L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le mercredi 31 octobre 2018

 

 

Le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi était "prémédité", annonce le procureur turc chargé de l'enquête

 

 

Jamal Khashoggi a été tué par "strangulation" au consulat de son pays à Istanbul et son corps "démembré", précise aussi le procureur d'Istanbul

 

 

 

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Des manifestants decant l'ambassade saoudienne, à Washington (Etats-Unis), le 8 octobre 2018.  (JIM WATSON / AFP)

 

 

 

Le journaliste Jamal Khashoggi a été tué par "strangulation" à son arrivée au consulat saoudien en Turquie, le 2 octobre, avant d'être "démembré". C'est ce qu'a annoncé le procureur d'Istanbul, mercredi 31 octobre, soulignant le caractère "prémédité" de ce meurtre. Expliquant que la visite à Istanbul du procureur général saoudien dans le cadre de l'enquête "n'a pas donné de résultat concret", le bureau du procureur d'Istanbul se dit dans un communiqué "obligé" de partager certains éléments révélés par son enquête.

 

 

Conformément à un plan prémédité, la victime Jamal Khashoggi a été étranglée à mort dès son entrée au consulat. Le corps de la victime a été démembré et on s'en est débarrassé suite à sa mort par strangulation.communiqué du bureau du procureur d'Istanbul

 

 

Selon le texte du bureau du procureur, les autorités turques ont de nouveau demandé au procureur saoudien et la délégation l'accompagnant l'extradition de 18 suspects arrêtés en Arabie saoudite dans le cadre de l'enquête sur la mort du journaliste, tué dans le consulat de son pays où il s'est rendu le 2 octobre pour des démarches administratives.

 

 

 

Ryad évoque une opération "non autorisée"

Elles ont également exigé de savoir où se trouvait le corps de Khashoggi, toujours pas retrouvé, et l'identité du "collaborateur local" mentionné par Ryad et si des éléments confirmant le caractère prémédité du meurtre avaient été mis au jour par Ryad. En guise de réponse, toujours selon le communiqué, le procureur d'Istanbul a été invité à se rendre en Arabie saoudite avec les éléments de l'enquête en sa possession. Le communiqué n'a pas précisé si le procureur turc entend donner suite à cette invitation.

 

 

Ryad a estimé, selon le texte, que seule une enquête conjointe entre les deux pays pourra permettre de déterminer ce qu'il est advenu du corps de Khashoggi et si son meurtre a été prémédité. Sous la pression internationale, Ryad a fini par reconnaître, après plusieurs jours de dénégations, le meurtre du journaliste dans son consulat lors d'une opération "non autorisée", mais a avancé plusieurs versions contradictoires qui ont suscité le scepticisme.

 

 

Plusieurs responsables et médias turcs ont directement incriminé le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit MBS, dans ce meurtre, alors que Ryad s'efforce de le dédouaner en insistant sur le caractère "non autorisé" de l'opération.

 


12/11/2018
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Franceinfo - le mercredi 24 octobre 2018

 

 

Affaire Khashoggi : le prince héritier d'Arabie saoudite assure que "la justice prévaudra" après le meurtre du journaliste

 

 

Mohammed ben Salmane s'est exprimé pour la première fois sur l'affaire Kashoggi lors d'un forum international sur l'investissement à Riyad

 

 

 

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Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane à Riyad, le 23 octobre 2018. (AMR NABIL/AP/SIPA / AP)

 

 

 

Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane a qualifié mercredi 24 octobre de "crime haineux" le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat d'Istanbul (Turquie), affirmant que Riyad coopérait avec Ankara et que "la justice prévaudra". S'exprimant lors d'un forum international sur l'investissement à Riyad, le prince a estimé qu'il n'y aurait "pas de rupture des liens avec la Turquie", dans ses premières déclarations publiques depuis la disparition de Khashoggi le 2 octobre.

 

 

Ceux qui sont derrière ce crime devront rendre des comptes (...) et, à la fin, la justice prévaudra.Mohammed ben Salmanelors d'un forum à Riyad

Plus tôt, la présidence turque avait indiqué que le président Recep Tayyip Erdogan et Mohammed ben Salmane avaient discuté mercredi des "efforts communs" à mettre en œuvre pour élucider le meurtre de Khashoggi, un journaliste critique du prince héritier. L'Arabie saoudite avait d'abord affirmé que Khashoggi était parti librement après s'être rendu au consulat pour des démarches administratives en vue de son mariage avec une Turque.

 

 

Cependant, alors que la pression internationale montait, le royaume a admis samedi dernier qu'il était mort dans le consulat, évoquant un décès à la suite d'une "rixe". Riyad a annoncé des arrestations et des limogeages, notamment à la tête des services de renseignement. Des responsables saoudiens ont affirmé que le prince Mohammed n'avait "pas été informé" de l'opération contre Khashoggi.

 


29/10/2018
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Franceinfo - le mardi 23 octobre 2018 - mis à jour le mercredi 24 octobre 2018

 

 

Meurtre de Jamal Khashoggi : "tous ceux qui ont joué un rôle" doivent être punis, déclare Recep Tayyip Erdogan

 

 

 

Le président turc s'est exprimé mardi devant les parlementaires de son parti à Ankara, trois semaines après la mort du journaliste saoudien

 

 

 

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Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, le 23 octobre 2018 à Ankara (Turquie). (ERCIN TOP / ANADOLU AGENCY / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé mardi 23 octobre que toutes les personnes impliquées dans le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, y compris les commanditaires, devaient être punies. "La conscience internationale ne sera apaisée que lorsque toutes les personnes impliquées, des exécutants aux commanditaires, auront été punies", a-t-il déclaré, proposant que 18 suspects arrêtés en Arabie "soient jugés à Istanbul".

