L'AIR DU TEMPS

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CRISE AFRICAINE


Franceinfo - le samedi 23 mars 2019

 

 

Cyclone Idai : le bilan s'alourdit à 417 morts au Mozambique

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le bilan du cyclone, des inondations et des glissements de terrain continue de grimper au Mozambique. Le Malawi et le Zimbabwe ont également été touchés

 

 

 

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A Beira (Mozambique) le 23 mars 2019, une dizaine de jours après le passage du cyclone Idai. (WIKUS DE WET / AFP)

 

 

 

 

Le bilan s'alourdit encore au Mozambique. Le passage du cyclone Idai sur l'Afrique australe a fait au moins 417 morts dans le pays, annonce samedi 23 mars le ministre de la Terre, de l'Environnement et du Développement rural mozambicain. 

 

 

"A l'heure qu'il est, nous avons 417 morts et 1 528 blessés", a déclaré Celso Correia à la presse, à Beira, la deuxième ville du pays qui a été en partie dévastée par le cyclone Idai. Le précédent bilan au Mozambique faisait état de 293 morts. Au total, le cylone Idai, qui a provoqué des inondations catastrophiques et des éboulements de terrain au Mozambique et au Zimbabwe voisin, a fait au moins 676 morts dans les deux pays.

 

 

"C'est un désastre naturel sans précédent. La zone affectée [au Mozambique] est d'environ 3 000 km2. Un désastre qui équivaut aux catastrophes majeures", estime le ministre. Et il ajoute : "Malheureusement, personne dans la région ni dans le monde ne pouvait prédire un désastre d'une telle ampleur."

 


23/03/2019
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Franceinfo - le mercredi 20 mars 2019

 

 

Cameroun : la détention prolongée de l'opposant Maurice Kamto "inquiète" Washington

 

 

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franceinfo AfriqueRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Lors d'une visite de deux jours à Yaoundé, le chargé d'affaires américain du président Trump, Tibor Nagy, est revenu sur l'emprisonnement du principal opposant Maurice Kamto qui revendique la victoire à la présidentielle d'octobre 2018

 

 

 

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L'opposant camerounais Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et candidat à la présidence, dans un bureau de vote à Yaoundé, lors du scrutin présidentiel, le 7 octobre 2018. (JEAN PIERRE KEPSEU / ANADOLU AGENCY)

 

 

 

La visite de Tibor Nagy à Yaoundé était très attendue par la presse locale. Début mars, le secrétaire du secrétaire d'Etat américain adjoint aux Affaires africaines avait déclaré, à Paris, "qu'il serait très sage de libérer" Maurice Kamto. Cette fois, il a indiqué sur Twitter avoir fait part à son homologue camerounais de "ses inquiétudes au sujet de l'arrestation de Maurice Kamto et des autres" manifestants arrêtés. L'émissaire américain a "encouragé" le pays "à garantir le droit à une procédure juste, à manifester pacifiquement et à la liberté d'expression".

 

 

 

 

 

 

Le gouvernement camerounais a aussitôt dénoncé "une grave velléité d'immixtion à peine voilée et inadmissible dans les affaires intérieures du Cameroun". Le principal opposant au président camerounais Paul Biya a été interpellé à Douala à la suite d'une marche pacifique le 26 janvier 2019. Puis il a été présenté mi-février devant un tribunal militaire, ainsi que 150 partisans du parti qu'il dirige, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). 

 

 

Tous ont été inculpés notamment pour "hostilité contre la patrie" et "insurrection", selon leurs avocats cités par l'AFP. Ces derniers en avaient aussitôt appelé à "la sagesse du pouvoir" afin de "trouver une solution rapidement", soulignant le caractère "arbitraire" des détentions. 

 

 

 

"Procédures disproportionnées", selon l'UE 

Tour à tour, l'Union européenne, puis l'ONU et les Etats-Unis ont critiqué la détention prolongée de M. Kamto. La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a notamment dénoncé des "procédures disproportionnées à l'encontre de plusieurs dirigeants d'un parti de l'opposition, dont son leader M. Kamto", pour des motifs politiques.

 

 

La commission du droit international à l'Onu s'est insurgée, elle aussi, contre l'arrestation de l'homme politique camerounais qui a, lui-même, dirigé cette commission onusienne, selon le site actucameroun : ses membres "appellent les autorités camerounaises à assurer pleinement et immédiatement le respect des droits fondamentaux de Maurice Kamto et à lui garantir un procès équitable."

 

 

Maurice Kamto dénonce un "hold up électoral" lors du scrutin présidentiel du 7 octobre 2018, dont il revendique la victoire. Il aurait obtenu, d'après un communiqué du MRC datant du 13 mars 2019, 39,74 % des suffrages contre 38,47 % pour le président sortant Paul Biya. Plusieurs autres partis d'oppostion ont dénoncé des "fraudes" dans ce scrutin à un tour. 

 

 

 

Saisir les instances judiciaires internationales 

Or, le Conseil constitutionnel a déclaré Paul Biya, 86 ans, dont 36 au pouvoir, vainqueur de la présidentielle avec 71,28 % des suffrages contre 14,23 % M. Kamto.

 

 

Les avocats de ce dernier attendent à présent du tribunal militaire qu'il statue sur la requête en nullité qu'ils ont déposée. A défaut, ils n'excluent pas la possibilité de saisir les instances judiciaires internationales.

 

 

Après sa rencontre avec Paul Biya, le 18 mars 2019, l'émissaire américain Tibor Nagy a, selon l'AFP, indiqué sur Twitter, avoir abordé divers sujets comme "la voie à suivre dans notre relation bilatérale sécuritaire, l'aide sécuritaire et nos inquiétudes sur les droits de l'Homme au Cameroun". 

 

 

Ses discussions avec le président ont été "franches, directes et honnêtes", a-t-il déclaré à la presse, soulignant avoir "beaucoup apprécié le savoir et la sagesse du président". Sans toutefois mentionner le conflit dans les régions anglophones ni le cas de Maurice Kamto, selon l'AFP.

 


22/03/2019
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Franceinfo - le mercredi 20 mars 2019 - mis à jour le

 

 

Mozambique : les secours débordés après le passage du cyclone Idai

 

 

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France 2France Télévisions

 

 

 

Six jours après le passage d'un cyclone au Mozambique, les secours sont dépassés. La Croix Rouge parle de la pire crise humanitaire de l'histoire récente du pays

 

 

 

Des milliers de rescapés sont toujours bloqués sur des toits au Mozambique. Serrés les uns contre les autres, ils attendent les secours. Le cyclone Idai est passé il y a maintenant six jours, dans la nuit du 14 au 15 mars dernier, mais beaucoup sont toujours réfugiés dans des arbres. Les secours sont débordés. Le Mozambique, l'un des pays les plus pauvres au monde, est dépassé par l'ampleur de la catastrophe.

 

 

 

Des vagues de 8 mètres attendues

Les humanitaires sont eux aussi totalement pris de court. Et la population ressasse ce moment où le ciel lui est tombé sur la tête. "Il pleuvait tellement. On a entendu la montagne exploser et l'eau envahir toutes les rues et même notre maison. Heureusement, on a pu s'enfuir", confie un habitant. Mais les pluies torrentielles persistent. Des vagues de 8 mètres de haut sont attendues dans les prochains jours à Beira, la ville côtière la plus touchée.

 


21/03/2019
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Franceinfo - samedi 16 mars 2019

 

 

Guinée Equatoriale : le désarroi des habitants de Malabo privés de "Djibloho"

 

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franceinfo AfriqueRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

  

 

La mise à quai définitive de l'unique bateau public reliant la capitale de Guinée Equatoriale à la deuxième ville portuaire du pays, située sur sa partie continentale, ne fait pas les affaires des habitants de l'île de Bioko

 

 

 

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Le port de Malabo, sur l'île de Bioko, en Guinée Equatoriale, le 4 novembre 2017. (MICHAEL RUNKEL / ROBERT HARDING PREMIUM)

 

 

 

Après vingt ans de bons et loyaux services, le Djibloho, vieux cargo bleu de 104 mètres de long, ne quittera plus le port de Malabo. Son directeur l'a annoncé début février, estimant que le bateau ne garantissait plus "la sécurité et les biens" des quelque 500 passagers qui l'empruntaient chaque semaine, les bras chargés de colis et de marchandises.

