L'AIR DU TEMPS

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SAVOIR et DECOUVERTES


Franceinfo -

 

 

Nouveau coronavirus : la Chine relève le bilan à 9 morts et plus de 440 contaminations

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Ce virus, qui se transmet par les voies respiratoires, "pourrait muter et se propager plus facilement", a indiqué un responsable des autorités sanitaires chinoises

 

 

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Des personnes portent un masque de protection dans la rue à Pékin en Chine, le 21 janvier 2020. (ANNA RATKOGLO / SPUTNIK)

 

 

L'épidémie s'étend. Le nouveau coronavirus qui frappe la Chine a fait trois nouveaux décès. Au total, neuf personnes sont mortes dans le pays et plus de 440 cas ont été recensés, ont annoncé les autorités sanitaires mercredi 22 janvier. Le précédent bilan faisait état d'environ 300 cas et de six morts, tous à Wuhan, ville à l'épicentre de l'épidémie.

 

 

Ce virus, qui se transmet par les voies respiratoires, "pourrait muter et se propager plus facilement", a indiqué le vice-ministre de la commission nationale de la santé.  Celui-ci a annoncé des mesures pour contenir la nouvelle et mystérieuse maladie, notamment la désinfection et la ventilation des aéroports, des gares et des centres commerciaux.

 

 

Les autorités chinoises redoutent que le virus puisse se propager à la faveur des longs congés du Nouvel an chinois, qui commencent vendredi, et donnent lieu chaque année à des centaines de millions de voyages en car, en train ou en avion dans l'ensemble du pays. 

 

 

 

L'OMS se réunit en urgence

Près de la moitié des provinces de Chine sont touchées par l'épidémie, y compris des mégapoles comme Shanghai et Pékin. Un cas a été décelé à Macao, capitale mondiale des jeux d'argent, où les employés de casinos devront porter des masques.

 

 

Alors que des cas ont été confirmés au Japon, en Corée du Sud, en Thaïlande, à Taïwan et aux Etats-Unis, un comité ad hoc de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) se réunit mercredi à partir de 18 heures pour déterminer s'il convient de déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale".

 

 

Nombre de pays asiatiques ayant des liaisons aériennes directes ou indirectes avec Wuhan ont renforcé les contrôles des passagers à l'arrivée. Même la Corée du Nord, proche alliée de Pékin, s'apprêterait à fermer ses frontières pour se protéger.

 


22/01/2020
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Franceinfo - le lundi 20 janvier 2020

 

 

Démarchages téléphoniques : des associations de consommateurs veulent faire interdire ce "harcèlement commercial"

 

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franceinfoRadio France

 

 

Une pétition est lancée par plusieurs associations de consommateurs, dont l’UFC-Que Choisir, à partir de ce lundi, pour "mettre fin au fléau"

 

 

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Le site de Bloctel pour pouvoir bloquer son numéro au démarchage téléphonique.  (JEAN-FRAN?OIS FREY / MAXPPP)

 

 

 

"Est-ce que c'est normal que des gens reçoivent 10 à 20 appels téléphoniques par jour ?", a affirmé lundi 20 janvier sur franceinfo Alain Bazot, président de l’UFC-Que Choisir. Avec d'autres associations de consommateurs, ils dénoncent l'utilité de la liste Bloctel, censée empêcher les appels incessants. Ils lancent aussi une pétition "démarchage téléphonique : interdisons ce fléau", ce lundi. 

 

 

 

franceinfo : Votre idée, c'est de prendre le problème à la racine ?

 

Alain Bazot : C'est une première, toutes les organisations de consommateurs, et même les associations familiales sont vent debout contre cette pratique de harcèlement commercial. C'est aussi bien les opérateurs d'énergie que les assureurs ou les mutuelles. On a une multitude de grands opérateurs qui ne cessent d'harceler les consommateurs qui sont vraiment à bout. On ne comprend pas qu'on ne mette pas fin à ce fléau, qui est vraiment endémique en France. Il y a d'abord la tranquillité des gens. Est-ce que c'est normal que des gens reçoivent 10, 20 appels téléphoniques par jour ? Le deuxième point, c'est qu'il y a une corrélation extrêmement étroite entre une montée en puissance des litiges avec ces sociétés qui font du démarchage.

 

 

 

La liste Bloctel, où on peut inscrire son numéro pour ne plus être dérangé, est-ce qu'il faut essayer de l'améliorer ?

 

Ce système ne fonctionne pas, ça fait quatre ans que c'est mis en place et il y a plein de trous dans la raquette, il y a des dérogations. Aujourd'hui vous êtes supposés être d'accord si vous ne faites pas une démarche pour dire non. Et quand vous faites une démarche pour dire non, la loi prévoit plein de dérogations. Et ce qui est stupéfiant, c'est que la proposition de loi qui pourrait être adoptée dans quelques jours va aggraver la situation. Je ne comprends que les élus, les parlementaires, soient autant hors-sol et n'entendent pas la colère de citoyens. Il faut inverser la règle.

 

 

 

C'est la solution, inverser le système de Bloctel, basculer vers un système dit "Opt In", qui autoriserait le démarchage uniquement lorsque une personne y a expressément consenti ?

 

Ce serait une solution médiane, effectivement qui améliorerait considérablement les choses. C'est sans doute compliqué d'interdire purement et simplement une forme d'activité, mais au moins faire prévaloir le principe de "si je n'ai rien dit, je veux être tranquille", c'est le principe qui prévaut pour les SMS et les courriels. Pourquoi ne fait-on pas cela avec le démarchage téléphonique, qui est infiniment plus intrusif ? Et encore une fois, les sociétés qui utilisent ce système marketing sont celles qui sont en tête de proue pour les litiges qu'on doit régler, donc il y a un vrai problème auquel il faut mettre fin.

 


21/01/2020
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Franceinfo - le mardi 21 janvier 2020

 

 

Nouveau coronavirus : la Chine annonce un quatrième décès, un premier cas suspect recensé en Australie

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Une réunion d'urgence doit se tenir mercredi à l'Organisation mondiale de la santé pour évaluer les risques de ce virus inconnu, semblable à une pneumonie

 

 

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Des passants portent des masques de protection à Pékin (Chine), le 21 janvier 2020. (KOKI KATAOKA / YOMIURI)

 

 

 

Le bilan continue de s'alourdir. Un homme de 89 ans est devenu la quatrième personne à succomber au nouveau coronavirus qui se répand à travers la Chine, ont annoncé mardi 21 janvier les autorités. L'homme est mort après avoir éprouvé des difficultés à respirer, à Wuhan, la ville située dans le centre du pays où s'est déclenchée l'épidémie.

 

 

Par ailleurs, un homme rentrant de Chine et présentant les symptômes du mystérieux virus a été placé à l'isolement à son domicile en Australie. Il s'agit du premier cas suspect en Australie de ce nouveau coronavirus. Un porte-parole des autorités sanitaires de l'Etat du Queensland a expliqué que cet homme est récemment rentré de Wuhan.

 

 

 

Des questions sur la transmission entre humains

Cette épidémie est due à un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus pouvant provoquer des maladies bénignes ou des pathalogies plus graves comme le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère). Le nouveau virus appartient d'ailleurs à la même famille que ce dernier, qui avait fait 774 morts dans le monde en 2002-2003, la plupart en Chine et à Hong Kong.

 

 

Lundi, un expert chinois a expliqué que ce nouveau virus était transmissible entre humains. L'OMS estime pour sa part qu'un animal semble être "la source primaire la plus vraisemblable", avec "une transmission limitée d'humain à humain par contact étroit". L'Organisation mondiale de la santé a annoncé la tenue mercredi d'une réunion d'urgence pour déterminer s'il convient de déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale".

 


21/01/2020
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Franceinfo - le mardi 21 janvier 2020

 

 

Tempête Gloria : 1 500 foyers privés d'électricité à cause de la neige dans les Pyrénées-Orientales

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

En raison d'éboulements et d'inondations, la route côtière D114 a été fermée entre les stations balnéaires de Banyuls-sur-mer et Cerbère, limitrophe de l'Espagne

 

 

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Un chasse-neige à Vizzavona en Corse, le 20 janvier 2020.  (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

 

 

 

Ce qu'il faut savoir

 

 

Il a neigé dès 200 m d'altitude dans le département des Pyrénées-Orientales, des chutes inhabituelles dues à la tempête Gloria, qui perturbe les transports en plaine et en montagne, selon Météo France, mardi 21 janvier. "La neige va continuer de tomber en montagne, et on attend un renforcement des précipitations en plaine", a indiqué la préfecture des Pyrénées-Orientales, département placé en alerte orange depuis lundi à 16 heures.

