L'AIR DU TEMPS

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Franceinfo - le mercredi 11 novembre 2020

 

Arabie saoudite : plusieurs blessés dans une attaque à l'explosif dans un cimetière non musulman de Djeddah lors d'une cérémonie de commémoration du 11-Novembre

 

 

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Image par Kaufdex de Pixabay 


12/11/2020
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Franceinfo - le samedi 29 février 2020

 

 

Afghanistan : les Etats-Unis et les talibans signent un accord historique après dix-huit ans de guerre

 

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franceinfo avec ReutersFrance Télévisions

 

 

Les Américains et l'Otan retireront toutes leurs troupes d'Afghanistan dans un délai de 14 mois si les taliban tiennent leurs engagements

 

 

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Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, aux côtés de Mohammed Ben Abderrahmane Al-Thani, son homologue du Qatar, à Doha (Qatar), le 29 février 2020. (GIUSEPPE CACACE / AFP)

 

 

 

Un moment historique. Les Etats-Unis et les talibans on signé un accord de paix, samedi 29 février, après dix-huit ans de guerre. Les Américains et les autres pays de l'Otan présents sur place (Allemagne, Royaume-Uni et Italie, notamment) retireront toutes leurs troupes d'Afghanistan dans un délai de 14 mois si les talibans tiennent leurs engagements, ont déclaré les gouvernements américain et afghan dans une déclaration commune. "La coalition achèvera le retrait des troupes qui restent en Afghanistan dans un délai de 14 mois à compter de la publication de cette déclaration conjointe et de l'accord Etats-Unis-talibans (...) à condition que les talibans respectent leurs engagements pris aux termes de l'accord Etats-Unis-talibans", peut-on lire.

 

 

Les Etats-Unis commenceraient par ramener à 8 600 hommes leur contingent dans les 135 jours suivant la signature de l'accord avec les talibans, qui doit intervenir dans l'après-midi à Doha, ajoute la déclaration. Enfin, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a appelé samedi les talibans à se garder de "crier victoire" et à "tenir la promesse de rupture avec Al-Qaïda".

 


02/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 21 février 2020

 

 

L'Iran s'attend à une percée des conservateurs aux élections législatives

 

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édité par Timour OzturkfranceinfoValérie CrovaRadio France

 

 

Le scrutin se tient dans un contexte de grave crise économique et de tensions aiguës avec les États-Unis

 

 

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Des affiches électorales à Téhéran le 19 février 2020.  (ATTA KENARE / AFP)

 

 

 

Les électeurs iraniens sont appelés aux urnes vendredi 21 février pour choisir leurs 290 députés au Parlement. Les Conservateurs devraient sortir renforcés de ces élections législatives alors que le gouvernement de Hassan Rohani a vu sa cote de confiance s'effriter après le rétablissement des sanctions américaines.

 

 

Plus récemment c'est la destruction de l'avion de ligne d'Ukraine Airlines qui pèse sur la popularité de l'exécutif. Les autorités iraniennes ont attendu trois jours avant de reconnaître qu'il avait été abattu par erreur.

 

 

 

La participation, clef du scrutin

Le scénario d'une victoire des conservateurs s'est consolidé après l'invalidation de près de la moitié des candidats réformateurs et modérés par le Conseil des gardiens de la Constitution. En représailles, les États-Unis ont annoncé jeudi 20 février des sanctions financières contre cinq responsables de cet organe dominé par les ultraconservateurs.

 

 

Une donnée importante reste l'abstention, qui profite généralement aux candidats proches du Guide suprême Ali Khamenei. Mais il a appelé ses concitoyens à voter avec enthousiasme, car pour Ali Khamenei une forte participation électorale est un gage de légitimité face à ceux qu'il qualifie d'ennemis de l'Iran, en particulier les États-Unis.

 


21/02/2020
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Franceinfo - le mardi 21 janvier 2020

 

 

L'Iran confirme que deux missiles ont été tirés sur le Boeing 737 ukrainien

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

L'état-major iranien avait reconnu le 11 janvier, trois jours après le drame la responsabilité des forces armées dans cette catastrophe aérienne ayant fait 176 morts

 

 

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Des restes du Boeing 737 ukrainien abattu par des missiles iranien, à Téhéran, le 19 janvier 2020. (SOCIAL MEDIA / REUTERS)

 

 

 

Deux missiles ont été tirés en direction du Boeing 737 d'Ukraine International Airlines abattu le 8 janvier par les forces armées iraniennes, selon un rapport d'enquête préliminaire de l'Organisation de l'aviation civile iranienne (CAO), rendu public mardi 21 janvier. "Les enquêteurs ont accédé aux informations de [l'état-major] et ont découvert que deux missiles M1-TOR avaient été tirés en direction de l'avion", révèle ce rapport publié sur le site internet de la CAO.

 

 

"L'effet de ces [tirs de] missiles sur l'accident et l'analyse de cette action sont en cours d'investigation", ajoute le document, confirmant ainsi une information du New York Times, qui avait dit avoir authentifié une vidéo montrant que deux missiles avaient été tirés en direction de l'appareil.

 

 

L'état-major iranien avait reconnu le 11 janvier, trois jours après le drame la responsabilité des forces armées dans cette catastrophe aérienne ayant fait 176 morts. Endossant la "responsabilité totale" de l'accident, le chef de la branche aérospatiale des Gardiens de la Révolution n'avait parlé ce jour-là que d'un seul "missile de courte portée".

 


21/01/2020
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Franceinfo - le dimanche 5 janvier 2020

 

 

Mort du général Soleimani : comment la relation entre les Etats-Unis et l'Iran s'est dégradée sous Donald Trump

 

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Louis SanFrance Télévisions

 

 

 

L'assassinat par les forces américaines de l'architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient a provoqué la colère de Téhéran et dégradé les rapports déjà tendus entre l'Iran et les Etats-Unis

 

 

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Le président américain Donald Trump (gauche) et son homologue iranien Hassan Rohani. (NICHOLAS KAMM / IRANIAN PRESIDENCY / AFP)

 

 

 

"Un grand saut dans l'inconnu." Les spécialistes contactés par franceinfo sont inquiets, après l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani en Irak, vendredi 3 janvier. Cet homme influent, figure de l'aile dure des conservateurs iraniens, a été tué par une frappe aérienne américaine, à Bagdad. Depuis, l'hostilité entre les Etats-Unis et l'Iran s'intensifie. L'ayatollah Ali Khamenei promet qu'"une vengeance implacable attend les criminels". De quoi accentuer encore l'antagonisme entre Washington et Téhéran, dont les relations n'ont fait qu'empirer depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

 

 

 

2018 : l'année de la rupture

Les Etats-Unis se retirent de l'accord sur le nucléaire iranien. C'est acté le 8 mai 2018. L'accord de Vienne, signé en 2015 sous Barack Obama, visait à interdire à l'Iran de chercher à obtenir la bombe atomique, en échange de la levée des sanctions économiques internationales et à condition de laisser inspecter ses sites nucléaires. Dès son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump dénonce un accord "pourri" qui, depuis sa signature, n'a "pas apporté la paix" et "ne l'apportera jamais". Aussitôt, le président iranien accuse son homologue de mener "une guerre psychologique".

 

 

Le retrait américain de l'accord provoque un tollé et de nombreuses craintes. Paris fait part de ses "regrets", la Russie se dit "profondément déçue", et Barack Obama condamne "une grave erreur". Ce n'est pas une énorme surprise, mais les observateurs ne pensaient pas Donald Trump capable de franchir le pas, malgré les menaces. "Avant son élection, Donald Trump annonçait vouloir sortir de l'accord de Vienne", rappelle Jean-Baptiste Bégat, historien et spécialiste de l'Iran et du Moyen-Orient. Donald Trump, dès 2016, n'a cessé de dénoncer "le pire accord signé par les Etats-Unis".

