L'AIR DU TEMPS

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SAVOIR et DECOUVERTES


Franceinfo - le mercredi 23 mai 2018

 

 

SNCF : 94,97% des votants contre la réforme du gouvernement, selon la consultation des cheminots organisée par les syndicats

 

 

Plus de 91 000 cheminots ont pris part au vote, ce qui représente un taux de participation de 61,15%

 

 

 

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Un agent de la SNCF à la gare Montparnasse, à Paris, le 14 mai 2018 lors d'une journée de grève. (DAN PIER / CROWDSPARK / AFP)

 

 

 

"Le gouvernement doit revoir sa copie." Le projet de réforme de la SNCF a été rejeté par 94,97% des cheminots ayant participé à la consultation organisée par l'intersyndicale, a indiqué le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Laurent Brun, lors d'une conférence de presse, mercredi 23 mai.

 

 

Plus de 91 000 cheminots ont pris part au vote, a-t-il précisé, ce qui représente un taux de participation de 61,15%. Cette consultation, qui n'a pas de valeur légale, a été rétrogradée au rang de "pétition" par la direction du groupe ferroviaire. Elle n'a "aucune légitimité" aux yeux du patron de la SNCF, Guillaume Pepy, "parce que la réforme dont on parle, c'est une réforme qui appartient au Parlement puisqu'il faut changer de loi".

 

 

Trois TGV sur cinq roulent ce mercredi

 

Cette annonce intervient lors du premier jour du 11e épisode de la grève lancée début avril par les syndicats CGT-Cheminots, Unsa ferroviaire et CFDT-Cheminots. SUD-Rail, autre syndicat représentatif à la SNCF, a lancé de son côté un appel illimité à la grève.

 

 

Le trafic est de nouveau perturbé avec trois TGV sur cinq, un TER et Transilien sur deux, ainsi que deux trains Intercités sur cinq en circulation, selon les prévisions du groupe. A l'international, il y aura deux trains sur trois. Ces prévisions sont légèrement meilleures que celles de vendredi dernier, précédent jour de grève en semaine.

 


08/06/2018
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Franceinfo - le dimanche 20 mai 2018

 

 

Points de contrôle, délais, sanctions : ce qu'il faut savoir sur le nouveau contrôle technique qui entre en vigueur aujourd'hui

 

 

La nouvelle version de cet examen automobile, obligatoire depuis 1992, est plus exigeante

 

 

 

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Un mécanicien effectue un contrôle technique dans un centre d'Auxerre (Yonne), le 15 mai 2018. (MAXPPP)

 

 

 

Plus long, plus cher, plus contraignant... Le contrôle technique devient plus sévère à partir du dimanche 20 mai. Inquiets de cette nouvelle grille d'évaluation, les automobilistes se sont rués dans les centres agréés ces dernières semaines. A tel point qu'en avril, les demandes de rendez-vous ont augmenté de 61% par rapport à avril 2017, indiquent Les Echos. Franceinfo vous détaille ce qu'il faut savoir sur ce changement.

 

 

Pourquoi le contrôle technique change-t-il ? 

 

La France traînait des pieds, mais a finalement obtempéré. Si le contrôle technique change, c'est en vertu d'une directive européenne publiée le 3 avril 2014. Son objectif est simple : harmoniser les contrôles techniques dans l'Union européenne et diminuer de moitié, par rapport à 2010, les morts liés aux accidents de la route d'ici 2020.

 

 

Qu'est-ce qui change dans les points de contrôle ?

 

D'abord, le nombre de points de contrôle va passer de 123 à 133. Mais de nouvelles règles vont surtout s'appliquer. Le nombre de défaillances constatables va augmenter : on en dénombrera désormais plus de 600 contre près de 460 jusqu'ici. Elles sont dorénavant classées en trois niveaux de gravité.

 

 

Niveau 1 : les défaillances mineures, qui n'ont pas de conséquences lourdes sur le véhicule ou la sécurité, n'impliquent pas de contre-visite.

 

 

Niveau 2 : les défaillances majeures prennent en compte les dysfonctionnements susceptibles de compromettre la sécurité du véhicule ou encore présenter des effets néfastes pour l'environnement. Une contre-visite dans les deux mois est obligatoire.

 

 

Niveau 3 : les défaillances critiques regroupent les anomalies qui constituent un danger direct et immédiat. C'est cette nouvelle catégorie qui inquiète le plus les automobilistes : non seulement le véhicule se verra apposer une vignette spéciale ne l'autorisant pas à rouler après minuit le jour du contrôle, mais en plus, il devra s'engager à une contre-visite dans les deux mois une fois les réparations opérées.

 

 

Vous amenez votre voiture lundi à 16 heures, si vous avez une défaillance critique, vous avez jusqu'à minuit pour la déposer à l'endroit où elle sera réparée.Yves Carra, porte-parole de l'Automobile Club Association à franceinfo

 

 

"Seulement 20% des défaillances constatables sont potentiellement critiques", tente de rassurer le Conseil national des professions de l'automobile (CNPA) interrogé par l'AFP, "et seules les défaillances majeures et critiques conduiront à une contre-visite obligatoire dans les deux mois".

 

 

Enfin, la méthode de contrôle est elle aussi modifiée. Là où les contrôleurs rapportaient leurs observations, ils devront maintenant évaluer l'évolution possible de ce qu'ils constatent et le danger que cela peut représenter. Ainsi, une mauvaise fixation du système d'échappement constituera une défaillance majeure. En revanche, une mauvaise fixation de celui-ci avec un risque de chute conduira au constat d'une défaillance critique.

 

 

Qu'en est-il de la fréquence ? 

 

La fréquence du contrôle technique ne change pas. Il reste obligatoire avant la quatrième année du véhicule, puis tous les deux ans et enfin moins de six mois avant la vente du véhicule.

 

 

Le nouveau contrôle technique va-t-il coûter plus cher ?

 

Il y a de fortes chances. Aujourd'hui, un contrôle technique coûte en moyenne 65 euros, rappellent Les Echos. La contre-visite, qui coûte en moyenne 14 euros, pouvait être offerte lorsqu'elle était simple et rapide à faire. Mais l'évolution du contrôle technique va rendre celui-ci plus long à réaliser, surtout au début, pour un personnel pas encore rompu à l'exercice et aux nouvelles exigences. Il devrait ainsi durer 45 minutes plutôt que 30. Idem pour les contre-visites, qui seront plus fréquentes et plus longues.

 

 

Les professionnels doivent aussi se munir de nouveaux équipements. "Tous ces éléments rendent logique le fait que [le prix] augmente, reste à savoir de combien", affirme au Monde Bernard Bourrier, président de la branche contrôle technique au sein du Conseil national des professions de l'automobile.

 

 

Selon le groupe de contrôle technique Dekra-Norisko, tout comme l'association 40 millions d'automobilistes, les prix des contrôles devraient augmenter de 15% à 20% en moyenne. Pour la contre-visite, un surcoût de 20 à 30 euros est à prévoir dans 25% à 40% des cas, selon les professionnels interrogés par le Huffington Post. Dans Le Monde, Philippe Debouzy, président des agents indépendants du CNPA, mise toutefois sur une hausse contrôlée, compte tenu de "la forte concurrence entre les centres qui empêche une envolée des tarifs".

 

 

Et à combien s'élèveront les amendes ? 

