L'AIR DU TEMPS

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HISTOIRE - INFOS


Franceinfo - le mardi 24 avril 2018

 

 

SNCF : la reprise de la dette par l'Etat "demandera un effort supplémentaire des contribuables", selon Edouard Philippe

 

 

Le chef du gouvernement l'affirme dans une lettre adressée aux syndicats du groupe ferroviaire

 

 

 

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Le Premier ministre Edouard Philippe arrive à l'Elysée, le 16 avril 2018. (MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY)

 

 

 

 

La reprise progressive de la dette de la SNCF par l'Etat "demandera un effort supplémentaire des contribuables". C'est ce qu'écrit Edouard Philippe, mardi 24 avril, dans une lettre adressée aux syndicats du groupe ferroviaire.

 

 

Dans ce courrier, le Premier ministre confirme la reprise progressive de cette dette à compter du 1er janvier 2020 et invite les responsables syndicaux autour de la table le 7 mai prochain à Matignon pour évoquer la réforme ferroviaire.

 

 

Cela remet en cause les propos d'Emmanuel Macron, dimanche 15 avril. Ce soir-là, dans une émission spéciale sur BFMTV et Mediapart, le chef de l'Etat avait assuré qu'il n'y aurait "pas de création d'un nouvel impôt local, ni d'un impôt national" et qu''il n'y aurait "pas d'augmentation de la pression" d'ici la fin de son quinquennat.

 


22/05/2018
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22/05/2018
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Franceinfo - le mardi 24 avril 2018

 

 

Soupçons de corruption en Afrique : la garde à vue de Vincent Bolloré prolongée à Nanterre

 

 

L'industriel breton Vincent Bolloré et trois autres personnes sont en garde à vue depuis mardi, a appris franceinfo de source judiciaire dans le cadre des conditions d’obtention de deux concessions portuaires en Afrique, en 2009 et 2010

 

 

 

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L'homme d'affaire Vincent Bolloré à Paris, le 26 juin 2017. (ZAKARIA ABDELKAFI / AFP)

 

 

 

Les gardes à vue de l'homme d'affaires Vincent Bolloré a été prolongée, a appris mercredi 25 avril franceinfo de source judiciaire. Outre le milliardaire breton, deux cadres de son groupe sont aussi entendus, ainsi que Francis Perez, président du groupe Pefaco, société spécialisée dans l'hôtellerie et les jeux très implantée en Afrique. 

 

 

Tous les quatre sont entendus depuis mardi matin par les policiers de l'office anti-corruption de Nanterre (Hauts-de-Seine). La justice enquête sur des soupçons de corruption entourant l'obtention par son groupe de concessions portuaires en Afrique de l'Ouest.

 

 

Gestion de ports en Afrique

 

Le directeur général du groupe Bolloré, Gilles Alix, et le responsable du pôle international de Havas, Jean-Philippe Dorent, font partie des suspects entendus, a confirmé une source judiciaire à franceinfo. 

 

 

Les enquêteurs soupçonnent le groupe Bolloré d’avoir utilisé sa filiale de communication Havas, pour obtenir la gestion de ports en Guinée et au Togo. En échange, Havas est soupçonné d’avoir assuré des missions de conseil et de communication pour aider des dirigeants africains à accéder au pouvoir.

 

 

Démenti du groupe Bolloré

 

Par ailleurs, dans un communiqué, le groupe Bolloré "dément formellement que sa filiale de l’époque SDV Afrique ait commis des irrégularités". Il ajoute qu’Havas "apporte son expertise dans le monde entier dans des conditions de transparence irréprochable"

 

 

"Le lien qui tente d'être fait par certains entre l'obtention de ces concessions et les opérations de communication est dénué de tout fondement économique et révèle une méconnaissance lourde de ce secteur industriel", poursuit le communiqué du groupe qui emploie 80 000 personnes dans le monde.

 


17/05/2018
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Franceinfo - le lundi 23 avril 2018

 

 

Le controversé projet de loi asile et immigration a été adopté à l'Assemblée nationale

 

 

Le projet de loi a été adopté par les députés, après plus de 60 heures de débat et le dépôt d'un millier d'amendements

 

 

 

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Une vue générale de l'Assemblée nationale lors d'une séance de questions au gouvernement, le 14 mars 2018. (GERARD JULIEN / AFP)

 

 

 

Le projet de loi asile et immigration a été adopté par les députés, dimanche 22 avril, après plus de 60 heures de débat et le dépôt d'un millier d'amendements. 228 députés se sont prononcés en faveur du texte, quand 139 ont voté contre, et 24 se sont abstenus. 

 

 

Ce travail dominical est inédit, hors période budgétaire, depuis la bataille du "mariage pour tous" de 2013. Les oppositions – LR et FN d'un côté, Insoumis, communistes et socialistes de l'autre – ont fait prolonger les débats. Tous ont régulièrement dénoncé un vote "en catimini" et réclamé, en vain, un scrutin solennel le 9 mai, après les vacances parlementaires.

 

 

Le gouvernement évoque "l'urgence à réagir"

 

Dès le coup d'envoi des débats, lundi soir, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb avait plaidé "l'urgence à réagir", sur fond de "crise migratoire" en Europe, pour limiter "une immigration massive" et "en même temps" garantir le droit d'asile, "sacré". La rapporteure Elise Fajgeles (LREM) a souvent insisté sur une "ligne de crête", entre "exigence de pragmatisme" et "humanité", martelant l'"équilibre" du texte.

Le groupe LR a bataillé pour durcir le texte et a critiqué une "petite loi" d'une majorité "immigrationniste". Les élus LR avaient donc décidé de voter contre le projet de loi. Ils ont également demandé au gouvernement s'il y avait "un plan dissimulé pour régulariser 40 000 étrangers en situation irrégulière".

 

 

>> VIDEOS. "Qu'est-ce que c'est que ces méthodes ?" : la ministre Jacqueline Gourault et les députés LR s'accrochent sur la loi Asile et immigration

 

 

La présidente du FN Marine Le Pen, elle, a fustigé une "loi d'organisation d'une immigration supplémentaire" et raillé le patron de LR Laurent Wauquiez, "mis sous (s)on aile, en quelque sorte" avec les propositions de son parti.

 

 

La gauche dénonce des "régressions"

 

Vent debout contre une loi "inhumaine", la gauche a combattu des "régressions", comme le doublement de la durée maximale de rétention, portée à 90 jours, et dénoncé aussi la possibilité maintenue "d'enfants derrière les barbelés". La gauche a régulièrement accusé la majorité de faire "le bonheur de la droite et de l'extrême droite" et LR de "jouer à l'idiot utile du macronisme et faire passer une loi extrême pour une loi équilibrée".

 

 

L'une des mesures phare – la réduction de moitié du délai d'appel à 15 jours après rejet d'une demande d'asile – a été votée par le FN, inhabituellement présent en nombre dans l'hémicycle, ce qui représente un "tournant" historique selon Olivier Faure (PS).

