L'AIR DU TEMPS

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SAVOIR et DECOUVERTES


Franceinfo - le mardi 31 mars 2020

 

 

Coronavirus : une adolescente de 12 ans meurt du Covid-19 en Belgique

 

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Le chef de l'Etat veut "montrer la mobilisation exceptionnelle de notre industrie pour faire face aux besoins liés à la crise du Covid-19"

 

 

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Des soignants de l'hôpital Erasme de Bruxelles, le 27 mars 2020. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

"C’est un événement rare mais qui nous bouleverse."  Le Dr Emmanuel André, un des porte-parole des autorités sanitaires belges, a annoncé mardi 31 mars la mort d'une adolescente de 12 ans des suites du Covid-19. C'est la première fois qu'est rapporté le décès d'un enfant en Belgique, où 705 personnes au total sont mortes des suites du nouveau coronavirus, selon les chiffres officiels. Il s’agit de la plus jeune victime en Europe, après le décès en France de Julie, une jeune fille de 16 ans, et celui d’un enfant de 14 ans au Portugal.

 

 

 

Emmanuel Macron attendu dans une usine de masques. En pleine polémique sur le manque de moyens de protection pour lutter contre l'épidémie de coronavirus, le lieu n'a pas été choisi au hasard. Emmanuel Macron doit se rendre à Angers (Maine-et-Loire), mardi 31 mars en fin de matinée, pour visiter l'usine de masques de la PME Kolmi-Hopen. Le chef de l'Etat veut ainsi "montrer la mobilisation exceptionnelle de notre industrie pour faire face aux besoins liés à la crise du Covid-19", explique l'Elysée.

 

 

 

Nouveau record de décès en Espagne. L'Espagne a enregistré au total 8 189 décès liés au coronavirus. C'est 849 de plus que la veille, ce qui constitue le pire bilan sur une période de 24 heures. Le nombre de cas confirmés s'établit désormais à 94 417.

 

 

 

La barre des 3 000 morts franchie aux Etats-Unis. Le nombre de décès s'y établit à 3 008 morts, selon l'université Johns Hopkins, dont les chiffres, actualisés en continu, font référence. Le nombre de cas recensés passe à 163 429, selon l'université, faisant des Etats-Unis le pays le plus touché au monde. La barre des 2 000 morts avait été franchie samedi.

 

 

 

En France, le pire bilan quotidien. Avec 418 nouveaux décès en plus en 24 heures, la France a connu lundi son plus lourd bilan quotidien depuis le début de l'épidémie. Surtout, le bilan des morts a triplé en à peine une semaine, le seuil des 1 000 décès ayant été annoncé mardi dernier. 

 

 

 

Le confinement prolongé en Italie. Ce n'est pas encore demain que les 60 millions d'Italiens retrouveront la liberté de circuler normalement. Le gouvernement a annoncé que le confinement mis en place il y a trois semaines était prolongé "au moins jusqu'à Pâques", c'est-à-dire jusqu'au 13 avril. Une décision prise alors que 812 malades en plus sont morts dans le pays ces dernières 24 heures. 

 

 

 

Une séance de questions au gouvernement pas comme les autres. Mardi après-midi, il n'y aura qu'un seul représentant par groupe politique dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale. Objectif : maintenir cet exercice de contrôle du Parlement sur le gouvernement tout en assurant une sécurité sanitaire maximale. Le président de l'Assemblée, Richard Ferrand, a annoncé avoir pris cette décision en accord avec l'ensemble des groupes du Palais Bourbon.

 


31/03/2020
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Franceinfo - le mardi 31 mars 2020

 

 

Coronavirus : Jérôme Salomon, ce médecin dans l'ombre devenu le visage de la lutte contre le Covid-19

 

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Ilan CaroFrance Télévisions

 

 

 

Encore récemment inconnu du grand public, le directeur général de la santé intervient désormais presque chaque soir pour un point de situation. Il est devenu l'un des hérauts de la crise épidémique que connaît la France

 

 

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Le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, lors d'un point presse sur l'épidémie de coronavirus, le 30 janvier 2020 à Paris. (MAXPPP)

 

 

 

C'était il y a deux mois, mais déjà une éternité. Ce lundi 27 janvier, le visage rond et souriant de Jérôme Salomon est encore inconnu du grand public lorsqu'il apparaît en direct sur les chaînes d'info en continu. "Nous sommes fidèles à l'engagement de la ministre Agnès Buzyn de vous faire un point quotidien sur la situation de l'épidémie de coronavirus", introduit le directeur général de la santé devant les journalistes présents dans la salle. La France ne compte alors que trois cas confirmés de Covid-19 et la ministre de la Santé n'a pas encore remplacé Benjamin Griveaux dans la course à la mairie de Paris. Tous les tests effectués sur les cas suspects se sont révélés négatifs, se réjouit-il. Se doute-t-il alors que ce point de situation n'est que la première foulée d'un marathon dont personne ne connaît encore l'issue?

 

 

>> Coronavirus : confinement, masques, recherche... Retrouvez toutes les informations sur l'épidémie de Covid-19 dans notre direct

 

 

Tous les jours à 19h30, sa prise de parole est désormais attendue par des millions de Français confinés chez eux, guettant une lueur d'espoir. Les bonnes nouvelles, hélas, devront attendre. Chaque soir, Jérôme Salomon délivre les chiffres toujours plus alarmants des ravages de l'épidémie. Nombre de cas, nombre de morts... Mi-mars, le nouveau ministre de la Santé, Olivier Véran, suivi par la caméra de France 2, confiait être favorable "à ce qu'on arrête ce décompte tous les soirs", ce "côté sablier". Mais depuis que le confinement général a été instauré, il n'est plus question de supprimer ce point de repère quotidien. En deux mois, Jérôme Salomon est devenu à la crise du coronavirus ce que François Molins fut à la gestion post-attentats de 2015 : une figure familière et respectée.

 

 

"C'était un homme qui restait dans l'ombre, un peu effacé, un peu transparent. Mais la crise du coronavirus l'a révélé", estime Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français. Avec la précision d'un scientifique et l'austérité d'un haut fonctionnaire, mais aussi une certaine aisance oratoire, le quinquagénaire réussit l'exploit de rassurer en pleine catastrophe sanitaire.

 

 

 

Le numéro 2 officieux du ministère de la Santé

"Il est très pédago, comme il l'a toujours été. Il parvient à se mettre à la hauteur des gens", juge son ancien directeur de thèse, Didier Guillemot. Ses comptes-rendus, très factuels, sont aussi gage de sérieux face à une crise qui engendre son lot de fantasmes, de fake news et d'angoisses, mais aussi de légitimes interrogations sur la gestion de la crise par les autorités. En bon communiquant, Jérôme Salomon préfère éluder les questions parfois gênantes des journalistes, plutôt que de se lancer dans des explications qui pourraient mettre en porte-à-faux ses autorités de tutelle.

 

 

C'est quelqu'un de très consensuel, à l'écoute. Le contraire d'un bulldozer. Il met beaucoup de finesse dans les relations humaines. Didier Guillemot, l'ancien directeur de thèse de Jérôme Salomon à franceinfo

 

 

Dans le petit milieu des spécialistes de la santé publique, personne ne lui connaît vraiment de détracteurs. "Pour être l'ennemi de Jérôme, il faut un certain degré de paranoïa !", assure l'un de ses proches. Ce passionné de musique classique est particulièrement apprécié, parmi ses pairs, pour sa simplicité et sa grande gentillesse. "Jérome est un homme très calme, très résistant au stress, qui ne panique jamais devant une situation d'incertitude", observe le professeur William Dab, qui occupa la fonction de directeur général de la santé entre 2003 et 2005.

 

 

Le DGS, comme on le désigne plus souvent, occupe le rang officieux de numéro deux au ministère de la Santé. Son rôle : mettre en œuvre la politique définie par le ministre, faire fonctionner l'administration, ou encore coordonner les agences de santé (Santé publique France, l'Agence du médicament, l'Etablissement français du sang, les agences régionales de santé...). Sans oublier sa mission phare : la sécurité sanitaire. Heureux hasard dans la tragédie que vit le pays : Jérôme Salomon, nommé DGS il y a deux ans, est précisément un spécialiste des crises sanitaires.

 

 

 

Médecine, santé publique... et politique

Ce Parisien discret, né il y a 50 ans d'une mère institutrice et d'un père fonctionnaire de l'Assemblée nationale, détaille Le Monde, a usé les bancs de la fac de médecine à Paris V René-Descartes, dont il ressort en 1996 diplômé avec les félicitations du jury et une médaille d'argent. Brillant étudiant, il aurait pu choisir les spécialités les plus prestigieuses, mais c'est pour la santé publique, discipline peu prisée, qu'il se passionne. Sans renier les fondamentaux. "Les internes en santé publique ne s'occupent pas forcément des patients, certains font toute leur carrière dans l'administration. Mais lui est resté un clinicien dans l'âme", observe le professeur Christian Perronne, qui fut son chef au service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital de Garches (Hauts-de-Seine).

 

 

Son impressionnant CV, détaillé par le menu sur sa page Linkedin, atteste d'incessants allers-retours entre ses différentes casquettes. Président du syndicat national des spécialistes de santé publique, directeur des projets internationaux à l'Institut Pasteur, professeur associé au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), dans la chaire "hygiène et sécurité" de William Dab, président du groupe de travail sur la maladie de Lyme à la Haute Autorité de santé… Une palette plutôt rare, y compris parmi ses prédécesseurs au poste de DGS.

 

 

Il a cette particularité de combiner trois cultures : la médecine, la santé publique et la recherche épidémiologique. Didier Guillemot, l'ancien directeur de thèse de Jérôme Salomon à franceinfo

 

 

Mais si Jérôme Salomon en est arrivé là, c'est aussi grâce à une autre carte maîtresse : son expérience dans les cabinets ministériels, véritable accélérateur de carrière. Bien avant d'être appelé par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, en 2013 pour devenir son conseiller en charge de la sécurité sanitaire, Jérôme Salomon avait déjà rempli des fonctions similaires, en 1999 auprès de Dominique Gillot, secrétaire d'Etat à la Santé de Lionel Jospin, et surtout en 2001 au côté du médiatique Bernard Kouchner. Quand on l'interroge sur son ancien collaborateur, ce dernier cache mal sa nostalgie. "Jérôme, c'est mon élève, c'est mon bébé !", lance l'ancien ministre, des trémolos dans la voix.

 

 

 

Un réseau tissé chez les "Kouchner Boys"

En réalité, les deux hommes se sont connus une dizaine d'années plus tôt, lors du premier passage de Kouchner au ministère de la Santé, en 1992. Ils ne se sont jamais perdus de vue depuis. Auprès du "French Doctor", le jeune diplômé se retrouve en première ligne face aux menaces sanitaires du début des années 2000 : les suites de la crise de la vache folle, les (fausses) alertes aux enveloppes piégées à l'anthrax ou encore la mystérieuse épidémie de légionellose au sein du tout nouvel hôpital Georges-Pompidou, à Paris. Il se construit aussi un réseau. "C'était un cabinet extra. On se marrait, on s'aidait les uns les autres, nous étions liés par une amitié féconde que je n'ai jamais rencontrée ailleurs", se souvient Bernard Kouchner.

