information de l'AFP. Cette augmentation représente environ 360 faits supplémentaires.

 

 

 

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La parole s'est libérée

 

Cette hausse intervient après la révélation, début octobre, de l'affaire Harvey Weinstein aux Etats-Unis. Celle-ci a incité de nombreuses victimes à témoigner. Des initiatives ont été prises via les réseaux sociaux avec le hashtag #balancetonpoc, en France, ou encore #MeToo, ailleurs dans le monde.

 

 

Les plaintes déposées pour violences sexuelles concernent des faits de harcèlement sexuel, d'agression sexuelle et de viol. Le directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN), Richard Lizurey, a envoyé, le 10 novembre, une note express sur l'action de la gendarmerie nationale en matière de violences faites aux femmes à tous les militaires de la gendarmerie et aux préfets.

 


14/11/2017
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Franceinfo - le lundi 13 novembre 2017

 

 

Un violent séisme fait au moins 344 morts en Iran et en Irak

D'une magnitude de 7,3 sur l'échelle de Richter, le séisme a frappé une zone montagneuse aux confins des deux pays

 

 

Au moins 344 personnes ont été tuées et plusieurs milliers de blessés dans un tremblement de terre de magnitude 7,3 qui a frappé, dimanche 12 novembre, le nord-est de l'Irak et des régions frontalières en Iran et en Turquie. En Iran, le bilan des victimes n'a cessé d'augmenter au fil des heures. Selon la cellule de crise, citée par la télévision d'Etat iranienne, on dénombrait 336 morts et 3 950 blessés. A cela s'ajoutent huit morts et 321 blessés côté irakien, selon des chiffres encore provisoires.

 

 

Selon l'Institut géologique américain (USGS), la secousse a été enregistrée à une profondeur de 25 kilomètres à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de la ville d'Halabja, dans une zone montagneuse de la province irakienne de Souleimaniyeh. Elle a eu lieu à 19h18, heure de Paris, et a également été ressentie en Iran ainsi qu'en Turquie où ni dégâts ni victimes n'ont été enregistrés, selon les autorités.

 

 

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De nombreuses répliques

 

La secousse a été ressentie pendant une vingtaine de secondes à Bagdad et parfois pendant des durées plus longues dans les autres provinces d'Irak, qui ont toutes été touchées, ont témoigné des journalistes de l'AFP. Selon le site internet de l'Institut de géophysique de l'université de Téhéran, le séisme a été suivi de nombreuses autres secousses pendant la nuit, dont au moins trois supérieures à 4,3 sur l'échelle de Richter.

 

 

Côté iranien, la ville la plus touchée est Sarpol-e Zahab, avec 142 morts. La ville d'Islamabad et le poste-frontière de Qasr-e Shirin, tous deux également dans la province de Kermanshah ont aussi été touchés. "Nous sommes en train d'installer trois camps d'urgence" dans cette zone, a déclaré à la télévision d'Etat le gouverneur adjoint de Kermanshah.

 

 

Une région régulièrement touchée par les séismes

 

D'après l'agence officielle Irna, une trentaine d'équipes de secouristes du Croissant-Rouge iranien ont été envoyées dans l'ouest de l'Iran. Interrogé par la télévision d'Etat, Pir Hossein Koolivand, le chef du Service national d'urgence, a déclaré qu'il était "difficile d'envoyer des équipes de secours dans (certains) villages car les routes ont été coupées (à cause de) glissements de terrains".

 

 

En décembre 2003, un séisme avait anéanti la ville historique de Bam en Iran, dans la province de Kerman (sud-est). Au moins 31 000 personnes avaient été tuées. En avril 2013, l'Iran avait subi à quelques jours d'intervalle deux séismes de magnitude 6,4 puis 7,7, la plus forte secousse depuis 1957 dans ce pays. Ils avaient fait une quarantaine de morts en Iran et autant au Pakistan voisin. En juin 1990, un séisme d'une magnitude de 7,4 en Iran près de la mer Caspienne (Nord) avait fait 40 000 morts, plus de 300 000 blessés et 500 000 sans-abri.

 


14/11/2017
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Franceinfo - le lundi 6 novembre 2017

 

 

COP 23 : sept batailles que l'humanité a déjà perdues face au réchauffement climatique

 

Gaz à effets de serre, températures record, banquise qui fond de plus en plus... Franceinfo vous explique pourquoi le dérèglement climatique n'est plus une menace pour les générations futures mais une réalité pour la nôtre

 

 

 

La 23e conférence des parties sur le climat, la COP 23, s'ouvre à Bonn (Allemagne), lundi 6 novembre. Pendant deux semaines, elle doit engager 196 pays dans une lutte concrète contre les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. Pour empêcher une hausse des températures globales supérieure à 2°C par rapport au début de l'ère industrielle, il va falloir revoir de fond en comble nos façons de nous chauffer, de nous éclairer ou encore de nous déplacer.