 

 

Certains élus LREM ont affiché leurs réticences

 

Si le gouvernement affiche le double objectif d'entamer rapidement le travail d'intégration des réfugiés et de faciliter la reconduite à la frontière des déboutés, la gauche, mais aussi certains députés LREM-MoDem, dénoncent une atteinte aux droits de la défense. Au long des débats, la frange contestataire LREM, avec quelques MoDem, jouait les équilibristes pour faire entendre sa défense des "vulnérables" sans paraître "fronder".

 

 

>> Loi immigration : vent de fronde chez LREM

 

 

Plusieurs LREM ont confirmé qu'ils s'abstiendraient, malgré "des avancées" dans l'hémicycle. Seul Jean-Michel Clément a voté contre, comme il l'avait annoncé. Il a annoncé dans la foulée son départ du groupe parlementaire majoritaire. Quatorze autres élus "marcheurs" se sont abstenus.

 


15/05/2018
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Franceinfo - le jeudi 19 avril 2018

 

 

"Projet Daphne" : quand Russes et Chinois se paient un passeport européen, à Malte, pour un million d’euros

 

 

 

Cellule investigation de Radio France Sylvain Tronchet Radio France

 

 

 

L’enquête sur la corruption à Malte de 18 médias internationaux de l’organisation Forbidden stories révèle les dérives d'un programme de vente de passeports, dont l'usage, par les bénéficiaires, est parfois flou

 

 

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 Des passeports de la République de Malte avec le drapeau de l'île ainsi que de l'Union européenne en fond. (RADIO FRANCE / MARTIN BROYER)

 

 

 

Depuis 2014, le gouvernement de La Valette a mis en place un programme qui permet à de riches investisseurs de s’offrir un passeport maltais. Corruption, fraude fiscale, domiciles fictifs, les dérives s’accumulent.

 

 

L’enquête menée par les 45 journalistes du Projet Daphne, qui ont poursuivi le travail de la journaliste Daphne Caruana Galizia, a permis de retrouver un grand nombre de possesseurs russes et chinois de passeports maltais.

 

 

Un "visa doré" à 1,2 million d'euros 

 

Joseph Muscat n’en avait jamais parlé lors de sa première campagne électorale en 2013. Pourtant, trois mois après son élection, le jeune Premier ministre travailliste lance un appel d’offres pour la mise en place du programme IIP (individual investor programme). Dès l’année suivante, Malte rejoint la vingtaine de pays dans le monde qui commercialisent leur citoyenneté auprès de riches investisseurs désireux de s’offrir un passeport plus pratique que le leur pour voyager, créer des sociétés, ou pour d’autres raisons moins avouables.

 

 

La vente de passeports (on parle aussi de "visas dorés") est née il y a 30 ans, dans les Caraïbes, à Saint Kitts et Nevis. Ce petit État a le premier décidé d’utiliser ce moyen pour renflouer ses caisses. À l’époque, le Fonds monétaire international (FMI) encourage même cette pratique. Malte y a vu le même intérêt. Pour devenir citoyen maltais, il faut d’abord remplir une condition : être riche. Le postulant au programme doit verser 650 000 euros à l’État, auxquels s’ajoutent l’achat d’une résidence et des investissements locaux à effectuer. Au total, devenir Maltais coûte environ 1,2 million d’euros pour ceux qui sont sélectionnés. Le directeur de l’agence gouvernementale chargée du programme, Joseph Cardona, explique qu’il s’adresse à des gens "dont le patrimoine est supérieur à 5 millions d’euros".

 

 

Les Russes principaux clients, dont le vice-président de l’AS Monaco

 

Environ 800 familles, soit 3 200 personnes, ont obtenu la citoyenneté maltaise par ce biais depuis 2014. Mais le gouvernement entretient un savant rideau de fumée sur leurs nationalités d’origine et leur identité. Toutefois, de nombreux documents obtenus par les journalistes du Projet Daphne montrent que les Russes sont, de loin, les plus nombreux bénéficiaires. Parmi eux, nous avons découvert le nom du vice-président de l’AS Monaco, Vadim Vasilyev, et de sa femme, Olga.

 

 

Interrogé, Vadim Vasilyev indique être "fier" d’être citoyen maltais, un pays dont il affirme "partager les valeurs". Mais il n’a pas souhaité nous expliquer pourquoi il avait opté pour Malte. Pour un Russe fortuné, le passeport maltais offre un immense avantage : il permet de voyager sans visa, dans presque deux fois plus de pays que le passeport russe. Les journalistes du Projet Daphne ont pu identifier de nouveaux citoyens maltais comme Arkady Volozh, le fondateur de Yandex (le Google russe), dont la fortune est estimée à plus d’un milliard de dollars. Un Français figure aussi sur les documents que nous avons obtenus. Jean-Pierre Millet est l’ancien patron pour l’Europe du géant américain de l’investissement Carlyle. Quel peut être l’intérêt pour un citoyen français de payer pour obtenir un autre passeport européen ? Jean-Pierre Millet n’a pas répondu aux questions que nous lui avons posées.

 

 

Un système qui peut favoriser la fraude fiscale  

 

L’intérêt d’être détenteur d’un passeport maltais peut dépasser le simple fait de pouvoir voyager librement dans l’Union européenne. Les "visas dorés" peuvent également permettre d’échapper aux radars du fisc. Depuis la mise en place du système automatique d’échange d’informations entre États, plus rares sont les endroits où il est possible de cacher son argent. Un Français qui ouvre un compte en Suisse aujourd’hui sait que la Suisse va communiquer l’existence et le solde de ce compte à la France. Mais si ce Français est également détenteur d’un passeport maltais, et que c’est celui-ci qu’il présente au banquier, les informations partent vers Malte. Or Malte ne taxe pas les avoirs à l’étranger contrairement à la France. "La vente de passeports peut être destinée à contourner les règles internationales qui visaient à mettre fin au secret bancaire", déplore Pascal Saint-Amans, le directeur du centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE. "Les efforts de la communauté internationale risquent d’être mis en échec par ce type de pratique."

