L'AIR DU TEMPS

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SAVOIR et DECOUVERTES


Franceinfo - le samedi 12 octobre 2019

 

 

Tendances : le rosé a la cote

 

 

 

Le rosé rencontre un incroyable succès en France et à l'étranger. La consommation du rosé en France est plus importante que celle du vin blanc. Les exportations de vin rosé ont augmenté de 30% en 10 ans

 

 

 

Le vin rosé, c'est la boisson de l'été qui plait de plus en plus aux étrangers. C'est dans le sud-est de la France que l'on en consomme le plus : le Côte-de-provence, leader sur le marché, monte en gamme. Il est 4 heures du matin à Ramatuelle (Var). L'équipe des vendangeurs ramasse le raisin. "Il faut que le raisin soit rentré quand le soleil se lève pour avoir un maximum de fraîcheur et avoir un jus le moins oxydé possible", explique la viticultrice Camille Coste.

 

 

 

Le rosé s'exporte bien

Avant d'être pressé pendant trois heures, le raisin est protégé par le froid. Une technique qu'utilise Camille Coste pour faire un meilleur jus. La viticultrice veut donner ses lettres de noblesse au vin rosé. L’appellation Côte-de-provence s'exporte sept fois plus aujourd'hui qu'il y a dix ans. En cinq ans, une coopérative a doublé son chiffre d'affaires. Plus d'un tiers de sa production est vendu aux États-Unis. 

 


12/10/2019
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Franceinfo - le samedi 12 octobre 2019

 

 

"Si on était à Henri-IV, ça ne se passerait pas comme ça" : un lycée d'Ivry-sur-Seine bloqué après une interpellation musclée

 

 

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Noémie LeclercqfranceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Depuis plusieurs mois, les tensions sont latentes entre les forces de l'ordre et les élèves du lycée Romain-Rolland, à Ivry-sur-Seine, en région parisienne. Une interpellation violente, samedi 5 octobre, a été l'étincelle, provoquant le blocage de l'établissement

 

 

 

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Les lycéens de Romain Rolland, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), rassemblés devant l'établissement, le 7 octobre 2019. (DENIS COURTINE / MAXPPP)

 

 

 

Une arrestation contestée et, depuis, un lycée paralysé. Samedi 5 octobre, deux lycéens d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) ont été interpellés par les forces de l'ordre. La scène s'est déroulée vers 7h50, sur le bas-côté de la route qui mène au lycée Romain-Rolland.

 

 

Deux vidéos de l'intervention policière ont été relayées sur Twitter dans la foulée par le collectif Romain Rolland (@RRolland94200). Ce compte a vu le jour au lendemain des manifestations lycéennes de décembre 2018. Alimenté par des professeurs, des élèves et des parents, il est tenu par un ancien du lycée, désormais étudiant en droit. 

 

 

"Voilà comment ça se passe en France, quand on est jeune de quartier populaire, on ne peut même plus aller étudier tranquillement ! Rassemblement en cours devant le commissariat d’Ivry ! Libérez notre camarade !" peut-on lire. Ce message a été retweeté par près de 3 600 personnes. Depuis cet événement, le lycée est bloqué par une partie des élèves, qui dénoncent une présence policière oppressante depuis plusieurs mois aux abords de leur établissement, ainsi que des contrôles d'identité qu'ils estiment injustifiés

 

 

 

Collectif Romain Rolland@RRolland94200
 

🚨Ce samedi matin arrestation violente juste devant le lycée Romain Rolland.Voila comment ça se passe en France quand on est jeune de quartier populaire on ne peut même plus aller étudier tranquillement!Rassemblement en cours devant le commissariat d’Ivry !Libérez notre camarade!

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"Rien de choquant" pour la préfecture de police

Sur les vidéos, l'un des deux lycéens est immobilisé au sol par un agent de police. L'autre, debout, est encerclé par deux policiers – une femme et un homme. Ce dernier pulvérise du gaz lacrymogène à quelques centimètres du visage de l'adolescent, qui s'écarte. Le lycéen au sol est emmené de force vers une voiture de police et tente de résister. Deux autres jeunes s'approchent de la scène et entament une discussion avec la policière, alors que le jeune homme qui vient de se faire asperger est assis sur le côté et se frotte les yeux. 

 

 

"J’étais en retard pour aller au lycée, rapporte celui-ci à franceinfo. J'ai croisé un collègue à Vélib, et je suis monté à l'arrière du vélo. On est passés devant la police, qui nous a dit qu'on lui avait grillé la priorité." 

 

 

On s'excuse et on explique qu'on va être en retard. Mais là, ça dégénère.un élève interpellé devant son lycée à franceinfo

 

 

Le lycéen, âgé de 17 ans et qui souhaite rester anonyme, relate une escalade rapide de la violence. "Les policiers se sont mis à mal nous parler, nous disant de la 'fermer' et 'd'arrêter de faire les malins', alors que nous, on ne répondait pas, même si ça nous énervait. On avait peur d'être en retard pour les cours." Les policiers contrôlent ensuite l'identité des jeunes gens. D'après un autre témoin, lui aussi élève au lycée et interrogé par franceinfo, le Vélib serait tombé à cause d'une béquille cassée, ce que les agents de police auraient pris pour une "provocation". Une source policière interrogée par franceinfo fait en revanche état d'insultes de la part des deux lycéens, "alors qu'il s'agissait au début d'un simple sermon pour avoir grillé une priorité et roulé trop vite à deux sur un vélo". 

 

 

S'ensuit la scène visible sur les vidéos. "J'arrivais devant le lycée et j’ai vu la voiture de police. Il y avait l’un de mes camarades au sol et un autre, debout, venait de se faire gazer, rapporte à franceinfo la lycéenne qui a filmé la seconde vidéo. J'ai été très choquée, c'était vraiment violent et celui au sol avait l'air de souffrir, il se débattait. Les policiers ont essayé de le faire rentrer dans la voiture, je lui ai conseillé de se calmer pour éviter les complications." Il a ensuite été emmené au commissariat d'Ivry-sur-Seine. 

 

 

 

Collectif Romain Rolland@RRolland94200

🚨Ce samedi matin arrestation violente juste devant le lycée Romain Rolland.Voila comment ça se passe en France quand on est jeune de quartier populaire on ne peut même plus aller étudier tranquillement!Rassemblement en cours devant le commissariat d’Ivry !Libérez notre camarade!

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Collectif Romain Rolland@RRolland94200
 

 

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Sollicitée par franceinfo, la préfecture de police de Paris, en charge de la police nationale dans le Val-de-Marne, confirme qu'il s'agit d'un contrôle de police, durant lequel a été fait usage de gaz lacrymogène "pour empêcher toute opposition physique". Le service communication n'a pas souhaité faire de commentaire sur la méthode employée ni sur les faits, mais assure "ne rien voir de choquant" sur ces images. 

 

 

 

Un signalement déposé à l'IGPN 

Les vidéos sont rapidement devenues virales. "Je ne travaille pas le samedi matin, explique la déléguée syndicale des professeurs du lycée, qui préfère rester anonyme. Mais j'ai reçu la vidéo par un collègue." Un rassemblement est immédiatement organisé devant le commissariat de la ville. "Quelle que soit la version des faits, c'est délirant qu’un élève soit tabassé devant son lycée parce qu’il se dépêchait, s'insurge une enseignante. Qu’il ait insulté ou non la police, ce n'est pas une raison pour l’interpeller aussi violemment." 

 

 

Arrivé au commissariat peu après 8 heures, le lycéen en est reparti vers 20 heures. Un camarade de classe présent sur place indique qu'il est sorti de sa garde à vue "avec du sang sur les lèvres et des coups aux oreilles". D'après lui, "il a demandé à voir un médecin pendant sa garde à vue, mais n'en a pas eu le droit". Le praticien qu'il a vu ensuite lui a délivré un certificat médical le dispensant de retourner en cours pendant quelques jours. "Il nous a dit que dans la voiture qui l'emmenait au poste, il était menotté. Un policier l'aurait insulté et tapé, avant de lui cracher au visage", détaille ce camarade. Toujours selon une source policière, ces blessures sont dues à la résistance du jeune homme et ont toutes été inscrites au procès-verbal rédigé en amont de la garde à vue. 

 

 

"Celui qui tenait le guidon et qui a été placé en garde à vue est bien connu de nos services puisqu'à 17 ans, il a neuf rôles inscrits dans nos dossiers, pour vol, violences, outrages, dégradations, indique cette même source à franceinfo. Ce n'est pas du tout l'enfant de chœur qui est dépeint." A l'issue de sa garde à vue, il a été convoqué le 16 mars 2020 par le juge des enfants en vue d'une mise en examen pour "outrage à agent". La famille du lycéen a déposé une plainte et un signalement auprès de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), a précisé la préfecture de police de Paris à franceinfo.