 

 

Trois personnes mortes en Espagne. La tempête Gloria a d'abord balayé l'Espagne, frappant le littoral méditerranéen de Valence à la Catalogne. Trois personnes sont mortes et près de 200 000 élèves étaient privés de classe.

 

 

L'autoroute A9 est fermée. Principal axe autoroutier entre la France et l'Espagne, l'A9 est fermée dans les deux sens entre Perpignan et le Boulou, la dernière sortie avant l'Espagne, car il a neigé au col du Perthus, dans les Pyrénées.

 

 

Les autocars mis à l'arrêt en zone montagneuse. Mardi et mercredi, les autocars assurant les transports en commun dans les zones montagneuses de la RN 116 ne pourront pas circuler sur cet axe. Lundi, des autocars transportant des enfants se rendant en classe de neige ont été stoppés par la neige et les enfants accueillis dans des salles communales, selon les pompiers.

 


21/01/2020
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Franceinfo - le lundi 20 janvier 2020

 

 

Près de la moitié de la population mondiale vit avec moins de 5 dollars par jour, selon Oxfam

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Dans son rapport annuel, l'ONG met en avant les conséquences du fossé entre riches et pauvres sur les femmes et les filles

 

 

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Une femme dans un bidonville de Nairobi au Kenya, le 2 janvier 2019. (SOPA IMAGES / LIGHTROCKET)

 

 

Les uns s'enrichissent, les autres s'appauvrissent. Les 2 153 milliardaires de la planète détiennent désormais plus d'argent que 60% de la population mondiale, dénonce lundi 20 janvier l'ONG Oxfam dans son rapport annuel. Dans le même temps, près de la moitié de la population mondiale – environ 3,8 milliards de personnes – vit toujours avec moins de 5 dollars par jour.

 

 

 

 

 

 

 

"Le fossé entre riches et pauvres ne peut être résolu sans des politiques délibérées de lutte contre les inégalités. Les gouvernements doivent s'assurer que les entreprises et les riches paient leur juste part d'impôts", déclare Amitabh Behar, responsable d'Oxfam en Inde, qui représentera l'ONG cette année au Forum de Davos à partir du 21 janvier.

 

 

 

Les femmes subissent davantage d'inégalités

Dans son rapport, Oxfam met particulièrement en lumière les conséquences de ce système économique sur les femmes et les filles. "Les femmes sont en première ligne des inégalités à cause d'un système économique qui les discrimine et les cantonne dans les métiers les plus précaires et les moins rémunérés", insiste Pauline Leclère d'Oxfam France.

 

 

Selon les calculs de l'ONG, 42% des femmes dans le monde ne peuvent avoir un travail rémunéré "en raison d'une charge trop importante du travail de soin qu'on leur fait porter dans le cadre privé/familial", contre seulement 6% des hommes. Or, entre ménage, cuisine et collecte de bois et d'eau dans les pays du Sud, "la valeur monétaire du travail de soin non rémunéré assuré par les femmes âgées de 15 ans ou plus représente au moins 10 800 milliards de dollars chaque année, soit trois fois la valeur du secteur du numérique à l'échelle mondiale", estime l'ONG.

 

 

La France n'est pas épargnée par la hausse des inégalités. En France, 7 milliardaires possèdent plus que les 30% les plus pauvres, et les 10% les plus riches des Français concentrent la moitié des richesses du pays, relève par ailleurs Oxfam. En 2019, la France comptait 41 milliardaires, soit 4 fois plus qu'après la crise financière de 2008. Sur ces 41 personnes, plus de la moitié ont hérité de leur fortune, et seules 5 sont des femmes. Depuis 2018, la France compte 400 000 pauvres supplémentaires. Parmi les mères de famille monoparentale qui travaille, plus d'une sur quatre est pauvre.

 


20/01/2020
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Franceinfo - le lundi 20 janvier 2020

 

 

La Malaisie renvoie 150 conteneurs de déchets vers plusieurs pays dont la France

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

Les pays exportateurs de déchets et les compagnies maritimes ont assumé le coût du retour des conteneurs

 

 

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(SIMON GUILLEMIN / HANS LUCAS)

 

 

 

Retour à l'envoyeur. La Malaisie a renvoyé 150 conteneurs de déchets plastiques illégaux vers leurs pays d'origine, dont 43 vers la France, ont annoncé lundi 20 janvier les autorités, en soulignant que le pays d'Asie du Sud-Est ne voulait pas devenir une "décharge" pour les pays développés.

 

 

Au total, la Malaisie a renvoyé 150 conteneurs contenant quelque 3 737 tonnes de déchets, dont 43 vers la France, 42 vers le Royaume-Uni, 17 vers les Etats-Unis et 11 vers le Canada. Le pays compte en expédier encore 110 prochainement, dont 60 vers les Etats-Unis.

 

 

 

Le marché mondial du recyclage dans le chaos

Le marché mondial du recyclage a été plongé dans le chaos après la décision de la Chine de fermer sa porte à la majorité des types de déchets plastiques en 2018. De nombreuses entreprises chinoises de recyclage ont été délocalisées en Malaisie. Mais les capacités de recyclage y sont bien inférieures aux arrivages et certaines localités sont submergées par les déchets.

 

 

Les pays exportateurs de déchets et les compagnies maritimes ont assumé le coût du retour des conteneurs, selon la ministre de l'Environnement malaisienne. "Nous ne voulons pas payer un seul centime. Les gens envoient des ordures chez nous, nous ne sommes pas censés payer pour les renvoyer", a-t-elle déclaré.

 

 

Plusieurs pays d'Asie du Sud-Est ont pratiqué la même politique ces derniers mois. L'Indonésie a réexpédié plusieurs centaines de conteneurs vers leurs pays d'origine et les Philippines ont renvoyé l'été dernier au Canada un cargo contenant une soixantaine de conteneurs après un long conflit.

 


20/01/2020
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Franceinfo - le lundi 20 janvier 2020

 

 

"On ne veut pas attendre un drame" : pourquoi les urgences pédiatriques sont au bord de la crise sanitaire

 

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Guillemette JeannotFrance Télévisions

 

 

Depuis mars 2019, les services d'urgences exsangues réclament plus de moyens. Aujourd'hui, ce sont les services de pédiatrie qui tirent la sonnette d'alarme

 

 

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(ESTELLE RUIZ / NURPHOTO)

 

 

 

Depuis dix mois, les personnels soignants s'inquiètent de l'état de santé de l'hôpital public, notamment dans les services d'urgences en grève. Nouveau signe de cette montée de tension, ils sont à nouveaux mobilisés pour une journée de manifestations, un peu partout en France, lundi 20 janvier. La crise s'étend aujourd'hui à tous les étages de l'hôpital : les fermetures de lits et le manque de personnel touchent également les services d'urgences et de réanimation pédiatriques, qui sont contraints de transférer des enfants "en détresse" à des dizaines de kilomètres du domicile de leurs parents.

 

 

En ce début d'année, et en plein pic de maladies hivernales, les équipes pédiatriques alertent les pouvoirs publics sur la dégradation de leurs services et le possible risque d'une crise sanitaire. Médecins, infirmières et parents témoignent d'un quotidien alarmant.

 

 

 

"Ce transfert de nouveaux-nés est une sonnette d'alarme"

Tous les jours, quand le père de Marie* pousse la porte du service de réanimation néonatale de l'hôpital Bicêtre (Val-de-Marne) pour y voir sa fille "grande prématurée", il peut lire, sur une affiche placardée, le nombre d'enfants refusés à cause du manque de personnel. Depuis fin novembre, lui et sa compagne enchaînent les allers-retours au chevet de leur enfant hospitalisé depuis sa naissance. L'accouchement était prévu à l'hôpital Trousseau à Paris, qui est plus proche de leur domicile. Mais la saturation de celui-ci et les complications de santé de Marie, les ont menés à plus d'une heure trente de chez eux. "Cela aurait été l'enfer à gérer si ma fille avait été hospitalisée plus loin", admet le papa. 

