L'AIR DU TEMPS

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CRISE AFRICAINE


Franceinfo - le mercredi 25 septembre 2019

 

 

En Guinée, Alpha Condé prépare un troisième mandat

 

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franceinfo Afrique avec agencesRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

Au pouvoir depuis 2010, le président guinéen semble vouloir jouer les prolongations

 

 

 

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Le président guinéen Alpha Condé lors du 31e sommet de l'Union africaine à Nouakchott, en Mauritanie, le 2 juillet 2018. (ALAATTIN DOGRU / ANADOLU AGENCY)

 

 

 

Le chef de l’Etat Alpha Condé a annoncé le 22 septembre l’organisation d’un référendum sur le changement de la Constitution en Guinée. Un nouveau texte lui permettrait de briguer un nouveau mandat en 2020.

 

 

 

Une annonce depuis New York

La loi en Guinée limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Pour pouvoir se présenter une troisième fois en octobre 2020, Alpha Condé, 81 ans, se lance dans la révision de la Constitution. Lors d’une rencontre avec des Guinéens à New York en marge l’Assemblée générale de l’ONU, il leur demande de se "préparer pour le référendum et les élections". Des propos très commentés par la presse, comme le relève RFI.

 

 

  

Un projet contesté

Alpha Condé est le premier président démocratiquement élu en Guinée après des années de dictature. Depuis qu’il est au pouvoir, cet ancien opposant historique a commencé à critiquer la pertinence de la limitation des mandats en Afrique. Le débat sur la question a été lancé en Guinée en janvier 2019 à la publication, par la présidence, des propos de l’ambassadeur de Russie à Conakry. Le diplomate russe suggérait l’amendement de la Constitution.

 

 

La proposition a aussitôt suscité une levée de boucliers dans les rangs de l’opposition. Les adversaires politiques d’Alpha Condé ont créé en avril un front regroupant les partis politiques, les syndicats et les membres de la société civile pour s'opposer à ce projet. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs été interpellés lors de manifestations contre un troisième mandat.

 

 

 

Et la transition démocratique ?

Si les partisans du président guinéen applaudissent le principe d'un changement constitutionnel, ses opposants refusent pour leurs parts de céder à la pression. Ils  boycottent les "consultations" lancées à ce sujet. Pour ses détracteurs, en modifiant la Constitution, Alpha Condé oublie les valeurs démocratiques qu’il a longtemps défendues lorsqu’il était dans l’opposition.

 

 

Une remarque qui rappelle celle de l'artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly, fervent défenseur de l'ancien opposant Condé. L'auteur de la célèbre chanson Quitte le pouvoir avait interpellé le chef de l'Etat guinéen. "Moi j’ai dit personnellement au président Alpha Condé que ce n'était pas une bonne idée de briguer un troisième mandat. Il n’était pas très content. Pour quelqu’un qui a lutté pour la démocratie, ce serait dommage de sortir par la petite porte", a souligné le reggaeman au micro de RFI en mai 2019.

 


27/09/2019
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Franceinfo - le lundi 2 septembre 2019

 

 

A Madagascar, "trois femmes meurent chaque jour des suites d'un avortement"

 

 

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Martin MatesoRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Alors que le pape François s'apprête à visiter la Grande Ile de l'Océan indien, les Malgaches attendent son message sur la question cruciale de l'avortement qui fait des ravages dans le pays

 

 

 

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Une femme pratiquant des avortements clandestins montre ses outils de travail dans sa maison à Antananarivo le 25 juillet 2019. (GIANLUIGI GUERCIA / AFP)

 

 

 

C’est un fléau qui décime des milliers de femmes et leurs fœtus depuis des années dans la Grande Ile. "Spontané ou provoqué", l’avortement est illégal à Madagascar, y compris en cas de viol. Il est passible de dix ans de prison. Pourtant, ceux ou celles qui la pratiquent ont pignon sur rue. Trouver un spécialiste de l’avortement est plus facile que de trouver une bonne clinique pour accoucher, écrit La Gazette de la Grande Ile.

 

 

"Il suffit de demander dans la rue et on vous montrera l’adresse où un médecin, un infirmier, une sage-femme, un aide-soignant, un pharmacien ou même un concierge d’hôpital pratique l’avortement, souvent dans un atelier sombre, sale, infesté de parasites et mal aéré", s’indigne le journal malgache qui constate que la découverte de corps d’enfants dans les bacs ou dans les canaux n’est plus un scoop.

 

 

 

"Il criait lorsque je l’ai mis dans un sac en plastique"

 

Selon l’association Niffin’Akanga, une ONG malgache qui défend la légalisation de l’avortement, les femmes qui y recourent pratiquent en moyenne entre deux et huit avortements dans leur vie et sont issues de tous les milieux sociaux. C’est le cas de cette mère de famille qui a accepté de se confier, sous couvert de l'anonymat, à un journaliste de l’AFP. Elle a conduit notre confrère sur un bout de terre dont elle garde le secret.

 

 

"Lorsque je fais le compte, il y a environ huit fœtus enterrés ici ainsi qu’un bébé né à sept mois de grossesse. Il criait lorsque je l’ai mis dans un sac plastique", soupire cette mère démunie. Avec six enfants à charge et un mari alcoolique, elle n’envisage qu’une seule décision en cas de nouvelle grossesse : y mettre fin.

 

 

Dans ce pays pauvre de 26 millions d’habitants, trois femmes meurent chaque jour des suites d’un "avortement spontané ou provoqué", selon l’antenne locale de l’association britannique Marie Stopes qui s’occupe de la planification familiale. Elle prend en charge 20 000 victimes de complications, qui sont hospitalisées chaque année, souvent trop tard. La majorité de celles qui survivent ont entre 15 et 25 ans. Bon nombre d’entre elles ne peuvent plus avoir d’enfants.

 

 

"Outre les hémorragies et les infections, le plus grand risque est la perforation d’organes", explique le docteur Anderson Randriambelomanana, chef de service dans une maternité de la capitale.

 

 

 

"Même si le foetus n'est pas viable, il faudra que la mère mette au monde le bébé"

L’avortement à Madagascar est un sujet majeur de santé publique, martèle l’association Niffin’Akanga qui se bat pour la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse. Mais le sujet reste tabou dans une société où les contraintes culturelles et religieuses ne permettent pas l’ouverture d’un débat franc et constructif autour de la question. Même les médecins se gardent de prendre position, de peur de se retrouver en prison.

 

 

"Même si la grossesse peut causer la mort de la mère, même si la grossesse est le produit d’un viol ou d’un inceste, quand bien même une grosse malformation est constatée à l’échographie, et même si le fœtus n’est pas viable… Non, il faudra que la mère mette le bébé au monde", dénonce la juriste malgache Olivia Rajerison dans le journal La Tribune de Diego.

 

 

Pour elle, il est temps que la loi interdisant l’avortement soit revue pour qu’elle colle aux réalités de la société malgache. Les associations engagées dans ce combat déplorent l’échec patent de la politique de planning familial à Madagascar. Un cinquième des femmes qui souhaitent avoir accès à la planification en seraient privées pour des raisons de coût élevé, mais aussi à cause des barrières culturelles qui font que les contraceptifs continuent à entretenir toutes les peurs.