 

Les automobilistes qui prendraient le risque de conduire un véhicule qui n'a pas passé le contrôle technique ou qui n'a pas validé la contre-visite s'exposent à une amende forfaitaire de 135 euros, pouvant grimper jusqu'à 750 euros en cas de retard de paiement. L'immobilisation du véhicule peut aussi être envisagée.

 


05/06/2018
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Franceinfo - le mardi 15 mai 2018

 

 

La Réunion : les scientifiques surveillent l'éruption du Piton de la Fournaise

 

 

Cela fait trois semaines que le Piton de la Fournaise est entré en éruption sur l'île de La Réunion. Ses coulées de lave ne menacent pour l'instant pas la population. Mais elles sont surveillées de près par les scientifiques

 

 

 

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Le 27 avril à 23h50, le Piton de la Fournaise est entré en éruption sur l'île de La Réunion. Depuis, le volcan continue à cracher de la lave, des fontaines bouillonnantes de magma incandescent. Les touristes sont émerveillés par ce spectacle naturel. Si c'est un attrait touristique, le Piton en éruption devient surtout une préoccupation quotidienne pour les Réunionnais.

 

 

Anticiper la suite de l'éruption

 

Les volcanologues cherchent à découvrir les secrets du volcan. Les habitants, eux, scrutent avec méfiance ce voisin menaçant. Le Piton de la Fournaise est un des volcans les plus actifs du monde. Son sommet culmine à 2 632 mètres d'altitude. L'objectif des scientifiques est de récupérer des morceaux de roche au sommet, tout juste sortis des entrailles du volcan. Cela permet de mieux comprendre le système d'alimentation du volcan et de mieux anticiper la suite de l'éruption. Depuis une dernière coulée ravageuse en 1986, les éruptions du Piton de la Fournaise n'ont jamais dépassé les flancs du volcan.

 


05/06/2018
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Franceinfo - le jeudi 10 mai 2018

 

 

RGPD : on vous explique ce que la nouvelle législation européenne sur les données va changer pour vous

 

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Vincent Matalon France Télévisions

 

 

 

Destiné à remplacer la loi informatique et libertés, le règlement général sur la protection des données personnelles – ou RGPD pour les intimes – encadrera la manière dont les géants du numérique gèrent les informations dont ils disposent sur leurs utilisateurs

 

 

 

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Le contrenu de la nouvelle léglisation s'appliquera à toute entreprise qui manipule des informations concernant des résidents européens, y compris si celle-ci est basée hors de l'UE. (PATRICK PLEUL / DPA-ZENTRALBILD / AFP)

 

 

 

Après quarante ans de bons et loyaux services, la loi informatique et libertés va prendre sa retraite. A compter du vendredi 25 mai, ce texte adopté en janvier 1978 pour protéger les Français des potentielles dérives du fichage, qui s'est développé en même temps que l'informatique, va disparaître. Son remplaçant est un texte européen qui uniformise les règles en vigueur dans les 28 pays membres de l'UE. Son nom : le règlement général sur la protection des données personnelles, ou RGPD pour les intimes.

 

 

Ce règlement va entrer en vigueur dans un contexte devenu électrique, avec l'utilisation indue des données personnelles de millions d'utilisateurs de Facebook par Cambridge Analytica, une société liée à la campagne de Donald Trump. Et il a été construit autour d'un principe majeur : son contenu s'appliquera à toute entreprise qui manipule des informations concernant des résidents européens, y compris si celle-ci est basée hors de l'UE.

 

 

Le RGPD pourra-t-il pour autant mieux protéger les données du demi-milliard d'habitants que compte l'Union européenne ? Voici en tout cas ce qu'il devrait changer pour vous.

 

 

Les entreprises pourront plus facilement collecter vos données…

 

C'est sans doute la modification législative que les chefs d'entreprise français attendent le plus. À partir de la fin du mois, les personnes morales qui récoltent des données pourront dans la plupart des cas se passer de déclarer leurs fichiers auprès de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), l'autorité administrative indépendante qui veille au respect de la loi dans ce domaine.

 

 

Auparavant, les associations, administrations et entreprises devaient prévenir la Cnil à chaque fois qu'elles créaient un fichier contenant des renseignements sur leurs membres, clients, employés ou administrés. "Selon le niveau de sensibilité des informations récoltées, les entreprises devaient effectuer soit une simple déclaration, soit demander une autorisation", explique à franceinfo Guillaume Desgens-Pasanau, maître de conférences au Conservatoire national des arts et métiers, qui dirige un cours en ligne sur le RGPD.

 

 

En contrepartie, ces organisations devront constituer une documentation précise concernant leur utilisation des données personnelles. On devra y retrouver le nom et l'objet des fichiers récoltés, le registre des personnes qui y ont accès, et les mesures prises pour protéger les données d'éventuelles attaques malveillantes.

 

 

Les administrations ainsi que les entreprises dont "les activités de base (...) consistent en un traitement à grande échelle" des données devront même obligatoirement désigner un délégué à la protection de ces fichiers, qui devra présenter toute la documentation à la Cnil en cas de contrôle, indique le règlement.

 

 

Un exemple ? Une marque de chaussures vient de se créer et souhaite vendre ses produits en ligne. Elle pourra désormais se passer de déclarer à la Cnil l'existence de son fichier client avant de se lancer, ce qui lui épargne une étape qui était parfois fastidieuse. Elle devra en revanche en documenter le fonctionnement et la sécurisation de manière détaillée.

 

 

Si son activité croît au point d'obtenir plusieurs dizaines de milliers de clients, ou que ceux-ci sont moins nombreux mais très fidèles, le règlement considérera que la marque traite des fichiers à "grande échelle", selon l'interprétation donnée par le G29 (PDF), qui regroupe les différentes "Cnil européennes". Elle devra alors désigner un délégué à la protection de ses fichiers.

 

 

… mais elles ne pourront pas vous demander tout et n'importe quoi

 

Rassurez-vous : ce n'est pas parce que les entreprises ne devront plus montrer préalablement patte blanche à la Cnil qu'elles pourront se permettre de faire n'importe quoi avec vos informations personnelles. Le RGPD consacre en effet le "principe de proportionnalité" déjà prévu par le droit français. "Il faut que la récolte des données soit en adéquation avec l'objectif recherché par l'entreprise", résume Jérémie Courtois, avocat au barreau de Lille, spécialiste des nouvelles technologies.

 

 

Si je collecte vos données dans un but publicitaire, je n'aurai par exemple pas le droit de vous demander votre numéro de carte bleue ou le prénom de vos enfants.Jérémie Courtoisà franceinfo

 

 

Un exemple ? Une entreprise organise des cours de soutien scolaire à domicile. A la fin de chaque intervention, les enseignants remplissent un fichier sur leurs clients avec plusieurs paramètres évaluant le déroulé du cours, et dans lequel se trouve une zone de commentaire libre. 

 

 

La jurisprudence de la Cnil considère qu'il est légitime que cette case contienne des données en adéquation avec l'activité de l'entreprise, comme par exemple la présence d'un chien agressif au domicile d'un client. La direction doit en revanche veiller à ce que les enseignants n'utilisent pas le fichier pour y insérer des commentaires injurieux. En 2010, l'entreprise Acadomia avait été épinglée par la Cnil pour cette raison, rapportait à l'époque Le Monde.

 

 

Vous serez moins embrouillé(e) par d'obscures conditions générales d'utilisation

 

Autre principe consacré par le RGPD : la collecte dite "loyale" des données. Concrètement, les services en ligne sont tenus de vous informer de la manière la plus limpide possible de la manière dont sont récoltées et utilisées vos informations personnelles, et devront recueillir de votre part un consentement clair avant de le faire. Plusieurs géants du web ont ainsi revu leurs conditions générales d'utilisation et autres textes présentant leur politique de confidentialité pour les rendre plus compréhensibles par le commun des mortels.

