L'AIR DU TEMPS

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MOYEN ORIENT OR


Franceinfo - le samedi 22 septembre 2018

 

 

Iran : l'Etat islamique revendique l'attentat qui a fait au moins 29 morts lors d'un défilé militaire

 

 

La tuerie s'est déroulée à Ahvaz, dans le sud-ouest du pays, samedi matin. L'attaque a été menée par plusieurs hommes armés qui ont ouvert le feu sur la foule et les militaires

 

 

 

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Des soldats blessés après une attaque terroriste pendant un défilé militaire à Ahvaz, en Iran, le 22 septembre 2018. (ALIREZA MOHAMMADI / ISNA)

 

 

 

Le groupe Etat islamique a revendiqué, samedi 22 septembre, l'attaque menée contre un défilé militaire à Ahvaz, dans le sud-ouest de l'Iran, qui a fait au moins 29 morts, selon Amaq, l'organe de propagande de l'organisation jihadiste. Parmi les victimes figurent des femmes et des enfants. L'attaque a fait également des dizaines de blessés, dont certains dans un état grave. 

 

 

Cet attentat survient un peu plus d'un an après les premières attaques en Iran revendiquées par le groupe Etat islamique. Le 7 juin 2017, des hommes armés et des kamikazes avaient attaqué le Parlement et le mausolée de l'imam Khomeiny à Téhéran, faisant 17 morts et des dizaines de blessés.

 

 

Deux à quatre assaillants

 

Selon l'agence de presse iranienne Fars, l'attaque a été menée par deux hommes armés ayant ouvert le feu sur la foule. Les assaillants ont ensuite essayé de tirer sur la tribune officielle, mais ont été neutralisés par les forces de l'ordre, indique Fars, laissant entendre que les deux assaillants ont été blessés.

 

 

De son côté, un général des Gardiens de la Révolution a une  autre version de faits. Il parle de "quatre terroristes". "Trois ont été envoyés en enfer sur les lieux de l'attaque et le quatrième, qui avait été blessé et arrêté, a rejoint l'enfer peu à près du fait de la gravité de ses blessures", a-t-il expliqué.

 

 

Un peu plus tôt dans la journée, Téhéran avait accusé "un régime étranger" soutenu par les États-Unis d'être responsable de l'attentat. "L'Iran considère que les parrains régionaux du terrorisme et leurs maîtres américains sont responsables de telles attaques", avait écrit le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif sur son compte Twitter. En filigrane, plusieurs officiels iraniens pointaient la responsabilité de l'Arabie saoudite, grand rival sunnite de l'Iran chiite au Moyen-Orient.

 


27/09/2018
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Franceinfo - le mardi 4 septembre 2018

 

 

Les talibans afghans annoncent la mort du chef du puissant réseau Haqqani

 

 

Jalaluddin Haqqani était malade depuis de longues années

 

 

 

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L'ancien leader taliban Jalaluddin Haqqani (au centre), le 2 avril 1991 à Miransah (Pakistan). (ZUBAIR MIR / AFP)

 

 

Les talibans afghans perdent l'un de leurs leaders. Ils ont annoncé la mort de Jalaluddin Haqqani, le chef d'un puissant réseau insurgé très actif en Afghanistan. L'annonce a été relayée mardi 4 septembre par le centre américain de surveillance des sites jihadistes Site. "Tout comme il a enduré de grandes épreuves pour la religion d'Allah durant sa jeunesse et alors qu'il était en bonne santé, il a également enduré une longue maladie pendant ses dernières années", selon un communiqué des talibans afghans cité par Site.

 

 

"Je doute que son décès change quelque chose"

 

Jalaluddin Haqqani est le fondateur dans les années 1980 du réseau du même nom, constitué pour lutter contre la présence de l'URSS en Afghanistan et qui a reçu l'aide des Etats-Unis et du Pakistan. Ministre du régime des talibans dans les années 1990, Jalaluddin Haqqani s'était tourné à partir de 2001 contre les forces américaines et de l'Otan qui venaient de faire tomber le régime fondamentaliste.