 

 

Autre frein à la contraception, les femmes dépendent souvent du consentement de leurs maris. Dans la société malgache, "l’homme est un demi-dieu" et la femme doit se plier à ses volontés.

 

 

"S'il a besoin de moi (sexuellement), quelle que soit l'heure, je m'exécute. Si je refuse, il me frappe et me met dehors". Une mère de famille malgache à l'AFP

 

 

A Madagascar, les associations qui militent en faveur de la légalisation de l’avortement espèrent, sans se faire trop d’illusions, que la venue du pape François dans la Grande Ile permettra d’amender le discours de l’Eglise catholique sur cette question. Ce n’est pas seulement le droit de choisir qui est en jeu, c’est le droit à la vie, estiment-elles

 


02/09/2019
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Franceinfo - le jeudi 1er août 2019

 

 

Congo-Brazzaville : quand l'Etat doit des milliards...

 

 

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franceinfo avec AFPLaurent Ribadeau DumasRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

 

Au Congo-Brazzaville, de nombreux entrepreneurs se plaignent des impayés de l'Etat dans un pays surendetté qui vient de conclure un accord avec le Fonds monétaire international (FMI). Un accord qui est, pour l'instant, une bouée de sauvetage pour les autorités locales. Mais risquent de les obliger à modifier nombre de comportements...

 

 

 

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Le chantier du ministère de l'Intérieur à Brazzaville, interrompu depuis 2016. Motif : les caisses de l'Etat congolais sont vides (photo prise le 25 juillet 2019). (SAMIR TOUNSI / AFP)

 

 

 

Le Congo a passé le 11 juillet 2019 un accord avec le Fonds monétaire international (FMI). Dans ce contexte, contraint à la transparence par l'organisation financière, le gouvernement a dû se résoudre à évaluer sa dette envers les entreprises publiques et privées à 1719 milliards de FCFA (2,6 milliards d'euros). Soit 30% du total de l'endettement (8,5 milliards d'euros) de ce pays pétrolier d'Afrique centrale (le pétrole représente 4/5e de ses ressources). Lequel pays s'est retrouvé à cours d'argent quand le baril a chuté de 100 à 50 dollars entre 2014 et 2015.



Les négociations entre les deux parties ont été "ralenties par le fait que les autorités du Congo-Brazzaville avaient caché une partie de (leur) dette publique (...). Celle-ci s'établissait à près de 120 % du PIB (...) et non 77 %, selon des révélations à l'époque de Radio France Internationale (RFI)", rapporte Le Point.

 

 

Dans le même temps, "les entreprises congolaises depuis 2002 subissent le non-paiement de leurs créances malgré le boom pétrolier", affirme le président de l'Union nationale des opérateurs économiques du Congo (Unoc), El Hadj Abdoulaye Djibril Bopaka. Sans parler des arriérés de pensions, des retards de salaires et des impayés de bourse, comme le souligne Mediapart... 

 

 

Bon nombre d'entreprises ont dû licencier ou fermer leurs portes, ajoute le responsable d'une des organisations patronales congolaises.

 

 

Le résultat est visible dans les rues de Brazzaville, avec plusieurs chantiers à l'arrêt. Le plus emblématique est celui du nouveau bâtiment qui devait abriter le ministère de l'Intérieur, place de la République. Les grues ne fonctionnent plus depuis 2016, se souvient un connaisseur du dossier. Un panneau indique le nom du concessionnaire : San José. En l'occurrence une entreprise espagnole qui annonçait sur son site internet un contrat de 58,48 millions d'euros au moment de l'adjudication en 2013.

 

 

 

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La page d'accueil du site internet du groupe espagnol San José  (Capture d'écran - site Grupo SANJOSE)

 

 

 

 

Le cahier des charges prévoyait deux majestueuses tours de neuf et dix étages Surface totale : 44 000 m². Les deux tours sont bien sorties de terre. Mais restent inachevées.

 

 

 

Les chantiers chinois épargnés

Dans ce contexte, le président Denis Sassou Nguesso a dû demander au gouvernement une "évaluation précise de la dette intérieure", pour "procéder à sa liquidation" . Et ce "dès que les circonstances le permettront"...

Pour autant, étonnamment, une autre évidence saute à l'œil nu dans les rues de Brazzaville : les chantiers chinois, eux, ne connaissent pas la crise. C'est ainsi le cas du futur Parlement de l'autre côté de la place de la République. Lequel est présenté comme une "aide de la Chine". Lancé en 2017, le chantier doit être livré fin 2019 pour quelque 50 millions d'euros. C'est encore le cas des tours jumelles de Mpila, le futur centre d'affaires au bord du fleuve Congo lancé en 2015 par la Beijing Construction Engineering Group (BCEG). Des grands chantiers ont été déjà été livrés malgré la crise, comme le siège de la Banque sino-congolaise pour l'Afrique (BSCA), inauguré en avril 2018.

 

 

Motif : les entreprises chinoises ne sont pas payées directement par le Trésor public congolais. Elles passent par un canal de financement direct, en l'occurrencee la Banque Export-Import (Exim Bank of China). Mais en fait, ces grands travaux chinois représentent le premier poste de la dette congolaise. La dette du Congo envers Exim Bank of China s'élève ainsi à 1,36 milliard de francs CFA (deux milliards d'euros) et la dette bilatérale avec l'Etat chinois est de 1,4 milliard d'euros.

 

 

Une restructuration de la dette chinoise a été nécessaire avant que le FMI n'accepte de débloquer 448,6 millions de dollars de crédit sur trois ans pour aider Brazzaville. "Il était impératif que le Congo obtienne (...) un allégement de la dette auprès de ses principaux créanciers, particulièrement de la Chine", son plus gros créancier, précise le chef de mission du FMI à Brazzaville, Alex Segura-Ubiergo, sur le site de l'institution. "Un préalable que Pékin a accepté en se ralliant pour la première fois à une solution du FMI", souligne Le Point

 

 

 

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Le président du Congo, Denis Sassou Nguesso (à gauche), serre la main du Premier ministre chinois, Li Keqiang, à Pékin le 5 septembre 2018 (PARKER SONG / POOL)

 

 

 

Corruption

Pour le président de l'Unoc, le problème est plus large. "Le gouvernement reste pléthorique avec des gens qui sont soupçonnés par le peuple congolais de mauvaise gouvernance et de détournement de fonds publics", avance El Hadj Abdoulaye Djibril Bopaka.

 

 

Ce n'est donc pas un hasard si le FMI a également demandé au Congo-Brazzaville d'améliorer sa gouvernance. Cela pourrait passer par une réduction du nombre de ministres (actuellement une trentaine). Le programme du Fonds "vise (...) à améliorer la gouvernance (y compris la gestion des finances publiques) afin de promouvoir un usage plus efficient des ressources publiques et à protéger les groupes vulnérables de la charge de l’ajustement", annonce le site du FMI"Protéger les groupes vulnérables de la charge de l'ajustement" ? En clair : les groupes sociaux les plus vulnérables qu'il faut mettre à l'abri des conséquences des réformes...