 

 

Certains parents n'ont pas eu le soulagement de trouver une solution à proximité. "Entre octobre et mi-décembre, nous avons dû transférer vingt-cinq nourrissons à plus de 150 km du domicile de leurs parents, faute de place en pédiatrie dans un des trois hôpitaux habilités d'Ile-de-France" constate Stéphane Dauger, chef du service des urgences pédiatriques de l'hôpital Robert-Debré. En plein pic hivernal de bronchiolite, les hôpitaux de Bicêtre, de Garches et de Necker ont dû fermer des lits. 

 

 

En fin d'année 2019, 20% des capacités de réanimation pédiatriques ont été fermées par manque de personnel, dont deux lignes de Smur pédiatriques.L'Agence nationale de santé d'Ile-de-France à franceinfo

 

 

Même constat en province : le 1er janvier, le centre hospitalier du Mans (Sarthe) a dû fermer son service de réanimation pédiatrique faute de médecins, obligeant parents et enfants à aller à près de 100 kilomètres de là, à Tours ou Angers. 

 

 

"Ce transfert de nouveaux-nés est une sonnette d'alarme pour notre système", constate Sophie Branchereau, cheffe du service de chirurgie pédiatrique à Bicêtre. Soulignant non seulement le risque vital accru pour l'enfant transféré, mais aussi la précarité économique dans laquelle les parents peuvent se retrouver lorsqu'ils doivent assurer une présence loin de leur travail et de leur domicile.

 

 

C'est un réel désespoir d'avoir à refuser un enfant. C'est inhumain pour les parents et les équipes soignantes. On a un suivi prénatal au top et on est incapables de les soigner sur place ensuite, alors que nous avons le personnel qualifié. Sophie Branchereau, cheffe de service à l'hôpital Bicêtre à franceinfo

 

 

Depuis l'arrivée du Dr Branchereau en 1995, le service de chirurgie pédiatrique de Bicêtre est passé de vingt-quatre à seize lits. "En période de vacances, nous passons à huit lits pour une seule infirmière, alors que nous devrions être plutôt à six lits par infirmière", se désole la chirurgienne. La gestion quotidienne des lits en pédiatrie est devenue "compliquée", obligeant le personnel à travailler en mode "dégradé." "On touche le fond", regrette la cheffe de service."Si j'ai une infirmière malade, je dois fermer un lit et refuser des transferts."

 

 

Une tension accentuée par la difficulté des services d'urgences pédiatriques à gérer le flux des arrivées. Contrairement aux urgences générales, les urgences pédiatriques sont peu nombreuses en France. En 2015, le ministère des Solidarités et de la Santé a recensé 723 services des urgences en métropole et dans les départements et régions d'outre-mer, dont seulement 13% spécialisés en pédiatrie. "Par manque de place, les urgences pédiatriques sont obligées de tempérer en invitant les parents d'enfants malades à retourner chez eux, après plusieurs allers-retours", explique Barbara*, infirmière dans un service de réanimation pédiatrique en Ile-de-France. "Mais la situation peut vite se dégrader chez un enfant souffrant. Les parents appellent alors le Samu ou les pompiers, qui nous les amènent directement en service de réanimation pédiatrique." Ce dernier s'est retrouvé "saturé" en décembre, n'arrivant plus à évacuer les enfants hospitalisés par manque de lits dits "d'aval", ces lits disponibles dans les autres services.

 

 

 

Des parents devenus des lanceurs d'alerte

Cette situation amène les soignants à dépasser régulièrement le nombre de bébés par infirmière, raconte Isabelle*, aide-médicale en néonatalogie dans le Grand Est. La semaine dernière, elle a dû accueillir en urgence un grand prématuré alors qu'elles n'étaient que deux pour huit nouveaux-nés. "Le temps passé avec chacun est ridicule. On s'assure que le bébé est propre, qu'il a mangé et reçu ses soins, au détriment de son bien-être. Nous n'avons plus le temps d'accompagner les parents, et c'est frustrant. On ne travaille pas d'une bonne façon", se désespère l'infirmière.

 

 

"Boule au ventre", "fatigue", "peur de faire une erreur", le personnel travaille à la limite du possible et redoute l'accident. "Notre force reste notre entraide", se rassure Barbara. Jour et nuit, elle et ses collègues veillent à "l'équilibre émotionnel" des enfants, mais aussi à celui des parents.  

 

 

Dans les couloirs de la réanimation néonatale de Bicêtre, le père de Marie observe le va-et-vient incessant des infirmières et des aides-soignantes au chevet de ces "grands fragiles" qui peuvent à tout instant voir leur oxygénation ou rythme cardiaque chuter.

 

 

Personne ici ne compte ses heures, même avec les grèves. C'est très impressionnant tout ce professionnalisme et cette humanité. Le père de Marie, hospitalisée en réanimation pédiatrique à franceinfo

 

 

Avec une "énergie" et une "passion sans égale", rapporte le père de Marie, les infirmières font "le tampon" entre les parents inquiets et stressés et leur quotidien qui se dégrade. "Vu leur niveau de responsabilité et leur degré d'investissement à ce niveau de salaire, je comprend leurs revendications", admet le père de Marie. "L'hôpital public est un trésor qu'il faut absolument garder et, au sein de celui-ci, il y a un joyau : la réa pédiatrique."

 

 

C'est sans hésiter qu'il a signé la pétition "Sauvons la réanimation pédiatrique : l'appel des parents", lancée par un collectif de parents qui ont eux aussi connu les services pédiatriques. La pétition a récolté plus de 40 000 signatures en une semaine. Pauline Lavaud, l'une de ses corédacteurs, se dit "vraiment inquiète" car ni les soignants ni les médecins n'arrivent à se faire entendre auprès du gouvernement. "Alors, nous parents, on devient des lanceurs d'alerte car on ne veut pas attendre un drame." 

 

 

Nous sommes tous concernés ! Personne n'est à l'abri un jour de devoir emmener son enfant aux urgences. Et ce jour-là, il faut que l'on soit certain d'arriver dans un service qui puisse nous accueillir. Or, aujourd'hui, on n'est plus sûr que cela soit possible. Pauline Lavaud à franceinfo

 

 

Cette mère, qui a perdu son fils quelques temps après sa naissance, sait combien chaque minute compte quand la vie ne tient qu'à un fil. "On ne peut pas passer à un niveau de risque supplémentaire par faute de place", clame-t-elle. Citant dans la foulée un des derniers témoignages qu'elle a reçus sur la page Facebook du collectif, où une maman raconte avoir emmené sa fille de 6 semaines aux urgences pédiatriques de l'hôpital Necker pour une bronchiolite sévère, fin octobre. "N'ayant pu être prise en charge sur place, sa fille a été transférée à Poissy, où sa situation s'est dégradée. Elle a du être à nouveau transférée en réanimation à Orléans pendant une semaine." Ou encore cette autre mère dont le bébé s'est retrouvé en détresse respiratoire à la naissance. L'hôpital où elle venait d'accoucher n'était pas équipé pour le prendre en charge. "Les équipes médicales ont dû appeler onze hôpitaux avant de lui trouver une place."

 

 

 

Qui opérer en priorité ?

Les instances administratives, comme l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France et l'AP-HP affirment être "conscientes du problème". Tous les jours, leurs responsables effectuent un point sur la situation. "En alerte maximale sur les tensions d'effectifs au sein de l'hôpital", l'ARS dit mettre en œuvre des solutions temporaires "faciles" à déployer dans un délai court, comme le décalage des opérations non urgentes, l'ouverture ponctuelle de lits en soins intensifs ou le recours à l'intérim. 

 

 

Des solutions qui présentent des limites selon le docteur Sophie Branchereau pour qui reporter les opérations, en pédiatrie, est "quasiment impossible." "On ne peut pas anticiper car souvent au moment de l'opération l'enfant est malade. Rhume, gastro... 30% de nos interventions sont ainsi annulées."  Avec ses équipes, elle travaille à une réorganisation permanente, "en flux tendu." Les arrivées de patients s'enchaînent, les salles d'opérations et les lits sont constamment occupés, ne laissant que "très peu de marges". "Hors les marges, c'est la sécurité", insiste la cheffe de service.