 

 

Un "meurtre planifié". Dans ce discours prononcé devant le groupe parlementaire de son parti à Ankara, Erdogan a affirmé que le meurtre de Khashoggi le 2 octobre avait été "planifié" plusieurs jours à l'avance, contredisant la version saoudienne faisant état d'une rixe ayant mal tourné.

 

 

Trois agents saoudiens arrivés en Turquie la veille de la disparition. Le président turc a révélé que trois agents saoudiens étaient arrivés en Turquie la veille de la disparition du journaliste. Le trio s'est rendu dans une forêt proche d'Istanbul ainsi qu'à Yalova, une ville située sur la mer de Marmara, à 90 km au sud d'Istanbul, deux sites où la police turque a procédé à des fouilles.

 

 

La vidéosurveillance du consulat désactivée le matin même. Le président turc n'a pas donné d'éléments sur ce qui a pu se produire à l'intérieur du consulat saoudien, avant et après la mort du journaliste. Il affirme que le circuit de vidéosurveillance du consulat a été "désactivé" le matin de la disparition du journaliste et que l'enquête ne sera pas terminée tant que "toutes les questions n'auront pas de réponse".

 


29/10/2018
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Franceinfo - le samedi 20 octobre 2018

 

 

Mort du journaliste Jamal Khashoggi : la France "condamne ce meurtre" et réclame "une enquête exhaustive"

 

 

Le même jour, l'Arabie saoudite a fini par reconnaître la mort du journaliste, après dix-sept jours de dénégations

 

 

 

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Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, le 6 septembre 2018 à Athènes. (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

 

 

 

"La France condamne ce meurtre avec la plus grande fermeté." Samedi 20 octobre, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian a réagi à la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. Le même jour, l'Arabie saoudite a fini par reconnaître sa mort, après dix-sept jours de dénégations. "De nombreuses questions restent toutefois sans réponse. Elles nécessitent une enquête exhaustive", réclame le ministre, dans un communiqué.

 

 

Le procureur général Saoud Al-Mojeb a publié un communiqué sur le déroulement des faits. "Les discussions qui ont eu lieu entre lui et les personnes qui l'ont reçu au consulat saoudien à Istanbul ont débouché sur une rixe à coups de poing avec le citoyen Jamal Khashoggi, ce qui a conduit à sa mort, que son âme repose en paix", écrit-il. Il n'a, en revanche, pas précisé où se trouvait le corps de Jamal Khashoggi, alors que les enquêteurs turcs poursuivent leurs investigations.

 

 

"La France exprime une nouvelle fois ses attentes à l’égard des autorités saoudiennes pour qu’elles agissent en ce sens. Ces attentes sont d’autant plus fortes que nos deux pays sont liés par un partenariat stratégique qui implique franchise, exigence et transparence", détaille le ministre français dans son communiqué.

 


26/10/2018
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Franceinfo - le samedi 20 octobre 2018 - mis à jour le mardi 23.10.18

 

 

Complots, purges, guerre… Mohammed ben Salmane, l'itinéraire d'un prince à la main de fer

 

 

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Camille CaldiniFrance Télévisions

 

 

 

Le prince-héritier d'Arabie saoudite a montré au monde un visage de réformateur, tout en faisant preuve de brutalité dans sa gestion des affaires du pays

 

 

 

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 Le prince héritier Mohammed ben Salmane (à droite), et son père le roi Salmane d'Arabie saoudite, lors d'une réunion à La Mecque, le 11 juin 2018. (BANDAR AL-JALOUD / SAUDI ROYAL PALACE / AFP)

 

 

 

Il voulait "faire entrer l'Arabie saoudite dans le XXIe siècle". Jeune, dynamique, réformateur, prônant "un islam du juste milieu"… Mohammed ben Salmane, prince-héritier du trône saoudien, a dépensé beaucoup d'énergie et de pétrodollars, pour tisser et renforcer ses relations économiques et diplomatiques avec les alliés du royaume, Etats-Unis en tête, ces dernières années. Mais l'affaire Jamal Khashoggi, journaliste saoudien dont l'Arabie saoudite a confirmé, samedi 20 octobre, la mort lors d'une "rixe" au consulat de son pays à d'Istanbul, début octobre, jette une lumière crue sur la face sombre de "MBS".

 

 

>> DIRECT. Affaire Khashoggi : le président turc Recep Tayyip Erdogan s'exprime devant le Parlement, trois semaines après la mort du journaliste

 

 

Dans les rues de Riyad, on l'appelle parfois "Abu Rasasa", littéralement "le père de la balle". Le surnom lui vient d'une anecdote, murmurée jusque dans les couloirs des ambassades. Lorsqu'il était âgé d'à peine plus de 20 ans, MBS aurait forcé la main d'un juge saoudien qui refusait de signer un document, en déposant une balle de pistolet sur son bureau, raconte The Atlantic*. "Signez ou ceci est pour vous", aurait-il ajouté. Véridique ou non, "l'histoire de la balle" révèle la crainte qu'inspire déjà le jeune MBS, qui n'a pas encore entamé sa fulgurante ascension des marches du pouvoir.