 

 

Des règles floues, et pas toujours respectées

 

Outre leur ticket d’entrée à plus d’un million d’euros, les futurs citoyens maltais ne doivent pas avoir de passé judiciaire. Mais des exceptions peuvent être tolérées "en raison de circonstances exceptionnelles", explique la réglementation. Le gouvernement maltais affirme qu’il contrôle l’identité et les antécédents des postulants. Les recherches effectuées par les journalistes n’ont pas permis de détecter de criminels notoires ou de responsables politiques de haut rang parmi les naturalisés, mais quelques profils ont attiré notre attention. C’est le cas de Liu Zhongtian, un milliardaire considéré comme la 8e fortune chinoise. Les activités de ce magnat de l’aluminium font actuellement l’objet d’une enquête aux Etats-Unis pour des soupçons de contournement des barrières douanières. Liu Zhongtian est maintenant connu des Maltais, depuis que la presse locale a publié les photos de ce qui était censé être son logement à Malte : un appartement de trois pièces,  quelconque, dans un quartier sans âme de Naxxar, une petite ville maltaise. Nous nous y sommes rendus. Le locataire dudit appartement nous a affirmé, en riant, qu’il n’avait jamais vu de milliardaire chinois dans le quartier …

 

 

Mêmes doutes sur le "domicile" de Dmitry Doykhen, créateur du réseau Sportmaster, une chaîne de magasins de sport très populaire en Russie. Nous sommes allés à l’adresse qu’il a donnée aux autorités à San Gwann, dans l’arrière-pays. Une villa récemment rénovée, quelques boîtes à lettres, et son nom, bien en évidence. Mais l’appartement que l’homme d’affaires est censé habiter semble peu en rapport avec ses revenus. "Avant, c’était le garage", affirme le voisin d’en face alors que nous nous présentons devant la porte d’une habitation en sous-sol. "C’était une vieille villa, mais ils l’ont divisée en appartements il y a trois ou quatre ans, poursuit l’homme. Je n’ai jamais vu personne entrer, à part la femme de ménage. De toutes façons, à l’intérieur, il n’y a pas de meubles." Une adresse fictive donc, que le Russe partage avec trois autres "naturalisés" via le programme IIP. Plusieurs agents détenteurs de la licence qui leur permet de commercialiser ces passeports nous l’ont confirmé : l’obligation de résidence n’en est pas une. "Il suffit de venir une ou deux fois quelques jours", explique l’un d’eux.

 

 

Une bonne affaire pour les finances maltaises ?

 

En 2016, le gouvernement de Joseph Muscat a pu vanter les mérites de son initiative. Le budget de l’Éat maltais qui devait enregistrer un déficit a finalement été légèrement excédentaire grâce au programme IIP. Au dernier décompte, en juin 2017, l’opération aurait apporté 684 millions de capitaux étrangers, y compris les investissements immobiliers. Pour autant, est-ce une bonne opération pour les Maltais ? Une fois payé leur droit d’entrée, certains nouveaux Maltais passent plus de temps sur la Côte d’Azur qu’au sud de la Méditerranée. Une séries d’enquêtes réalisées par l’ONG Transparency International et l’OCCRP ( Organised Crime and Corruption Reporting Project) en mars 2018 pointait également de nombreux risques. "On ne sait absolument pas quels sont les bénéfices réels pour les États, précise Laurène Bounaud de Transparency France, il est plus certain que cela profite aux sociétés intermédiaires qui commercialisent ces passeports, qui sont souvent installées dans des paradis fiscaux."

 

 

Un opérateur très proche du gouvernement

 

La société choisie par l’État maltais pour développer le programme de vente de passeports est installée à Jersey, et compte une vingtaine de bureaux dans le monde. Dirigée par l’avocat suisse Christian Kälin, Henley and Partners est le leader mondial de cette activité. Le contrat qu’elle a signé à Malte prévoit que les membres du gouvernement réalisent régulièrement des opérations de promotion. Daphne Caruana Galizia était persuadée que H&P avait démarché Joseph Muscat avant qu’il ne devienne Premier ministre pour l’inciter à lancer un programme de "golden visas". La réplique du patron suisse de la société avait été étonnante. Dans un mail envoyé à Joseph Muscat, Kälin proposait de poursuivre la journaliste devant un tribunal britannique où le montant des dommages et intérêts sont beaucoup plus élevés. Joseph Muscat -que Christian Kälin appelle "Joseph" dans son mail- répond : "Je n’y vois pas d’objection". Daphne Caruana Galizia avait reproduit ces échanges sur son blog.

 

 

Des soupçons de corruption au sein du gouvernement

 

Le directeur de cabinet de Muscat, Keith Schembri, est soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin de la part de candidats au passeport maltais. Un rapport de l’agence anti-blanchiment maltaise qui a fuité dans la presse en mai 2017 relate que trois Russes, candidats au programme, ont effectué des virements vers une société offshore dont il a été établi qu’il en était le bénéficiaire. Keith Schembri a toujours nié avoir été corrompu. L’un des trois Russes concernés par cette affaire a confirmé aux journalistes du projet Daphne que le paiement avait bien eu lieu. Une enquête est en cours à Malte.

 

 

"Projet Daphne" : 18 médias internationaux, 45 journalistes, réunis dans l'organisation Forbidden Stories ont poursuivi les enquêtes de Daphne Caruana Galizia. Parmi eux, trois médias français : la Cellule investigation de Radio France, Le Monde et France Télévisions à travers la société de production Premières Lignes. Leurs révélations sont à retrouver sur franceinfo.fr, les antennes de Radio France, dans les médias partenaires et dans "Envoyé spécial", jeudi 19 avril, sur France 2.

 


11/05/2018
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Franceinfo - le mercredi 18 avril 2018

 

 

"Projet Daphne" : comment les oligarques azerbaïdjanais passent par Malte pour prendre le contrôle d'entreprises françaises

 

 

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Cellule investigation de Radio France Sylvain Tronchet Radio France
 

 

L’enquête de 18 médias internationaux, réunis par l’organisation Forbidden stories, sur la corruption à Malte révèle qu’une banque suspecte a permis l’entrée en Europe de capitaux liés à la dictature azerbaïdjanaise. Une partie de ces fonds a servi à acheter trois entreprises en France

 

 

 

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Drapeau de la Pilatus Bank sur le fronton du bâtiment  de l'établissement bancaire, à Malte. (MONTAGE A PARTIR DE LA PHOTO DE DARRIN ZAMMIT LUPI / REUTERS)

 

 

 

Comment une fabrique de porcelaine de Limoges (Haute-Vienne), un atelier de linge de maison de Cambrai (Nord) et un fabricant de figurines de Neufchâtel-en-Bray (Seine-Maritime) ont-ils pu tomber dans l’escarcelle d’une famille d’oligarques parmi les plus puissantes d’Azerbaïdjan sans que personne ne le sache ? La réponse passe par Malte.

 

 

L’enquête menée par les 45 journalistes du Projet Daphne, qui ont poursuivi le travail de la journaliste Daphne Caruana Galizia, mène à la Pilatus Bank. Cette banque maltaise, ouverte à La Valette en décembre 2013, a été créée par Ali Sadr Hashemi Nejad. Fils d'un milliardaire iranien, il n'aurait jamais dû pouvoir ouvrir une banque en raison des sanctions qui frappent son pays. Il a contourné ce problème en acquérant cinq passeports de Saint-Kitts-et-Nevis. Le petit État des Caraïbes s'est fait une spécialité d'en délivrer en échange de quelques centaines de milliers d'euros.