 

 

L'un des rares sujets de politique étrangère sur lesquels [Donald Trump] a toujours été stable, c'est le fait que l'Iran est un adversaire des Etats-Unis et qu'il faut combattre l'influence iranienne au Moyen-Orient. Jean-Baptiste Bégat à franceinfo

 

 

"Les relations entre les Etats-Unis et l'Iran n'étaient pas au beau fixe en 2018, mais elles étaient apaisées", commente auprès de franceinfo François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran de 2001 à 2005. Selon lui, la décision de Donald Trump a été "inspirée par sa haine de Barack Obama" et "la volonté presque enfantine de vouloir détruire l'un des rares succès diplomatiques de son prédécesseur". Un caprice qui a brutalement affecté le lien fragile entre Washington et Téhéran.

 

 

 

2019 : l'année de l'hostilité ouverte

Les Gardiens de la Révolution entrent dans la liste des organisations "terroristes". Cette mesure symbolique est annoncée par l'administration de Donald Trump en avril 2019. Avant cela, jamais les Etats-Unis n'avaient formellement qualifié l'armée d'un autre pays de groupe terroriste.

 

 

Washington supprime les dérogations pour commercer avec l'Iran. Le président Trump s'attaque au porte-monnaie de l'Iran : l'exportation de pétrole. Dans la foulée du retrait de l'accord de Vienne, Donald Trump avait réinstauré des sanctions pour les pays commerçant avec l'Iran, avec des dérogations à certains Etats, jugeant que le marché mondial de pétrole ne pourrait pas supporter la fermeture totale du robinet de pétrole iranien. Ces dérogations sont supprimées au mois de mai, pour "priver le régime de sa principale source de revenus".

 

 

Donald Trump "veut renégocier l'accord [sur le nucléaire], il veut que l'Iran arrête ses activités dans la région et mette un terme au programme balistique iranien, tout ça en mettant une pression maximum sur l'Iran, c'est irréaliste", commente Thierry Coville, chercheur à l'Iris et spécialiste de l'Iran. Pour François Nicoullaud, en levant les dérogations, Donald Trump décide "de passer au braquet supérieur". Les Iraniens, jusqu'alors dans une "attente stratégique", répondent par une "résistance maximale", poursuit le diplomate"Pendant cette période, les radicaux iraniens prennent de l'essor et décident de répondre aux Etats-Unis coup pour coup, même s'ils ne veulent pas la guerre", analyse Thierry Coville.

 

 

La tension monte dans le détroit d'Ormuz. Pendant l'été, les altercations diplomatiques entre les Etats-Unis et l'Iran se multiplient autour de ce passage stratégique du pétrole mondial. Après le déploiement d'un porte-avions américain et d'une force de bombardiers au Moyen-Orient, au prétexte d'une "menace" du régime iranien, Téhéran annonce commencer à enrichir de l'uranium. Les tensions s'accentuent avec une série de sabotages et d'attaques contre des pétroliers dans la région. Washington les impute à Téhéran, qui dément, dénonçant la volonté des Etats-Unis de "provoquer un choc" sur le marché pétrolier.

 

 

Des bases pétrolières saoudiennes sont attaquées. En septembre, la production de pétrole saoudienne est réduite de moitié après des attaques de drones revendiquées par les Houthis yéménites. Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo accuse Téhéran, sans expliquer comment l'Iran serait impliqué concrètement. Des accusations "insensées", pour Téhéran.

 

 

Donald Trump se sépare d'un conseiller farouchement anti-iranien. Le départ de John Bolton, conseiller à la sécurité nationale et poids lourd de l'entourage de Donald Trump, survient par surprise au début du mois de septembre. Il est connu pour ses positions très dures à l'égard de l'Iran, de la Russie ou encore de la Corée du Nord. Une bonne nouvelle pour Téhéran ? Pas forcément. "Avant lui, les personnes les plus responsables et mesurées de l'administration – "les adultes", comme elles étaient appelées – ont progressivement été effacées", tempère François Nicoullaud.

 

 

La médiation d'Emmanuel Macron échoue. En marge de l'Assemblée générale de l'ONU, en septembre, à New York, le président français tente de réunir autour d'une même table les présidents américain et iranien. En vain.

 

 

 

 

 

 

"C'était un moment d'espoir assez fort", estime François Nicoullaud. Thierry Coville juge que cet échec est imputable à l'intransigeance de Donald Trump. "Les Iraniens ont quand même laissé une porte ouverte en disant 'vous arrêtez les sanctions, vous rentrez dans l'accord, on est prêt à renégocier à un nouvel accord'", résume-t-il. En novembre, le guide suprême iranien critique violemment Emmanuel Macron.

 

 

Le président français, qui prétend qu'une rencontre pourra résoudre tous les problèmes entre Téhéran et l'Amérique, est soit naïf, soit complice des Etats-Unis.Ali Khamenei

 

 

Un ressortissant américain meurt en Irak. Tout s'accélère à la fin de 2019. Le 27 décembre, un sous-traitant américain est tué et plusieurs militaires américains et irakiens sont blessés, lors de l'attaque d'une base militaire irakienne. Le tir de roquette n'est pas revendiqué, mais Washington l'attribue à une milice chiite pro-iranienne, le Hezbollah irakien.

 

 

Les Etats-Unis bombardent des bases du Hezbollah. Quarante-huit heures plus tard, Washington réplique. Des avions de l'armée américaine bombardent cinq bases du Hezbollah irakien, dans l'ouest du pays. Au moins 25 personnes sont tuées. "Pour le gouvernement américain, une ligne rouge a été franchie", avec la mort de ce ressortissant, selon Jean-Baptiste Bégat. "La réponse des Etats-Unis a été très virulente."

 

 

L'ambassade américaine à Bagdad est attaquée. Le 31 décembre, la mission diplomatique est assaillie par des milliers de manifestants. Les contestataires protestent contre les bombardements américains. Donald Trump pointe aussitôt du doigt Téhéran. "L'Iran a tué un sous-traitant américain et en a blessé plusieurs. Nous avons répondu avec force, comme nous le ferons toujours. L'Iran orchestre désormais une attaque de l'ambassade américaine en Irak. Ils en seront tenus pleinement responsables", écrit-il sur Twitter.

 

 

 

 

2020 : l'année de l'embrasement ?

Le général Qassem Soleimani est assassiné. Ce puissant militaire iranien, émissaire de la République islamique en Irak, est tué dans une attaque américaine à Bagdad, vendredi 3 janvier. Le Pentagone affirme que Donald Trump a lui-même donné l'ordre de le "tuer". Mike Pompeo affirme que Qassem Soleimani comptait mener une "action d'envergure" menaçant des "centaines de vies américaines". De son côté, l'Iran promet de venger la mort de son général, "au bon moment et au bon endroit", tout en dénonçant le "terrorisme d'Etat de l'Amérique".

 

 

Autour du monde, la décision de Donald Trump est critiquée : Paris souhaite éviter "une nouvelle escalade dangereuse", Moscou juge que Washington a franchi "un palier hasardeux", Pékin appelle au "calme et à la retenue". Selon François Nicoullaud, remarque que les circonstances de la mort de Qassem Soleimani constituent "une humiliation cinglante pour les Iraniens" : "C'est un militaire de haut rang qui est tué par un tir de drone comme s'il s'agissait d'un terroriste."

 

 

L'emballement va-t-il se terminer en embrasement de la région, voire en guerre ouverte ? Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo assure vouloir la "désescalade". Jean-Baptiste Bégat estime que "l'escalade dans les relations entre les Etats-Unis et l'Iran a été l'initiative de Washington". Thierry Coville pointe aussi la responsabilité du président américain. "Tout remonte à la sortie de l'accord [de Vienne] sans avoir réfléchi aux conséquences, croyant qu'il allait pouvoir en redessiner un nouveau", tâcle-t-il.

 

 

Dans l'histoire, quand on ne respecte pas le droit international et que l'on fait cavalier seul, on prend d'énormes risques, comme celui d'envenimer la situation. Il n'y a plus de règles si ce n'est celle du plus fort.Thierry Coville, spécialiste de l'Iran à franceinfo

 

 

Tenter de prédire la suite des événements est un exercice auquel les spécialistes ne veulent pas se prêter, préférant l'extrême prudence. "Aucun des deux pays ne veut la guerre, mais un mauvais calcul peut tout faire basculer. On est dans une situation très dangereuse", selon Thierry Coville. Jean-Baptiste Bégat estime que la tension est surtout forte du côté iranien, car la réponse de Téhéran risque d'être retentissante. Pour lui, en éliminant Qassem Soleimani, les Etats-Unis ont réalisé un "geste disproportionné, au regard de l'escalade récente".