 

 

Le réseau Haqqani est une faction des talibans afghans réputée proche d'Al-Qaïda qui a mené de nombreuses attaques en Afghanistan, certaines contre les Américains et l'Otan. Il est également suspecté de liens avec l'organisation Etat islamique (EI) qui a mené de sanglants attentats dans la capitale afghane, Kaboul. "Je doute que son décès change quelque chose", a réagi un diplomate étranger à Kaboul sous couvert d'anonymat. Le réseau est aujourd'hui dirigé par l'un de ses fils, Sirajuddin Haqqani.

 


05/09/2018
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Franceinfo - le dimanche 15 juillet 2018

 

 

Afghanistan : nombre record de civils tués au premier semestre

 

 

Au total sur la période la population a enregistré 5 122 victimes, morts et blessés confondus, précise la Mission d'assistance des Nations unies à l'Afghanistan (Manua)

 

 

 

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Un attentat à la bombe à Jalalabad (Afghanistan), le 10 juillet 2018. (ZABIHULLAH GHAZI / ANADOLU AGENCY)

 

 

 

Malgré les trois jours de cessez-le-feu en juin, l'Afghanistan a enregistré le pire bilan de morts civils au premier semestre 2018 , a annoncé, dimanche 15 juillet, l'ONU. Avec 1 692 civils tués, pour moitié dans des attentats attribués au groupe jihadiste Etat islamique entre le 1er janvier et le 30 juin, la période s'avère la plus meurtrière depuis que l'ONU a entrepris de comptabiliser les victimes civiles il y a dix ans.

 

 

Au total sur la période la population a enregistré 5 122 victimes, morts et blessés confondus, précise la Mission d'assistance des Nations unies à l'Afghanistan (Manua). Les talibans, qui ont observé la trêve avec le gouvernement du 15 au 17 juin, sont responsables de 40% des civils afghans tués.

 

 

Augmentation des opérations aériennes

 

Une nouvelle fois les combats terrestres n'arrivent qu'au deuxième rang des causes de mortalité et de blessures dans la population afghane, en baisse de 18% sur la période. La première cause reste les attentats-suicide et attaques complexes (attaques déclenchées par un kamikaze, suivies d'occupation des sites visés et échanges de tirs).

 

 

Mais l'expansion des opérations aériennes a également entraîné une très forte augmentation du nombre de victimes civiles dues aux bombardements aériens (+52%) comparé à la même période l'an dernier, avec 149 morts et 204 blessés civils.

 


15/07/2018
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Franceinfo - le mardi 8 mai 2018

 

 

Le mont Everest en passe de devenir "le plus haut dépotoir au monde"

 

 

Alors qu'environ 1 500 personnes tentent son ascension chaque année, l'Everest, qui culmine à 8 848 mètres, est aujourd’hui considéré comme "le plus haut dépotoir au monde". La raison ? La ruée de touristes qui laissent derrière eux de nombreux déchets

 

 

 

Chaque année, 1 500 personnes tentent de gravir le "toit du monde". "Environ 400 atteignent le sommet et toutes laissent derrière elles une trace assez dramatique pour l'environnement", explique Axel Zeiliger, producteur du documentaire Everest Green. Pour lutter contre cette pollution massive, des associations se mobilisent depuis quelques années et lancent des opérations de nettoyage, avec l’aide de sherpas. 

 

 

Piles, boîtes de conserve, canettes, emballages, matériels usagés, cartouches de gaz, cordes anciennes et déchets alimentaires sont conservés par le congélateur himalayen. Chaque opération de nettoyage permet ainsi de ramasser des centaines de kilos, parfois des tonnes d’ordures qui n'ont pas pu être brûlées sur place. En 2017, l’association Everest Green a notamment collecté 5,3 tonnes de déchets en un mois. Un chiffre alarmant qui s’explique par un tourisme de masse largement au-dessus des capacités d’accueil du sommet.