 

 

Deux ou trois clients représentaient 80% des actifs. Maria Efimova ex-salariée de la Pilatus Bank

 

 

La Pilatus Bank ne dispose que d'une centaine de clients. D'après Maria Efimova, ancienne salariée de l'établissement, Ali Sadr lui aurait dit que la banque avait été créée selon la règle des "3F : friends, family and fools !" ("les amis, la famille et les idiots"). Cette jeune femme russe est aujourd'hui considérée comme une lanceuse d'alerte par plusieurs députés européens qui connaissent bien le contexte maltais. Après son renvoi de la banque, elle a contacté Daphne Caruana Galizia.

 

 

Maria Efimova raconte à la journaliste maltaise que la Pilatus Bank aurait hébergé le compte d'une société offshore, dénommée Egrant, récipiendaire d'un virement d'un million d'euros en provenance d'Azerbaïdjan. Selon l'ex-salariée, la véritable bénéficiaire de cette société serait Michelle Muscat, la femme du Premier ministre maltais Joseph Muscat. Daphne Caruana Galizia publie cette information le 20 avril 2017.

 

 

Des soupçons de blanchiment d'argent

 

Joseph Muscat a immédiatement démenti les révélations de Daphne Caruana Galizia. À ce jour, aucune preuve formelle n’a été publiée selon laquelle Michelle Muscat serait la bénéficiaire d’Egrant. "Si tel était le cas, je démissionnerais", assure Joseph Muscat.

 

 

En revanche, la Pilatus Bank est soupçonnée d’avoir blanchi des capitaux douteux en provenance d’Azerbaïdjan. D’après des informations obtenues par les journalistes du Projet Daphne, la banque abriterait au moins une vingtaine de comptes liés à des sociétés suspectées d’appartenir aux familles Aliyev et Heydarov. Il s'agit des deux plus puissantes du pays. Ilham Aliyev vient d’être réélu président de la République dans des conditions contestées. Kamaladdin Heydarov, son "ministre des situations d’urgence", règne quant à lui sur un empire allant de la production de jus d’orange à l'immobilier.

 

 

Un rapport pointe des irrégularités à la Pilatus Bank

 

En mars 2016, un rapport de l’Agence anti-blanchiment maltaise (FIAU) dénonce de graves irrégularités au sein de la Pilatus Bank. Il pointe notamment le fait que la banque accepte des clients à risque et ne semble pas se soucier de vérifier l’origine des fonds. Des agissements contraires à la réglementation de l'Union européenne, dont fait partie Malte. Ce rapport, comme tous les autres, est transmis à la police. Peu après l'avoir lu, le chef de la police maltaise démissionne sans engager de poursuites. En mai 2016, le rapport fuite sur le blog de Daphne Caruana Galizia. En septembre, la FIAU annonce qu’une nouvelle inspection a conclu à l’absence de griefs contre la Pilatus Bank. Sa licence est maintenue. Un mois plus tard, Daphne Caruana Galizia est assassinée.

 

 

Le 20 mars 2018, Ali Sadr est arrêté et emprisonné aux États-Unis. Le banquier est accusé d’avoir organisé le transfert de 115 millions de dollars du Venezuela vers l’Iran, via la Suisse et la Turquie. Cela constitue une violation des sanctions américaines. Il risque 125 ans de prison. Sous la pression, l’autorité bancaire maltaise annonce le gel des transactions de la Pilatus Bank.

 

 

Trois entreprises françaises rachetées par la société Héritage Collection

 

L’autorité bancaire européenne s'en mêle et lance à son tour une enquête. "Nous savons que les Azerbaïdjanais cherchent des relais pour blanchir des fonds en Europe", affirme l'eurodéputée écologiste et ancienne juge d'instruction Eva Joly. La Pilatus Bank offrait un paravent efficace. C’est sans doute pour cela que les dirigeants de trois sociétés françaises se demandent depuis des mois qui est leur véritable propriétaire.

 

 

À Saint Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne), la maison Coquet s’enorgueillit d’avoir Bill Gates, Bernard Arnault ou des émirs du Golfe comme clients. Pourtant, cette fabrique de porcelaine haut de gamme a bien failli disparaître en 2014, à cause de la crise. Elle est alors rachetée par Héritage Collection. Dirigée par l’homme d’affaires Philippe Nguyen, cette société annonce avoir 50 millions d’euros à sa disposition pour créer un groupe de sociétés du patrimoine à fort savoir-faire. En 2015, elle rachète également les Ateliers Porthault, référence dans le linge de maison installée à Cambrai (Nord). Elle reprend ensuite la société Leblon Delienne, spécialisée dans les figurines, à Neufchâtel-en-Bray (Seine-Maritime).

 

 

Des investisseurs très discrets

 

Philippe Nguyen quitte la direction du groupe en 2017. Nous l’avons eu au téléphone. Il a promis de rappeler, mais ne l’a jamais fait. L’actuel dirigeant d’Héritage Collection, Frédéric Saint-Romain, a répondu. Il nous a expliqué ignorer l’identité des investisseurs qui se trouvent derrière la société qu'il dirige. Trois jours plus tard, nous recevions une lettre de ses avocats nous enjoignant de ne plus contacter de salariés du groupe. Ils ont quand même répondu. Nous leur avons appris qui étaient leurs véritables propriétaires : Nijat et Tale Heydarov. Ce sont les deux fils du ministre le plus riche d’Azerbaïdjan.

 

 

Héritage Collection est en réalité propriété d’une société luxembourgeoise, elle-même propriété d’une société maltaise officiellement dirigée par un certain Robert Baker. Tout en haut de la pyramide se trouve un trust situé en Nouvelle-Zélande. Officiellement, il est dirigé par des gestionnaires anglo-saxons. Les informations que nous avons obtenues permettent d'affirmer qu’il agissait en réalité pour le compte des frères Heydarov. D'après nos sources, la cellule anti-blanchiment du ministère des Finances, Tracfin, avait été alertée sur un virement suspect à Héritage Collection, fin 2017. Les vérifications ayant montré que l'opération était justifiée, l'affaire en était restée là.

 

 

Cette révélation n'a qu'à moitié étonné Laurent Buob, le patron de Leblon Delienne. "J’ai souvent demandé qui étaient les investisseurs à Philippe Nguyen, raconte-t-il, mais on m’a toujours répondu qu’ils étaient à l’étranger et qu’on ne pouvait pas les voir." Quant à Christian Le Page, PDG de la fabrique de porcelaine Coquet, il a eu vent un jour "d’héritiers du pétrole".

 

 

"J’ai fouillé, la secrétaire du comité d’entreprise également, et nous pensions que c’était le prince héritier d’Arabie saoudite". Christian Le Page
PDG de Coquet

 

 

D’après nos informations, les frères Heydarov auraient investi 10 millions d’euros dans les trois sociétés. Leblon Delienne a déposé le bilan et cherche un repreneur pour ses quatre salariés. Coquet et Porthault ne sont guère rentables. Les oligarques azerbaïdjanais auraient-ils été abusés sur les perspectives réelles qu’offraient ces investissements ? Leur paravent maltais devenant de moins en moins opaque, l’avenir de leur aventure dans le patrimoine industriel français paraît aujourd’hui très incertain.