 


05/01/2020
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Franceinfo - le jeudi 21 novembre 2019

 

 

Iran : on vous explique pourquoi le pays est plongé dans une violente crise économique et sociale

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

En limitant les subventions sur l’essence, le gouvernement a déclenché une contestation massive, dans plusieurs régions du pays. "Au moins 106 manifestants dans 21 villes ont été tués, selon des informations crédibles", a indiqué Amnesty International mardi

 

 

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Des Iraniens manifestent contre la hausse du prix de l'essence, le 16 novembre 2019 à Téhéran (Iran). (AFP)

 

 

 

L'Iran est secoué depuis vendredi 15 novembre par de violentes manifestations, déclenchées après l'annonce surprise de l'augmentation du prix du carburant. Depuis, des milliers de personnes sont descendues dans la rue, asphyxiées par la situation économique castrophique du pays. 

 

 

Le Haut-commissariat aux droits de l'homme de l'ONU a dénoncé mardi l'usage de la force, y compris de tirs à balles réelles. Des vidéos ont montré "des snipers sur les toits d'immeubles tirer sur la foule et, dans un cas, un hélicoptère", s'est alarmée l'ONG Amnesty International, qui redoute "jusqu'à deux cents [personnes] tuées". Franceinfo revient sur les origines de la crise qui secoue la société iranienne.

 

 

 

Qu'est-ce qui a déclenché ces manifestations ?

La contestation a débuté vendredi soir, quelques heures après l'annonce d'une réforme du mode de subvention de l'essence, censée bénéficier aux ménages les moins favorisés. Pour lutter contre l'inflation chronique qui sévit dans le pays, le gouvernement a annoncé une augmentation de 50% du prix du carburant – de 10 000 à 15 000 rials le litre (11 centimes d'euros) – pour les soixante premiers litres achetés chaque mois. Au-delà, chaque litre supplémentaire coûtera le triple du prix actuel (30 000 rials). 

 

 

 

Emeute à Isfahan (Iran) à cause d\'une hausse du carburant, le 16 novembre 2019.

Emeute à Isfahan (Iran) à cause d'une hausse du carburant, le 16 novembre 2019. (AFP)

 

 

 

Les recettes dégagées par cette réforme doivent, selon les autorités, bénéficier aux 60 millions d'Iraniens les moins favorisés (sur une population totale de 83 millions d'habitants). Les montants reversés iront de 550 000 rials (environ 4,20 euros) pour les couples à 2 millions de rials (15,80 euros) pour les foyers de cinq personnes et plus.

 

 

"Cette mesure vise aussi à lutter contre la surconsommation des habitants qui pose des problèmes environnementaux et qui empêche l'Iran d'exporter autant de carburant qu'elle le souhaiterait", analyse Thierry Coville, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) et spécialiste de l'Iran. Cette réforme doit également freiner la contrebande de carburant, conséquence de la faiblesse des prix.

 

 

La classe politique n'a pas tardé à afficher ses divisions et critique le moment choisi par le gouvernement, à quelques mois des élections législatives, en février. Le président, Hassan Rohani, a toutefois reçu dimanche le soutien de l'ayatollah Ali Khamenei. "Je ne suis pas un expert et il existe des opinions différentes, mais si les chefs des trois branches du pouvoir [exécutif, législatif, judiciaire] prennent une décision, je la soutiens", a déclaré le guide suprême, cité par la télévision d'Etat. Mais la réforme suscite une immense colère des habitants, qui s'est d'abord répandue sur les réseaux sociaux avant de gagner la rue. 

 

 

 

Quelle est l'ampleur du mouvement ?

Quelques heures après l'annonce de cette mesure, les Iraniens ont manifesté par milliers dans des dizaines de villes du pays, des plus grandes agglomérations du pays à des chefs-lieux de canton. Au moins vingt-cinq villes ont été touchées par les troubles, selon les agences iraniennes. Des conducteurs ont bloqué des routes et certains manifestants ont endommagé des infrastructures publiques, des stations-service et parfois tenté de mettre le feu à des dépôts d'essence.

 

 

Depuis vendredi, plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées, selon les informations de la presse iranienne. Les agences locales parlent de près de quatre cents personnes appréhendées : 40 à Yazd (centre), 180 dans la province du Khouzestan (Sud-Ouest), et 150 dans la province d'Alborz, au nord-ouest de Téhéran.

 

 

Si cinq morts (un civil et quatre membres des forces de l'ordre) ont été officiellement confirmés par les autorités iraniennes depuis le début de cette vague de contestation, le bilan pourrait être, en réalité, bien plus lourd. Le Haut-commissariat aux droits de l'homme de l'ONU craint que "des dizaines" de personnes aient perdu la vie et se dit très inquiet "que l'utilisation de munitions réelles [ait pu causer] un nombre important de décès". Le HCDH parle également de "plus de 1 000" arrestations. Amnesty estime pour sa part qu'"au moins 106 contestataires" ont été tués. Mais "le bilan véritable pourrait être bien plus élevé, avec des informations suggérant jusqu'à 200 [personnes] tuées", selon l'ONG.

 

 

Du fait du black-out, la situation reste très difficile à évaluer à l'échelle du pays. Car les autorités ont drastiquement réduit l'accès à internet depuis le début des manifestations. "Soixante-cinq heures après que l'Iran a mis en œuvre une coupure presque totale d'internet, le niveau de connexion au monde extérieur est tout juste à 4% de ce qu'il est en temps normal", relevait mardi matin le compte Twitter de l'ONG Netblocks, qui surveille la liberté d'accès à la toile dans le monde. 

 

 

 

 

Pourquoi une telle flambée de violences ?

L'augmentation du prix du carburant est la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour les Iraniens. Le pays est miné par "une crise économique et sociale sans précédent", constate Thierry Coville, avec une "inflation de 40% à 45%" et au moins 20% de chômage. Le Fonds monétaire international (FMI) estime que le PIB de l'Iran devrait chuter de 9,5% cette année, après un recul de 4,8 % en 2018. "Imaginez dans quel état serait la société française avec près de 10% de récession... C'est à se demander comment tient la population", pointe Thierry Coville.

 

 

Les plus pauvres sont à bout. La réforme du gouvernement est supposée les aider mais ils n'y croient plus. Thierry Coville, chercheur à l'Iris, spécialiste de l'Iran à franceinfo

 

 

Le retrait unilatéral des Etats-Unis, en 2018, de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, et le rétablissement dans la foulée de lourdes sanctions contre Téhéran, ont fait plonger l'économie iranienne. Les exportations de pétrole sont ainsi passées de 2,2 millions de barils par jour en 2018 à 600 000 à la fin 2019. Or, "elles représentent 40 à 50% des revenus de l'Etat", fait remarquer Thierry Coville. Pour le chercheur, "les sanctions américaines ont multiplié par cent tous les problèmes de l'Iran".

 

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Il pointe également la grande responsabilité de l'Europe, qui a validé les sanctions américaines, dans la débâcle économique iranienne. "Les dirigeants européens ont arrêté d'acheter du pétrole et imposent à l'Iran de rester dans l'accord sur le nucléaire sans aucune contrepartie. Ils participent à l'asphyxie du pays", dénonce-t-il.

 

 

 

Quelles sont les réactions ?

"Notre peuple est sorti victorieux à diverses reprises face au complot des ennemis, et cette fois encore, face à ces émeutes." Hassan Rohani a mis en cause mercredi une intervention étrangère dans ce mouvement de contestation, pointant les "réactionnaires de la région, les sionistes et les Américains", alors que la télévision d'Etat diffusait des images de manifestations pro-gouvernementales dans plusieurs villes. 

 

 

"Les manifestations spontanées que vous voyez sont le plus grand signe de la puissance du peuple iranien", a commenté le président iranien. Réélu en 2017 avec, comme point central de son programme, l'accord de Vienne, désormais fortement compromis, Hassan Rohani se trouve aujourd'hui dans une position très délicate politiquement, à la fois sur le plan intérieur et sur la scène internationale. "Il est particulièrement affaibli, note Thierry Coville. Et les durs en profitent pour gagner du pouvoir".