 

 


01/06/2018
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Franceinfo - le mardi 8 mai 2018

 

 

Accord sur le nucléaire iranien : après le retrait des Etats-Unis, Téhéran pourrait recommencer à enrichir davantage l'uranium, prévient Rohani

 

 

Le président américain a annoncé mardi le retrait des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien et le rétablissement de sanctions contre l'Iran

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Le président américain, Donald Trump, a annoncé que les Etats-Unis allaient "se retirer" de l'accord international sur le nucléaire iranien, mardi 8 mai. S'exprimant depuis la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis), le dirigeant a en parallèle annoncé le rétablissement des sanctions contre l'Iran. "Nous allons mettre en place le niveau le plus élevé de sanctions économiques possible" contre Téhéran, a-t-il affirmé, tout en précisant qu'il souhaitait travailler avec ses alliés à un nouvel accord. En réponse, le président iranien, Hassan Roahani, a prévenu que son pays pourrait, "en cas de nécessité", recommencer à enrichir davantage l'uranium. 

 

 

Un accord "pourri", selon Donald Trump. Le président américain a fustigé un accord qui "n'a pas apporté la paix" et qui "ne l'apportera jamais""Cet accord devait protéger les Etats-Unis et ses alliés de l'arme nucléaire iranienne. Il a permis à l'Iran de continuer à enrichir l'uranium et d'atteindre la capacité à produire l'arme nucléaire", a-t-il affirmé. 

 

 

"Réparer les affreuses erreurs" d'Obama. Donald Trump avait demandé aux signataires de l'accord de "réparer les affreuses erreurs" du texte ratifié par l'administration de Barack Obama, faute de quoi il refuserait de prolonger l'assouplissement des sanctions américaines contre la République islamique d'Iran.

 

 

 Un accord de 2015. Cet accord, signé par Téhéran, les membres du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne, vise à interdire à l'Iran de chercher à obtenir la bombe atomique, en échange de la levée des sanctions économiques internationales et à condition de laisser inspecter ses sites nucléaires. 

 

 

Vers un accord "plus large" ? Le président français, Emmanuel Macron, a rapidement réagi à la décision de Donald Trump. "La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni regrettent la décision américaine de sortir de l'accord nucléaire" iranien, et vont "travailler collectivement" à un accord "plus large", a-t-il déclaré sur Twitter. L'ancien président américain, Barack Obama, a quant à lui dénoncé une "grave erreur" de Donald Trump.

 


01/06/2018
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Franceinfo - le dimanche 28 janvier 2018

 

 

Afghanistan : un nouveau bilan fait état de 103 morts et 235 blessés dans l'explosion d'une ambulance piégée à Kaboul

 

 

Les talibans ont revendiqué l'attentat. L'explosion s'est produite dans le quartier abritant des bureaux du ministère de l'Intérieur et ceux de l'Union européenne

 

 

Le bilan s'alourdit. Au moins 103 personnes sont mortes et 235 ont été blessées dans l'explosion d'une ambulance piégée à Kaboul, samedi 27 janvier. L'explosion s'est produite dans le quartier abritant des bureaux du ministère de l'Intérieur et ceux de l'Union européenne. Cet attentat, revendiqué par les talibans, survient une semaine après l'attaque de l'hôtel Intercontinental à Kaboul, qui a fait 22 morts, dont 14 étrangers. 

 

 

"Le kamikaze a utilisé une ambulance pour passer les barrages. Il a indiqué au premier contrôle qu'il acheminait un patient vers l'hôpital Jamuriat" voisin, a expliqué un porte-parole du ministère de l'Intérieur. "Au second barrage, il a été identifié et il a fait détoner sa charge", a-t-il ajouté. L'explosion, de très forte intensité, a littéralement secoué la capitale.

 

 

 

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Le site où une ambulance a explosé dans un attentat-suicide à Kaboul, en Afghanistan, le 27 janvier 2018.  (RAHMAT GUL / AP / SIPA)

 

 

Niveau d'alerte extrême à Kaboul 

 

L'attentat a été revendiqué par le porte-parole des talibans Zabihullah Mujahid sur WhatsApp : "Un martyr a fait sauter sa voiture piégée près du ministère de l'Intérieur où se trouvaient de nombreuses forces de police", a-t-il indiqué.

 

 

Le niveau d'alerte est extrême en ce moment à Kaboul, particulièrement dans le centre et le quartier diplomatique, dont la plupart des ambassades et institutions étrangères ont été placées en "lock down" (sorties interdites).