 

 

Son état de délabrement est tel, qu'aucune réparation ne peut être envisagée, a déclaré à la télévision nationale l'un des fils du président Teodoro Obiang Nguema au pouvoir depuis 1979.

 

 

Mais pour les Equato-Guinéens, peu fortunés, ce bateau public était leur seule chance de voyager entre la capitale, insulaire, et Bata, ville portuaire, la deuxième de ce pays d'Afrique centrale dont la moitié du million d'habitants vit sous le seuil de pauvreté.

 

 

 

"Le bateau du peuple"

Natalia Obona, 35 ans, regrette le Djibloho, qui "était bien pour ceux qui n'ont pas d'argent, comme nous. C'était le bateau du peuple, c'était pour nous."

 

 

Elle n'a pas les moyens de Les compagnies privées facturent la traversée entre 30 000 et 70 000 francs CFA (entre 45 et 105 euros), alors qu'elle coûtait autour de 14 000 francs CFA (20 euros), soit près de deux fois moins, sur le Djibloho.

 

 

Autres inconvénients dont se plaignent les habitants : le doublement du prix de certaines denrées importées du continent, comme le tomates. Plusieurs restaurants ont vu leur chiffre d'affaires chuter de 25% : les tortues de forêt ne figurent plus sur les menus – de quoi décevoir les habitués –, tandis qu'au marché de Malabo, la viande de brousse, importée du continent, a disparu des étals, selon l'AFP.

 

 

 

"Djibloho", transporteur de produits agricoles

La plupart des biens de consommation importés transitent par la zone dite des trois frontières entre le Cameroun, le Gabon et la Guinée Equatoriale. A partir de ces pays, ils étaient chargés à bord du Djibloho, plus grand transporteur de produits agricoles provenant de Kye-Ossi, localité sud-camerounaise et grande porte d'entrée dans la région du Sud.

 

 

Malgré le désarroi des habitants, l'acquisition par l'Etat d'un nouveau cargo n'est pas à l'ordre du jour. Les recettes publiques ayant fondu depuis la baisse du cours du pétrole en 2014.

 


17/03/2019
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Franceinfo - le samedi 16 mars 2019

 

 

Les violences de Boko Haram font "écho à des événements survenus au début du XXe siècle"

 

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The ConversationFrance Télévisions

 

 

 

 

Si "la violence associée à Boko Haram n’est certes pas une réplique de l’histoire, elle est sa continuité, car la violence – et surtout la violence sexuelle – n’a jamais cessé d’être une réalité dans cette zone frontalière du bassin du lac Tchad". Explications de trois chercheurs dans The Conversation

 

 

 

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 Des sandales de jeunes filles sont éparpillées devant l'université technique et scientifique pour filles, Dapchi, Nigeria, 22 février 2018, après un rapt et raid d'un groupe dirigé par Boko Haram.  (AMINU ABUBAKAR / AFP)

 

 

 

 

Le groupe Boko Haram est devenu si puissant ces derniers mois que des soldats tchadiens ont été envoyés en renforts fin février dans la région des monts Mandara, à la frontière entre le Nigéria et le nord du Cameroun. Début mars, des agences humanitaires s’alarmaient par ailleurs du retour forcé de milliers de Nigérians, sommés de quitter le Cameroun pour revenir sur les terres occupées par Boko Haram.

 

 

Ces régions ont particulièrement souffert des déprédations causées par ce mouvement insurrectionnel formé en 2002 et qui se réclame de l’idéologie salafiste djihadiste.

 

 

Cependant, pour les populations des monts Mandara, en majorité animistes et chrétiennes, cette situation n’est pas nouvelle et fait écho à des événements survenus au début du XXe siècle.

 

 

 

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Abubakar Shekau, leader actuel de Boko Haram, novembre 2017. Wikimedia

 

 

 

Le chef désigné de Boko Haram, Abubakar Shekau, présente en effet des similarités troublantes avec un autre « chef », le peul Hamman Yaji, qui a régné dans la même région entre 1902 et 1927.

 

 

Ce regard local nous semble crucial. Il semble indiquer que les actions de Boko Haram ne sont pas une éruption mystérieuse et sans précédent de la violence et de la sauvagerie, et que plutôt que d’être une idéologie importée des pays arabes, Boko Haram tire sa légitimité de ressources doctrinales et historiques endogènes à la région.

 

 

 

D’un ennemi à l’autre

Hamman Yaji était le lamido (chef traditionnel peul) de Madagali, une ville située à l’ouest des monts Mandara, et qui se trouve maintenant au Nigeria, près de la frontière internationale avec le Cameroun. Au début du XXesiècle, Yaji pendant vingt ans, a razzié la zone capturant des esclaves au sein des populations non-musulmanes, notamment celles habitant les monts Mandara, et tuant ceux qui lui résistaient.

 

 

Aujourd’hui, les non-musulmans vivant le long de la frontière entre le Cameroun et le Nigéria se réfèrent à Boko Haram comme étant « hamaji » terme dérivé de leur souvenir des actions meurtrières d’Hamman Yaji.

 

 

 

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Groupes ethniques habitant les monts Mandara, l’une des régions les plus ethniquement diverses en Afrique. Scott MacEachern

 

 

 

 

Nous n’allons pas détailler ici l’histoire de Boko Haram qui a fait l’objet de nombreuses publications. Nous cherchons plutôt à comprendre pourquoi les populations se réfèrent à Boko Haram dans des termes qui rappellent la période de l’esclavage ? Pourquoi utilisent-elles le terme « hamaji » pour qualifier Boko Haram, et pourquoi comparent-elles Aboubakar Shekau à Yaji ?

 

 

 

Des archives étonnantes

Dès le début, la présence coloniale au Nord-Cameroun et au nord-est du Nigeria a été marquée par une véritable explosion de l’esclavage qui a perdurait jusque dans les années 1940, et sous des formes variées (esclavage royal, concubinage) jusque dans les années 1980.

 

 

Plusieurs sources primaires attestent de cette période, comme les traditions orales collectées par l’anthropologue Judith Sterner, puis les archives coloniales allemandes, françaises et anglaises.

 

 

La troisième source de notre compréhension de la traite des esclaves au XXᵉ siècle est atypique.

 

 

 

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Le journal intime de Hamman Yaji, années 20. Indian University

 

 

 

 

Il s’agit d’un journal intime dicté entre 1912 et 1927 par Haman Yaji, le plus important maraudeur d’esclaves du début du XXe siècle au sud du bassin du lac Tchad. Dans ce journal était consciencieusement rapporté le nombre d’esclaves et de bêtes capturés, ainsi que le jour et l’endroit où s’étaient déroulés les raids. Yaji n’a pas révélé la raison pour laquelle il entreprit la rédaction de son journal. On sait par contre qu’il disposait d’un écrivain, mais également d’un esclave pour garder et cacher le manuscrit.

 

 

Hamman Yaji, dans son journal autobiographique, mentionne une centaine de raids dirigés contre des colonies de peuplement dans et autour des monts Mandara, au cours desquels 1 600 esclaves furent capturés et plus de 150 autres tués. Sa base principale était à Madagali, située au pied des monts Mandara.

 

 

 

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Le Lamidat (appellation locale d’une chefferie peule) de Madagali et ses zones de raids au temps d’Hamman Yaji. Les cercles en bleu foncé représentent les cibles de raids ; les cercles en bleu clair ; les emplacements approximatifs des localités ; les cercles non colorés les villages sous contrôle d’Hamman Yaji. David Nicholas

 

 

 

Hamman Yaji, le « monstre »

Les habitants des monts Mandara se souviennent encore d’Hamman Yaji comme d’un monstre ayant commis d’énormes atrocités. Une tradition orale recueillie à Sukur par Judith Sterner raconte ce qui suit :

 

 

 

« Pendant une razzia, les soldats d’Hamman Yaji coupèrent les têtes des villageois devant la maison de Tlidi [chef de Sukur], les jetèrent dans un trou, allumèrent un feu dedans, et se firent un repas au-dessus de ces têtes. Une autre fois, les femmes des hommes tués de Sukur durent venir pour ramener les têtes de leurs maris chez elles dans des calebasses ; et une autre fois encore, les soldats ramenèrent justement toutes les têtes à Madagali pour que les Fulbé puissent les voir ».