 

 

Des exemples ? Dans un message publié sur le blog de l'entreprise, le délégué à la protection des données de Twitter a ainsi annoncé le 24 avril dernier une révision de la politique de confidentialité du service pour "la rendre visuellement plus claire et facile à utiliser" dans le cadre de l'application du RGPD. Fini les paragraphes austères et interminables, place à des phrases plus courtes et à des listes utilisant des puces. Facebook a opéré une démarche similaire début avril. 

 

 

Extrait de la politique de confidentialité de Twitter révisée dans le cadre de la mise en application du RGPD, qui entre en vigueur le vendredi 25 mai 2018.
Extrait de la politique de confidentialité de Twitter révisée dans le cadre de la mise en application du RGPD, qui entre en vigueur le vendredi 25 mai 2018. (TWITTER)

 

 

 

"Ces mentions existaient déjà la plupart du temps, mais les mettre à jour en les clarifiant permet surtout à ces entreprises de communiquer sur leur respect du RGPD", tempère Guillaume Desgens-Pasanau, par ailleurs ancien directeur juridique de la Cnil. Et d'ajouter que si ces géants du numérique sont tenus de vous donner la possibilité de vous opposer à la manière dont ils utilisent vos données, comme Facebook le fait actuellement avec la reconnaissance faciale, certains principes restent "non-négociables".

 

 

Facebook vous laisse désormais une marge de manœuvre sur la finesse du ciblage publicitaire, mais ne vous permet pas de vous opposer à l'affichage de publicité sur votre compte.Guillaume Desgens-Pasanauà franceinfo

 

 

Certains vont encore plus loin. Instagram a récemment mis à jour ses conditions d'utilisation pour se conformer au RGPD. Les utilisateurs n'ont eu d'autre choix que de les accepter... ou de supprimer leur compte, relève Numerama.

 

 

Vous aurez un accès facilité aux données que vous avez transmises

 

Le RGPD garantit également aux citoyens européens le droit à l'accès et à la rectification de leurs informations personnelles. Vous pourrez également réclamer aux organisations qui collectent vos données de vous transmettre "les destinataires (...) auxquels les données à caractère personnel ont été ou seront communiquées, en particulier les destinataires qui sont établis dans des pays tiers", indique l'article 15 du texte.

 

 

Attention tout de même, ce processus ne sera pas forcément automatisé. Dans certains cas, il vous faudra fouiller dans la rubrique "mentions légales" du site de l'entreprise ou de l'administration concerné pour trouver les coordonnées de la personne à qui adresser votre demande.

 

 

Des exemples ? C'est dans cette logique que Twitter, Facebook ou encore Instagram laissent désormais à leurs utilisateurs la possibilité de télécharger un fichier regroupant l'ensemble des données envoyées sur leurs serveurs depuis la création de leur compte. Ce qui risque de vous donner le vertige lorsque vous retrouverez sur les messages publics laissés sur votre mur Facebook en 2009.

 

 

 

Voici la page d'accueil de mes archives Facebook, qui résume les données principales me concernant.
Voici la page d'accueil de mes archives Facebook, qui résume les données principales me concernant. (FACEBOOK)

 

Vous pourrez transférer vos informations d'un service à un de ses concurrents

 

Point intéressant à noter : si vous téléchargez vos archives sur Instagram, vous constaterez qu'outre des fichiers d'images et de vidéos, le réseau social vous communiquera vos messages privés, mentions "j'aime" et autres commentaires dans des documents compilés dans le langage Javascript, qui n'est guère intelligible pour l'utilisateur lambda. Cela s'explique par la consécration d'un nouveau droit par le RGPD : celui de la portabilité des données. La nouvelle législation est en effet censée vous permettre de récolter vos données chez un prestataire de service pour la transférer facilement chez un concurrent.

 

 

Un exemple ? Cela signifie qu'un abonné à Spotify devrait pouvoir dans les prochains mois récupérer ses informations et les transférer à un autre service de distribution de musique, comme Deezer ou Apple Music, et y retrouver ses playlists. "Cela risque de prendre du temps, prévient tout de même Jérémie Courtois. Toutes les entreprises ne sont en effet pas dotées d'un système d'information qui permet l'extraction et l'export des données vers un tiers. Elles devront parfois le faire évoluer pour mettre en œuvre ces changements." 

 

 

Votre droit à l'oubli sera renforcé

 

Outre le droit au déréférencement, consacré dans l'article 17, la nouvelle réglementation interdit la conservation des informations personnelles pour une durée illimitée. Dans son article 5, le RGPD indique ainsi que les données des citoyens européens doivent être conservées "pendant une durée n'excédant pas celle nécessaire au regard des finalités pour lesquelles elles sont traitées". Cette formulation est volontairement vague, car les cas de figure en la matière peuvent grandement varier. Les entreprises et services administratifs seront en tout cas tenus de fixer cette durée.

 

 

Des exemples ? Vous êtes féru(e) de pêche à la mouche et décidez de vous inscrire à la newsletter de passionmouche.com, un site spécialisé. Le site en question devra préciser dans sa documentation qu'il conservera votre adresse électronique dans sa base de données jusqu'au moment où vous déciderez de mettre fin à votre abonnement.

 

 

Vous vous offrez un abonnement téléphonique auprès de l'opérateur Violet. Celui-ci conservera vos données et vos factures durant la durée d'abonnement, mais également pendant une durée supplémentaire, au cours de laquelle vous pourriez par exemple engager des poursuites pour contester le montant d'un dépassement de votre forfait.

 

 

Vos données devront être mieux protégées des pirates

 

Le RGPD réaffirme l'obligation de sécurisation des données face aux attaques malveillantes. La nouvelle législation demande en outre des précautions particulières lorsqu'une entreprise ou une administration collecte à grande échelle des données sensibles, comme par exemple des informations relatives à la santé, aux opinions politiques ou religieuses, ou encore le passé judiciaire d'un individu. Dans ces cas-là, les organisations devront prévenir les autorités avant toute récolte de données, et leur fournir un document particulièrement détaillé.

 

 

Le texte prévoit également qu'une entreprise qui se ferait pirater ses données soit obligée de signaler l'attaque à la Cnil, voire à ses clients. "Cela n'est toutefois pas automatique", précise Guillaume Desgens-Pasanau. "Il faut pour cela que la faille de sécurité constatée conduise à un risque de réutilisation des données. Si l'entreprise arrive à démontrer que la brèche a été comblée, et que les données piratées ont été préalablement chiffrées, elle ne sera pas tenue de prévenir les autorités." 

 

 

Un exemple ? Une application de rencontre devra mener ce que le RGPD appelle une "analyse d’impact relative à la protection des données" avant de récolter des informations sur l'orientation sexuelle de ses utilisateurs européens. Dans un document, elle devra consigner les sources de risques (comme par exemple un piratage, ou un employé soudoyé par un concurrent), identifier les cibles potentielles (son système de gestion des fichiers), et évaluer les risques pour la vie privée des personnes concernées (comme la révélation de l'homosexualité d'utilisateurs vivants dans des pays où elle est réprimée, par exemple). Elle devra ensuite déterminer les mesures existantes ou prévues pour répondre à ces risques. Cela peut prendre la forme d'un chiffrement des données sensibles, leur anonymisation, ou encore la mise en place d'outils permettant d'identifier précisément les personnes qui accèdent aux fichiers.