 

 

Parmi ces "Kouchner Boys" il y a d'abord le chef de bande, dont il est resté un proche : Didier Tabuteau, deux fois directeur de cabinet du ministre et premier patron, en 1993, de l'Agence du médicament nouvellement créée. Il y a aussi Martin Hirsch, lui aussi "dircab" de Kouchner avant de prendre la tête de l'Agence de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Vingt ans plus tard, le groupe a bien grandi. Martin Hirsch est devenu le puissant directeur de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Autres membres du cabinet de l'époque, Dominique Martin dirige aujourd'hui l'Agence du médicament, Emmanuelle Wargon est devenue secrétaire d'Etat à la Transition écologique, François Bourdillon a dirigé Santé publique France jusqu'en 2019…

 

 

Lorsqu'il est nommé DGS début 2018, Jérôme Salomon est donc en terrain connu. Et il aurait même pu viser plus haut. Car, dès 2016, cet ancien militant socialiste, admirateur de François Mitterrand et déçu par François Hollande, a pris le train de la macronie, comme conseiller santé du candidat d'En marche. Notes de synthèse, remontées de terrain, mise en relation, animation d'un groupe santé… Pendant quelques mois, Jérôme Salomon s'investit à fond pour son champion, au côté notamment d'Olivier Véran. "Après la victoire d'Emmanuel Macron, on était plusieurs à penser que Jérôme aurait pu être ministre de la Santé", relate aujourd'hui François Bourdillon. Son nom, comme celui de Véran, circule en effet parmi les favoris pour le poste, finalement empoché par Agnès Buzyn.

 

 

 

Une responsabilité en question

De cette période, un épisode resté confidentiel a resurgi à la faveur de l'épidémie de Covid-19. Comme l'ont révélé les "Macron Leaks", ces milliers d'e-mails de proches d'Emmanuel Macron piratés et rendus publics par WikiLeaks, Jérôme Salomon avait alerté le candidat à la présidentielle, quelques mois avant le scrutin.

 

 

La France n’est pas prête. Notre pays doit adapter ses organisations aux spécificités des crises majeures à venir et des nouveaux défis anticipés. Jérôme Salomon dans une note confidentielle adressée à Emmanuel Macron en 2016

 

 

Cette note, consacrée surtout aux risques terroristes, mais évoquant aussi tout "risque majeur, caractérisé par une faible fréquence de survenue, mais une énorme gravité", résonne cruellement à l'heure où la France se découvre en pénurie de masques de protection. Son alerte a-t-elle seulement été entendue ? Lui-même, au cabinet de Marisol Touraine puis à la tête de la DGS, n'a-t-il vraiment rien pu faire pour éviter une telle situation ? "J'espère qu'il n'a joué aucun rôle dans le fait qu'il n'y ait pas de masques en stock", avertit sévèrement Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France. "Quand il s'est rendu compte qu'il n'y aurait pas de masques FFP2 pour les médecins libéraux, il nous a baladés en nous disant que les masques chirurgicaux suffisaient, alors que ce sont de vraies passoires", s'emporte ce médecin infecté par le Covid-19.

 

 

Un collectif de médecins est même allé jusqu'à porter plainte contre Jérôme Salomon, qui selon eux s'est "abstenu de prendre les mesures qui auraient été de nature à endiguer l’épidémie" alors qu'il "avait une pleine conscience du péril auquel la France était confrontée". Une initiative qui met "très en colère" William Dab. "On individualise une situation qui est systémique", estime l'ancien directeur général de la santé, qui pointe plutôt les économies budgétaires imposées par Bercy depuis des années.

 

 

La DGS compte aujourd'hui une centaine de fonctionnaires en moins que lorsque je la dirigeais. Ce n'est quand même pas Jérôme Salomon qui a décidé de mettre 100 personnes à la porte. William Dab, ancien directeur général de la santé à franceinfo

 

 

Une fois l'épidémie stoppée, Jérôme Salomon comme de nombreuses autres personnalités seront sans doute amenées à s'expliquer devant les commissions d'enquête qui seront ouvertes à l'Assemblée nationale et au Sénat. "Jérôme portera probablement une partie de la responsabilité, pense un de ses compagnons de route. Mon sentiment, c'est qu'il a alerté, mais je ne suis pas certain qu'il ait été écouté."

 


31/03/2020
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Franceinfo - le lundi 30 mars 2020

 

 

Coronavirus : Royaume-Uni, Pays-Bas, Suède… Comment les pays du nord de l'Europe font-ils face à l'épidémie ?

 

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Si certains Etats ont adopté des mesures de confinement similaires à la France, d'autres appliquent des doctrines plus souples

 

 

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Au sol, un large autocollant indique la distance minimale d'1,5 m à respecter avec les autres pour se protéger du coronavirus, dans la gare principale d'Amsterdam (Pays-Bas), le 29 mars 2020. (EVERT ELZINGA / AFP)

 

 

 

Les pays du Nord sont-ils des modèles à suivre en matière de lutte contre l'épidémie de coronavirus ? A l'exception notable de la Suède, beaucoup ont adopté des mesures de confinement, plus ou moins strictes.

 

 

>> Coronavirus : suivez en direct toutes les informations sur la pandémie de Covid-19

 

 

Même les Pays-Bas pourraient prendre leurs distances avec sa stratégie de "l'immunité collective" (qui consiste à attendre que la population soit majoritairement contaminée et donc immunisée), si le nombre de cas croît trop fortement. Quant au Royaume-Uni, il a entamé un spectaculaire revirement sur le sujet. Passage en revue des stratégies adoptées par nos voisins septentrionaux.

 

 

 

Aux Pays-Bas : les écoles, bars et restaurants sont fermés

Le cap des 10 000 cas recensés a été franchi aux Pays-Bas. Le pays compte 11 750 personnes testées positives et 864 morts enregistrés, selon l'Institut néerlandais pour la santé publique et l'environnement (en anglais). La ligne officielle du pays a d'abord été, comme expliqué dans ce reportage de France 2, de favoriser le développement d'une immunité collective, plutôt que de confiner la population.

 

 

 

 

 

 

Pour l'instant, aucune interdiction de circuler n'a été décidée, mais les écoles, bars, restaurants, maisons closes et coffee shops sont fermés depuis le 16 mars. Depuis le 24 mars, les casinos ont fermé à leur tour. Les examens centraux de fin d'études, équivalent des épreuves du baccalauréat français, ont été annulés. Les lieux accueillant du public sont également fermés.

 

 

Tous les rassemblements publics et événements qui nécessitent une permission des autorités sont interdits jusqu'au 1er juin, à l'exception des mariages et funérailles à l'église. Enfin, les magasins et les services de transport public ont dû prendre des mesures pour que les usagers et clients respectent une distance de 1,5 mètre, sous peine d'amende. Si ce n'est pas suffisant, le Premier ministre Mark Rutte a averti qu'un confinement total de la population serait la prochaine étape. De nouvelles annonces sont attendues mardi 31 mars.

 

 

 

En Belgique : les déplacements limités à "l'essentiel"

En Belgique, le bilan de la pandémie a franchi le cap des 500 morts (513, lundi 30 mars, selon l'université Johns-Hopkins), pour près de 12 000 cas confirmés, selon les autorités sanitaires. En vigueur depuis le 18 mars, le confinement a été prolongé de deux semaines, jusqu'au dimanche 19 avril, avec un possible renouvellement jusqu'au 3 mai. La Première ministre Sophie Wilmès a confirmé, vendredi, que le télétravail devait être la norme dans le pays, et que tout déplacement "non essentiel" était proscrit, à l'intérieur du territoire comme au-delà des frontières. 

 

 

Depuis le 14 mars, écoles, cafés, restaurants et discothèques étaient déjà contraints de garder portes closes. Seules les crèches ont pu rester ouvertes. Outre les courses alimentaires ou à la pharmacie, restent autorisées les activités sportives et promenades en plein air, mais en groupe restreint, avec un ami ou avec les membres de sa famille vivant sous le même toit.

 

 

Marque de l'humour belge ? Pour inciter la population à se calfeutrer à Bruxelles dans une (relative) bonne humeur, la police diffusait une chanson de Claude François en patrouillant dans les rues : "Reste à la maison, même s'il y a le printemps qui chante…"

 

 

 

 

Allemagne : "les rassemblements de plus de deux personnes interdits"

Le pays a pris des mesures de confinement strictes. Angela Merkel a annoncé le 22 mars que "les rassemblements de plus de deux personnes dans l'espace public" seraient interdits en Allemagne pendant "au moins deux semaines". "Une distance minimale d'un mètre et demi devra être respectée en public", a ajouté la chancelière. Berlin a aussi décidé de fermer les écoles et les magasins, à l'exception des supermarchés et des restaurants fournissant des plats à emporter.

 

 

Le pays y joint une stratégie de dépistages massifs, similaire à celle de la Corée du Sud. Il multiplie les tests – entre 300 000 et 500 000 par semaine – et il place les malades en quarantaine pour empêcher une saturation de ses hôpitaux, où le personnel manque. Le gouvernement allemand étudie aussi la possibilité de suivre les endroits où se trouvent des personnes testées positives en employant la géolocalisation, comme en Corée du Sud. Avec 545 morts pour 63 079 cas recensés de contamination, selon l'université Johns-Hopkins, l'Allemagne affichait toujours, lundi 30 mars, un des taux de létalité du Covid-19 les plus bas en Europe

 

 

 

Le Royaume-Uni : la stratégie de l'"immunité collective" mise de côté

Un tournant remarqué. Il y a une semaine, Londres a rompu avec la théorie de "l'immunité collective" prônée au début de l'épidémie par le Premier ministre Boris Johnson, qui a, depuis, été contaminé. Le gouvernement a décrété, lundi 23 mars, un confinement général de la population pour au moins trois semaines, afin de tenter de freiner la propagation de l'épidémie. Celle-ci a déjà fait 1 228 morts et officiellement contaminé 19 522 personnes au Royaume-Uni, selon le bilan de l'université Johns-Hopkins.

 

 

Seuls les commerces de biens essentiels sont ouverts, et les Britanniques ne sont autorisés à sortir que pour faire leurs courses, se faire soigner ou faire de l'exercice une fois par jour. Dans une vidéo postée dimanche soir sur son compte Twitter, le Premier ministre Boris Johnson a remercié la population de se conformer à ces directives, en constatant que la fréquentation des trains et des bus avait chuté. Le Royaume-Uni veut aussi fortement augmenter la cadence des dépistages et tester jusqu'à 25 000 personnes par jour dans les prochaines semaines. L'épidémiologiste de l'Imperial College London Neil Ferguson, qui conseille le gouvernement, juge que le confinement devrait rester en place "probablement jusqu'à la fin mai, peut-être même début juin". 