 

 

L’anthropologue hollandais Walter van Beek rapporte également les propos d’un informateur, Vandu Zra Té, qu’il a interviewé en 1989 (traduction The Conversation) :

 

 

 

« Hamman Yaji utilisait les gens comme monnaie. Il a acheté un bâton à moudre à une femme Fulbe et l’a payée avec un esclave. Il a acheté un tapis et l’a payé avec un esclave. Pour acheter une calebasse ou un bâton, il a payé avec des gens. Même une gourde de shikwedi (herbe pour les sauces) il l’a payé avec un esclave. C’est ce qu’il faisait. »

 

 

Pendant son règne, Hamman Yaji eut affaire à trois pouvoirs coloniaux différents. Jusqu’en 1916, Madagali était contrôlé par les Allemands. La Première Guerre mondiale provoqua un changement de régime colonial, et les Français y régnèrent de 1916 à 1922. Entre 1922 et 1961, Madagali fut sous l’autorité du régime colonial britannique.

 

 

Ces pouvoirs avaient une chose en commun : ils se servaient des structures politiques musulmanes, comme le lamidat de Madagali, pour administrer la région, ce qui explique en partie la survie des raids d’esclaves même au-delà de son interdiction officielle en 1936.

 

 

 

Une menace pour le pouvoir colonial

Les informateurs d’aujourd’hui sont bien conscients des avantages que cette position en retrait de l’autorité coloniale avait procurés pour le chef peul reconnu pour sa férocité :

 

 

 

« Hamman Yaji n’était pas un homme. Il était trop méchant pour être un homme. Il ne buvait que du sang humain comme boisson. C’est pourquoi il lui fallait tuer constamment pour avoir du sang à boire. À un moment, les Blancs n’étaient pas d’accord avec lui, et lui ont demandé d’arrêter. Mais c’était difficile de le contrôler quand il venait se cacher dans la montagne, et repartait à Madagali avec des captifs. Les Blancs qui contrôlaient la montagne étaient différents des Blancs qui contrôlaient Madagali, et il a su se jouer d’eux. »

 

 

Les sources écrites confirment la menace que représentait Yaji, à la fois, pour les populations locales et pour le pouvoir colonial. Les Anglais voulaient se débarrasser de lui pour diverses raisons, mais surtout parce qu’ils redoutaient son influence en lien avec le mahdisme, une croyance selon laquelle un chef de tribu musulman pouvait être un madhiste.

 

 

L’histoire singulière d’Hamman Yaji a particulièrement marqué la mémoire collective, comme le montre le récit de sa disparition selon laquelle un « Blanc » alla le chercher dans une fosse où il se terrait :

 

 

 

« Le Blanc paya le soldat et ils allèrent à la fosse : “Hamman Yaji, c’est fini pour toi”. Yaji en sortit, tout nu. Ils le montèrent sur un cheval et partirent, et personne n’a plus jamais revu Hamman Yaji. »

 

 

Hamman Yaji, n’était certes pas le seul chasseur d’esclaves, mais le fait qu’il ait été le dernier razzieur de la région en fit un symbole.

 

 

 

Abubakar Shekau, un fantôme du passé ?

Aujourd’hui le personnage crée par Abubakar Shekau ou du moins l’image qu’il projette semble le situer dans cette même continuation historique. Comme le souligne l’un de nos informateurs :

 

 

 

« Les razzieurs d’esclaves sont maintenant de retour, et ils sont partout, même dans nos montagnes. »

 

 

Une paix relative semblait en effet se profiler à partir des années 1960. Chronologiquement, ce furent d’abord les chasses aux esclaves à grande échelle qui disparurent, puis les dons et les ventes d’enfants en situation d’extrême famine, et enfin et progressivement, le concubinage.

 

 

Toutefois, la violence est restée, et c’est même le thème central des discours de locaux aujourd’hui affectés par le groupe Boko Haram.

 

 

Certes, le contexte est différent. La vie moderne, avec des relations autrement plus larges à l’intérieur et à l’extérieur du Nigeria, l’utilisation des réseaux sociaux et des nouvelles technologies par Boko Haram, un enracinement dans une situation étatique et une communauté globalisée, l’utilisation des motos comme moyen de mobilité et un islam radical globalisé, donnent une autre coloration au groupe terroriste.

 

 

Néanmoins, l’ancien chef peul était l’incarnation du danger, du mal absolu et de l’esclavage brutal, et c’est ce pillard qu’ils perçoivent comme revenu en la personne du leader de Boko Haram, Abubakar Shekau.

 

 

Cette « réincarnation » fonctionne d’autant plus que les deux hommes s’appuient sur les mêmes discours invoquant une inspiration islamique (mahdisme pour le premier, salafisme pour le second) et l’idée d’être investis d’une mission divine. Ils répandent l’un comme l’autre des discours apocalyptiques et définissent le monde en deux catégories : les « croyants » et les « incroyants ».

 

 

 

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Un homme transporte des oignons dans la région montagneuse de Koza, février 2018, au nord-est du Cameroun où sévissent les hommes de Shekau. Cerains chauffeurs de motos-taxis (achabas) ont été des partisans importants de Boko Haram au début des années 2000 . (Alexis Huguet/AFP)

 

 

 

 

Instrumentalisation des femmes

L’analogie la plus frappante entre nos deux acteurs demeure cependant leur prédation des femmes, comme cela ressort dans les propos d’un de nos informateurs :

 

 

 

« Shekau n’est pas différent de Hamman Yaji. Les deux sont attirées par les jeunes femmes ; les deux tuent sans pitié ; et les deux boivent de l’eau dans des crânes d’hommes. »

 

 

En 2014, le leader de Boko Haram déclarait vouloir vendre sur un marché d’esclaves toutes les femmes et jeunes filles que son groupe avait capturé.

 

 

 

« Je vais les vendre sur le marché, au nom d’Allah. Il y a un marché où ils vendent les êtres humains […]. Une fille de 12 ans, je la donnerai en mariage, même une fille de 9 ans, je le ferai. »

 

 

On retrouve des similitudes avec les déclarations d’Hamman Yaji, qui rapporte ainsi dans des entrées de son journal datées du 21 mai au 6 juillet 1917.

 

 

 

« 21 mai : J’ai capturé 20 esclaves filles.
11 juin : J’ai capturé 6 esclaves filles et dix bovins, et j’ai tué trois hommes.
25 juin : J’ai capturé 48 esclaves filles et 26 bovins et j’ai tué cinq personnes.
6 juillet : J’ai capturé 30 bovins et six esclaves filles. »

 

 

Le journal indique qu’il a utilisé les jeunes femmes comme monnaie humaine, contre des chevaux par exemple ou en cadeau à ses partisans.

 

 

 

 

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Une femme attend son taxi sur un marché qui avait été attaqué en 2018 par Boko Haram. Mubi, état d’Adamawa le 15 février 2019. (Luis Tato/AFP)

 

 

 

 

Cette instrumentalisation des femmes – venues volontairement rejoindre Boko Haram par nécessité ou ostracisées par leurs communautés - devenues esclaves sexuelles – est très similaire aux mécanismes constatés chez Hamman Yaji.

 

 

La promesse de jeunes femmes a en effet permis un mécanisme de recrutement des hommes extrêmement efficace, qu’il s’agisse de l’époque de Yaji ou de Shekau.

 

 

Cela permet notamment aux hommes de devenir « baaba saré » – en fulani, « chefs de famille », et donc adultes, ce qui est impossible sans mariage. Le banditisme de Boko Haram est ainsi devenu un mode de vie à part entière, comme l’ont été à leur époque les raids de Hamman Yaji.

