L'AIR DU TEMPS

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CRISE AFRICAINE


Franceinfo - le lundi 17 juin 2019

 

 

Soudan : le président déchu Omar el-Béchir poursuivi pour corruption et meurtres de manifestants

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

L'ancien homme fort du Soudan a fait une brève première apparition publique depuis sa destitution pour entendre les chefs d'accusation prononcés contre lui : possession d'argent liquide illégal, enrichissement suspect et proclamation d'état d'urgence

 

 

 

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Le président déchu du Soudan, Omar el-Béchir (qui porte un turban), fait une première apparition publique depuis sa chute pour comparaître devant les procureurs à Khartoum, le 16 juin 2019. (MAHMOUD HJAJ / ANADOLU AGENCY)

 

 

 

Vêtu de la traditionnelle djellaba blanche et d'un turban, le président déchu du Soudan est arrivé de sa prison escorté par un convoi de véhicules militaires et des membres des forces de sécurité lourdement armés, a constaté le correspondant de l'AFP le 16 juin 2019, devant les locaux du parquet. "L'accusé Omar el-Béchir a été (...) informé des accusations qui pèsent contre lui, pour la possession de devises étrangères, corruption et réception de cadeaux de manière illégale", a indiqué aux journalistes un responsable du parquet, Aladdin Dafallah. Les chefs d'accusation ont été lus à Omar el-Béchir en présence de son avocat, selon le responsable. Le président déchu est reparti au bout de quelques minutes, a rapporté le correspondant de l'AFP.

 

 

 

La junte au pouvoir n'envisage pas de livrer el-Béchir à la CPI

Porté au pouvoir par un coup d'Etat en 1989, el-Béchir a été destitué et arrêté par l'armée le 11 avril à Khartoum, sous la pression d'un mouvement de contestation inédit, déclenché en décembre par le triplement du prix du pain. L'agence de presse soudanaise officielle Suna avait annoncé trois jours auparavant que l’ancien président était accusé "de possession de devises étrangères, d'avoir acquis des richesses de façon suspecte et illégale et d'avoir ordonné (l'état) d'urgence".

 

 

 

 

 

 

Le 21 avril, le général Abdel Fattah al-Burhane, chef du Conseil militaire de transition au pouvoir depuis la destitution d’el-Béchir, avait affirmé que l'équivalent de plus de 113 millions de dollars avaient été saisis en liquide à sa résidence à Khartoum. Or, en décrétant l'état d'urgence le 22 février face à la contestation populaire, l'ex-président avait rendu illégale la possession de l'équivalent de plus de 5000 dollars en devises.

 

 

Omar el-Béchir fait aussi l'objet de poursuites pour les meurtres de manifestants durant la répression de la contestation. Par ailleurs, il est également visé par des mandats d'arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) qui veut le voir répondre de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre dans le conflit au Darfour (ouest), qui a fait près de 300 000 morts, selon l'ONU.

Mais les militaires au pouvoir ont indiqué qu'ils ne comptaient pas le transférer au tribunal international.

 

 

 

Appels pour une enquête indépendante sur la répression meurtrière du sit-in

Après avoir obtenu la chute du président, des milliers de manifestants étaient restés mobilisés en maintenant un sit-in devant le QG de l'armée à Khartoum, exigeant du Conseil militaire qu’il cède le pouvoir aux civils. Mais le 3 juin, ce sit-in a été dispersé selon des témoins, par des hommes armés en tenue militaire. La répression s'est poursuivie pendant plusieurs jours. Selon un nouveau bilan publié le 16 juin par un comité de médecins proche de la contestation, 128 personnes ont ainsi été tuées depuis le 3 juin. Les autorités, elles, ont parlé de 61 morts.

 

 

"Nous travaillons dur pour envoyer à la pendaison ceux qui ont fait ça", a lancé le numéro deux du Conseil militaire, le général Mohammed Hamdan Daglo, dit "Hemetti". Ce général est à la tête des Forces de soutien rapide (RSF), des paramilitaires accusés par les chefs de la contestation et des ONG d'être à l'origine de la violente dispersion. "En ce qui concerne la dispersion du sit-in, on ne va pas vous décevoir, ni décevoir les familles des martyrs", a-t-il assuré lors d'une allocution retransmise à la télévision publique.

Les appels en faveur d'une enquête indépendante se multiplient, tant au Soudan et qu'à l'étranger.

 

 

 

Des conclusions préliminaires "révélées"

En visite à Khartoum le jour même, le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a rencontré le chef du Conseil militaire et les leaders du mouvement de protestation, selon un communiqué officiel de la Ligue. Il a lui aussi appelé à une enquête complète sur les événements et a assuré le Soudan de son soutien, pour que ses dettes internationales soient effacées et que le pays soit "retiré de la liste des Etats finançant le terrorisme" établie par Washington.

 

 

Le Conseil militaire avait pour la première fois regretté des "erreurs qui se sont produites" lors de la dispersion de la foule, mais avait assuré ne pas l'avoir ordonnée et précisé que l'objectif de l'opération était tout autre. Le porte-parole du Conseil militaire, le général Chamseddine Kabbachi, avait ainsi affirmé que le but initial était de chasser des éléments "criminels" dans un secteur appelé Colombia, près du sit-in. 

