L'AIR DU TEMPS

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"On voulait avoir le fin mot et on l'a", déclare la mère d'Alexia Daval après la reconstitution du meurtre de sa fille

 

 

 

Isabelle Fouillot s'est exprimée lundi face à la presse après les derniers aveux de Jonathann Daval, qui a notamment reconnu avoir partiellement brûlé le corps de son épouse

 

 

 

"C'était éprouvant, j'avais peur de rentrer dans la maison, de retrouver toutes les affaires d'Alexia." Face à la presse, Isabelle Fouillot, la mère d'Alexia Daval, est revenue sur la reconstitution du meurtre de sa fille qui s'est tenue, lundi 17 juin, à Gray-la-Ville (Haute-Saône). Levant les dernières zones d'ombre dans cette affaire, Jonathann Daval a admis avoir partiellement brûlé le corps de son épouse

 

 

Fait exceptionnel, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, ainsi que le mari de la sœur d'Alexia Daval, Grégory Gay, étaient présents à cette reconstitution. "Ce n'était pas facile mais on y est parvenu. Alexia va peut-être pouvoir reposer un peu en paix maintenant. On voulait la vérité, il fallait qu'il avoue", a poursuivi Isabelle Fouillot. 

 

 

 

"C'était la meilleure chose qu'il dise la vérité" 

"S'il n'avouait pas, on repartait dans d'autres délires. On aurait pu soupçonner un complice, plein de choses. C'était la meilleure chose qu'il dise la vérité", a estimé la mère d'Alexia Daval. Elle a également confié que son gendre lui avait de nouveau demandé pardon. Y parviendra-t-elle ? "Le principal pour l'instant, c'est d'avoir la vérité, le pardon, ça viendra un peu plus tard", a-t-elle répondu, saluant, pour conclure son propos, le travail des autorités dans cette enquête.

 


17/06/2019
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Franceinfo - le vendredi 14 juin 2019

 

 

Les jeunes femmes sont la nouvelle cible de la propagande du groupe Etat islamique, selon Europol

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

 

C'est ce qu'affirme vendredi l'agence européenne de coopération entre les polices criminelles

 

 

 

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Le logo d'Europol sur la façade du siège de l'institution, à La Hague (Pays-Bas), le 6 juin 2018. (NICOLAS MAETERLINCK / BELGA MAG / AFP)

 

 

 

Le "califat" du groupe Etat islamique a perdu son ultime territoire, en mars, selon les forces arabo-kurdes, soutenues par les Etats-Unis. Mais il est toujours présent sur Internet. Europol a déclaré, vendredi 14 juin, que le jihadisme accorde désormais plus d'importance au rôle des jeunes femmes nées autour des années 2000, qui constituent la nouvelle cible de la propagande du groupe Etat islamique (EI).

 

 

L'agence européenne de coopération entre les polices criminelles, basée à La Haye, a dressé lors de la publication d'un rapport un portrait robot des femmes visées par la communication du groupe Etat islamique, à la recherche de recrues après la chute en mars de son dernier bastion.

 

 

 

"De 16 à 25 ans"

"Nous parlons en particulier de millénaires", a déclaré Manuel Navarette, directeur du Centre européen de lutte contre le terrorisme (ECTC, selon son acronyme en anglais) d'Europol. "La propagande de l'EI est axée sur les femmes âgées de 16 à 25 ans, un groupe plus vulnérable à ces activités et qui ont accès aux réseaux sociaux. L'Etat islamique s'est adapté à la nouvelle cible", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

 

 

Au fil des années, les jeunes femmes ont obtenu au sein du groupe un rôle bien plus "offensif" que "défensif", comme cela était davantage le cas dans les groupes jihadistes avant l'apparition de l'EI. En effet, les femmes ont obtenu un rôle bien plus actif, tout en gardant la responsabilité de la tenue du foyer, de la garde des enfants et du bien-être des époux, indique le rapport.

 

 

Lorsque l'EI a commencé à perdre du terrain, l'organisation "a commencé à demander aux femmes de prendre un rôle différent, d'assister en tant que médecin ou d'une manière différente, pas seulement en tant que femme au foyer traditionnelle". "L'inquiétude est que cette implication accrue des femmes puisse ouvrir la voie à des changements potentiellement majeurs", souligne le rapport d'Europol, notant une hausse notamment en France et au Royaume-Uni des arrestations de femmes "liées à des activités de terrorisme".

 


15/06/2019
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Franceinfo - le samedi 15 juin 2019

 

 

"Gilets jaunes" : des manifestants défilent à Paris pour le 31e samedi de mobilisation

 

 

 

Le cortège est parti de la place de la Bastille, puis a traversé les 19e et 20e arrondissements de la capitale, samedi en début d'après-midi. Il se dirige vers le 17e arrondissement

 

 

 

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Des "gilets jaunes" manifestent à Paris pour leur 31e samedi de mobilisation, le 15 juin 2019.  (MAXPPP)

 

 

 

Ils continuent de fouler le pavé, sept mois après le début du mouvement. Les "gilets jaunes" manifestent dans plusieurs villes de France, samedi 15 juin, à l'occasion du 31e samedi de mobilisation de leur mouvement, lancé le 17 novembre. A Paris, un cortège s'est élancé de la place de la Bastille, dans le 11e arrondissement, vers midi, comme le rapporte un compte de "gilets jaunes" sur Twitter. 

 

 

Les manifestants se sont par la suite dirigés vers la place de la Nation, puis ont traversé le 20e arrondissement, dans l'est de Paris, en direction de la place Gambetta. Le cortège s'est ensuite déplacé vers la place des Fêtes, dans le 19e arrondissement, où une courte pause a été marquée. 

 

 

En milieu d'après-midi, les "gilets jaunes" ont manifesté avenue Jean-Jaurès, dans le 19e arrondissement, avant de rejoindre le boulevard de Clichy entre 16 heures et 17 heures, en direction du 17e arrondissement.