 

 

Autre problème auquel le Congo va devoir s'attaquer, celui de la corruption. Ce problème "est au cœur de la vie politique et économique du pays", confirme Le Monde. Le quotidien décrit ainsi les mécanismes permettant de placer l'argent du pétrole dans les paradis fiscaux... Par ailleurs, "la justice française cherche depuis 2010 à faire la lumière sur le patrimoine du président congolais (...) et de sa famille".  "Les autorités ont appliqué un programme ambitieux de réformes visant à améliorer la gouvernance. D’autres réformes s'imposeront en vue de renforcer l’Etat de droit et le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux (...) et de mettre sur pied la nouvelle haute autorité de lutte contre la corruption", souligne le FMI. Le plus dur reste peut-être à faire...

 


02/08/2019
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Franceinfo - le mercredi 31 juillet 2019

 

 

Afrique du Sud : le débat sur les expropriations de terre s'accélère

 

 

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Laurent Ribadeau DumasRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

La grande majorité des terres appartient toujours aux Blancs. Le gouvernement tente de remédier aux énormes inégalités Noirs-Blancs héritées de l’apartheid. Mais ses projets, qui soulèvent de gros problèmes juridiques, suscitent des inquiétudes

 

 

 

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Au sud de Johannesburg (est), plus importante ville d'Afrique du Sud, le 23 avril 2019. (SIPHIWE SIBEKO / X90069)

 

 

 

En rendant son rapport final, le Comité consultatif présidentiel sur la réforme agraire et l’agriculture, qui regroupe des experts, a apporté le 28 juillet 2019 son soutien à la redistribution de terres sans indemnisation des propriétaires expropriés, mais seulement sous certaines conditions. Et ce, alors que le gouvernement poursuit une réforme agraire controversée. Le président Cyril Ramaphosa, qui avait installé ce comité en 2018 après son arrivée au pouvoir en février de la même année, a fait de la réforme agraire une priorité. Celle-ci vise à corriger les inégalités entre la majorité noire et la minorité blanche, héritées de l'apartheid.

 

 

Selon une étude, 73% de la terre appartient toujours aux Blancs. A la fin de l’apartheid (1994), le pourcentage s’élevait à 85%. Les nouvelles autorités avaient alors expliqué qu’elles voulaient rétrocéder 30% de cette terre aux précédents propriétaires. Conclusion : "Comme le reste de l’économie, l’agriculture reste largement aux mains des Blancs" un quart de siècle après le démantèlement du système de ségrégation raciale, expliquait franceinfo Afrique en mars 2018.

 

 

 

Section 25 de la Constitution

"Le Comité soutient le tournant politique proposé visant à utiliser les dispositions de la Constitution pour exproprier des terres sans dédommagement", indique-t-il dans son rapport. Cependant, l'expropriation"n'a pas besoin d’être utilisée dans tous les cas, et ne devrait pas", ajoute-t-il.

 

 

Le Parlement sud-africain doit débattre en 2019 d'une modification de la Constitution destinée à renforcer les conditions légales des saisies de terres. En 2018, un rapport du Comité de révision constitutionnelle "recommandait que le Parlement amende la section 25 de la Constitution pour rendre explicite ce qui est implicite (dans le texte, NDLR) en ce qui concerne l’expropriation de terre sans compensation" sous l’apartheid, rappelle le site sud-africain businesstech.co.za. Recommandation par la suite approuvéepar les parlementaires. Actuellement, cette fameuse section 25 stipule qu’"une propriété peut être expropriée uniquement (…) à des fins publiques ou pour un intérêt public et (…) sous réserve de compensation".

 

 

 

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A Cato Ridge, près de Durban, dans la province du KwaZulu-Natal (sud-est de l'Afrique du Sud) le 28 juillet 2019.  (REUTERS - ROGAN WARD / X02832)

 

 

 

Le Comité consultatif présidentiel sur la réforme agraire demande plus de clarté dans un projet de "loi d'expropriation" actuellement examiné par le Parlement. Ce texte dresse déjà une liste des conditions nécessaires pour rendre possibles des expropriations sans compensations. Il suggère ainsi qu’on se passe de dédommagements notamment et seulement "quand la terre est occupée ou utilisée par un exploitant locataire", rappelle businestech.co.za. Quand elle est détenue dans "un but spéculatif", quand elle appartient à l'Etat, "quand la terre a été abandonnée par son propriétaire". Selon le comité, les propriétaires qui ont acheté des terres après la fin de l'apartheid en 1994 devraient être traités différemment de ceux qui ont hérité de terres détenues sous le régime raciste.

 

 

 

Problème politique majeur

La redistribution forcée des terres est devenue un élément essentiel pour le Congrès national africain (ANC). Le parti au pouvoir tente ainsi de regagner le soutien des électeurs noirs pauvres qui souffrent toujours de fortes inégalités raciales, 25 ans après la fin du régime de l'apartheid. Il essaie aussi de ne pas se faire doubler sur sa gauche par le leader radical Julius Malema, chef des Combattants pour la liberté économique (EFF), qui a fait de l’expropriation l’un de ses thèmes favoris. Et explique : "Nous ne haïssons pas les Blancs, nous aimons simplement les Noirs." Il a déjà été accusé de racisme par ses adversaires.

 

 

Sous la pression de l'ANC, Cyril Ramaphosa souhaite donc que la Constitution sud-africaine soit modifiée pour explicitement autoriser les expropriations de terres sans que les propriétaires soient dédommagés. Il a affirmé que la réforme commencerait avec des terres appartenant à l'Etat dans des zones urbaines, libérées pour des logements, et qu'elle ne porterait pas préjudice à l'économie du pays.

 

 

Jugeant les données sur la propriété des terres toujours incomplètes, le comité d'experts a réclamé un audit national pour préciser qui les détient.

 

 

 

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Récolte de haricots au sud de Johannesburg, le 29 avril 2019 (REUTERS - SIPHIWE SIBEKO / X90069)

 

 

 

Réactions

Le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (AD), a rejeté les recommandations du rapport "concernant l'expropriation foncière sans indemnité et d'autres suggestions indéfendables". L'expropriation sans compensation "va affaiblir encore notre économie en difficulté", estime-t-il.

 

 

De son côté, la fédération Agri SA, fédération d’organisations de l’agro-industrie, pense que "la sécurité alimentaire serait menacée pour tous les Sud-Africains" si les recommandations du Comité étaient appliquées, notamment celle sur la modification de la loi fondamentale. Elle s’oppose "à toute politique ou législation enfreignant les droits de propriété ou tout autre droit fondamental inscrit dans la Constitution", selon des propos rapportés par le site timeslive.co.za.