 

 

Quant au choix contraint, faute de place et de personnel, de devoir choisir quelle opération effectuer en priorité entre une péritonite, un cancer ou une maladie rare, c'est un exercice "compliqué moralement", relève la chirurgienne. En situation de crise, ses équipes annulent ce qui ne relève pas de l'extrême urgence. "Mais un cancer pédiatrique peut vite devenir une urgence", rappelle-t-elle. Alors, régulièrement, les directeurs d'hôpitaux font appel à du personnel intérimaire "payé plus cher" et "ça détruit l'ambiance déjà tendue", note la cheffe de service.

 

 

Autre ombre au tableau pour l'urgence pédiatrique : le recours au secteur privé s'avère impossible.

 

 

Pour la chirurgie adulte, c'est assez facile d'aller en clinique, où l'offre de soins est équivalente pour ceux qui ont les moyens. Mais ça n'existe pas pour la pédiatrie. Sophie Branchereau, cheffe de service à l'hôpital Bicêtre à franceinfo

 

 

Alors l'hôpital public se tourne vers l'ambulatoire pour libérer des lits : les malades sont renvoyés chez eux avec un protocole à suivre. Mais ce ne pas forcément adapté à tous les cas. "Plus vous avez une population en souffrance sociale, avec des problèmes de logement, de langue, d'accessibilité à un hôpital en cas de besoin, moins vous pouvez le faire", critique la chirurgienne. "Nous ne sommes pas contre l'ambulatoire mais il faut pouvoir accueillir ceux qui ont besoin d'être accueillis."

 

 

De son côté, le père de Marie reconnaît que lui et sa compagne n'auraient pas pu assumer les soins prodigués à leur fille née prématurée. "Quand elle sortira de l'hôpital, mi-février, la facture tournera autour de 300 000 euros je pense", calcule le jeune papa. Avant de conclure, reconnaissant : "C'est la solidarité nationale qui a sauvé notre enfant."

 

 

  • Les prénoms ont été modifiés à la demande des intéressés

 


20/01/2020
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Franceinfo - le jeudi 16 janvier 2020

 

 

"Des comportements qui ne sont pas acceptables" : que peut changer l'inflexion du discours de l'exécutif sur les violences policières ?

 

 

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Violaine JaussentFrance Télévisions

 

 

 

Emmanuel Macron veut rapidement des "propositions pour améliorer la déontologie" des forces de l'ordre, accusées de brutalité. Christophe Castaner les appelle à "l'exemplarité"... Le changement de ton est significatif. Pour autant, il ne présage pas une évolution sur le terrain

 

 

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Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, dans les locaux de la sûreté départementale, dans le 8e arrondissement de Lyon, le 13 janvier 2020, pour rendre hommage au policier mort après avoir été percuté volontairement par un fourgon lors d'une intervention. (RICHARD MOUILLAUD / MAXPPP)

 

 

 

On ne l'attendait pas sur ce sujet. En déplacement à Pau (Pyrénées-Atlantiques), mardi 14 janvier, Emmanuel Macron a pourtant décidé que le moment était venu de s'exprimer sur les violences policières, sans toutefois employer cette expression. Pour le président de la République, il y a urgence face à des "comportements, pas acceptables, (qui) ont été ou vus ou pointés", car ils peuvent "atteindre la crédibilité et la dignité" des forces de l'ordre. "Il ne faut avoir aucune complaisance", a-t-il asséné, tout en déplorant "la violence et le nihilisme politique" qu'expriment selon lui certains manifestants. Il a aussi enjoint au ministère de l'Intérieur de faire rapidement des "propositions très concrètes" pour "améliorer la déontologie" des forces de l'ordre.

 

 

La veille, Christophe Castaner avait, justement, consacré une bonne partie de ses vœux à la Police nationale au devoir "d'exemplarité" et à "l'éthique", face aux élèves de l'Ecole nationale supérieure des officiers de police (Ensop) de Cannes-Ecluse (Seine-et-Marne). "Ce n'est pas un changement radical, mais une évolution dans le ton", souligne le ministère de l'Intérieur auprès de franceinfo. Il s'agit d'une forme de rappel à l'ordre pour certains policiers. Ils ne sont pas tous visés : le ministre soutient toujours ses troupes."

 

 

"Nous allons voir ce qu'il y a à améliorer, de la formation aux techniques d'intervention", ajoute-t-on au ministère, après une rencontre avec la famille de Cédric Chouviat, qui demande l'interdiction du plaquage ventral et de la clé d'étranglement. Ce livreur de 42 ans est mort après son interpellation par des policiers, le 3 janvier à Paris.

 

 

 

"Le grand patron désavoue sa police"

La mort de Cédric Chouviat, les violences depuis un an dans les manifestations de "gilets jaunes", puis dans les défilés contre la réforme des retraites... Et, surtout, ce croche-pied d'un policier, le 9 janvier, à Toulouse, pendant une manifestation. Une vidéo montre une jeune femme bousculée par un policier, puis, dans la foulée, un second policier qui la fait volontairement tomber en tendant la jambe dans sa direction. Le geste de trop, qui oblige Christophe Castaner à réagir. "C'est l'honneur de la police qui est en jeu, on ne fait pas de croche-pied à l'éthique, sauf à s'abaisser, à abaisser la police", a appuyé dans ses vœux le ministre, en référence à cette vidéo très partagée sur les réseaux sociaux et qui a suscité une vague d'indignation. Le policier a été identifié et une enquête préliminaire pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique" a été ouverte. 

 

 

"Il faut savoir reconnaître qu'il y a des choses qui ne vont pas. Dans les manifestations, on a vu des gestes inappropriés : le croche-pied à Toulouse, ça fait mal à tout le monde", a commenté auprès de l'AFP David Le Bars, du premier syndicat des commissaires de police (SCPN-Unsa). Toutefois, ce ton conciliant fait exception. "On parle déjà de sanctions pour ce policier, alors que l'enquête n'est pas terminée. Idem pour le policier qui tire à bout portant sur un manifestant avec son lanceur de balles de défense. J'ai peur qu'ils servent de chair à canon pour faire plaisir à la population, de boucs émissaires", déplore Marie*, policière depuis cinq ans et membre de Mobilisation des policiers en colère. "Je ne justifie pas leur comportement, je ne le cautionne pas. Mais il s'explique. Parce qu'ils ont beaucoup de travail et une fatigue immense depuis plus d'un an", estime-t-elle.

 

 

Quand j'ai entendu ce discours, j'ai eu le sentiment d'être lâchée par mes dirigeants, ça m'est resté en travers de la gorge.Marie, policière à franceinfo

 

 

En "manque de reconnaissance", elle aurait préféré un discours "plus nuancé", plutôt que d'entendre "le grand patron désavoue[r] sa police". "Condamner le geste de trop, c'est bien, mais pourquoi ne pas s'interroger sur ce geste ? Se demander comment on en est arrivé là ? Des cas isolés ne justifient pas qu'on remette en cause toute la déontologie policière", argue-t-elle.

 

 

 

"Il ne faut pas que ce soit juste de la com'"

Agacés par ces mêmes propos du ministre, les syndicats de policiers ne disent pas autre chose. "On ne valide pas [les violences de policiers], renchérit Thomas Toussaint, de l'Unsa-Police, mais il faut remettre les choses dans leur contexte". En cause, à ses yeux, les "60 semaines de manifestations et de mouvement des 'gilets jaunes'" qui ont mis sur le flanc les forces de l'ordre. "On a le sentiment d'être les dindons de la farce. On a défendu la République et le politique est en train de nous lâcher, il fait preuve d'une fébrilité vis-à-vis des réseaux sociaux", vitupère le secrétaire général de Synergies-Officiers, Patrice Ribeiro.

 

 

Pour Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), réécrire le code de déontologie n'est pas la question.