 

 

 

Le Danemark : un confinement jusqu'au 13 avril

Le Danemark a prolongé jusqu'au 13 avril les mesures de confinement imposées le 11 mars sur le tout le territoire afin de lutter contre la diffusion du coronavirus. Ecoles, universités et crèches ont été fermées, tout comme les frontières, la plupart des commerces, les cafés et les restaurants. Les rassemblements de plus de dix personnes sont interdits. Le royaume scandinave de 5,8 millions d'habitants comptait 2 733 cas officiellement identifiés et 77 personnes mortes depuis le début de la pandémie.

 

 

 

La Suède : tout reste ouvert ou presque

Contraste saisissant avec le voisin danois : en Suède, tout reste ouvert ou presque. Ecoles, cafés et restaurants sont ouverts et les enfants encouragés à poursuivre leurs activités sportives. Stockholm a toutefois interdit, vendredi 27 mars, les rassemblements de plus de 50 personnes, après avoir interdit ceux de plus de 500.

 

 

Pour le reste, le gouvernement suédois se contente surtout de recommandations. Il appelle les citoyens à "prendre leurs responsabilités", à télétravailler si c'est possible, rester à la maison quand on est malade, pratiquer la distanciation sociale et ne pas sortir si on appartient à un groupe à risque ou qu'on a plus de 70 ans. A en croire les interviews diffusées par la BBC (en anglais), la mesure serait plutôt approuvée par la population. "Je pense que nous sortirons aussi longtemps que nous le pourrons", dit une jeune femme interrogée par la télévision publique britannique. En attendant, le pays compte 4 028 cas identifiés et 146 morts liées au Covid-19, lundi 30 mars, selon l'université Johns-Hopkins.

 

 

 

La Norvège : écoles fermées et interdiction de rejoindre sa résidence secondaire

La Norvège a annoncé, mardi 24 mars, l'extension jusqu'au 13 avril au moins des mesures, présentées par le gouvernement comme étant "les plus vigoureuses et les plus intrusives que nous ayons eues en Norvège en temps de paix". Les crèches, écoles et universités resteront fermées, de même que les bars et les restaurants. Les événements sportifs et culturels demeurent interdits.

 

 

Restent aussi en vigueur les contrôles frontaliers, l'interdiction d'entrée sur le territoire pour les personnes dépourvues d'un titre de séjour, celle de se rendre dans sa résidence secondaire, ainsi que la fermeture de lieux comme les piscines publiques, salles de gym et salons de coiffure. De nouvelles consignes ont été émises : limiter à cinq personnes les regroupements en plein air et respecter une distance minimale de deux mètres entre individus dans les espaces confinés (sauf membres d'une même famille ou d'un même foyer).

 

 

Le pays a mis en place un système de confinement assez souple, dans lequel les cas suspects ou positifs ne requérant pas d'hospitalisation doivent rester chez eux, mais le reste de la population peut encore sortir assez librement, les autorités invitant toutefois à limiter les contacts sociaux. Toute violation des règles relatives à l'isolement ou à la quarantaine est passible d'une amende de 20 000 couronnes (1 650 euros). Le pays compte actuellement 4 393 personnes testées positives au Covid-19 et 31 morts, selon les données de l'université Johns-Hopkins disponibles lundi 30 mars.

 


31/03/2020
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Franceinfo - le jeudi 19 mars 2020 - mis à jour le 31.03.2020

 

 

Coronavirus : nombre de décès par département, âge des malades, réanimations… Visualisez l'évolution de l'épidémie en France et en Europe

 

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Brice Le BorgneRobin PrudentFrance Télévisions

 

 

La pandémie liée au Covid-19 se répend en France et chez ses voisins européens depuis le mois de février. Retour sur l'évolution de ce virus, en cartes et infographies régulièrement mises à jour.

 

 

 

La pandémie liée au coronavirus a fait plus de 37 000 morts dans le monde. La France comptait 44 550 cas confirmés, mardi 31 mars, selon les données de Santé publique France. Pour suivre et comprendre l'évolution du virus au jour le jour, voici plusieurs cartes et infographies, qui seront régulièrement actualisées au fil des publications de nouveaux chiffres.

 

 

>> Coronavirus : suivez les dernières informations sur l'épidémie dans notre direct

 

 

 

Le Haut-Rhin compte le plus de décès

La France a franchi le seuil des 3 000 morts, le 30 mars. A l'échelon départemental, le Haut-Rhin et les départements d'Ile-de-France concentrent le plus de victimes. Cette carte, réalisée à partir des données de Santé publique France et mise à jour automatiquement, permet de visualiser les départements qui dénombrent le plus de décès.

 

 

 

 

 

 

Une évolution exponentielle du nombre de cas

En France comme ailleurs, le nombre de cas confirmés suit une croissance exponentielle. Il est néanmoins difficile de connaître l'ampleur exacte de la pandémie dans l'Hexagone, car les dépistages ne sont pas systématiques, et seuls sont publiés les chiffres des personnes testées positives au Covid-19.

 

 

 

 

 

De plus en plus de patients en réanimation

Plus précis que le nombre de cas dépistés, le nombre de personnes hospitalisées en réanimation est un autre indicateur pertinent pour étudier l'évolution de l'épidémie et sa gravité. En voici l'évolution depuis le 18 mars, pour les cinq départements où le nombre de patients en réanimation est le plus élevé.

 

 

 

 

 

35% des malades identifiés ont plus de 65 ans

Le bilan hebdomadaire publié par Santé publique France permet d'en savoir plus sur le profil des personnes testées positives au Covid-19, en réanimation ou décédées. Notamment leur âge : d'après les données du 24 mars, la majorité des cas confirmés (65%) ont moins de 65 ans, mais la majorité des personnes décédées (78,3%) ont plus de 75 ans.

 

 

 

 

 

Une flambée de nouveaux cas quotidiens en France et en Europe

Si la France est durement touchée par l'épidémie depuis quelques semaines, l'Italie a été le premier pays européen à connaître une forte croissance du nombre de cas confirmés, dès la fin février. Voici un graphique montrant les nouveaux cas confirmés chaque jour par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), en France, Italie, Espagne, Allemagne et Royaume-Uni. 

 

 

Ces tracés permettront de voir si les pays européens arrivent, à l'aide des mesures de restrictions de déplacements et de distanciation sociale, à "aplanir la courbe" du nombre de cas.

 

 

 
 
 

Une évolution inégale du nombre de morts dans chaque pays

On peut également observer l'évolution du nombre de décès cumulés liés au coronavirus. Dans le graphique ci-dessous, chaque pays apparaît à compter du jour du 10e décès déclaré, sur le modèle développé par le Financial Times (en anglais). Toutes les données sont issues de l'université Johns Hopkins, parfois complétées par des sources officielles nationales.

 

 

Certains pays, comme l'Italie et l'Espagne, sont plus durement touchés que le Japon ou la Corée du Sud. Cela tient notamment aux différentes mesures de confinement prises par chaque pays, ainsi qu'aux politiques de dépistage variables.

 

 

 

 

 

L'épidémie touche maintenant tous les continents

Vous pouvez circuler dans la carte ci-dessous, réalisée à partir des données de l'université Johns Hopkins, pour constater le nombre de cas confirmés partout dans le monde.

 

 

 

Dernière mise à jour : 26 mars 2020

 


31/03/2020
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Franceinfo - le lundi 30 mars 2020

 

 

Coronavirus : lunettes cassées, rage de dent... Que faire en cas d'urgence médicale bénigne pendant le confinement ?

 

 

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Des dérogations au confinement sont possibles pour les personnes souffrant de maladies chroniques et qui nécessitent des soins réguliers. Mais que faire, par exemple, quand on a cassé ses lunettes ?

 

 

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A l'hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le 25 mars 2020. (BENOIT DURAND / AFP)

 

 

 

Avec le confinement, les déplacements doivent se limiter au minimum. Si, pour les personnes souffrant de maladies chroniques et qui nécessitent des soins importants, le Premier ministre a précisé qu'il était évidemment autorisé de se déplacer pour raison médicale, qu'en est-il des "urgences bénignes", comme une cheville foulée ou une infection urinaire ? Franceinfo vous résume les recommandations sanitaires. 

 

 

>> Coronavirus : suivez l'évolution de la situation dans notre direct

 

 

 

Privilégier les téléconsultations

"Globalement, quand c'est possible, il faut privilégier les téléconsultations, indique auprès de franceinfo, la direction générale de la santé. Et si le médecin ne peut pas prendre en charge le patient à distance, il lui demandera de se déplacer, ce qui est autorisé pour raisons médicales." En revanche, il ne faut pas hésiter à aller aux urgences si votre état le nécessite, "dans le cas d'un bras cassé ou d'une rage de dent, par exemple." Par ailleurs, des dispositions particulières sont prises par les services d'urgences pour éviter au maximum les contacts entre patients. 

 

 

Depuis le début du confinement, la téléconsultation a été largement facilitée. Elle permet d'éviter les contacts, que ce soit avec le personnel soignant ou entre patients dans la salle d'attente. Rappelons également que ces consultations sont prises en charge par la Sécurité sociale et les mutuelles au même titre qu'une consultation classique. Elle coûte autant qu'en cabinet, soit 25 euros. Seule contrainte : la carte bleue est obligatoire et l'encaissement se fait directement en ligne via les plateformes.

 

 

 

Lunettes cassées : des opticiens de garde

Face à un confinement qui pourrait durer, les opticiens ont mis en place, dès le 25 mars, un dispositif inédit : il est désormais possible de faire appel à un "opticien de garde", sur le même modèle que les pharmaciens de garde le dimanche.

 

 

Le site urgenceopticien.fr recense les coordonnées de tous les opticiens en France qui se portent volontaires pour ce dispositif. Il permet de répondre à des situations d'urgence.

 

 

En revanche, il ne faut surtout pas se rendre directement sur place. Le porteur de lunettes qui a un problème doit solliciter un rendez-vous, en justifiant le degré d'urgence, avec une ordonnance et une pièce d'identité. Les professionnels reçoivent ensuite les clients avec le maximum de précautions sanitaires.

 

 

 

Les urgences dentaires toujours prises en charge

La continuité des soins dentaires d'urgence est assurée. Dans la mesure du possible, mieux vaut éviter de se déplacer aux urgences ou directement chez son dentiste. Et ne surtout, ne surchargez pas le 15. Si vous souffrez de vos dents, appelez votre praticien habituel.

 

 

En cas de nécessité, vous serez redirigé vers le centre de régulation (joignable directement au 09 705 00 205 si vous ne parvenez pas à joindre votre dentiste) qui vous indiquera un dentiste de garde. Ce dispositif a été mis en place par l'ordre des chirurgiens-dentistes, avec l'aval du ministère de la Santé, depuis le 20 mars : les soins dentaires sont gérés par des centres de régulation départementaux d'urgence bucco-dentaire.