 

 

 

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Groupe de guerriers Kanembu, gravure publiée en 1892, empire du Borno. Ouvrage From the earth and its inhabitants, Africa, (1892). Elisee Reclus/NY Public Library/Wikimedia

 

 

 

 

La secte considère en effet l’empire historique de Borno et surtout le califat de Sokoto comme l’âge d’or du mouvement djihadiste, et a sans doute bénéficié du climat d’insécurité déjà installé dans la région depuis au moins le XIXe siècle.

La violence associée à Boko Haram n’est certes pas une réplique de l’histoire ; elle est sa continuité, car la violence – et surtout la violence sexuelle – n’a jamais cessé d’être une réalité dans cette zone frontalière du bassin du lac Tchad.

Pourquoi ne pas prendre en compte ce contexte historique pour réfléchir efficacement à la façon de combattre une violence qui n’a, finalement peu ou jamais disparu dans cette zone ?The Conversation

Melchisedek Chétima, Historien et Anthropologue, Institut d'études avancées de NantesScott MacEachern, Professeur d'Archéologie et d’Anthropologie à l'Université Duke Kunshan, Duke University et Walter van Beek, Professeur émérite, anthropologue, Tilburg University

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 

 

Boko Haram a-t-il imité le schéma de Haman Yaji ?

Si les parallèles entre les deux groupes terrorisant la région ressortent clairement dans les discours locaux, il est encore difficile de savoir si Boko Haram s’est clairement inspiré de Hamman Yaji ou seulement en partie.

 

 

Il est toutefois établit que le contexte historique de la pratique de l’esclavage et du djihad a été significatif pour Boko Haram.

 

 

Cette instrumentalisation des femmes – venues volontairement rejoindre Boko Haram par nécessité ou ostracisées par leurs communautés - devenues esclaves sexuelles – est très similaire aux mécanismes constatés chez Hamman Yaji.

La promesse de jeunes femmes a en effet permis un mécanisme de recrutement des hommes extrêmement efficace, qu’il s’agisse de l’époque de Yaji ou de Shekau.

Cela permet notamment aux hommes de devenir « baaba saré » – en fulani, « chefs de famille », et donc adultes, ce qui est impossible sans mariage. Le banditisme de Boko Haram est ainsi devenu un mode de vie à part entière, comme l’ont été à leur époque les raids de Hamman Yaji.

Boko Haram a-t-il imité le schéma de Haman Yaji ?

Si les parallèles entre les deux groupes terrorisant la région ressortent clairement dans les discours locaux, il est encore difficile de savoir si Boko Haram s’est clairement inspiré de Hamman Yaji ou seulement en partie.

Il est toutefois établit que le contexte historique de la pratique de l’esclavage et du djihad a été significatif pour Boko Haram.


16/03/2019
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Franceinfo - le samedi 9 mars 2019

 

 

Législatives en Guinée-Bissau, pays rongé par la pauvreté et le narcotrafic

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Les 1,8 million de Bissau-Guinéens votent le 10 mars 2019 pour élire leurs 102 députés. Le scrutin a pour but de sortir de plus de trois ans de crise entre le président José Mario Vaz et le parti majoritaire de cette ancienne colonie portugaise d'Afrique de l'Ouest particulièrement pauvre et instable

 

 

 

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Un homme marche dans la rue à Bissau, capitale de la Guinée Bissau, le 13 février 2018. (XAUME OLLEROS / AFP)

 

 

 

La campagne de trois semaines, qui s'achevait le 8 mars 2019, a été observée avec inquiétude à l'étranger. Elle s'est déroulée dans un climat de méfiance, en particulier sur la question de la révision des listes électorales. Et ce sur fond de grèves (chroniques dans ce pays) des enseignants, mais aussi des journalistes ou de pêcheurs.

 

 

Pour la première fois, un quota d'au minimum 36% de femmes candidates a été fixé.

 

 

Disputes au sommet

Ce vote pèsera dans le rapport de forces entre le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, actuellement 42 députés), le Madem-G15, constitué de 15 frondeurs du PAIGC, qu'ils ont privé de sa majorité, et le Parti du renouveau social (PRS, 41 députés), confrontés à 18 autres formations. 

 

 

La crise a éclaté en août 2015 lorsque le président a limogé son Premier ministre Domingos Simoes Pereira, chef du PAIGC, auquel appartient également José Mario Vaz. Cette formation, ex-parti unique, domine la vie politique depuis l'indépendance en 1974.

 

 

 

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Le président de Guinée Bissau, José Mario Vaz, le 7 octobre 2016 (CELLOU BINANI / AFP)

 

 

 

L'ONU se dit "préoccupée"

Les tensions inquiètent d'autant plus à l'extérieur que l'élection de l'actuel chef de l'Etat avait marqué un retour progressif à l'ordre constitutionnel dans ce pays jusqu'alors en proie à une instabilité chronique. En 45 ans, on a assisté à quatre putschs réussis (le dernier en 2012), 16 tentatives de coups d'Etat et une valse des gouvernements. Une situation qui a favorisé l'implantation de narcotrafiquants bénéficiant de la protection de hauts responsables militaires.

 

 

Dans une résolution adoptée le 28 février, le Conseil de sécurité de l'ONU se déclare "préoccupé par les répercussions néfastes que la récente crise politique et institutionnelle a eues sur les progrès réalisés depuis le retour à l'ordre constitutionnel après les élections de 2014".

 

 

Après plus de deux ans de blocage des institutions, notamment du Parlement, un accord, conclu le 14 avril 2018 à Lomé sous l'égide de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), a finalement abouti à la désignation d'un Premier ministre de consensus, Aristide Gomes.

 

 

Celui-ci s'est vu confier pour tâche principale de conduire le pays aux législatives, initialement fixées au 18 novembre mais reportées au 10 mars en raison de problèmes politiques et techniques, notamment dans l'enregistrement des électeurs. Aux dires de plusieurs partis, dont le PRS, le processus a été émaillé d'irrégularités. En campagne à Bubaque, dans l'archipel des Bijagos (ouest), le président du PRS, Alberto Nambéia, a averti que son parti "n'acceptera pas les résultats" s'il les estime faussés, notamment par des incohérences dans les listes électorales.

 

 

 

Le poids de l'armée

Alberto Nambéia n'a pas précisé comment se manifesterait cet éventuel refus. Mais des observateurs soulignent la proximité de sa formation avec certains dirigeants de l'armée. Et ce alors que le PRS fait partie des 19 partis signataires en février d'un "Pacte de stabilité" par lequel elles s'engagent à recourir aux voies légales en cas de contestation.

 

 

Dans sa résolution, le Conseil de sécurité réaffirme la nécessité "que les forces de défense et de sécurité continuent de s'abstenir de toute ingérence dans la situation politique". Il dit se féliciter "de la retenue dont elles font preuve à cet égard et du calme manifesté par le peuple bissau-guinéen".

 

 

Dans ce régime parlementaire, le Premier ministre sera issu du parti victorieux, ce qui pourrait conduire en cas de succès du PAIGC à un nouveau face-à-face entre Domingos Simoes Pereira et José Mario Vaz. Une élection présidentielle doit également se tenir d'ici la fin du premier semestre.

 

 

 

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Militaires de Guinée Bissau dans les rues de la capitale Bissau le 21 octobre 2012 (STR / AFP)

 

 

 

"Rien ne dit que ces élections permettront de résoudre les problèmes qui minent le pays", prévenait dans un rapport en décembre le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. A ses yeux, "la solution passe peut-être par une révision de la Constitution de sorte que la répartition des tâches entre les deux figures (à la tête de l'Etat, NDLR) y soit mieux définie".

 

 

Si le processus électoral se déroule de manière satisfaisante du point de vue de l'ONU, celle-ci pourrait lever les sanctions internationales imposées à la suite du dernier coup d'Etat, en 2012.

 

 

 

Entre noix de cajou...

Petit pays (36 100 km²) constitué d'une partie continentale et de l'archipel Bijagos (88 îles dans l'océan Atlantique), la Guinée Bissau a une frontière avec le Sénégal et avec la Guinée. Sa population s'élevait à 1,86 million d'habitants en 2017 (Banque mondiale), avec une grande variété de groupes ethniques, de langues et de religions.