 

 

Pour l’ONG sud-africaine des droits de l’Homme AfriForum, cité par le site politicsweb.co.za, le rapport du Comité est "naïf économiquement et fondamentalement raciste""Le message sous-jacent du rapport est que la propriété noire est une bonne chose et la propriété blanche une mauvaise. Pour soutenir cette hypothèse, il a recours à une approche sélective de l’Histoire et des faits", affirme l’ONG. Par ailleurs, "il n’y a pas de lien" entre réforme agraire et croissance économique, contrairement à ce que disent les experts du Comité consultatif présidentiel, poursuit AfriForum, organisation soutenue par la Fondation libérale allemande Friedrich Naumann.

 

 

 

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Champ de blé près de la localité de Van Der Kloof (centre de l'Afrique du Sud), le 29 octobre 2018 (REUTERS - MIKE HUTCHINGS / X00388)

 


02/08/2019
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Franceinfo - le jeudi 18 juillet 2019

 

 

Ethiopie : les Sidamas, une ethnie du Sud, veulent créer leur propre région

 

 

 

Laurent Ribadeau DumasRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Cette revendication nationaliste risque d’aggraver la violente crise ethnique et politique que traverse le pays

 

 

 

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Un jeune homme laisse éclater sa joie à Hawassa (sud de l'Ethiopie), le 15 juilet 2019, quand les chefs de la communauté sidama annoncent leur intention de créer leur propre région. (MICHAEL TEWELDE / AFP)

 

 

 

Le 15 juillet 2019, après de longues tractations, les responsables de la communauté sidama ont fait part de leur décision de quitter la Région des nations, nationalités et peuple du Sud (SNNP). Ils entendent créer leur propre région d’ici… le 18 juillet. Une décision potentiellement lourde de conséquences. Mais accueillie par un concert de klaxons et de chants dans les rues d'Hawassa, la capitale régionale.

 

 

L'Ethiopie compte aujourd’hui neuf régions dessinées sur les bases d'un fédéralisme ethnique. Or, la Constitution oblige le gouvernement à organiser un référendum si une ethnie, parmi les plus de 80 que compte ce pays, souhaite former sa propre région.

 

 

Le 18 juillet 2018, les responsables sidamas, qui avaient bien accueilli l’intronisation du nouveau Premier ministre Abiy Ahmed trois mois plus tôt, avaient déposé une demande de référendum. Mais jusqu’à aujourd’hui, le pouvoir n’y a toujours pas répondu, alors que la Constitution stipule qu’un tel scrutin doit être organisé au plus tard un an après le dépôt de la demande. Soit le 18 juillet… 2019. Dans ce contexte, les Sidamas estiment qu’ils peuvent unilatéralement faire sécession de la région SNPP.

 

 

 

De la patience avant toute chose

De son côté, le chef du gouvernement leur demande de rester patients, le temps que soit réformé le Conseil électoral national d’Ethiopie (NEBE), rapporte le journal anglophone éthiopien The Reporter. Le pays a besoin d’un Conseil fort pour s’assurer que "répondre aux questions posées par une région ne créera pas d’autres blessures" dans d’autres régions, a ajouté Abiy Ahmed.

 

 

 

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Des agriculteurs travaillent dans une coopérative dans la région de Sidama (sud de l'Ethiopie) le 29 novembre 2018. (REUTERS - MAHEDER HAILESELASSIE / X06601)

 

 

 

Problème : les revendications des Sidamas sont anciennes. Ces derniers ont été incorporés à l’Ethiopie en 1890 et se sont rebellés contre la dictature militaire du Derg entre 1974 et 1991, rappelle le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG). Résultat : les observateurs pensent que le dossier est l’un des plus importants et urgents qu’Abiy Ahmed ait à régler.

 

 

Pour autant, les demandes des Sidamas, qui représenteraient 4% à 5% des plus de 100 millions d'Ethiopiens, ne constituent que l’une des multiples crises auxquelles doit faire face l’actuel Premier ministre. Lequel est arrivé aux affaires après plusieurs années de protestations antigouvernementales et a notamment été salué pour la libération de prisonniers politiques. Cette ouverture de l'espace démocratique a permis une expression plus libre des nationalismes ethniques. Mais, aujourd’hui, le nouveau pouvoir peine à contenir des violences qui ont poussé plus de 2 millions de personnes à quitter leurs foyers.



En juin, cinq hauts responsables éthiopiens, dont le chef d'état-major de l'armée, ont été assassinés lors de ce que les autorités ont décrit comme une tentative de «coup d'Etat» contre le gouvernement de la région autonome d'Amhara, la seconde d'Ethiopie en termes de population. Avec les Oromos, l’ethnie amhara est la plus importante du pays.

 

 

 

Risques d’un conflit violent

Les risques d’un conflit violent sont donc réels. Début juillet, le Premier ministre a averti qu’une sécession pourrait entraîner une intervention gouvernementale. "Nous ne tolérerons pas d’émeutes. Tout doit se faire selon les procédures (légales). S’il en va autrement, nous règlerons le problème comme nous avons l’habitude de le faire", selon des propos rapportés par The Reporter. En clair : en faisant intervenir l’armée comme dans l’Etat régional de Somalie (est) en 2018. Pour le pouvoir, l’enjeu est considérable. Une sécession sidama pourrait créer un précédent et donner des idées à d’autres ethnies de la région SNNP. Et ailleurs dans le pays.

 

 

Les activistes sidamas veulent créer un fait accompli. Ils ont déjà hissé un drapeau non officiel vert, bleu et rouge à plusieurs endroits, dont les bâtiments de l'administration à Hawassa qu’ils considèrent comme leur capitale. Alors que la cité est déjà la capitale… de la région SNNP.

 

 

 

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Travail du café dans la région de Sidama (sud de l'Ethiopie) le 30 novembre 2018 (MAHEDER HAILESELASSIE / X06601)

 

 

 

Si les Sidamas sont le groupe ethnique le plus important de ladite région, leurs volontés sécessionnistes ont déjà mené à des violences en juin 2018 avec des membres de l’ethnie wolayta, la seconde communauté locale. Il y avait alors eu une dizaine de morts et des dizaines de personnes déplacées.

D’autres ethnies cohabitent à Hawassa, ville où vivent quelque 400 000 personnes. Les Sidamas "devraient nous demander ce que nous pensons de la situation et tenir compte de nos sentiments", explique à l’AFP Salomon Mengistu, un Amhara. Mais l’heure ne semble pas à la conciliation. A titre d’exemple, les Sidamas qui ont exprimé des craintes quant aux conséquences d’une sécession pour l'économie de la région, basée notamment sur le café, ont fait l'objet de dénonciations sur les réseaux sociaux… 

 


18/07/2019
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Franceinfo - le mardi 16 juillet 2019

 

 

L’arrivée d’Ebola dans le nord-est de la RDC suscite de très vives inquiétudes

 

 

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Laurent Ribadeau DumasRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

En République démocratique du Congo, les autorités locales multiplient les mesures de prévention et les appels au calme depuis la découverte d’un cas de fièvre hémorragique Ebola, le 14 juillet à Goma

 

 

 

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Un agent de santé asperge de désinfectant l'un de ses collègues dans un centre de traitement d'Ebola le 9 septembre 2018. (AL-HADJI KUDRA MALIRO/AP/SIPA / AP)

 

 

 

La confirmation d'un premier cas d'Ebola, le 14 juillet à Goma, grande ville du Nord-Kivu (nord-est de la RDC) d'un million d’habitants, constitue "un avertissement" sur les dangers de cette épidémie et "change potentiellement toute la donne". Telle est la mise en garde faite le 15 juillet 2019 par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). 