 

 

"Il est demandé à tous les dentistes d'assurer un accueil téléphonique de leur cabinet tous les matins, portes closes s'ils sont sur place. Il leur est aussi imposé d'écouter les répondeurs et d'assurer la surveillance des boîtes mail des cabinets", indique auprès de Sud Ouest le docteur Alain Manseau, chirurgien-dentiste à Bordeaux, président du conseil départemental de l'Ordre national des chirurgiens-dentistes. 

 

 

 

La pilule disponible sans ordonnance 

Depuis dimanche 15 mars et jusqu'au 31 mai, les Françaises et les Français peuvent se voir délivrer leurs médicaments sans renouvellement d'ordonnance. Cette mesure, qui fait l'objet d'un décret paru au Journal officiel, comprend la pilule contraceptive pour les femmes. Néanmoins, il faut présenter son ancienne ordonnance.

 

 

Les pharmaciens sont invités à fournir au patient, "dans le cadre de la posologie initialement prévue", un nombre de boîtes suffisant pour permettre la poursuite de son traitement jusqu'à la fin du mois de mai. Les traitements seront remboursés dans les conditions habituelles.

 

 

"Le droit des femmes à disposer de leur corps est fondamental et ne saurait être remis en cause en temps de crise sanitaire, comme celle que nous connaissons aujourd'hui, a rappelé, mercredi, Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes. Aucune femme en France ne peut être empêchée d'accéder à la contraception, le gouvernement s'y engage."

 


30/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 27 mars 2020 - mis à jour le 28.03.2020

 

 

Fibrose pulmonaire, syndrome de stress post-traumatique... Quelles sont les séquelles pour les cas graves de Covid-19 ?

 

 

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Robin PrudentFrance Télévisions

 

 

 

Les personnes présentant de faibles symptômes ne semblent pas concernées par d'éventuelles séquelles liées au coronavirus, contrairement aux patients gravement atteints par la maladie et placés en réanimation

 

 

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Une personne atteinte du Covid-19 à l'hôpital Louis-Pasteur de Colmar (Haut-Rhin), le 26 mars 2020. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

 

 

 

Chaque jour, des centaines de personnes guérissent du coronavirus en France. Vendredi 27 mars, elles étaient 5 700 à être sorties des hôpitaux, victorieuses du Covid-19. "Et le nombre est probablement beaucoup plus important car plus de la moitié des cas confirmés d'infection Covid est à domicile, en ville, et non hospitalisés", a précisé le directeur général de la santé, Jérôme Salomon. Mais dans quel état se retrouvent ces personnes convalescentes ? La situation est très variable selon les cas. Et pour les personnes ayant eu les symptômes les plus graves, d'importantes séquelles ont déjà été détectées.

 

 

>> Suivez les dernières actualités sur le coronavirus dans notre direct

 

 

Ces observations doivent être prises avec prudence, tant le recul nécessaire à l'évaluation des séquelles manque encore aujourd'hui. Mais de premières études, notamment chinoises et italiennes, viennent nourrir les observations des professionnels de santé en contact avec les malades. Avec un premier constat : "Actuellement, on ne pense pas qu'il y ait de séquelles pour les personnes qui ont eu de faibles symptômes", explique à franceinfo le professeur Xavier Lescure, infectiologue à l'hôpital Bichat, à Paris, sans pour autant se montrer catégorique.

 

 

 

Un risque de fibrose pulmonaire

Les poumons sont en première ligne face au coronavirus. Pour bien s'en rendre compte, des chercheurs de l'hôpital universitaire George Washington, aux Etats-Unis, ont réalisé une vidéo en 3D de poumons sévèrement infectés par le Covid-19. On peut apercevoir le tissu pulmonaire endommagé en jaune, relève Le Parisien"Quand cette inflammation se réduit, elle laisse des cicatrices sur les poumons et crée des dégâts à long terme. Cela peut détériorer les capacités d'un patient à respirer dans le futur"précise le docteur Keith Mortman, chef du service de chirurgie thoracique dans cet hôpital.

 

 

 

 

 

 

Un avis partagé par plusieurs spécialistes. "Les experts chinois avec qui on est en contact disent que, pour les gens qui font des formes sévères, le risque, c'est la fibrose pulmonaire et une insuffisance respiratoire chronique", indique le professeur Xavier Lescure. Les poumons fibrosés peuvent notamment provoquer une forte gêne respiratoire pour les patients.

 

 

Les études autopsiques menées en France corroborent ce risque de séquelles aux poumons. "On voit que les personnes qui décèdent ont des grosses lésions liées à des inflammations pulmonaires", complète le professeur Xavier Lescure.

 

 

 

Des séquelles neurocognitives importantes

D'autres séquelles potentiellement très handicapantes sont observées par les spécialistes de santé. Celles-ci ne proviennent pas directement de l'action du virus sur l'organisme, mais des longs passages en réanimation que doivent subir certains patients pour survivre. "On observe des séquelles neurocognitives très impressionnantes à la suite de syndromes de détresse respiratoire aiguë", explique à franceinfo le professeur Jean-Michel Constantin, anesthésiste-réanimateur à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

 

 

Il faut dire que, pour les cas les plus graves, les périodes de réanimation peuvent être extrêmement longues, jusqu'à huit semaines, rappelle le docteur Jérôme Marty, médecin généraliste et président de l'Union française pour une médecine libre (UFML). "Vous vous retrouvez pendant trois semaines avec une machine qui respire pour vous, vous êtes endormis, vous êtes paralysés avec des curares [des anesthésiques]", explique à l'AFP Bertrand Guidet, chef du service de médecine intensive réanimation à l'hôpital Saint-Antoine, à Paris.

 

 

De quoi laisser de graves séquelles neurocognitives. Parmi elles, "le plus important, c'est le syndrome de stress post-traumatique", indique le professeur Constantin. "Tout cela est régressif mais il faut du temps, des années. Et on ne s'en remet pas de la même manière à 20 ans ou à 80 ans", prévient-il. Dans ces conditions, la réanimation peut être "déraisonnable", insistent les experts, notant que certains malades peuvent alors être orientés vers les soins palliatifs, afin de mourir sans souffrir

 


30/03/2020
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Franceinfo - le samedi 28 mars 2020 - mis à jour le 29.03.2020

 

 

Coronavirus : ce que l'on sait de la seconde étude du professeur Raoult, qui conclut à nouveau que la chloroquine est efficace contre le Covid-19

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

Le très médiatique infectiologue affirme avoir de nouvelles preuves que la chloroquine permet de soigner les patients atteints par le Covid-19. Il a mené un nouveau test sur 80 personnes et publie des résultats très concluants. Mais ses confrères restent sceptiques

 

 

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Le traitement testé par l'équipe du professeur Raoult consiste en une combinaison de chloroquine et d'antibiotique pulmonaire.  (GERARD JULIEN / AFP)

 

 

 

Malgré les critiques sur la méthodologie de sa première étude, le professeur Didier Raoult persiste dans ses recherches. Une seconde étude, publiée en ligne vendredi 27 mars par l'équipe du professeur en microbiologie, appuierait sa thèse selon laquelle la chloroquine (couplée à un antibiotique, l'azithromycine) est efficace dans la lutte contre l'épidémie de Covid-19

 

 

>> Coronavirus : confinement, attestation, recherche... Retrouvez toutes informations concernant l'épidémie de Covid-19 dans notre direct 

 

 

Spécialiste des maladies infectieuses à Marseille, Didier Raoult le proclame partout, après avoir testé ce médicament antipaludique sur 24 patients lors d'un premier essai. Selon lui, les trois quarts étaient guéris au bout de six jours. Si Olivier Véran, le ministre de la Santé, a donné son feu vert "pour qu'un essai plus vaste par d'autres équipes puisse être initié dans les plus brefs délais sur un plus grand nombre de patients", la communauté scientifique a critiqué la précipitation et la méthode du professeur Raoult, parce qu'elle manque de rigueur, selon elle. Franceinfo résume ce que l'on sait de cette seconde étude publiée par Didier Raoult. 

 

 

 

La chloroquine serait efficace uniquement associée à un antibiotique

Les 80 patients de cette nouvelle étude ont reçu une association de chloroquine et d'azithromycine, un antibiotique pulmonaire. Les observations ont été faites in vitro et in vivo. "Nous faisons la démonstration que la combinaison des deux traitements a un effet synergique qui inhibe totalement la réplication du virus", indique l'équipe de chercheurs. Selon eux, utilisés séparément, "l'hydroxychloroquine et l'antibiotique ont un effet faible ou nul sur la production virale".

 

 

Cette formule fait partie des cinq traitements testés actuellement dans le cadre de l'essai clinique européen Discovery. Il a été lancé dans plusieurs pays sur 3 200 patients – dont 800 cas graves en France. Toutefois, les premiers résultats ne sont pas attendus avant deux semaines.

 

 

Avant l'administration du traitement, les risques cardiaques des patients ont été contrôlés : la combinaison de plaquenil et d'azithromycine peuvent en effet les augmenter. Les patients ont ensuite été traités cinq jours après l'apparition des symptômes, qui en général se déclarent cinq à six jours après l'infection.

 

 

 

Sur 80 cas, 78 patients ont guéri (mais une majorité avait une forme bénigne du Covid-19)

"La majorité des patients (81,3 %) avaient des résultats favorables et sont sortis de notre unité avec de faibles scores infectieux. Seulement 15 % ont nécessité une oxygénothérapie", détaille l'étude. Parmi les 80 patients donc, 65 sont sortis sans aggravation de leurs symptômes. Douze ont dû être mis sous oxygène, mais ont également pu être guéris. Trois autres sont passés en unité de soins intensifs –deux sont désormais guéris, et un homme de 74 ans y est toujours. Un patient de 86 ans est décédé à son arrivée à l'IHU Méditerranée Infection. 

 

 

Cependant, la guérison des patients, même atteints d'une forme bénigne, peut être utile à la lutte contre l'épidémie puisqu'elle permet d'éviter la contagion et les complications. Le professeur Didier Raoult a par ailleurs toujours indiqué que la chloroquine n'était efficace qu'au premier stade de l'infection. 

 

 

 

Une méthode un peu plus rigoureuse

Critiqué pour son manque de rigueur lors de la publication de sa première étude, le professeur Didier Raoult a cette fois suivi davantage les recommandations méthodologiques – même si, cette fois encore, elle n'a pas été soumise à un comité de lecture scientifique avant sa parution sur le site Science Direct, reconnu comme sérieux par le milieu et qui met en accès libre des résumés d'articles scientifiques. 

 

 

L'exposé suit par ailleurs les règles éditoriales des publications scientifiques, "développant background, méthodes et procédures employées, résultats obtenus, débat contradictoire et tableau de références qui permettent à d'autres équipes de répliquer l'étude", analysent Les Echos

 

 

Il a été rédigé en anglais et cosigné par treize chercheurs de l'IHU Méditerranée Infection et de l'unité de recherche Mephi (Microbes Evolution Phylogénie et Infection) d'Aix-Marseille Université.