 

 

"Projet Daphne" : 18 médias internationaux, 45 journalistes, réunis dans l'organisation Forbidden Stories ont poursuivi les enquêtes de Daphne Caruana Galizia. Parmi eux, trois médias français : la Cellule investigation de Radio France, Le Monde et France Télévisions à travers la société de production Premières Lignes. Leurs révélations sont à retrouver sur franceinfo.fr, les antennes de Radio France, dans les médias partenaires et dans "Envoyé spécial", jeudi 19 avril, sur France 2.

 


11/05/2018
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Franceinfo - le mardi 17 avril 2018

 

 

L’article à lire pour comprendre la très critiquée réforme de l'asile et de l'immigration

 

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Mahaut Landaz franceinfoFrance Télévisions

 

 

L'examen du projet de loi porté par Gérard Collomb a débuté lundi 16 avril à l'Assemblée nationale. Dénoncé par des professionnels du droit d'asile, il ne fait pas non plus l'unanimité au sein des députés LREM

 

 

 

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Gérard Collomb, le 11 avril 2018, à l'Assemblée nationale. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

 

 

 

Depuis le début du quinquennat, c'est la première fois qu'une réforme portée par le gouvernement suscite autant de débat au sein de la majorité. Porté par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, le projet de loi Asile et immigration est arrivé à l'Assemblée nationale, lundi 16 avril, pour y être examiné pendant cinq jours. Que contient ce texte controversé ? Acte-t-il vraiment un durcissement des procédures, comme le dénoncent ses détracteurs ? Franceinfo répond aux principales questions qui se posent autour de cette réforme.

 

 

Que va changer ce projet de loi ?

 

Le gouvernement entend réduire la durée moyenne de traitement des demandes d'asile de onze à six mois. Celles-ci devront désormais être déposées à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) dans un délai de 90 jours, contre 120 jours actuellement, sous peine d'être examinées en procédure accélérée. "Un demandeur débouté ne disposera ensuite que de deux semaines, au lieu d’un mois, pour déposer son recours", écrit Le Monde

 

 

D'ailleurs, ces recours devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) ne seront plus systématiquement suspensifs : certains demandeurs d'asile pourront donc être expulsés malgré leur recours. Ensuite, le passage devant le juge administratif et le juge des libertés et de la détention en visio-conférence sera facilité, notamment pour les étrangers placés dès leur arrivée en zone d'attente. Enfin, la durée maximale en centre de rétention va être augmentée de 45 à 90 jours.

 

 

Parallèlement, la réforme prévoit de consolider certains droits pour les demandeurs d'asile : le titre de séjour des personnes bénéficiant de la protection subsidiaire et des apatrides sera valable quatre ans, contre un seul actuellement. L'accueil et la protection des femmes étrangères victimes de violences conjugales et des jeunes filles menacées d'excision seront également renforcés. Par ailleurs, les enfants qui bénéficient du droit d'asile pourront désormais demander la réunification familiale pour leurs frères et sœurs. Jusque-là, cette disposition ne s'appliquait qu'aux parents.

 

 

Pourquoi cette réforme est-elle critiquée ?

 

Les agents de l'Ofpra ont fait grève pendant 18 jours, au mois de février, pour dénoncer une généralisation des procédures accélérées dans le projet de loi. Leurs homologues de la Cour nationale du droit d'asile, qui ont cessé le travail pendant 28 jours – une durée historique –, estiment de leur côté que la réduction de la durée de la procédure ne leur permet pas de préparer et de traiter correctement les dossiers en amont des audiences. Spécialiste du droit d'asile, l'avocat Olivier Brisson pointe ainsi du doigt dans les colonnes du Figaro des délais "infiniment trop courts" pour des personnes vulnérables et souvent SDF.

 

 

Les organisations membres des Etats généraux des migrations, dont la Ligue des droits de l'homme, dénoncent quant à elles une réforme qui "durcit les conditions d'accès à l'asile" et a "pour objectif principal de faciliter les expulsions des personnes déboutées ou sans titre de séjour". Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a lui aussi manifesté ses critiques à l'égard du projet de loi, piquant même une colère devant la commission des lois de l'Assemblée nationale.

 

 

Qu'en pense Emmanuel Macron ?

 

Depuis plusieurs mois, le président de la République – comme le gouvernement – insiste sur deux mots d'ordre : "humanité" et "fermeté". Interrogé dimanche 15 avril sur BFMTV et Mediapart, Emmanuel Macron a réaffirmé son engagement à réduire les délais pour les demandeurs d'asile, une promesse de campagne.

 

 

Il faut quatorze mois pour avoir son asile en France, quatorze mois avec des droits réduits, quatorze mois dans la précarité . Mon engagement, c'est de réduire ce délai à six mois.Emmanuel Macronà BFMTV et Mediapart

 

 

Répondant aux critiques à propos de la dureté du texte, le chef de l'Etat a ajouté qu'il était "faux de dire que qui que ce soit qui peut avoir droit à l'asile sera exclu". Et d'ajouter, en paraphrasant Michel Rocard, que la France ne pouvait pas "prendre toute la misère du monde" face à "un phénomène migratoire inédit qui va durer" et pèse sur les "concitoyens les plus modestes".

 

 

Quelles sont les mesures qui font débat au sein de la majorité ?

 

Avant même le début de l'examen du projet de loi à l'Assemblée, plusieurs députés de La République en marche ont tenté d'infléchir le texte porté par Gérard Collomb. Notamment à propos du placement en rétention des familles avec enfant. Cette pratique a valu à la France d'être condamnée à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l'homme en 2016. En commission, plusieurs députés de la majorité, comme Stella Dupont ou Sonia Krimi, ont tenté de faire voter des amendements pour l'interdire ou proposer des solutions alternatives. La députée Delphine Bagarry a quant à elle jugé "inacceptable" la réduction du délai de 30 à 15 jours pour faire appel d'un rejet de demande d'asile.

 

 

Le gouvernement doit aussi convaincre l'aile droite de la majorité, où certains sont particulièrement opposés à l'élargissement de la réunification familiale aux frères et sœurs. La députée Alexandra Valetta-Ardisson a ainsi indiqué à L'Opinion qu'elle voterait un amendement limitant cette disposition, "quel que soit le parti qui la défend". Quant à sa collègue Typhanie Degois, elle s'est pour sa part inquiétée de "l'appel d'air" que pourrait provoquer cette disposition... recueillant ainsi le soutien du député des Républicains Eric Ciotti, relève Le Monde.

 

 

Le texte pourrait-il ne pas être voté ?