 

 

Le chantier est énorme, mais les dangers qui nous menacent le sont davantage. Famine, déplacements de populations, crises économiques, extinctions massives d'espèces, déstabilisations géopolitiques, guerres... Si rien n'est fait, l'avenir promet d'être sombre pour l'espèce humaine. Quant au présent, il n'est pas plus réjouissant alors que nous payons déjà le prix de décennies de procrastinations. Vous en doutez ? Franceinfo vous apporte la preuve par 7 qu'il est temps de paniquer.

 

 

 

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1 - Il faudrait déjà que les émissions de CO2 soient en baisse

 

On le sait depuis longtemps, les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère sont responsables du réchauffement climatique. Or, ce taux n'a fait qu'augmenter depuis le XIXe siècle : d'environ 275 ppm (partie par million) avant la révolution industrielle, il est passé à 340 ppm en 1980 avant d'atteindre son record en 2016 avec 403 ppmPour le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), si l'on souhaite contenir la hausse des températures moyennes du globe à moins de 2°C d'ici à 2100, il faut impérativement empêcher la concentration de CO2 d'excéder 450 ppm. Mais d'autres estiment que la limite doit être fixée bien plus bas, à 350 ppm.

 

 

Problème : nous ne sommes même pas encore parvenus à stabiliser ce taux alors qu'il est urgent d'inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre. Selon un article publié en juin dans la revue Nature (en anglais), il faut absolument inverser cette tendance dès 2020, sans quoi il sera trop tard. Oui, c'est dans trois ans. TROIS ANS !

 

 

 

 

2 - Les canicules extrêmes sont passées du stade de menace à réalité

 

 

La température moyenne du globe a augmenté d'environ 1°C depuis la révolution industrielle. Vous trouvez cela insignifiant ? Détrompez-vous. C'est énorme. Cette moyenne globale cache des situations différentes d'une région à l'autre et parfois terrifiantes. Par exemple, en novembre 2016, le pôle Nord a connu un pic de chaleur, avec une température supérieure de 20°C par rapport aux normales saisonnières (-5°C au lieu de -25°C). 

 

 

 

L'été suivant, une canicule a fait griller 11 pays du sud et de l'est de l'Europe – torride, elle a été baptisée "Lucifer" – avec des températures excédant les 40°C. Or, selon un rapport de l'ONG scientifique Climate Central, le dérèglement climatique a rendu dix fois plus probable la survenue d'un été aussi chaud dans les années qui viennent. D'ici à 2050, "Lucifer" sera donc la norme en Italie, en Croatie ou encore en Grèce. Si rien n'est fait, évidemment.

 

 

 

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3 - Dans l'océan Arctique, la banquise est de moins en moins grande

 

L'Arctique constitue la zone la plus sensible au réchauffement climatique. D'ailleurs, sous l'effet des températures de plus en plus élevées, la surface de la banquise se réduit chaque été jusqu'à ne représenter que 5 millions de km2 (contre 7 millions en 1980). Or, si c'est devenu la routine, une telle fonte n'avait jamais été observée avant 2007. Un record de seulement 3,39 millions de km2 de glace a même été atteint en 2012, rappelle CarbonBrief (en anglais). Le problème, c'est que lorsqu'il y a moins de glace pour renvoyer les rayons du soleil, la température de l'océan grimpe plus vite et la glace fond davantage encore.

 

 

Pour de nombreux scientifiques, le point de non-retour est déjà atteint. Si les températures globales augmentent de plus de 2°C, la banquise n'aurait plus que 60% de chances de survie en été. L'hiver n'est pas plus rassurant. En mars 2017, la superficie de la glace hivernale dans l'océan Arctique n'avait jamais été si basse depuis le début des observations satellite en 1979, et ce pour la troisième année consécutive. L'ambiance y est si chaude qu'en novembre 2016, à l'heure où la glace devait se constituer, elle s'est brièvement mise à fondre.