 

 

 

Aucune conclusion possible en raison de l'absence de groupe témoin

Principal défaut de cette étude (qui était aussi celui de la première étude du professeur Raoult) : aucun groupe de contrôle (ou groupe témoin) n'a été mis en place dans le cadre de l'essai clinique. Constitué de patients qui ne reçoivent soit aucun traitement, soit un placebo, ce groupe de contrôle permet de mesurer l'efficacité du traitement testé. Sans groupe de contrôle, il est difficile, voire impossible, d'établir une comparaison pour déterminer si c'est bien le traitement qui est à l'origine de l'amélioration.

 

 

Le professeur Didier Raoult et ses collègues ont tenté de pallier ce manque en comparant leurs résultats à d'autres études, parmi lesquelles une étude menée à Wuhan, la ville chinoise dans laquelle l'épidémie a débuté. Dans cet essai clinique, 28% des patients sont morts. Initialement publiée dans la très prestigieuse revue The Lancet, cette étude a été menée sur 191 patients en Chine et les critères d'admission des patients étaient nettement différents, puisqu'ils présentaient tous des formes sévères de la maladie et souvent des facteurs de comorbidité. Difficile dans ces conditions de comparer les taux de mortalité, et donc l'efficacité du traitement.

 

 

Echantillon de patients trop petit, pas de groupe de contrôle, protocoles scientifiques non respectés... Ce manque de rigueur a une nouvelle fois été pointé par l'OMS ainsi que par de nombreux médecins et chercheurs. "Non, ce n'est pas énorme, j'en ai peur", a ainsi tweeté le Pr François Balloux, de l'University College de Londres, en réponse à un tweet enthousiaste qui qualifiait "d'énormes" les conclusions de l'étude.

 


29/03/2020
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Franceinfo - le dimanche 29 mars 2020

 

 

L'amour au temps du coronavirus : en couple, séparés ou célibataires, vous nous avez ouvert votre cœur à l'heure du confinement

 

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Noémie LeclercqfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Comment s'aimer lorsqu'on reste enfermé chez soi ? A une période où tout semble être mis sur pause, franceinfo se plonge dans nos sentiments

 

 

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Comment aimer en étant confiné ? Vous nous avez raconté.  (Pierre-Albert Jausserand / Franceinfo)

 

 

 

La France est confinée depuis le mardi 17 mars. Une épreuve qui perturbe le quotidien et l'intimité de chacun. Dans ces conditions très particulières, des couples font l'expérience de la vie commune pour la première fois. Une révélation pour certains, un enfer pour d'autres. Il y a aussi les relations qui devaient se concrétiser, mais qui restent coincées au stade virtuel. Des amoureux, officiels ou extra-conjugaux, séparés par les circonstances. Ou bien encore ceux qui vivent ensemble mais ne se supportent plus et qui, pourtant, doivent composer avec l'autre pour un temps indéterminé.

 

 

>> Coronavirus : retrouvez les dernières informations sur l'épidémie de Covid-19 dans notre direct

 

 

Durant cette période historique, nos habitudes sont perturbées. Certaines vont disparaître, d'autres vont naître. Comment aime-t-on, comment drague-t-on en période de confinement ?

 

 

Autant de questions que nous vous posions dans un appel à témoignages. Vous avez été plus de 400 à y répondre, en moins de 24 heures. Sachez déjà que nous les avons tous lus, un à un. Des récits d'amoureux qui ont le confinement heureux, ou d'autres dont le cœur est brisé par la séparation, qu'elle soit choisie ou subie. Malheureusement, nous avons dû faire un choix pour n'en garder que quelques-uns et avons fait en sorte de prendre ceux qui, nous l'espérons, parleront au plus grand nombre. Bonne lecture !

 

 

 

Odette, 68 ans, en couple depuis 38 ans 

"J'ai eu deux cancers et maintenant je suis handicapée. Jean-Pierre, mon mari, s'est occupé et continue de s'occuper de moi pendant tout ce temps. Je lui dois la vie, c'est grâce à lui que j'ai tenu. C'est quelqu'un d'adorable – parfois un peu colérique, mais nous avons tous nos défauts, non ? –, de très attentionné. Et très bon cuisinier, en plus de ça ! Nous nous complétons bien : je suis très angoissée et lui, même dans des moments difficiles comme le confinement, garde le moral. J'ai une chance inouïe de l'avoir rencontré. Avec l'épidémie, les rôles s'inversent : comme c'est lui qui va faire les courses, j'ai très peur qu'il tombe malade.

 

 

Je savais déjà qu'il était mon bonheur, mais je m'en rends d'autant plus compte en ce moment. Odette à franceinfo

 

 

Une chose est sûre, s'il lui arrivait quelque chose, il irait à pieds joints au paradis. Mais j'espère bien mourir avant lui ! Alors, je fais extrêmement attention pour qu'il applique les gestes préventifs : lavage de mains minutieux obligatoire après être allé en courses. Nos habitudes n'ont pas changé : nous sommes à la retraite, nous sommes souvent ensemble. Mais nous faisons des efforts pour être plus souriants et à l'écoute que d'habitude aussi. Et surtout, nous nous disons encore plus souvent à quel point nous nous aimons."

 

 

 

Coline, 25 ans, célibataire et bien contente de l'être

"J'ai essayé deux applications de rencontre en début d'année. Ça a abouti sur deux rencontres dans la 'vraie vie', mais je me suis rapidement rendu compte que je n'avais ni l'envie, ni l'énergie pour m'investir dans une relation. Je suis donc célibataire, entièrement par choix, depuis mi-janvier.

 

 

Le confinement me rend on ne peut plus heureuse : vu que je reste chez moi, je ne me mets plus la pression en mode 'il faut que je ressemble à une personne civilisée et que je rencontre quelqu'un'. Coline à franceinfo

 

 

J'organise mes journées comme je veux, sans avoir à prendre en compte quelqu'un qui aimerait bien autre chose à la place, et c'est profondément libérateur. Quand je vois, sur les réseaux sociaux, les couples confinés ensemble, je suis contente pour eux si ça leur apporte une satisfaction, mais je sais que ce n'est pas pour moi en ce moment. Je ne regrette absolument pas de ne pas avoir cherché à ne pas être seule en cette période, au contraire : je me félicite d'avoir placé mon bien-être au premier plan plutôt que de chercher à répondre aux attentes de la société et aux injonctions à être en couple. Quand je ne télétravaille pas, je profite de mon temps pour me préparer de bons petits plats et laisser libre cours à ma créativité."

 

 

 

Eric, 42 ans, les difficultés de la famille recomposée

Nous aurions aimé être confinés ensemble, mais nos appartements respectifs sont trop petits pour accueillir cinq personnes à temps plein (moi et mes deux enfants, elle et son fils). Nous vivons donc séparément par la force des choses. Le manque est difficile et on ressent encore plus fort le besoin de se voir, de se câliner, de se réconforter et de se soutenir moralement. Nous avons tous les deux envie d'être là, d'être présent physiquement l'un pour l'autre.

 

 

Même si nous nous appelons beaucoup, rien ne remplace un sourire ou une caresse. Eric à franceinfo

 

 

S'ajoute à cela la frustration d'être si proches géographiquement (6 km à peine, 10 minutes en voiture) et à la fois si éloignés. Chaque jour ou presque je lui écris une lettre, en évoquant un souvenir commun, une anecdote amusante que nous avons vécue, quelques mots romantiques ou drôles. Pour garder une trace palpable de cette épreuve et de notre éloignement forcé, mais aussi car j'aime lui écrire et elle aime me lire. Une manière de conserver finalement un souvenir commun qui sera positif quand tout cela sera derrière nous."

 

 

 

Rachel, 45 ans, en couple mais seule

"Un sujet délicat a éclaté en dispute juste avant le confinement : notre emménagement commun, qui devait avoir lieu début mai. Vu comme c'est parti, le confinement peut remettre en cause notre emménagement – et pas seulement pour des questions pratiques. Pris par l'urgence de la situation, nous n'en parlons plus. Nous sommes confinés, ce n'est plus le sujet du moment. Pourtant, c'est un sujet primordial pour moi. Le fait que nous n'ayons même pas réfléchi à être confinés ensemble, même si cela semble compliqué, me semble aussi dire quelque chose de notre relation... Avec ce sujet, qui me reste en travers de la gorge, je n'arrive plus à répondre à ses appels.

 

 

Cette expérience met notre relation à l'épreuve de la réalité. Et la réalité, c'est que nous n'habitons pas ensemble. Rachel à franceinfo

 

 

Donc quand quelque chose d'aussi imprévu que le confinement arrive, notre relation est comme à l'arrêt, à cause d'un désaccord. Surmonterons-nous cette période à distance ? Cela me semble complexe."

 

 

 

Fabrice, 38 ans, accro aux SMS

"Nous venions de nous rencontrer quand le confinement a été déclaré. C'est très fusionnel ! Nous n'avons pas pu être ensemble pour vivre cette épreuve, alors nous compensons avec des SMS – plus de 200 chaque jour ! Le premier au réveil, le dernier dans un demi-sommeil, tard le soir. On se projette virtuellement. Nous évitons les appels et préférons les messages : comme notre relation est toute nouvelle, nous préférons cette option, moins intrusive, qui est libre de réponse. Nous échangeons des photos de notre quotidien, également. Certes, c'est un jeu de brainstorming pour se renouveler, et éviter les interprétations. Mais ça entretient la séduction des (tout) débuts.

 

 

Et bien sûr, il y a les sextos...Fabrice à franceinfo

 

 

C'est très rigolo car nos personnalités s'inversent complètement à ce moment : moi qui suis 'dans la vraie vie' très 'nature' et cash, je prends des pincettes et elle, douce et politiquement correcte, se lâche complètement ! Notre deuxième rendez-vous avait été génial, et on sait déjà que l'on se reverra à la fin du confinement."

 

 

 

Gisèle, 45 ans, retournée vivre avec son ex pour les enfants

"Depuis le début du confinement, je suis retournée vivre avec mon ex-mari. Comme nous nous entendons bien, ça nous a semblé plus simple pour la garde alternée de nos enfants. Evidemment, ce n'est pas toujours facile. Le fait que mon ex-mari ait une grande maison aide beaucoup. Et je fais partie des personnes qui vont au travail, étant salariée dans une entreprise qui fabrique du gel hydroalcoolique. Ça nous laisse respirer un peu. Quant à mon compagnon, la jalousie envers mon ex n'est absolument pas sujette à disputes : c'est acquis depuis des années que nous nous entendons bien.

 

 

Ça a été très compliqué au début, mais pour de tout autres raisons. Mon ex faisait partie de ces personnes qui ne respectaient ou ne comprenaient pas les consignes. Gisèle à franceinfo

 

 

Il s'y est mis petit à petit. Je dirais que, globalement, c'est une expérience extrêmement enrichissante et rare – du moins, j'espère !"