 

 

"L'opération de Colombia a été planifiée par les autorités militaires et sécuritaires", a affirmé le Conseil militaire dans un communiqué. "Nous soulignons notre volonté d'obtenir toute la vérité, instant par instant, par le biais de notre commission d'enquête", a-t-il ajouté, en référence à l'investigation lancée par les militaires.

 

 

Le porte-parole de la commission d'enquête, Abderrahim Badreddine, a indiqué le 15 mai que son rapport n'était pas finalisé, mais a révélé des conclusions préliminaires selon lesquelles "des officiers et des soldats sont entrés sur les lieux du sit-in sans l'ordre de leurs supérieurs".

 


17/06/2019
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Franceinfo - le dimanche 9 juin 2019

 

 

Soudan : les leaders de la contestation appellent à la "désobéissance civile" pour écarter l'armée au pouvoir

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 
 
 
Les manifestants veulent répondre à la violente répression par un "acte pacifique"
 
 
 
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Des manifestants bloquent une rue de Khartoum (Soudan), le 4 juin 2019. (AFP)
 
 

Les chefs de la contestation au Soudan ont appelé, samedi 8 juin, à la "désobéissance civile" à partir de dimanche, pour faire pression sur les militaires au pouvoir, accusés de répression brutale contre les manifestants"Le mouvement de désobéissance civile commencera dimanche et ne se terminera que lorsqu'un gouvernement civil aura été annoncé", a indiqué l'Association des professionnels soudanais (SPA), acteur majeur de la contestation, dans un communiqué.

 

 

Cet appel intervient au lendemain de la visite à Khartoum du Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, venu en médiateur entre la contestation et le Conseil militaire de transition, au pouvoir depuis la destitution du président Omar el-Béchir le 11 avril. Il survient aussi cinq jours après la violente dispersion par les forces de sécurité d'un sit-in, organisé depuis le 6 avril, devant le QG de l'armée à Khartoum, dans le prolongement du mouvement de contestation déclenché en décembre.

 

 

 

Un climat de "terreur" à Khartoum

Qualifiée de "massacre" par la contestation, cette dispersion a été suivie d'une vague de répression cette semaine. Selon des habitants, un climat de "terreur" s'est emparé de la capitale. D'après des médecins proches de la contestation, plus de cent personnes sont mortes et plus de cinq cents autres ont été blessées, en majorité lors de la dispersion du sit-in. Le gouvernement a nié ces chiffres, évoquant un bilan de 61 tués.

 

 

Pour la SPA, la désobéissance civile constitue "un acte pacifique capable de mettre à genoux le plus puissant arsenal d'armes au monde". Cette nouvelle forme d'action intervient après deux jours de grève générale, les 28 et 29 mai, pour faire pression sur l'armée. La forme que prendra cette "désobéissance civile" n'a pas été précisée, alors que les rues de Khartoum sont quasiment désertes depuis lundi en raison de la répression.

 


09/06/2019
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Franceinfo

 

 

Soudan : le bilan de la répression du sit-in à Khartoum porté à 60 morts

 

 

franceinfo avec ReutersFrance Télévisions

 

 

 

Un précédent bilan faisait état de 35 morts et de plus d'une centaine de blessés dans l'assaut mené par les forces de sécurité soudanaises contre le campement

 

 

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Des barrages installés dans les rues de Karthoum (Soudan), le 4 juin 2019. (ASHRAF SHAZLY / AFP)

 

 

 

Un bain de sang. Le bilan de la dispersion meurtrière des manifestants rassemblés devant le quartier général de l'armée soudanaise à Khartoum (Soudan) s'est alourdi à 60 morts, a déclaré mercredi 5 juin, une association de médecins affiliée au mouvement de protestation, citée par Reuters.

 

 

Un précédent bilan faisait état de 35 morts et de plus d'une centaine de blessés dans l'assaut mené par les forces de sécurité soudanaises contre le campement installé depuis des mois par des manifestants antigouvernementaux dans le centre de Khartoum, le plus grave accès de violence depuis la destitution du président Omar el-Béchir le 11 avril dernier.

 

 

Opposition déterminée

L'opposition soudanaise a appelé mardi à poursuivre une campagne de désobéissance civile pour obtenir le départ des militaires, alors que le chef du Conseil militaire de transition (CMT), qui assure l'intérim du pouvoir, a annoncé l'annulation de tous les accords conclus avec l'Alliance des Forces de la liberté et du changement, qui réunit représentants de l'opposition et de la société civile.