 

 

 

 

4 - En Antarctique, il pleut au lieu de neiger

 

 

"Quand j'allais en Antarctique dans les années 1990, il ne pleuvait jamais. Aujourd'hui, il pleut régulièrement, au lieu de neiger." Le directeur de l'Institut antarctique argentin (IAA), cité par l'AFP, n'est pas le seul à s'inquiéter de cet aléa climatique dans la zone la plus froide de la planète. Selon une étude parue en juin dans Nature, si l’augmentation de la température globale des océans fait déjà fondre les glaces de la région plus rapidement, le courant El Niño participe également à l'accélération de ce phénomène.

 

 

 

D’après les chercheurs, une masse de glace d’une superficie de près de 770 000 km2, soit plus grande que la France, est en train de fondre à l'heure où vous lisez ces lignes. La pluie vient encore aggraver la situation alors que la calotte polaire fond déjà par-dessous (à cause de la température de plus en plus élevée de l'océan). Si cette calotte vient à se détacher, la fonte irréversible de ces glaces de l'ouest de l'Atlantique pourrait faire grimper le niveau de la mer de plus de 3 mètres, en quelques siècles.

 

 

 

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5 - La montée des eaux s'accélère

 

Un conseil : n'achetez pas de villa en bord de mer à Miami, aux Etats-Unis. A la fin octobre, trois études internationales publiées dans Environmental Research Letters et Nature ont estimé que la fonte des glaces provoquerait une élévation de 2 mètres du niveau des océans d'ici à 2100 (contre environ 1 mètre, selon les prévisions du Giec). Les résultats des travaux diffèrent sur l'ampleur de cette hausse à venir, mais tous tendent à confirmer que l'accélération de ce phénomène est déjà bien engagé. Fin octobre, la mairie de Boston, sur la côte est des Etats-Unis, a annoncé la construction d'infrastructures sensées protéger les quartiers menacés par la montée des eaux. Miami fait de même, tandis que New York se prépare à connaître environ tous les 5 ans des inondations semblables à celles générées par l'ouragan Sandy, à partir de 2030-2045 (contre tous les 500 ans auparavant).

 

 

Car une étude publiée en juin dans le journal Nature Climate Change notait que le niveau des océans augmentait chaque année de plus en plus vite : de 3,3 mm en 2014, contre 2,2 mm observés en 1993 et 1,7 au début du 20e siècle – notamment à cause de la fonte de la calotte polaire du Groenland. Et si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent à ce rythme, les prévisions les plus alarmistes évoquent une hausse du niveau de la mer de 30 cm par décennie (contre 30 cm par siècle actuellement). Or, une montée d'un mètre met déjà en danger 4,2 millions de personnes uniquement aux Etats-Unis, rapporte le New York Times (en anglais). Ailleurs, des mégalopoles comme Lagos, Shangaï ou Bombay seraient également sous l'eau.

 

 

 

 

6 - Les coraux du monde entier sont en train de mourir

 

 

Ces 30 dernières années, environ la moitié des coraux ont disparu, blanchis puis tués par l'effet conjugué de la pollution et du réchauffement de la température des océans. Et pas seulement sur la très célèbre Grande barrière de corail australienne. Les chercheurs de l'expédition Tara ont constaté un blanchissement massif des coraux sur l’ensemble du Pacifique : en Polynésie, il atteint 30 à 50% près de certaines îles Tuamotu. Près de 70% de la couverture corallienne a été affectée par ce phénomène dans les îles Pitcairn et 90% dans les îles Samoa... Là-bas, de nombreuses colonies coralliennes sont déjà mortes, tout comme en Micronésie, aux îles Tuvalu et Kiribati, rapporte The Conversation.

 

 

 

"Nous sommes désormais en présence d’un réchauffement global de l’océan auquel s’ajoutent des périodes estivales très chaudes, de moins en moins espacées d’année en année", s'est inquiété le directeur scientifique de la mission, Serge Planes. Même si le réchauffement s'arrêtait subitement, les spécialistes estiment que nous aurons perdu 90% des coraux de la planète d'ici à 2050. Sachant qu'une espèce marine sur quatre vit dans ces coraux (oui, y compris Nemo), cette perte est une catastrophe écologique autant qu'économique.