 

 

 

Carole, 44 ans, en couple depuis 25 ans

"En temps normal, mon conjoint et moi-même vivons à Annecy. J'ai rejoint mes parents dans le Jura (notre département natal) pour le confinement. Moi, j'aide mon père à m'occuper de ma mère, malade d'Alzheimer et qui n'y arrive plus depuis que les aides à domicile sont en arrêt. Mon conjoint est quant à lui chez ses parents, à quelques kilomètres de là. Bien que nous soyons proches, mon chéri me manque beaucoup. En temps normal nous vivons et travaillons ensemble 24h/24, puisque nous sommes indépendants. Au début du confinement, nous avons réussi à nous rejoindre à vélo, tous les deux jours, dans des endroits déserts de la petite ville où vivent nos parents. Nous avons déjà été séparés pour diverses raisons (voyages professionnels par exemple), mais ce que nous vivons est différent.

 

 

Ce confinement amène une autre dimension... plus angoissante et tragique, mais romantique aussi. Carole à franceinfo

 

 

Nous nous posons beaucoup de questions : 'Et si je ne pouvais plus jamais le revoir ? Et si l'un de nous deux tombait malade ?' Quand je l'attends lors de nos 'rendez-vous clandestins', je suis comme une adolescente. A la fois excitée de le retrouver et angoissée à l'idée d'être séparée de lui à nouveau. Désormais, nous allons certainement arrêter nos 'mini-retrouvailles' car nous souhaitons respecter le confinement. Ça va être très difficile. Mais nous nous aimons depuis plus de vingt-cinq ans et ce confinement renforce encore plus notre amour."

 

 

 

Annabelle, 24 ans, obligée d'éviter tout contact physique

"Je suis infirmière en réanimation néonatale. Mon conjoint est éducateur spécialisé, donc il travaille davantage depuis que les adolescents n'ont plus cours. Nous nous voyons encore moins qu'avant. Pour nous qui d'habitude partageons tout, c'est très compliqué : l'ambiance anxiogène donne lieu à des difficultés relationnelles. Et puis on doit forcément redoubler de précautions et éviter au maximum les contacts physiques : on se lave les mains encore plus que de besoin, on change de vêtements sur le pas de la porte en rentrant du travail, on ne boit plus dans le verre de l'autre comme ça pouvait nous arriver de le faire, on ne se fait qu'un bisou de temps en temps, sur le front… Je ne peux pas prendre le risque de transmettre le Covid-19 à mes petits patients, des bébés prématurés de 500 grammes ! Sachant que nous sommes moralement épuisés par nos boulots, c'est très compliqué."

 

 

On se sent un peu seuls alors que l'on vit ensemble. Annabelle à franceinfo

 


29/03/2020
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Franceinfo - le dimanche 29 mars 2020

 

 

L'amour au temps du coronavirus : en couple, séparés ou célibataires, vous nous avez ouvert votre cœur à l'heure du confinement

 

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Noémie LeclercqfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Comment s'aimer lorsqu'on reste enfermé chez soi ? A une période où tout semble être mis sur pause, franceinfo se plonge dans nos sentiments

 

 

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Comment aimer en étant confiné ? Vous nous avez raconté.  (Pierre-Albert Jausserand / Franceinfo)

 

 

 

La France est confinée depuis le mardi 17 mars. Une épreuve qui perturbe le quotidien et l'intimité de chacun. Dans ces conditions très particulières, des couples font l'expérience de la vie commune pour la première fois. Une révélation pour certains, un enfer pour d'autres. Il y a aussi les relations qui devaient se concrétiser, mais qui restent coincées au stade virtuel. Des amoureux, officiels ou extra-conjugaux, séparés par les circonstances. Ou bien encore ceux qui vivent ensemble mais ne se supportent plus et qui, pourtant, doivent composer avec l'autre pour un temps indéterminé.

 

 

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Durant cette période historique, nos habitudes sont perturbées. Certaines vont disparaître, d'autres vont naître. Comment aime-t-on, comment drague-t-on en période de confinement ?

 

 

Autant de questions que nous vous posions dans un appel à témoignages. Vous avez été plus de 400 à y répondre, en moins de 24 heures. Sachez déjà que nous les avons tous lus, un à un. Des récits d'amoureux qui ont le confinement heureux, ou d'autres dont le cœur est brisé par la séparation, qu'elle soit choisie ou subie. Malheureusement, nous avons dû faire un choix pour n'en garder que quelques-uns et avons fait en sorte de prendre ceux qui, nous l'espérons, parleront au plus grand nombre. Bonne lecture !

 

 

 

Odette, 68 ans, en couple depuis 38 ans 

"J'ai eu deux cancers et maintenant je suis handicapée. Jean-Pierre, mon mari, s'est occupé et continue de s'occuper de moi pendant tout ce temps. Je lui dois la vie, c'est grâce à lui que j'ai tenu. C'est quelqu'un d'adorable – parfois un peu colérique, mais nous avons tous nos défauts, non ? –, de très attentionné. Et très bon cuisinier, en plus de ça ! Nous nous complétons bien : je suis très angoissée et lui, même dans des moments difficiles comme le confinement, garde le moral. J'ai une chance inouïe de l'avoir rencontré. Avec l'épidémie, les rôles s'inversent : comme c'est lui qui va faire les courses, j'ai très peur qu'il tombe malade.

 

 

Je savais déjà qu'il était mon bonheur, mais je m'en rends d'autant plus compte en ce moment. Odette à franceinfo

 

 

Une chose est sûre, s'il lui arrivait quelque chose, il irait à pieds joints au paradis. Mais j'espère bien mourir avant lui ! Alors, je fais extrêmement attention pour qu'il applique les gestes préventifs : lavage de mains minutieux obligatoire après être allé en courses. Nos habitudes n'ont pas changé : nous sommes à la retraite, nous sommes souvent ensemble. Mais nous faisons des efforts pour être plus souriants et à l'écoute que d'habitude aussi. Et surtout, nous nous disons encore plus souvent à quel point nous nous aimons."

 

 

 

Coline, 25 ans, célibataire et bien contente de l'être

"J'ai essayé deux applications de rencontre en début d'année. Ça a abouti sur deux rencontres dans la 'vraie vie', mais je me suis rapidement rendu compte que je n'avais ni l'envie, ni l'énergie pour m'investir dans une relation. Je suis donc célibataire, entièrement par choix, depuis mi-janvier.

 

 

Le confinement me rend on ne peut plus heureuse : vu que je reste chez moi, je ne me mets plus la pression en mode 'il faut que je ressemble à une personne civilisée et que je rencontre quelqu'un'. Coline à franceinfo

 

 

J'organise mes journées comme je veux, sans avoir à prendre en compte quelqu'un qui aimerait bien autre chose à la place, et c'est profondément libérateur. Quand je vois, sur les réseaux sociaux, les couples confinés ensemble, je suis contente pour eux si ça leur apporte une satisfaction, mais je sais que ce n'est pas pour moi en ce moment. Je ne regrette absolument pas de ne pas avoir cherché à ne pas être seule en cette période, au contraire : je me félicite d'avoir placé mon bien-être au premier plan plutôt que de chercher à répondre aux attentes de la société et aux injonctions à être en couple. Quand je ne télétravaille pas, je profite de mon temps pour me préparer de bons petits plats et laisser libre cours à ma créativité."

 

 

 

Eric, 42 ans, les difficultés de la famille recomposée

Nous aurions aimé être confinés ensemble, mais nos appartements respectifs sont trop petits pour accueillir cinq personnes à temps plein (moi et mes deux enfants, elle et son fils). Nous vivons donc séparément par la force des choses. Le manque est difficile et on ressent encore plus fort le besoin de se voir, de se câliner, de se réconforter et de se soutenir moralement. Nous avons tous les deux envie d'être là, d'être présent physiquement l'un pour l'autre.

 

 

Même si nous nous appelons beaucoup, rien ne remplace un sourire ou une caresse. Eric à franceinfo

 

 

S'ajoute à cela la frustration d'être si proches géographiquement (6 km à peine, 10 minutes en voiture) et à la fois si éloignés. Chaque jour ou presque je lui écris une lettre, en évoquant un souvenir commun, une anecdote amusante que nous avons vécue, quelques mots romantiques ou drôles. Pour garder une trace palpable de cette épreuve et de notre éloignement forcé, mais aussi car j'aime lui écrire et elle aime me lire. Une manière de conserver finalement un souvenir commun qui sera positif quand tout cela sera derrière nous."

 

 

 

Rachel, 45 ans, en couple mais seule

"Un sujet délicat a éclaté en dispute juste avant le confinement : notre emménagement commun, qui devait avoir lieu début mai. Vu comme c'est parti, le confinement peut remettre en cause notre emménagement – et pas seulement pour des questions pratiques. Pris par l'urgence de la situation, nous n'en parlons plus. Nous sommes confinés, ce n'est plus le sujet du moment. Pourtant, c'est un sujet primordial pour moi. Le fait que nous n'ayons même pas réfléchi à être confinés ensemble, même si cela semble compliqué, me semble aussi dire quelque chose de notre relation... Avec ce sujet, qui me reste en travers de la gorge, je n'arrive plus à répondre à ses appels.

 

 

Cette expérience met notre relation à l'épreuve de la réalité. Et la réalité, c'est que nous n'habitons pas ensemble. Rachel à franceinfo

 

 

Donc quand quelque chose d'aussi imprévu que le confinement arrive, notre relation est comme à l'arrêt, à cause d'un désaccord. Surmonterons-nous cette période à distance ? Cela me semble complexe."

 

 

 

Fabrice, 38 ans, accro aux SMS

"Nous venions de nous rencontrer quand le confinement a été déclaré. C'est très fusionnel ! Nous n'avons pas pu être ensemble pour vivre cette épreuve, alors nous compensons avec des SMS – plus de 200 chaque jour ! Le premier au réveil, le dernier dans un demi-sommeil, tard le soir. On se projette virtuellement. Nous évitons les appels et préférons les messages : comme notre relation est toute nouvelle, nous préférons cette option, moins intrusive, qui est libre de réponse. Nous échangeons des photos de notre quotidien, également. Certes, c'est un jeu de brainstorming pour se renouveler, et éviter les interprétations. Mais ça entretient la séduction des (tout) débuts.

 

 

Et bien sûr, il y a les sextos...Fabrice à franceinfo

 

 

C'est très rigolo car nos personnalités s'inversent complètement à ce moment : moi qui suis 'dans la vraie vie' très 'nature' et cash, je prends des pincettes et elle, douce et politiquement correcte, se lâche complètement ! Notre deuxième rendez-vous avait été génial, et on sait déjà que l'on se reverra à la fin du confinement."