 


15/06/2019
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Franceinfo - le jeudi 13 juin 2019 - mis à jour le 14.06.19

 

 

Procès Balkany : sept ans de prison ferme et dix ans d'inéligibilité requis contre le maire de Levallois-Perret pour blanchiment de fraude fiscale et corruption

 

 

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Violaine JaussentFrance Télévisions
 

 

 

Quatre ans avec sursis et 500 000 euros d'amende ont été requis jeudi contre son épouse Isabelle, poursuivie pour blanchiment de fraude fiscale

 

 

 

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Le maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), le 23 mai 2019 au tribunal de grande instance de Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

 

 

 

Le procureur a requis, jeudi 13 juin, sept ans de prison ferme, avec mandat de dépôt, et dix ans d'inéligibilité contre le maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Patrick Balkany, jugé pour corruption passive, blanchiment de fraude fiscale aggravée et prise illégale d'intérêts. Quatre ans avec sursis et 500 000 euros d'amende ont été requis contre son épouse Isabelle Balkany, poursuivie, elle, pour blanchiment de fraude fiscale aggravée. En convalescence après une tentative de suicide début mai, elle est la grande absente de ce procès.

 

 

"Patrick Balkany est coupable de la plus grave atteinte à la probité publique", a déclaré le procureur financier Serge Roques lors d'un réquisitoire implacable à deux voix, prononcé pendant 2 heures et demie avec Arnaud de Laguiche, substitut du procureur. Jugés devant le tribunal correctionnel de Paris depuis le 13 mai, les Balkany sont soupçonnés d'avoir dissimulé au minimum 13 millions d'euros d'avoirs au fisc entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas, Pamplemousse aux Antilles, et un riad à Marrakech.

 

 

 

Un blanchiment "ancien et systématique"

"Quand j'ai commencé à écrire ce livre, j'avais le souci de moi-même. (...) Mais je ne suis qu'un homme qui se veut être au service des autres" : Arnaud de Laguiche amorce le réquisitoire avec les mots de Patrick Balkany, écrits en conclusion de Une autre vérité, la mienne, en août 2009. "Les dates, la concordance des temps, peut être cruelle, monsieur le président. Les dates montrent qu'en août 2009 Patrick Balkany était engagé dans l'acquisition de sa villa au Maroc", insiste le procureur, dans un débit rapide mais efficace. Toute la duplicité du maire de Levallois-Perret est contenue dans cette attaque.

 

 

Les procureurs s'acharnent à démontrer que les arguments des époux Balkany ne tiennent pas. Selon eux, le blanchiment ne fait aucun doute : il "est ancien et systématique". "Les époux Balkany ont mis en place des montages offshore dans le seul but de dissimuler qu'ils étaient propriétaires de biens à l'étranger", martèle Serge Roques.

 

 

 

Un "pacte de corruption" entre les prévenus

Pour le ministère public, la corruption est tout aussi avérée : un "pacte" continue "de lier les prévenus" et "tout aveu de l'un entraînerait l'autre". "Ils se détestent mais ils doivent encore se tenir", explique Arnaud de Laguiche. Il affirme, tout comme Serge Roques, que Patrick Balkany s'est fait offrir la villa de Marrakech par Mohamed Al Jaber, un milliardaire saoudien. En échange, le promoteur a obtenu des délais dans un énorme contrat immobilier, les fameuses tours de Levallois qui ne sortiront jamais de terre. Les deux hommes se sont invectivés à l'audience, mais se sont accordés pour nier tout pacte de corruption.

 

 

Contre Mohamed Al Jaber, le parquet national financier a requis quatre ans, dont deux avec sursis, et 150 000 euros d'amende, et quatre ans de prison, dont deux avec sursis, et une interdiction d'exercer à l'encontre de l'avocat Arnaud Claude, "le pilote de l'opération". Le parquet a également demandé trois ans dont un avec sursis et 150 000 euros d'amende contre Jean-Pierre Aubry, "prête-nom jusqu'au sacrifice" pour son "maître" Patrick Balkany, et une amende de 100 000 euros contre le fils Balkany, Alexandre, poursuivi pour avoir "couvert" ses parents en souscrivant des baux de location fictifs du riad de la palmeraie.

 

 

 

"Marianne a dû essuyer quelques larmes"

Enfin, pour illustrer l'atteinte "à la probité publique", Arnaud de Laguiche choisit de décrire une scène, "il y a dix ans à peu près", entre Patrick Balkany et Georges Forrest. Selon l'accusation, le maire a reçu une commission de cet industriel belgo-congolais, qui aurait servi à financer une autre partie de l'acquisition de la villa marocaine. Dans cette scène, le procureur évoque deux "témoins" qui ne peuvent pas parler : le buste de Marianne et le portrait du président de la République sur la cheminée. "Seuls les Napolitains et les Siciliens croient aux statues qui pleurent. J'ai la conviction que Marianne a dû essuyer quelques larmes de tristesse ce jour-là", lâche Arnaud de Laguiche. La phrase ne plaît pas aux prévenus, qui s'agitent sur leur banc. On entend l'avocat de Patrick Balkany qui grommelle dans la salle d'audience.

 

 

Eric Dupond-Moretti s'en explique à la sortie de l'audience, sonné par ces réquisitions sévères. "La justice au pied du mur de l'exemple, cela a ses limites", réagit-il vigoureusement. "Le procureur est à la fois la démocratie, la morale publique, la République, et même il fait pleurer une statue de Marianne, vous avez entendu ça. Ce qui est une allégorie assez singulière. Mais Marianne elle n'était pas dans la salle d'audience", insiste-t-il. Avant d'asséner : "Quatre ans pour avoir fraudé, c'est assez incroyable en termes de jurisprudence."

 

 

 

 

 

 

Et d'ajouter : "On requiert aujourd'hui contre lui ce que parfois on ne requiert pas dans les crimes de sang." A ses côtés, le visage cramoisi, pétrifié par la peine réclamée, Patrick Balkany n'a pas dit un mot. Le procès reprendra lundi avec les plaidoiries de la défense. Il doit s'achever mercredi 19 juin.

 


14/06/2019
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Franceinfo - le jeudi 13 juin 2019

 

 

Gaza : raid israélien contre une position du Hamas après un tir de roquette

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

 

Ce nouvel accrochage entre Israël et le Hamas n'a pas fait de victimes

 

 

 

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L'armée israélienne affirme, jeudi 13 juin, avoir mené un raid contre une position du mouvement islamiste Hamas au pouvoir à Gaza, après le tir d'une roquette contre Israël depuis l'enclave palestinienne. Des avions de combat ont attaqué une "infrastructure souterraine" dans une base militaire du Hamas dans le sud de la bande de Gaza, a indiqué l'armée dans un communiqué.