 

 

 

Passage en force au royaume

Son père, Salmane ben Abdel Aziz Al-Saoud, succède à Abdallah sur le trône, en 2015, et MBS est nommé ministre de la Défense. A tout juste 30 ans, il déclenche, par son intervention militaire au Yémen, ce qui est aujourd'hui considéré comme la pire catastrophe humanitaire du XXIe siècle, qui a fait plus de 10 000 morts, affamé des millions de Yéménites et entraîné une terrible épidémie de choléra. Trois ans plus tard, MBS refuse toujours de se retirer du conflit, au risque de céder le terrain à son ennemi juré, l'Iran, avec lequel il se dispute le statut de chef de file des Etats musulmans.

 

 

Quelques semaines avant ses 32 ans, Mohammed ben Salmane est propulsé héritier du trône, à la place de son respecté cousin Mohammed ben Nayef, alors ministre de l'Intérieur. Salmane offre ainsi les clés du royaume à son "fils préféré", "né de son épouse préférée", précise la presse internationale. Mais pour convaincre le Conseil d'allégeance, qui détermine la succession au trône, MBS a joué des coudes. Son entourage a mené une efficace campagne de dénigrement, en décrivant Mohammed ben Nayef, dépendant aux antidouleurs depuis une tentative d'assassinat d'Al-Qaïda, comme un drogué inapte à gouverner, raconte le New York Times*. Ne reste alors qu'à convoquer "MBN" pour le pousser à faire allégeance à son cousin.

 

 

Contrairement à celle de Mohammed ben Nayef, la légitimité du nouveau dauphin n'a rien d'évidente. "Même s'il est de plus en plus présent auprès de son père, il reste inconnu sur la scène internationale", rappelle Camille Lons, chercheuse et coordinatrice au Conseil européen des relations internationales (ECFR), à franceinfo. Très vite se dessine "une hypercentralisation des pouvoirs entre ses mains, peut-être justement pour compenser son manque de légitimité", poursuit cette spécialiste de la péninsule arabique. En plus de la Défense, MBS hérite des Affaires économiques et du Développement et devient président du Conseil suprême de la compagnie pétrolière Saudi Aramco.

 

 

 

Une "Vision 2030" qui séduit le monde

Dans ce pays où des centaines de princes vivent grassement de la rente pétrolière, "cela lui permet d'avoir la mainmise sur les différentes factions", explique Camille Lons, en particulier celles qui pourraient se rebeller. MBS a alors les mains libres pour présenter au monde, en octobre 2017, son projet pour l'Arabie saoudite du futur, baptisé "Vision 2030". MBS invite le gotha international des affaires et met des étoiles dans les yeux des investisseurs en affichant ses ambitions : faire sortir l'Arabie saoudite de sa dépendance au pétrole, "renouer avec un islam modéré" en "éradiquant les idées extrémistes" et répondre, sur le plan social, aux demandes d'une population jeune et hyper-connectée, qui parfois étouffe dans cette société sclérosée.

 

 

Riyad mise beaucoup sur une mesure pragmatique et symbolique : les femmes ont désormais le droit de conduire. Economiquement, c'est une nécessité. "La moitié de la population qui ne travaille pas, c'est un problème", résume la chercheuse Camille Lons. A l'international, c'est un progrès très remarqué et applaudi. MBS veut aussi rouvrir des cinémas, bannis depuis plus de trente ans, et bâtir Neom, une ville orientée vers le loisir et le divertissement, où les femmes pourraient apparaître en public non voilées. De quoi montrer aux religieux les plus conservateurs que MBS n'a que faire de leur avis. "C'est aussi une façon d'ouvrir le pays au tourisme et, là encore, c'est profitable à l'économie du pays", poursuit Camille Lons. Sans compter que "dans un régime autocratique, accorder une certaine souplesse sociétale, c'est s'assurer une mainmise politique", selon elle.

 

 

Mais le réformateur MBS envoie des signaux contradictoires. Tandis qu'il lève l'interdiction faites aux Saoudiennes de conduire, il fait arrêter des militantes féministes qui ont lutté pour cette ouverture. "Tout en ayant accordé aux habitantes du royaume plus de droits qu'aucun souverain avant lui, MBS s'oppose d'une main de fer à l'émergence d'un mouvement de défense des droits des femmes à part entière", analyse Le Monde. Son image de réformateur s'écorne un peu plus au fil de ses décisions. En septembre 2017, il fait jeter en prison des intellectuels, des religieux, des militants des droits de l'homme. "C'est là que Jamal Khashoggi décide de s'exiler aux Etats-Unis", rappelle l'ancienne correspondante de Radio France à Riyad, Clarence Rodriguez, à franceinfo.

 

 

 

Une purge "pour plaire aux Occidentaux"

Deux mois plus tard, MBS organise une purge, "appelée anticorruption pour plaire aux Occidentaux", selon la journaliste. Plus de 380 princes, ministres et anciens ministres, hommes d'affaires, sont embastillés dans le luxueux hôtel Ritz-Carlton de Riyad, tandis que les puissants chefs de la Garde nationale saoudienne et de la marine sont limogés. La plupart ne sont relâchés qu'après avoir ouvert leur portefeuille ou rendu des biens considérés par MBS comme "mal acquis". Les caisses du royaume sont renflouées de 100 milliards de dollars. Près d'un an plus tard, "de nombreux hommes d'affaires et princes saoudiens portent un bracelet électronique et ont interdiction de quitter le royaume", selon Clarence Rodriguez.