 


05/06/2019
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Franceinfo - le lundi 3 mai 2019

 

 

Soudan : la dispersion du sit-in de la contestation a fait au moins 13 morts

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le Conseil militaire de transition a démenti de son côté toute "dispersion par la force" du rassemblement de la contestation

 

 

 

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Un manifestant soudanais lors du sit-in dispersé par les forces de l'ordre, le 3 juin 2019, devant le quartier général de l'armée, à Khartoum.  (ASHRAF SHAZLY / AFP)

 

 

 

Le bras de fer entre les généraux au pouvoir au Soudan et la contestation a pris une tournure sanglante, lundi 3 juin, avec la dispersion du sit-in des manifestants à Khartoum, qui a fait au moins 13 morts selon un comité de médecins. Le Conseil militaire de transition a lui démenti toute "dispersion par la force" du sit-in. Si une opération de sécurité a eu lieu, elle a visé un secteur "dangereux" proche de ce site emblématique faisant face au QG de l'armée et occupé depuis près de deux mois, assure-t-il.

 

 

"Il n'y a plus rien à part les corps des martyrs que nous ne pouvons pas sortir", a de son côté avancé l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, alors que le lieu du sit-in reste inaccessible. En réaction, l'ALC a annoncé interrompre "tout contact politique" avec le Conseil militaire. Elle a appelé à "la grève et la désobéissance civile totale et indéfinie à compter d'aujourd'hui", dans le but de "renverser le régime".

 

 

Dans son dernier bilan provisoire, le Comité central des médecins, proche de la contestation, a fait état d'"au moins 13 morts" et "plus de 116 blessés". Des tirs provenant du lieu du sit-in ont été entendus tôt en matinée par un journaliste de l'AFP, qui avait fait état d'un déploiement important des forces de sécurité dans les rues de la capitale. Les manifestants, qui réclament depuis des semaines un transfert du pouvoir aux civils, ont mis le feu à des pneus et érigé des petits murets avec des briques sur des routes accédant au lieu du sit-in.

 


03/06/2019
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Franceinfo - le mercredi 29 mai 2019

 

 

L'Afrique du Sud, premier pollueur du continent, instaure une taxe carbone

 

 

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franceinfo Afrique avec agencesRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

Cette mesure a été saluée comme "une première étape" par les défenseurs de l'environnement

 

 

 

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La centrale électrique de Lethabo fonctionne au charbon. (SIPHIWE SIBEKO / Reuters)

 

 

 

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a promulgué une loi imposant une taxe sur les émissions de carbone aux entreprises de son pays. Le montant de cette taxe, qui entre en vigueur le 1er juin, a été fixé à 120 rands (7,4 euros) par tonne de dioxyde de carbone. "Le changement climatique représente l'un des plus grands défis auquel est confrontée l'espèce humaine et l'objectif premier de la taxe carbone est de réduire les émissions de gaz à effet de serre d'une façon viable", a expliqué le ministère du Trésor dans un communiqué le 26 mai.

 

 

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a "loué" M. Ramaphosa pour avoir promulgué cette loi qui "traînait depuis longtemps". "Quand elle a été la première fois évoquée en 2010, l'idée d'une taxe carbone a rencontré une forte résistance de la part des gros émetteurs" de CO2, a souligné l'ONG. "Même si beaucoup doit encore être fait pour que la taxe devienne plus efficace, nous reconnaissons qu'il s'agit là d'une première étape significative", a-t-elle ajouté, rappelant que son objectif était "d'améliorer la santé et de rendre l'environnement et l'économie résilients".

 

 

 

Un premier pas

Greenpeace a estimé que la taxe "lançait un signal" aux entreprises polluantes, mais regretté que son montant ne soit pas à ses yeux suffisant pour les convaincre de réduire leurs émissions de dioxyde de carbone. "Nous ne pensons pas que la taxe, en l'état actuel, aura un impact", a regretté Melita Steele (Greenpeace) auprès de l'AFP. La taxe carbone est "une pénalité pour trop polluer. Elle devrait être à un certain niveau (...) afin que les entreprises soient obligées de changer leur stratégie", a-t-elle expliqué. Pour être efficace, elle devrait être fixée à plus de 240 rands (15 euros) par tonne d'émission de CO2, selon Greenpeace.

 

 

L'Afrique du Sud, première puissance industrielle du continent, est extrêmement dépendante du charbon pour sa production d'électricité. Elle figure au 14e rang des pays pollueurs de la planète, selon Greenpeace.

 

 

L'entreprise publique d'électricité Eskom est le plus gros pollueur sud-africain : elle est responsable de 30% des émissions de gaz à effet de serre du pays, selon Greenpeace. Elle a adopté des objectifs climatiques stricts en 2011 et figure parmi les signataires de l'accord de Paris sur le réchauffement de 2015, mais les mesures d'application traînent en longueur.

 


29/05/2019
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Franceinfo - le jeudi 23 mai 2019

 

 

Ethiopie : de riches donateurs appelés à embellir la capitale Addis Abeba

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

Le Premier ministre Abiy Ahmed, à la tête du gouvernement depuis avril 2018, vient de lancer un projet de trois ans destiné à "améliorer l'image d'Addis Abeba". Pour le financer, il a fait appel à des donateurs fortunés

 

 

 

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Journée sans voiture le 3 février 2019 à Addis Abeba, la capitale éthiopienne dont le développement rapide ces dernières années s'est fait dans l'anarchie. (EDUARDO SOTERAS / AFP)

 

 

 

173 000 dollars par convive, soit 155 000 euros. C'est la somme qu'ont déboursée plus de 200 donateurs fortunés, locaux et étrangers, pour assister à un dîner organisé par le Premier ministre Abiy Ahmed, le 19 mai 2019. Au menu de ces agapes, l'embellissement de la capitale de l'Ethiopie.