 

 

En République démocratique du Congo, les autorités locales multiplient les mesures de prévention depuis cette découverte. Le malade, un pasteur évangélique, est le premier cas confirmé de la fièvre hémorragique dans la région depuis le début de l'épidémie le 1er août 2018. Laquelle a fait plus de 1600 morts. Les équipes chargées de répondre à l'épidémie ont identifié 60 contacts du pasteur jusqu'à présent. "Nous en avons retrouvé et vacciné 30 et, avec un peu de chance, nous aurons vacciné les 30 autres dans les 24 heures à venir", a précisé le responsable des situations d’urgence à l’OMS, Mike Ryan.

 

 

Première mesure : le patient a été évacué le 15 juillet au matin vers Butembo. Motif : le centre de traitement d'Ebola (CTE) de Butembo, épicentre de l'épidémie, est mieux préparé que celui de Goma qui n'a encore traité aucun cas jusqu'à présent, a affirmé le gouverneur, Carly Nzanzu Kasivita. "Le cas a été non seulement détecté précocement, mais aussi isolé immédiatement évitant toute contamination additionnelle", a-t-il poursuivi.

 

 

 

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Des acteurs de santé, munis de combinaisons de protection, s'occupent d'une personne atteinte d'Ebola, placée dans un cube d'isolation à Beni (nord-est de la RDC) le 13 juillet 2019. (JEROME DELAY/AP/SIPA / SIPA)

 

 

 

Jusqu’à présent, l'épidémie était cantonnée dans le nord de la province, dans les zones de Beni-Butembo, depuis qu'elle a été officiellement dépistée le 1er août 2018 près de Beni.

 

 

 

Itinéraire

L'itinéraire du patient a de quoi nourrir les inquiétudes plus ou moins rationnelles qui entourent chaque maladie contagieuse et mortelle. Originaire du Sud-Kivu, le pasteur était arrivé début juillet à Butembo, où il a présenté les premiers symptômes dès le 9 juillet. "Durant son séjour à Butembo, le pasteur a prêché dans sept églises", où il touchait de ses mains régulièrement les fidèles, "y compris les malades", précise le ministère de la Santé. Le pasteur, qui serait membre d'une Eglise évangélique dite du "réveil", a ensuite pris la route pour Goma le 12 juillet à bord d'un bus avec 18 autres passagers et le chauffeur.

"Le bus est passé par trois points de contrôle sanitaire. Lors des contrôles, il ne semblait pas présenter des signes de la maladie. Par ailleurs, à chaque point de contrôle, il a écrit des noms et prénoms différents sur les listes de voyageurs, (ce qui indique) probablement sa volonté de cacher son identité et son état de santé", rapporte le ministère de la Santé.

"Dès son arrivée à Goma (le 14 juillet , NDLR), il s'est rendu dans un centre de santé car il ne se sentait pas bien et avait commencé à faire de la fièvre. Aucun autre patient ne se trouvait dans le centre de santé, réduisant le risque d'infections nosocomiales d'autres personnes", affirme-t-on. Selon une autre source, anonyme, citée par l’agence France Presse (AFP), l'homme avait utilisé un taxi-moto pour se rendre au préalable chez un de ses amis.

 

 

 

"L'épidémie n'est toujours pas sous contrôle"

L'inquiétude est palpable à Goma, ville partagée entre ses villas avec vues magnifiques sur le lac Kivu, siège des Nations unies et des ONG, et ses quartiers densément peuplés avec une activité commerciale importante. "Goma est très peuplée, je crains que la propagation ne soit rapide. (Il faut, NDLR) que les autorités fassent tout pour retrouver toutes ces personnes car Goma est un grand carrefour vers plusieurs destinations", s'inquiète un moto-taxi, Jean-Pierre, 30 ans, citée par l’AFP.

 

 

 

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Scènes de rue à Kiwanja (60 km au nord de Goma en RDC) le 16 février 2015 (STEPHANIE AGLIETTI / AFP)

 

 

La cité se trouve en effet à la frontière du Rwanda, avec un port d'où les bateaux partent pour Bukavu et le Sud-Kivu, et un aéroport avec des vols civils ou onusiens à destination de Kinshasa (capitale de la RDC), Entebbe (ancienne capitale de l’Ouganda) et Addis Abeba (capitale de l’Ethiopie). "Nous avons travaillé intensément pour que n'importe quel cas à Goma soit identifié et pour y apporter une réponse immédiate", a commenté le directeur général de l'OMS, Tedros Adahom Ghebreseyus.

 

"Ce cas confirmé d'Ebola à Goma montre que la situation demeure inquiétante et que l'épidémie n'est toujours pas sous contrôle", a commenté Médecins sans Frontière (MSF) qui a cessé ses interventions à Beni-Butembo en raison de l'insécurité. Une insécurité qui a d'ailleurs encore frappé à Beni où deux notables locaux, enrôlés dans des actions de prévention, ont été assassinés dans la nuit du 13 au 14 juillet 2019.

 

 

 

Les résistances des populations

L'intervention des responsables communautaires dans ces actions est destinée à lever les résistances des populations contre la vaccination et l'hospitalisation ainsi que contre des modes d'enterrement qui évitent les contacts avec les fluides contagieux des défunts. "Selon plusieurs sources, les assaillants seraient des personnes du même quartier que les deux victimes. (Ces assaillants enviaient les victimes car elles) avaient trouvé un emploi dans la riposte contre Ebola", a indiqué le ministère de la Santé. Un épidémiologiste de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait été tué le 20 avril à Butembo, où deux centres de traitement d'Ebola (CTE) avaient été attaqués fin février-début mars.

Le monde n'a pas entendu "les avertissements", écrivait le site de l’OMS dès… janvier 2015. Avant d’ajouter : "Une évaluation officielle de la riposte à la pandémie de grippe H1N1 en 2009 avait abouti à la conclusion que le monde l’avait échappé belle à cette occasion, car le virus avait été peu agressif, mais qu'il était mal préparé à faire face à des urgences graves et durables à l'avenir, comme en témoigne cette épidémie d'Ebola"… Laquelle est la deuxième la plus importante de l'histoire après celle qui a tué près de 11 000 personnes en Afrique de l'Ouest (Guinée, Liberia, Sierra Leone) en 2013-2014.