 

 

Les organisations qui ne respecteront pas la loi risqueront gros

 

Gare à ceux qui s'aventureraient à ne pas respecter les règles énoncées. Alors que la loi informatique et libertés ne permettait jusqu'à présent que de sanctionner les contrevenants d'une faible amende, le RGPD permet à la Cnil et à ses homologues européens de taper fort au portefeuille. Pour les infractions les plus graves, les contraventions pourront grimper jusqu'à 20 millions d'euros ou 4% du chiffre d'affaires mondial de l'entreprise.

 

 

Interrogée par Les Echos, la présidente de la Cnil Isabelle Falque-Pierrotin a tout de même tenu à rassurer les entreprises qui ne se seraient pas adaptées à temps à cette nouvelle réglementation. Dans un premier temps, l'autorité administrative mettra surtout l'accent sur la pédagogie et fera preuve de "souplesse et de pragmatisme" lors de ses contrôles, a-t-elle indiqué.

 

 

Un exemple ? La société de transport Uber, dont les données non-chiffrées de 57 millions de clients avaient été piratées en novembre 2016, aurait été tenue de prévenir ses utilisateurs européens de cette faille de sécurité si le RGPD avait été en vigueur à ce moment-là. Si elle ne l'avait pas fait, elle aurait sans aucun doute été condamnée à une forte amende. A l'époque, l'entreprise avait préféré payer une rançon de 100 000 dollars aux pirates pour ne pas ébruiter l'affaire, d'après le Guardian (en anglais).

 


01/06/2018
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Franceinfo - le mercredi 2 mai 2018

 

 

Le mont Everest en passe de devenir "le plus haut dépotoir au monde"

 

Alors qu'environ 1 500 personnes tentent son ascension chaque année, l'Everest, qui culmine à 8 848 mètres, est aujourd’hui considéré comme "le plus haut dépotoir au monde". La raison ? La ruée de touristes qui laissent derrière eux de nombreux déchets

 

 

 

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Photo AFP

 

 

Chaque année, 1 500 personnes tentent de gravir le "toit du monde". "Environ 400 atteignent le sommet et toutes laissent derrière elles une trace assez dramatique pour l'environnement", explique Axel Zeiliger, producteur du documentaire Everest Green. Pour lutter contre cette pollution massive, des associations se mobilisent depuis quelques années et lancent des opérations de nettoyage, avec l’aide de sherpas. 

 

 

 

Piles, boîtes de conserve, canettes, emballages, matériels usagés, cartouches de gaz, cordes anciennes et déchets alimentaires sont conservés par le congélateur himalayen. Chaque opération de nettoyage permet ainsi de ramasser des centaines de kilos, parfois des tonnes d’ordures qui n'ont pas pu être brûlées sur place. En 2017, l’association Everest Green a notamment collecté 5,3 tonnes de déchets en un mois. Un chiffre alarmant qui s’explique par un tourisme de masse largement au-dessus des capacités d’accueil du sommet.

 


01/06/2018
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Franceinfo - le vendredi 4 mai 2018

 

 

"La disparition des vers de terre est aussi inquiétante que la fonte des glaces", selon l'astrophysicien Hubert Reeves

 

 

Le célèbre astrophysicien québécois était l'invité d'Elise Lucet après la diffusion dans "Envoyé spécial" d'un reportage alertant sur la "sixième extinction animale", ou la disparition progressive d'espèces animales parmi les plus communes

 

 

 

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On ne présente plus le célèbre astrophysicien québécois qu'Elise Lucet avait invité après la diffusion dans "Envoyé spécial" d'un reportage alertant sur la disparition progressive de dizaines d'espèces animales communes. "Nous maltraitons beaucoup notre planète, et nous allons en subir les effets, confirme Hubert Reeves. Cela va vouloir dire d'énormes bouleversements. On ne retrouvera jamais notre planète telle qu'elle était avant le début de l'ère industrielle. Il va falloir s'y adapter. Je crois que c'est possible. [...] C'est une lutte pour arriver à garder la planète habitable."

 

 

Cette sixième extinction annoncée inquiète aussi par sa rapidité fulgurante. Si la vie s'est maintenue après les cinq grandes extinctions précédentes, "celle-ci est cent ou mille fois plus rapide, souligne le scientifique. La nature n'a jamais vécu de changement aussi rapide, nous ne savons pas si elle s'adaptera".

 

 

"Il y a des solutions, on les voit se mettre en place un peu partout"

 

Moins visible que la fonte des glaces, la disparition des vers de terre est "un bon exemple du fait qu'une toute petite chose à peine visible peut prendre une importance majeure". Les tunnels qu'ils creusent permettent en effet de garder la terre fertile en l'aérant et en la drainant. "On les a éliminés jusqu'à 70%, voire 90%, on sait très bien que cela stérilise les sols, et on est prêts à vivre avec ça..." 

 

 

Pour autant, Hubert Reeves pense qu'il faut garder espoir, car "il se fait des choses aujourd'hui, et il y a un avenir possible". Il mentionne par exemple une campagne menée à Toulouse contre la pollution lumineuse par l'éclairage nocturne. A condition d'arrêter aussi le forage du pétrole et du charbon et, à l’échelle individuelle, de diminuer sa consommation de viande, il n'est pas trop tard pour inverser la vapeur. "Il y a des solutions, on les voit se mettre en place un peu partout. On voit un éveil très dynamique chez les jeunes. Il peut y avoir un avenir, mais ça ne sera pas facile."

 

 

Un documentaire, "Hubert Reeves : la Terre vue du cœur", sort en France le 23 mai.

Une interview diffusée dans "Envoyé spécial" le 3 mai 2018.

 


01/06/2018
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Franceinfo - le vendredi 4 mai 2018

 

 

La France creuse sa dette écologique

 

 

Dans un rapport publié vendredi 4 mai, le Fonds mondial pour la nature (WWF) estime que la France fait partie, cette année, des dix premiers pays à vivre à crédit sur le dos de la nature

 

 

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Les côtes bretonnes vues depuis la Station spatiale internationale, sous l'œil du spationaute Thomas Pesquet, mardi 6 décembre. (ESA / NASA)

 

 

À partir de samedi 5 mai, la France aura atteint le jour de "son dépassement écologique", selon un rapport de l'ONG WWF France, en partenariat avec le Global Footprint Network, rendu public vendredi 4 mai. Concrètement cela veut dire que si le monde entier vivait comme les Français, à partir du 5 mai, la planète aurait déjà consommé l'ensemble des ressources naturelles qu'elle peut renouveler en un an.

 

 

L'un des plus gros "prédateurs" de la planète

 

Chaque année, WWF établit le jour du dépassement mondial autour du mois d'août, la date française arrive bien plus tôt et classe le pays comme un des plus gros "prédateurs" de la planète.

 

 

Positionnement du jour du dépassement de la France par rapport à d'autres pays.
Positionnement du jour du dépassement de la France par rapport à d'autres pays. (WWWF)

 

 

Selon ce rapport, la France fait partie des 10 premiers pays à vivre à crédit cette année sur le dos de la nature, derrière le Qatar, les États-Unis ou la Russie, mais bien avant l'Espagne ou le Maroc par exemple. Si toute l'humanité consommait comme les Français, il faudrait près de trois planètes pour subvenir aux besoins, selon WWF. Un résultat bien au-dessus de la moyenne mondiale qui se situe autour de 1,7 Terre.