Sa principale exportation est la noix de cajou, dont il est le 3e producteur africain. Celle-ci est cultivée sur 12% du territoire et ses recettes fiscales représentaient en 2017 près de la moitié du budget. En 2017, la croissance du PIB s'est établie à 5,9%. Mais l'activité a ralenti en 2018 à environ 3,8% en raison d'une moindre production de noix de cajou provoquée par un climat défavorable et une baisse des prix, selon le Fonds monétaire internationale et la Banque mondiale.



La Guinée-Bissau figure parmi les pays les plus pauvres au monde, classée 177e sur 189 pays, selon l'indice de développement humain du Pnud (classement 2018). Près de 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté (avec moins de 2 dollars par jour) et plus d'un tiers dans l'extrême pauvreté (moins de 1 dollar par jour). La mauvaise qualité des services de santé demeurent l'un des plus grands problèmes du pays où l'espérance de vie moyenne n'atteint que 57,8 ans.



En septembre, le 44e anniversaire de l'indépendance n'a pas été célébré faute d'argent.

 

 

 

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 Des habitants de Bissau regardent une vedette rapide, qui aurait été utilisée par des trafiquants de drogue, le 17 juillet 2007.  (REBECCA BLACKWELL/AP/SIPA / AP)

 

 

 

... et narcotrafiquants

Un télégramme diplomatique américain de 2009, révélé par Wikileaks, qualifiait la Guinée-Bissau de "premier narco-Etat émergent d'Afrique". Motif : le pays est considéré comme un important point de transit du trafic de cocaïne de l'Amérique du Sud vers l'Europe. L'instabilité et la pauvreté y ont longtemps facilité l'implantation de narcotrafiquants, sous la protection de hauts responsables de l'armée.



En 2013,  l'Agence fédérale anti-drogue américaine (DEA) avait procédé à l'arrestation du chef de la Marine "Bubo" Na Tchuto, condamné par la suite par un tribunal américain à quatre ans de prison et rentré à Bissau en octobre 2016. Une affaire qui a révélé au grand jour l'implication de la hiérarchie militaire dans le narcotrafic.



L'ONU a néanmoins salué ces dernières années les progrès réalisés dans la lutte contre le narcotrafic depuis l'élection de José Mario Vaz. Dans un récent rapport, l'organisation internationale a regretté que depuis près d'un an, la volonté des autorités en la matière se soit "peu affermie".

 


11/03/2019
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Franceinfo - le mercredi 27 février 2019

 

 

Nigeria : Muhammadu Buhari réélu président selon la commission électorale, l'opposition conteste

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le parti d'opposition accuse le parti au pouvoir de fraudes massives lors du scrutin, notamment dans la configuration des lecteurs électroniques des cartes électorales

 

 

 

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Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, s'apprête à voter dans sa ville natale de Daura, dans le nord-ouest du Nigeria, le 23 février 2019.  (PIUS UTOMI EKPEI / AFP)

 

 

 

Muhammadu Buhari sur la voie d'un nouveau mandat. Le président du Nigeria, chef d'Etat depuis 2015, a été réélu à la tête du pays le plus peuplé d'Afrique, avec 190 millions d'habitants, selon les résultats communiqués par la commission électorale du pays, mardi 26 février dans la soirée.

 

 

L'annonce officielle de sa victoire n'a pas encore été faite par la commission, mais en comptabilisant les résultats de 36 Etats du pays ainsi que de la capitale fédérale Abuja, le président sortant mène avec une avance de près de 4 millions de voix (56%) sur son principal rival, Atiku Abubakar (41%), ancien vice-président du Nigeria réputé comme l'un des hommes politiques les plus corrompus du pays.

 

 

 

De nombreuses irrégularités observées

Le principal parti d'opposition, le Parti populaire démocratique (PDP) dont Atiku Abubakar était le candidat, avait demandé mardi l'arrêt "immédiat du comptage des résultats". Il accuse le parti au pouvoir de fraudes massives, notamment dans la configuration des lecteurs électroniques des cartes électorales.

 

 

La société civile et les observateurs étrangers, notamment de l'Union européenne, ont également dénoncé de nombreuses irrégularités lors du scrutin présidentiel, telles que des retards à l'ouverture des bureaux de vote, ou des intimidations d'électeurs. Ces observateurs ont invité les partis qui se sentiraient "lésés" à utiliser les recours judiciaires.

 


27/02/2019
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Franceinfo - le lundi 25 février 2019

 

 

Présidentielle au Sénégal : le sortant Macky Sall revendique la victoire au premier tour

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

 

 

"Un deuxième tour s'annonce", estiment au contraire les principaux candidats de l'opposition

 

 

 

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Le président sénégalais Maky Sall s'exprime après avoir voté, le 24 février 2019 à Fatick (Sénégal). (SEYLLOU / AFP)

 

 

 

Les résultats officiels ne sont pas attendus avant plusieurs jours, mais le camp du président Macky Sall revendique la victoire dès le premier tour de l'élection présidentielle au Sénégal"Les résultats nous permettent de dire qu'il nous faut féliciter le président Macky Sall pour sa réélection", a déclaré dans la nuit du dimanche 24 au lundi 25 février le chef du gouvernement, Mahammed Boun Abdallah Dionne, selon qui le chef de l'Etat sortant a remporté "au moins 57%" des suffrages.

 

 

La déclaration de Mahammed Boun Abdallah Dionne, qui s'exprimait vers minuit (1 heure à Paris), a déclenché des vivats de la part des militants rassemblés pour l'écouter au siège de la coalition présidentielle à Dakar. Macky Sall, aperçu sur les lieux en milieu de soirée, ne s'est pas exprimé.

 

 

Les résultats ne deviendront officiels qu'à partir du 25 ou du 26 février. Un éventuel second tour, compte tenu des délais légaux de proclamation, de possibles contestations et de la campagne, se tiendrait vraisemblablement le 24 mars.

 

 

 

L'opposition réclame un second tour

S'exprimant moins d'une heure plus tôt lors d'une conférence de presse conjointe, les deux principaux rivaux de Macky Sall avaient mis en garde contre toute proclamation prématurée de victoire du camp présidentiel. "A ce stade, un deuxième tour s'annonce et les résultats qui sont déjà compilés nous permettent de le dire", a déclaré l'ancien Premier ministre Idrissa Seck, qui se présente pour la troisième fois à la présidentielle, assis aux côtés du député "antisystème" Ousmane Sonko.

 

 

"Cette volonté de changement, nous l'avons notée, et au regard des premières compilations d'information que nous avons, vous l'avez majoritairement exprimée en faveur de l'opposition", a ajouté Idrissa Seck, 59 ans, en invitant les Sénégalais à "préparer soigneusement" le second tour. "Dans l'état actuel du dépouillement, aucun candidat, je dis bien aucun candidat, moi y compris, ne peut se proclamer vainqueur de l'élection présidentielle", a ensuite averti Ousmane Sonko, 44 ans.

 

 

Macky Sall, 56 ans, est néanmoins largement en tête dans de nombreux bureaux de vote, selon de premiers résultats parcellaires égrenés par les médias locaux dans la soirée. Face à lui, Idrissa Seck et Ousmane Sonko paraissaient être les deux seuls en mesure de se qualifier pour un éventuel second tour. Les deux autres candidats de l'opposition, le président d'université privée Issa Sall, 63 ans, proche d'un mouvement religieux issu de la confrérie tidiane, et l'ex-ministre Madické Niang, 65 ans, apparaissaient très nettement distancés, selon ces mêmes données partielles.