 

 

Plus tôt dans la nuit de mercredi à jeudi, l'armée avait annoncé avoir intercepté une roquette lancée contre le territoire israélien depuis la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste. Le tir de roquette et le raid israélien n'ont pas fait de victimes, selon l'armée et une source de sécurité palestinienne.

 

 

 

Fermeture de la zone maritime de Gaza

Il s'agit du premier tir de roquette depuis Gaza depuis une flambée de violences début mai au cours de laquelle des centaines de roquettes avaient été lancées contre Israël, tuant quatre Israéliens. Les représailles aériennes israéliennes avaient fait 25 morts palestiniens.

 

 

Mercredi soir, l'armée israélienne a annoncé la fermeture de la zone maritime de la bande de Gaza, empêchant ainsi les pêcheurs de sortir en mer, suite à l'envoi de nouveaux ballons incendiaires depuis l'enclave palestinienne vers Israël. Israël avait déjà réduit mardi à six milles nautiques la zone de pêche autorisée à Gaza pour la seconde fois en une semaine en réaction à l'envoi de ces ballons.

 


13/06/2019
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Franceinfo - le samedi 8 juin 2019

 

 

Micro européen. L’insupportable menace d‘Ankara contre la République de Chypre

 

 

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Jose Manuel LamarquefranceinfoRadio France

 

 

Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, entre obstination et irréalisme. Ce vendredi 7 juin à Istanbul, il s'est dit prêt à défendre, "jusqu'au bout", les droits des chypriotes turcs en Méditerranée orientale

 

 

 

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Nicosie / Chypre, côté République de Chypre.  (PHILIPPE TURPIN / MAXPPP)

 

 

 

Depuis que les colonels grecs en 1974 ont tenté un coup d’état à Chypre, et qu’Ankara avait vivement réagit en envoyant ses troupes parachutistes, initiant ainsi la guerre chypriote entre les deux communautés grecque et turque, l’île vit sous une certaine tension. L'analyse de Thomais Papaioannou, correspondante de la télévision publique grecque et chypriote en France, et de José-Manuel Lamarque, dans ce nouveau numéro de Micro européen.

 

 

 

Il existe deux états

Au sud, la République de Chypre, reconnue au niveau international et membre de l’Union européenne, et au nord, un état seulement reconnu par Ankara, la République turque de Chypre du nord. En fait, c’est l’ensemble de l’île qui devrait être membre de l’Union européenne, mais la présence de l’armée turque au nord et la volonté d’Ankara de marquer sa présence, fait que l’île est toujours séparée en deux zones par une ligne appelée la "ligne verte". Les négociations de paix entre les deux parties de l'île, sous l'égide de l'ONU, sont dans l'impasse depuis 2017.

 

 

 

Le riche sous-sol marin chypriote

La zone économique exclusive (ZEE) de la République de Chypre est riche en gaz et hydrocarbures, et les activités de forage chypriotes vont s’intensifier, ce qui n’est pas du goût d’Ankara, une nouvelle fois. Ainsi Monsieur Erdogan tient aussi à mener des activités similaires, mais qui déborderaient sur la ZEE chypriote.

 

 

Mais comme les négociations quant à la résolution de la question chypriote n’ont pas abouti, faute de souplesse de la part d’Ankara, Erdogan demande expressément la suspension des exploitations de forages chypriotes tant que le dossier de la partition de l’île ne sera pas réglé.

 

 

Qui plus est, la République de Chypre a signé des contrats d’exploitation avec les compagnies française et italienne, Total et Eni. Une nouvelle fois, Ankara menace d’empêcher les navires de ces compagnies de pouvoir mener leurs campagnes d’exploitation.

 

 

 

Le droit souverain de la République de Chypre doit être respecté

Face à la position d’Ankara, l’Union européenne, par la voix de Michel Barnier, et Washington, demandent au gouvernement turc de respecter les droits souverains de la République de Chypre, et qu’Ankara s’abstienne de toute action illégale au regard du droit international. Mais Ankara fait la sourde oreille, et continue à vouloir, elle aussi, procéder à des forages bien au-delà de sa propre zone exclusive, débordant sur la zone de la République de Chypre.

 

 

Face à l’obstination turque, l’Union européenne se réserve de répondre de manière appropriée et pleinement solidaire avec la République de Chypre. En réponse, Ankara affirme qu’elle a des droits à faire valoir sur son plateau continental.

 

 

Qui plus est, la présence de la marine turque, souvent trop proche de la ZEE chypriote, n’est pas un gage de sagesse de la part des autorités turques. Aujourd’hui, il d’ailleurs fortement question de l’implantation d’une base navale française dans le sud de la République de Chypre, et les autorités de la République de Chypre sollicitent la présence de la Marine nationale française, autant pour protéger les navires de forage français, voire italiens.

 

 

 

Le grand déstabilisateur de la Méditerranée orientale

À n’en pas douter, Recep Tayyip Erdogan est le grand déstabilisateur de la Méditerranée orientale. Autant il préoccupe les autorités européennes quant à son attitude envers la République de Chypre, autant face à l’Europe, il sait bien manier le chantage en menaçant de lever ses barrières frontalières et laisserait une nouvelle fois entrer de nombreux migrants sur le territoire de l’Union européenne.

 

 

Mais, ce qui déplaît beaucoup aussi au président turc, ce sont les accords énergétiques de la République de Chypre avec Israël et l’Égypte. L’Égypte a signé, jeudi 6 juin, un accord avec la République de Chypre pour l'installation d'un câble sous-marin de 310 kilomètres entre les deux pays afin d'exporter de l'électricité en Europe.

 

 

Ainsi la République de Chypre deviendrait une plateforme majeure pour le transport d'électricité de l'Afrique à l'Europe. Face à l’escalade des tensions, la République de Chypre se voit assurée du soutien de l’Union européenne par le biais de la France, ainsi que du soutien de Washington.

 

 

 

Quel avenir pour l’île de Chypre ?

Stratégiquement, Chypre est déjà une sorte de porte-avion avancé européen en Méditerranée orientale. Deux bases anglaises sont présentes sur le territoire de la République de Chypre, et cette dernière a toujours été un pivot fort important concernant la diplomatie européenne, face aux crises terroristes du Moyen Orient jusqu’en Afghanistan, et une terre d’accueil, tant pour les opérations humanitaires de réfugiés que de zone de passage pour les armées européennes, dont l’armée française.  