 

 

Mercredi, le ministère des Affaires étrangères français a exprimé "sa vive inquiétude face aux informations faisant état de la mort de nombreux manifestants au cours des derniers jours". Dans ce contexte de fortes tensions entre Washington, qui a apporté son soutien au mouvement, et Téhéran, la marine américaine a annoncé que le porte-avions USS Abraham Lincoln était entré mardi dans le Golfe persique, où les Etats-Unis entendent ainsi "démontrer [leur] détermination" à faire respecter la liberté de navigation.

 


21/11/2019
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Franceinfo - le dimanche 22 septembre 2019

 

 

Pour le président iranien, la présence de forces étrangères dans le Golfe accroît l'"insécurité"

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

C'est ce qu'a déclaré le président iranien Hassan Rohani, dimanche, après l'annonce de l'envoi de renforts de troupes américaines dans la région

 

 

 

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Le président iranien Hassan Rohani, à Téhéran, la capitale iranienne, le 18 septembre 2019. (IRANIAN PRESIDENCY / AFP)

 

 

 

Téhéran et Washington poursuivent leur joute verbale. Le président iranien Hassan Rohani a estimé, dimanche 22 septembre, que la présence de force étrangères dans le Golfe accroissait l'"insécurité" dans la régionIl réagissait après l'annonce de l'envoi de renforts de troupes américaines dans la région.

 

 

Parlant à l'ouverture d'un défilé militaire à Téhéran, Hassan Rohani a annoncé que l'Iran présenterait "dans les prochains jours" à l'ONU un plan de coopération destiné à assurer la sécurité "du golfe Persique, du détroit d'Ormuz et de la mer d'Oman" entre pays riverains.

 

 

Vendredi, le ministre américain de la Défense a estimé que l'attaque du 14 septembre contre des installations pétrolières saoudiennes représentait "une escalade spectaculaire de l'agression iranienne". Le nombre exact des troupes et le type d'équipement envoyés en renfort n'ont pas encore été décidés. Mais il s'agira d'un déploiement "modéré", qui ne se comptera pas en milliers, avait précisé le chef d'état-major américain.

 


22/09/2019
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Franceinfo - le vendredi 2 août 2019

 

 

L'article à lire pour comprendre les tensions entre l'Iran et les Etats-Unis dans le détroit d'Ormuz

 

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Leela BadrinathfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Depuis le début du mois de mai, les altercations diplomatiques se multiplient dans le secteur. Mais quels sont les enjeux dans cette zone historique de conflits ? Et sommes-nous à l'abri de l'éclatement d'une nouvelle guerre au Moyen-Orient ?

 

 

 

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Un pétrolier traverse le détroit d'Ormuz, le 21 décembre 2018 (HAMAD I MOHAMMED / REUTERS)

 

 

 

Bateaux arraisonnés, saisies de navires britanniques et communauté internationale sur les dents : depuis plusieurs semaines, la tension ne cesse de monter entre l'Iran et les Etats-Unis dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique du pétrole mondial. Une crise des tankers a également émergé entre Londres et Téhéran, dans la foulée de plusieurs incidents survenus depuis mai dernier et la décision de Washington de rétablir de lourdes sanctions contre l'Iran. Franceinfo reprend le fil. 

 

 

 

Où se trouve le détroit d'Ormuz ?

Le détroit d'Ormuz, qui relie le golfe Persique au golfe d'Oman, est un passage maritime débouchant sur la mer d'Arabie, situé entre l'Iran et le sultanat d'Oman. Long de 63 kilomètres, il est particulièrement vulnérable à cause de sa faible largeur (à peine 40 kilomètres) et de sa profondeur qui n'excède pas les 60 mètres.

 

 

Cette chicane est parsemée de territoires désertiques ou peu habités, mais d'une grande importance stratégique : les îles iraniennes d'Ormuz, et celles de Qeshm et de Larak, face à la rive iranienne de Bandar Abbas. Les navires doivent circuler à travers un fin couloir entre des îles appartenant à Oman, avant de transiter par un chenal entre trois îles contrôlées depuis 1971 par l'Iran. La liberté de navigation y est en théorie garantie par le droit international, via la convention des Nations unies sur le droit de la mer.

 

 

 

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Carte pointant le détroit d'Ormuz.  (GOOGLE MAPS)

 

 

 

Pourquoi est-ce un endroit stratégique ?

Le détroit d'Ormuz permet d'accéder aux plus grands pays producteurs d'hydrocarbures. En plus de l'Iran et des Emirats arabes unis, le golfe Persique borde en effet l'Arabie saoudite, le Qatar, Bahreïn, le Koweït et l'Irak. "Si l'on regarde une carte géographique, on voit que c'est une zone de contact directe entre la République islamique d'Iran d'un côté et les monarchies arabes du Golfe de l'autre", souligne Didier Billion, spécialiste de la Turquie et du Moyen-Orient et directeur adjoint de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). 

 

 

Surtout, le détroit reste la voie de navigation quasi-exclusive reliant les producteurs d'hydrocarbures du Moyen-Orient aux marchés d'Asie, d'Europe et d'Amérique du Nord. Selon l'agence américaine d'information sur l'énergie(en anglais), environ 21 millions de barils ont transité chaque jour par le détroit d'Ormuz en 2018. Cela représente environ 21% de la consommation mondiale de pétrole et un tiers du brut transitant par voie maritime dans le monde. A titre d'exemple, les Etats-Unis, premier producteur mondial et exportateur net de pétrole, ont importé quotidiennement environ 1,4 million de barils de brut passés par le détroit l'année dernière.

 

 

Un quart du commerce mondial de gaz naturel liquéfié y transite également."Si ces eaux devenaient dangereuses, l'approvisionnement de l'ensemble du monde occidental pourrait être menacé", prévient le président d'une association de pétroliers.

 

 

 

Est-ce la première fois que des tensions apparaissent dans cette zone ?

Non, les tensions dans le détroit ne datent pas d'hier. "Depuis 1979, chacun veut l'hégémonie dans la région, se traitant mutuellement d'imposteurs", explique Didier Billion à franceinfo. "Les pays du Golfe accusent les Iraniens d’avoir une velléité hégémonique sur la région et l'Iran les accuse d’être à la solde des Américains." Le Golfe est d'ailleurs l’une des régions les plus militarisées au monde. L'Iran, qui se considère comme le gardien de cette zone, dénonce régulièrement la présence de forces étrangères dans la région, notamment la Cinquième flotte américaine stationnée à Bahreïn. Téhéran a menacé à plusieurs reprises de bloquer le détroit d'Ormuz en cas d'action militaire des Etats-Unis dans la zone. 

 

 

De nombreux incidents se sont ainsi produits au cours des dernières décennies et "la liberté de navigation dans le détroit est régulièrement menacée", souligne Le Figaro. L'une des perturbations majeures du transport pétrolier remonte à 1984, en plein conflit Iran-Irak, durant la "guerre des pétroliers". Plus de cinq cents navires avaient été détruits ou endommagés. C'est aussi à cette période qu'un avion de ligne iranien avait été abattu par la frégate américaine USS Vincennes qui patrouillait dans le détroit. Au total, 290 personnes avaient été tuées. L'équipage du croiseur avait affirmé avoir pris l'Airbus pour un chasseur iranien animé d'intentions hostiles.

 

 

Plus récemment, en avril 2015, des bateaux des Gardiens de la révolution y ont arraisonné un porte-conteneurs des îles Marshall. Le mois suivant, des patrouilleurs iraniens tiraient des coups de semonce en vue d'intercepter un navire commercial singapourien.

 

 

 

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Un pétrolier saoudien brûle dans le golfe ersique, durant la guerre Iran-Irak, en 1984. (SIPA)

 

 

 

Comment a débuté cette crise ?

Les tensions actuelles ont été ravivées il y a un plus d'un an, en mai 2018, par le retrait américain de l'accord international sur le nucléaire iranien. Mais aussi après le rétablissement de lourdes sanctions de Washington contre Téhéran. Cet accord, signé en 2015 par les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine et Russie) ainsi que l'Allemagne, l'Union européenne et l'Iran, avait pour but de contrôler le programme nucléaire iranien et de mettre fin à une série d'embargos mis en place contre la République islamique depuis 1995. Donald Trump avait qualifié de "désastreux" cet accord signé sous la présidence de son prédécesseur, Barack Obama. Il accusait aussi l'Iran, sans preuve empirique, de poursuivre une construction nucléaire malgré l'accord.