 

 

Le dîner avait pour but de lever des fonds en faveur d'un projet lancé sur une durée de trois ans, par M. Abiy afin d'"améliorer l'image d'Addis Abeba", une ville en mouvement qui vit de profonds changements. Les immeubles modernes y poussent comme des champignons.

 

 

En smoking et robe longue, les hôtes étaient assis à une grande table de banquet couverte de roses rouges, dans l'ancien palais impérial Menelik.

 

 

 

 

 

 

Une ville africaine plus verte

S'adressant en amharique à ses invités - la langue la plus répandue dans le pays -, M. Abiy les a remerciés de soutenir son projet "Beautifying Sheger Project" (Sheger, nom populaire de la capitale). Et il leur a dit espérer qu'une fois ce dernier achevé, Addis Abeba serait regardée comme une ville africaine "belle et propre". Selon le site de son ministère, "la croissance rapide et l'expansion de la ville ces dernières années n'ont pas utilisé de manière adéquate les ressources naturelles et la magnifique topographie dont la cité bénéficie".



Située au centre du pays, sur des hauts-plateaux en bordure du Grand Rift, à 2355 m d'altitude, Addis Abeba est la capitale la plus élevée d'Afrique. Sa population est estimée à près de 5 millions d'habitants en 2019.

 

 

Cependant, la ville grossit sans cohésion, ni espaces verts, l'une des préoccupations du Premier ministre qui veut mettre en adéquation l'aspect du plus grand centre urbain du pays avec le taux de croissance du PIB éthiopien, supérieur à 8% depuis dix ans. Alors que parcs et jardins ne couvrent que 0,3 m² par habitant à Addis Abeba, leur surface devrait passer à 7 m² par habitant grâce au projet.

 

 

 

L'Ethiopie riche et pauvre à la fois

D'un coût estimé à 1 milliard de dollars (896 millions d'euros), le plan prévoit aussi de créer des voies cyclables et piétonnières, ainsi que des digues anti-inondations, le long des 56 km de cours d'eau de la capitale. Des arbres seront également plantés et des fermes urbaines construites. Objectif : faire d'Addis Abeba la vitrine des réformes engagées depuis un an par le chef de l'exécutif, nommé en avril 2018.

 

 

Deuxième pays le plus peuplé du continent avec environ 100 millions d'habitants, l'Ethiopie possède l'économie la plus dynamique d'Afrique de l'Est. Mais le pays reste l'un des plus pauvres au monde, avec un revenu annuel moyen par habitant de 783 dollars, soit à peine 702 euros.

 


23/05/2019
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Franceinfo - le samedi 11 mai 2019

 

 

Gambie : l’ex-président Yahya Jammeh aurait détourné près d’un milliard de dollars

 

 

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Eléonore Abou EzRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

Plus de deux ans après le départ forcé de son président, la Gambie reste surendettée et a besoin d’argent. Les autorités gambiennes ont beau avoir récemment mis en vente une partie de ses biens, les recettes sont bien loin de couvrir les fonds détournés

 

 

 

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L'ex-président gambien Yahya Jammeh lors d'un meeting à Banjul en novembre 2016. (THIERRY GOUEGNON / X01735)

 

 

 

Alors que Yahya Jammeh coule des jours heureux en Guinée équatoriale, la Gambie compte ses sous. Les caisses de l’Etat sont vides et le petit pays a besoin de l’aide internationale pour s’en sortir. Près d’une personne sur deux vit dans la pauvreté et les fonds publics destinés au développement du pays se sont évaporés. Des centaines de millions d’euros ont été détournés pendant les deux décennies de pourvoir du dictateur.

 

 

Il y avait de nombreuses failles dans la gestion des fonds publics (…) Nous avons découvert une corruption énormeSurahata Janneh, président de la Commission d’enquête

 

 

 

Argent public et dépenses privées

C’est la fin du règne de Jammeh qui a permis de parler ouvertement de la corruption qui a rongé la Gambie. Si tout le monde savait que l’ancien homme fort menait une vie de luxe avec villas, Rolls-Royce et jets privés, personne ne pouvait imaginer que le pillage du pays n’avait pas de limite.

 

 

Fin mars 2019, la Commission d’enquête créée par le président Barrow fait part de ses premières découvertes. Elle estime à près de 360 millions de dollars les fonds détournés. Un rapport de 1600 pages relate les "innombrables" comptes bancaires de l’ex-président, ses sociétés, ses collaborateurs, ses transactions financières internationales, son réseau de blanchiment, etc. L’enquête se base sur plus de 250 témoignages.

 

 

 

"Le grand braquage"

Les annonces de la Commission gambienne coïncident avec d’autres révélations publiées deux jours plus tôt par le consortium de journalistes Organised Crime and Corruption Reporting Project. L’enquête Le grand braquage, qui se base sur des milliers de documents (correspondances gouvernementales, contrats, archives bancaires), dénonce une corruption érigée en système. Les détournements de fonds publics et les recettes illicites sont chiffrés à près d’un milliard de dollars.