 


17/07/2019
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Franceinfo - le lundi 17 juin 2019

 

 

Soudan : le président déchu Omar el-Béchir poursuivi pour corruption et meurtres de manifestants

 

 

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L'ancien homme fort du Soudan a fait une brève première apparition publique depuis sa destitution pour entendre les chefs d'accusation prononcés contre lui : possession d'argent liquide illégal, enrichissement suspect et proclamation d'état d'urgence

 

 

 

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Le président déchu du Soudan, Omar el-Béchir (qui porte un turban), fait une première apparition publique depuis sa chute pour comparaître devant les procureurs à Khartoum, le 16 juin 2019. (MAHMOUD HJAJ / ANADOLU AGENCY)

 

 

 

Vêtu de la traditionnelle djellaba blanche et d'un turban, le président déchu du Soudan est arrivé de sa prison escorté par un convoi de véhicules militaires et des membres des forces de sécurité lourdement armés, a constaté le correspondant de l'AFP le 16 juin 2019, devant les locaux du parquet. "L'accusé Omar el-Béchir a été (...) informé des accusations qui pèsent contre lui, pour la possession de devises étrangères, corruption et réception de cadeaux de manière illégale", a indiqué aux journalistes un responsable du parquet, Aladdin Dafallah. Les chefs d'accusation ont été lus à Omar el-Béchir en présence de son avocat, selon le responsable. Le président déchu est reparti au bout de quelques minutes, a rapporté le correspondant de l'AFP.

 

 

 

La junte au pouvoir n'envisage pas de livrer el-Béchir à la CPI

Porté au pouvoir par un coup d'Etat en 1989, el-Béchir a été destitué et arrêté par l'armée le 11 avril à Khartoum, sous la pression d'un mouvement de contestation inédit, déclenché en décembre par le triplement du prix du pain. L'agence de presse soudanaise officielle Suna avait annoncé trois jours auparavant que l’ancien président était accusé "de possession de devises étrangères, d'avoir acquis des richesses de façon suspecte et illégale et d'avoir ordonné (l'état) d'urgence".

 

 

 

 

 

 

Le 21 avril, le général Abdel Fattah al-Burhane, chef du Conseil militaire de transition au pouvoir depuis la destitution d’el-Béchir, avait affirmé que l'équivalent de plus de 113 millions de dollars avaient été saisis en liquide à sa résidence à Khartoum. Or, en décrétant l'état d'urgence le 22 février face à la contestation populaire, l'ex-président avait rendu illégale la possession de l'équivalent de plus de 5000 dollars en devises.

 

 

Omar el-Béchir fait aussi l'objet de poursuites pour les meurtres de manifestants durant la répression de la contestation. Par ailleurs, il est également visé par des mandats d'arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) qui veut le voir répondre de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre dans le conflit au Darfour (ouest), qui a fait près de 300 000 morts, selon l'ONU.

Mais les militaires au pouvoir ont indiqué qu'ils ne comptaient pas le transférer au tribunal international.

 

 

 

Appels pour une enquête indépendante sur la répression meurtrière du sit-in

Après avoir obtenu la chute du président, des milliers de manifestants étaient restés mobilisés en maintenant un sit-in devant le QG de l'armée à Khartoum, exigeant du Conseil militaire qu’il cède le pouvoir aux civils. Mais le 3 juin, ce sit-in a été dispersé selon des témoins, par des hommes armés en tenue militaire. La répression s'est poursuivie pendant plusieurs jours. Selon un nouveau bilan publié le 16 juin par un comité de médecins proche de la contestation, 128 personnes ont ainsi été tuées depuis le 3 juin. Les autorités, elles, ont parlé de 61 morts.

 

 

"Nous travaillons dur pour envoyer à la pendaison ceux qui ont fait ça", a lancé le numéro deux du Conseil militaire, le général Mohammed Hamdan Daglo, dit "Hemetti". Ce général est à la tête des Forces de soutien rapide (RSF), des paramilitaires accusés par les chefs de la contestation et des ONG d'être à l'origine de la violente dispersion. "En ce qui concerne la dispersion du sit-in, on ne va pas vous décevoir, ni décevoir les familles des martyrs", a-t-il assuré lors d'une allocution retransmise à la télévision publique.

Les appels en faveur d'une enquête indépendante se multiplient, tant au Soudan et qu'à l'étranger.

 

 

 

Des conclusions préliminaires "révélées"

En visite à Khartoum le jour même, le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a rencontré le chef du Conseil militaire et les leaders du mouvement de protestation, selon un communiqué officiel de la Ligue. Il a lui aussi appelé à une enquête complète sur les événements et a assuré le Soudan de son soutien, pour que ses dettes internationales soient effacées et que le pays soit "retiré de la liste des Etats finançant le terrorisme" établie par Washington.

 

 

Le Conseil militaire avait pour la première fois regretté des "erreurs qui se sont produites" lors de la dispersion de la foule, mais avait assuré ne pas l'avoir ordonnée et précisé que l'objectif de l'opération était tout autre. Le porte-parole du Conseil militaire, le général Chamseddine Kabbachi, avait ainsi affirmé que le but initial était de chasser des éléments "criminels" dans un secteur appelé Colombia, près du sit-in. 

 

 

"L'opération de Colombia a été planifiée par les autorités militaires et sécuritaires", a affirmé le Conseil militaire dans un communiqué. "Nous soulignons notre volonté d'obtenir toute la vérité, instant par instant, par le biais de notre commission d'enquête", a-t-il ajouté, en référence à l'investigation lancée par les militaires.

 

 

Le porte-parole de la commission d'enquête, Abderrahim Badreddine, a indiqué le 15 mai que son rapport n'était pas finalisé, mais a révélé des conclusions préliminaires selon lesquelles "des officiers et des soldats sont entrés sur les lieux du sit-in sans l'ordre de leurs supérieurs".

 


17/06/2019
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Franceinfo - le dimanche 9 juin 2019

 

 

Soudan : les leaders de la contestation appellent à la "désobéissance civile" pour écarter l'armée au pouvoir

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 
 
 
Les manifestants veulent répondre à la violente répression par un "acte pacifique"
 
 
 
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Des manifestants bloquent une rue de Khartoum (Soudan), le 4 juin 2019. (AFP)
 
 

Les chefs de la contestation au Soudan ont appelé, samedi 8 juin, à la "désobéissance civile" à partir de dimanche, pour faire pression sur les militaires au pouvoir, accusés de répression brutale contre les manifestants"Le mouvement de désobéissance civile commencera dimanche et ne se terminera que lorsqu'un gouvernement civil aura été annoncé", a indiqué l'Association des professionnels soudanais (SPA), acteur majeur de la contestation, dans un communiqué.

 

 

Cet appel intervient au lendemain de la visite à Khartoum du Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, venu en médiateur entre la contestation et le Conseil militaire de transition, au pouvoir depuis la destitution du président Omar el-Béchir le 11 avril. Il survient aussi cinq jours après la violente dispersion par les forces de sécurité d'un sit-in, organisé depuis le 6 avril, devant le QG de l'armée à Khartoum, dans le prolongement du mouvement de contestation déclenché en décembre.

 

 

 

Un climat de "terreur" à Khartoum

Qualifiée de "massacre" par la contestation, cette dispersion a été suivie d'une vague de répression cette semaine. Selon des habitants, un climat de "terreur" s'est emparé de la capitale. D'après des médecins proches de la contestation, plus de cent personnes sont mortes et plus de cinq cents autres ont été blessées, en majorité lors de la dispersion du sit-in. Le gouvernement a nié ces chiffres, évoquant un bilan de 61 tués.