 

 

 

 

Le 2 mai dernier, le président américain a décidé d'alourdir un peu plus les sanctions sur l’interdiction faite à l'Iran d’exporter son pétrole. Il a annulé les dérogations accordées à huit pays qui continuaient à acheter du pétrole à Téhéran. Les Etats-Unis ont aussi annoncé le déploiement d'un porte-avions et d'une force de bombardiers au Moyen-Orient, prétextant une"menace" du régime iranien. Le régime iranien a immédiatement riposté en annonçant qu'il allait commencer à enrichir de l'uranium à un niveau interdit par l'accord de 2015.

 

 

Depuis, les tensions n'ont cessé de s'accentuer, avec une série de sabotages et d'attaques visant des pétroliers dans la région. Tous ont été imputés par Washington à Téhéran, qui a démenti en dénonçant la volonté des Etats-Unis de "provoquer un choc" sur le marché pétrolier. Sur le terrain, c'est "plus que jamais la stratégie œil pour œil, dent pour dent [qui a été] enclenchée entre l'Iran et ses adversaires occidentaux", analyse Le FigaroLe 20 juin, des forces iraniennes ont ainsi détruit un drone de surveillance américain qui avait, selon eux, pénétré leur espace aérien. En représailles, Donald Trump a approuvé des frappes contre des radars et des batteries de missiles iraniens... avant de se raviser à seulement dix minutes des tirs. 

 

 

Le 18 juillet, les Etats-Unis ont à leur tour affirmé avoir abattu un drone iranien au-dessus du détroit. La perte de l'appareil a toutefois été démentie par l'Iran. Difficile de démêler le vrai du faux dans ces affrontements diplomatiques. "Ce sont les services de renseignement des différents pays qui sont à la manœuvre. Ce sont des situations délétères où il devient difficile de déterminer qui a fait quoi", précise Didier Billion.

 

 

 

Des navires ont-ils été saisis ?

Oui. Début juillet, le Royaume-Uni est entré dans le jeu en arraisonnant un tanker iranien, le Grace 1, au niveau du détroit de Gibraltar. Le pétrolier acheminait du pétrole vers le port syrien de Banias, en violation des sanctions européennes contre le régime de Damas. "Là, c'est une dynamique différente, on sait que les Britanniques ont fait ça sous forte pression des Etats-Unis", décrypte Didier Billion. 

 

 

Signe que la tension n'est pas retombée, les autorités iraniennes ont à leur tour saisi un pétrolier britannique, le Stena Impero, dans le golfe d'Oman. Une confiscation intervenue quinze jours après l'arraisonnement du Grace 1 par le Royaume-Uni et au lendemain de l'annonce américaine de la destruction d'un drone iranien dans le golfe Persique.

 

 

 

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Capture d'écran de la chaîne officielle iranienne montrant un Gardien de la Révolution patrouiller autour du Stena Impero, le 22 juillet 2019. (IRIB / AFP)

 

 

 

Les tensions peuvent-elles déboucher sur une guerre?

Un conflit ouvert n'est souhaité ni par les Etats-Unis ni par l'Iran. Cependant, il existe un déploiement américain et occidental important dans la région. Les Américains contrôlent ainsi des dizaines de bases militaires en Arabie saoudite, dans les Emirats arabes unis, à Bahreïn et en Irak, selon le site de l'organisation American Security Project. Ali Rastbeen, président de l'académie de géopolitique de Paris, se veut rassurant : "Nous ne sommes pas dans une situation qui débouche sur une guerre. Il n'y a pas assez d'intérêts en jeu." Mais Didier Billion n'est pas de cet avis : "S'il y a une exacerbation des tensions, une étincelle peut mettre le feu aux poudres."  

 

 

Trump n'est pas en faveur de la guerre, mais il a des va-t-en-guerre dans son entourage. Et il est dur de suivre les méandres de son raisonnement...Didier Billion à Franceinfo

 

 

En effet, l'administration Trump compte dans ses rangs des figures telles que Mike Pompeo, ministre des Affaires étrangères, ou John Bolton, conseiller à la Sécurité nationale, connus pour être des partisans des solutions musclées. Pour le spécialiste de la région, la perspective de la campagne présidentielle de 2020 peut toutefois jouer sur la ligne suivie par Washington. "Il serait peu souhaitable pour Donald Trump d'entrer en guerre maintenant", analyse ainsi Didier Billion.

 

 

En outre, d'autres puissances de la région pourraient décider de prendre part à un éventuel conflit. "Certains veulent en découdre", assure Didier Billion, en citant notamment le cas des Saoudiens qui "se sentent invincibles, à tort, car ils sont protégés par les Etats-Unis." Selon lui, Israël montre aussi "une posture guerrière depuis plusieurs années et considère la puissance nucléaire iranienne comme une menace existentielle". De quoi redouter de potentielles escarmouches : "D'ici à l'élection présidentielle américaine, il peut potentiellement y avoir des affrontements à court terme, mais on n'en est pas encore là." 

 

 

 

Comment réagit la communauté internationale ?

Les récents incidents dans le détroit d'Ormuz ont jeté un froid sur la scène internationale. Après la saisie par l'Iran du pétrolier britannique, l'Union européenne a exprimé sa "profonde préoccupation". Vladimir Poutine a, lui, mis en garde contre une "catastrophe" en cas de recours à la force par les Etats-Unis. "Cela provoquerait une flambée des violences et la hausse du nombre des réfugiés", a déclaré le président russe.

 

 

Mais le retour au calme semble compromis. En effet, Washington cherche à mettre sur pied une coalition internationale pour escorter les navires de commerce dans le détroit d'Ormuz. Londres, qui a demandé à ses bateaux d'éviter le détroit,  pousse aussi pour la mise en place d'une "mission de protection maritime dirigée par les Européens" dans le Golfe. Paris, Londres et Berlin prévoient ainsi de "coordonner" leurs moyens et "partager (leurs) informations" dans le Golfe pour y renforcer la sécurité maritime, sans pour autant y déployer des moyens militaires supplémentaires.

 

 

De son côté, la France tente de se poser en médiatrice. Début juillet, Emmanuel Macron a envoyé à Téhéran son conseiller diplomatique Emmanuel Bonne, dans le but de rétablir les négociations. Le chef de l'Etat s'est aussi entretenu à plusieurs reprises avec le président iranien, Hassan Rohani, pour appeler à une "désescalade". Mais cette mission navale européenne n'est pas vue d'un bon œil par l'Iran. Le porte-parole du gouvernement iranien a ainsi dénoncé un "message hostile" et un acte "provocateur" qui va "accentuer les tensions". Il a réitéré la position iranienne selon laquelle la sécurité dans le Golfe doit être assurée par les pays de la région. "La présence de forces étrangères n'aidera pas à (assurer) la sécurité de la région et sera la principale source de tensions", affirme Hassan Rohani.

 

 

 

J'ai eu la flemme de tout lire ;) Vous pouvez me faire un résumé rapide ?

Depuis début mai, les escarmouches entre les Etats-Unis et l'Iran se multiplient dans le détroit d'Ormuz, premier point de passage du pétrole mondial. Entre arraisonnements de pétroliers, drones abattus et accusations mutuelles, la tension n'en finit plus de monter. La crise diplomatique trouve son origine dans la décision unilatérale des Etats-Unis de se retirer de l'accord international sur le nucléaire iranien signé en 2015. Les tensions ont connu un pic fin juin, après que les forces iraniennes ont abattu un drone de surveillance américain qui avait, selon eux, pénétré leur espace aérien. En guise de riposte, Donald Trump a approuvé des frappes de représailles... avant de se raviser.