 

 

C'est la première fois que WWF France choisit de mettre l’accent sur le jour du dépassement français. L'objectif est d'"envoyer un signal fort à un moment politique clef où plusieurs lois et décisions sont attendues dans les domaines de l’alimentation, des mobilités, de l’énergie, de la biodiversité ou encore de la lutte contre la déforestation importée", indique l'ONG.

 

 

"Inacceptable"

 

"C'est en fait un travail de calcul qui est effectué sur la base de surfaces. À la fois les surfaces en océans qui nous sont indispensables pour pêcher, les surfaces en cultures et des surfaces notamment en forêt qu'il nous faut pour absorber les émissions de gaz à effet de serre", a expliqué Pierre Cannet du WWF à franceinfo.

 

 

Depuis 2015, année de la COP 21, le jour du dépassement [de la France] se dégrade. Pierre Cannet, WWF Franceà franceinfo

 

 

Pour WWF, c'est donc le signe "qu'il est urgent de mettre en place une stratégie de désendettement écologique" et de "revoir nos modes de production et consommation". 

 

 

 

Aujourd’hui, la composante carbone liée à la combustion d’énergies fossiles représente plus de la moitié de l’empreinte de la France (56%). Elle est suivie des composantes cultures (20%) et produits forestiers (11%).
Aujourd’hui, la composante carbone liée à la combustion d’énergies fossiles représente plus de la moitié de l’empreinte de la France (56%). Elle est suivie des composantes cultures (20%) et produits forestiers (11%). (WWF)

 

 

Dans son rapport, le WWF juge "inacceptable de continuer à ignorer les limites de la planète en opposant le développement économique à la protection de l'environnement" car "l'épuisement des ressources naturelles menace notre stabilité économique et la survie de l'humanité elle-même".

 


31/05/2018
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Franceinfo - le 28 avril 2018

 

 

Paris : la capitale gangrénée par d'inquiétantes guerres de bandes

 

 

À Paris, les affrontements entre bandes rivales d'adolescents âgés de 13 à 17 ans se multiplient. Le bilan est inquiétant : une centaine de blessés et trois morts l'an passé, en plus d'un décès le 13 décembre dernier

 

 

Ces derniers mois, les affrontements de groupes de jeunes de 13 à 17 ans se multiplient, pour un bilan qui s'alourdit. L'an passé, des centaines de blessés et trois morts ont été déplorés. Depuis le début de l'année, un lycéen est mort le 13 janvier dernier, alors qu'il n'était qu'en seconde.

 

 

Des motifs d'affrontement futiles

 

Ces bandes, qui portent souvent le nom de leur quartier, sont principalement concentrées dans le nord-est de Paris. Selon la police, 16 bandes séviraient dans la capitale, notamment à La Chapelle, Curial ou Bagnolet. Les policiers connaissent les jeunes, qui se battent souvent à proximité des établissements scolaires et se livrent parfois à de petits trafics, notamment des vols. Depuis huit ans, une brigade épluche toutes les affaires de rixes à Paris, en se servant notamment des contenus trouvés sur les réseaux sociaux.

 

 

Si les phénomènes de bandes remontent jusqu'aux blousons noirs des années 1950, les jeunes commencent désormais plus tôt et sont davantage imprévisibles. Les armes (couteaux, matraques, pistolets à impulsion électrique) sont de plus en plus dangereuses et les motifs d'affrontements parfois futiles (mauvais regard, rivalité amoureuse), certains affirmant même se battre "sans raison".

 


31/05/2018
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Franceinfo - le lundi 30 avril 2018

 

 

On vous explique à quoi sert le fichier des délinquants sexuels, critiqué après la mort de la petite Angélique

 

 

Mis en place pour éviter la récidive, le fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes est jugé inefficace par certains, puisque le suspect a déjà été condamné pour viol dans les années 1990

 

 

 

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Un lieu de recueillement après la découverte du corps de la petite Angélique (13 ans), à Wambrechies (Nord), le 29 avril 2018. (MAXPPP)

 

 

Le débat sur l'efficacité du fichier judiciaire des délinquants sexuels est relancé. Cette base de données a permis l'arrestation, samedi 28 avril, du principal suspect dans l'affaire du meurtre de la petite Angélique Six, retrouvée morte à Quesnoy-sur-Deûle (Nord). L'homme de 45 ans, placé en garde à vue, a rapidement avoué les faits aux policiers. 

 

 

Créé en 2004, le fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV) devait permettre de suivre les déplacements des anciens condamnés et d'éviter la récidive. S'il a permis aux policiers de retrouver l'auteur présumé du meurtre, le fichier n'a été d'aucune utilité sur ce dernier point, puisque le meurtrier présumé a été condamné à neuf ans de prison en 1996 pour viol avec arme.

 

 

Franceinfo fait le point sur ce dispositif à l'efficacité contestée.

 

 

Qu'est-ce que le FIJAISV ?

 

Créé par la loi Perben 2 du 4 mars 2004, le fichier des délinquants sexuels est entré en vigueur l'année suivante. Le FIJAISV "a pour finalité de prévenir le renouvellement des infractions de nature sexuelle et de faciliter l’identification de leurs auteurs", précise une circulaire du ministère de la Justice datée de 2005.

 

 

Le dispositif a été créé à l'initiative du ministre de l'Intérieur d'alors, Nicolas Sarkozy, après l’arrestation en 2003 du pédophile, violeur et tueur en série Michel Fourniret. Son champ d'application a été étendu aux auteurs d'actes particulièrement violents en 2005.

 

 

Qui sont ceux qui y sont inscrits ?

 

Le FIJAISV rassemble, au 31 mars, les noms de 78 197 personnes, a indiqué le ministère de la Justice à franceinfo. Il contient leur identité, leur adresse et la condamnation justifiant leur inscription. Gérée par le ministère de la Justice, la base de données est alimentée par les procureurs et les juges d'instruction.

 

 

Le FIJAISV oblige les personnes qui y sont inscrites à justifier de leur domicile au moins une fois par an, voire tous les mois, si les magistrats jugent que cela est nécessaire. En 2014, le meurtrier présumé d'Angélique Six a ainsi écopé d'un rappel à la loi pour avoir manqué à cette obligation.

 

 

Les informations sont conservées 20 ou 30 ans en fonction de la gravité de l'infraction commise. Dans le cas du suspect du meurtre de la petite Angélique, sa dernière condamnation remonte à 22 ans. Lorsque qu'une personne fichée est acquittée ou relaxée, son inscription est automatiquement retirée.

 

 

Qui peut le consulter ?

 

Le FIJAISV est consultable par les autorités judiciaires, la police, les préfets et les administrations de l'Etat. Il peut notamment être utilisé par l'Education nationale afin d'éviter que des délinquants sexuels ne travaillent au contact des enfants. Peu après l'annonce de la découverte du corps de la petite Angélique, des voix se sont élevées pour demander comment le principal suspect du meurtre de la jeune fille a pu exercer son métier de chauffeur de bus, dans lequel il est susceptible d'être au contact d'enfants.

 

 

Pourquoi fait-il débat ?

 

Le meurtrier présumé "n'aurait jamais dû avoir une autorisation d'exercer", estime sur franceinfo Violaine Guérin, présidente de l'association Stop aux violences sexuelles. Les regards se tournent alors vers le maire de Wambrechies (Nord), où vivait le suspect. Le maire dispose en effet de pouvoirs de police et en théorie, il aurait pu être au courant de la condamnation de son administré et l'empêcher de travailler en tant que chauffeur. "Encore fallait-il qu'il le sache", déplore Rodolphe Costantino, avocat de l'association Enfance et partage.