 

 

 

 

7 - Les catastrophes naturelles sont de plus en plus destructrices

 

 

Les climatologues avaient prédit que les phénomènes extrêmes seraient de plus en plus dévastateurs. L'année 2017 leur a donné raison. Si les canicules sont fréquentes en Inde, les fortes chaleurs ont frappé dès le mois d'avril, avec des températures excédant parfois les 40°C. Simultanément, la Somalie a vécu la pire sécheresse de son histoire. En août, la mousson a été particulièrement violente au Népal, au Bangladesh et en Inde, provoquant des inondations pendant plusieurs semaines. Quid des ouragans qui ont balayé l'Atlantique en août, septembre et octobre ? S'ils ne sont pas le fruit du réchauffement climatique, plusieurs études s'accordent à dire que ce dernier influence toutefois leurs déplacements, voire leur intensité. Or des phénomènes plus intenses entraînent plus de dégâts et menacent la vie de milliards de personnes à travers le monde, exposées aux éléments mais aussi à des famines ou à des destructions.

 


07/11/2017
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Franceinfo - le jeudi 26 octobre 2017

 

 

Huit Français sur dix estiment qu'il faut interdire le glyphosate

 

Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et "Le Figaro", publié jeudi, 81% des Français estiment qu'il faut interdire le glyphosate. Les Français sont unanimes, quelle que soit leur orientation politique

 

 

Huit Français sur dix (81%) estiment qu'il faut interdire le glyphosate, parce que cet herbicide est "potentiellement dangereux pour la santé", selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting* pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi 26 octobre. Seuls 19% des sondés pensent au contraire qu'il "ne faut pas l'interdire", parce que "sa dangerosité n'est pas certaine et que les agriculteurs français en ont besoin".  

 

 

Huit Français sur dix estiment qu'il faut interdire le glyphosate.
Huit Français sur dix estiment qu'il faut interdire le glyphosate. (STEPHANIE BERLU / RADIO FRANCE)

 

 

 

 

Les Français sont unanimes, quelle que soit leur orientation politique. Cette interdiction est demandée par 86% des sympathisants de gauche, 85% de ceux d'En Marche, 75% de ceux de droite et 77% des sympathisants du FN.  

 

 

 

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La moitié des Français pensent que Nicolas Hulot n'a pas de poids pour défendre l'environnement

 

Par ailleurs, 55% des Français estiment que le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, ne pèse pas dans les décisions du gouvernement concernant l'environnement. Le ministre est premier, en terme de cote d'adhésion, dans le baromètre politique Odoxa de la semaine, mais seuls les sympathisants En Marche "sauvent" son action au gouvernement. Ils sont 73% à penser que Nicolas Hulot pèse "fortement".

 

 

Les sympathisants écologiques, eux, sont une courte majorité (53%) à juger que le ministre agit. Les autres sondés sont bien plus critiques : 57% des sympathisants de la gauche de la gauche, 63% de ceux de la droite parlementaire et 69% de ceux du Front National estiment que le ministre "ne fait rien" pour l'environnement.  

 

 

Notre-Dame-des-Landes illustre un clivage dans l'opinion

 

 

Près d'un sondé sur deux (49%) pense que Nicolas Hulot devra démissionner de son ministère si la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est confirmée, en décembre. Cette division montre de profonds clivages dans l'opinion. Ainsi, 74% des sympathisants LREM, 58% de ceux du PS et 53% de ceux des Verts ne souhaitent pas sa démission. A l'inverse, 62% des sympathisants du Front National et 56% de ceux de la gauche de la gauche estiment qu'il devra quitter son poste.  

 

 

*Ce sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et le Figaro a été réalisé par internet les 25 et 26 octobre 2017, auprès d'un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, parmi lesquelles 224 sympathisants de gauche, 145 sympathisants En Marche, 112 sympathisants de droite hors FN et 163 sympathisants du FN. La représentativité de l'échantillon est assurée par la méthode des quotas.

 


03/11/2017
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Franeinfo - le 19 octobre 2017

 

 

Plus d’une Française sur deux a déjà été victime de harcèlement ou d’agression sexuelle, selon un sondage

Près de 53% des Françaises déclarent avoir déjà été victimes de harcèlement ou d'agression sexuelle, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et "Le Figaro", paru jeudi

 

 

 

Près de 53% des Françaises ont déjà été victimes de harcèlement ou d’agression sexuelle, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting* pour franceinfo et Le Figaro, jeudi 19 octobre. Le chiffre augmente chez les moins de 35 ans avec plus de six femmes sur dix ayant subi ces types d'actes.

 

 

 

38% des Françaises déclarent avoir été victimes de harcèlement sexuel en dehors de leur lieu de travail.
38% des Françaises déclarent avoir été victimes de harcèlement sexuel en dehors de leur lieu de travail. (RADIO FRANCE / FRANCEINFO / STEPHANIE BERLU)

 

Neuf Français et Françaises sur dix estiment que la question du harcèlement sexuel et des agressions sexuelles est un problème "important". Près d'une personne sur deux le qualifie même de "très important".