 

 

 

Des élèves soumis à "un stress intense"

Dès lundi, des blocus et des rassemblements ont été organisés par les élèves en "soutien" à leurs camarades. "Cela va influer sur leurs études, c'est quand même dommage, regrette une professeure du lycée. D'autant plus que ce jeune, qui est convoqué par le juge, cela fait deux ans que je l'ai, c'est un gamin absolument adorable." Selon elle, les élèves, soumis à un "stress intense", notamment du fait de la réforme du bac et de Parcoursup, "ont plus peur d'être en retard que de commettre une autre infraction". Car, depuis la rentrée, le règlement de l'établissement s'est durci : chaque retard est consigné et figure dans le dossier scolaire.

 

 

"C'est quand même fou, nous ne sommes pas du tout dans un lycée difficile", poursuit l'enseignante. Sur le dernier palmarès des lycées du Parisien, le lycée Romain-Rolland affiche 90% de réussite au bac et se classe parmi les meilleurs établissements du Val-de-Marne (4e/49, premier lycée public). "Nos élèves aiment bien être au lycée, c'est un lieu de vie préservé de certaines difficultés qu'ils peuvent connaître, alors si ça commence à devenir un lieu d’anxiété…" 

 

 

En décembre 2018, les lycéens avaient manifesté contre Parcoursup, la réforme du lycée et du bac. A Romain-Rolland, la mobilisation avait été très suivie. Des gardes à vue à rallonge et des perquisitions aux domiciles de six élèves avaient été menées à la suite d'un tag "Macron démission" sur un panneau à l'entrée de l'établissement. "Depuis, on voit constamment des voitures de police devant le lycée et les contrôles d'identité sans raison se sont multipliés. C'est quand même excessif…" rapporte une enseignante. "Les seules patrouilles qu'il y a eu devant Romain-Rolland, c'était dans le cadre du plan Vigipirate, à la rentrée, comme devant tous les lycées", indique une source policière à franceinfo.

 

 

 

"On est contrôlés parce qu'on est en survêtement"

Mais le créateur du compte Twitter @RomainRolland94 partage le constat de l'enseignante. "Quand on est jeune de quartier, même si on n'a jamais rien fait de mal, on connaît les flics, soupire-t-il. On se fait toujours contrôler, juste parce qu'on est en survêtement – j'ai bien vu la différence depuis que je suis en droit et que je mets des jeans-chemises. Les policiers se permettent le tutoiement, la provoc, nous parlent mal. Ils nous disent que ce sont des 'contrôles de routine', mais c'est très oppressant."

 

 

Professeurs et lycéens déplorent une "omniprésence" policière aux abords de l'établissement et des "policiers qui interrogent constamment les élèves". "Ce ne serait pas pareil devant Henri-IV ou Louis-le-Grand [de prestigieux lycées parisiens]. Les élèves le ressentent comme une violence sociale, estime une enseignante. Il ne s'agit pas simplement d'une interpellation violente : c’est tout un système qui s’exprime lorsque nos jeunes sont traités comme cela."

 

 

Le maire de la ville, Philippe Bouyssou (PCF), a lui aussi affiché son soutien aux lycéens lors d'un rassemblement devant l'hôtel de ville, mercredi matin. 

 

 

J'aimerais qu'ils puissent s'investir dans leur citoyenneté d'une autre manière…Philippe Bouyssou, maire d'Ivry-sur-Seine à franceinfo

 

 

Un souhait partagé par une professeure d'histoire du lycée. "Comment voulez-vous qu'on fasse de l'éducation civique, qu'on soit crédibles quand on leur dit qu'il faut respecter les institutions, quand ces institutions ne les respectent pas ?" 

 

 

La prise de position du maire, candidat à sa réélection, a été peu appréciée des policiers d'Ivry et Vitry, la ville voisine. Un rassemblement s'est tenu jeudi 10 octobre devant le commissariat ivryen. Le syndicat Alliance, à l'origine de la manifestation, dénonce une instrumentalisation. "Mes collègues ont juste fait leur travail, affirme Yoann Maras, responsable de la section du Val-de-Marne. Mais le maire, qui se sent menacé pour les municipales, décide de beaucoup s'impliquer dans cette affaire, juste avant de lancer sa campagne. C'est un simple calcul politique." 

 


12/10/2019
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Franceinfo - le jeudi 10 octobre 2019

 

 

Un sondage affirme-t-il que la moitié des musulmans préfèrent la charia aux lois de la République ?

 

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franceinfoRadio France

 

 

Le contenu d'un sondage mené par l'institut Ipsos pour Le Point et la Fondation Jean-Jaurès est détourné par plusieurs élus de l'opposition sur fond de débat sur l'immigration

 

 

 

C'est l'histoire d'un sondage Ipsos publié par Le Point et la Fondation Jean Jaures le mois dernier qui a beaucoup inspiré l'opposition ces derniers jours, sur fond d'attaque à la Préfecture de police et de débat sur l'immigration à l'Assemblée. Voilà notamment ce qu'en a retenu Valérie Boyer lundi 7 octobre sur franceinfo : 

 

"Je voudrais simplement vous dire que la fondation Jaurès a récemment publié une enquête qui était particulièrement édifiante (...), plus de 50% des personnes musulmanes en France plaçaient la charia au dessus des lois de la République."

 

 

RADIO FRANCE / FRANCEINFO
 
 
 
 

 

 

L'enquête de la Fondation Jean Jaures affirmerait que plus de 50% des musulmans placeraient la charia avant les lois de la République. Voici pourquoi c'est faux. 

 

 

 

Une majorité de sondés ne considèrent pas la charia comme supérieure aux lois de la République

Premier élément de réponse à cette affirmation : l'étude n'a pas été réalisée par mais pour la fondation Jean-Jaurès et Le Point, par l'Ifop. Deuxième élément : l'institut de sondage a interrogé 1012 personnes de religion ou d'origine musulmane (avec au moins un parent musulman) sur toute une série de sujets, à l'occasion des 30 ans de l'affaire du foulard de Creil. Il n'y a donc pas que des musulmans dans l'échantillon. 

 

 

Mais c'est surtout le chiffre avancé par la députée LR qui pose problème. L'Ifop a demandé aux sondés s'ils étaient d'accord ou non sur huit affirmations, parmi lesquelles : "En France, la loi islamique, la charia, devrait s'imposer par rapport aux lois de la République". Résultat : 65% des interrogés donc une large majorité ont répondu "pas d'accord", contre 27% "d'accord".

 

 

Eric Ciotti exagère sur les étrangers musulmans et la charia

 

 

Valérie Boyer n'est pas la seule élue Les Républicains à avoir déformé les résultats de cette enquête d'opinion. Son collègue Eric Ciotti l'a également utilisée lundi 7 octobre pour dénoncer un lien entre islamisme et immigration. Notamment lors de son passage sur France 2 (à partir de 6'30") : "46% des étrangers qui sont musulmans considèrent que la charia est supérieure aux lois de la République.

 

 

France 2
 
 
 

 

 

Sauf que l'étude de l'Ifop ne donne pas ce chiffre de 46% mais de 41% des interrogés musulmans ou d'origine musulmane étrangers que se disent d'accord avec l'affirmation sur la charia qui devrait s'imposer sur les lois de République.

 

 

Au-delà de cette erreur, Eric Ciotti choisit de ne retenir qu'une partie des chiffres du sondage sur cette question. L'élu Les Républicains aurait pu également souligner que 49% des étrangers interrogés ne sont pas d'accord avec l'affirmation sur la charia ou encore qu'en incluant les Français par acquisition, le taux d'interrogés "d'accord" tombe à 36%. C'est ce qu'on appelle le "cherry picking", le fait de retenir ou communiquer uniquement sur un élément ou une donnée qui va dans le sens de son argumentation en ignorant, volontairement ou non, ce qui nuance ou contredit sa position.

 


10/10/2019
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Franceinfo - le dimanche 6 octobre 2019

 

 

Projet de loi bioéthique : ce que disent les études et les experts sur les enfants élevés dans des familles homoparentales

 

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Juliette CampionFrance Télévisions

 

 

 

Les opposants à l'extension de la PMA aux femmes lesbiennes et l'Académie de médecine pointent des "risques" pour le développement des enfants et critiquent la méthodologie des études menées sur la question

 

 

 

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La grande majorité des travaux menés depuis 50 ans ne démontre rien d'atypique chez les enfants qui grandissent dans des familles homoparentales. (CAIA IMAGE / SCIENCE PHOTO LIBRARY / AFP)

 

 

 

La question ne cesse d'agiter les débats autour de l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes : les enfants élevés dans des familles homoparentales sont-ils aussi heureux et épanouis que les autres ? C'est une crainte brandie surtout par les opposants. Alors que l'article premier du projet de loi de bioéthique a été adopté à l'Assemblée nationale, vendredi 27 septembre, des députés dénoncent les risques d'une "PMA sans père", expression empruntée à la Manif pour tous.