 

 

Cet attentat est le troisième à frapper l'Afghanistan en une semaine après l'attaque le 20 janvier de l'hôtel Intercontinental de Kaboul, revendiquée par les talibans, et celle mercredi des locaux de Save the Children à Jalalabad (est), revendiquée par le groupe Etat islamique.

 


05/02/2018
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Franceinfo - le dimanche 21 janvier 2018

 

 

Afghanistan : l'attaque de l'hôtel Intercontinental à Kaboul, revendiquée par les talibans, a fait au moins 18 morts

 

 

 

Quatorze étrangers figurent parmi les victimes, selon les autorités afghanes. Des hommes armés ont pris d'assaut l'hôtel, dans la nuit de samedi à dimanche, et ont résisté pendant douze heures avant d'être tués

 

 

 

Le bilan de l'attaque de l'hôtel Intercontinental à Kaboul (Afghanistan) s'alourdit, dimanche 21 janvier. Au moins 18 personnes, dont 14 étrangers, ont péri dans cette attaque qui s'est déroulée dans la nuit de samedi à dimanche, a déclaré un porte-parole du ministère de l'Intérieur.

 

 

"Quatorze étrangers et quatre Afghans ont été tués", a déclaré le porte-parole, Najib Danish, à la chaîne Tolo news. Il n'a toutefois pas précisé les nationalités des victimes étrangères. L'attentat, qui a duré environ douze heures, a été revendiqué par les talibans.

 

 

 

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Des Afghans courant près de l'hôtel Intercontinental à Kaboul (Afghanistan), visé par une attaque revendiquée par les talibans, le 21 janvier 2018.  (WAKIL KOHSAR / AFP)

 

 

 

"Tous les assaillants ont été tués"

 

Des hommes armés se sont introduits dans l'hôtel peu après 21 heures, heure locale, samedi. Ils ont déclenché une explosion avant d'ouvrir le feu au hasard. Dans la nuit, de hautes flammes s'échappaient du toit de l'hôtel en raison d'un incendie déclenché par les assaillants.

 

 

Les forces spéciales afghanes, épaulées par des forces de l'Otan, ont par la suite repris peu à peu le contrôle des étages. De fortes explosions ont ensuite été entendues vers 4h30, avant une relative accalmie. "L'attaque est terminée, tous les assaillants ont été tués. 126 personnes ont été secourues dont 41 étrangers", a annoncé dimanche le porte-parole du ministère de l'Intérieur, avant d'annoncer un dernier bilan de 18 morts. 

 

 

Selon ce dernier, une nouvelle compagnie de sécurité avait récemment pris en charge la sécurité de l'hôtel Intercontinental. "Nous enquêtons pour comprendre par où sont entrés les assaillants, a-t-il expliqué. Ils ont pu utiliser les portes de l'arrière-cuisine."

 

 


23/01/2018
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Franceinfo - le mercredi 3 janvier 2018

 

 

Iran : Emmanuel Macron, "préoccupé", appelle Hassan Rohani à "la retenue"

 

La visite que devait effectuer le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, à Téhéran à la fin de la semaine, est reportée

 

 

La France inquiète de la contestation qui agite l'Iran. Emmanuel Macron a exprimé, mardi 2 janvier, dans un entretien téléphonique avec son homologue iranien Hassan Rohani, sa "préoccupation" face "au nombre de victimes liées aux manifestations" des derniers jours en Iran. Le président a appelé Téhéran à "la retenue et à l'apaisement". "Les libertés fondamentales, notamment les libertés d'expression et de manifestation, doivent être respectées", a indiqué l'Elysée dans un communiqué.

 

 

Dans ce contexte, les deux dirigeants ont décidé de reporter à une date ultérieure la visite que devait effectuer le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, à Téhéran à la fin de la semaine, a précisé l'Elysée.

 

 

 

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Le président Emmanuel Macron prononce un discours à l'Elysée, le 30 décembre 2017. (ETIENNE LAURENT / AFP)

 

 

 

 

L'Iran demande la défense de l'accord sur le nucléaire

 

Rendant compte un peu plus tôt de cette discussion, la télévision iranienne a indiqué que Hassan Rohani avait demandé à Emanuel Macron de prendre des mesures contre les activités d'un "groupe terroriste" iranien basé en France et impliqué selon lui dans les récentes manifestations. Téhéran accuse les Moudjahidine du peuple, qualifiés par le pouvoir iranien d'hypocrites, d'alimenter les violences et d'être liés à l'Arabie saoudite, rivale régionale de l'Iran.