 

 

Dans ce contexte, 80% des Français (74% des hommes et 85% des femmes), sont favorables au projet de loi prévu pour 2018 visant à verbaliser le harcèlement sexuel de rue. Il a été présenté, mardi, par Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes.

 

 

 

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Des différences de point de vue entre générations

 

Sur le plan générationnel, il existe de très forts clivages. Ce qu'une mère tolérait n'est absolument plus accepté par les femmes de moins de 35 ans. Ainsi, "siffler une fille dans la rue" est perçu différement selon la tranche d'âge interrogée. Près de 60% des femmes âgées de 18 à 35 ans considèrent ce comportement comme répréhensible, relevant du harcèlement ou de l'agression, tandis que seulement un tiers (34%) des femmes de plus de 65 ans partagent ce regard.

 

 

*Ce sondage Odoxa-Dentsu Consulting a été réalisé pour franceinfo et le Figaro, auprès de 995 personnes, âgées de 18 ans et plus, interrogées par Internet les 18 et 19 octobre 2017.

 


03/11/2017
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Franceinfo - le lundi 30 octobre 2017

 

 

Réchauffement climatique : il n'y a jamais eu autant de CO2 dans l'atmosphère, selon l'ONU

 

Selon l'Organisation météorologique mondiale, cette "montée en flèche" du niveau de CO2 est due à "la conjonction des activités humaines et d'un puissant épisode El Niño"

 

 

Les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère, responsables du réchauffement climatique, ont atteint un niveau record en 2016, annonce lundi 30 octobre, l'Organisation météorologique mondiale (OMM).  

 

 

"La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c'était il y a 3 à 5 millions d'années : la température était de 2 à 3°C plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres par rapport au niveau actuel", rappelle l'OMM dans son bulletin annuel sur les gaz à effet de serre.

 

 

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Le quartier de La Défense, à Paris, pris dans un nuage de pollution, le 14 octobre 2017.  (OLIVIER MORIN / AFP)

 

 

 

Vers "une hausse dangereuse de la température d'ici à la fin du siècle"

 

Selon l'OMM, cette "montée en flèche" du niveau de CO2 est due à "la conjonction des activités humaines et d'un puissant épisode El Niño", phénomène climatique qui apparaît tous les quatre ou cinq ans et se traduit par une hausse de la température de l'océan Pacifique, ce qui provoque des sécheresses et de fortes précipitations. "Alors qu'elle était de 400 parties par million (ppm) en 2015, la teneur de l'atmosphère en dioxyde de carbone (...) a atteint 403,3 ppm en 2016" et "représente désormais 145% de ce qu'elle était à l'époque pré-industrielle [avant 1750]", précise le rapport rendu public à Genève (Suisse), siège de l'OMM.

 

 

 

Les chercheurs se basent sur les carottes de glace pour déterminer les variations de la teneur en CO2 dans l'atmosphère au cours du temps. "Si l'on ne réduit pas rapidement les émissions de gaz à effet de serre, et notamment de CO2, nous allons au-devant d'une hausse dangereuse de la température d'ici à la fin du siècle, bien au-delà de la cible fixée dans l'accord de Paris sur le climat, avertit le secrétaire général de l'OMM, le Finlandais Petteri Taalas. Les générations à venir hériteront d'une planète nettement moins hospitalière."

 

 

 

"Il faut renverser la tendance"

 

Depuis l'ère industrielle, soit depuis 1750, la croissance démographique, la pratique d'une agriculture de plus en plus intensive, une plus grande utilisation des terres, la déforestation, l'industrialisation et l'exploitation des combustibles fossiles à des fins énergétiques provoquent une augmentation de la teneur atmosphérique en gaz à effet de serre, dont le principal est le CO2

 

 

"Le CO2 persiste dans l'atmosphère pendant des siècles et dans l'océan, encore plus longtemps. Selon les lois de la physique, la température sera nettement plus élevée et les phénomènes climatiques plus extrêmes à l'avenir. Or, nous n'avons pas de baguette magique pour faire disparaître cet excédent de CO2 atmosphérique", souligne Petteri Taalas. Pour Erik Solheim, chef de l'agence ONU-Environnement, "le temps presse". Et il ajoute : "Les chiffres ne mentent pas. Nos émissions continuent d'être trop élevées et il faut renverser la tendance (...) Nous disposons déjà de nombreuses solutions pour faire face à ce défi. Il ne manque que la volonté politique."

 


31/10/2017
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