 

 

Mohammed ben Salmane se fait beaucoup d'ennemis au sein des élites, y compris dans sa propre famille. "Mais tout est arrivé tellement vite, les réformes comme les purges, qu'il y a eu comme un effet de sidération", estime Camille Lons. Y compris hors des frontières. En août 2018, seul le Canada se dit "gravement préoccupé" par une vague d'arrestations de militants des droits de l'homme. Un tweet de l'ambassade canadienne à Riyad appelant à "les libérer immédiatement" déclenche une crise diplomatique. L'ambassadeur Dennis Horak est expulsé, Riyad rappelle son représentant à Ottawa et gèle les relations commerciales entre les deux pays. 

 

 

Pourquoi ce "silence assourdissant", dénoncé par nombre d'ONG ? "Le problème pour les Etats-Unis, c'est que Donald Trump a mis tous ses œufs dans le même panier", analyse Camille Lons, "en organisant toute sa politique au Proche-Orient autour de sa relation avec l'Arabie saoudite""Quant à la France, elle a un impact très limité : si elle arrête de vendre des armes à l'Arabie saoudite, un autre pays prendra sa place", assure la chercheuse Camille Lons à franceinfo.

 

 

 

La "goutte d'eau qui fait déborder le vase"

La mort suspecte de Jamal Khashoggi, Saoudien exilé aux Etats-Unis, éditorialiste au Washington Post, va-t-elle rebattre les cartes ? Tandis que les premiers éléments de l'enquête pointent l'implication de l'entourage direct de Mohammed ben Salmane, le vent tourne. Le "Davos du désert", conférence économique organisée à Riyad, qui devait accueillir des centaines d'investisseurs étrangers, est boycotté par ses têtes d'affiche, repoussées par cette image d'autocrate.

 

 

C'est un "mauvais coup pour le jeune prince", dont le pays a "un besoin vital de se diversifier", explique Didier Billion, directeur adjoint de l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), à franceinfo. Ces absences sont "un indicateur du fait que cet assassinat d'un journaliste est véritablement la goutte d'eau qui fait déborder le vase", affirme-t-il, tout en ne croyant pas à "des ruptures diplomatiques en chaîne". L'Arabie saoudite reste "un partenaire trop important".

 

 

Mohammed ben Salmane pourrait quand même servir de fusible. Selon les informations du New York Times*, en privé, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a "sévèrement dit à MBS qu'il devrait endosser la responsabilité de l'affaire Khashoggi pour aider le royaume à éviter un retour de bâton international".

 

 

"Les Sages de la famille régnante se penchent" sur son cas, selon les informations du Figaro. Réunis "dans la plus grande discrétion", les représentants des différents clans de la famille royale, dont certains n'ont toujours pas digéré l'épisode du Ritz-Carlton, pourraient proposer au roi de nommer un vice-prince héritier. "Le retour des Etats-Unis du frère de MBS, le prince Khaled ben Salmane, 30 ans, qui y servait comme ambassadeur, alimente nombre d'interrogations", selon le quotidien. "Si Khaled ben Salmane est nommé vice-prince héritier, cela pourrait signifier que MBS sera sur le départ, mais pas tout de suite", explique une source saoudienne au Figaro.

 

 

*Les liens suivis d'un astérisque sont en anglais

 


24/10/2018
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Franceinfo - le samedi 20 octobre 2018

 

 

L'Arabie saoudite confirme que le journaliste Jamal Khashoggi a été tué au consulat d'Istanbul

 

 

 

Riyad se fonde sur les résultats préliminaires de son enquête interne. Les autorités ajoutent que 18 Saoudiens ont été arrêtés dans le cadre des investigations

 

 

 

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Des manifestants brandissent le portrait du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 9 octobre 2018 à Istanbul (Turquie). (OZAN KOSE / AFP)

 

 

 

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi est bel et bien mort au consulat d'Istanbul (Turquie), estime l'Arabie saoudite, vendredi 19 octobre, en se basant sur les résultats préliminaires de son enquête interne. Cette prise de position attendue a été relayée par la télévision publique Al Ekhbariya. Le journaliste, qui s'opposait dans ses chroniques publiées dans le Washington Post au prince héritier Mohammed ben Salmane, n'avait plus donné signe de vie après s'être rendu, le 2 octobre, au consulat de son pays à Istanbul.

 

 

Une bagarre qui a mal tourné, selon Riyad

Selon la version saoudienne, une bagarre a éclaté entre Jamal Khashoggi et les personnes qui l'ont rencontré au consulat. "Les discussions (...) ont débouché sur une rixe, ce qui a conduit à sa mort", écrit l'agence de presse officielle SPA, en citant le parquet. De son côté, la police turque avait reconstitué le trajet des quinze Saoudiens qui sont entrés dans le consulat en même temps que le journaliste et en sont ressortis peu de temps après. Ces hommes étaient arrivés quelques heures plus tôt de Riyad, la plupart par avion privé, ont précisé des responsables turcs.