 

 

Pour la SPA, la désobéissance civile constitue "un acte pacifique capable de mettre à genoux le plus puissant arsenal d'armes au monde". Cette nouvelle forme d'action intervient après deux jours de grève générale, les 28 et 29 mai, pour faire pression sur l'armée. La forme que prendra cette "désobéissance civile" n'a pas été précisée, alors que les rues de Khartoum sont quasiment désertes depuis lundi en raison de la répression.

 


09/06/2019
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Franceinfo

 

 

Soudan : le bilan de la répression du sit-in à Khartoum porté à 60 morts

 

 

franceinfo avec ReutersFrance Télévisions

 

 

 

Un précédent bilan faisait état de 35 morts et de plus d'une centaine de blessés dans l'assaut mené par les forces de sécurité soudanaises contre le campement

 

 

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Des barrages installés dans les rues de Karthoum (Soudan), le 4 juin 2019. (ASHRAF SHAZLY / AFP)

 

 

 

Un bain de sang. Le bilan de la dispersion meurtrière des manifestants rassemblés devant le quartier général de l'armée soudanaise à Khartoum (Soudan) s'est alourdi à 60 morts, a déclaré mercredi 5 juin, une association de médecins affiliée au mouvement de protestation, citée par Reuters.

 

 

Un précédent bilan faisait état de 35 morts et de plus d'une centaine de blessés dans l'assaut mené par les forces de sécurité soudanaises contre le campement installé depuis des mois par des manifestants antigouvernementaux dans le centre de Khartoum, le plus grave accès de violence depuis la destitution du président Omar el-Béchir le 11 avril dernier.

 

 

Opposition déterminée

L'opposition soudanaise a appelé mardi à poursuivre une campagne de désobéissance civile pour obtenir le départ des militaires, alors que le chef du Conseil militaire de transition (CMT), qui assure l'intérim du pouvoir, a annoncé l'annulation de tous les accords conclus avec l'Alliance des Forces de la liberté et du changement, qui réunit représentants de l'opposition et de la société civile.

 


05/06/2019
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Franceinfo - le lundi 3 mai 2019

 

 

Soudan : la dispersion du sit-in de la contestation a fait au moins 13 morts

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le Conseil militaire de transition a démenti de son côté toute "dispersion par la force" du rassemblement de la contestation

 

 

 

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Un manifestant soudanais lors du sit-in dispersé par les forces de l'ordre, le 3 juin 2019, devant le quartier général de l'armée, à Khartoum.  (ASHRAF SHAZLY / AFP)

 

 

 

Le bras de fer entre les généraux au pouvoir au Soudan et la contestation a pris une tournure sanglante, lundi 3 juin, avec la dispersion du sit-in des manifestants à Khartoum, qui a fait au moins 13 morts selon un comité de médecins. Le Conseil militaire de transition a lui démenti toute "dispersion par la force" du sit-in. Si une opération de sécurité a eu lieu, elle a visé un secteur "dangereux" proche de ce site emblématique faisant face au QG de l'armée et occupé depuis près de deux mois, assure-t-il.

 

 

"Il n'y a plus rien à part les corps des martyrs que nous ne pouvons pas sortir", a de son côté avancé l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, alors que le lieu du sit-in reste inaccessible. En réaction, l'ALC a annoncé interrompre "tout contact politique" avec le Conseil militaire. Elle a appelé à "la grève et la désobéissance civile totale et indéfinie à compter d'aujourd'hui", dans le but de "renverser le régime".

 

 

Dans son dernier bilan provisoire, le Comité central des médecins, proche de la contestation, a fait état d'"au moins 13 morts" et "plus de 116 blessés". Des tirs provenant du lieu du sit-in ont été entendus tôt en matinée par un journaliste de l'AFP, qui avait fait état d'un déploiement important des forces de sécurité dans les rues de la capitale. Les manifestants, qui réclament depuis des semaines un transfert du pouvoir aux civils, ont mis le feu à des pneus et érigé des petits murets avec des briques sur des routes accédant au lieu du sit-in.

 


03/06/2019
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Franceinfo - le mercredi 29 mai 2019

 

 

L'Afrique du Sud, premier pollueur du continent, instaure une taxe carbone

 

 

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franceinfo Afrique avec agencesRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

Cette mesure a été saluée comme "une première étape" par les défenseurs de l'environnement

 

 

 

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La centrale électrique de Lethabo fonctionne au charbon. (SIPHIWE SIBEKO / Reuters)

 

 

 

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a promulgué une loi imposant une taxe sur les émissions de carbone aux entreprises de son pays. Le montant de cette taxe, qui entre en vigueur le 1er juin, a été fixé à 120 rands (7,4 euros) par tonne de dioxyde de carbone. "Le changement climatique représente l'un des plus grands défis auquel est confrontée l'espèce humaine et l'objectif premier de la taxe carbone est de réduire les émissions de gaz à effet de serre d'une façon viable", a expliqué le ministère du Trésor dans un communiqué le 26 mai.

 

 

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a "loué" M. Ramaphosa pour avoir promulgué cette loi qui "traînait depuis longtemps". "Quand elle a été la première fois évoquée en 2010, l'idée d'une taxe carbone a rencontré une forte résistance de la part des gros émetteurs" de CO2, a souligné l'ONG. "Même si beaucoup doit encore être fait pour que la taxe devienne plus efficace, nous reconnaissons qu'il s'agit là d'une première étape significative", a-t-elle ajouté, rappelant que son objectif était "d'améliorer la santé et de rendre l'environnement et l'économie résilients".

 

 

 

Un premier pas

Greenpeace a estimé que la taxe "lançait un signal" aux entreprises polluantes, mais regretté que son montant ne soit pas à ses yeux suffisant pour les convaincre de réduire leurs émissions de dioxyde de carbone. "Nous ne pensons pas que la taxe, en l'état actuel, aura un impact", a regretté Melita Steele (Greenpeace) auprès de l'AFP. La taxe carbone est "une pénalité pour trop polluer. Elle devrait être à un certain niveau (...) afin que les entreprises soient obligées de changer leur stratégie", a-t-elle expliqué. Pour être efficace, elle devrait être fixée à plus de 240 rands (15 euros) par tonne d'émission de CO2, selon Greenpeace.

 

 

L'Afrique du Sud, première puissance industrielle du continent, est extrêmement dépendante du charbon pour sa production d'électricité. Elle figure au 14e rang des pays pollueurs de la planète, selon Greenpeace.

 

 

L'entreprise publique d'électricité Eskom est le plus gros pollueur sud-africain : elle est responsable de 30% des émissions de gaz à effet de serre du pays, selon Greenpeace. Elle a adopté des objectifs climatiques stricts en 2011 et figure parmi les signataires de l'accord de Paris sur le réchauffement de 2015, mais les mesures d'application traînent en longueur.