 

 

Quand l'homme derrière l'uniforme craque, parce qu'il travaille de 5 heures à minuit, ce n'est pas le code de déontologie qui va l'en empêcher. Jean-Marc Bailleul, Syndicat des cadres de la sécurité intérieure à franceinfo

 

 

Il rappelle que la profession de policier est l'une des plus contrôlées de France : "La police à elle seule conditionne 74% des fonctionnaires sanctionnés, du blâme à la révocation." Il suggère plutôt de "revoir la façon de faire de l'ordre public". Mais salue le rappel de Christophe Castaner, qui a déclaré lundi : "Policier ou gendarme, représenter les forces de l'ordre, c'est être un modèle, c'est assumer qui l'on est et porter son RIO (Référentiel des identités et de l'organisation)", alors que les membres des forces de l'ordre sont régulièrement vilipendés sur les réseaux sociaux pour ne pas arborer ce numéro d'identification.

 

 

Christophe Korell, président de l'association Agora des citoyens, de la police et de la justice, apprécie aussi ce rappel. Mais suggère d'aller plus loin en se demandant : "Qu'est-ce que les citoyens attendent de la police ?" C'est la question au cœur de la conférence citoyenne lancée le 11 janvier au ministère de l'Intérieur. Choisi avec l'Institut Ifop, un panel de 100 personnes planche pendant deux week-ends pour "associer les citoyens à la réflexion sur la sécurité de demain" dans le cadre d'un Livre blanc dont la publication est planifiée en février. "Ça va dans le bon sens, mais il faut que ça serve, que ce ne soit pas juste de la com'. On attend de voir le contenu", commente Christophe Korell, qui estime qu'aujourd'hui, on subit avant tout "le manque d'effectifs lié à la réforme voulue par Nicolas Sarkozy".

 

 

 

"La réflexion éthique vécue comme une contrainte"

Mais les horaires à rallonge ne peuvent pas justifier tous les actes. Mi-novembre, La Croix a recueilli des témoignages pour tenter de comprendre les multiples facteurs qui conduisent aux bavures policières. Quelques policiers commencent à le reconnaître du bout des lèvres et sous couvert d'anonymat auprès de franceinfo. "L'accent n'est pas assez mis sur la réflexion éthique du policier, vécue comme une contrainte par la majorité. La culture policière n'est pas axée sur la déontologie et la formation continue est quasiment inexistante sur ce sujet", dénonce ainsi Jules, officier de police judiciaire en région parisienne. "Pour être intégré, quand on est (le plus souvent) loin de son lieu d'origine, il faut rentrer dans le moule des anciens", ajoute-t-il, expliquant que les jeunes sont encouragés à endosser des valeurs jugées "viriles" et poussés à "aller au contact".

 

 

Comment, alors, modifier les pratiques ? La police peut-elle changer d'éthique ? Stéphane Lemercier, capitaine de police et chargé de cours, s'interroge dans The Conversation. "Il faudrait pour cela revoir la formation des policiers car il ne s'agit plus d'imposer des notions de droits rigoristes mais d'amener les agents à réfléchir aux conséquences de leurs actes par la mise en place de pratiques refléxives", suggère-t-il. Avec l'objectif d'avoir une police "respectée parce qu'elle est respectable et non parce qu'elle est crainte".

 

 

"Je crois que l'on évacue totalement du débat la décomplexion dont certains font preuve aujourd'hui sur le terrain, observe un commissaire parisien dans Libération. Pour être clair : quand vous déconnez, que vos chefs directs vous couvrent, que le ministre continue de vous remercier pour votre travail, et que les syndicats vous plaignent, vous vous sentez pousser des ailes. Or le maintien de l'ordre, ce n'est pas une bataille de rue..." Car pour certains membres de forces de l'ordre, le problème qui se pose dans la police nationale est celui de l'encadrement. "Il serait opportun que les échelons hiérarchiques assument leurs responsabilités en sanctionnant comme il se doit les manquements de leurs hommes et en communiquant sur ces sanctions", avance à franceinfo un officier de police judiciaire.

 

 

 

"Le signal est envoyé aux chefs de service"

Le message commence à se diffuser. Alors qu'il doit prochainement passer la main, le directeur général de la police nationale (DGPN), Eric Morvan, s'est lui aussi fendu d'un avertissement à ses troupes lors des vœux lundi. "La lettre de Maurice Grimaud n'a jamais été aussi actuelle", a-t-il averti, en référence à la missive envoyée par l'ex-préfet de police de Paris aux policiers en 1968, restée célèbre par la phrase : "Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même." Fabien Jobard, chercheur au CNRS spécialisé sur la police française, n'est pas étonné : "Dans une structure aussi hiérarchisée que la police, la communication ne peut pas rester sans effet."

 

 

La parole publique du ministre de l'Intérieur tombe dans trois paires d'oreilles : celles de l'opinion publique, celles des syndicats de policiers et celles de la police elle-même. Fabien Jobard, chercheur à franceinfo

 

 

"Ce qui peut paraître modéré pour l'opinion publique, et déjà outrancier pour les syndicats, sera entendu comme impératif par la hiérarchie de la police. Là, le signal est envoyé aux chefs de service, voire aux directeurs centraux, qu'à la prochaine bavure, il y a un vrai risque qu'ils 'sautent'. Donc ils répercutent ce discours", analyse-t-il.

 

 

Jusqu'où sera-t-il répercuté ? Derrière le changement de discours, y aura-t-il des évolutions ? Au printemps 2019, le ministre de l'Intérieur a lancé plusieurs travaux pour un nouveau schéma du maintien de l'ordre. "Il sera décisif et donnera les orientations pour les années qui viennent, prédit Fabien Jobard. Quand une institution aussi massive que la police est engagée dans une direction donnée, l'inertie est très forte et il faut beaucoup de force pour prendre la direction inverse. Une forte volonté politique, donc."

 

 

  • Le prénom a été modifié.

 


16/01/2020
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Franeinfo - le mercredi 15 janvier 2020

 

 

Le taux du livret A passera de 0,75% à 0,5% au 1er février, annonce le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire

 

 

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franceinfoFrance Télévisions

 

 

 

Longtemps qualifié de placement préféré des Français, le livret A est de moins en moins intéressant pour les épargnants

 

 

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Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé mercredi 15 janvier que le taux du livret A passerait à 0,5% à partir du 1er février 2020.  (MAXPPP)

 

 

 

Le ministre de l'Economie a choisi Le Parisien - Aujourd'hui en France pour annoncer la nouvelle. La rémunération du Livret A va passer de 0,75 à 0,5 % à partir du 1er février, a déclaré le Bruno Le Maire mercredi 15 janvier dans une interview accordée au quotidien.  

 

 

"Je tiens à préciser que si nous appliquions la formule de calcul, la rémunération du livret A tomberait à 0,23 %", a-t-il précisé. "Mais comme nous nous étions engagés, elle ne baissera jamais sous le niveau plancher de 0,5 %. Il en sera de même pour le Livret de développement durable et solidaire (LDDS). Dans six mois, nous verrons s'il faut réviser ce taux."

 

 

Il aurait été "irresponsable et incohérent" de maintenir ce taux à 0,75% par rapport à "notre politique de diversification des placements" et aux "milliers de Français qui attendent un logement social", a expliqué le ministre dans cet entretien au quotidien. Et d'ajouter que "ce nouveau taux permettra en effet de construire 17 000 logements sociaux supplémentaires et d'en rénover 52 000 chaque année."

 


16/01/2020
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Franceinfo - le mercredi 15 janvier 2020

 

 

Constitution, autoroutes, écocide, temps de travail, politique agricole... Sept pistes sur lesquelles planche la Convention citoyenne pour le climat

 

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Thomas BaïettoFrance Télévisions

 

 

Les 150 Français tirés au sort pour participer à cette assemblée ont poursuivi ce week-end leurs travaux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Franceinfo vous présente quelques-unes des pistes de mesures qui ont émergé

 

 

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La Convention citoyenne pour le climat, lors de l'audition de Nicolas Hulot, le 18 novembre 2019 à Paris. (MAXPPP)

 

 

 

"Maintenant, on entre dans la deuxième mi-temps". Devant la Convention citoyenne pour le climat (CCC), Thierry Pech a prévenu, dimanche 12 janvier, les 150 Français tirés au sort qui la composent. "La deuxième mi-temps, elle est plus dure que la première. Parce qu'il faut faire des choix", a lancé le coprésident du comité de gouvernance de cette instance. Après trois week-ends de travaux consacrés à des auditions d'experts, cette assemblée lancée à l'issue du grand débat et de la crise des "gilets jaunes" est entrée dans le vif du sujet : "définir une série de mesures en matière de lutte contre le changement climatique permettant d'atteindre une baisse d'au moins 40% des émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2030 (par rapport à 1990) dans un esprit de justice sociale".