 


25/02/2019
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Franceinfo - le mardi 26 février 2019

 

 

Nigeria : un programme électoral en émojis pour plaire aux jeunes

 

 

 

 

La présidentielle du 23 février 2019 oppose deux principaux candidats, le sortant Muhammadu Buhari et l’ancien vice-président Atiku Abubakar. Ce dernier a voulu innover en s’adressant à la jeunesse d’une manière inédite

 

 

 

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La page web du programme électoral illustré en émojis du candidat nigérian Atiku Abubakar. (Capture d'écran)

 

 

Ils sont 73 candidats au poste suprême du Nigeria, mais on ne voit qu'eux deux. L’ancien général Muhammadu Buhari, 76 ans, et l’homme d’affaires multi-millionnaire, Atiku Abubakar, 72 ans, qui se présente pour la 4e fois. Et pour mettre toutes les chances de son côté, il mise beaucoup sur la jeunesse de son pays, où plus de 60% de la population a moins de 25 ans.

 

 

 

Demandez le programme !

Pour toucher le maximum de jeunes, "Atiku", comme l’appellent les Nigérians, est très actif sur les réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Instagram… Il multiplie les messages et autres posts et va chercher chaque voix, là où elle se trouve. Avec le slogan "Get Nigeria working again", inspiré de celui popularisé par Donald Trump ("Make America Great Again"), il veut  "remettre le Nigeria au travail" . Et pour cela, Atiku Abubakar a un programme très dense de plus de 180 pages

 

 

 

La première des propositions listées est de dédier 25% du budget à l'éducation, car selon "Atiku", Buhari n'en a alloué que 7% en 2018.

 

 

Mais qui peut le plus, peut le moins. Alors, à quelques jours du vote, le candidat de l’opposition lance un nouveau concept avec un programme abrégé et retranscrit en émojis.

Le #AtikuPlanForYOUth (projet Atiku pour la jeunesse) résume ainsi ses plus importantes promesses politiques.

 

 

 

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Le résumé du programme électoral d'Atiku Abubakar illustrée en émojis (Capture d'écran)

 

 

 

Education, économie, emploi, sport, culture… Les 40 idées phares sont illustrées en pictogrammes. Reste à voir si les électeurs nigérians vont "liker" avec un petit pouce le programme du candidat multi-millionaire. Car Atiku Abubakar est réputé pour être l’homme le plus corrompu du Nigeria, comme le souligne l’AFP.

 


25/02/2019
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Franceinfo - le vendredi 23 février 2019

 

 

Sénégal : une économie en plein boom, qui ne suffit pas à faire reculer la pauvreté

 

 

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Michel LachkarRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Croissance économique au-dessus de 6% depuis 4 ans, forte rente pétrolière en perspective, paix en Casamance, tout semble sourire à Macky Sall, candidat ce dimanche 24 février 2019 à un second mandat. Le président sortant compte sur la "bonne santé" de l’économie sénégalaise pour assurer sa réélection. "La croissance ne se mange pas", rétorque l'opposition

 

 

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Affiche du président sortant Macky Sall dans une rue de Dakar. Le premier tour de l'élection présidentielle se déroule le dimanche 24 février 2019. (SEYLLOU / AFP)

 

 

 

 

"Le Sénégal est engagé sur la voie de l'émergence économique", assure le président Macky Sall qui ne passe pas un mois sans inaugurer une route, un pont, un aéroport ou un tramway.

 

 

Le président sénégalais se veut avant tout un président bâtisseur, avec le pont Farafenni sur le fleuve Gambie qui a largement désenclavé la Gambie et surtout la Casamance qui est désormais à 8 heures de Dakar en voiture. Mais aussi un nouveau tramway entre Dakar et Diamniadio, une ville nouvelle construite à 32 km de Dakar pour désengorger la capitale sénégalaise.

 

 

Macky Sall a bénéficié il est vrai de nombres de chantiers initiés par ses prédécesseurs, comme le nouvel aéroport international Blaise Diagne ou l’autoroute urbaine de Dakar.

 

 

L'opposition rétorque que « la croissance ne se mange pas » et lui reproche d'aggraver l'endettement du pays par ces projets dispendieux. La dette du pays est passé de 40% du Pib en 2012 à 61% en 2018. 

 

 

« Président libéral » Macky Sall, a également multiplié les réformes : début de décentralisation, réduction de la durée du mandat présidentiel à cinq ans, lutte contre la corruption dans l’administration, réforme du code minier.

 

 

En 2017, le Sénégal a produit 2,4 millions de tonnes de phosphate, son principal produit minier, et veut devenir le 4e producteur mondial de zircon, à l’horizon 2023, avec un rendement annuel de 90 000 tonnes. En outre, le pays à de grandes ambitions pour sa production d’or.

 

 

 

Un futur exportateur d’hydrocarbures

Depuis la première grande découverte de pétrole en août 2014, le Sénégal est devenu l’un des pays de la région les plus prometteurs pour la production d’hydrocarbures.

 

 

Le Sénégal est classé sixième meilleure destination africaine pour l’investissement par l’organisation African Oil and Power. Mais moins de 10% des recettes pétrolières partiront dans les caisses de l'Etat, 90% iront aux grand majors du secteur.  

 

 

Le pays espère toutefois encaisser 16 800 milliards de FCFA (à peu près 26 milliards d'euros) sur les 30 années qui suivront le démarrage de la production de pétrole attendue en 2021. Un code pétrolier est en cours d’élaboration pour permettre une redistribution juste de la manne pétrolière et ne pas tomber dans malédiction des matières premières.

 

 

Le Sénégal a la chance d’avoir diversifié son économie avant d’avoir découvert du pétrole le long de ses côtesLe géologue Fary Ndaoauteur de "L'or noir du Sénégal"

 

 

Le gouvernement n’a pas pour autant délaissé l’agriculture. Suivant le chemin tracé par son prédécesseur Abdoulaye Wade, le gouvernement de Macky Sall a poursuivi l’aménagement des rives du fleuve Sénégal.

 

 

Entre 2014 et 2018, la production de riz paddy dans la vallée du fleuve Sénégal a plus que doublé. Du côté de l’arachide, première culture d’exportation du pays, la récolte est passée de 670 000 tonnes, en 2014, à 1,4 million de tonnes en 2017. L’agriculture occupe encore 60% de la population active et compte pour près de 17% du PIB sénégalais. Mais le riz de qualité est exporté et profite moins aux paysans qu'aux grands commerçants de la place. Et l'embellie économique creuse les écarts de revenus, plus qu'il ne réduit la pauvreté.  

 

 

 

Désenclavement de la Casamance

La grande réussite de Macky Sall semble être la paix et la croissance économique retrouvées en Casamance. Aidée par l’inauguration, le 21 janvier 2019, d’un pont sur le fleuve Gambie qui a totalement désenclavé la province rebelle.

 

 

Le gouvernement sénégalais a créé une "Zone touristique spéciale de la Casamance", qui vise à promouvoir l’investissement et la création d’emplois. A cela s’ajoute la construction de la route Djembering-Cap-Skirring et divers projets sociaux, comme la création de centres de santé et de maternités.

 

 

 

Croissance retrouvée

Alors qu’il se présente aux suffrages pour un nouveau mandat, Macky Sall peut se targuer d’une croissance supérieure à 6% depuis 2015, aidé en cela par de bonnes saisons des pluies. Alors qu’à son arrivée au pouvoir, les effets négatifs de la sécheresse avaient fait tomber le taux de croissance à son plus faible niveau dans l’histoire du pays avec 1,8%.

 

 

La relance de l’économie s’est traduite, selon la Banque mondiale, par un léger recul de la pauvreté et une amélioration du système de santé. En revanche, le pays est toujours aussi mal classé en matière d'indice de développement humain. Il est même passé du 155e rang en 2011 à la 164e place en 2018 (sur 189 pays). La forte croissance ne se traduit pas encore dans une nette amélioration du quotidien des Sénégalais ni en termes de réduction des inégalités.

 

 

Selon l’opposition, le gouvernement n’a pas choisi les bonnes priorités : "Les préoccupations premières des Sénégalais restent l’eau, l’électricité, l'éducation et la santé."

 

 

Lors de son élection en 2012, Macky Sall avait promis de relancer l’économie sénégalaise, de moderniser le pays, de faire la paix en Casamance et de favoriser un meilleur accès aux soins. Des objectifs en grande partie atteints, même si son bilan est quelque peu terni par un jeu politique rétrograde qui a consisté à empêcher ses principaux concurrents de se présenter contre lui.