 

 

Aujourd’hui, la position intransigeante d’Ankara tient plutôt d’un aveuglement incompréhensible, car la non-résolution de la question chypriote représente pour Ankara une dépense énorme quant au maintien de troupes turques dans la partie nord de l’île. Présence aujourd'hui inutile, fort coûteuse pour la Turquie, car les deux communautés civiles grecque et turque arrivent dorénavant à communiquer, et il est beaucoup à espérer de la jeunesse chypriote turque.

 

 

Plus d'infos sur Chypre avec les essais de Charalambos Petinos parus aux éditions de  L'Harmattan

 


10/06/2019
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Franceinfo - le samedi 8 juin 2019 - 30e samedi

 

 

"Gilets jaunes" : faible mobilisation pour le 30e samedi avec 10 300 manifestants dans toute la France

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

A Montpellier, où un appel national à manifester avait été lancé, plus de 2.000 personnes se sont mobilisées, selon la préfecture

 

 

 

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Des "gilets jaunes", le 8 juin 2019, à Montpellier (Hérault).  (PASCAL GUYOT / AFP)

 

 

 

Le mouvement des "gilets jaunes" a enregistré une faible mobilisation, samedi 8 juin, avec 10 300 manifestants dans toute la France selon le ministère de l'Intérieur. Les "gilets jaunes", qui contestent les chiffres officiels, ont comptabilisé 19 654 personnes dans les rues. 

 

 

Ce 30e samedi de manifestation est l'un des plus faibles en termes de mobilisation, depuis le début du mouvement. Il enregistre toutefois une légère hausse par rapport au samedi précédent, où 9 500 manifestants avait défilé dans les rues, selon le ministère de l'Intérieur. 

 

 

 

Seize interpellations 

A Montpellier (Hérault), où un appel national à manifester avait été lancé, plus de 2.000 personnes se sont mobilisées, selon la préfecture. Ils étaient 5 000 selon les "gilets jaunes". Dès le départ du cortège, des heurts ont éclaté avec les forces de l'ordre, qui ont usé massivement des gaz lacrymogènes pour repousser les manifestants, ainsi que de canons à eaux, dans des rues très fréquentées.

 

 

Les heurts ont fait une dizaine de blessés légers parmi les manifestants et les forces de l'ordre. "On ne déplore aucun blessé grave malgré le degré de violence important des manifestants venus chercher la confrontation", a commenté la préfecture.  Seize personnes ont été interpellées.

 


10/06/2019
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Franceinfo - le lundi 3 mai 2019

 

 

En quinze ans, Paris s'est enrichi, mais sa région s'est appauvrie, révèle une étude

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

L'Ile-de-France est le territoire le plus inégalitaire de France, montre une étude sur la trajectoire des revenus de ses habitants entre 2001 et 2015

 

 

 

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Une vue de Paris avec la colonne de Juillet, érigée sur la place de la Bastille. (GARDEL BERTRAND / HEMIS.FR / HEMIS.FR / AFP)

 

 

 

Une ville-capitale de plus en plus riche, dans une région qui se paupérise. L'Ile-de-France est le territoire le plus inégalitaire de France, montre une étude sur la trajectoire des revenus de ses habitants entre 2001 et 2015.

 

 

Intitulée "Gentrification et paupérisation au cœur de l'Ile-de-France", cette enquête de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme (IAU) souligne les inégalités croissantes dans cette région où vivent 12 millions d'habitants (18,8% de la population française) et qui produit près d'un tiers de la richesse du pays. Si les cadres et les ménages aisés y sont surreprésentés, la pauvreté y est aussi la plus prégnante : en 2015, le taux de pauvreté a grimpé à 15,9% (un point de plus que la moyenne française), contre 12,3% neuf ans plus tôt. Passage en revue des enseignements de ce rapport.

 

 

 

Paris et l'Ouest "s'embourgeoisent"

L'étude met en exergue la "polarisation sociale" de la région : d'un côté Paris (2,2 millions d'habitants) et les Hauts-de-Seine (1,6 million d'habitants), départements les plus aisés du pays, continuent à "s'embourgeoiser". De l'autre, la Seine-Saint-Denis, le territoire le plus pauvre. "La richesse est plus marquée, plus concentrée que la pauvreté. Les riches vivent plus entre eux que les pauvres", note Mariette Sagot, la démographe auteure du rapport.

 

La "différenciation sociale reflète surtout le marché immobilier". Pour Martin Omhovère, directeur du département habitat à l'IAU, dans un contexte de flambée des prix des logements, "seuls le parc social et la loi SRU", qui impose aux villes des objectifs de construction de logements sociaux, "restent les garants de l'accueil des ménages modestes dans le centre" de l'agglomération.

 

 

"Gentrification" dans le Nord-Est

Paris n'échappe pas au phénomène de "gentrification" observé dans de nombreuses capitales, qui se traduit par l'arrivée de cadres dans des quartiers populaires, entraînant ainsi une baisse de la pauvreté. A Paris comme ailleurs, c'est le renchérissement des prix du logement qui exclut progressivement les plus modestes des quartiers centraux.

 

 

L'IAU observe que les cadres sont de plus en plus nombreux à s'installer dans les arrondissements mixtes de l'Est et du Nord-Est (notamment dans le 18e arrondissement) et dans certains quartiers de communes "mixtes" voisines de la capitale (Colombes, Malakoff, Les Lilas, Arcueil, Fontenay-sous-Bois...). La gentrification touche aussi par capillarité quelques rares quartiers de communes pauvres (Clichy, Saint-Ouen).

 

 

Mais dans de nombreuses villes de la première couronne, l'arrivée progressive de cadres ne parvient pas contrebalancer la paupérisation globale de la population. C'est le cas à Montreuil, Pantin, Bagnolet, Bagneux, Ivry ou Villejuif. Conséquence : l'émergence de "contrastes sociaux très importants" dans ces villes, qui cumulent un gros parc HLM et des logements anciens dégradés.

 

 

 

Les villes pauvres, toujours plus pauvres

L'étude montre en parallèle un appauvrissement des secteurs les plus modestes et une baisse du pouvoir d'achat dans la moitié des communes pauvres, majoritairement concentrées en Seine-Saint-Denis et, dans une moindre mesure, dans le Val-de-Marne. Si un tiers des villes pauvres s'inscrivent dans "une trajectoire de rattrapage modéré", "dans 44 communes, où vivent 15% des Franciliens, le revenu médian a baissé", souligne son auteure.