 

 

"Les éléments de ce fichier doivent être transmis aux collectivités territoriales de manière systématique, demande Marie Grimaud, avocate de l'association Innocence en danger, sur franceinfo. Dans votre collectivité, si vous avez un délinquant sexuel, vous devez faire attention et mettre en œuvre, pourquoi pas, une assistante sociale qui soit un relais auprès de ce délinquant en cas de difficulté."

 

 

Pour Rodolphe Costantino, le débat devrait plutôt s'orienter autour de la façon dont les pédophiles sont suivis. "En réalité, déplore-t-il, un fichier ne peut pas être un outil de prévention. Il permet juste d'aider aux enquêtes. En terme de prévention, c'est zéro." Pour l'avocat, les moyens mis en place pour financer la formation et le déploiement des psychologues, notamment lors des décisions de justice obligeant les condamnés à un suivi psychologique, sont insuffisants.

 

 

La seule chose que l'on arrive à faire, c'est que les pédophiles maîtrisent leurs pulsions. Là, on les lâche dans la nature. On ne prend pas la mesure qu'un pédophile l'est toute sa vie. Rodolphe Costantino à franceinfo

 

 

 

Quelles solutions ont été trouvées à l'étranger ?

 

La question se pose d'élargir le signalement à d'autres franges de la population. Jusqu'aux riverains ? "C'est quelque chose que l'on voit à l'étranger, précise Rodolphe Costantino. Mais je ne crois pas que l'on soit prêt à ça. C'est prendre le mauvais chemin. De toute façon, si ce n'est pas la voisine [la victime], le prédateur ira chercher ailleurs." L'avocat plaide plutôt pour la mise en place d'un numéro vert, sur lequel les pédophiles pourraient avoir une écoute lorsqu'ils sont dans des situations dans lesquelles ils seraient tentés de passer à l'acte.

 

 

Un tel numéro existe par exemple en Flandre (Belgique). Il a aussi été mis en place en Allemagne depuis quatre ans, rappelle Marie Grimaud, avocate de l’association Innocence en danger. Plus de 400 appels ont été reçus, selon l'avocate, "pour faire part de la difficulté à gérer leurs pulsions".

 

 

Lorsque nous avons voulu mettre en place ceci en France et que nous avons questionné les dirigeants pour cela, il nous a été répondu qu'il était hors de question de faire une campagne sur cette ligne, qu'il n'était pas admissible de parler aussi librement de pédophilie. Marie Grimaudsur franceinfo

 


31/05/2018
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Franceinfo - le mardi 24 avril 2018

 

 

Tempête tropicale Fakir : deux morts dans une coulée de boue à La Réunion

 

 

Un jeune couple a été surpris dans son sommeil. De fortes pluies et des rafales s’abattent sur l’île depuis lundi. La tempête a aussi occasionné de gros dégâts sur les routes

 

 

 

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Capture d'écran d'une vidéo prise par un internaute pendant le passage de la tempête Fakir, à La Réunion, le 24 avril 2018. (REUNION 1ERE / FRANCEINFO)

 

 

 

Un jeune couple a été tué, mardi 24 avril, dans la tempête tropicale Fakir à La Réunion. Les deux victimes ont été emportées dans une coulée de boue à l'Etang-Salé, commune située au sud de l'Ile. Selon des responsables de la gendarmerie, le couple originaire de l'île avait loué un bungalow de vacances, il a été surpris dans son sommeil.

 

 

Des rafales de vent comprises entre 100 et 130 km/h s'abattent sur le littoral et les hauteurs depuis lundi 23 avril dans la soirée, accompagnées de fortes précipitations. La tempête a également causé "de très gros dégâts" sur le réseau routier, comme le montre cette vidéo d'un internaute.

 


18/05/2018
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Franceinfo - le lundi 23 avril 2018

 

 

Les blocages dans les universités ont fait plus d'un million d'euros de dégâts, selon la ministre de l'Enseignement supérieur

 

 

Depuis plusieurs semaines, une dizaine de facultés sont perturbées, voire bloqués, par des étudiants et des militants pour protester contre la réforme de l'accès à l'université

 

 

 

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La ministre de l'Enseignement supérieur, le 11 avril 2018 à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

 

 

L'occupation des universités a laissé des traces. Les dégâts causés par le blocage de plusieurs facultés devraient "dépasser le million d'euros", a déclaré Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, dans "L'Epreuve de vérité" sur Public Sénat, en partenariat avec l'AFP, Radio Classique et Les Echos.

 

 

Dans le détail, le coût des dégradations est notamment évalué à 300 000 euros à l'université Paul-Valéry de Montpellier. A Paris 1, sur le campus de Tolbiac, "les devis sont en cours", a précisé Frédérique Vidal, évoquant tout de même entre 200 000 et 300 000 euros de dégâts.

 

 

Depuis plusieurs semaines, une dizaine de sites (sur 400) sont perturbés, voire bloqués, par des étudiants et des militants pour protester contre la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE), accusée par ses détracteurs d'instaurer un système de "sélection" déguisée.

 


17/05/2018
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Franceinfo - le lundi 23 avril 2018

 

 

"Les gens sont beaucoup plus ouverts" : cinq ans après le mariage pour tous, des couples font le bilan

 

 

Le Parlement a définitivement adopté cette loi le 23 avril 2013. Cinq ans plus tard, franceinfo a interrogé des jeunes mariés pour faire le bilan

 

 

 

Le Parlement a définitivement adopté le mariage pour tous le 23 avril 2013. Cinq ans après, franceinfo a interrogé des couples qui ont pu se marier grâce à cette loi. "On a toujours eu la sensation, d’être du bon côté de l’histoire. Cinq ans plus tard, ça se vérifie (...) et j’en suis bien heureux", déclare à franceinfo Vincent Boileau-Autin, qui s'est marié avec Bruno Boileau-Autin le 29 mai 2013. Ils sont devenus des symboles en étant le premier couple homosexuel à se marier en France lors d'une cérémonie largement médiatisée.

 

 

Désir ancien et réponse à La Manif pour tous

 

"Si on s’est mariés, c’est encore plus parce que l’opposition des réactionnaires était telle que ça devenait évident qu’on devait se marier", expliquent à franceinfo Bruno Spire et Michel Bourrelly, le premier couple à s'être marié à Bobigny (Seine-Saint-Denis). La cérémonie de ces deux militants de longue date a, elle aussi, bénéficié d'un large retentissement médiatique, car des personnalités comme l'ancienne ministre Roselyne Bachelot et la codécouvreuse du virus du sida, Françoise Barré-Sinoussi, étaient leurs témoins.

 

 

Pour Vincent Basille et Vincent Bergeon, le mariage a également été une façon de répondre à La Manif pour tous et ses soutiens. "On a été profondément meurtris par la façon dont le débat s’est déroulé à l’Assemblée et dans la rue également. On avait l’impression d’être aux Etats-Unis dans les années de la ségrégation où les Blancs manifestaient contre les droits des Noirs", estime auprès de franceinfo Vincent Bazille. Leur mariage a été "l'occasion de marquer le coup, de dire 'Voilà, on a le droit de le faire alors on le fait et on n’attend pas que ce droit nous soit retiré'", poursuit-il.