 

 

Malgré ce, toutes les conditions semblent réunies pour la reconduction du président Macky Sall à la tête du pays.

 


25/02/2019
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Franceinfo - le jeudi 7 février 2019

 

 

Tchad: les rebelles de l'Union des forces de la résistance continuent de narguer le pouvoir d'Idriss Deby

 

 

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franceinfo Afrique avec agencesRédaction AfriqueFrance Télévisions
 

 

 

Malgré le raid des Mirage français contre une colonne de rebelles tchadiens venus de Libye, l’Union des forces de la résistance affirme poursuivre ses opérations. Commandé par le neveu du président Deby, ce groupe cherche à établir une base arrière dans le nord-est du pays ou au Soudan

 

 

 

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Un pilote de l'armée de l'air française monte à bord d'un avion Mirage 2000 avant de décoller de la base aérienne de N'Djamena le 22 décembre 2018 pour participer à une mission Barkhane dans la région africaine du Sahel. (LUDOVIC MARIN / AFP)

 

 

 

 

Le groupe armé opposé à N'Djamena, qui est entré le 3 février 2019 dans le nord du Tchad à partir de la Libye, affirme être toujours en territoire tchadien, malgré l'intervention militaire de la France. Mais ses objectifs et l’importance des effectifs engagés sont encore flous.

 

 

"Nous avançons, dans la zone du Tchad frontalière du Soudan, dans l'Ennedi", a affirmé à l'AFP le 5 février Youssouf Hamid, porte-parole en exil de l'Union des forces de la résistance (UFR).

 

 

Le groupe affirme être entré au Tchad avec trois colonnes distinctes de pick-up armés, dont une a été frappée par des Mirage 2000 français à la demande des autorités tchadiennes.

 

 

Le sud libyen, base arrière de groupes armés en tous genres

La France a affirmé que la colonne visée comportait "40 pick-up" qui avaient procédé à une "incursion profonde" à partir de la Libye.

 

 

"Pour des raisons stratégiques, nous ne pouvons dévoiler combien nous sommes. Mais c'est évidemment plus que 40", selon Youssouf Hamid, qui n'a pas dit vers où se déplaçaient les colonnes de véhicules.

 

 

A N'Djamena, les autorités ont martelé le lendemain que "la colonne de mercenaires et terroristes" avait été "neutralisée et mise hors d'état de nuire par nos forces aériennes appuyées par les forces (françaises de l'Opération) Barkhane".

 

 

Dans cette région désertique peu habitée, où le réseau téléphonique est mauvais, peu d'informations indépendantes filtrent et les versions contradictoires soulèvent des questions : combien de combattants rebelles sont réellement entrés au Tchad ? Quel est leur but ?

 

 

Depuis mi-janvier, le sud libyen frontalier du nord du Tchad est le théâtre d'une opération militaire d'envergure menée par l'Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée, dirigée par l'homme fort de l'est libyen, Khalifa Haftar.

 

 

Cette zone, peu contrôlée depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, était devenue la base arrière de groupes armés en tous genres, notamment de rebelles tchadiens, dont l'UFR.

 

 

Pour Jalel Harchaoui, spécialiste de la Libye à l'université Paris-VIII, l'opération militaire de l'ANL vient "perturber ce qui était jusqu'à récemment un relatif havre de paix pour plusieurs groupes".

 

 

 

Une opération prévue de longue date

"Le retour d'un groupe de rebelles tchadiens vers le territoire tchadien depuis le sud libyen est peut-être une conséquence" de cette offensive, estime-t-il.

 

 

"C'est une coïncidence", dément le porte-parole de l'UFR, qui affirme que l'entrée de ses combattants dans le nord du Tchad était une opération prévue de longue date.

 

 

En 2008, la rébellion tchadienne avait réussi à arriver jusqu'aux portes du palais présidentiel de N'Djamena, mais n'avait pas réussi à renverser le chef de l'Etat, Idriss Déby Itno.

 

 

Depuis, les rebelles ambitionnent de marcher à nouveau sur N'Djamena. Avec des moyens réputés plus faibles qu'en 2008, ils survivent bon gré, mal gré en Libye et au Soudan où ils sont basés, rêvant d'un retour triomphal au Tchad.

 

 

Selon un observateur proche du régime tchadien, la dernière incursion de l'UFR dans l'Ennedi suscite des craintes à N'Djamena, où le président Déby est lui-même arrivé au pouvoir par la force en 1990. D’ailleurs, au Tchad, tous les changements de régime ont été imposés par les armes.

 

 

L'UFR est d'autant plus redoutée qu'elle est emmenée par le neveu du président Déby, Timan Erdimi. Elle est composée de combattants zaghawa, l'ethnie du président qu’on retrouve également au Darfour.

 

 

"En 2008, des hauts gradés zaghawa avaient aidé la rébellion", note le même observateur.

 

 

 

Les frappes françaises "illégales" selon la rébellion 

Une source proche de la rébellion de l'UFR confirme que le groupe souhaite "provoquer des défections" au sein de l'appareil sécuritaire et établir une base arrière dans le nord-est du Tchad ou au Soudan.

 

 

"On ne parle pas de la stratégie!" : le porte-parole de l'UFR préfère dénoncer l'aide militaire apportée par Paris à son allié Déby. Les dernières frappes étaient "illégales", martèle-t-il, estimant que "Paris est devenu une force hostile au peuple tchadien".

 

 

Sur les réseaux sociaux, certains s'interrogent sur le cadre légal de ces frappes française en arguant que les accords de coopération militaire de 1978, qui ont remplacé les accords de défense de 1960, n'incluent pas d'aide militaire.

 

 

"Sur le plan du droit, cette intervention répond à une demande d'assistance formelle d'un Etat souverain à l'égard de la France", a indiqué à l'AFP une source au cabinet de la ministre des Armées, Florence Parly.

 

 

"Déby reste le partenaire fiable et solide de la région. On continue à l'encourager et le soutenir", explique une source militaire française.

 

 

Preuve des liens forts entre la France et le Tchad, Paris a établi à N'Djamena le QG de la force anti-djihadiste Barkhane.

 


07/02/2019
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Franceinfo - le lundi 21 janvier 2019

 

 

"L'extrême pauvreté s'intensifie en Afrique subsaharienne", affirme Oxfam dans son dernier rapport

 

 

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Pierre MagnanRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Régulièrement, l'ONG Oxfam publie des rapports mettant en lumière l'ampleur des inégalités sur la planète. En 2018, 26 milliardaires ont entre leurs mains autant d'argent que la moitié la plus pauvre de l'humanité, affime l'organisation. A propos de l'Afrique, Oxfam écrit que "le taux de réduction de la pauvreté a été divisé par deux depuis 2013"

 

 

 

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L'ONG Oxfam (Ici, une "charity shop" à Manchester en 2018).   (BENJAMIN FURST / HANS LUCAS / AFP)

 

 

 

Dans son rapport, Oxfam insiste sur les inégalités à l'échelle planétaire. Celles-ci se traduisent dans les chiffres. La richesse des milliardaires dans le monde a augmenté de 900 milliards en 2018, soit au rythme de 2,5 milliards par jour, alors que celle de la moitié la plus pauvre de la population de la planète a chuté de 11%, explique l'ONG.

 

 

En Afrique, le recul de la pauvreté a été un des grands objectifs des organisations internationales. "Le recul conséquent du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté (soit avec 1,90 dollar par personne et par jour, selon la Banque mondiale) constitue l’une des plus grandes avancées de ces dernières décennies", se félicite Oxfam qui tempère cet enthousiasme en notant que "de nouvelles données de la Banque mondiale montrent que le taux de réduction de la pauvreté a été divisé par deux depuis 2013. L’extrême pauvreté s’intensifie en Afrique subsaharienne".  

 

 

Dans son rapport, Oxfam insiste sur l'importance de la fiscalité pour corriger les inégalités. "Les fortunes des super-riches atteignent des niveaux record. En taxant plus équitablement les richesses, il serait possible de collecter suffisamment de recettes pour s’assurer que chaque enfant est scolarisé et que personne ne tombe dans la pauvreté à cause de frais médicaux trop coûteux", affirme Oxfam.