 

 

Société de télécommunications, Banque centrale, fonds de pension, Bureau d'aide sociale… rien n’échappe à l’avidité de Yahya Jammeh. L’ancien maître du pays avait constitué un vaste réseau comprenant des hommes d’affaires étrangers qui l’aidaient dans ses transactions illicites et la mise en place de sociétés écrans.

 

 

Jammeh a dirigé le pays comme un syndicat du crime organiséJeggan Gray-Johnson, activiste gambien au Consortium de journalistes Organised Crime and Corruption Reporting Project

 

 

 

Vol et impunité ?

Le "pillage" de l’ancien dictateur ne s’est arrêté qu’avec la fin de son règne, selon Organised Crime and Corruption Reporting. Yahya Jammeh, 53 ans, s’était emparé du pouvoir en 1994 "par un coup de force qu’il avait justifié, à l’époque, par la corruption et la gabegie galopante de son pays", souligne Jeune Afrique.

 

 

Il est aujourd’hui l’hôte du président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, connu lui aussi pour s’être enrichi au pouvoir. La sortie du pays de Yahya Jammeh avait été négociée par des médiateurs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Un départ "avec toutes les garanties pour sa famille, ses proches et lui-même", selon l’accord conclu, qui ne dit pas précisément si les crimes de l’ex-président resteront à jamais impunis.

 

 

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Capture d'écran Wipikedia

 


14/05/2019
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Franceinfo - le vendredi 10 mai 2019 - mis à jour le 11.05.19

 

 

Ce que l'on sait de la libération de deux otages français au Burkina Faso

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

 

Les forces spéciales françaises ont libéré au total quatre otages, mais deux militaires du commando Hubert de la Marine nationale ont été tués lors de l'assaut

 

 

 

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L'entrée du parc de la Pendjari, au Bénin, le 8 mai 2019. (FRANCE 2)

 

 

 

Les forces spéciales françaises ont libéré quatre otages, dont les deux touristes français disparus depuis le 1er mai alors qu'ils étaient en vacances au Bénin, lors d'une intervention menée dans le nord du Burkina Faso. Au cours de cette opération "complexe", selon le communiqué de l'Elysée diffusé vendredi 10 mai, deux militaires français ont été tués. Franceinfo fait le point sur ce que l'on sait de cette intervention.

 

 

 

Qui sont les otages libérés ?

Les forces spéciales ont libéré quatre otages. Deux sont français : il s'agit de Patrick Picque et Laurent Lassimouillas. Ces deux enseignants avaient été enlevés il y a dix jours lors d'un séjour touristique dans le parc national de la Pendjari, dans le nord du Bénin.

 

 

C'est franceinfo qui a appris à Denise Picque que son fils avait été libéré. "Ils sont libérés ? Tous les deux ?" La nouvelle, dit-elle, lui a "fait un choc" et est un "soulagement" "Je veux féliciter tout le monde du travail qu'ils ont fait. Merci beaucoup, merci beaucoup, vraiment !"

 

 

Les deux autres otages sont deux femmes, une Américaine et une Sud-Coréenne. Leur enlèvement, dont on ne connaît pas encore les circonstances exactes, a eu lieu il y a 28 jours, a appris franceinfo. L'identité des deux femmes n'était pas connue dans l'immédiat. Emmanuel Macron accueillera samedi à 17 heures les deux ex-otages français, ainsi que l'ex-otage sud-coréenne, à l'aéroport de Villacoublay, au sud de Paris, a annoncé l'Elysée.

 

 

 

Comment avaient-ils été enlevés ?

Les deux Français n'étaient jamais rentrés de leur expédition dans le parc national de la Pendjari. Partis le 1er mai au matin avec leur guide béninois, Fiacre Gbedji, ils étaient censés être de retour au plus tard à 19 heures. Le corps de Fiacre Gbedji avait finalement été retrouvé samedi dans le parc national de la Pendjari. Leur véhicule avait ensuite été découvert de l'autre côté de la frontière, au Burkina Faso.

 

 

La zone où avaient disparu les deux Français avait récemment été placée comme "formellement déconseillée" par le Quai d'Orsay, "compte tenu de la présence de groupes armés terroristes et du risque d'enlèvement". Ces derniers mois, le nord du Bénin est en effet devenu plus dangereux, dans une région où opèrent de nombreux groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique, comme le détaillait France 2 le 5 mai.

 

 

Comment s'est déroulée l'opération ?

Cette opération "complexe" des forces spéciales s'est déroulée dans le nord du Burkina Faso. Grâce à des renseignements glanés plusieurs jours auparavant, notamment via les forces américaines, les autorités françaises ont retrouvé la trace des ravisseurs qui semblaient prendre la route du Mali, selon le chef d'état-major des armées, le général François Lecointre. Jeudi, le groupe s'est arrêté dans un lieu propice à une intervention, la dernière possible avant que les ravisseurs ne pénètrent en territoire malien.