 

 

Le média Middle East Eye, qui couvre l'actualité du Proche-Orient, affirme par ailleurs que le personnel du consulat était sorti une demi-heure avant le rendez-vous et qu'il lui avait été demandé de prendre congé l'après-midi.

 

 

>> Révélations sordides, pressions diplomatiques… Comment l'enquête sur l'affaire Khashoggi embarrasse Riyad

 

 

Riyad annonce que 18 ressortissants saoudiens ont été arrêtés dans le cadre de cette affaire et que les investigations se poursuivent. L'Arabie saoudite a également annoncé le limogeage du vice-président du service général de renseignement, Ahmad Al-Assir, et d'un conseiller de haut rang à la cour royale. Avant cette annonce, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et le roi Salmane d'Arabie saoudite s'étaient entretenus pour la deuxième fois au téléphone.

 


24/10/2018
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Franceinfo - le jeudi 18 octobre 2018 Mis à jour le mardi 23 octobre 2018

 

 

Qui est Jamal Khashoggi, le journaliste saoudien disparu en Turquie ?

 

 

L'opposant au prince héritier d'Arabie saoudite, qui avait fui son pays pour les Etats-Unis, n'a plus été vu depuis début octobre

 

 

 

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Des manifestants à Istanbul, le 8 octobre 2018, brandissent des portraits de Jamal Khashoggi, journaliste saoudien porté disparu depuis le 2 octobre 2018. (OZAN KOSE / AFP)

 

 

 

Son nom ne vous dit peut-être rien, mais sa disparition a déjà des conséquences économiques et diplomatiques. Le journaliste Jamal Khashoggi, qui s'opposait dans ses chroniques publiées dans le Washington Post au prince héritier Mohammed Ben Salmane ("MBS"), n'a plus donné signe de vie après s'être rendu, mardi 2 octobre, au consulat de son pays à Istanbul, en Turquie. Depuis, des médias turcs et américains livrent des détails terrifiants sur les circonstances de sa mort présumée. Qui était ce journaliste, dont l'influence menaçait l'homme fort de l'Arabie saoudite ?

 

 

>> DIRECT. Affaire Khashoggi : le président turc Recep Tayyip Erdogan s'exprime devant le Parlement, trois semaines après la mort du journaliste

 

 

Homme de grande taille, portant des lunettes, une moustache et un bouc grisonnant, Jamal Khashoggi est né en 1958 à Médine, en Arabie saoudite, dans une famille originaire de Turquie. Son grand-père "était le médecin personnel du grand-père de MBS, le roi Ibn Saoud", rapporte Christine Ockrent, auteure d'un livre sur le prince saoudien, dans Le Point. Comme d'autres jeunes de l'élite saoudienne, il part faire ses études aux Etats-Unis et obtient, en 1982, un bachelor en administration des affaires, à l'université d'Indiana.

 

 

Une carrière brillante en Arabie saoudite

Au cours des années 1980, il travaille comme journaliste en Arabie saoudite – pour des rédactions comme Saudi Gazette ou Okaz – et devient ensuite correspondant à l'étranger (Algérie, Koweït, Soudan...). Il couvre notamment la guerre en Afghanistan, durant laquelle il interviewe (en anglais) le jeune Oussama Ben Laden, et se fait prendre en photo (en anglais) parmi les moudjahidines, tenant un fusil d'assaut. Ces deux épisodes contribuent à le rendre célèbre – même si le second lui vaut la désapprobation de sa hiérarchie.

 

 

 

 

 

 

Au début des années 2000, il prend la direction de deux grands journaux saoudiens, Arab News, puis El Watan. Jugé trop progressiste, il est licencié à deux reprises de cette dernière rédaction (en 2003 puis en 2007) par le ministère de l'Information. Le pouvoir lui reproche d'avoir autorisé la diffusion d'articles critiquant des extrémistes religieux, rappelle Bloomberg (en anglais).

 

 

A la veille de sa disparition, le journaliste de 59 ans est l'un des reporters les plus connus en Arabie saoudite, suivi par plus d'1,7 million d'internautes sur Twitter. Il est aussi régulièrement invité sur les plateaux des chaînes anglo-saxonnes, comme en octobre à la BBC. Sa carrière lui a permis de développer des liens avec les puissants du monde arabe, dont le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui réclame des comptes à l'Arabie saoudite depuis sa disparition à Istanbul, relève le New York Times (en anglais).

 

 

Longtemps proche de l'élite saoudienne

Malgré ses licenciements successifs, le journaliste est longtemps resté proche du sérail saoudien. En 2003, après avoir été évincé d'El Watan, il rejoint l'ambassadeur saoudien à Londres et ex-patron du renseignement saoudien, le prince Tourki Al-Faisal, dont il devient un "proche conseiller", poursuit Christine Ockrent. Il le suit, deux ans plus tard, dans sa nouvelle affectation à Washington, relève aussi Bloomberg (en anglais). Parmi ses amis haut placés, Jamal Khashoggi compte aussi le prince milliardaire Al-Walid Ben Talal, qui lui confie en 2015 la direction d'une chaîne de télévision nommée Al Arab. L'antenne, basée au Bahreïn pour contourner la main-mise du pouvoir saoudien sur les médias, fonctionne durant quelques heures, avant d'être coupée par les autorités du Bahreïn.