 

 

 

Gisèle, 45 ans, retournée vivre avec son ex pour les enfants

"Depuis le début du confinement, je suis retournée vivre avec mon ex-mari. Comme nous nous entendons bien, ça nous a semblé plus simple pour la garde alternée de nos enfants. Evidemment, ce n'est pas toujours facile. Le fait que mon ex-mari ait une grande maison aide beaucoup. Et je fais partie des personnes qui vont au travail, étant salariée dans une entreprise qui fabrique du gel hydroalcoolique. Ça nous laisse respirer un peu. Quant à mon compagnon, la jalousie envers mon ex n'est absolument pas sujette à disputes : c'est acquis depuis des années que nous nous entendons bien.

 

 

Ça a été très compliqué au début, mais pour de tout autres raisons. Mon ex faisait partie de ces personnes qui ne respectaient ou ne comprenaient pas les consignes. Gisèle à franceinfo

 

 

Il s'y est mis petit à petit. Je dirais que, globalement, c'est une expérience extrêmement enrichissante et rare – du moins, j'espère !"

 

 

 

Carole, 44 ans, en couple depuis 25 ans

"En temps normal, mon conjoint et moi-même vivons à Annecy. J'ai rejoint mes parents dans le Jura (notre département natal) pour le confinement. Moi, j'aide mon père à m'occuper de ma mère, malade d'Alzheimer et qui n'y arrive plus depuis que les aides à domicile sont en arrêt. Mon conjoint est quant à lui chez ses parents, à quelques kilomètres de là. Bien que nous soyons proches, mon chéri me manque beaucoup. En temps normal nous vivons et travaillons ensemble 24h/24, puisque nous sommes indépendants. Au début du confinement, nous avons réussi à nous rejoindre à vélo, tous les deux jours, dans des endroits déserts de la petite ville où vivent nos parents. Nous avons déjà été séparés pour diverses raisons (voyages professionnels par exemple), mais ce que nous vivons est différent.

 

 

Ce confinement amène une autre dimension... plus angoissante et tragique, mais romantique aussi. Carole à franceinfo

 

 

Nous nous posons beaucoup de questions : 'Et si je ne pouvais plus jamais le revoir ? Et si l'un de nous deux tombait malade ?' Quand je l'attends lors de nos 'rendez-vous clandestins', je suis comme une adolescente. A la fois excitée de le retrouver et angoissée à l'idée d'être séparée de lui à nouveau. Désormais, nous allons certainement arrêter nos 'mini-retrouvailles' car nous souhaitons respecter le confinement. Ça va être très difficile. Mais nous nous aimons depuis plus de vingt-cinq ans et ce confinement renforce encore plus notre amour."

 

 

 

Annabelle, 24 ans, obligée d'éviter tout contact physique

"Je suis infirmière en réanimation néonatale. Mon conjoint est éducateur spécialisé, donc il travaille davantage depuis que les adolescents n'ont plus cours. Nous nous voyons encore moins qu'avant. Pour nous qui d'habitude partageons tout, c'est très compliqué : l'ambiance anxiogène donne lieu à des difficultés relationnelles. Et puis on doit forcément redoubler de précautions et éviter au maximum les contacts physiques : on se lave les mains encore plus que de besoin, on change de vêtements sur le pas de la porte en rentrant du travail, on ne boit plus dans le verre de l'autre comme ça pouvait nous arriver de le faire, on ne se fait qu'un bisou de temps en temps, sur le front… Je ne peux pas prendre le risque de transmettre le Covid-19 à mes petits patients, des bébés prématurés de 500 grammes ! Sachant que nous sommes moralement épuisés par nos boulots, c'est très compliqué."

 

 

On se sent un peu seuls alors que l'on vit ensemble.Annabelle à franceinfo

 


29/03/2020
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Franceinfo - le samedi 28 mars 2020

 

 

Coronavirus : pourquoi deux semaines supplémentaires de confinement pourraient ne pas suffire à endiguer l'épidémie

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, vendredi, le prolongement de quinze jours de la période de confinement en France, soit jusqu'au 15 avril. Mais il existe de fortes chances que cette période soit à nouveau prolongée

 

 

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A Marseille, pendant le confinement, le 26 mars 2020.  (LAURENT LE CRABE / HANS LUCAS / AFP)

 

 

 

Deux semaines supplémentaires, "minimum". Suivant les recommandations du Conseil scientifique, le gouvernement a annoncé, vendredi 27 mars, la prolongation du confinement pour quinze jours, alors que 299 décès avaient été enregistrés pendant les dernières vingt-quatre heures, portant le nombre total de victimes en milieu hospitalier à 1 995.

 

 

>> Coronavirus : confinement, attestation, recherche... Retrouvez les dernières informations sur l'épidémie de Covid-19 dans notre direct

 

 

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a par ailleurs rappelé que les spécialistes estimaient qu'au total, au moins six semaines de confinement étaient nécessaires pour endiguer l'épidémie de Covid-19.

 

 

 

Parce que les premiers effets ne sont pas encore visibles 

"Nous sommes encore au début de la vague épidémique", a justifié Edouard Philippe vendredi. En effet, "on devrait voir les effets du confinement dans les quinze jours qui viennent", a estimé samedi sur franceinfo le virologue Bruno Lina, membre du Conseil scientifique créé par l’Elysée. Selon lui, "les quinze premiers jours étaient ceux sur lesquels il était encore trop tôt pour voir l’effet du confinement. Il était donc important d’aller au-delà", a-t-il jugé, estimant qu’on "ne peut pas faire moins" de quinze jours de prolongation.

 

 

Pour le responsable du Centre national de référence des virus des infections respiratoires aux hospices civils de Lyon (HCL), "le marqueur le plus important à suivre est celui des patients admis en réanimation". S'il est compliqué de compter de façon exhaustive les décès et le nombre de cas, certains n'intervenant pas à l'hôpital ou n'étant pas testés, "on sait à peu près quelle proportion de personnes infectées représentent les patients qui sont en réanimation." 

 

 

"On surveille donc de très près ce marqueur, de façon à ce qu’on puisse éventuellement voir une décroissance, qui serait un très bon signe." Or on en est loin pour le moment. Cette baisse ne peut pas intervenir durant les deux, voire les trois premières semaines de confinement : "On sait que, malheureusement, le séjour en réanimation des patients peut durer en moyenne, sur certaines formes, au-delà de deux semaines".

 

 

 

Parce que c'est la seule stratégie possible actuellement en France

"Le confinement est actuellement la seule stratégie réellement opérationnelle, l’alternative d’une politique de dépistage à grande échelle et d’isolement des personnes détectées n’étant pas pour l’instant réalisable à l’échelle nationale. Le confinement doit être strictement mis en œuvre et bénéficier d’une large adhésion de la population, comme ceci semble être le cas", indique le Conseil scientifique, dans son avis du 23 mars, disponible sur le site du ministère de la Santé

 

 

Pour le moment, aucun vaccin ni traitement contre le Covid-19 n'a été validé. Quant à une mise en quarantaine des personnes contaminées, qu'elles soient effectivement malades ou porteuses saines, elle n'est logistiquement pas possible puisque nous ne disposons pas de suffisamment de tests pour un dépistage massif à l'échelle nationale. 

 

 

 

Parce que le pic épidémique n'est pas encore atteint

"La vague épidémique qui déferle sur la France (...) est une vague extrêmement élevée et elle soumet l'ensemble du système de soins, l'ensemble du système hospitalier, à une tension redoutable", a insisté le Premier ministre. Etant donné que le pic épidémique n'est pas encore passé, les arrivées aux services de réanimation augmentent de jour en jour. Logiquement, si le confinement est respecté, le nombre de cas devrait cesser de croître à un moment, et le courbe épidémique s'aplanira. 

 

 

En Ile-de-France, "on pousse les murs partout pour accueillir le plus possible ces patients en réanimation [mais] il va falloir trouver des solutions", a averti auprès de l'AFP le professeur Bruno Riou, directeur médical de crise de l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) en appelant à de nouvelles évacuations. En Seine-Saint-Denis, les services de réanimation sont déjà plein. "Tous les jours, on ouvre des lits et tous les jours, ça se remplit", a confirmé, toujours auprès de l'AFP, Elie Azoulay, chef-adjoint du service de réanimation de l'hôpital Saint-Louis, un établissement passé de 20 à 50 lits de réanimation.

 

 

Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a annoncé, le 27 mars, une première évacuation dans le courant du week-end d'une quinzaine de patients en réanimation vers les établissements de la région Centre-Val de Loire. Il s'agit de soulager en particulier les hôpitaux de la grande couronne parisienne – même si, a-t-il précisé, "il y a encore des lits disponibles ce week-end" dans et autour de Paris : "L'Ile-de-France n'est pas saturée à ce stade" mais "on se met en situation d'anticipation", a-t-il insisté.

 

 

Ainsi, dans le Grand Est, un des principaux foyers de la maladie en France métropolitaine, un avion militaire a réalisé une nouvelle évacuation de six malades de Mulhouse vers Bordeaux. La veille, un transfert inédit par TGV médicalisé de patients vers le Centre et l'Ouest du pays, moins touchés, avait été effectué. D'autres évacuations seront conduites prochainement depuis la Bourgogne-Franche-Comté.

 

 

 

Parce qu'il y a un risque de seconde vague 

"Nous prévoyons que la transmission rebondisse rapidement si ces mesures sont relâchées", a estimé auprès de franceinfo un porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé. Il appelle à "rester vigilant même si le nombre de nouveaux cas annoncés diminue" car "il est beaucoup trop tôt pour dire que cette épidémie est maîtrisée".

 

 

Les villes chinoises les plus touchées sortent à peine de deux mois de confinement total. Et si les nouveaux cas locaux sont de plus en plus rares voire inexistants, les voyageurs de retour de l'étranger représentent un risque pour le pays, qui pourrait avoir à subir une seconde vague de contaminations. Et tous les Français bloqués à l'étranger ne sont pas encore rentrés.

 

 

Pour ressentir les effets du confinement à plus long terme, "il serait nécessaire d'appliquer par intermittence pendant de longs mois ces différentes mesures, allant de l'isolement de cas à la distanciation sociale, en passant par la fermeture d'écoles", selon une étude de Neil Ferguson, épidémiologiste à l'Imperial College de Londres, décryptée par le Huffington Post"Au moindre signe de retour d'un pic épidémique, des fermetures et des confinements devraient être à nouveau mis en place pour, encore une fois, endiguer la progression de l'épidémie, explique le site, en attendant d'avoir un vaccin pour en finir véritablement avec le nouveau coronavirus."

 


29/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 27 mars 2020 - mis à jour le 28.03.2020

 

 

les Etats-Unis deviennent le pays du monde à compter le plus de cas déclarés, avec plus de 100 000 personnes touchées

 

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Le pays a dépassé jeudi l'Italie et la Chine et sont devenus le pays du monde à compter le plus de cas déclarés d'infection au nouveau coronavirus

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

Les Etats-Unis, où le nombre de cas recensés de Covid-19 explose, ont dépassé vendredi 27 mars la barre des 100 000 personnes infectées, selon le comptage publié vendredi de l'université Johns Hopkins. Le pays a dépassé l'Italie et la Chine et est devenu le pays du monde à compter le plus de cas déclarés d'infection au nouveau coronavirus. Le nombre de morts reste toutefois moins important aux Etats-Unis que dans ces deux pays, avec un total de 1 544 décès. Suivez notre direct.