 

 

A noter toutefois, quelques villes pauvres de grande couronne ont réussi à inverser la vapeur, en "utilisant le levier de la construction" (Chanteloup-les-Vignes, Saint-Ouen-l'Aumône), ou en diversifiant l'offre de logements grâce à des programmes menés par l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (Meaux, Persan, Mantes-la-Jolie).

 

 

Un mieux dans les territoires "périphériques"

Alors que le conflit des "gilets jaunes" a amené à opposer "souvent de façon caricaturale" deux France, celle des métropoles "qui gagnent" et de la périphérie "qui perd", l'étude de l'IAU montre au contraire que la situation financière des ménages s'améliore dans les secteurs péri-urbains de grande banlieue. L'auteure parle de "moyennisation" des territoires périphériques.

 

 

En quinze ans, la pauvreté a ainsi sensiblement baissé dans les Yvelines et en Seine-et-Marne, département d'origine de certaines figures marquantes de ce mouvement social. Même si les cadres sont moins nombreux qu'auparavant à venir s'y installer.

 


03/06/2019
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Franceinfo - dimanche 2 juin 2019

 

 

Condamné pour terrorisme, un Franco-marocain déchu de sa nationalité française

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

La déchéance de nationalité est impossible si elle a pour effet de rendre apatride, ou pour les personnes nées avec la nationalité française

 

 

 

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Mohamed el Hafiani, 36 ans, avait été condamné en 2014 à cinq années de prison pour avoir voulu rejoindre des jihadistes en Afghanistan.  (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

 

 

 

Une décision rare. Un homme franco-marocain, condamné pour avoir voulu rejoindre des jihadistes en Afghanistan, s'est vu retirer sa nationalité française, selon un décret publié au Journal officiel mercredi 29 mai, repéré par l'hebdomadaire Le Point.

 

 

Mohamed el-Hafiani, 36 ans, avait écopé en 2014 de cinq années de prison. Il avait été arrêté au Pakistan en 2012 en compagnie de deux autres Français et renvoyé en France un an plus tard.

 

 

Lors de leur interpellation, les trois hommes étaient accompagnés de Naamen Meziche, un Franco-algérien considéré comme un cadre historique d'Al-Qaïda, et condamné en 2018 à 14 ans de réclusion pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

 

 

 

Treize déchéances prononcées depuis 1996

La déchéance de nationalité est possible pour les individu ayant "acquis la qualité de Français" et uniquement pour des motifs spécifiques, notamment avoir été condamné pour trahison ou terrorisme. Dans ces cas, la déchéance n'est encourue que si les faits reprochés se sont produits dans un délai de quinze ans après l'acquisition de la nationalité.

 

 

Entre 1996 et 2016, seules 13 déchéances de nationalité ont été prononcées pour terrorisme, dont cinq en 2015, selon des chiffres du ministère de l'Intérieur. La déchéance de nationalité est en revanche impossible si elle a pour effet de rendre apatride, ou pour les personnes nées avec la nationalité française.

 

 

Après les attentats de novembre 2015 à Paris, le président François Hollande avait souhaité l'extension de la déchéance de nationalité, suscitant un âpre débat. Après plusieurs mois d'invectives et de discussions houleuses, il avait finalement renoncé à cette révision constitutionnelle.

 


02/06/2019
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Franceinfo - le vendredi 31 mai 2019

 

 

Israël : pourquoi Benyamin Nétanyahou est fragilisé après la dissolution de la Knesset et l'annonce de nouvelles élections

 

 

 

Le Premier ministre a essuyé un revers cinglant en échouant à former une coalition de gouvernement. Il a préféré provoquer de nouvelles élections quelques mois à peine après le précédent scrutin. Du jamais vu en Israël

 

 

 

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Benjamin Netanyahu à la Knesset, le 29 mai 2019. (ILIA YEFIMOVICH / DPA / AFP)

 

 

 

Il s'est présenté à la presse les traits tirés. Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, est apparu abattu après son échec pour former une coalition de gouvernement qui l'a contraint à provoquer une dissolution du Parlement israélien, la Knesset. Il y aura donc, en septembre prochain, de nouvelles élections, quelques mois à peine après le précédent scrutin. Un échec cinglant et du jamais vu en Israël. Franceinfo vous explique pourquoi la situation du Premier ministre n'a jamais été aussi fragilisée. 

 

 

 

Il est incapable de former une coalition

Benyamin Nétanyahou n'a pas réussi, dans le délai imparti (avant mercredi minuit), à former une coalition avec les partis de droite plus ou moins centristes ou radicaux et les ultra-orthodoxes représentant les quelque 10% d'Israéliens observant rigoureusement les règles du judaïsme. Plutôt que de voir le président Reuven Rivlin donner sa chance à un autre, il a fait le choix d'initier de nouvelles élections en provoquant une dissolution de la Knesset. Un mois seulement après avoir prêté serment à la suite des législatives du 9 avril, les Israéliens retourneront donc aux urnes le 17 septembre.

 

 

Avec cette nouvelle impasse, Benyamin Nétanyahou prête encore davantage le flanc à l'accusation de s'accrocher à son poste coûte que coûte pour sauver sa peau. Depuis des mois, la presse rapporte les projets de Benyamin Nétanyahou et de ses alliés de faire adopter des textes prémunissant le Premier ministre contre les poursuites.

 

 

Le projet de loi d'immunité protégeant les députés en exercice est surnommée "loi française", en référence aux intouchables présidents de la République, rapporte Libération. Un autre texte propose une limitation des pouvoirs de la Cour suprême, qui ne pourrait plus annuler les décisions prises par la Knesset. Avec la perspective de ces nouvelles élections, la promulgation de ces lois est en suspens. Ce qui n'arrange pas les affaire du Premier ministre.

 

 

 

Il est inquiété dans trois affaires judiciaires

Ces lois devaient justement le mettre à l'abri, au moins temporairement contre les poursuites judiciaires qui le menacent. Le Premier ministre doit en effet être entendu par le procureur général d’Israël le 2 octobre, une quinzaine de jours après le prochain scrutin, en vue de sa future inculpation pour corruption, fraude et abus de confiance, dans trois dossiers.