 

 

Au Kenya, un garçon d’une famille riche a une chance sur trois de poursuivre ses études au-delà du cycle secondaire, contre une chance sur 250 pour une fille issue d’une famille pauvre Oxfam

 

 

"Rien qu’en Afrique, jusqu’à 30% de la fortune privée peut être détenue à l’étranger, privant les Etats africains de 15 milliards de dollars de recettes fiscales", estime Oxfam pour qui  "avec l’aide de véritables armées de conseillers et conseillères en fiscalité, les multinationales exploitent les moindres failles des codes fiscaux pour transférer les bénéfices vers des paradis fiscaux et échapper à l’impôt, engendrant un manque à gagner estimé à 100 milliards de dollars pour les pays en développement." 

 

 

 

Oxfam multiplie les exemples d'inégalités

"En moyenne au Kenya, un enfant issu d’une famille riche fréquentera deux fois plus longtemps les bancs de l’école, qu’un enfant issu d’une famille pauvre", précise Oxfam dans son rapportPour lutter contre ces inégalités, Oxfam met en avant l'importance des services publics et note que "longtemps, des institutions comme la Banque mondiale ont considéré que les services publics devaient être rationnés et réduits à leur minimum et que le secteur privé était souvent un meilleur prestataire. L’argument avancé était que les personnes devaient payer pour leurs écoles et leurs hôpitaux, que les mécanismes du marché devaient organiser les services et que la protection sociale devait être très restreinte et cibler uniquement les personnes les plus pauvres. Bien que le discours, les programmes et les conseils aient évolué, y compris et de manière notable de la part du FMI, le changement se révèle plus lent dans la pratique."

 

 

 

De l'importance de la fiscalité 

Cette question des services publics a des conséquences directes. "Chaque année, de nombreuses personnes meurent ou souffrent inutilement parce qu’elles ne peuvent pas se payer de soins de santé, et 100 millions de personnes sont plongées dans l’extrême pauvreté à cause des frais de santé. Dans des pays comme le Kenya, la République démocratique du Congo (RDC) et l’Inde, il arrive que des personnes pauvres soient maintenues prisonnières dans les hôpitaux, parfois même enchaînées, jusqu’à ce qu’elles puissent payer. Selon une étude menée en RDC, sur une période de six semaines en 2016, 54% des femmes qui avaient accouché ont été retenues, car elles ne pouvaient pas payer les frais."

 

 

Sur la question des services publics (éducation, santé notamment), Oxfam critique l'attitude de certaines grandes organisations internationales comme la Banque mondiale pour leur défense de choix comme les PPP (partenariats public-privé) pour assurer ces services. 

 

 

Plus politique, Oxfam met en avant l'importance de la fiscalité pour lutter contre les inégalités. "Si l’on ne s’attaque pas au problème de la sous-imposition des personnes qui ont le plus les moyens de payer, la crise des inégalités échappera à tout contrôle et nous serons incapables de vaincre la pauvreté", affirme l'ONG.

 


25/01/2019
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Franceinfo - le jeudi 24 janvier 2019

 

 

RDC : l’empire Kabila n’a rien à craindre de la succession au pouvoir

 

 

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Jacques DeveauxRédaction AfriqueFrance Télévisions
 

 

 

 

On le dit riche à milliards. Joseph Kabila, l'ancien homme fort du Congo est désormais retiré du pouvoir, mais pas des affaires. L'empire familial qu'il partage avec une sœur et un frère n'a rien à craindre selon les observateurs. Un empire qui donne le tournis. 71 000 hectares de terres agricoles, une centaine de mines de diamants et 80 sociétés diverses

 

 

 

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Joseph Kabila, le 20 septembre 2018, à Kinshasa. Depuis, il n'est plus président, mais demeure toujours aussi puissant. (JOHN WESSELS / AFP)

 

 

 

"L’assainissement du secteur minier, l’autre grand défi pour Tshisekedi" , titre la Deutsche Welle. Un défi en effet quand, de toutes parts, les observateurs mettent en avant la faible marge de manœuvre du nouveau président. Or, "assainir le secteur minier", c’est clairement mettre aussi le nez dans les affaires de Joseph Kabila. Car le clan Kabila est un empire qui possède, entre autres, 96 permis d’exploitation de mines diamantifères. Et les soupçons d’enrichissement au détriment de la population sont nombreux. La richesse de Kabila en 2014 était estimée à 15 milliards de dollars.

 

 

L’enquête très fouillée menée par le Groupe d’Etude sur le Congo, parue en 2017, révèle l’étendue de la fortune de l’ancien président et de sa famille. Un trésor amassé durant ses années de pouvoir.

 

 

 

71 000 hectares de terres agricoles

Selon ce rapport, "le ministère des Mines congolais a octroyé plus de licences d’exploitation minière à une société contrôlée par Jaynet Kabila, la sœur du président, que ne l’autorise le code minier du pays."

 

 

"Le président Kabila possède directement, et par le biais d’une entreprise lui appartenant ainsi qu’à ses enfants, plus de 71 000 hectares de terres agricoles. Deux entreprises, propriétés de la famille, ont des licences d’exploitation de mines de diamants en vigueur sur un territoire qui s’étend sur plus de 720 kilomètres le long de la frontière sud du Congo avec l’Angola."

 

 

 

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Deux ouvriers parlent à côté de sacs de cobalt dans une usine de retraitement de Lubumbashi. (PHIL MOORE / AFP)

 

 

 

"Jaynet Kabila, sœur du président et membre du Parlement, détient des parts dans l’un des plus grands réseaux de téléphonie mobile du pays tandis que son frère Zoé, qui est aussi député, possède des entreprises qui ont été engagées pour l’exploitation de certains des gisements miniers les plus riches du monde." Ajoutons que la famille Kabila détient tout ou partie de 80 entreprises et sociétés.

 

 

 

Réforme du code minier

Et puis, la réforme du code minier congolais est le dernier acte majeur de la présidence de Joseph Kabila en 2018. Un nouveau code, où il est écrit qu’il s’agit de mettre fin "au manque de transparence et le faible profit retiré par l’Etat congolais de l’exploitation des substances minérales de son sol et de son sous-sol."  En fait, au sein de l’opposition congolaise de l’époque, beaucoup doutent de cet acte de foi. Car "les mines étaient la machine à cash du régime Kabila". Selon l’ONG Global Witness, il a profité d’une partie des 750 millions de dollars des revenus miniers qui ne sont jamais arrivés dans les caisses de l’Etat entre 2013 et 2015. Protéger l’avenir serait donc devenu le credo de Joseph Kabila. Ne pouvant, in fine, se succéder à lui-même, il aurait passé un "deal" avec Félix Tshisekedi pour partager le pouvoir.

 

 

 

Partage du pouvoir

Les partisans du candidat battu, Martin Fayulu, ont largement contribué à la propagation de cette thèse. Les discussions, après les élections, entre nouveau et ancien pouvoir, ont été interprétées comme des échanges de bons procédés. "Kabila n'a pas à dire : 'Je veux telle personne, je ne veux pas de telle autre'. Ce n'est pas sa résidence privée, ni une affaire de famille, c'est une affaire d'Etat", a déclaré à l’AFP Eve Bazaiba, une porte-parole de l’opposition. La réalité est sûrement plus terre à terre, comme l’explique Le Figaro. "L'Etat, comme l'appareil sécuritaire, ont été totalement forgés par le président sortant, Joseph Kabila, et restent sans doute à sa main." 

 

 

"Ses chances de gouverner réellement seront certes très minces, mais cela ne signifie pas qu’il soit impossible de mitiger les nuisances de Joseph Kabila et l’hégémonie qu’il incarne", écrit le site très virulent et très anti-Kabila, Congo Indépendant. Mais vouloir s’émanciper constitue pour Tshisekedi "un exercice périlleux pouvant conduire à sa déchéance politique voire à son élimination physique", poursuit l’éditorialiste.

 


25/01/2019
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