 

 

Malgré ces soubresauts, Jamal Khashoggi soutient la montée en puissance, puis l'arrivée au pouvoir, du prince héritier Mohammed Ben Salmane. Favorable à un virage progressiste du royaume, le journaliste se réjouit des premières décisions de "MBS", telle la levée de l'interdiction de conduire pour les femmes. Le 6 mars, il explique dans un éditorial du quotidien britannique The Guardian (en anglais) : "Pour son programme de réformes intérieures, le prince héritier mérite des éloges." Mais il ajoute immédiatement : "Ce jeune et impétueux innovateur n'a ni encouragé, ni permis, le moindre débat en Arabie saoudite sur la nature de ses nombreux changements."

 

 

Critique de l'héritier "MBS"

L'idylle entre "MBS" et Jamal Khaghossi ne dure pas, en effet. Le journaliste, qui n'a jamais eu sa langue dans sa poche, critique les méthodes du prince, et notamment la répression des opposants politiques. Sous l'impulsion de ce dernier, son ami milliardaire Al-Walid Ben Talal sera d'ailleurs arrêté en septembre 2017, et détenu plusieurs mois, avec 10 autres princes, à l'hôtel de luxe Ritz-Carlton de Riyad. Le journaliste dénonce aussi l'engagement militaire du royaume au Yémen et prend la défense des Frères musulmans (en anglais), considérés comme des terroristes par l'Arabie saoudite. 

 

 

Après une campagne d'arrestation de dissidents, dont des prédicateurs et des intellectuels, Jamal Khaghossi s'exile donc aux Etats-Unis, à l'été 2017, et démarre une contribution aux pages d'opinions du Washington Post. Dans ses chroniques (en anglais), traduites en arabe, il continue de traiter les thèmes qui lui sont chers : critique du régime, liberté de la presse et géopolitique. En septembre, le journaliste écrit (en anglais) par exemple : "Quand je parle de peur, d'intimidation, d'arrestations et d'humiliations publiques d'intellectuels et de dirigeants religieux et que je vous dis que je suis d'Arabie saoudite, êtes-vous surpris ?" 

 

 

Exilé aux Etats-Unis, il continue de craindre pour sa vie

Au pays de Donald Trump, "Khashoggi apporte aux médias américains (...) des clés de compréhension" de son pays, analyse Christine Ockrent. "Et cela, dans une ville [Washington] où l'Arabie saoudite paie des millions des sociétés de relations publiques pour construire l'image de 'MBS'." L'influence du journaliste semble d'ailleurs déranger le prince : les mois précédant sa disparition, Jamal Khashoggi prévient à plusieurs reprises ses collègues qu'il craint pour sa vie (en anglais). En août, il confie ainsi à l'une d'elles : "Bien sûr qu'ils [les dirigeants de l'Arabie saoudite] aimeraient me voir hors jeu."

 

 

Une crainte dont témoigne aussi sa fiancée turque, Hatice Cengiz, une doctorante de 36 ans avec qui il avait acheté un appartement à Istanbul. Alors que Jamal Khagghosi entre dans le consulat saoudien à Istanbul, mardi 2 octobre, il lui a dit "d'alerter les autorités turques si [elle] n'avai[t] pas de nouvelles de lui", raconte-t-elle au New York Times (en anglais). Et poursuit : "Le reste est désormais connu : il n'est jamais ressorti de ce bâtiment".

 


23/10/2018
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Franceinfo - le samedi 22 septembre 2018

 

 

Iran : l'Etat islamique revendique l'attentat qui a fait au moins 29 morts lors d'un défilé militaire

 

 

La tuerie s'est déroulée à Ahvaz, dans le sud-ouest du pays, samedi matin. L'attaque a été menée par plusieurs hommes armés qui ont ouvert le feu sur la foule et les militaires

 

 

 

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Des soldats blessés après une attaque terroriste pendant un défilé militaire à Ahvaz, en Iran, le 22 septembre 2018. (ALIREZA MOHAMMADI / ISNA)

 

 

 

Le groupe Etat islamique a revendiqué, samedi 22 septembre, l'attaque menée contre un défilé militaire à Ahvaz, dans le sud-ouest de l'Iran, qui a fait au moins 29 morts, selon Amaq, l'organe de propagande de l'organisation jihadiste. Parmi les victimes figurent des femmes et des enfants. L'attaque a fait également des dizaines de blessés, dont certains dans un état grave. 

 

 

Cet attentat survient un peu plus d'un an après les premières attaques en Iran revendiquées par le groupe Etat islamique. Le 7 juin 2017, des hommes armés et des kamikazes avaient attaqué le Parlement et le mausolée de l'imam Khomeiny à Téhéran, faisant 17 morts et des dizaines de blessés.

 

 

Deux à quatre assaillants

 

Selon l'agence de presse iranienne Fars, l'attaque a été menée par deux hommes armés ayant ouvert le feu sur la foule. Les assaillants ont ensuite essayé de tirer sur la tribune officielle, mais ont été neutralisés par les forces de l'ordre, indique Fars, laissant entendre que les deux assaillants ont été blessés.

 

 

De son côté, un général des Gardiens de la Révolution a une  autre version de faits. Il parle de "quatre terroristes". "Trois ont été envoyés en enfer sur les lieux de l'attaque et le quatrième, qui avait été blessé et arrêté, a rejoint l'enfer peu à près du fait de la gravité de ses blessures", a-t-il expliqué.