 

 

>>Israël : ce qu'il faut retenir des menaces d'inculpation de Benyamin Nétanyahou, annoncées en pleine campagne électorale

 

 

La police soupçonne notamment le Premier ministre et des membres de sa famille d'avoir reçu pour un million de shekels (environ 245 000 euros) de cigares de luxe, bouteilles de champagne et bijoux de la part de richissimes personnalités, en échange de faveurs financières ou personnelles.

 

 

Les enquêteurs suspectent également Benyamin Nétanyahou d'avoir tenté de conclure avec le propriétaire du Yediot Aharonot un accord pour une couverture plus favorable de la part du plus grand quotidien israélien payant. En retour, le Premier ministre aurait évoqué avec Arnon Moses la possibilité de faire voter une loi qui aurait limité la diffusion d'Israel Hayom, un quotidien gratuit, principal concurrent du Yediot.

 

 

Enfin, le Premier ministre est soupçonné d'avoir tenté de s'assurer une couverture favorable de la part du site d'informations Walla, en contrepartie de faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq, principal groupe de télécommunications israélien. Ce dossier est présenté comme le plus dangereux pour Benyamin Nétanyahou.

 

 

 

Il a perdu l'appui d'un de ses alliés clés

Un revers intime. Benyamin Nétanyahou connaît bien Avigdor Lieberman, qui fut son mentor dans les années 1990 et son ministre à plusieurs reprises. Mais le chef du parti nationaliste et laïc Israël Beiteinou lui a refusé le vote de ses cinq députés, pourtant essentiels pour obtenir une majorité parlementaire. "Avigdor Lieberman fait à présent partie de la gauche", a lancé le Premier ministre, rapporte Le Monde

 

 

Le plan de route de Benyamin Nétanyahou a dérapé sur le vieil antagonisme entre laïcs nationalistes et ultra-orthodoxes, autour de l'exemption de service militaire dont bénéficient des dizaines de milliers d'étudiants des écoles talmudiques. Avigdor Lieberman s'est arc-bouté sur l'exigence d'une loi annulant l'exemption systématique des ultra-orthodoxes. Une "question de principe", a-t-il martelé. Une ligne rouge pour le camp d'en face. Avigdor Lieberman, dont le parti se bat pour rester en vie à chaque élection, a donc trouvé là de quoi s'assurer l'adhésion d'au moins une partie des nombreux Israéliens qui voient dans l'exception ultra-orthodoxe une injustice.

 

 

 

Il doit faire face à un sérieux concurrent

La précédente campagne électorale a fait émerger un challenger de poids : Benny Gantz, candidat aux couleurs de l'alliance Kahol Lavan (Bleu et Blanc). Agé de 59 ans, ce fils de rescapés de l'Holocauste, ancien parachutiste, ancien commandant d'une unité de forces spéciales et ancien chef d'état-major, s'est distingué lors de ce scrutin, le premier pour ce novice en politique. Pourtant, aujourd'hui, Benny Gantz menace l'indétrônable "Bibi", arrivé au pouvoir en mars 2009. Sa liste de centre-droit a obtenu trente-cinq sièges à la Knesset, soit autant que celle Benyamin Nétanyahou.

 


01/06/2019
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Franceinfo

 

 

"Ma ville est en train de changer" : aux européennes, le Rassemblement national s'est imposé sur les terres communistes de Tremblay-en-France

 

 

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Camille AdaoustMargaux DuguetFrance Télévisions

 

 

 

Franceinfo s’est rendu dans cette commune du nord de la Seine-Saint-Denis qui a placé Jordan Bardella en tête des élections européennes du 26 mai

 

 

 

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Les affiches pour les élections européennes sont collées devant la mairie de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), le 28 mai 2019. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

 

 

 

"Il est grand temps que la gauche et la droite se rendent compte de la dérive de la France", lâche Yvan, à la sortie du Carrefour Market de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis). Ce retraité de 72 ans nous avait pourtant opposé une fin de non-recevoir. "Je ne vous dirai pas pour qui je vote", avait-il esquivé, s'éloignant avec son caddie de courses plein à ras bord. Et puis, on a compris. Dimanche 26 mai, jour des élections européennes, Yvan a, pour la première fois, glissé un bulletin Rassemblement national dans l’urne, lui qui "soutenait le vote PCF" jusqu’à présent. Deux jours plus tard, le retraité ne regrette rien. "Je connais des jeunes qui ont préféré arrêter de travailler pour toucher les aides. On a fait une génération de fainéants", maugrée-t-il, tandis que les mots "incivilité", "laxisme" et "immigration incontrôlée" fusent.

 

 

Yvan rejoint la cohorte des électeurs RN qui ont donné à Jordan Bardella la première place dimanche. La jeune tête de liste du parti de Marine Le Pen, ancien secrétaire départemental de Seine-Saint-Denis, a réalisé à Tremblay-en-France 21,94% des voix, loin devant La République en marche (15,05%) et surtout La France insoumise (12,83%). Un paradoxe dans cette ville traditionnellement d'extrême gauche, qui a voté à 35% pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle et élu Clémentine Autain aux législatives. Le maire, François Asensi, réélu sans interruption depuis 1991, a eu sa carte du PCF jusqu'en 2010 avant de devenir un sympathisant du Front de gauche. Pour autant, le vote en faveur de l'extrême droite n'est pas une nouveauté. Aux élections européennes de 2014, le parti de Marine Le Pen avait même fait mieux en décrochant 28,26% des voix dans cette ville qui compte 35 000 habitants.

 

 

 

"Ça ne m'étonne pas que le RN soit en tête"

A Tremblay-en-France, il n'est donc pas rare de rencontrer des électeurs de longue date du Rassemblement national. Eric, croisé à la sortie du Lidl du nord de la ville, votait déjà pour Jean-Marie Le Pen. "Le RN, c'est un fruit que l'on n'a pas goûté, il faudrait le goûter, glisse ce boulanger de 47 ans. Et puis, il faut changer entre la droite et la gauche." Lorsqu'on lui fait remarquer qu'Emmanuel Macron a justement construit son succès sur le "ni droite ni gauche", la réponse jaillit immédiatement : "Tout ce que fait Macron, c'est de nous prendre pour des vaches à lait."