 

 

"Je fais toujours la cuisine, il fait toujours la vaisselle"

 

Reste que le mariage n'a rien changé au quotidien pour ces couples. "Je fais toujours la cuisine (...). Il fait toujours la vaisselle. Ça n’a rien changé. Vraiment rien", raconte Michel Bourrelly, remarquant que lui et son époux sont ensemble depuis trente ans.

 

 

Les premiers temps, des gens ont eu "un peu de mal", relatent à franceinfo Rosemonde et Myriam Zebo-Jourdan, le premier couple de même sexe à s'être marié à la Martinique. Rosemonde raconte une scène typique : "Ils me disaient : 'Comment va ta… compagne ?' 'Non, non, mon épouse'. Et puis, voilà, on en rigolait et après c’est passé très facilement."

 

 

Vincent Bazille note que le mariage n'a "absolument rien [changé] dans l’organisation du quotidien" mais qu'il a eu une incidence symbolique "par rapport à notre famille, par rapport à nos parents en particulier". Et d'ajouter : "Je crois que ça a été aussi une forme de reconnaissance, de faire rentrer le couple homosexuel dans la norme sociétale."

 

 

 

Je vois que le rapport de mes parents, le rapport des parents de mon mari avec notre couple s’est normalisé.

Vincent Bazille

à franceinfo

 

 

"Pour nos amis, notre couple n’a jamais été remis en question. Par contre, pour notre famille, il y a toujours une notion de difficulté d’acceptation de l’homosexualité qui est présente", avance-t-il.

 

 

"C’est devenu banal"

 

Les avis sur l'évolution de la société française sont assez similaires chez les couples interrogés par franceinfo. "Les gens sont beaucoup plus ouverts. [Le mariage des homosexuels] est rentré dans les mœurs, maintenant. C’est peut-être fort ce que je vais dire, mais c’est devenu banal", juge Myriam Zebo-Jourdan.

 

 

"Je suis content de voir qu’aujourd’hui, plus de 70% des Français ne souhaitent pas revenir en arrière", déclare à franceinfo Vincent Boileau-Autin, faisant référence à plusieurs sondages, dont celui-ci. Soulignant avoir reçu quelque 18 000 messages à la suite de leur union, il raconte que "rien que le lendemain de notre mariage, des gens qui avaient défilé contre cette loi nous ont envoyé des messages en disant : 'J’ai vu votre mariage et en fait j’ai oublié une chose au milieu de ces débats houleux, c’est qu’il y a de l’amour en fait. Il y a juste de l’amour'."

 

 

"On a toujours cette homophobie latente"

 

Vincent Bazille appelle, lui, à la vigilance. "Je trouve que ça ne s’arrange pas. On a toujours cette espèce d’homophobie latente à laquelle on ne pensait pas avant les débats du mariage pour tous", déclare-t-il. "Le mariage pour tous, c’est comme toutes les avancées sociétales. Elles se passent de façon cyclique", analyse-t-il. "La pilule ou l’IVG sont, aujourd’hui, des notions qui sont remises en cause par des mêmes groupuscules extrémistes" en Europe, rappelle-t-il. 

 

 

Vincent Boileau-Autin se montre également méfiant. "En 2018, les niveaux d’agression LGBTphobes, donc qui concernent les lesbiennes, les gays, les bis, les trans, c’est une véritable explosion", faisant référence aux chiffres du rapport 2017 de SOS Homophobie. Pour cette association, "la haine envers les personnes" LGBT "s'amplifie et s'ancre toujours aussi profondément dans notre société".

 


17/05/2018
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Franceinfo - le lundi 23 avril 2018

 

 

ENQUETE FRANCEINFO. Les couples homosexuels ont le droit d'adopter, mais le peuvent-ils vraiment ?

 

 

"Votre seul défaut, c'est d'être deux hommes", entendent-ils souvent. Légale depuis cinq ans pour les couples mariés de même sexe, l'adoption est encore pour eux un parcours du combattant. En plus des obstacles classiques de la démarche, ils voient aussi plusieurs portes se fermer, justement du fait de leur homosexualité

 

 

 

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Un couple d'hommes avec un bébé à Paris, en octobre 2017.  (MAXPPP)

 

 

Depuis qu'il est adulte, Jean-Marc* se voit papa. Il s'imagine avec son mari jouer au square avec leur enfant, l'emmener au cinéma et partir avec lui en vacances. Il y a cinq ans jour pour jour, le couple a eu un déclic. Ce 23 avril 2013, le Parlement a adopté définitivement la loi Taubira ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe. Avoir un enfant ? Depuis cet instant, "on en parle vraiment", relate Jean-Marc, en couple depuis plus de quinze ans avec son compagnon. 

 

 

Dossier motivé, série d'entretiens avec une assistante sociale, une psychologue et une psychiatre... Depuis octobre 2016, le couple suit les étapes classiques d'une démarche d'adoption et est accueilli avec "beaucoup de bienveillance". "Aucune difficulté jusqu'à présent", résume Jean-Marc. Le trentenaire se souvient néanmoins d'une phrase prononcée par sa psychiatre : "Vous avez un dossier parfait. Vous ferez de merveilleux parents. Votre seul défaut, c'est que vous êtes deux hommes. La société n'est pas prête."

 

 

Cinq ans après le vote de la loi Taubira, l'accès à l'adoption – en général déjà très long, et incertain – semble encore plus ardu pour les couples d'hommes ou de femmes. Aucune statistique précise n'est disponible. Depuis 2013, plusieurs centaines, voire milliers, de personnes de même sexe, ont certes pu adopter l'enfant de leur conjoint, selon les spécialistes du sujet. Mais d'après Alexandre Urwicz, président de l'Association des familles homoparentales (ADFH), à peine "quelques familles" ont pu accueillir dans leur foyer un enfant pupille de l'Etat et "moins de dix" un enfant né à l'étranger.

 

 

Des conseils de famille réticents

 

Pour Julien*, ingénieur informatique, et son mari, l'attente dure depuis près de trois ans. Ce couple, marié peu après l'adoption de la loi Taubira, a bien reçu l'agrément pour adopter un pupille de l'Etat. Mais depuis 2015, rien n'avance. Leur dossier a été présenté une première fois à un conseil de famille des pupilles de l'Etat. Cette commission, qui réunit des conseillers départementaux, des membres d'associations familiales et de pupilles de l'Etat, mais aussi des professionnels de la protection de l'enfance, décide de l'adoption de ces enfants. Le projet du couple a été rejeté.

 

 

"Je savais que ce serait long", tempère Julien. Un cousin hétérosexuel a adopté, cela a pris quatre ans." Pour tout couple, qu'il soit homosexuel ou hétérosexuel, l'adoption est un long cheminement : en moyenne, toute demande met cinq ans à aboutir dans le cas des pupilles de l'Etat. L'ingénieur se veut tout de même optimiste. Mais les assistantes sociales l'accompagnant le sont beaucoup moins. "Elles nous expliquent que les conseils de famille sont assez conservateurs, relate le trentenaire parisien. Dans de nombreux cas, ils vont privilégier des dossiers de couples hommes-femmes."

 

 

D'autres témoignages recueillis par franceinfo confirment ces réticences. Michel* et Edouard*, dans une démarche d'adoption depuis un an, ont ainsi entendu le même genre de propos lors d'une réunion d'information dans le Nord. 