 

 

Près de 2 000 morts en France. L'épidémie a fait 299 décès en 24 heures en France, portant le bilan à 1 995 morts en milieu hospitalier, selon les chiffres annoncés vendredi par le directeur général de la santé. Après quasiment deux semaines de confinement, le pays compte 32 964 cas confirmés et 15 732 personnes hospitalisées, dont 3 787 en réanimation. Parmi ces personnes, un tiers ont moins de 60 ans et 42 personnes sont âgées de moins de 30 ans. "Près de 5 700 personnes sont sorties guéries de l'hôpital", contre 4 948 la veille, a précisé Jérôme Salomon. 

 

 

 Près de 1 000 morts en Italie en 24 heures. C'est un bilan qu'aucun pays au monde n'avait atteint jusqu'à présent. L'Italie a annoncé vendredi une hausse record de 969 morts du coronavirus en 24 heures, selon des données officielles de la Protection civile. Le nombre total de décès s'élève désormais à 9 134 dans le pays. 

 

 

La France confinée jusqu'au 15 avril. Ce n'est pas encore demain que les Français retrouveront une vie normale. Depuis l'Elysée, où il s'exprimait, Edouard Philippe a annoncé que la période de confinement pour lutter contre l'épidémie de coronavirus était prolongée de deux semaines, c'est-à-dire jusqu'au mercredi 15 avril. "Cette période pourra être prolongée si la situation sanitaire l'exige", a précisé le chef du gouvernement à la sortie du Conseil des ministres. 

 

 

Une prolongation "inévitable" en Italie aussi. Lors d'une conférence de presse organisée vendredi 27 mars, le directeur de l'Institut supérieur de la santé a estimé que la prolongation du confinement au-delà du 3 avril en Italie était "inévitable". Une option qui s'explique, selon Silvio Brusaferro, par le fait que le pays n'a pas encore atteint le pic de l'épidémie de coronavirus

 

 

Boris Johnson aussi. La liste des responsables politiques atteints par le coronavirus s'allonge. Le Premier ministre britannique a été testé positif à son tour. "Au cours des 24 dernières heures, j'ai développé des symptômes bénins", a tenu à rassurer Boris Johnson. Il s'est mis à l'isoloment mais il continuera de gouverner "par vidéoconférence". 

 

 

L'épidémie s'accélère en Espagne. Selon le dernier bilan communiqué par les autorités espagnoles, 769 personnes sont mortes du Covid-19 en 24 heures, contre 655 la veille. Ces nouveaux décès portent à 4 858 le nombre de morts dans le pays depuis le début de l'épidémie.

 

 

Des annonces samedi. Edouard Philippe a pris la parole pour remercier l'ensemble des professionnels qui luttent contre l'épidémie du coronavirus et qui font fonctionner le pays en période de confinement"Nous nous installons dans une crise qui va durer, il va falloir tenir", a-t-il prévenu, avant d'annoncer un point-presse le lendemain sur la situation et la stratégie du gouvernement pour les prochains jours. Y seront abordées "toutes les questions que les Français se posent légitimement", a-t-il promis.

 


28/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 27 mars 2020

 

 

Coronavirus : "Nous n'en sommes qu'au début de la vague épidémique", déclare le Premier ministre pour justifier la prolongation de deux semaines de la période de confinement

 

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Depuis l'Elysée, où il s'exprimait, Edouard Philippe a justifié ce choix car "nous n'en sommes qu'au début de la vague épidémique." 

 

 

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Le Premier ministre Edouard Philippe, le 17 mars 2020 à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

 

 

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

 

 

Ce n'est pas encore demain que les Français retrouveront une vie normale. Depuis l'Elysée, où il s'exprimait vendredi 27 mars, Edouard Philippe a annoncé que la période de confinement pour lutter contre l'épidémie de coronavirus était prolongée de deux semaines. C'est-à-dire jusqu'au mercredi 15 avril. "Cette période pourra être prolongée si la situation sanitaire l'exige. Je remercie les Français pour leur civisme, leur patience et leur solidarité. Je vous donne rendez-vous demain pour un point complet avec le ministre de la Santé, Olivier Véran", a précisé le Premier ministre à la sortie du Conseil des ministres. Suivez notre direct. 

 

 

 

Une prolongation "inévitable" en Italie aussi. Lors d'une conférence de presse organisée vendredi 27 mars, le directeur de l'Institut supérieur de la santé a estimé que la prolongation du confinement au-delà du 3 avril en Italie était "inévitable". Une option qui s'explique, selon Silvio Brusaferro, par le fait que le pays n'a pas encore atteint le pic de l'épidémie de coronavirus

 

 

 

Boris Johnson aussi. La liste des responsables politiques atteints par le coronavirus s'allonge. Le Premier ministre britannique a été testé positif à son tour. "Au cours des 24 dernières heures, j'ai développé des symptômes bénins", a tenu à rassurer Boris Johnson. Il s'est mis à l'isoloment mais il continuera de gouverner "par vidéoconférence". 

 

 

 

L'épidémie s'accélère en Espagne. Selon le dernier bilan communiqué par les autorités espagnoles, 769 personnes sont mortes du Covid-19 en 24 heures, contre 655 la veille. Ces nouveaux décès portent à 4 858 le nombre de morts dans le pays depuis le début de l'épidémie.

 

 

 

Des annonces samedi. Edouard Philippe a pris la parole pour remercier l'ensemble des professionnels qui luttent contre l'épidémie du coronavirus et qui font fonctionner le pays en période de confinement"Nous nous installons dans une crise qui va durer, il va falloir tenir", a-t-il prévenu, avant d'annoncer un point-presse le lendemain sur la situation et la stratégie du gouvernement pour les prochains jours. "Toutes les questions que les Français se posent légitimement", a-t-il promis.

 


27/03/2020
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Franceinfo - le vendredi 27 mars 2020

 

 

Coronavirus : ce que l'on sait de la mort de Julie A., 16 ans, la première victime mineure en France

 

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La jeune fille est morte dans la nuit de mardi à mercredi à l'hôpital Necker-Enfants malades, à Paris. Elle avait contracté une forme "sévère" du Covid-19

 

 

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L'hôpital Necker-enfants malades à Paris, le 23 mars 2020. (GILLES TARGAT / AFP)

 

 

 

C'est la première victime mineure de la maladie en France. Une adolescente de 16 ans, Julie A., est morte, dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 mars, des suites de l'épidémie de coronavirus. Le décès a eu lieu à l'hôpital Necker-Enfants malades, à Paris. Pour le directeur général de la santé, le professeur Jérôme Salomon, cette information qu'il a annoncée jeudi soir est "importante, puisque les formes sévères chez les sujets jeunes sont extrêmement rares". Que sait-on de ce drame ?

 

 

>> Coronavirus : suivez l'évolution de la situation dans notre direct

 

 

 

La jeune fille est originaire de l'Essonne

Cette adolescente était scolarisée dans un lycée de l'Essonne, selon les informations du Parisien. Elle a d'abord été hospitalisée à Longjumeau, dans le même département.

 

 

 

Au début, une "légère toux"

Les premiers symptômes semblent d'abord anodins, chez une jeune fille qui était en bonne santé. "Julie avait simplement une légère toux la semaine dernière. Cela a empiré ce week-end avec des glaires et, lundi, nous sommes allées voir un médecin généraliste. C'est là qu'on lui a diagnostiqué une détresse respiratoire. Elle n'avait pas de maladies particulières avant cela", raconte au Parisien sa sœur aînée, Manon.

 

 

Le samedi, Julie commence à ressentir des essoufflements. "Pas énorme, elle avait du mal à reprendre son souffle", se souvient sa mère Sabine, citée par Ouest-France. Les quintes de toux de sa fille l'amènent à la conduire chez un médecin.

 

 

Le généraliste constate une déficience respiratoire "acceptable ". Il appelle le Samu. En combinaison intégrale, les pompiers arrivent et emmènent la jeune fille vers l'hôpital le plus proche, à Longjumeau (Essonne). Sabine rentre chez elle. Lorsqu'elle appelle l'hôpital un peu plus tard, on lui parle d'un scanner, d'opacités pulmonaires, mais "rien de grave".

 

 

 

L'adolescente est transférée lundi à Necker

Les symptômes s'aggravent. Dans la nuit de lundi à mardi, Julie est transférée à Paris, à l'hôpital Necker-Enfants malades à Paris, puis admise en réanimation dans la journée de mardi. Ses deux derniers tests au Covid-19 sont négatifs, selon Ouest-France, alors que celui de l'hôpital de Longjumeau se révèle positif.

 

 

Mardi dans la soirée, Sabine, la mère de l'adolescente, qui était rentrée chez elle, reçoit un premier coup de fil de l'hôpital : l'état de santé de sa fille se dégrade, Julie va être intubée. A 0h30, mercredi, Sabine reçoit un nouvel appel de l'hôpital qui lui dit : "Venez, vite""J'ai paniqué, il y a des mots qui vous font comprendre", déclare-t-elle à l'AFP. Quand elle arrive à l'hôpital vers 1 heure du matin, sa fille est décédée. "On n'aura jamais de réponses, c'est invivable", confie Sabine à l'AFP.

 

 

 

Les obsèques auront lieu lundi, en cercle restreint

La famille doit désormais s'organiser pour les obsèques. "Le corps de Julie est dans la chambre mortuaire de l'hôpital Necker. Il n'en sortira pas avant l'enterrement prévu dans quelques jours. Par mesure de précaution, il n'y aura pas de cérémonie, seulement dix personnes seront présentes au cimetière", explique Ouest-France.

 

 

Les obsèques auront lieu lundi, complète Le Parisien. "Un autre instant de recueillement est d'ores et déjà prévu dans son établissement scolaire. Le jeudi 4 mai, pour la rentrée, espèrent ses camarades".

 

 

 

Les formes sévères chez les jeunes sont "rares"

Pour le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, l'information concernant la jeune fille est jugée "importante, puisque les formes sévères chez les sujets jeunes sont extrêmement rares". "Elles surviennent de temps en temps pour des raisons multiples. On le voit notamment dans certaines infections virales (avec) des formes extrêmement sévères exceptionnelles", a-t-il souligné.

 

 

Mais le professeur Bruno Riou, directeur médical de crise de l'AP-HP (hôpitaux de la région parisienne), explique que "même si la population des plus jeunes a un risque individuel extrêmement faible, avec le fait que la population touchée augmente, naturellement il y aura quelques patients très sévèrement atteints parmi les plus jeunes".

 


27/03/2020
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