 

 

Si cet électeur n'a jamais fait défaut au Rassemblement national, d'autres ont été tenté d'abandonner le vote bleu marine. "Il y a eu un passage à vide après la présidentielle avec la défaite et le débat raté. Il a fallu rebondir", reconnaît Alain Mondino, le délégué RN de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis, qui englobe Tremblay. Rémy, contrôleur technique, a ainsi préféré voter blanc au second tour de la présidentielle, déçu par la prestation de la candidate frontiste lors du débat de l'entre-deux-tours. Convaincu par Jordan Bardella, il est revenu voter RN aux européennes. Pour une raison simple : "Il y a un ras-le-bol de tout. Ça ne m'étonne pas que le RN soit en tête."

 

 

Il n'y a rien qui marche actuellement, alors pourquoi ne pas aller voter pour les extrêmes ? Rémy à franceinfo

 

 

Ce vote RN est encore très contestataire à Tremblay. "Le Rassemblement national capitalise sur ce vote de colère et on n'arrive pas à sortir de ça", soupire Pierre Laporte, le responsable de La France insoumise dans la ville. "A part deux ou trois identitaires à Tremblay, les gens ont surtout peur du lendemain et cèdent à la thèse du 'grand remplacement'", analyse le maire François Asensi. Pourtant, la ville n'est pas la plus à plaindre en Seine-Saint-Denis. Le taux de chômage s'établit à 11,6% (contre 12,7% pour le département), le revenu mensuel médian y est de 1 630 euros (contre 1 289 euros dans le département) et la commune bénéficie surtout des retombées économiques de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle.

 

 

 

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Le maire de Tremblay-en-France, François Asensi, dans ses bureaux le 28 mai 2019. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

 

 

"Il y a eu un changement de population"

L'explication de l'ancrage du vote RN est plutôt à chercher du côté de l'évolution démographique de la ville et des mutations des différents quartiers. C'est dans les zones pavillonnaires, situées en périphérie du centre-ville, que se concentrent les bulletins pour Jordan Bardella. Depuis quelques années, les mouvements de population ont accéléré la poussée du RN dans ces zones. "Il y a 10 ou 15 ans, certaines familles du centre-ville [issues de l'immigration] ont eu accès au crédit et ont pu s'acheter un pavillon. Et ça ne plaît peut-être pas aux anciens habitants", tente de comprendre dans le local de son association Samir Souadji, à la tête d'Apart qui agit pour l'insertion professionnelle et l'accompagnement social de 500 jeunes dans le département.

 

 

 

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La ville de Tremblay-en-France, située en Seine-Saint-Denis. (NOEMIE CARON / FRANCEINFO / GOOGLE MAPS)

 

 

 

Le maire ne dit pas autre chose. "Il y a eu un changement de population. Des résidents des tours du Grand ensemble ont acheté des pavillons et depuis, il y a des non-dits", explique François Asensi, du haut de sa mairie construite dans les années 1970. Contrairement à d'autres villes du département, à Tremblay-en-France, les logements sociaux sont concentrés au cœur de la commune et les résidences individuelles construites en périphérie.

 

 

La cohabitation n'est pas toujours facile, cela se manifeste par des silences et dans les urnes. François Asensi à franceinfo

 

 

La section locale du Rassemblement national, qui compte pourtant moins d'une dizaine d'adhérents, n'a rencontré aucune difficulté sur le terrain.

 

 

On a été agréablement surpris de l'accueil des gens, ils nous félicitaient plus que lors des autres campagnes.Didier Boulain délégué adjoint du RN de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis

 

 

Cette enracinement du vote RN terrorise Anne. "Les résultats de dimanche m'ont fait très mal, c'est un parti qui me dérange", soupire cette professeure des écoles de 50 ans, qui vote socialiste. Mais elle n'est pas surprise par le vote de ses voisins. "Je suis dans la zone pavillonnaire, on a eu des voitures brûlées et mon mari a été agressé il y a un mois et demi, raconte-t-elle. Et ça, ça pousse les gens à voter RN."

 

 

 

"On a rendu service au Rassemblement national"

L'arrivée en tête du Rassemblement national à Tremblay-en-France s'explique aussi par un très fort taux d'abstention. Dans la ville, 64,83% des électeurs ne sont pas allés voter dimanche, un taux bien plus élevé que la moyenne nationale (49,88%). "L'abstention a plus touché certains quartiers", vient préciser le premier édile. Ceux du centre par exemple. "L'électorat habituel de La France insoumise, qui vit plutôt dans les quartiers populaires, ne s'est pas déplacé", commente Pierre Laporte. Dans le bureau de vote de l'école Rosenberg, au centre d'un groupe d'immeubles, seuls 20,4% des inscrits ont glissé un bulletin dans l'urne. "On a vu un désintéressement autour de ces européennes. C'est trop loin, ils ne se sentent pas concernés, estime Samir Souadji. Ces élections sont loin des problématiques des gens au quotidien."

 

 

 

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Samir Souadji, directeur de l'association Apart, à Tremblay-en-France le 28 mai 2019. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

 

 

 

Nejma est assistante de direction dans l'association Apart. Habitante de Tremblay-en-France "depuis toujours", la jeune femme de 23 ans est allée voter lors des élections présidentielle et législatives. Cette fois-ci, elle est restée chez elle, "comme beaucoup de gens de [son] entourage". "Le seul lien qu'on a eu avec ces élections, c'est les flyers dans nos boîtes aux lettres et l'affichage. Je n'ai pas compris l'importance qu'elles avaient", justifie-t-elle. Après avoir vu les résultats, elle "regrette" son choix.

 

 

Ma ville est en train de changer, elle est divisée, ça m'inquiète. Nejma à franceinfo

 

 

C'est ce que montrent en effet les résultats dans les différents bureaux de vote. Si dans les quartiers pavillonnaires, comme celui du Vert Galant, la liste de Jordan Bardella signe son plus haut score (27,08%) et écrase La France insoumise (11,26%), la tendance s'inverse dans le quartier du Grand ensemble. Au bureau de vote de l'école de Rosenberg, quelque 27,78% des habitants y ont voté pour Manon Aubry, contre 6,79% pour le Rassemblement national. Les affiches du parti de Marine Le Pen y sont déchirées. Mais cela ne suffit pas à replacer en tête l'extrême gauche à Tremblay-en-France.