 

 

Dimanche, chaque groupe – "Se nourrir", "Produire-travailler", "Consommer", "Se loger", "Se déplacer" – a présenté en séance plénière ses pistes de travail, premières ébauches des mesures qui pourraient, comme Emmanuel Macron l'a redit vendredi, être soumises à référendum. Si la majorité des propositions se résument à des déclarations d'intention, parfois un peu floues, elles contiennent des changements majeurs pour notre société. Franceinfo vous présente ces pistes qui doivent encore être débattues et validées par l'ensemble de la Convention avant d'être remises au gouvernement début avril.

 

 

 

1 - Modifier l'article 1 de la Constitution pour une République "écologique"

C'est l'un des gros morceaux de cette Convention. Faut-il modifier la Constitution pour contraindre l'Etat à mieux prendre en compte les enjeux écologiques ? Samedi 11 janvier, le groupe de travail chargé de l'examiner a reçu deux juristes opposés sur la question en audition. Le premier, Julien Bétaille, professeur de droit public à l'université de Toulouse, a partagé son scepticisme sur l'efficacité d'une telle mesure, arguant que le fond du problème était surtout d'appliquer pleinement le droit existant et notamment la Charte de l'environnement intégrée à la Constitution en 2004. La seconde, Valérie Cabanes, juriste engagée pour les droits de l'environnement, a proposé d'inscrire la lutte contre le réchauffement climatique et les limites planétaires dans l'article 1er de la Constitution.

 

 

C'est la seconde option qui semble l'emporter pour le moment. En conclusion du week-end, les citoyens ont en effet proposé à leurs collègues de "creuser et débattre des modalités de modification de l'article 1 de la Constitution". Aujourd'hui, cet article dispose notamment que "la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée". Lors de son audition, Valérie Cabanes a proposé d'intégrer les mots "solidaire" et "écologique" dans la définition de la République et d'ajouter une phrase dans l'article : "La République veille à un usage économe et équitable des ressources naturelles, garantit la préservation de la diversité biologique et lutte contre les changements climatiques dans le cadre des limites planétaires. Elle assure la solidarité entre les générations : une génération ne peut assujettir les générations futures à des lois moins protectrices de l'environnement que celles en vigueur".

 

 

 

2 - Abaisser la vitesse sur les autoroutes à 110 km/h

Sur le délicat sujet des transports, qui représentent la première source d'émission de gaz à effet de serre de la France, le groupe "Se déplacer" ne veut pas entendre parler d'une nouvelle taxe carbone, élément déclencheur de la crise des "gilets jaunes". A la place, le groupe suggère de "modifier l'utilisation de la voiture individuelle, en sortant de l'usage de la voiture en solo et en proposant des solutions alternatives". Une formule générale derrière laquelle on trouve notamment une mesure très concrète : "réduire la vitesse sur les autoroutes de 130 à 110 km/heure". Dans une fiche d'analyse communiquée aux citoyens, le ministère de la Transition écologique estime le gain en termes d'émission de CO2 "de l'ordre de 1,5 million de tonnes de CO2 par an" (à comparer avec les 306,5 millions de tonnes émises par la France en 2019) mais juge négativement cette mesure, en raison de son coût en temps de déplacement perdu.

 

 

 

3 - Création d'un "CO2-score" pour réguler la publicité

"Nous devons changer nos modes de vie en consommant moins et mieux", estime le groupe "Consommer" dans son bilan. Pour ce faire, ses membres proposent d'instaurer de nouvelles règles pour la publicité. L'idée est de créer un indicateur, le "CO2-score", une sorte de Nutri-Score pour le carbone, qui permettrait de classer les produits en fonction de leurs émissions de CO2, et de l'utiliser pour "réguler" la publicité. Cette régulation pourrait aller jusqu'à l'interdiction de la pub pure et simple pour certains produits. Le groupe "Se déplacer" a par exemple réfléchi à l'interdiction de la réclame pour les SUV, ces véhicules particulièrement polluants.

 

 

 

4 - Rendre "obligatoire et coercitive" la rénovation des bâtiments

Le groupe "Se loger" a lui l'ambition de "transformer le parc immobilier en généralisant les bâtiments bas carbone durables, renouvelables et à énergie positive". Cet objectif passe par la "rénovation de tous les bâtiments pour tous d'ici 2040". Pour ce faire, les citoyens qui ont planché sur ce thème proposent de "rendre obligatoire et coercitive la rénovation globale des bâtiments". S'ils ne détaillent pas la manière d'y parvenir, ils proposent à côté la création d'un guichet unique pour faciliter cette démarche et la refonte des aides dans ce domaine.

 

 

 

5 - Création du crime d'écocide

Rejetée à l'Assemblée nationale mi-décembre, la création du crime d'écocide, défini par les députés comme "toute action concertée et délibérée tendant à causer directement des dommages étendus, irréversibles et irréparables à un écosystème, commise en connaissance des conséquences", est reprise par la Convention citoyenne, via le groupe de travail "Se nourrir". Ce dernier a semble-t-il été plus convaincu par la juriste Valérie Cabanes que par le président de la République. Vendredi 10 janvier, Emmanuel Macron s'y était dit favorable mais avait déclaré : "C'est un travail qui n'a de sens que si on le fait à l'international". Le lendemain, la juriste avait ironisé sur l'absence d'implication de la diplomatie française dans ce dossier et milité pour l'inscrire d'abord en droit français.

 

 

Pour ses promoteurs, la création d'un tel crime doit permettre de mieux punir pénalement les atteintes contre l'environnement et d'engager des poursuites contre les Etats. "Aujourd'hui, aucun accord n'est contraignant. Nous n'avons pas de vrais moyens de pression pour engager les Etats dans la lutte contre le changement climatique", a argumenté Valérie Cabanes devant le groupe de travail. 

 

 

 

6 - Réformer la politique agricole commune (PAC)

Dans le groupe "Se nourrir", l'agriculture a occupé une partie importante des débats. "Nous devons développer de nouvelles pratiques agricoles, de pêche et environnementales, et transformer l'industrie agroalimentaire et la distribution dans un souci éthique", estiment ses membres. Pour y parvenir, ils veulent "faire muter notre agriculture pour en faire une agriculture durable et faiblement émettrice de GES, basée sur des pratiques agroécologiques, en misant sur l'enseignement agricole et en utilisant les aides de la PAC comme levier".

 

 

Au cours des discussions, des citoyens ont proposé de "verdir le premier pilier" de cette politique agricole commune, c'est-à-dire les aides directes versées aux agriculteurs, en diminuant par exemple les aides à l'hectare à partir d'une certaine surface d'exploitation agricole pour privilégier les petites structures au détriment de l'agriculture intensive. Un participant a même proposé de "supprimer l'aide à l'hectare, pour rémunérer le paysan sur son travail et pas sur sa surface". Pour le second pilier, le rehaussement des seuils des aides accordées pour les haies, les prairies ou les talus – des pratiques encouragées pour leur intérêt écologique – a été évoqué. Aujourd'hui, ils estiment que ces seuils sont trop bas et qu'ils n'incitent pas suffisamment les agriculteurs à faire davantage dans ces domaines. Des mesures que la Convention pourra demander à la France de porter au niveau européen, face aux autres pays, ou intégrer à son "plan stratégique national", qui traduit cette politique européenne sur le territoire français.

 

 

 

7 - Réduction du temps de travail

La question du temps de travail a été abordée par plusieurs groupes, comme "Produire/travailler" et "Se déplacer". Dans ses conclusions, le premier groupe propose une "réduction du temps de travail sans perte de salaire, dans un objectif de sobriété et de réduction de GES". La question n'est pas mentionnée dans les pistes présentées dans le bilan du deuxième groupe. Mais, au cours des discussions auxquelles nous avons pu assister, plusieurs citoyens ont proposé de regrouper les 35 heures de travail hebdomadaire sur quatre jours, afin d'éviter un cinquième trajet domicile-travail polluant dans la semaine.