 

 

Un peu plus tôt dans la journée, Téhéran avait accusé "un régime étranger" soutenu par les États-Unis d'être responsable de l'attentat. "L'Iran considère que les parrains régionaux du terrorisme et leurs maîtres américains sont responsables de telles attaques", avait écrit le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif sur son compte Twitter. En filigrane, plusieurs officiels iraniens pointaient la responsabilité de l'Arabie saoudite, grand rival sunnite de l'Iran chiite au Moyen-Orient.

 


27/09/2018
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Franceinfo - le mardi 4 septembre 2018

 

 

Les talibans afghans annoncent la mort du chef du puissant réseau Haqqani

 

 

Jalaluddin Haqqani était malade depuis de longues années

 

 

 

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L'ancien leader taliban Jalaluddin Haqqani (au centre), le 2 avril 1991 à Miransah (Pakistan). (ZUBAIR MIR / AFP)

 

 

Les talibans afghans perdent l'un de leurs leaders. Ils ont annoncé la mort de Jalaluddin Haqqani, le chef d'un puissant réseau insurgé très actif en Afghanistan. L'annonce a été relayée mardi 4 septembre par le centre américain de surveillance des sites jihadistes Site. "Tout comme il a enduré de grandes épreuves pour la religion d'Allah durant sa jeunesse et alors qu'il était en bonne santé, il a également enduré une longue maladie pendant ses dernières années", selon un communiqué des talibans afghans cité par Site.

 

 

"Je doute que son décès change quelque chose"

 

Jalaluddin Haqqani est le fondateur dans les années 1980 du réseau du même nom, constitué pour lutter contre la présence de l'URSS en Afghanistan et qui a reçu l'aide des Etats-Unis et du Pakistan. Ministre du régime des talibans dans les années 1990, Jalaluddin Haqqani s'était tourné à partir de 2001 contre les forces américaines et de l'Otan qui venaient de faire tomber le régime fondamentaliste.

 

 

Le réseau Haqqani est une faction des talibans afghans réputée proche d'Al-Qaïda qui a mené de nombreuses attaques en Afghanistan, certaines contre les Américains et l'Otan. Il est également suspecté de liens avec l'organisation Etat islamique (EI) qui a mené de sanglants attentats dans la capitale afghane, Kaboul. "Je doute que son décès change quelque chose", a réagi un diplomate étranger à Kaboul sous couvert d'anonymat. Le réseau est aujourd'hui dirigé par l'un de ses fils, Sirajuddin Haqqani.

 


05/09/2018
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Franceinfo - le dimanche 15 juillet 2018

 

 

Afghanistan : nombre record de civils tués au premier semestre

 

 

Au total sur la période la population a enregistré 5 122 victimes, morts et blessés confondus, précise la Mission d'assistance des Nations unies à l'Afghanistan (Manua)

 

 

 

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Un attentat à la bombe à Jalalabad (Afghanistan), le 10 juillet 2018. (ZABIHULLAH GHAZI / ANADOLU AGENCY)

 

 

 

Malgré les trois jours de cessez-le-feu en juin, l'Afghanistan a enregistré le pire bilan de morts civils au premier semestre 2018 , a annoncé, dimanche 15 juillet, l'ONU. Avec 1 692 civils tués, pour moitié dans des attentats attribués au groupe jihadiste Etat islamique entre le 1er janvier et le 30 juin, la période s'avère la plus meurtrière depuis que l'ONU a entrepris de comptabiliser les victimes civiles il y a dix ans.

 

 

Au total sur la période la population a enregistré 5 122 victimes, morts et blessés confondus, précise la Mission d'assistance des Nations unies à l'Afghanistan (Manua). Les talibans, qui ont observé la trêve avec le gouvernement du 15 au 17 juin, sont responsables de 40% des civils afghans tués.

 

 

Augmentation des opérations aériennes

 

Une nouvelle fois les combats terrestres n'arrivent qu'au deuxième rang des causes de mortalité et de blessures dans la population afghane, en baisse de 18% sur la période. La première cause reste les attentats-suicide et attaques complexes (attaques déclenchées par un kamikaze, suivies d'occupation des sites visés et échanges de tirs).

 

 

Mais l'expansion des opérations aériennes a également entraîné une très forte augmentation du nombre de victimes civiles dues aux bombardements aériens (+52%) comparé à la même période l'an dernier, avec 149 morts et 204 blessés civils.

 


15/07/2018
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Franceinfo - le mardi 8 mai 2018

 

 

Le mont Everest en passe de devenir "le plus haut dépotoir au monde"

 

 

Alors qu'environ 1 500 personnes tentent son ascension chaque année, l'Everest, qui culmine à 8 848 mètres, est aujourd’hui considéré comme "le plus haut dépotoir au monde". La raison ? La ruée de touristes qui laissent derrière eux de nombreux déchets

 

 

 

Chaque année, 1 500 personnes tentent de gravir le "toit du monde". "Environ 400 atteignent le sommet et toutes laissent derrière elles une trace assez dramatique pour l'environnement", explique Axel Zeiliger, producteur du documentaire Everest Green. Pour lutter contre cette pollution massive, des associations se mobilisent depuis quelques années et lancent des opérations de nettoyage, avec l’aide de sherpas. 