 

 

Dans son avis officiel, rendu quelques jours plus tôt, l'Académie de médecine (ANM) va dans le même sens. Elle estime que l'ouverture de l'accès à la PMA aux lesbiennes et aux femmes célibataires constitue "une rupture anthropologique majeure, qui n'est pas sans risques pour le développement psychologique et l'épanouissement de l'enfant". L'ANM soulève deux points d'inquiétude : l'absence de père, une figure qui "reste fondatrice" pour l'enfant, et la méthodologie des études menées sur la question, jugées "pas très convaincantes"

 

 

Que disent réellement ces études ? Sont-elle vraiment lacunaires ? Comment un enfant se développe-t-il sans père biologique à ses côtés ? Franceinfo s'est penché sur les travaux conduits depuis les années 1970 auprès de familles homoparentales, avec l'œil de sociologues, de pédopsychiatres et de médecins spécialistes du sujet.

 

 

 

Quelle est l'étendue du corpus scientifique sur l'homoparentalité ?

L'homoparentalité est étudiée depuis une cinquantaine d'années. Au total, on recense quelque 700 études scientifiques sur le sujet, dont une petite partie consacrée au développement des enfants. Les toutes premières ont été lancées dans les années 1970, aux Etats-Unis, à la demande de magistrats et travailleurs sociaux, qui devaient décider s'ils pouvaient confier la garde d'un enfant à un parent homosexuel, notamment à la suite d'un divorce.

 

 

"Ces études portaient sur quatre grands types de questions", explique Martine Gross, sociologue au CNRS, à franceinfo. Il s'agissait d'abord d'interroger l'orientation sexuelle et l'identité de genre des enfants. "On craignait beaucoup qu'ils deviennent homosexuels ou développent des troubles du genre", explique-t-elle. Ces études portaient aussi sur leur développement personnel, leurs relations sociales avec leur pairs et avec les adultes. Et sur une crainte répandue à l'époque, selon laquelle "ces enfants risqueraient davantage que d'autres d'être victimes d'abus sexuels de la part de leurs parents ou d'amis de leurs parents", détaille Martine Gross, dans son essai Idées reçues sur l'homoparentalité.

 

 

En France, ces recherches ont longtemps été inexistantes, alors "qu'étaient recensées plus de 200 références bibliographiques d'études menées principalement aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, mais aussi en Belgique et aux Pays-Bas", souligne Martine Gross, dans son article Quand et comment l'homoparentalité est-elle devenue un objet 'légitime' de recherche en sciences humaines et sociales ? Ces lacunes s'expliquent notamment par la législation française, qui ne permettait pas aux couples homosexuels d'adopter des enfants ou de recourir à la PMA.

 

 

La première publication française centrée sur le développement de ces enfants date de 2000, dans la foulée des premiers débats autour du Pacs, teintés d'une virulente critique de l'homoparentalité. Il s'agit de la thèse du pédopsychiatre Stéphane Nadaud, intitulée Approche psychologique et comportementale des enfants vivant en milieu homoparental. La seule autre étude emblématique publiée dans l'Hexagone sur cette question date de 2005 : deux professeurs de psychologie, Benoît Schneider et Olivier Vecho, ont exploré trente ans de publications sur l'homoparentalité et le développement de l'enfant.

 

 

 

Que disent ces études ?

Globalement, aucune ne démontre quoi que ce soit d'atypique chez les enfants élevés par des parents homosexuels. "Les recherches réalisées aux Etats-Unis et en Europe du Nord tendent à montrer qu'il n'y a pas d'impact majeur de l'homoparentalité sur le bien-être et le devenir psychologique des enfants", écrivent Olivier Vecho et Benoît Schneider. "On observe, ici et là, quelques différences, tantôt à l'avantage, tantôt au détriment des enfants. Mais au final, rien jusqu'ici ne permet de conclure à une plus grande vulnérabilité de ces enfants", nuance Olivier Vecho, dans le journal suisse Le Temps. Les enfants "ne se portent ni mieux, ni moins bien", confirme Martine Gross à franceinfo.

 

 

C'est aussi ce que concluent les recherches menées par Susan Golombok, qui jouissent d'une reconnaissance internationale. Cette psychologue britannique, directrice du Centre for Family Research à l'université de Cambridge, étudie depuis plus de quarante ans les familles "non traditionnelles", à travers d'innombrables études longitudinales (menées sur plusieurs années). Ses conclusions, présentées en 2017 lors du 15e Congrès de la Société suisse de psychologie, sont les suivantes : "La qualité des relations interpersonnelles au sein d'une famille est plus importante pour le développement d’un enfant que la structure dans laquelle il grandit", rapporte Le Temps. Lors de ce congrès, Susan Golombok balaie aussi l'idée reçue selon laquelle la structure familiale aurait un impact sur l'orientation sexuelle des enfants.

 

 

Dans une de nos recherches, plus de 90% d’enfants de parents homosexuels s’identifiaient comme hétérosexuels à l’âge adulte. De plus, cet environnement n’exacerbe pas forcément la masculinité chez une fille ou la féminité chez un garçon.Susan Golombok, psychologue britanniquedans "Le Temps"

 

 

Une autre étude anglo-saxonne notable a été publiée en 2018 (pdf, en anglais) par Nanette Gartrell. Médecin et psychiatre, elle dirige depuis les années 1980 la National Longitudinal Lesbian Family Study (en anglais). Cette étude de suivi, fondée par des lesbiennes, est la première recherche de longue durée menée sur les enfants de couples de femmes. Depuis 1986, à l'aide de questionnaires et d'entretiens, une équipe internationale de chercheurs a suivi 77 enfants de mères lesbiennes, de leur naissance à leurs 25 ans. Les conclusions de cette longue étude ? "Ces jeunes gens ne sont pas différents de la population générale du point de vue de leur santé mentale", assure la chercheuse dans Le Monde"Le doute n'est donc plus permis", selon elle.

 

 

Côté français, Stéphane Nadaud a étudié une cohorte de 58 enfants, entre 4 et 16 ans, tous élevés par des parents homosexuels. Il en tire deux grandes conclusions, similaires aux travaux anglo-saxons : "Premièrement, les profils comportementaux de cette population ne semblent pas différer de ceux de la population générale", résumait-il, en 2002, dans L'Humanité. Aussi, il "démontre que l'homosexualité du parent ne semble pas comporter en soi de facteurs de risques pour l'enfant", ajoute-t-il. Parmi les enfants qui ont participé à ses recherches, "ceux qui semblent avoir le plus souffert sont ceux nés dans une famille de parents hétérosexuels, puis qui ont vécu la séparation de leur père et de leur mère et qui sont ensuite éventuellement élevés par une famille homoparentale", précise-t-il.

 

 

 

Sont-elles fiables ?

Les opposants à l'extension de la PMA aux couples de femmes alertent régulièrement sur la dimension "partisane" de ces travaux. Lors de son audition début septembre par la Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi de bioéthique, le pédopsychiatre psychanalyste Pierre Lévy-Soussan, ouvertement anti-mariage pour tous et anti-PMA pour toutes, a ainsi regretté que ces études aient "toutes été conduites avec un objectif militant : montrer que tout va bien pour les enfants accueillis par un couple de même sexe". Martine Gross rejette en bloc ces accusations : "Pour discréditer le travail des scientifiques, on entend souvent dire : 'ce sont des chercheurs militants !', s'agace-t-elle. Ce n'est pas parce qu'on a des résultats conformes à ce que les militants attendent que les scientifiques qui les ont trouvés sont eux-mêmes militants."

 

 

La chercheuse concède toutefois un biais : la plupart des participants à ces recherches sont recrutés au sein d'associations militantes, ou grâce à des annonces passées dans la presse LGBT. Une méthode qui pourrait, selon elle, influer sur l'objectivité des répondants. Le problème a toutefois tendance à disparaître, puisque les chercheurs se tournent désormais de plus en plus vers les cliniques de fertilité et la presse généraliste, afin d'obtenir des cohortes plus diversifiées. Autre reproche formulé : la taille limitée des échantillons, qui ne concernent souvent que quelques dizaines de sujets, une centaine tout au plus. Et il est difficile d'estimer leur représentativité, car il n'existe pas de données précises et récentes sur le nombre de familles homoparentales en France. 

 

 

Lancée en 2014, l'enquête Devhom sera la prochaine étude française d'envergure. Les premiers résultats sont attendus en 2020. Menée par une équipe pluridisciplinaire de 15 chercheurs – sociologues, anthropologues, psychologues cliniciens et psychanalystes – elle se présente comme la "première étude de grande ampleur sur les familles homoparentales en France". Au total, 150 familles ont été recrutées pour l'axe quantitatif de la recherche. Mais seulement une vingtaine d'enfants font partie du panel des entretiens qualitatifs.