 

 

Dans la soirée, Emmanuel Macron valide dès lors le lancement de cette opération, "rendue possible par la mobilisation des moyens de Barkhane [4 500 soldats français déployés au Sahel]", a précisé  le général François Lecointre. En pleine nuit, les membres des forces spéciales françaises pénètrent alors sans bruit dans le campement des jihadistes, composé de quatre abris. A 10 mètres de ces abris, les soldats français entendent le bruit d'armes en train d'être rechargées. "Ils montent alors à l'assaut", selon le chef d'état-major, tuant quatre des terroristes, deux parvenant à s'enfuir.

 

 

Les militaires ne s'attendaient pas à trouver deux otages supplémentaires. Lors de l'assaut, deux membres du commando ont trouvé la mort. Aucun autre soldat français n'a été touché lors de cette opération, et aucun blessé n'est à déplorer parmi les otages.

 

 

 

Qui sont les deux militaires tués ?

Les deux militaires qui ont trouvé la mort lors de cette intervention sont "le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello, tous deux officiers mariniers au sein du commandement des opérations spéciales", qui supervise les forces spéciales françaises, a précisé l'Elysée. Tous deux faisaient partie du prestigieux commando Hubert de la Marine nationale.

 

 

 

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"J'admire leur courage, je partage la peine de leurs familles et de leurs proches", a réagi l'amiral Christophe Prazuck, chef d'état-major de la Marine. Le chef de l'Etat présidera "en début de semaine prochaine" une cérémonie d'hommage national à ces deux commandos marine.

 

 

 

Qui sont les ravisseurs ?

D'après Florence Parly, l'identité des ravisseurs est en cours d'analyse. La ministre des Armées a rappelé que deux mouvements terroristes sévissent dans la région, l'un affilié à Al-Qaïda, l'autre à l'Etat islamique. Le chef d'état-major a précisé que les renseignements glanés peu avant l'opération laissaient craindre "l'organisation d'un transfèrement de ces otages à l'organisation terroriste malienne de la Katiba Macina". Une crainte qui a poussé les autorités françaises à agir avant que le groupe ne quitte le territoire burkinabé, agir au Mali étant "trop risqué" selon la ministre.

 

 

 

Comment réagissent les autorités ?

"Le président de la République se félicite de la libération de quatre otages au Sahel, dont nos deux compatriotes", indique l'Elysée dans un communiqué. Emmanuel Macron "s'incline avec émotion et gravité devant le sacrifice de nos deux militaires, qui ont donné leur vie pour sauver celles de nos concitoyens", et "adresse ses sincères condoléances à leurs familles". 

 

 

Florence Parly félicite et remercie "l'ensemble des forces ayant mené cette opération complexe, ainsi que tous ceux qui y ont contribué". "La lutte contre le terrorisme et la protection de nos concitoyens ont toujours été, sont et resteront la boussole de nos armées et de nos militaires", ajoute-t-elle. "C'est avec émotion et tristesse que j'adresse mes pensées aux familles des deux militaires décédés, à leurs proches, à leurs frères d'armes et à l'ensemble des commandos marine", déclare aussi Florence Parly.

 

 

 
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Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a également tenu à adresser ses "pensées aux proches du guide béninois sauvagement assassiné lors de l'enlèvement de nos deux compatriotes".
 

11/05/2019
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Franceinfo - le lundi 6 mai 2019

 

 

Le Ghana devient le premier producteur d'or d'Afrique

 

 

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Jacques DeveauxRédaction AfriqueFrance Télévisions

 

 

 

L'Afrique du Sud vient d'être détrônée, elle n'est plus le premier producteur d'or du continent. Décidément, rien ne semble résister au Ghana qui collectionne les bons points économiques

 

 

 

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Un ouvrier conduit la fonte d'or dans la mine d'Obuasi au Ghana. (LUC GNAGO / X01459)

 

 

 

Ce n’est pas pour rien si, avant l’indépendance en 1957, le Ghana s’appelait Gold Coast, la Côte de l’or, rappelant la richesse aurifère de la région. Il a toujours figuré parmi les premiers pays producteurs d’Afrique. Ces dernières années, la production était de 130 tonnes par an. En 2017, le Ghana a rattrapé l’Afrique du Sud grâce à deux effets cumulés : d’un côté, la mise en exploitation de deux nouvelles mines, et de l'autre, l’essoufflement régulier de la production sud-africaine.

 

 

Cette fois, c’est donc la consécration. En 2018, avec 158 tonnes d’or, le Ghana est devenu le premier producteur du continent, devant le Soudan et l’Afrique du Sud. Dans ce secteur, les exportations devraient également bénéficier de l’ouverture de la première raffinerie d’or du pays, prévue pour la mi-2019, explique la Coface.

 

 

 

Or, pétrole et cacao

Tout cela pourrait sembler bien anecdotique, si la production d’or ne participait pas à l’envolée du produit intérieur brut (PIB) du pays. 8,1% de croissance en 2017, puis 6,2% l’année suivante, selon la Banque mondiale. Cela en fait la seconde économie d’Afrique en termes de croissance derrière l’Ethiopie. L’économie est tirée par trois moteurs : l’or, le cacao et le pétrole. Une dépendance du PIB aux hydrocarbures, qui n’est pas près de disparaître, tant la prospection est féconde. Aker Energy Ghana Ltd, exploitant du champ offshore Pecan, prévoit une production de 334 millions de barils équivalent pétrole.