 

Non, même en comptant la grosse poignée de députés LREM qui critiquent le projet de loi, le texte devrait être adopté, vendredi 20 avril. Pour l'instant, seul le député Jean-Michel Clément (ex-PS) a exprimé clairement qu'il voterait contre le texte. "Ce texte est totalement contraire aux principes qui sont les miens, aux valeurs qui sont les miennes, je m'y opposerai sans hésitation", a-t-il martelé sur franceinfo mardi 17 avril. Proche de Nicolas Hulot, le député Matthieu Orphelin a annoncé qu'il ne voterait "pas pour", évoquant un risque "d'amoindrir les droits" des demandeurs d'asile, tout comme la députée du Maine-et-Loire, Stella Dupont, qui juge la réforme "trop éloignée de [ses] valeurs".

 

 

Sur France Inter, la députée Sonia Krimi a également déclaré mardi qu'elle hésitait entre le vote contre et l'abstention. De quoi s'attirer les foudres de Richard Ferrand ? Début avril, le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale avait sévèrement recadré les députés trop virulents, les qualifiant "d'auto-entrepreneurs".

 

 

J'ai eu la flemme de tout lire, vous me faites un résumé ?

 

Le projet de loi Asile et immigration doit être voté vendredi 20 avril à l'Assemblée nationale. Porté par le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, qui défend "l'urgence" à agir face à l'immigration, le texte marque, selon ses détracteurs, un durcissement des conditions de traitement des demandes d'asile. Dans les faits, le projet de loi propose essentiellement une réduction des délais pour déposer une demande, de 120 à 90 jours, et pour faire un recours, de 30 à 15 jours. Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, dénonce un texte où le demandeur d'asile est "maltraité". La réforme fait débat au sein même de la majorité : quelques députés LREM pourraient voter contre ou s'abstenir, notamment en raison des dispositions sur la détention des mineurs.

 


11/05/2018
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Franceinfo - le mardi 17 avril 2018

 

 

L'Assemblée nationale adopte la réforme de la SNCF à une écrasante majorité en première lecture

 

 

Les députés ont approuvé mardi 17 avril par 454 voix contre 80 le projet de réforme de la SNCF, qui doit encore être discuté au Sénat

 

 

 

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Les députés ont adopté à une écrasante majorité, en prmeière lecture, mardi 17 avril, le projet de réforme de la SNCF. (LUDOVIC MARIN / AFP)

 

 

 

 

C'est un résultat écrasant. Les députés ont approuvé mardi 17 avril le projet de réforme de la SNCF par 454 voix pour et 80 voix contre. Le projet de loi "pour un nouveau pacte ferroviaire" passera entre les mains des sénateurs à partir du 23 mai en commission et du 29 mai en séance. Le gouvernement espère un vote définitif sur ce texte "au plus tard début juillet", a indiqué le ministère des Transports.

 

 

D'abord divisé sur le sujet, le groupe Les Républicains (LR), constitué d'une centaine de députés, a finalement décidé de voter en faveur du texte tout en demandant au gouvernement des avancées en matière de financement de la dette de la SNCF et des garanties sur le maintien des "petites lignes" ferroviaires. L'opposition de gauche a elle voté contre le projet de loi, approuvé en revanche par le MoDem et le groupe UDI, Actifs et Indépendants.

 

 

Parmi les mesures phares de ce projet de loi, l'autorisation qui sera faite à partir de décembre 2019 aux régions d'ouvrir le trafic ferroviaire à la concurrence. Mais aussi la disparition du statut de cheminots pour les nouveaux embauchés. Le projet de loi ne prend en revanche pas en compte l'énorme dette – 47 milliards d'euros pour la seule SNCF Réseau –, que l'Etat promet de reprendre partiellement à une échéance encore inconnue.

 

 

Les discussions politiques se doublent d'une concertation avec les syndicats représentatifs de la SCNF qui n'ont pas perdu l'espoir de faire reculer le gouvernement et poursuivent leur grève d'usure entamée le 3 avril. Après trois épisodes de deux jours de grève, le mouvement doit reprendre ce mardi soir pour 48 heures, selon le calendrier défini par les syndicats.

 


11/05/2018
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Franceinfo - le lundi 16 avril 2018

 

 

La France engage une procédure de retrait de la Légion d'honneur de Bachar Al-Assad

 

 

Le dirigeant syrien est accusé d'avoir mené une attaque chimique dans la Ghouta orientale, près de Damas

 

 

 

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Le président syrien Bachar Al-Assad lors d'une rencontre avec Vladmir Poutine, à Sochi (Russie), le 20 novembre 2017. (MICHAEL KLIMENTYEV / SPUTNIK / AFP)

 

 

 

La France a engagé une procédure de retrait de la Légion d'honneur de Bachar Al-Assad, annonce l'Elysée, lundi 16 avril, deux jours après les frappes occidentales en Syrie"L'Elysée confirme qu'une procédure disciplinaire de retrait de la Légion d'honneur", la plus haute distinction française, "à l'endroit de Bachar Al-Assad a bien été engagée", a indiqué la présidence de la République.

 

 

Le président syrien, Bachar Al-Assad, s'était vu remettre la Légion d'honneur par son homologue français, Jacques Chirac, lors d'un voyage officiel en France en 2001, peu après avoir succédé à son père Hafez al-Assad à la tête du pays.

 

 

"Des actes contraires à l'honneur"

 

La France tient le dirigeant syrien pour responsable d'une attaque chimique dans la Ghouta orientale, près de Damas. En réaction à cette attaques, des frappes aériennes coordonnées de Paris, Washington et Londres ont été menées, dans la nuit du 13 au 14 avril, visant "le principal centre de recherche" et "deux centres de production" du "programme clandestin chimique" du régime syrien.

 

 

Depuis 2010, un décret permet de déchoir plus facilement un étranger ayant "commis des actes contraires à l'honneur". La Légion d'honneur a ainsi déjà été retirée au cycliste américain Lance Armstrong ou au styliste britannique John Galliano.

 


11/05/2018
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Franceinfo - le samedi 14 avril 2018

 

 

Syrie : ce que l'on sait de l'opération militaire menée par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni

 

Les trois pays ont mené des frappes aériennes contre plusieurs cibles syriennes, en réponse à l'attaque chimique présumée menée par le régime de Bachar Al-Assad à Douma. L'opération est terminée et aucune nouvelle frappe n'est prévue dans l'immédiat

 

 

 

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Une photo partagée par l'armée syrienne montre une explosion aux abords de Damas (Syrie), samedi 14 avril 2018. (SYRIAN GOVERNMENT'S CENTRAL MILI / AFP)

 

 

 

Une opération militaire a été menée contre la Syrie par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 avril. Ces trois pays entendent punir le régime de Bachar Al-Assad, qu'ils accusent d'avoir mené une attaque à l'arme chimique contre des civils dans la Ghouta orientale. "Une opération conjointe est en cours avec la France et le Royaume-Uni, nous les remercions tous les deux", a déclaré Donald Trump, qui s'exprimait à la Maison Blanche vendredi soir.