 

 

"Il y a forcément des limites dans la science : on ne peut pas être toujours représentatif de tout", reconnaît Virginie Rozée, chercheuse à l'Institut national d’études démographiques (Ined).

 

 

Toutes les études convergent vers le fait que les enfants issus de PMA se développent comme les autres et aucune ne parvient à démontrer le contraire.Virginie Rozée, chercheuse à l'Ined à franceinfo

 

 

Il n'existe en effet, à ce jour, aucune étude sérieuse démontrant les risques encourus par les enfants nés dans une famille homoparentale. Les deux grandes séries de travaux massivement brandies par les anti-PMA ont ainsi été démontées par la communauté scientifique. La première, publiée par le psychologue américain Paul Cameron, cherchait à prouver une transmission mécanique de l'homosexualité à l'enfant. Ce militant actif contre les droits des homosexuels a été radié de plusieurs associations professionnelles. Ses pairs ont dénoncé ses erreurs méthodologiques (dans la sélection des échantillons de population, les méthodes d'enquête et l'analyse des résultats) et condamné "les violations des principes éthiques" de sa profession et ses "représentations erronées", comme l'explique la faculté de psychologie (en anglais) de l'université de Davis, en Californie.

 

 

La seconde étude, menée par le sociologue Mark Regnerus à l'université du Texas et publiée en 2012, a également suscité une vive polémique. Il affirmait que les enfants de couples de même sexe rencontraient plus de difficultés sur le marché du travail, avaient plus de risque de faire une tentative de suicide ou de consommer des drogues. Là encore, ses pairs dénoncent des fautes méthodologiques. "En plus d’avoir compté des réponses non valables de la part de certains participants", selon Slate, Mark Regnerus a interrogé des enfants dont au moins un parent avait eu une relation amoureuse avec une personne du même sexe au cours de sa vie, et non des enfants élevés par des couples homosexuels. Malgré ses lacunes, l'étude reste relayée, y compris en France, par des opposants à l'homoparentalité et au mariage pour tous, comme Christian Vanneste, Christine Boutin ou l'Alliance Vita. 

 

 

 

Peut-on conclure que les spécialistes sont unanimes sur le bon développement de ces enfants ?

Malgré le consensus des études scientifiques, et la bienveillance globale des pédopsychiatres sur la question, quelques psychanalystes continuent à afficher leurs réticences sur le devenir des enfants conçus par PMA dans des familles homoparentales. "Ils n'accordent que peu de crédit aux études empiriques issues des champs de la psychologie du développement et des sciences cognitives, expérimentales et sociales", constate Martine Gross dans son essai Idées reçues sur l'homoparentalité.

 

 

La psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval, auteure de La construction de la parentalité dans les couples de même sexe (Puf, 2001), note ainsi que les études publiées jusqu'ici "n'ont pas beaucoup de sens pour la psychanalyse, puisqu'il faut au moins trois générations pour se rendre compte des conséquences des 'atypies de conception' comme la PMA ou l'adoption", assure-t-elle. La psychanalyste fait ici référence à une idée de Françoise Dolto. La pédiatre et psychanalyste écrivait, dans Le cas Dominique, qu'il fallait "trois générations pour faire un psychotique".

 

 

Pour son confrère Serge Hefez, "la troisième génération est l'argument massue des psys réactionnaires". Interrogé par franceinfo, le psychiatre et psychanalyste voit régulièrement des enfants de couples homosexuels en consultation. "Ce sont des enfants comme les autres, élevés comme les autres avec des parents souvent très soucieux de leur éducation", assure-t-il.

 

 

Ce sont même plutôt des enfants très fiers de leur famille, au sens où il a fallu qu'ils combattent le regard extérieur pour être reconnus eux-même dans leur vie sociale : ça crée des unités familiales très solidaires.Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste à franceinfo

 

 

Le professeur de psychopathologie Alain Ducousso-Lacaze, qui coordonne l'étude Devhom, apporte une précision supplémentaire. A une vingtaine d'enfants de 9 à 10 ans, élevés par de couples homosexuels, il a demandé de dessiner leur famille. "Tous les enfants représentent la succession des générations de manière banale : ils dessinent les grands-parents, les parents puis eux. Jamais le donneur", décrit-il à franceinfo. Il note toutefois que "ces configurations familiales exigent des efforts de pensée peut-être plus importants que les familles classiques". "Un peu comme dans les familles recomposées", ajoute-t-il.

 

 

 

Que pensent-ils de la sanctuarisation de la figure du père ?

L'Académie de médecine estime que "la conception délibérée d'un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure" et n'est "pas sans risque" pour le "développement psychologique" des enfants. Selon elle,"l'existence de deux mots distincts, père et mère, signifie que l'un ne peut se substituer à l'autre car le rôle des mères et des pères ne sont pas équivalents".

 

 

Un hérésie pour Serge Hefez. "Cela fait déjà des décennies qu'en cas de garde alternée, chacun des deux conjoints occupe l'une des deux fonctions alternativement", contre-t-il. "Les rôles du père et de la mère se sont largement transformés, pour tout le monde", assure encore le spécialiste. Le pédopsychiatre Bernard Golse, qui a présidé le conseil national accès origines personnelles (CNAOP) de 2005 à 2008, ne dit pas autre chose.

 

 

Tout ne se joue pas de manière aussi caricaturale. C’est insultant pour les gens élevés sans père.Bernard Golse, pédopsychiatre à franceinfo

 

 

"Moi je remplace 'père' par 'tiers'. Il faut un tiers symbolique, même si ce n'est pas un père", explique-t-il à franceinfo. Il insiste en outre sur le fait que dans un couple, y compris hétérosexuel, les femmes ont des composantes masculines et les hommes des composantes féminines. "Dans les couple homosexuels féminins, on envisage les deux composantes, masculines et féminines, de chacune. Il faut travailler chacune de ces composantes pour que l'enfant puisse s'en servir pour se construire", détaille le pédopsychiatre.

 

 

Dans ses études longitudinales, Nanette Gartrell a beaucoup analysé la place du père pour les enfants conçus par don de sperme. Elle explique au Monde que la moitié des adolescents interrogés affirment qu'ils ont "un ou des hommes qui leur servaient d'exemple, de modèle". Ces données lui ont également permis de déterminer que "la présence ou l'absence d'un tel modèle masculin n'avait aucun impact sur leur bien-être". Et la psychiatre de conclure que personne ne lui a jamais demandé "si les enfants avaient besoin d'un modèle féminin pour s'épanouir".

 


07/10/2019
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Franceinfo - le vendredi 4 octobre 2019

 

 

VRAI OU FAKE Une place en Ehpad coûte-t-elle entre 1 500 et 1 700 euros par mois, comme l'affirme Emmanuel Macron ?

 

 

Lors du débat sur la réforme des retraites à Rodez, le chef de l'État a affirmé qu'une place en Ehpad pouvait coûter de 1 500 à 1 700 euros par mois. Cette affirmation ne correspond pas au vécu des nombreux Français concernés


07/10/2019
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Franceinfo - le vendredi 4 octobre 2019

 

 

Quand le numérique handicape : qu'est-ce que l'illectronisme, qui toucherait 23% des Français ?

 

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Louis SanFrance Télévisions

 

 

Pour mieux comprendre ce phénomène, franceinfo a interrogé Philippe Marchal, président du syndicat de la presse sociale

 

 

 

"Nous nous accordons tous pour dire que le numérique est une chance pour tous. Mais comment permettre à chacun de saisir cette chance ?" C'est la question posée par Béatrice Piron, député LREM des Yvelines, jeudi 3 octobre, lors d'un colloque sur l'illectronisme, qui a eu lieu à l'Assemblée nationale.

 

 

Mais qu'est-ce que l'illectronisme ? Il s'agit de "la difficulté que les gens ont à maîtriser les outils numériques et particulièrement, bien sûr, les sites internet", a expliqué à franceinfo Philippe Marchal, président du syndicat de la presse sociale. Selon une enquête CSA* (à télécharger en PDF) initiée par ce syndicat, l'illectronisme concerne 23% de la population française. Ce chiffre prend en compte les Français qui n'ont pas de connexion chez eux ou qui ne l'utilisent pas. "C'est quand même très considérable", commente Philippe Marchal.

 

 

 

"Toutes les couches de la société"

Les personnes âgées sont un peu plus concernées par ce problème que l'ensemble de la population. Mais Philippe Marchal fait part de sa surprise lorsque les résultats de l'étude ont montré que l'illectronisme touchait "toutes les couches de la société""Des hommes comme des femmes, des gens qui habitent à la campagne comme ceux qui habitent en ville, des gens qui avaient fait des études comme ceux qui en avaient fait beaucoup moins", détaille-t-il.