 

 

Le chemin vers l’industrialisation existe, mais il reste long. Les importations de machines ont bien été multipliées par quatre entre 2000 et 2017, un signal fort de la transformation de l’économie ghanéenne.

 

 

 

Attirer les capitaux

Dans le même temps, le pays cherche à attirer les investisseurs et pas seulement les Chinois. Le pays vient d’adopter une série de mesures "afin d'assouplir davantage son environnement des affaires", nous explique La Tribune Afrique. Tout est pris en compte, de la délivrance d’un permis de construire, à l’ouverture d’une ligne électrique.

 

 

Car le bilan est tout de même à relativiser. "Des années de croissance fondée sur les industries extractives n’ont pu répondre aux inégalités croissantes, ni créer des emplois décents", écrit la Banque africaine de Développement. Le taux élevé d’emplois ne masque le bas niveau de qualification des salariés. L’exode rural a également concentré l’activité en zone urbaine et sur des services informels. Les trente millions d'habitants du pays sont bien loin de profiter de ce nouvel "eldorado".

 


09/05/2019
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Franceinfo - le vendredi 26 avril 2019 - mis à jour le 27.04.2019

 

 

"Il m'est arrivée d'avoir envie de rentrer" : Marie-Claude Lovisa, française et reine au Togo

 

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Elle est la reine de Lovisa Kopé au Togo. Marie-Claude Lovisa, une Française originaire de la région lyonnaise, ne pensait jamais vivre une telle existence

 

 

 

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"Cela fait 15 ans au mois de novembre que j'ai été intronisée. C'est vrai que je suis la seule blanche qui ait été intronisée traditionnellement avec toutes les cérémonies", lâche Marie-Claude Lovisa, reine de Lovisa Kopé au Togo. C'est un accoutrement qu'elle ne quitte plus. "Quand on m'a intronisée, on m'a mis une couronne sur la tête, des bracelets aux bras, un pagne, des chaussures de reine. Je dois tout le temps sortir avec", explique-t-elle.

 

 

 

Arrivée au Togo en 1998

Quand elle est venue au Togo pour la première fois en 1998 pour voir une amie, Marie-Claude Lovisa ne pensait pas y rester. Elle a tout quitté, vendu ses deux appartements en France. Elle était formatrice en bureautique avec des amis et une famille. Mère de deux enfants, elle a aujourd'hui trois petits-enfants en France. "Il m'est arrivée d'avoir envie de rentrer mais je me suis dit que ça ne me ressemblait pas".

 


29/04/2019
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Franceinfo - le vendredi 12 avril 2019

 

 

Soudan : le chef du Conseil militaire de transition annonce sa démission, les manifestants crient "victoire"

 

 

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Awad Ibn Ouf, le chef du Conseil militaire de transition qui dirige le Soudan depuis la destitution jeudi de Omar el-Béchir, a annoncé vendredi sa démission, et le nom de son successeur le général Abdel Fattah al-Burhan Abdelrahmane

 

 

 

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Awad Ibn Ouf, lors d'une déclaration à la télévision d'Etat, le 11 avril 2019. (SUDAN TV / AFP)

 

 

 

Au lendemain de la destitution d'Omar el-Béchir au Soudan, le chef du conseil militaire de transition désormais aux commandes du pays a renoncé au pouvoir,  dans la soirée du vendredi 12 avril, et nommé un autre militaire pour lui succéder, une décision accueillie par des scènes de joie des manifestants à Khartoum. Plus tôt dans la journée, les militaires au pouvoir avaient démenti avoir mené un coup d'Etat et se sont efforcés de rassurer la communauté internationale ainsi que les manifestants.

 

 

Awad Ibn Ouf, le chef du Conseil militaire de transition, a annoncé dans un discours à la nation avoir renoncé à son poste, et nommé à sa place Abdel Fattah al-Burhan Abdelrahmane, inspecteur général des forces armées. Cette déclaration a été accueillie par de scènes de liesse dans la capitale soudanaise, selon des journalistes de l'AFP. 

 

 

 

"Il y aura un gouvernement civil"

"Le rôle du conseil militaire est de protéger la sécurité et la stabilité du pays", a déclaré plus tôt le général Omar Zinelabidine, membre du conseil militaire, qui s'exprimait devant des diplomates arabes et africains. "Ce n'est pas un coup d'Etat militaire, mais une prise de partie en faveur du peuple", a-t-il ajouté. "Nous ouvrirons un dialogue avec les partis politiques pour examiner comment gérer le Soudan. Il y aura un gouvernement civil et nous n'interviendrons pas dans sa composition", a dit ce membre du conseil militaire, répétant des assurances formulées plus tôt par les chefs militaires.