 


29/05/2019
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Franceinfo - le jeudi 23 mai 2019

 

 

Ethiopie : de riches donateurs appelés à embellir la capitale Addis Abeba

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le Premier ministre Abiy Ahmed, à la tête du gouvernement depuis avril 2018, vient de lancer un projet de trois ans destiné à "améliorer l'image d'Addis Abeba". Pour le financer, il a fait appel à des donateurs fortunés

 

 

 

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Journée sans voiture le 3 février 2019 à Addis Abeba, la capitale éthiopienne dont le développement rapide ces dernières années s'est fait dans l'anarchie. (EDUARDO SOTERAS / AFP)

 

 

 

173 000 dollars par convive, soit 155 000 euros. C'est la somme qu'ont déboursée plus de 200 donateurs fortunés, locaux et étrangers, pour assister à un dîner organisé par le Premier ministre Abiy Ahmed, le 19 mai 2019. Au menu de ces agapes, l'embellissement de la capitale de l'Ethiopie.

 

 

Le dîner avait pour but de lever des fonds en faveur d'un projet lancé sur une durée de trois ans, par M. Abiy afin d'"améliorer l'image d'Addis Abeba", une ville en mouvement qui vit de profonds changements. Les immeubles modernes y poussent comme des champignons.

 

 

En smoking et robe longue, les hôtes étaient assis à une grande table de banquet couverte de roses rouges, dans l'ancien palais impérial Menelik.

 

 

 

 

 

 

Une ville africaine plus verte

S'adressant en amharique à ses invités - la langue la plus répandue dans le pays -, M. Abiy les a remerciés de soutenir son projet "Beautifying Sheger Project" (Sheger, nom populaire de la capitale). Et il leur a dit espérer qu'une fois ce dernier achevé, Addis Abeba serait regardée comme une ville africaine "belle et propre". Selon le site de son ministère, "la croissance rapide et l'expansion de la ville ces dernières années n'ont pas utilisé de manière adéquate les ressources naturelles et la magnifique topographie dont la cité bénéficie".



Située au centre du pays, sur des hauts-plateaux en bordure du Grand Rift, à 2355 m d'altitude, Addis Abeba est la capitale la plus élevée d'Afrique. Sa population est estimée à près de 5 millions d'habitants en 2019.

 

 

Cependant, la ville grossit sans cohésion, ni espaces verts, l'une des préoccupations du Premier ministre qui veut mettre en adéquation l'aspect du plus grand centre urbain du pays avec le taux de croissance du PIB éthiopien, supérieur à 8% depuis dix ans. Alors que parcs et jardins ne couvrent que 0,3 m² par habitant à Addis Abeba, leur surface devrait passer à 7 m² par habitant grâce au projet.

 

 

 

L'Ethiopie riche et pauvre à la fois

D'un coût estimé à 1 milliard de dollars (896 millions d'euros), le plan prévoit aussi de créer des voies cyclables et piétonnières, ainsi que des digues anti-inondations, le long des 56 km de cours d'eau de la capitale. Des arbres seront également plantés et des fermes urbaines construites. Objectif : faire d'Addis Abeba la vitrine des réformes engagées depuis un an par le chef de l'exécutif, nommé en avril 2018.

 

 

Deuxième pays le plus peuplé du continent avec environ 100 millions d'habitants, l'Ethiopie possède l'économie la plus dynamique d'Afrique de l'Est. Mais le pays reste l'un des plus pauvres au monde, avec un revenu annuel moyen par habitant de 783 dollars, soit à peine 702 euros.

 


23/05/2019
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Franceinfo - le samedi 11 mai 2019

 

 

Gambie : l’ex-président Yahya Jammeh aurait détourné près d’un milliard de dollars

 

 

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Eléonore Abou EzRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Plus de deux ans après le départ forcé de son président, la Gambie reste surendettée et a besoin d’argent. Les autorités gambiennes ont beau avoir récemment mis en vente une partie de ses biens, les recettes sont bien loin de couvrir les fonds détournés

 

 

 

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L'ex-président gambien Yahya Jammeh lors d'un meeting à Banjul en novembre 2016. (THIERRY GOUEGNON / X01735)

 

 

 

Alors que Yahya Jammeh coule des jours heureux en Guinée équatoriale, la Gambie compte ses sous. Les caisses de l’Etat sont vides et le petit pays a besoin de l’aide internationale pour s’en sortir. Près d’une personne sur deux vit dans la pauvreté et les fonds publics destinés au développement du pays se sont évaporés. Des centaines de millions d’euros ont été détournés pendant les deux décennies de pourvoir du dictateur.

 

 

Il y avait de nombreuses failles dans la gestion des fonds publics (…) Nous avons découvert une corruption énormeSurahata Janneh, président de la Commission d’enquête

 

 

 

Argent public et dépenses privées

C’est la fin du règne de Jammeh qui a permis de parler ouvertement de la corruption qui a rongé la Gambie. Si tout le monde savait que l’ancien homme fort menait une vie de luxe avec villas, Rolls-Royce et jets privés, personne ne pouvait imaginer que le pillage du pays n’avait pas de limite.

 

 

Fin mars 2019, la Commission d’enquête créée par le président Barrow fait part de ses premières découvertes. Elle estime à près de 360 millions de dollars les fonds détournés. Un rapport de 1600 pages relate les "innombrables" comptes bancaires de l’ex-président, ses sociétés, ses collaborateurs, ses transactions financières internationales, son réseau de blanchiment, etc. L’enquête se base sur plus de 250 témoignages.

 

 

 

"Le grand braquage"

Les annonces de la Commission gambienne coïncident avec d’autres révélations publiées deux jours plus tôt par le consortium de journalistes Organised Crime and Corruption Reporting Project. L’enquête Le grand braquage, qui se base sur des milliers de documents (correspondances gouvernementales, contrats, archives bancaires), dénonce une corruption érigée en système. Les détournements de fonds publics et les recettes illicites sont chiffrés à près d’un milliard de dollars.

 

 

Société de télécommunications, Banque centrale, fonds de pension, Bureau d'aide sociale… rien n’échappe à l’avidité de Yahya Jammeh. L’ancien maître du pays avait constitué un vaste réseau comprenant des hommes d’affaires étrangers qui l’aidaient dans ses transactions illicites et la mise en place de sociétés écrans.

 

 

Jammeh a dirigé le pays comme un syndicat du crime organiséJeggan Gray-Johnson, activiste gambien au Consortium de journalistes Organised Crime and Corruption Reporting Project

 

 

 

Vol et impunité ?

Le "pillage" de l’ancien dictateur ne s’est arrêté qu’avec la fin de son règne, selon Organised Crime and Corruption Reporting. Yahya Jammeh, 53 ans, s’était emparé du pouvoir en 1994 "par un coup de force qu’il avait justifié, à l’époque, par la corruption et la gabegie galopante de son pays", souligne Jeune Afrique.

 

 

Il est aujourd’hui l’hôte du président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, connu lui aussi pour s’être enrichi au pouvoir. La sortie du pays de Yahya Jammeh avait été négociée par des médiateurs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Un départ "avec toutes les garanties pour sa famille, ses proches et lui-même", selon l’accord conclu, qui ne dit pas précisément si les crimes de l’ex-président resteront à jamais impunis.

 

 

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Capture d'écran Wipikedia

 


14/05/2019
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