 

 

L'illectronisme va devenir un problème encore plus important dans les années à venir car l'Etat compte rendre numérique les démarches administratives, que cela soit pour obtenir la carte grise d'une voiture,ou encore prendre rendez-vous avec un conseiller Pôle emploi. De nombreux stages sont proposés aux personnes qui souffrent d'illectronisme pour les familiariser avec l'univers informatique et le numérique.

 

 

Un début de solution qui ne va pas permettre de les mettre à niveau rapidement, selon Philippe Marchal. Pour lui, il faut prendre le problème dans l'autre sens. Ce sont les sites administratifs qui doivent se mettre à niveau, en se simplifiant, en se clarifiant. Philippe Marchal critique en effet des architectures et arborescences difficilement compréhensibles, même pour des personnes aguerries.



*L'étude a été menée sur un échantillon de 1 011 Français représentatifs de la population âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

 


06/10/2019
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Franceinfo - le vendredi 4 octobre 2019

 

 

Grenoble : un exosquelette révolutionnaire a permis à un tétraplégique de remarcher

 

 

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avec France Bleu IsèrefranceinfoRadio France
 
 

 

Thibault, un jeune homme de 28 ans tétraplégique, a pu remarcher grâce à une neuro-prothèse. Une première mondiale. Les résultats de l'essai clinique seront présentés, lundi 7 octobre, au centre de recherche biomédicale Clinatec, à Grenoble

 

 

 

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Un patient tétraplégique parvient à se déplacer grâce à un exosquelette contrôlé par ses ondes cérébrales, le 3 octobre 2019 à Grenoble (Isère). (HO / CLINATEC ENDOWMENT FUND / AFP)

 

 

 

Les résultats d'un essai clinique, mené en juin 2017 sur un patient tétraplégique qui a pu remarcher grâce à une neuro-prothèse, sont publiés vendredi 4 octobre dans la revue scientifique américaine The Lancet Neurology. Les résultats seront ensuite présentés à la presse lundi 7 octobre, au centre de recherche biomédicale Clinatec à Grenoble, en Isère, rapporte France Bleu Isère.

 

 

L'étude a été menée sur Thibault, un homme de 28 ans, tétraplégique. Il a pu se déplacer et contrôler à nouveau ses mains grâce à cet exosquelette. C'est grâce à deux petites plaques de quelques centimètres carrés, bourrées d'électronique, implantées sur les deux hémisphères de son cerveau, juste sous la boîte crânienne, qu'il a pu remarcher.

 

 

 

 

 

 

L'essai clinique validé

Le jeune homme s'est entraîné pendant plus de deux ans pour contrôler l'exosquelette, qui ressemble à une sorte d'armure. Concrètement, quand Thibault pense le mouvement, son cerveau émet des ondes électriques, qui sont captées par la neuro-prothèse, qui les analyse et transmet ces signaux à l'exosquelette, ce qui permet au jeune homme de faire bouger ses membres paralysés.

 

 

Le patient a ainsi été filmé en train de faire quelques pas et de porter un verre à sa bouche. L'essai clinique a donc été validé par les autorités réglementaires. Les gestes ne sont pas fluides mais c'est une première mondiale.

 

 

C'est une avancée importante pour l'autonomie des personnes handicapéesL'équipe de Clinatec

 

 

L'ambition à terme est de décliner cette interface cerveau-machine pour le pilotage, par exemple, d'un fauteuil roulant ou d'un bras articulé.

 


06/10/2019
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Franceinfo - le jeudi 3 octobre 2019

 

 

"On fait deux boulots en un" : après le suicide de Christine Renon, des directeurs d'école racontent un "malaise généralisé"

 

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Louis SanFrance Télévisions

 

 

La mort de Christine Renon, directrice d'une école maternelle à Pantin, a mis en lumière le mal-être de toute une profession

 

 

 

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Dans une classe de l'école élémentaire Jules Ferry, à Montpellier (Hérault), le 2 septembre 2019. (XAVIER LEOTY / AFP)

 

 

 

Elle ne peut contenir ses larmes à l'évocation de la première phrase de la lettre de Christine Renon. Véronique Decker, directrice d'école à Pantin (Seine-Saint-Denis) de 1994 à 2019, est débordée par l'émotion, en relisant les mots de la directrice d'école maternelle, qui s'est suicidée sur son lieu de travail. "Aujourd'hui, samedi, je me suis réveillée épouvantablement fatiguée, épuisée après seulement trois semaines de rentrée", avait-elle écrit dans un courrier de trois pages envoyé à sa hiérarchie et des collègues.

 

 

"Cette phrase est terrible, elle est extraordinaire parce qu'elle résume tout en quelques mots", juge la jeune retraitée, qui a longuement milité au sein de Sud-Education. Les obsèques de Christine Renon se déroulent jeudi 3 octobre, en même temps qu'une journée de mobilisation des directeurs et directrices d'école. Son geste a mis en lumière le profond malaise qui secoue la profession.

 

 

 

"Septembre, le mois de l'apnée"

"Dire que je me reconnais dans les propos de ma collègue est une évidence", lâche Fabrice*, directeur d'une école de six classes dans le sud-est de la France, à franceinfo. Il parle d'"un malaise généralisé". Pour ce trentenaire non syndiqué, il n'est pas étonnant que Christine Renon témoigne de son épuisement aussi tôt dans l'année scolaire.

 

 

"La rentrée d'un directeur d'école se fait rarement à la date de pré-rentrée officielle fixée par l'Education nationale", explique Fabrice. Dès mi-août, il s'agit de "préparer la réunion avec les collègues, gérer les inscriptions tardives, préparer les documents à remettre aux familles, travailler les plannings de réunions, de surveillance, d'utilisation des locaux, etc.", liste le directeur. Ce n'est pas tout. Il faut aussi se coordonner avec la municipalité, pour "les imprévus de l'été, comme des travaux en urgence, remettre en état les locaux s'ils ont été utilisés."

 

 

Puis vient septembre. "Le mois de septembre est, pour un directeur, celui de l'apnée", selon Fabrice. Ghislaine*, directrice d'une école de trois classes dans le Sud-Ouest, confirme. "En début d'année, il faut rentrer toutes les fiches dans le système informatique : il faut vérifier tous les numéros de téléphone, toutes les adresses… Cela prend un temps fou. Septembre-octobre, jusqu'aux vacances de la Toussaint, c'est vraiment compliqué", raconte la quadragénaire à franceinfo, qui n'est plus syndiquée depuis quelques années, après avoir longtemps adhéré au Snuipp.

 

 

Au menu de la rentrée, Fabrice mentionne également tous les plans et mesures relatifs à sécurité, avec des documents à remplir en version papier et numérique.

 

 

Il y a eu en quelques années une aggravation considérable de la charge de travail liée à l'informatisation et au recueil de données.Véronique Decker, ancienne directrice d'école en Seine-Saint-Denis à franceinfo

 

 

Mais au-delà de cette fatigue précoce, les directeurs d'école interrogés par franceinfo pointent, comme Christine Renon, l'accumulation de tâches et d'imprévus au quotidien. "La succession de toutes ces petites actions qui se surajoutent", selon Ghislaine. Madeleine*, directrice d'une école privée sous contrat d'association dans les Hauts-de-France, détaille pêle-mêle "un conflit entre parents, des choses aussi banales qu'une sortie scolaire où il manque un accompagnateur et à laquelle je dois finalement aller, le manque de papier toilette que je dois aller chercher sur mon temps libre, ou une réunion à 50 km de l'école", compliquant la garde de ses enfants.

 

 

 

"Exercice solitaire"

Pour assurer ces nombreuses tâches, les directeurs sont souvent seuls, alors qu'ils ont également la responsabilité d'une classe. Certains bénéficient d'une "décharge", c'est-à-dire d'une personne qui assure la classe à leur place, quelques jours par mois, selon la taille de l'école. Ces décharges doivent leur libérer du temps pour assurer leur fonction de directeur. Mais pour nombre d'entre eux, elles sont inexistantes ou jugées insuffisantes.

 

 

Pierre* ne se trouve pas accablé par son travail, qu'il affirme toujours aimer. Il est directeur à Paris et a donc le privilège d'être totalement déchargé. Mais il a également officié dans les Yvelines, pendant une vingtaine d'années, sans décharge, et reconnaît qu'assurer la direction et la classe "est juste énorme : on fait deux boulots en un".

 

 

Concrètement, un directeur des écoles fait office de charnière entre l'académie, la mairie, les enseignants (dont il n'est pas le supérieur hiérarchique), les élèves de sa classe, tous les élèves de l'établissement, les parents d'élèves, puis les associations et les autres professionnels qui interviennent dans son école. Psychologues scolaires, assistantes sociales et intervenants divers.