 

 

Au moment même où le président américain s'exprimait, plusieurs détonations ont été entendues à Damas, selon des correspondants de Reuters et de l'AFP sur place. Des témoins disent à l'AFP avoir vu des colonnes de fumée s'élever du nord-est de Damas. Cette vague de frappes, dont il reste à déterminer le nombre, est terminée, ont ajouté les autorités américaines moins d'une heure plus tard.

 

 

Quelle est l'ampleur des frappes menées en Syrie ?

 

L'intervention a visé "des cibles multiples" avec "des types de munitions divers", a indiqué un responsable américain, qui a notamment évoqué le recours à des missiles de croisière Tomahawk. "Des frappes occidentales ont visé des centres de recherche scientifique, plusieurs bases militaires et des locaux de la Garde républicaine à Damas et ses environs", a pour sa part rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

 

Le chef du Pentagone a déclaré que ces frappes des Etats-Unis et de leurs alliés ont plus lourdement frappé la Syrie que lors des tirs de missiles d'avril 2017, contre une base militaire syrienne.

 

 

La ministre française des Armées, Florence Parly, a affirmé samedi matin lors d'une conférence de presse que les frappes ont visé "le principal centre de recherche" et "deux centres de production" du "programme clandestin chimique" du régime de Bachar Al-Assad.

 

 

 

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Londres a annoncé que des frappes britanniques ont visé un "complexe miliaire" près de Homs. Selon le ministère britannique de la Défense, quatre avions de combat Tornado ont pris part aux frappes. Des missiles Shadow ont été utilisés contre un site militaire situé à 24 km à l'ouest de la ville de Homs et éloigné de tout groupement d'habitations de population civile.

 

 

Quel a été le rôle des forces françaises ?

 

Le président français Emmanuel Macron a annoncé dans un communiqué avoir "ordonné aux forces armées françaises d’intervenir" avec une réponse "circonscrite aux capacités du régime syrien permettant la production et l'emploi d'armes chimiques". Une courte vidéo diffusée dans la nuit sur le compte Twitter de l'Elysée montre le décollage de plusieurs avions de chasse Rafale d'une base qui n'est pas identifiée. 

 

 

La ministre des Armées, Florence Parly, a pour sa part diffusé sur son compte Twitter la photo d'un Rafale en phase de décollage. Les Rafale sont dotés de missiles Scalp.

 

 

Lors d'une conférence de presse conjointe, Jean-Yves Le Drian et Florence Parly ont donné des précisions sur cette opération. Le principal centre de recherche du programme chimique syrien et deux centres de production ont été frappés, a indiqué la ministre. 

 

 

"Cette opération combinait des moyens navals et aériens, a précisé la ministre des Armées. Des frégates multimunitions, accompagnées de bâtiments de protection et de soutien, ont été déployées en mer Méditerranée. Dans le même temps, un raid aérien est parti en début de nuit depuis plusieurs bases aériennes en France afin de rejoindre les côtes de la Syrie. Ces différents moyens ont tiré des missiles de croisière sur les objectifs prévus, en étroite synchronisation avec nos alliés américains et britanniques", a poursuivi la ministre.

 

 

Quel est le message de Washington, Paris et Londres ?

 

Donald Trump a affirmé que l'objectif des opérations "était d'établir une dissuasion forte contre la production, la prolifération et l'emploi d'armes chimiques". Il a exhorté Moscou "à quitter la voie sinistre" du soutien à Bachar Al-Assad. Le président américain a également déclaré que la Russie avait "trahi ses promesses" de 2013 sur l'élimination des armes chimiques syriennes.

 

 

Par ailleurs, Donald Trump a mis en garde l'Iran et la Russie, qui ont déployé des milliers d'hommes et du matériel pour aider Bachar Al-Assad à reconquérir le pays, contre leurs liens avec la Syrie. Il a aussi estimé que le sort des pays de la région était entre les mains de leurs habitants, et qu'aucune intervention militaire américaine ne pourrait, à elle seule, apporter une "paix durable".

 

 

"Nous ne pouvons pas tolérer la banalisation de l'emploi d'armes chimiques, qui est un danger immédiat pour le peuple syrien et pour notre sécurité collective", a pour sa part estimé Emmanuel Macron, dans un communiqué de l'Elysée. La Première ministre britannique, Theresa May, a affirmé qu'il n'y avait "pas d'alternative à l'usage de la force".

 

 

De nouvelles frappes sont-elles prévues ?

 

Cette première vague de frappes est terminée, ont annoncé les autorités américaines moins d'une heure après le début des opérations, et il n'y a pas d'autres frappes prévues pour l'instant, a ajouté le ministre américain de la Défense, James Mattis. Tout en dénonçant les attaques chimiques "monstrueuses" menées par le régime de Damas, Donald Trump a promis que l'intervention comprenant des "frappes de précision" durerait "aussi longtemps qu'il le faudrait".

 

 

Côté français, Emmanuel Macron a précisé que, "conformément à l'article 35, alinéa 2, de la Constitution, le Parlement sera informé et un débat parlementaire sera organisé, suite à cette décision d'intervention de nos forces armées à l'étranger".

 

 

Comment réagissent la Syrie et la Russie ?

 

"La défense anti-aérienne syrienne" est entrée en action contre "l'agression américaine, britannique et française", a affirmé la télévision d'Etat syrienne, ajoutant que treize missiles avaient été abattus au sud de Damas. Plus généralement, les médias d'Etat dénoncent une "agression et une violation flagrante du droit international". Cette opération militaire occidentale est "vouée à l'échec", a par ailleurs martelé le régime syrien.

 

 

La Russie n'a pas été prévenue à l'avance de ces frappes, a indiqué le chef d'état-major américain, Joe Dunford, qui ajoute que les alliés ont pris soin d'éviter de toucher les forces russes, massivement présentes dans le pays. La ministre française des Armées, Florence Parly, a toutefois affirmé que la Russie avait au contraire été prévenue de ces frappes.

 

 

Moscou est rapidement montée au créneau après cette intervention. L'ambassadeur russe à Washington, Anatoli Antonov, estime que ces frappes sont une "insulte au président russe", dans un communiqué. "Nous avions averti que de telles actions appelleraient des conséquences (...). Nos mises en garde ont été ignorées."

 

 

Quelles sont les autres réactions ?

 

Ils soutiennent. Samedi matin, le Canada, Israël et la Turquie ont apporté leur soutien à l'opération. Dans un communiqué, le ministère turc des Affaires étrangères estime que ces frappes constituent "une réaction appropriée" à l'attaque chimique présumée de Douma. Justin Trudeau a, lui, soutenu "la décision des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France de prendre des mesures pour diminuer la capacité du régime de lancer des attaques par armes chimiques contre ses propres citoyens".