 

 

Le communiqué de l'Elysée n'a pas fait état de cette question mais a précisé que les deux présidents avaient évoqué l'accord nucléaire de 2015, "dont la France soutient l'application stricte, sous supervision internationale". Hassan Rohani "a demandé l'appui de la communauté internationale pour défendre cet accord et respecter les engagements pris", a précisé la présidence française.

 


04/01/2018
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Franceinfo - le mercredi 3 janvier 2018

 

 

"Le manque d'espoir et la déprime sont de plus en plus forts" : des Iraniens racontent pourquoi ils manifestent

 

 

 

Décembre 2017. (MEHR NEWS / AFP)

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Margaux Duguet France Télévisions

 

Depuis plusieurs jours, ce pays de 83 millions d'habitants est le théâtre de violentes protestations contre les difficultés économiques et le pouvoir politique. Joints par franceinfo, des Iraniens témoignent de l'ambiance qui règne chez eux

 

 

"Tout est compliqué ici, soupire un étudiant de Téhéran. J'ai appris que certains de mes amis ont été arrêtés pour avoir fait ce genre de choses." Il n'en dira pas plus. "Ce genre de choses", c'est-à-dire parler à un média étranger, peut coûter très cher en Iran. Surtout en ce moment. Depuis le 28 décembre, le pays est secoué par des manifestations contre le coût de la vie et le régime. Vingt et une personnes, dont 16 manifestants, ont été tuées durant ces rassemblements, les plus importants depuis la contestation contre la réélection de l'ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009. En réaction, le gouvernement du président Hassan Rohani et les autorités religieuses ont accusé des puissances étrangères, dont les Etats-Unis, d'agir en coulisses.

 

 

 

L'accès aux réseaux sociaux comme Instagram ou aux messageries chiffrées comme Telegram a été restreint. Les conversations sont extrêmement contrôlées. "Tous nos messages sont sous étroite surveillance et n'importe quoi, même un simple mot, peut entraîner des conséquences judiciaires graves, raconte un Iranien terrorisé. Nous avons aussi reçu des menaces nous intimant de ne pas participer aux manifestations ou de ne pas partager d'informations avec qui que ce soit." Malgré la peur, des Iraniens ont accepté d'expliquer à franceinfo ce qui se passe dans leur pays et pourquoi certains d'entre eux ont choisi de descendre dans la rue. 

 

 

 

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"Un jour viendra où je n'aurai plus de travail"

 

Il en rigolerait presque. Au beau milieu de la conversation, sur WhatsApp, Ali* glisse un "moi, je n'ai pas peur de parler. Mais s'ils m'arrêtent demain, vous saurez pourquoi". Cet ingénieur manifeste presque tous les soirs depuis le début du mouvement dans sa ville d'Ispahan, dans le centre de l'Iran. Les conditions économiques se sont tellement dégradées qu'il n'a pas hésité à se mobiliser. 

 

 

 

Je travaille pour une société privée et ça fait cinq mois qu'on ne me verse pas mon salaire. C'est difficile, trop difficile.

Ali*, ingénieur à Ispahan

à franceinfo

 

 

Pour joindre les deux bouts, en plus de son travail, Ali rénove des halls d'immeubles et rêve d'"émigrer". "En ce moment, il y a beaucoup de problèmes. Les prix augmentent de plus en plus. Il y a beaucoup de jeunes qui ont étudié à l'université, mais il n'y a pas de travail pour eux, détaille-t-il. La situation est pire qu'en 2009. A l'époque, les manifestations n'étaient que politiques mais là, elles sont aussi une réaction à la situation économique. Et puis, en 2009, les pauvres étaient avec Ahmadinejad. Maintenant, ils sont dans l'opposition."