 

 

Malgré tout ce monde, "l'exercice de la direction d'école est un exercice solitaire", affirme à franceinfo Alain Rei, président du Groupement de défense des idées des directeurs d'école (GDID), une association qui milite pour la création d'un nouveau statut spécifique pour les directeurs. Dans les zones rurales très reculées, le directeur peut vraiment se retrouver livré à lui-même. "A la campagne, vous êtes tout seul dans votre école avec les élèves", insiste Ghislaine. Et d'ajouter : "Il y a déjà un isolement quand on est directeur d'école, et si on n'a pas de collègue, c'est encore pire."

 

 

 

"Jamais remercié"

Le directeur est donc seul face à son administration, qui n'est pas toujours tendre lorsqu'un incident survient. "Quand il y a un problème dans votre école avec un élève, ou un parent d'élève, tout de suite, la hiérarchie a un côté suspicieux : 'Mais comment avez-vous fait ? Et pourquoi vous n'avez pas fait comme ça ?' C'est extrêmement pénible à vivre", raconte Ghislaine. Véronique Decker estime que, dans un contexte de "judiciarisation croissante", "l'administration ne cherche qu'à se couvrir". Et de trancher : "L'intérêt de l'élève, l'intérêt de la famille, l'humanité de la relation, tout le monde s'en fout."

 

 

"Le directeur se doit d'être réactif et, en cas de faute, accepter d'être le seul vers qui les reproches convergent. Il est la pierre angulaire du premier degré, mais il n’est jamais remercié", analyse Fabrice.

 

 

Le directeur d'école est un personnel sans pouvoir que l’on aime malmener et qui est peu respecté.Fabrice, directeur d'école dans le sud-est de la France à franceinfo

 

 

Le bilan est amer pour Ghislaine : "On veut toujours bien faire. Et on a l'impression que ce n'est jamais assez. On est tous plus ou moins dans les symptômes du burn-out." De son côté, Madeleine reconnaît "faire partie des directrices qui emmènent leurs problèmes à la maison" et ne cache pas "se laisser parfois envahir par les pleurs". "On a le sentiment de ne pas y arriver", ajoute Alain Rei.

 

 

 

Un poste mal payé, une formation inadaptée

Des tourments pour un travail débordant, et un salaire qui ne fait pas rêver les enseignants. L'OCDE a demandé à la France, en septembre 2018, de clarifier et revaloriser le statut et le rôle des directeurs d'école primaire en France. En effet, celles et ceux qui occupent la fonction ne gagnent que 7% de plus que les enseignants. L'écart est de 41% en moyenne, dans les autres pays de l'OCDE.

 

 

"Pour tout ce qu'on fait, on n'est pas bien payé. Personne ne se bouscule au portillon", pour les postes de direction, souffle Ghislaine. Pourtant, devenir directeur n'est pas spécialement compliqué. L'enseignant qui se porte candidat passe un oral d'une trentaine de minutes et "presque tous les gens qui passent cet entretien sont admis", affirme Pierre. Résultat : beaucoup de directeurs arrivent en poste sans vraiment réaliser la charge de travail. "Dans la majorité des cas, après un an d'essai, cela demande une vraie volonté de rester", assure Fabrice.

 

 

Les directeurs d'école assument seuls ce que le second degré délègue à 8 ou 10 personnes.Fabrice, directeur d'école à franceinfo

 

 

La formation des directeurs est également mise en cause. Elle se fait sur trois semaines perlées, c'est-à-dire réparties à différents moments de l'année. Outre cette formation en pointillé, pour Pierre, il y a un "déficit dans la formation en termes de management", soulignant que "parler en public, en réunion, devant les parents ou des représentants, est hyper stressant".

 

 

Une réflexion sur la création d'un nouveau statut spécifique pour les directeurs d'école est en cours. Mais rien n'est encore tranché. Le ministère de l'Education nationale se contente d'indiquer à franceinfo que "cette réflexion est inscrite à l'agenda social" et qu'elle est "l'un des dossiers les plus importants". Il ne peut donner d'échéance ou se prononcer sur des pistes, comme l'éventuelle création d'un statut hiérarchique supérieur pour les directeurs d'école, ou un dédoublement avec un poste de directeur administratif et un autre de directeur pédagogique. En attendant, le malaise risque de perdurer. Pour tenir, les directeurs s'accrochent "aux sourires des enfants et la reconnaissance des parents", glisse Ghislaine. Mais pour combien de temps ?

 

 

*Le prénom a été modifié

 


Si vous avez besoin d'aide, si vous êtes inquiet ou si vous êtes confronté au suicide d'un membre de votre entourage, il existe des services d'écoute anonymes. La ligne Suicide écoute est disponible 24h/24 et 7j/7 au 01 45 39 40 00. D'autres informations sont également disponibles sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé.

 


03/10/2019
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Franceinfo - le jeudi 3 octobre 2019

 

 

Police : mobilisation historique pour dénoncer le malaise dans la profession

 

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Tous grades et syndicats confondus, les policiers ont défilé mercredi 2 octobre à Paris pour dénoncer le manque de moyens, l'inquiétude sur leurs retraites et un taux de suicide en flèche

 

 

 

En tête de cortège mercredi 2 octobre à Paris, les policiers étaient munis de faux cercueils, en mémoire de leurs collègues qui ont mis fin à leurs jours. Depuis le début de l'année, 51 se sont suicidés. La "marche de la colère" a été suivie par des gardiens de la paix, des officiers ou encore des commissaires. Ils protestent contre leurs conditions de travail qui, disent-ils, se dégradent de jour en jour. Ils dénoncent un manque d'effectifs et de considération.

 

 

23 millions d'heures supplémentaires impayées

 

 

Un enquêteur de la police judiciaire, qui s'est confié anonymement, explique avoir accumulé en quinze ans de service, près de 2 500 heures supplémentaires non payées. Au total, 23 millions d'heures supplémentaires n'ont pas été payées aux policiers. Le ministre de l'Intérieur a promis une enveloppe de 286 millions d'euros pour remettre les compteurs à zéro.

 


03/10/2019
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Franceinfo - le mercredi 2 octobre 2019

 

 

"Marche de la colère" des policiers : "Un premier avertissement", prévient Alliance Police Nationale

 

 

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franceinfoRadio France

 

 

 

À quelques heures de la manifestation prévue à Paris pour dénoncer leurs conditions de travail et le malaise qui touche les fonctionnaires, Olivier Hourcau, secrétaire général adjoint du syndicat, réclame des "actes forts" au gouvernement

 

 

 

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Illustration police, septembre 2019. (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS)

 

 

 

Le secrétaire général adjoint du syndicat Alliance Police Nationale, Olivier Hourcau, a estimé mercredi 2 octobre sur franceinfo que la "démonstration que les syndicats de police" allaient faire serait "un premier avertissement pour le gouvernement", alors que quasiment tous les syndicats de policiers appellent à une "marche nationale de la colère", à la mi-journée à Paris, pour dénoncer leurs conditions de travail. Depuis le début de l'année, 52 policiers se sont suicidés. Les syndicats attendent un geste fort de la part du gouvernement.

 

 

 

C'est ce nombre effroyable de suicides chez les policiers qui vous pousse à descendre dans la rue aujourd'hui?

 

 

Olivier Hourcau: Oui, c'est une année noire, du jamais-vu depuis plusieurs années, donc depuis 2001 c'est la première fois qu'une intersyndicale se monte pour dénoncer les conditions de travail, les suicides, et la stigmatisation systématique des policiers. C'est un ras-le-bol. On a basculé dans une situation vraiment critique. Et aujourd'hui, tous les syndicats de la police nationale se rassemblent. Ça concerne tous les corps, de l'adjoint de sécurité au commissaire, en passant par les personnels administratifs, techniques et scientifiques, ça n'est pas anodin. Tous les corps de la police nationale se rassemblent justement parce qu'il y a un malaise profond. Aujourd'hui, la situation devient critique. Ramener cela uniquement à des revendications sur les salaires, non on ne demande pas que ça. On demande de la reconnaissance aujourd'hui pour les policiers et les policières.

 

 

 

Comment obtenir de la reconnaissance, si ça ne passe pas par une hausse de salaire?

 

 

La reconnaissance, ça doit venir de la population. Là, on a un soutien mais on a une minorité qui, systématiquement, stigmatise les policiers. On a des élus de la République qui viennent salir les policiers. On l'a vu la semaine dernière avec M. Mélenchon. Tout ça, toutes les images, tous les réseaux sociaux qui viennent faire des policiers des boucs émissaires, où tous les policiers sont responsables de tout. Ça touche les policiers, mais surtout leur famille et leurs proches. Donc on arrive à une vague de suicides. Même si les suicides ont des causes multifactorielles, les conditions de travail comptent beaucoup. On a besoin d'actes forts.

 

 

 

Que serait un acte fort du gouvernement ?