 

 

Inquiète, la communauté internationale tente d'œuvrer sur le terrain diplomatique pour apaiser les tensions et trouver des solutions. La France essaie de se poser en médiatrice et Emmanuel Macron s'est entretenu plusieurs fois avec son homologue iranien, Hassan Rohani. De son côté, Londres pousse pour la mise en place d'une "mission de protection maritime dirigée par les Européens" dans le Golfe. Une initiative qui ne plaît guère à Téhéran, pour qui "la présence de forces étrangères n'aidera pas à (assurer) la sécurité de la région". La crise dans le détroit d'Ormuz sera l'un des sujets mis sur la table du prochain G7, fin août, à Biarritz.

 


02/08/2019
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Franceinfo - le vendredi 19 juillet 2019

 

 

L'Iran affirme que les Etats-Unis ont abattu un de leurs drones par erreur

 

 

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Contrairement à ce qu'avait annoncé Donald Trump, "aucun drone" iranien n'a été détruit dans le détroit d'Ormuz

 

 

 

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Un drone américain survole l'Iran le 20 juin 2019. (HANDOUT / US AIR FORCE / AFP)

 

 

 

L'incident vire à l'imbroglio diplomatique. Alors que Donald Trump affirmait avoir abattu un drone iranien au-dessus du détroit d'Ormuz, jeudi 18 juillet, car celui-ci s'approchait dangereusement d'un navire américain, le gouvernement iranien annonce une autre version des faits. 

 

 

"J'ai peur que l'USS Boxer ait abattu un de leurs propres [drones] par erreur", annonce vendredi le ministre des Affaires étrangères adjoint iranien, Abbas Araghchi, dans un message écrit en anglais sur Twitter. Il dément ainsi que la République islamique ait perdu, la veille, un appareil sans pilote

 

 

 

 

 

 

"Nous n'avons perdu aucun drone dans le détroit d'Ormuz ou ailleurs", a ajouté Abbas Araghchi. 

 

 

 

Un regain de tension

Les incidents se multiplient entre des navires iraniens et occidentaux dans le détroit d'Ormuz, limitrophe de l'Iran et où transite une grande partie du pétrole mondial. Ces incidents se produisent sur fond de tensions concernant notamment l'accord sur le nucléaire iranien, dont l'Iran a renoncé à appliquer plusieurs engagements en réponse au rétablissement des sanctions américaines.

 

 

 

 

 

Franceinfo - le jeudi 18 juillet 2019 - mis à jour le 19.07.19

 

 

Les Etats-Unis affirment avoir abattu un drone iranien qui s'approchait d'un de leurs navires dans le détroit d'Ormuz

 

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En juin, c'est un drone américain qui avait été détruit par l'Iran. Donald Trump avait affirmé avoir renoncé à la dernière minute à des frappes aériennes en représailles

 

 

 

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L'USS Boxer, navire américain qui a abattu un drone iranien le 18 juillet 2019, ici lors d'un ravitaillement en mer quatre jours plus tôt, sur une photo de la marine américaine qui n'a pas dévoilé sa localisation. (KEYPHER STROMBECK / NAVY OFFICE OF INFORMATION / AFP)

 

 

 

La tension entre Washington et Téhéran va-t-elle encore monter d'un cran ? Les Etats-Unis ont abattu un drone iranien au-dessus du détroit d'Ormuz, a annoncé Donald Trump, jeudi 18 juillet. L'engin s'était approché à moins d'un kilomètre d'un navire américain, l'USS Boxer, qui a entrepris "une action défensive", a affirmé le président américain.

 

 

"C'est le dernier de nombreux actes de provocation et d'hostilité de la part de l'Iran contre des navires opérant dans les eaux internationales", a estimé Donald Trump. Il a affirmé que les Etats-Unis "se réservent le droit de défendre [leur] personnel, [leurs] installations et intérêts", et appelé le reste du monde à "condamner l'Iran".

 

 

Interrogé peu après lors de son arrivée au siège de l'ONU à New York, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a affirmé n'avoir "aucune information sur la perte d'un drone".

 

 

 

De nombreux incidents dans le détroit d'Ormuz

Le 20 juin, les Gardiens de la Révolution iraniens avaient annoncé avoir abattu un drone américain qui avait "violé l'espace aérien iranien", ce que Washington conteste. Donald Trump avait affirmé avoir ordonné des frappes aériennes contre l'Iran en réponse, mais avoir décidé à la dernière minute de les annuler pour éviter un lourd bilan humain.

 

 

Les incidents se multiplient entre des navires iraniens et occidentaux dans le détroit d'Ormuz, limitrophe de l'Iran et où transite une grande partie du pétrole mondial. Jeudi, les Gardiens de la révolution ont annoncé qu'ils détenaient un tanker "étranger" qui avait été arraisonné dimanche et se livrait, selon eux, à de la "contrebande" de carburant.

 

 

Ces incidents se produisent sur fond de tensions concernant notamment l'accord sur le nucléaire iranien, dont l'Iran a renoncé à appliquer plusieurs engagements en réponse au rétablissement des sanctions américaines.

 

 


19/07/2019
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Franceinfo - le vendredi 14 juin 2019

 

 

Les Etats-Unis accusent l'Iran d'avoir attaqué des pétroliers dans le Golfe, Téhéran dément

 

 

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L'armée américaine a publié une vidéo censée montrer une patrouille des Gardiens de la révolution retirant une mine-ventouse qui n'avait pas explosé sur une paroi de l'un des deux tankers attaqués

 

 

 

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Capture d'écran d'une vidéo diffusée par l'armée américaine, le 13 juin 2019, censée démontrer la responsabilité de l'Iran dans l'attaque du "Kokuka Courageous". (U.S. MILITARY / REUTERS)

 

 

Les Etats-Unis accusent l'Iran d'être responsable des attaques menées contre deux pétroliers dans le Golfe. "Cette conclusion s'appuie sur des renseignements, sur les armes utilisées, sur le niveau de savoir-faire nécessaire pour mener à bien l'opération", a expliqué Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, jeudi 13 juin.

 

 

Aucune organisation à la solde d'une puissance, dans la région, ne dispose des ressources et de l'efficacité requises pour passer à l'acte avec un tel degré de complexité.Mike Pompeolors d'une allocution solennelle

 

 

L'armée américaine a en outre publié une vidéo censée accabler l'Iran. La vidéo montrerait une patrouille des Gardiens de la révolution islamique, le corps d'élite de l'armée iranienne, retirant une mine-ventouse qui n'avait pas explosé sur une paroi de l'un des deux tankers attaqués jeudi dans le golfe d'Oman.

 

 

Téhéran a aussitôt répliqué en dénonçant des "affirmations incendiaires" et une "campagne anti-iranienne". "L'Iran rejette catégoriquement les accusations infondées des Etats-Unis et les condamne dans les termes les plus forts", a déclaré la mission iranienne auprès de l'ONU dans un communiqué jeudi soir. Sur Twitter, le ministre des Affaires étrangères iranien a accusé Washington de "sabotage diplomatique".

 

 

 

 

 

 

Deux pétroliers, norvégien et japonais, ont été la cible jeudi d'attaques d'origine indéterminée, un mois après le sabotage de quatre navires, dont trois pétroliers, au large des Emirats arabes unis. Washington avait alors déjà pointé l'Iran du doigt.

 


14/06/2019
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Franceinfo - le mercredi 8 mai 2019

 

 

Accord sur le nucléaire iranien : six questions sur la nouvelle crise diplomatique qui inquiète le monde

 

 

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Les dirigeants iraniens ont suspendu une partie de leurs engagements et donné soixante jours aux Européens, Chinois et Russes pour mettre en œuvre leurs promesses de protéger Téhéran contre les sanctions économiques de Washington

 

 

 

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 Le bâtiment du réacteur nucléaire de Bushehr, dans le sud de l'Iran, le 26 février 2006. (BEHROUZ MEHRI / AFP)

 

 

 

La menace planait depuis des mois. Un an jour pour jour après l'annonce du retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien, l'Iran a suspendu, mercredi 8 mai, une partie de ses engagements. Le pouvoir iranien a donné soixante jours aux cinq autres pays signataires restants (France, Allemagne, Royaume-Uni, Russie et Chine) pour tenir leurs promesses de protéger Téhéran contre les sanctions de Washington. Ce nouveau regain de tensions internationales soulève de nombreuses questions.

 

 

 

1 - Que prévoit l'accord sur le nucléaire iranien ?