 


15/01/2020
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Franceinfo - le mardi 14 janvier 2020

 

 

Auchan supprime 517 emplois dans le cadre d'un projet de "réorganisation" de sa branche de "services d'appui"

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

Ce projet ne concerne pas les magasins, ni la logistique, mais des postes au sein des "services d'appui", comme la comptabilité ou le marketing

 

 

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Selon le groupe, 677 postes seraient supprimés, dont 652 actuellement occupés, tandis que 135 postes seraient créés. (MAXPPP)

 

 

 

Inquiétude pour les salariés d'Auchan. Le groupe de la marque au rouge-gorge a annoncé, mardi 14 janvier, la suppression de 517 emplois via un plan de départs volontaires dans sa filiale Auchan Retail France. Ce projet de "réorganisation" ne concerne pas les magasins, ni la logistique, mais des postes au sein des "services d'appui", comme la comptabilité ou le marketing.

 

 

Ce projet a été présenté dans la matinée aux instances représentatives du personnel au cours de trois comités sociaux et économiques extraordinaires dans le Nord, à Lesquin et Marcq-en-Barœul. Selon le distributeur, 677 postes seraient supprimés, dont 652 actuellement occupés, tandis que 135 postes seraient créés, soit une "suppression nette de 517 emplois actuellement occupés".

 

 

"Les nouvelles attentes des consommateurs nécessitent de faire évoluer l'entreprise", explique le groupe pour justifier le plan de départs volontaires. "Afin de gagner en efficacité opérationnelle et en agilité, Auchan Retail projette de réorganiser ses fonctions supports sur le territoire français", affirme la direction dans son communiqué.

 


14/01/2020
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Franceinfo - le mardi 14 janvier 2020

 

 

Meilleurs salaires, travail moins pénible : ils sont infirmiers ou médecins et ont quitté l'hôpital public pour le privé

 

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Louis SanFrance Télévisions

 

 

Alors que la crise au sein des hôpitaux se poursuit après onze mois de mobilisation, franceinfo donne la parole à des soignants qui ont quitté la fonction publique hospitalière

 

 

 

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Le masque chirurgical d'un membre du personnel hospitalier en grève, à Paris, le 7 novembre 2019. (UGO PADOVANI / HANS LUCAS / AFP)

 

 

 

En bloc. Plus de 1 000 médecins hospitaliers menacent d'abandonner leurs fonctions administratives. Ils présentent leur lettre de démission collective mardi 14 janvier, face au manque de moyens et d'effectifs dans les hôpitaux publics

 

 

Un symptôme de plus de la crise qui touche le personnel de la fonction publique hospitalière. David Ball, infirmier, l'a quittée en avril 2018. Il a pris cette décision à la suite d'un burn-out survenu seulement dix-huit mois après être arrivé au service des urgences de l'hôpital de Mulhouse (Haut-Rhin). C'était son premier poste.

 

 

>> Crise à l'hôpital public : cinq questions sur la menace de démission de près de 1 200 médecins et chefs de service

 

 

Le jeune homme, aujourd'hui âgé de 25 ans, a ensuite été infirmier libéral, pour prodiguer des soins à domicile. Puis il a intégré un laboratoire et travaille désormais dans un établissement privé en tant qu'infirmier psychiatrique, où il assure être "plus épanoui"

 

 

De nombreux facteurs ont conduit David Ball à un épuisement professionnel. Au premier rang desquels le "manque d'effectifs", "les locaux inadaptés", "le matériel souvent obsolète ou manquant" et, finalement, le "peu de temps disponible pour soigner les patients". Autant de constats martelés par le personnel mobilisé depuis le début de la grève aux urgences, en mars 2019. Le fonctionnement est, selon David Ball, meilleur dans le privé parce qu'il y a "beaucoup plus de moyens dans les services". "Quand il y a un absent, on fait appel à un intérimaire et on ne demande pas aux agents de revenir sur leur temps de repos", illustre-t-il. Aujourd'hui, l'infirmier a retrouvé du sens dans son travail.

 

 

Je rentre le soir en ayant l'impression d'avoir fait du bon boulot. Ce n'était pas le cas du tout quand je travaillais aux urgences, où on faisait du mieux qu'on pouvait mais où on savait que ce n'était pas correct. David Ball, infirmier à franceinfo

 

 

Il n'occulte pas le fait que le salaire dans le privé est plus séduisant que dans le public. "C'est une bonne augmentation de l'ordre de 200-300 euros net par mois", précise-t-il. Sans compter l'existence d'un 13e mois, d'un 14e mois et de primes, ajoute David.

 

 

De son côté, Ronan, infirmier de 43 ans, a quitté l'hôpital en novembre 2009 et affirme ne pas regretter ce choix. Son départ a été provoqué par la généralisation, l'année précédente, de la tarification à l'activité ou T2A dans le public et le privé, qu'il désapprouve totalement. "Quand on est dans une entreprise qui se transforme, soit on est d'accord avec son changement de cap et on donne de sa personne pour cette transformation, soit on s'en va. Ceux qui sont restés ont choisi d'y rester", juge-t-il.

 

 

 

"Une liberté qui entraîne d'autres contraintes"

Aujourd'hui installé en libéral au sein d'un cabinet qui compte cinq autres infirmiers, Ronan met l'accent sur la liberté. "Nous choisissons nos périodes de repos. Je ne travaille jamais le jeudi soir pour mes cours de gallo, raconte cet habitant d'Ille-et-Vilaine. Je travaille tous les mercredis soir pour que des collègues puissent être avec leurs enfants. Une autre collègue ne fait jamais les soirs. Une autre souhaite travailler uniquement un week-end par mois", énumère-t-il. Il souligne que la liberté se retrouve dans l'organisation des soins : "Cette liberté entraîne également d'autres contraintes, mais est valorisante à souhait. C'est aujourd'hui ce qu'il manque dans la profession", estime-t-il.

 

 

Pour Ronan, qui a fait des remplacements dans des cabinets, puis fondé le sien avant de le quitter en 2016, l'infirmier libéral évolue dans un cadre où la nature de la relation avec le patient change la donne.

 

 

Notre 'employeur' est le soigné lui-même. C'est toute la différence.Ronan, infirmier libéra là franceinfo

 

 

Dix ans séparent les départs de David Ball et de Ronan, mais l'hémorragie du personnel hospitalier vers le privé s'accélère depuis quelques années, assure à franceinfo Jacques Trévidic, pharmacien hospitalier à Caudan (Morbihan) et président du Syndicat des praticiens des hôpitaux publics (SPHP). Concernant les médecins, "aucun chiffre officiel ne vient attester de l'ampleur d'un phénomène largement ressenti en ce moment au sein de l'hôpital public", rappelle Le Monde (article abonnés). Mais des données de l'agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France, disponibles dans une étude publiée en juin 2019 (article payant), permettent de s'en faire une idée. Au cours de l'année 2018, 119 démissions de médecins urgentistes ont été enregistrées, contre 73 en 2017 et 43 en 2015.

 

 

Jacques Trévidic explique ce constat par "les difficultés de l'hôpital public", "le poids de la permanence des soins", "les gardes, les astreintes". Des contraintes qui, dans le privé, n'existent que sur la base du volontariat. Le pharmacien, qui exerce dans le même hôpital depuis trente-deux ans, évoque également des rémunérations séduisantes qui permettent aux médecins de parfois tripler leur salaire. De façon générale, il décrit des problèmes sur les débuts de carrière, période sur laquelle "l'hôpital public n'est pas du tout compétitif".

 

 

Quand les jeunes médecins voient la dégradation des conditions de travail, l'ambiance et les salaires… Ce n'est pas attractif, l'hôpital public.Jacques Trévidic, président du Syndicat des praticiens des hôpitaux publics à franceinfo

 

 

Mais il fait part de sa grande inquiétude en voyant un nombre croissant de médecins fuir l'hôpital public en milieu de carrière (c'est-à-dire vers 45-50 ans). Selon lui, il s'agissait jusqu'alors d'un "phénomène rare", car avec l'expérience et l'ancienneté, ceux qui sont encore dans l'hôpital public à ce stade de leur parcours sont "installés". "Ils commencent à s'investir dans la vie de l'institution et ont des postes à responsabilité, chef de service, par exemple." Mais il est de plus en courant qu'ils partent prématurément, constate-t-il.