 

 

On a besoin, par exemple et puisqu'on parle en ce moment des retraites, d'être rassurés sur ce dossier. Les policiers l'attendent vraiment. Un acte fort, ce serait que le président République annonce que les policiers vont avoir leur statut spécial préservé. Il faut absolument qu'au gouvernement, et au plus haut sommet de l'Etat, ils comprennent qu'aujourd'hui les policiers attendent justement des déclarations pour rassurer les policiers.

 

 

 

Il y a eu la crise des "gilets jaunes", la mort de Steeve à Nantes, de nombreux blessés recensés, une doctrine du maintien de l'ordre qui a été beaucoup critiquée. Vous dites regretter qu'on vous mette tous dans le même panier mais il y a aussi des dérives que vous êtes capables de reconnaître ?

 

 

Oui, mais si un policier faute, il est sanctionné à hauteur de sa faute. Aujourd'hui, les policiers font leur travail avec professionnalisme. On peut tout mettre sur le dos des policiers, mais leur professionnalisme n'est absolument pas remis en cause. C'est vrai que les manifestations des "gilets jaunes", la pression du terrain, les collègues policiers qui sont stigmatisé "H24" ça pèse. Mais dans les manifestations qui se sont succédé, les unes derrière les autres, il n'y a pas eu de faute. Les collègues ont assuré. Bien évidemment, il est tellement plus facile qu'une minorité vienne appuyer là où ça fait mal, en disant que les policiers ne font pas leur travail.

 

 

 

Il n'y a plus de respect de l'uniforme mais comment changer les mentalités ?

 

 

Je pense que c'est une question d'éducation. Parce que là, les citoyens aiment leur police les citoyens soutiennent la police. Aujourd'hui c'est une minorité qui vient encore une fois mettre le bazar là où il n'y a pas lieu de le mettre. Des associations qui viennent enfoncer un petit peu le travail des policiers. Et c'est vrai que ça devient insupportable et je pense qu'aujourd'hui le ras-le-bol va se faire sentir. Je pense qu'aujourd'hui, la démonstration que les syndicats de police vont faire dans la rue est un premier avertissement pour le gouvernement. Il faut vraiment une réaction du gouvernement. Personne ne nous prend au sérieux. Mais c'est le début d'une action qui pourrait être amplifiée dans les prochaines semaines.

 


02/10/2019
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Franceinfo - le samedi 28 septembre 2019

 

 

Le déficit de la Sécurité sociale replonge de façon spectaculaire en 2019, à 5,4 milliards d'euros

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Les ministères de la Santé et des Comptes publics, qui tablaient il y a tout juste un an sur un léger excédent budgétaire pour 2019, renvoient désormais le retour à l'équilibre à 2023

 

 

 

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Dans le rouge depuis 2002, les comptes du régime général et du fonds de solidarité vieillesse (FSV) se sont lourdement dégradés cette année. (DENIS CHARLET / AFP)

 

 

 

Après avoir atteint un niveau très bas, le déficit de la Sécurité sociale replonge. Il atteindra les 5,4 milliards d'euros en 2019, contre seulement 1,2 milliard en 2018, selon les chiffres quasi-définitifs du projet de budget 2020 que le gouvernement doit dévoiler, lundi 30 septembre. Pour 2020, le "trou de la Sécu" devrait atteindre 5,1 milliards. 

 

 

Dans le rouge depuis 2002, les comptes du régime général et du fonds de solidarité vieillesse (FSV) se sont lourdement dégradés cette année. Les ministères de la Santé et des Comptes publics, qui tablaient il y a tout juste un an sur un léger excédent budgétaire pour 2019, renvoient désormais le retour à l'équilibre à 2023.

 

 

 

Conjoncture économique et "gilets jaunes"

Trois facteurs sont avancés par le gouvernement pour expliquer ces mauvais chiffres. En premier lieu, la conjoncture économique s'est avérée moins bonne que prévue. La croissance, l'inflation et la masse salariale n'ont pas augmenté autant qu'espéré, réduisant en proportion les recettes attendues.

 

 

La Sécu paie aussi la facture des "mesures d'urgence" – CSG réduite pour certains retraités et exonération des heures supplémentaires – adoptées en réponse à la crise des "gilets jaunes". Des concessions qui pèsent surtout sur la branche retraite de la Sécu, qui "supporte pour l'essentiel le coût de l'exonération de cotisations", expliquent les deux ministères.

 

 

Enfin, les prestations vieillesse ont été "plus dynamiques qu'anticipé", notamment parce que le relèvement de l'âge légal et l'augmentation de la durée de cotisation, décidés par les précédents gouvernements, produisent de moins en moins d'effets sur l'âge réel de départ et génèrent donc moins d'économies.

 


30/09/2019
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Franceinfo - le samedi 28 septembre 2019

 

 

Les causes de l’alarmante disparition des oiseaux en France

 

 

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Avec la cellule investigation de Radio FrancePhilippe ReltienfranceinfoRadio France

 

 

 

Désorientés par le changement climatique, lentement empoisonnés par les néonicotinoïdes, un tiers des oiseaux nicheurs ont disparu des campagnes françaises

 

 

 

Le chardonneret élégant, le coucou, le milan royal, le pigeon ramier, la perdrix grise, l’alouette : la situation est alarmante. Non seulement ces oiseaux disparaissent, mais cette disparition s’est accélérée ces dernières années : "Depuis 1989, on a perdu en France à peu près un tiers des oiseaux des milieux agricoles, constate Frederic Jiguet, ornithologue et professeur au Centre d'écologie et des sciences de la conservation du Muséum d’histoire naturelle. Les alouettes, les tourterelles des bois, les perdrix, sont des espèces en déclin et dont on perd chaque année 1 % à 2 % des effectifs. On a perdu à peu près un quart des coucous en France, l’une des espèces en déclin marqué."

 

 

Les espèces les plus touchées. 

Les espèces les plus touchées.  (Getty / MaxPPP)

 

 

 

En tout, près de 275 espèces sont touchées, dont 32 % d’oiseaux nicheurs. Certaines, comme le moineau friquet, ont presque disparu dans toute l’Europe de l’Ouest. D’autres plus gros, comme les merles, les pies ou les corneilles, qui mangent tout y compris des oisillons, survivent mais se réfugient en ville. Le phénomène n’est pas qu’européen. En cinquante ans, près de trois milliards d’oiseaux ont aussi disparu en Amérique du Nord.

 

 

 

Comment sait-on qu’ils disparaissent ?

Des comptages sont effectués chaque printemps par des centaines d’ornithologues et d’amateurs. Ils écoutent et enregistrent les bruits des oiseaux à des points précis et identiques d’une année sur l’autre, et notent toutes leurs observations. En les compilant, ils arrivent au constat que partout en France, ces espèces déclinent. Quand une espèce perd 25 % de ses effectifs en dix ans, comme c’est le cas pour le chardonneret élégant par exemple, il est ajouté à la liste rouge des espèces menacées en France. Cette liste, éditée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), ne cesse de s’étoffer.

 

 

 

Le changement climatique mis en cause 

Les conséquences des activités humaines sur l'environnement sont, on le sait, une des principales raisons du déclin des espèces animales. Mais comment cela se traduit-il pour les oiseaux ?

 

 

Il y a d'abord, les effets du changement climatique. De nombreux oiseaux qui migrent au printemps et en automne sont perturbés par les effets du dérèglement climatique. Le coucou en fait partie : "La femelle a la particularité de ne pas élever son propre poussin et de pondre un œuf dans le nid d'une autre espèce, comme le rouge-gorge, explique Frederic Jiguet. Avec le changement climatique, les printemps sont de plus en plus précoces en Europe. Quand les coucous arrivent de migration, les rouges-gorges ont déjà pondu leurs œufs, il est donc trop tard pour que les femelles coucous puissent pondre dans un nid de rouges-gorges."

 

 

 

Les effets indirects des pesticides

Pour protéger les récoltes des insectes et animaux dits nuisibles, les agriculteurs utilisent depuis longtemps toutes sortes de pesticides, insecticides qui sont autant de poisons. En France, l’agriculture répand chaque année plus de 65 000 tonnes de pesticides pour traiter les céréales, la betterave ou encore les vignes. La plupart de ces produits ont des effets directs sur le déclin des oiseaux, qui se nourrissent de graines, d’insectes ou de petits rongeurs.

 

 

Parmi eux, on retrouve la bromadiolone, pesticide répandu depuis les années 70 pour lutter contre les campagnols, tue aussi par ricochet les rapaces, notamment les milans, victimes collatérales de ce raticide. Cet anticoagulant est indirectement ingéré par ces oiseaux, qui s’empoisonnent en se nourrissant de rongeurs. Il y a aussi les vermifuges sont utilisés sur les animaux (chevaux, vaches, moutons) pour éliminer les insectes parasites. Certaines espèces d’oiseaux comme la bergeronnette, le tarier, ou l’étourneau, se délectent de ces insectes, et sont à leur tour empoisonnés par ces produits vétérinaires. 