L'accord sur le nucléaire iranien a été conclu à Vienne le 14 juillet 2015 et validé par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Il a été paraphé par l'Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni), plus l'Allemagne. Il a permis de réintégrer l'Iran dans le concert des nations. Il a surtout mis fin à des années d'isolement du pays, en levant une partie des sanctions économiques internationales qui pesaient sur lui. En échange, la République islamique a accepté de brider son programme nucléaire. L'objectif est de rendre quasiment impossible pour l'Iran la fabrication d'une bombe atomique, tout en assurant à Téhéran – qui dément toute visée militaire – le droit de développer une filière nucléaire civile.

 

 

 

2 - Quels étaient les engagements précis de Téhéran ?

L'Iran s'est engagé à revoir à la baisse ses capacités nucléaires. Le pays a ainsi réduit à 5 060 le nombre de ses centrifugeuses en activité servant à enrichir l'uranium – contre plus de 19 000 au moment de la signature de l'accord – et s'est engagé à ne pas dépasser ce nombre pendant dix ans. Téhéran a également accepté de modifier son réacteur à eau lourde d'Arak, de manière à rendre impossible la production de plutonium à usage militaire dans cette installation. Le pouvoir iranien a ainsi limité son stock d'eau lourde à 130 tonnes maximum, et ses réserves d'uranium enrichi (UF6) à 300 kilos, et a renoncé à enrichir l'uranium à un taux supérieur à 3,67%. 

 

 

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui est chargée de vérifier sur le terrain l'application de l'accord, a jusqu'à présent toujours attesté que Téhéran respectait ses engagements, comme en atteste le dernier rapport trimestriel dévoilé le 22 février 2019. L'agence onusienne a notamment attesté que l'Iran n'avait pas enrichi d'uranium à des degrés prohibés, ni constitué de stocks illégaux. Mais en revenant sur ses engagements, mercredi, la République islamique a annoncé qu'elle allait s'affranchir de deux de ses engagements : limiter ses réserves d'eau lourde et celles d'uranium enrichi.

 

 

 

3 - Dans quel contexte survient cette décision du pouvoir iranien ?

L'annonce de Téhéran survient dans un climat de tensions exacerbées entre l'Iran et les Etats-Unis, alimentées par le durcissement constant de la position de l'administration américaine à l'égard du régime iranien depuis le début de l'année 2018.

 

 

En janvier de l'année dernière, Donald Trump a dénoncé les "terribles lacunes" de l'accord et exigé un nouveau pacte avec Téhéran. Il a laissé jusqu'au 12 mai 2018 aux Européens pour le conclure. Mais le 8 mai, sans attendre l'expiration de son ultimatum, le président américain a annoncé le retrait unilatéral des Etats-Unis de l'accord et le rétablissement des sanctions vis-à-vis de Téhéran, en rupture avec l'engagement de son prédécesseur démocrate, Barack Obama.

 

 

Le 7 août, un premier train de sanctions est rétabli, avec le blocage des transactions financières et des importations de matières premières. Des mesures qui pénalisent les achats dans les secteurs de l'automobile et de l'aviation commerciale. Le 5 novembre, le deuxième train de sanctions touche cette fois les secteurs pétrolier et financier. Le 7 mars 2019, Washington hausse encore un peu plus le ton et réclame des sanctions internationales contre l'Iran, accusé par les Etats-Unis de violer la résolution de l'ONU et de déstabiliser le Moyen-Orient par ses essais de missiles.

 

 

Le 8 avril, les Etats-Unis prennent un décision symbolique en plaçant les Gardiens de la révolution, armée idéologique du régime, sur leur liste des "organisations terroristes étrangères", de même que la force al-Qods, chargée des opérations extérieures des Gardiens. Et le 22 avril, Donald Trump décide de mettre fin, à partir de début mai, aux exemptions permettant à huit pays (Chine, Inde, Turquie, Japon, Corée du Sud, Taïwan, Italie et Grèce) d'acheter du pétrole iranien.

 

 

Et la crise a pris une tournure militaire ces derniers jours. Le 5 mai, le conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton, annonce le déploiement dans le Golfe d'un porte-avions accompagné de son groupe aéronaval, et d'une force de bombardiers. Le 7 mai, le Pentagone annonce dépêcher plusieurs bombardiers B-52 dans le Golfe. Et le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, en visite surprise à Bagdad, accuse alors Téhéran de préparer des "attaques imminentes" contre les forces américaines.

 

 

 

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Le porte-avions américain "USS Abraham Lincoln" entrant en mer Méditerranée par le détroit de Gibraltar, le 13 avril 2019, dans le cadre du déploiement d'une force militaire américaine au Moyen-Orient. (US NAVY / REUTERS)

 

 

 

La campagne contre l'Iran vise, selon Washington, à mettre fin aux "activités déstabilisatrices" de Téhéran au Moyen-Orient, notamment au Liban via le mouvement chiite Hezbollah, au Yémen à travers les rebelles Houthis et en Syrie par son soutien au régime de Bachar Al-Assad. Donald Trump a fait de l'Iran son ennemi numéro un au Moyen-Orient, car elle est "sa porte de sortie", explique le géopolitologue Dominique Moïsi dans Les Echos. "L'Amérique a échoué face aux talibans en Afghanistan, elle n'a pas su s'imposer en Syrie, et son plan de paix israélo-palestinien n'a aucune chance d'aboutir. Reste l'Iran, où la ligne dure de Donald Trump peut l'aider à se faire réélire en 2020."

 

 

 

4 - Pourquoi la République islamique lance-t-elle son ultimatum maintenant ?

Le retour des sanctions américaines mine l'économie iranienne. Fin janvier 2018, Paris, Berlin et Londres ont bien tenté de mettre en place le mécanisme de troc Instex – une sorte de chambre de compensation – pour permettre aux entreprises de l'Union européenne de commercer avec l'Iran en contournant les sanctions américaines. En vain. Européens, Chinois et Russes ont été jusqu'à présent incapables de respecter leur promesse de permettre à l'Iran de bénéficier des avantages économiques que le pays escomptait de l'accord. L'allemand Daimler, numéro un mondial de la voiture haut de gamme, a ainsi cessé ses activités en Iran. Les constructeurs français Renault et PSA ont eux aussi mis fin à leurs activités ou projets de production de voitures en Iran. De même, le géant pétrolier français Total s'est désengagé de ses projets de plusieurs milliards de dollars. D'autres grandes entreprises étrangères ont fait de même.

 

 

 

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Des Iraniens manifestent autour d'un masque du président américain Donald Trump, le 12 avril 2019 à Téhéran (Iran), après l'inscription par l'administration américaine des Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes. (ROUZBEH FOULADI / NURPHOTO / AFP)

 

 

 

La crise actuelle semble partie pour être pire que la récession de 2012-2013, lorsque les sanctions internationales contre le programme nucléaire de Téhéran et ses projets de développement balistique avaient produit leur effet maximal. Depuis le 8 mai 2018, le rial iranien s'est déprécié de plus de 57% par rapport au dollar sur le marché libre, engendrant une forte poussée de l'inflation. Celle-ci atteint désormais 51% en glissement annuel, contre 8% il y a un an, selon le taux officiel.

 

 

Selon le Fonds monétaire international, le PIB de la République islamique va chuter de 6% en 2019, après un recul de 3,9% en 2018. La chute pourrait être plus brutale encore, puisque cette prévision a été formulée avant les annonces américaines de fin avril. La hausse des prix touche tout particulièrement la nourriture. Dans certains magasins de la capitale, la viande rouge devient même difficile à trouver. L'Iran est pris à la gorge économiquement.

 

 

 

5 - Qu'espère obtenir Téhéran avec cet ultimatum ?

Téhéran a donné deux mois aux Européens pour trouver une solution permettant de sortir réellement les secteurs pétrolier et bancaire iraniens de leur isolement provoqué par les sanctions économiques américaines. Faute de quoi la République islamique renoncera à d'autres engagements.