 

 

Les Iraniens des classes populaires et moyennes ne ressentent pas, en effet, les retombées de la politique du président Hassan Rohani, en particulier celles attendues après l'accord de 2015 qui a levé les sanctions économiques en échange de l'arrêt du programme nucléaire de Téhéran

 

 

Ali sent qu'il n'aura bientôt plus rien à perdre. "Si les prix augmentent encore, un jour viendra où je n'aurai plus de travail et plus d'argent. Si le gouvernement ne change pas sa politique, ce sera bientôt", pronostique-t-il. Mardi soir encore, il était dans la rue malgré "les policiers beaucoup plus nombreux" qu'auparavant. Avec une amie, il continue de filmer la colère de ses compatriotes.

 

 

 

"La situation devient de pire en pire"

 

D'autres Iraniens attendent cependant d'y voir plus clair avant de rejoindre le mouvement. C'est le cas d'Hamif*, 33 ans et manager à Téhéran. Ancien étudiant activiste ayant participé aux manifestations de 2009, il reste un peu sceptique sur ces nouvelles protestations. "Je préfère attendre et ne pas participer pour l'instant. Leurs revendications ne sont pas très claires. Ils savent ce qu'ils ne veulent pas, mais ils ne savent pas ce qu'ils veulent. Et puis, il n'y a pas de leadership pour le moment", regrette-t-il au bout du fil. 

 

 

Hamif est néanmoins bien conscient du danger de la situation. "Le gouvernement d'Ahmadinejad a passé beaucoup de contrats avec des sociétés privées et maintenant, le gouvernement actuel a beaucoup de dettes envers ce secteur privé. Et il ne peut pas payer. Conséquence : les entreprises ne peuvent plus verser leurs salaires aux travailleurs, explique ce féru de philosophie. Cela devient de pire en pire."

 

 

 

La situation est très fragile. A la moindre étincelle, tout peut s'embraser.

Hamif*, manager à Téhéran

à franceinfo

 

 

Hamif dit encore "craindre pour l'avenir". "J'ai peur parce qu'aucun pays dans le monde n'a obtenu la liberté et la démocratie sans la violence et la révolution", assure-t-il. 

 

 

 

Soif de démocratie

 

Une crainte qu'a décidé d'ignorer Pouria*, étudiant à Ispahan. A 27 ans, il est descendu deux fois dans la rue, pas plus, car "nous sommes en pleine période d'examens". Il affirme ne pas avoir peur de manifester. "Je sais quand je peux y aller, où je peux me placer et quand il est temps de partir", explique-t-il. Lui proteste surtout pour plus de démocratie et rêve de "liberté d'expression, de droits pour les femmes et de réformes de l'économie et de la politique étrangère".

 

 


04/01/2018
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le Progrès du mercredi 23 août 2017

 

 
 
    TRUMP RENFORCE LES TROUPES MILITAIRES

 

 

 

Le président Trump a solennellement dévoilé sa stratégie très attendue pour l'Afghanistan, où l'armée américaine est engagée depuis 2001. Opérant une volte-face par rapport à ses propos initiaux, il a décidé de maintenir, voir renforcer, la présence militaire américaine dans ce pays. Il a expliqué "qu'un retrait précipité créerait un vide qui profiterait aux terroristes", mais il est resté avare de détails sur son plan. Une décision saluée par le gouvernement afghan.

 

 

 

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25/08/2017
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le Progrès du samedi 10 juin 2017

 

 
 
    CRISE QATAR/ARABIE SAOUDITE - GUERRE FROIDE ET CYBERGUERRE

 

 

 

L'Arabie Saoudite et ses alliés publient une liste de "terroristes" qui seraient soutenus par le Qatar. Dans le même temps, la chaîne qatarie Al Jazeera a été la cible de cyberattaques. Mais le régime de Doha semble moins isolé depuis que la Turquie lui a apporté son soutien.

 

 

La tension est encore montée d'un cran hier dans le Golfe. La crise entre le Qatar et ses puissants voisins est toujours très vive, cinq jour après la rupture des relations diplomatiques et le blocus routier imposé à l'Émirat gazier. L'Arabie Saoudite et ses alliés accusent le Qatar de soutenir 59 terroristes et 12 organisations djihadistes. Leurs noms figurent sur une liste noire publiée par le royaume wahhabite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l'Égypte. Le Qatar dénonce des accusations sans fondement.