 

 

 

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A Tremblay-en-France, la ville est divisée entre les zones pavillonnaires et les quartiers composés d'immeubles. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

 

 

 

Forte abstention, montée du Rassemblement national… Face à ces constats, élus, habitants et responsables associatifs l'affirment : les élections européennes serviront d'exemple. A suivre ou non. "On ne s'est pas mobilisé. C'est un faux pas, on a raté quelque chose et on a rendu service au RN", regrette Samir Souadji, qui organise habituellement des rencontres entre les politiques et les jeunes de Tremblay. Pour les municipales de 2020, il travaille déjà à augmenter leur taux de participation. "On va se bouger. Les jeunes, il faut aller les piquer !", dit-il. Nejma, elle, est déjà convaincue : "Pour les municipales, on ira voter, ça c'est sûr."

 

 

 

"Aux municipales, je voterai FN"

Pour quelle liste ? Des incertitudes planent encore. Car le maire, âgé de 73 ans, apprécié des habitants et présent depuis 40 ans dans la vie locale, n'est pas sûr de se représenter – il devrait annoncer sa décision fin septembre.

 

 

Le Rassemblement national s'est installé durablement dans le paysage. Pour les municipales, il se peut qu'il y ait une liste RN. François Asensi à franceinfo

 

 

S'il voit ces résultats aux européennes comme "un tremplin" pour le parti en Seine-Saint-Denis, Alain Mondino n'est pourtant pas sûr de présenter une liste en 2020. "A Tremblay, on n'aura pas de liste RN, mais on travaille à une alliance, un bulletin Les Républicains-Rassemblement national", avance-t-il.

 

 

 

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Alain Mondino et Didier Boulain, membre du Rassemblement national, à Tremblay-en-France le 28 mai 2019. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

 

 

 

Cette éventuelle alliance RN-LR compte déjà potentiellement deux votes. Louis et Louisa, 52 ans, habitants des quartiers pavillonnaires depuis 20 ans, sont en pleine réflexion. "J'ai changé de vote. Avant, on votait plutôt à gauche. Aux européennes, j'ai voté blanc. Aux municipales, je voterai FN", indique Louis, salarié du bâtiment, qui utilise encore l'ancien nom du parti. Le couple n'est pas forcément attaché aux idées du Rassemblement national – "j'aime beaucoup mon maire", affirme même Louisa, employée de la mairie – mais la transformation de la ville ne lui plaît pas. Et d'espérer : "Ça peut faire du bien, un peu de changement."

 


31/05/2019
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Franceinfo - le jeudi 30 mai 2019

 

 

Soupçons d'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine : Donald Trump affirme que Moscou l'a aidé à être élu, puis se rétracte

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

"Je n'avais rien à voir avec le fait que la Russie m'ait aidé à être élu", a tweeté le président américain avant de revenir sur ses propos

 

 

 

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Donald Trump, le 30 mai 2019, à Colorado Spring (centre des Etats-Unis).  (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)

 

 

 

Un lapsus révélateur ? Donald Trump a affirmé, jeudi 30 mai, pour la première fois, que la Russie l'avait aidé à être élu à la Maison Blanche en novembre 2016, avant de faire rapidement machine arrière.

 

 

"Russie, Russie, Russie ! C'est tout ce qu'on entendait au début de cette chasse aux sorcières. Et aujourd'hui, la Russie a disparu parce que je n'avais rien à voir avec le fait que la Russie m'ait aidé à être élu", a tweeté le milliardaire américain. Moins d'une heure plus tard, depuis les jardins de la Maison Blanche, il corrigeait le tir. "Non, la Russie ne m'a pas fait élire", lançait-il, avant de s'envoler pour le Colorado.

 

 

 

 

 

 

Ces propos contradictoires interviennent au lendemain de la première déclaration publique du procureur spécial Robert Mueller qui a mené à l'enquête sur les soupçons d'ingérence russe dans la campagne de l'élection présidentielle américaine. Le magistrat avait conclu qu'il était impossible d'inculper Donald Trump en raison des  règles en vigueur au département de la Justice.

 


31/05/2019
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Franceinfo - le lundi 27 mai 2019

 

 

Colis piégé à Lyon : le suspect avait réalisé des achats en ligne de produits permettant de fabriquer l'engin explosif

 

 

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franceinfoRadio France

 

 

Le suspect s'est procuré divers produits, dont de l'eau oxygénée et de l'acétone, permettant de confectionner le TATP, un explosif très instable utilisé dans l'attaque de Lyon

 

 

 

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(JEFF PACHOUD / AFP)

 

 

 

Parmi les éléments qui ont permis de remonter jusqu'au suspect de l'explosion d'un colis piégé à Lyon vendredi 24 mai, qui a fait 13 blessés légers, figurent plusieurs achats que l'individu a réalisés sur internet.

 

 

Selon les informations de franceinfo lundi 27 mai, l'homme s'est ainsi procuré divers produits, dont de l'eau oxygénée et de l'acétone, permettant de confectionner le TATP, un explosif très instable utilisé dans l'attaque de Lyon. Selon les informations de France 2, des piles ont également permis de remonter jusqu'à lui. Dans ce travail sur les débris de l'engin explosif, le travail de la police technique et scientifique a été déterminant.

Près de 300 appels téléphoniques exploités par les enquêteurs dans les heures qui ont suivi l'explosion du colis piégé, ainsi que les nombreuses heures de vidéosurveillance examinées, ont aussi contribué à retrouver l'individu.

 

 

 

Le suspect peu coopératif en garde à vue

L'individu qui a été placé en garde à vue lundi est un homme de 24 ans, né en Algérie. Il restait souvent chez lui, dans l'appartement familial d'Oullins, une commune située au sud-ouest de Lyon.

 

 

Le suspect a été présenté lundi par Gérard Collomb, le maire de Lyon, comme un étudiant en informatique dans une école lyonnaise. Mais, selon le directeur de l'établissement, joint par franceinfo, l'homme n'était que préinscrit. En 2017, il n'était pas allé au bout de son inscription à cause d'un problème de visa avec le consulat de France à Oran, en Algérie.

 

 

Selon les informations de franceinfo, le jeune suspect s'est montré très peu coopératif lors de ses premières heures de garde à vue. Ses motivations restent encore inconnues. Ses parents et son petit frère sont eux aussi interrogés par les enquêteurs. Leurs gardes à vue peuvent durer quatre jours.

 


28/05/2019
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