 

 

À un moment, un couple homosexuel a demandé comment le conseil de famille décidait de l'attribution d'un enfant. L'une de ses membres nous a répondu qu'il privilégiait les familles 'traditionnelles'. Michel, en procédure d'adoption à franceinfo

 

 

Samuel* et son mari, en pleine démarche d'adoption dans le Finistère, ont, eux, été prévenus par l'assistante sociale et le psychologue. "Ils nous l'ont dit de façon très libérée, confie Samuel. Le conseil de famille n'accorde jamais d'adoption aux couples homosexuels. Il refuse toutes leurs candidatures." Joint par franceinfo, un membre de l'équipe départementale chargée des adoptions, souhaitant rester anonyme, confirme ces refus. En cinq ans, il a présenté "une quinzaine" de dossiers de couples de même sexe pour l'adoption d'un pupille de l'Etat. Aucun n'a été retenu.

 

 

Ils n'étudient même pas les dossiers de couples homosexuels. A chaque fois, il faut un papa et une maman. Ils veulent donner 'une bonne famille' à l'enfant.Un membre de l'équipe chargée de l'adoption dans le Finistère à franceinfo

 

 

André, représentant d'une association dans ce conseil de famille, assure que son groupe n'a pas de réticences envers l'homoparentalité. Il "respecte" simplement "l'ordre d'arrivée des dossiers". Selon lui, les demandes de couples homosexuels ne seraient "pas éligibles actuellement", car trop récentes. D'une voix calme, l'associatif reconnaît néanmoins que "quand le mariage pour tous a été adopté, des parents ont quitté notre association". Ils refusaient, par principe, l'idée d'une adoption par un couple de même sexe. 

 

 

"Tant qu’on aura des couples (...) avec un père et une mère, on les privilégiera"

 

Alerté par plusieurs couples, Nicolas Faget, porte-parole de l'Association des parents gays et lesbiens (APGL), dénonce "une discrimination fondée sur l'orientation sexuelle" dans plusieurs départements.

 

 

L'Unaf, l'Union nationale des associations familiales, était "majoritairement opposée" au mariage pour tous et "majoritairement défavorable à l'accès à l'adoption pour les couples de même sexe" au moment du débat sur la loi Taubira. Elle est toujours impliquée dans le processus d'adoption aujourd'hui, car chaque conseil de famille compte au moins un représentant proposé par l'Udaf, l'union départementale. Malgré son opposition de l'époque, il n'y a "pas de mot d'ordre" pour privilégier des couples hétérosexuels, assure aujourd'hui l'Unaf : elle dit n'avoir aucune information sur d'éventuelles discriminations. Elle évoque juste une "tension extrêmement forte", en raison du nombre très important de candidatures, notamment depuis 2013.

 

 

Contacté par franceinfo, Jean-Marie Muller, président du conseil d'administration de la Fnadepape, une fédération regroupant des membres de conseils de famille de pupilles de l'Etat, répond sans filtre. "Les conseils de famille sont libres de leur choix et n'ont pas à le justifier", défend ce responsable, administrateur en Lorraine.

 

 

Quand nous pouvons présenter à l'adoption un jeune couple père-mère, c'est le choix que les conseils de famille font. Sur l'ensemble du territoire.Jean-Marie Muller, président du conseil d'administration de la Fnadepapeà franceinfo

 

 

"Tant qu'on aura des couples jeunes, stables, avec un père et une mère, on les privilégiera", assurait-il déjà à l'AFP. "Ce discours est insupportable", réagit, indigné, Alexandre Urwicz. Interpellé par ces propos, le président de l'ADFH annonce à franceinfo qu'il "réfléchit à une action judiciaire".

 

 

Sollicité par franceinfo, le ministère de la Justice explique lui qu'il "n'a pas connaissance de difficultés" de ce genre. "Cela ne veut pas dire que ça n'existe pas. Nous sommes assez mal équipés pour le voir", reconnaît le ministère. Une enquête sur l'adoption en France, lancée récemment par les pouvoirs publics, sera rendue publique en 2019. "Avec cela, nous pourrons voir si un traitement différencié existe", assure le ministère de la Justice. 

 

 

A l'étranger, des voies très restreintes

 

En plus de la France, Samuel et son mari comptent se tourner en parallèle vers une démarche à l'international. Là aussi, de nombreuses embûches devraient les attendre. Pour commencer, le nombre d'adoptions internationales a baissé drastiquement ces dernières années : seulement 685 en 2017. Et seuls quatre pays, et quelques régions d'autres Etats, sont aujourd'hui susceptibles d'accepter une demande de la part d'un couple homosexuel, selon le recensement communiqué par l'Agence française de l'adoption (AFA) à franceinfo. Il s'agit de la Colombie, de l'Etat de Mexico (Mexique) et de certains Etats des Etats-Unis, de l'Afrique du Sud, du Brésil et du Portugal. Les autres assument leurs refus. La Russie, le Kazakhstan, la Bulgarie ou encore Haïti précisent même explicitement que "seuls les couples mariés hétérosexuels" seront considérés.

 

 

Avec son mari, Jean-Marc* a visé en priorité le Brésil et l'Afrique du Sud. Mais pour le premier pays, un obstacle immédiat s'est présenté. "Comme notre agrément est pour un enfant de 0 à 6 ans, ça ne passe pas", regrette Jean-Marc. Au Brésil, "les enfants proposés seuls sont généralement âgés de 9 ans au moins", précise le Quai d'Orsay.

 

 

Les pays sont limités et les associations qui vous accompagnent sont très limitées. Jean-Marc*à franceinfo

 

 

Médecins du Monde, l'un des rares organismes permettant aux couples homosexuels d'adopter à l'étranger, arrête ainsi son activité d'adoption. Pour tenter leur chance en Afrique du Sud, le trentenaire et son mari se sont rapprochés de l'association Chemin vers l'enfant, située à Chinon (Indre-et-Loire). Là aussi, la porte s'est vite fermée. Sous le poids de nombreux dossiers en attente, elle refuse toute nouvelle candidature. "C'est la seule association qui le proposait. Pour nous, l'Afrique du Sud, c'est fichu." 

 

 

Une "chance résiduelle"

 

Cinq ans après la bataille pour le mariage et l'adoption pour tous, "le droit est là, mais on ne s'est pas donné les moyens de l'appliquer", résume Dominique Boren, coprésident de l'APGL. "Si vous êtes un couple d'homosexuels, vous avez une chance résiduelle pour que votre adoption aboutisse." 

 

 

L'adoption est de plus en plus considérée comme une voie de garage. Elle décourage tellement nos adhérents qu'ils se tournent aujourd'hui vers la PMA et la GPA à l'étranger.Nicolas Faget, porte-parole de l'APGL à franceinfo

 

 

Jean-Marc s'y refuse. Mais à l'aube de ses 40 ans, il confie qu'il ne peut plus "attendre trop longtemps" pour avoir un enfant. Cet homme désire être père depuis ses 18 ans. "On est dans l'impatience. [En cas d'échec], je ne sais pas si j'aurai le courage de tout recommencer", souffle-t-il avec sincérité. Les paroles prononcées par sa psychiatre ont, malgré tout, résonné. "Être amoureux d'un homme, c'est la seule chose que je ne peux pas changer dans mon dossier", lâche-t-il. "Je veux juste avoir les mêmes chances que tout le monde. La société n'est pas prête, mais moi je suis prêt." 

 

 

*Les prénoms de ces personnes ont été modifiés à leur demande, afin de ne pas porter atteinte à leurs démarches d'adoption. 

 


15/05/2018
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