 

 

 

Le pouvoir d'influence d'Al Jazeera

 

La guerre froide dans le Golfe a pris aussi l'allure d'une cyberguerre avec les attaques informatiques lancées contre les sites internet et les comptes sur les réseaux sociaux de la chaîne Al Jazeera, un des symboles du "soft power" du Qatar.

 

 

Ce pays de 2,7 millions d'habitants, dont 80 % de travailleurs immigrés, plus petit que la région Île-de-France, dispose d'un énorme pouvoir d'influence grâce à sa chaîne d'informations regardée par plus de 45 millions d'arabophones dans le monde. Lundi dernier, l'Arabie Saoudite a fermé les bureaux d'Al Jazeera dans la pays. Les Émirats arabes unis exigent même du Qatar la fermeture de la chaîne avant toute négociation.

 

 

Ce n'est pas la première fois qu'Al Jazeera est pris pour cible par les principales puissances sunnites du Golfe. Les monarchies pétrolières avaient vu d'un mauvais oeil la couverture de la chaîne favorable aux révolutions arabes. Al Jazeera avait aussi été accusée d'avoir soutenu les Frères musulmans et le président Mohamed Morsi en Égypte.

 

 

Le Qatar, qui se paye le luxe d'accueillir la Coupe du monde de football en 2022, avait aussi donné une leçon de modernité aux régimes sclérosés du Golfe en juin 2013 lorsque l'émir Sheikh Hamad bin Khalifa al-Thani avait abdiqué en faveur de son fils Tamim, alors âgé de 33 ans.

 

 

La rupture était devenue inévitable lorsque l'émirat qui possède les troisièmes réserves mondiales de gaz naturel s'est un peu rapproché de l'Iran chiite, l'ennemi juré de l'Arabie Saoudite.

 

 

 

La guerre informatique joue un rôle important dans cette crise, la plus grave dans le Golfe depuis l'invasion du Koweït en 1990. Le Qatar a accusé des hackers d'avoir piraté l'agence de presse officielle du pays et diffusé une fausse déclaration de l'émir qatari dans laquelle il recommandait un rapprochement avec l'Iran et se félicitait de ses bonnes relations avec Israël et le Hamas. Le FBI américain a confirmé l'hypothèse d'un piratage. C'est en utilisant le prétexte de ces propos incendiaires que l'Arabie Saoudite a décidé la brutale mise au ban du Qatar.

 

 

 

Hier, le régime de Doha semblait toutefois un peu moins isolé. La Turquie, l'autre grande puissance sunnite du Moyen-Orient, a renouvelé son soutien à son allié qatari, proposant une aide pour des approvisionnements. Le président Erdogan est prêt à envoyer d'autres soldats turcs au Qatar où Ankara possède une base militaire. La crise actuelle pourrait finalement déboucher sur une alliance entre les deux régimes sunnites du Qatar et de Turquie, voire même un rapprochement de circonstance avec l'Iran chiite. Luc Chaillot

 

 

 

 

TRUMP OUBLIE LA BASE AMÉRICAINE AU QATAR

 

Donald Trump savait-i que le Qatar abrite la plus grande base militaire américaine au Moyen-Orient ? Le président américain semblait l'ignorer lorsqu'il a félicité l'Arabie saoudite et ses alliés du Golfe pour avoir rompu leurs relations diplomatiques avec l'émirat dans le but de mettre fin au financement du terrorisme.

 

 

Donald Trump a même vu dans l'isolement du Qatar un succès diplomatique, estimant que sa visite en Arabie saoudite commençait à porter ses fruits. Pourtant, les États-Unis entretiennent au Qatar une base aérienne dont le rôle est essentiel dans la lutte contre Daech. Près de 11 000 soldats américains y sont positionnés. C'est de cette base Al Udeid que décolle une partie des avions américains qui partent bombarder les combattants de Daech en Syrie et en Irak.