 

 

Ceux-ci avaient par ailleurs affirmé que le président déchu, qui dirigeait le pays d'une main de fer depuis 30 ans, était en détention mais qu'il ne serait pas "livré à l'étranger", alors qu'il est sous le coup de deux mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale. Après des semaines de manifestations réclamant son départ, Omar el-Béchir a été renversé jeudi par l'armée qui a mis en place un "Conseil de transition militaire" pour deux ans.

 


13/04/2019
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Franceinfo - le jeudi 11 avril 2019 - mis à jour le 12.04.19

 

 

Soudan : après la destitution d'Omar el-Béchir, des milliers de manifestants devant le QG de l'armée malgré le début du couvre-feu

 

 

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Le président Omar el-Béchir, qui dirigeait le Soudan d'une main de fer depuis 30 ans, a été renversé jeudi par un coup d'Etat de l'armée, dans le sillage d'un soulèvement populaire

 

 

 

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Des manifestants rassemblés devant le QG de l'armée, jeudi 11 avril 2019, à Khartoum (Soudan). (ASHRAF SHAZLY / AFP)

 

 

 

Des milliers de manifestants se sont rassemblés, dans la soirée du jeudi 11 avril, à Khartoum (Soudan) devant le siège de l'armée, malgré un couvre-feu imposé pour un mois de 22 heures à 2 heures du matin (heures locales) GMT à la suite de la destitution du président Omar el-Béchir

 

 

"Paix, justice, liberté", ont scandé les contestataires qui entament leur sixième nuit consécutive devant le QG de l'armée. Celle-ci les a enjoints en début de soirée à respecter le couvre-feu, faisant planer des risques de violence.

 

 

 

Un "conseil militaire de transition" pour deux ans

Dans la soirée, le ministre de la Défense, Awad Ahmed Benawf, a été nommé jeudi à la tête du Conseil militaire de transition qui doit gérer le pays pour deux ans, remplaçant Omar el-Béchir, a rapporté la télévision d'Etat. Le chef d'état-major de l'armée, le général Kamal Abdelmarouf, a été nommé adjoint de ce Conseil, selon la télévision qui a diffusé des images des deux hauts gradés en train de prêter serment. 

 

 

"Les gens ne veulent pas d'un conseil militaire de transition" mais "un conseil civil" a déclaré dans un tweet Alaa Salah, l'étudiante devenue "l'icône" du mouvement.

 

 

 

 

 

 

Plusieurs pays, dont les Etats-Unis et l'Union européenne (UE), ont exhorté les militaires à intégrer les civils pour cette transition.

 


12/04/2019
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Franceinfo le jeudi 11 avril 2019

 

 

Soudan : le président Omar el-Béchir est destitué par l'armée après trente années au pouvoir

 

 

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Cette annonce fait suite à un mouvement de contestation populaire de plusieurs mois contre le régime du président, qui avait pris le pouvoir par un coup d'Etat en 1989

 

 

 

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Omar el-Béchir, le 1er avril 2019 à Khartoum (Soudan).  (ASHRAF SHAZLY / AFP)

 

 

 

Le président soudanais, Omar el-Béchir, au pouvoir depuis trois décennies, a été destitué par l'armée, a annoncé jeudi 11 avril le ministre de la Défense, Awad Ahmed Benawf. "J'annonce, en tant que ministre de la Défense, la chute du régime et le placement en détention dans un lieu sûr de son chef", a dit ce responsable à la télévision d'Etat. Un cessez-le-feu a été décrété sur tout le territoire et les frontières et l'espace aérien ont été fermés jusqu'à nouvel ordre.

 

 

Un "conseil militaire de transition" succède à Omar el-Béchir pour une durée de deux ans.

 

 

 

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Awad Ahmed Benawf, inistre soudanais de la Défense, le 11 avril 2019.  (REUTERS)

 

 

 

Cette annonce fait suite à un mouvement de contestation populaire de plusieurs mois contre le régime. Omar el-Béchir avait pris le pouvoir par un coup d'Etat en 1989.

 

 

Dans la matinée, des soldats ont mené un raid à Khartoum, la capitale, dans les locaux du Mouvement islamique, la branche idéologique du Parti du Congrès National (NCP) du président, selon des témoins. La veille, le NCP avait reporté sine die un rassemblement de soutien au chef de l'Etat prévu jeudi à Khartoum.

 

 

 

"Notre révolution est pacifique"

Des foules sont aussi rassemblées dans les villes de Madani, Gadaref, Port-Soudan, Al-Obeid et Kassala, brandissant des drapeaux soudanais. A Khartoum, les meneurs du mouvement ont appelé la foule à "ne pas attaquer quiconque ou les biens gouvernementaux et privés". "Quiconque fera ça sera puni par la loi. Notre révolution est pacifique, pacifique, pacifique", a déclaré l'Alliance pour la liberté et le changement dans un communiqué.

 

 

Mais des manifestants ont mené un raid dans un bâtiment du NISS à Kassala (est), selon des témoins. L'un d'eux a indiqué à l'AFP que le raid était survenu après le refus d'officiers de relâcher des prisonniers détenus dans ce bâtiment. Il n'a pas été possible de déterminer si l'attaque a eu lieu avant ou après l'appel à la retenue des responsables du mouvement de contestation.

 


11/04/2019
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