 

 

 

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Le président iranien Hassan Rohani, lors de la réunion de son cabinet, le 8 mai 2019 à Téhéran (Iran). (PRESIDENCE IRANIENNE / AFP)

 

 

 

Pour Robert Kelley, expert à l'Institut international de Stockholm pour la recherche sur la paix (Sipri) interrogé par l'AFP, "il s'agit pour [le pouvoir iranien] de sauver la face". Les dirigeants iraniens, juge cet ancien inspecteur de l'AIEA, "sont entre le marteau et l'enclume". "Ils ont conclu un accord qui n'est pas respecté par l'autre partie. En fait, ils sont tombés dans le piège que leur ont tendu les Américains." "Y a-t-il un enjeu stratégique ? Font-ils ces annonces parce qu'ils veulent construire des armes ? Certainement pas", estime cet ex-haut responsable du programme nucléaire américain. "Ils estiment devoir continuer de produire de l'uranium pour sauver la face, même si, en réalité, ils n'en ont pas vraiment besoin."

 

 

 

6 - L'Iran va-t-il relancer son programme nucléaire militaire ?

 

"Ce n'est pas parce qu'ils produisent des matériaux nucléaires et dépassent les limites [de stocks] autorisées qu'ils vont construire une arme nucléaire. Le chemin est extrêmement long", assure l'expert du Sipri. "Quand les gens entendent 'uranium', ils pensent à la bombe. Mais il y a peu de rapport entre de l'uranium enrichi [à 3,67%] et la bombe. Idem pour l'eau lourde : ils n'ont plus de réacteur utilisant de l'eau lourde. Ils la produisent juste pour dire : 'Nous pouvons le faire et vous n'avez pas à nous dire ce qu'on a le droit de faire ou pas'. Il n'y a aucune portée stratégique. Le vrai enjeu, ce sont les sanctions sur le pétrole." Et Robert Kelley de conclure : "Tant que tout est sous le régime de vérification de l'AIEA et soumis à des inspections quotidiennes, tout le monde saura exactement ce qui se passe."

 


09/05/2019
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Franceinfo - le mercredi 8 mai 2019

 

 

Accord sur le nucléaire iranien : Téhéran suspend certains de ses engagements et lance un ultimatum aux signataires

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

L'Iran a pour l'instant fait le choix de ne plus limiter ses réserves d'eau lourde et d'uranium enrichi, comme il s'y était engagé au titre de l'accord international de 2015 sur son programme nucléaire

 

 

 

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Une photo prise par la présidence iranienne montrant le président iranien, Hassan Rouhani, avec le directeur de l'organisation de technologie nucléaire iranienne, Ali Akbar Salehi, le 9 avril 2019 à Téhéran (Iran).  (HO / IRANIAN PRESIDENCY / AFP)

 

 

 

 

L'Iran décide de revenir sur certains points de l'accord de Vienne, de non-prolifération nucléaire. Téhéran a fait le choix de cesser d'appliquer "certains" de "ses engagements" pris dans le cadre de cet accord international sur son programme nucléaire en 2015, indique le ministère des Affaires étrangères iranien dans un communiqué, mercredi 8 mai.

 

 

Selon le ministère, la décision a été notifiée officiellement en début de matinée, à Téhéran (Iran), aux ambassadeurs des pays restant parties dans cet accord : l'Allemagne, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et la Russie. Il y a exactement un an, les Etats-Unis se sont retirés de ce pacte, rétablissant des sanctions économiques envers l'Iran suspendues avec l'application de l'accord. 

 

 

Les mesures prises par les Etats-Unis, en particulier depuis un an mais aussi avant (...) leur retrait (de l'accord), avaient clairement pour but de causer une interruption de l'application (de cet accord).Mohammad Javad Zarif, ministre des Affaires étrangères iranien

 

 

L'Iran a fait preuve jusque-là de "patience", mais la République islamique juge désormais "approprié de cesser d'appliquer certains des engagements et mesures volontaires" qu'elle a prise dans le cadre de cet accord, a ajouté le ministre des Affaires étrangères iranien, dans des propos retransmis par la télévision d'Etat.

 

 

 

L'Iran cesse de limiter son stock d'uranium enrichi

Néanmoins, "l'Iran ne se retirera pas" de cet accord, a insisté Mohammad Javad Zarif. Téhéran a pour l'instant décidé de ne plus limiter ses réserves d'eau lourde et d'uranium enrichi, comme il s'y était engagé au titre de l'accord international de 2015, a indiqué le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien. Téhéran donne également "60 jours" aux pays restant parties à ce pacte pour "rendre opérationnels leurs engagements, en particulier dans les secteurs pétrolier et bancaire", sous peine de voir l'Iran renoncer à appliquer d'autres de ses engagements, a ajouté le Conseil.

 

 

Conclu à Vienne en juillet 2015, et validé par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, l'accord sur le nucléaire iranien a permis à Téhéran d'obtenir une levée d'une partie des sanctions internationales visant l'Iran. En échange, le pays avait accepté de limiter drastiquement son programme nucléaire, et s'est engagé à ne jamais chercher à se doter de l'arme atomique. 

 

 

L'annonce iranienne intervient dans un climat de tensions exacerbées avec les Etats-Unis. Le Pentagone a annoncé dépêcher plusieurs bombardiers B-52 dans la région du Golfe. Le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, a fait mardi une visite surprise à Bagdad, affirmant disposer d'informations indiquant "une escalade des activités de l'Iran". Ce dernier a accusé Téhéran de préparer des "attaques imminentes" contre les forces américaines dans la région.

 


08/05/2019
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Franceinfo - le mercredi 31 octobre 2018

 

 

Le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi était "prémédité", annonce le procureur turc chargé de l'enquête

 

 

Jamal Khashoggi a été tué par "strangulation" au consulat de son pays à Istanbul et son corps "démembré", précise aussi le procureur d'Istanbul

 

 

 

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Des manifestants decant l'ambassade saoudienne, à Washington (Etats-Unis), le 8 octobre 2018.  (JIM WATSON / AFP)

 

 

 

Le journaliste Jamal Khashoggi a été tué par "strangulation" à son arrivée au consulat saoudien en Turquie, le 2 octobre, avant d'être "démembré". C'est ce qu'a annoncé le procureur d'Istanbul, mercredi 31 octobre, soulignant le caractère "prémédité" de ce meurtre. Expliquant que la visite à Istanbul du procureur général saoudien dans le cadre de l'enquête "n'a pas donné de résultat concret", le bureau du procureur d'Istanbul se dit dans un communiqué "obligé" de partager certains éléments révélés par son enquête.

 

 

Conformément à un plan prémédité, la victime Jamal Khashoggi a été étranglée à mort dès son entrée au consulat. Le corps de la victime a été démembré et on s'en est débarrassé suite à sa mort par strangulation.communiqué du bureau du procureur d'Istanbul

 

 

Selon le texte du bureau du procureur, les autorités turques ont de nouveau demandé au procureur saoudien et la délégation l'accompagnant l'extradition de 18 suspects arrêtés en Arabie saoudite dans le cadre de l'enquête sur la mort du journaliste, tué dans le consulat de son pays où il s'est rendu le 2 octobre pour des démarches administratives.

 

 

 

Ryad évoque une opération "non autorisée"

Elles ont également exigé de savoir où se trouvait le corps de Khashoggi, toujours pas retrouvé, et l'identité du "collaborateur local" mentionné par Ryad et si des éléments confirmant le caractère prémédité du meurtre avaient été mis au jour par Ryad. En guise de réponse, toujours selon le communiqué, le procureur d'Istanbul a été invité à se rendre en Arabie saoudite avec les éléments de l'enquête en sa possession. Le communiqué n'a pas précisé si le procureur turc entend donner suite à cette invitation.

 

 

Ryad a estimé, selon le texte, que seule une enquête conjointe entre les deux pays pourra permettre de déterminer ce qu'il est advenu du corps de Khashoggi et si son meurtre a été prémédité. Sous la pression internationale, Ryad a fini par reconnaître, après plusieurs jours de dénégations, le meurtre du journaliste dans son consulat lors d'une opération "non autorisée", mais a avancé plusieurs versions contradictoires qui ont suscité le scepticisme.

 

 

Plusieurs responsables et médias turcs ont directement incriminé le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit MBS, dans ce meurtre, alors que Ryad s'efforce de le dédouaner en insistant sur le caractère "non autorisé" de l'opération.

 


12/11/2018
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