 

 

Enfin, les néonicotinoïdes, insecticides les plus virulents, sont responsables du déclin des abeilles et de trois quarts des insectes. Commercialisés depuis les années 80, ils sont interdits en France depuis septembre 2018. En Allemagne, on estime qu’à cause d’eux, la biomasse des insectes a diminué de 80 %. Faute d’insectes, les oiseaux ne peuvent plus nourrir correctement leurs oisillons. Ce constat explique que les oiseaux des champs, directement en contact avec les pesticides, soient plus affectés que ceux des forêts.

 

 

 

Comment les pesticides agissent-ils sur les oiseaux ?

Qu’ils soient insecticides, désherbants, ou fongicides, les pesticides ont tous des effets sur la santé des oiseaux. "Ils vont agir sur plusieurs organes, notamment le foie et l’encéphale, détaille Norin Chaï, vétérinaire à la ménagerie du Jardin des plantes à Paris. Ils vont entraîner des lésions au niveau reproducteur, affiner et fragiliser la coquille des œufs. Les pesticides peuvent aussi entraîner des lésions nerveuses, causer des retards de croissance, une baisse de la fertilité, des pertes de repère dans l'espace, etc."

 

 

Les pesticides dérèglent également les hormones thyroïdiennes, indispensables au vol et à la migration des oiseaux, comme le coucou et l’hirondelle. "Les hormones thyroïdiennes sont essentielles pour la prise de poids et les changements des muscles, précise Barbara Demeinex, biologiste et endocrinologue, et autrice du livre Cocktail toxique : comment les perturbateurs endocriniens empoisonnent notre cerveauElles sont indispensables pour la navigation. À cause de l’interférence des pesticides, les oiseaux vont littéralement perdre le Nord."

 

 

Plus de 287 produits suspects ont été recensés. Des produits qui ne sont pas seulement cancérogènes mais aussi mutagènes et reprotoxiques, c’est-à-dire qu’ils affectent aussi les mécanismes de la reproduction.

 

 

 

Pourquoi on parle d’effets sublétaux

Les pesticides causent une mort lente chez les oiseaux. Chez la perdrix grise, le pigeon biset ou chez le ramier, les effets, dans un premier temps, ne sont pas visibles. "La majorité des pesticides ont des effets sublétaux, c'est-à-dire des effets insidieux, liés à des expositions plus longues où répétées à ces produits, analyse Olivier Cardoso, écotoxicologue à l’ONCFS, l'Office national de la chasse et de la faune sauvage. Avec pour conséquence "des troubles neurologiques, des troubles de l'immunité, des perturbations endocriniennes, qui vont mettre en jeu la santé de l'animal, mais pas forcément de manière foudroyante, violente, et qui vont même avoir parfois des effets transgénérationnels et des effets sur la population globale de ces animaux, avec un affaiblissement général de ces populations."

 

 

 

Pesticides et mortalité des oiseaux : causalité démontrée

En février 2018, l’ONCFS a publié un rapport qui prouve pour la première fois que les oiseaux sont bien exposés aux pesticides, et en particulier l’imidaclopride. Cette molécule appartient à la famille des néonicotinoïdes utilisés dans les champs pendant plus de 20 ans.

 

 

Ce rapport précise que "sur 3 000 cas suspects d'oiseaux empoisonnés sur 20 ans, 239 carcasses ont été récupérées près de champs fraîchement semés dans les zones de culture céréalière intensive du Nord et du Centre de la France. Plus de cent cas ont été associés à une réelle exposition à l'usage agricole de la molécule insecticide imidaclopride. Dans les deux tiers des cas, les oiseaux avaient mangé des semences traitées. La mortalité par empoisonnement a donc été déclarée probable dans 70 % des cas."

 

 

Cas suspects d\'oiseaux empoisonnés entre 1995 et 2014, principalement localisés dans le centre-nord de la France, zones de culture intensive de céréales. 

Cas suspects d'oiseaux empoisonnés entre 1995 et 2014, principalement localisés dans le centre-nord de la France, zones de culture intensive de céréales.  (SAGIR / ONCFS)

 

 

 

Dans le sillage de ces conclusions, le Museum d’histoire naturelle compte saisir l’Office français de la biodiversité, afin de comparer la carte des achats de pesticides en France avec celle des observations d’oiseaux dans les départements, afin de voir quels produits chimiques peuvent être précisément incriminés dans la diminution des oiseaux.

Comment font les oiseaux pour s’empoisonner avec l’imidaclopride ?

 

 

L’imidaclopride est particulièrement facile à repérer et picorer car elle enrobe la semence d’une couleur rose.

 

 

Les graines ainsi traitées ne sont pas toutes enfouies lors du processus d’ensemencement. Entre 10 et 70 graines par mètre carré restent en surface, ce qui en fait nourriture abondante pour les oiseaux. Or quelques dizaines de ces graines suffisent à déclencher chez eux des effets neurologiques ayant des conséquences sur leur vigilance et leur motricité.

 

 

 

Semences certifiées de maïs semblables aux semences enrobées d\'imidaclopride.

Semences certifiées de maïs semblables aux semences enrobées d'imidaclopride. (CHRISTIAN WATIER / MAXPPP)

 

 

Pourquoi interdire ne signifie pas la fin des problèmes

Malgré sa récente interdiction, les effets de cet insecticide perdurent. "L’imidaclopride et les molécules de cette famille peuvent rester plusieurs années dans les sols où elles peuvent s'accumuler, affirme Stéphane Foucart, auteur de Et le monde devint silencieux - Comment l'agrochimie a détruit les insectes. On trouve dans le pollen et le nectar des fleurs sauvages, butinées par les papillons et les abeilles en marge des champs, des traces non négligeables et parfois même létales de produits."

 

 

Par ailleurs, on détecte encore, 50 ans après, du DDT, insecticide interdit en France depuis le début des années 70, dans le liquide amniotique des femmes enceintes.

 

 

 

Après les oiseaux, les hommes ?

"Quand des scientifiques vous alertent sur la dangerosité d'un produit, la moindre des choses, c'est de prendre son temps, de réfléchir et d'adapter la production en fonction de ce que l'on vient d'apprendre, estime l’écologiste Fabrice Nicolino, journaliste et auteur du livre Le crime est presque parfait. Or là, on fait exactement le contraire. Autrefois, les canaris permettaient d’alerter sur l’imminence d’un coup de grisou dans les mines. Eh bien c'est le même message que nous adressent les oiseaux quand ils disparaissent par centaines de milliers. Il faut sonner le tocsin, c'est évident."

 

 

Le risque à terme, selon les ornithologues, est de se retrouver avec un petit nombre d’espèces qui prendraient la place de toutes les autres, avec d’un côté certaines adaptées à la pollution et au changement climatique, et de l'autre des oiseaux d'élevages – poules et autres canards – qui seraient, elles destinées à la consommation. Ce serait donc la fin de la biodiversité telle qu’on l’a connue jusqu’à présent.

 


30/09/2019
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Franceinfo - le jeudi 26 septembre 2019

 

 

Un mètre d'eau en plus d'ici à 2100 : voici les conséquences sur six villes et régions du monde

 

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Franceinfo a simulé cette montée des eaux anticipée par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat dans leur pire scénario

 

 

 

Les prévisions sont inquiétantes. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) a lancé, mercredi 25 septembre, une nouvelle alerte sur les impacts du réchauffement climatique sur l'océan et la cryosphère. Selon ce rapport, le niveau des mers et océans monte plus de deux fois plus vite qu'au XXe siècle. En outre, les océans se réchauffent, s'acidifient et produisent de moins en moins d'oxygène, ce qui nuit à la vie sous-marine.

 

 

>> Accélération de la montée des eaux, fonte du permafrost, cyclones extrêmes… Ce qu'il faut retenir du dernier rapport du Giec sur le climat

 

 

La montée du niveau des eaux est un phénomène parti pour durer encore plusieurs siècles, d'après les prévisions du Giec. Si on ne fait rien, le niveau des eaux pourrait croître jusqu'à 1,10 m à la fin du XXIe siècle. A l'inverse, si l'accord de Paris était respecté, l'augmentation du niveau des eaux serait contenue entre 30 et 60 cm, précisent les auteurs de l'étude.

 

 

 

Jusqu'à 5 mètres en 2300

Grâce au site Sea Level, franceinfo a simulé cette augmentation du niveau des mers et des océans sur les côtes françaises, mais aussi pour les villes de Venise (Italie) et d'Amsterdam (Pays-Bas) ainsi qu'en Floride (Etats-Unis). 

 

 

Selon le pire des scénarios, le niveau des eaux pourrait augmenter jusqu'à 5 mètres en 2300, ce qui entraînerait une aggravation des évènements climatiques. Le rapport estime que des phénomènes d'inondations ou de submersion marine qui n'avaient lieu qu'une fois par siècle se produiront désormais tous les ans.

 


26/09/2019
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