 

 

Donald Trump semble avoir pris conscience de sa gaffe. Mercredi, il a téléphoné à l'émir du Qatar pour lui proposer la médiation des États-Unis afin de régler le conflit avec ses voisins du Golfe. L.C

 


13/06/2017
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le Progrès du jeudi 8 juin 2017

 

 
 
    DEUX ATTENTATS HIER À TÉHÉRAN, AU MOINS 13 MORTS. DAECH ATTAQUE
      L'IRAN : CRISE MAJEURE

 

 

 

Le double attentat contre le parlement iranien et le mausolée de l'imam Khomeiny s'inscrit dans un regain de tension entre musulmans chiites et sunnites, et entre l'Iran et l'Arabie saoudite.

 

 

C'est une première très inquiétante. Daech a revendiqué les deux attentats commis hier à Téhéran contre le Parlement et le mausolée de l'imam Khomeiny. Les attaques, lancées le matin de manière simultanée sur les deux sites distants d'une vingtaine de kilomètres, ont duré plusieurs heures, et fait au moins treize victimes.

 

 

 

Les Gardiens accusent l'Arabie saoudite

 

Un premier groupe de deux personnes a attaqué le mausolée de l'imam Khomeiny, lieu saint du chiisme iranien, cible éminemment symbolique pour les terroristes sunnites de Daech. "La première personne s'est faite exploser dans les jardins du mausolée et la seconde a été tuée par les forces de l'ordre", selon le ministère de l'Intérieur iranien.

 

 

Un second groupe de quatre assaillants, déguisés en femmes, a attaqué le Parlement. L'un s'est fait exploser, les trois autres ont été tués par les forces de sécurité, tandis que les députés poursuivaient leurs débats.

 

 

Cette première intervient alors que la tension n'a jamais été aussi forte entre l'Iran et l'autre puissance de la région, l'Arabie saoudite. Et entre les deux branches de l'islam dont ces pays se veulent les champions, le chiisme et le sunnisme.

 

 

Les Gardiens de la Révolution iranienne ont d'ailleurs accusé hier soir l'Arabie saoudite d'être à l'origine de ces attaques. Et ils établissaient un lien avec la récente visite du président américain à Ryad : Donald Trump y avait violemment attaqué Téhéran, rangé dans "l'axe du Mal" pour son soutien au terrorisme. Et le président américain maintient toujours le doute sur l'accord conclu avec l'Iran par Barack Obama : une levée de sanctions contre un arrêt du programme nucléaire militaire.

 

 

 

Un conflit "aux origines de l'islam"

 

Cette tension croissante entre les deux pays s'est également manifestée lundi au détriment du Qatar, avec lequel l'Arabie saoudite et ses alliés émiratis ont rompu toute relation. En cause : la volonté du Qatar de ménager l'Iran, qui exploite avec lui un champ gazier dans le Golfe. L'Arabie et l'Iran s'opposent aussi au Yémen et à Bahreïn, par factions interposées. Et bien sûr en Syrie, où l'Iran est très engagé aux côtés de Bachar el Assad, alors que l'Arabie finance les forces islamistes.

 

 

"Le conflit entre chiites et sunnites remonte aux origines de l'islam. Les sunnites, majoritaires, n'ont jamais accepté la prétention des chiites à incarner un islam légitime", explique Serge Lafitte, auteur de "Chiites et Sunnites" (Presses de la Renaissance). "Et ce conflit rejoint une opposition elle aussi très ancienne entre Persans et Arabes, les Iraniens se targuant aujourd'hui de porter la civilisation face aux "Bédouins saoudiens". Francis Brochet

 


12/06/2017
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le Progrès du mercredi 7 juin 2017

 

 
 
    CRISE DANS LE GOLFE - QATAR : SUSPENSION DE VOLS ET TENTATIVES DE
      MÉDIATION

 

 

 

La suspension des vols aériens vers ou depuis Doha décidée par plusieurs pays arabes a pris effet hier, alors que des tentatives de médiation se poursuivent pour désamorcer la crise sans précédent autour d'un Qatar isolé et accusé de "soutenir le terrorisme".

 

 

Le Qatar a vu lundi l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats Arabes Unis, le Yémen, l'Égypte et les Maldives rompre toute relation diplomatique avec lui. Se sont ajoutées des mesures économiques comme la fermeture des frontières terrestres et maritimes entre ces pays et le Qatar.

 


11/06/2017
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