 

 

Piles, boîtes de conserve, canettes, emballages, matériels usagés, cartouches de gaz, cordes anciennes et déchets alimentaires sont conservés par le congélateur himalayen. Chaque opération de nettoyage permet ainsi de ramasser des centaines de kilos, parfois des tonnes d’ordures qui n'ont pas pu être brûlées sur place. En 2017, l’association Everest Green a notamment collecté 5,3 tonnes de déchets en un mois. Un chiffre alarmant qui s’explique par un tourisme de masse largement au-dessus des capacités d’accueil du sommet.

 

 


01/06/2018
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Franceinfo - le mardi 8 mai 2018

 

 

Accord sur le nucléaire iranien : après le retrait des Etats-Unis, Téhéran pourrait recommencer à enrichir davantage l'uranium, prévient Rohani

 

 

Le président américain a annoncé mardi le retrait des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien et le rétablissement de sanctions contre l'Iran

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Le président américain, Donald Trump, a annoncé que les Etats-Unis allaient "se retirer" de l'accord international sur le nucléaire iranien, mardi 8 mai. S'exprimant depuis la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis), le dirigeant a en parallèle annoncé le rétablissement des sanctions contre l'Iran. "Nous allons mettre en place le niveau le plus élevé de sanctions économiques possible" contre Téhéran, a-t-il affirmé, tout en précisant qu'il souhaitait travailler avec ses alliés à un nouvel accord. En réponse, le président iranien, Hassan Roahani, a prévenu que son pays pourrait, "en cas de nécessité", recommencer à enrichir davantage l'uranium. 

 

 

Un accord "pourri", selon Donald Trump. Le président américain a fustigé un accord qui "n'a pas apporté la paix" et qui "ne l'apportera jamais""Cet accord devait protéger les Etats-Unis et ses alliés de l'arme nucléaire iranienne. Il a permis à l'Iran de continuer à enrichir l'uranium et d'atteindre la capacité à produire l'arme nucléaire", a-t-il affirmé. 

 

 

"Réparer les affreuses erreurs" d'Obama. Donald Trump avait demandé aux signataires de l'accord de "réparer les affreuses erreurs" du texte ratifié par l'administration de Barack Obama, faute de quoi il refuserait de prolonger l'assouplissement des sanctions américaines contre la République islamique d'Iran.

 

 

 Un accord de 2015. Cet accord, signé par Téhéran, les membres du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne, vise à interdire à l'Iran de chercher à obtenir la bombe atomique, en échange de la levée des sanctions économiques internationales et à condition de laisser inspecter ses sites nucléaires. 

 

 

Vers un accord "plus large" ? Le président français, Emmanuel Macron, a rapidement réagi à la décision de Donald Trump. "La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni regrettent la décision américaine de sortir de l'accord nucléaire" iranien, et vont "travailler collectivement" à un accord "plus large", a-t-il déclaré sur Twitter. L'ancien président américain, Barack Obama, a quant à lui dénoncé une "grave erreur" de Donald Trump.

 


01/06/2018
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Franceinfo - le dimanche 28 janvier 2018

 

 

Afghanistan : un nouveau bilan fait état de 103 morts et 235 blessés dans l'explosion d'une ambulance piégée à Kaboul

 

 

Les talibans ont revendiqué l'attentat. L'explosion s'est produite dans le quartier abritant des bureaux du ministère de l'Intérieur et ceux de l'Union européenne

 

 

Le bilan s'alourdit. Au moins 103 personnes sont mortes et 235 ont été blessées dans l'explosion d'une ambulance piégée à Kaboul, samedi 27 janvier. L'explosion s'est produite dans le quartier abritant des bureaux du ministère de l'Intérieur et ceux de l'Union européenne. Cet attentat, revendiqué par les talibans, survient une semaine après l'attaque de l'hôtel Intercontinental à Kaboul, qui a fait 22 morts, dont 14 étrangers. 

 

 

"Le kamikaze a utilisé une ambulance pour passer les barrages. Il a indiqué au premier contrôle qu'il acheminait un patient vers l'hôpital Jamuriat" voisin, a expliqué un porte-parole du ministère de l'Intérieur. "Au second barrage, il a été identifié et il a fait détoner sa charge", a-t-il ajouté. L'explosion, de très forte intensité, a littéralement secoué la capitale.

 

 

 

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Le site où une ambulance a explosé dans un attentat-suicide à Kaboul, en Afghanistan, le 27 janvier 2018.  (RAHMAT GUL / AP / SIPA)

 

 

Niveau d'alerte extrême à Kaboul 

 

L'attentat a été revendiqué par le porte-parole des talibans Zabihullah Mujahid sur WhatsApp : "Un martyr a fait sauter sa voiture piégée près du ministère de l'Intérieur où se trouvaient de nombreuses forces de police", a-t-il indiqué.

 

 

Le niveau d'alerte est extrême en ce moment à Kaboul, particulièrement dans le centre et le quartier diplomatique, dont la plupart des ambassades et institutions étrangères ont été placées en "lock down" (sorties interdites).

 

 

Cet attentat est le troisième à frapper l'Afghanistan en une semaine après l'attaque le 20 janvier de l'hôtel Intercontinental de Kaboul, revendiquée par les talibans, et celle mercredi des locaux de Save the Children à Jalalabad (est), revendiquée par le groupe Etat islamique.

 


05/02/2018
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