 

 

 

"Un carcan administratif rigide"

C'est le cas de François Bart, anesthésiste-réanimateur qui vient de quitter l'hôpital Lariboisière, à Paris. A 40 ans, et après onze ans dans le public, il rejoint le privé alors qu'il n'est qu'"à la fin du premier tiers de sa carrière". Pourtant, quitter l'hôpital n'était pas dans ses projets. "On est venu me chercher. J'ai eu une proposition au mois de mai-juin, j'ai laissé passer les vacances et je me suis décidé à la rentrée", raconte-t-il à franceinfo.

 

 

Le choix de ce médecin considéré comme un élément moteur de son service est une surprise pour tout le monde. Mais il part "sans être fâché". Il évoque une "lassitude" due à "un carcan administratif rigide". 

 

 

Il y a beaucoup trop d'instances dirigeantes qui ne dirigent pas, qui sont éloignées des problématiques du quotidien, qui ne savent pas ce que fait un infirmier, ce que fait un médecin. François Bart, anesthésiste-réanimateur à franceinfo

 

 

Il s'est aussi laissé convaincre par une "organisation plus directe" dans le privé "pour faciliter les soins". "La pierre angulaire, c'est la rentabilité. Donc tout est fait pour que cela soit rentable."

 

 

Il souligne également que, dans le privé, le praticien peut "choisir sa typologie de malades", c'est-à-dire des cas "légers, moyens, graves ou très graves". Ce choix est impossible à l'hôpital où "on doit faire du léger en étant super rentable – alors qu'il n'y a pas la structure pour que cela le soit – et en même temps faire du très grave qui demande beaucoup de moyens".

 

 

Sur le rythme de vie, il rappelle qu'il n'aura plus l'obligation d'assurer cinq à six gardes de 24 heures chaque mois. Une cadence qu'il s'imaginait mal tenir à 50 ans. Et la question du salaire ? "Je ne pars pas pour l'argent, même si ce n'est pas négligeable", dit-il, en précisant que sa rémunération sera "probablement multipliée par deux". "Si mon salaire était resté le même, mais que je n'avais plus eu à faire de gardes, je serais aussi parti", insiste-t-il. Pour lui, sa nouvelle situation se résume ainsi : "Davantage de satisfaction au travail et moins de temps dans les locaux" avec "une hausse de la rémunération et une baisse de la pénibilité".

 

 

 

Rien à gagner pour les aides-soignants

Si basculer dans le privé s'accompagne de nombreux bénéfices pour les infirmiers et les médecins, la situation est nettement différente pour les aides-soignants. "Pour nous, il n'y a rien à gagner dans le privé comparé au public", tranche auprès de franceinfo Ed*, aide-soignant dans un établissement public de la région lyonnaise. "Il y a aussi des mauvaises conditions de travail dans le privé, comme dans les Ehpad. De plus, le salaire est très bas et non négociable puisque c'est l'ARS [agence régionale de santé] qui fixe les prix et non la structure", explique-t-il.

 

 

L'évolution de carrière pour les aides-soignants est nulle dans le privé, alors que dans le public, on peut passer des concours pour accéder à des emplois de catégorie A.Ed, aide-soignant dans le public à franceinfo

 

 

Ed assure à franceinfo ne pas vouloir quitter l'hôpital public malgré les contraintes : "Je suis mobilisable à 100%, 24 heures sur 24. Par exemple, si demain il y a un plan blanc [déclenché en cas de situation sanitaire exceptionnelle] et que l'hôpital m'appelle, je dois y aller. C'est normal, c'est le service public."

 

 

Cet attachement au service public est partagé par une anesthésiste parisienne, syndiquée depuis peu, qui souhaite garder l'anonymat. Après avoir envisagé de quitter l'hôpital en 2016, elle a finalement décidé de rester. "C'est une vraie richesse de notre pays de pouvoir soigner les plus pauvres, défend-elle auprès de franceinfo. Tant mieux si ça pète, peut-être que cela va faire bouger les choses."

 

 

Mais combien de temps le personnel hospitalier va-t-il tenir ? Pierre, manipulateur radio à l'hôpital des enfants au CHU de Purpan, à Toulouse, fait état de son ras-le-bol auprès de franceinfo. Il n'est pas sûr de trouver la force de continuer : "On charge la mule, on charge, on charge, et à un moment donné, quand il n'y a aucune reconnaissance, que du mépris, pas de moyens… J'en arrive même à penser à démissionner."

 

  • Le prénom a été modifié

 


14/01/2020
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Franceinfo - le mardi 7 janvier 2020

 

 

La Nasa découvre une autre planète de la taille de la Terre dans une "zone habitable"

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

L'étoile TOI 700 est petite, environ 40% la taille et la masse de notre Soleil, avec une température de surface inférieure de moitié. De multiples astronomes vont désormais analyser les différentes données obtenues sur cette planète

 

 

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Une illustration diffusée par la Nasa le 6 janvier 2020, imaginée à partir d'une simulation de l'étoile TOI 700 d, nouvelle planète de la taille de la Terre découverte dans une "zone habitable". (NASA / AFP)

 

 

 

Elle est baptisée TOI 700 d. La Nasa a annoncé, lundi 6 janvier, que son satellite TESS, chasseur de planètes, avait permis de découvrir une nouvelle planète de la taille de la Terre et à une distance ni trop proche, ni trop éloignée de son étoile pour que de l'eau liquide y soit peut-être présente. Elle est relativement proche de nous : à cent années-lumière, selon le Jet Propulsion Laboratory de la Nasa, qui a fait cette annonce lors de la conférence hivernale de la société américaine d'astronomie à Honolulu, à Hawaï.

 

 

L'étoile TOI 700 est petite, environ 40% la taille et la masse de notre Soleil, avec une température de surface inférieure de moitié. TESS a découvert trois planètes autour de cette étoile, nommées TOI 700 b, c, et d. Seule la "d" est dans la zone dite habitable. Elle fait presque la taille de la Terre (20% de plus), et fait le tour de son étoile en 37 jours. Elle reçoit 86% de l'énergie fournie par le Soleil à la Terre. Reste à savoir de quoi elle est composée. Les chercheurs ont généré des modèles à partir de la taille et du type de l'étoile, afin de prédire la composition de l'atmosphère et la température de surface.

 

 

 

"Mars quand elle était jeune", selon une simulation

L'une des simulations, explique la Nasa, est une planète couverte par des océans avec "une atmosphère dense et dominée par le dioxyde de carbone, similaire à ce à quoi Mars ressemblait quand elle était jeune, selon les suppositions des scientifiques". Une face de cette planète fait toujours face à son étoile, comme c'est le cas de la Lune avec la Terre, un phénomène appelé rotation synchrone. Cette face serait constamment couverte de nuages, selon ce modèle.

 

 

Mais une autre simulation prédit une version de la Terre sans océans, où les vents souffleraient de la face cachée vers la face éclairée. De multiples astronomes vont désormais observer la planète avec d'autres instruments, obtenant de nouvelles données qui correspondront peut-être à l'un des modèles prédits par la Nasa.

 

 

 

Un lycéen participe à la découverte

Le système a failli être raté par TESS, mais plusieurs astronomes amateurs, dont un lycéen du nom d'Alton Spencer, salué par la Nasa, ont découvert une erreur de classification initiale. Cela a permis de comprendre la vraie nature du système. La découverte a ensuite été confirmée par le télescope spatial Spitzer.

 

 

Quelques autres planètes de type similaire ont été découvertes auparavant, notamment par l'ancien télescope spatial Kepler, mais c'est la première par TESS, lancé en 2018. "TESS a été conçu et lancé spécifiquement pour trouver des planètes de la taille de la Terre et en orbite autour d'étoiles proches", a déclaré Paul Hertz, directeur de la division d'astrophysique de la Nasa.

 


07/01/2020
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