 

 

Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'OTAN, a, lui aussi, salué l'opération : "Je soutiens les actions prises par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France contre les installations et capacités d'armes chimiques du régime syrien", a-t-il exprimé par le biais d'un communiqué.

 

 

Ils condamnent. L'Iran, principal allié régional de Damas, condamne "fermement" les opérations contre la Syrie et lance une mise en garde contre "leurs conséquences régionales". Le ministère iranien des Affaires étrangères, sur le canal Telegram de son porte-parole, a affirmé que "les Etats-Unis et leurs alliés, sans aucune preuve et avant même une prise de position de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), ont mené cette action militaire [...] contre la Syrie et sont responsables des conséquences régionales de cette action aventuriste".

 

 

Le guide suprême iranien, l'ayattolah Ali Khamenei, a lui aussi dénoncé les frappes sur son Telegram : "L'attaque menée ce matin contre la Syrie est un crime. Je déclare franchement que le président américain, le président français et la Première ministre britannique sont des criminels [...], ils n'obtiendront rien et ne tireront aucun bénéfice".

 

 

Il s'inquiète. Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, a quant à lui appelé les Etats membres à "faire preuve de retenue dans ces circonstances dangereuses et à éviter tous les actes qui pourraient entraîner une escalade de la situation et aggraver les souffrances du peuple syrien". Le secrétaire général a décidé de reporter un voyage prévu en Arabie saoudite.

 


09/05/2018
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Franceinfo - le vendredi 13 avril 2018

 

 

Notre-Dame-des-Landes : "L'opération d'expulsion est aujourd'hui terminée", annonce la préfète de Loire-Atlantique

 

 

Au terme de quatre jours d'intervention des forces de l'ordre, "29 squats ont été expulsés et déconstruits"

 

 

 

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Des gendarmes évacuent la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), le 10 avril 2018. (MAXPPP)

 

 

La préfète de Loire-Atlantique Nicole Klein a annoncé, vendredi 13 avril, que "l'opération d'expulsion est aujourd'hui terminée" sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Au terme de quatre jours d'intervention des forces de l'ordre, "29 squats ont été expulsés et déconstruits". "Tout ce qui était évacuable a été évacué", a assuré la préfète.

 

 

La présence des forces de l'ordre sur la ZAD va toutefois être maintenue durant les prochaines semaines, afin d'"assurer en toute sécurité le déblaiement" du site, "garantir la liberté de circulation et la circulation sur la RD281 et la RD81" et "prévenir et empêcher toute réoccupation illégale"

 

 

"C'est une nouvelle phase qui va s'ouvrir. Toute occupation doit désormais s'inscrire dans un cadre légal", a conclu Nicole Klein. Elle a invité toutes les personnes qui souhaitent présenter un projet agricole pour le site, "même [celles qui ont fait] l'objet d'une expulsion", à remplir un formulaire en ligne pour "régulariser leur situation d'ici le 23 avril".

 


09/05/2018
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Franceinfo - le lundi 9 avril 2018

 

 

Notre-Dame-des-Landes : 500 personnes manifestent leur soutien aux zadistes à Nantes

 

 

 

 

 

Quelque 2 500 gendarmes et policiers sont mobilisés pour l'opération d'évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, qui a débuté dans la nuit de dimanche à lundi

 

 

 

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La préfète du Pays-de-la-Loire, Nicole Klein, à Paris, le 19 mars 2018. (LOIC VENANCE / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) est évacuée au pas de charge, lundi 9 avril. La préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, a expliqué dans l'après-midi que l'objectif de démanteler une "quarantaine de squats" sur 97 était "presque atteint", ajoutant que l'opération était "parfaitement dans les règles". En début de soirée, une manifestation de soutien a débuté, à Nantes, réunissant environ 500 personnes. Plusieurs autres rassemblements sont prévus à Saint-Étienne, au Puy-en-Velay, à Rennes ou encore à Saint-Brieuc.

 

 

L'évacuation a commencé à l'aube. "A partir de 6 heures, la gendarmerie nationale [a débuté] une opération d'expulsion des occupants illégaux des terrains de la zone de Notre-Dame-des-Landes", indique le ministère de l'Intérieur dans un communiqué. Quelque 2 500 gendarmes et policiers, dont 25 escadrons de gendarmerie mobile, ont été mobilisés pour cette opération.

 

 

"Une centaine de personnes" à déloger. Sur Europe 1, le ministre de l'Intérieur a précisé que les forces de l'ordre seraient maintenues sur place "tant qu'il sera nécessaire" pour empêcher de nouvelles occupations. "J'espère (...) que dans les quelques semaines, l'ordre sera revenu à Notre-Dame-des-Landes", a ajouté Gérard Collomb.

 

 

Sept personnes interpellées. Dans le détail, six personnes ont été arrêtées pour détention de stupéfiants et d'explosifs et une autre pour violence sur un agent de la force publique. Un gendarme a été blessé à l'œil : il souffre d'un décollement de la rétine après avoir été touché par un tir d'artifice, probablement une fusée artisanale. Il a été transporté au CHU de Nantes, dont il est sorti dans l'après-midi.


04/05/2018
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Franceinfo - le dimanche 8 avril 2018

 

 

Brésil : l'ancien président Lula s'est rendu à la police et a été incarcéré

 

 

Avant de se livrer aux policiers, Lula a de nouveau clamé son innocence et dénoncé un "crime politique"

 

 

 

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L'ancien président brésilien Luiz Inacio "Lula" da Silva arrive au siège de la police fédérale brésilienne à Curitiba (Brésil), le 7 avril 2018. (RICARDO MORAES / REUTERS)

 

 

 

L'ancien président brésilien Luiz Inacio "Lula" da Silva s'est finalement livré à la police samedi 7 avril. L'ex-chef d'Etat de 72 ans avait refusé de le faire, vendredi, malgré le mandat de dépôt le visant, après sa condamnation à douze ans de prison dans une affaire de corruption.

 

 

Lula a aussitôt été transféré par avion à Curitiba, ville du sud du pays, où il avait été jugé et condamné, puis acheminé au siège local de la police fédérale pour entamer sa période de détention. Des affrontements ont éclaté devant le bâtiment entre des partisans de l'ex-chef de l'Etat et la police qui a utilisé des grenades assourdissantes, du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc pour les disperser.

 

 

Avant de se livrer aux forces de l'ordre, Lula a de nouveau clamé son innocence et dénoncé un "crime politique" devant des centaines de membres du Parti des travailleurs rassemblés devant le siège du Syndicat des métallurgistes à Sao Paulo, là où il a entamé sa carrière politique et où il s'était réfugié depuis jeudi. "Je vais me conformer au mandat de dépôt et vous deviendrez tous Lula, a-t-il promis. Je ne suis pas au-dessus des lois. Si je ne croyais pas à la loi, je n'aurais pas créé de parti politique, j'aurais fait une révolution."


03/05/2018
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