L'AIR DU TEMPS

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16/06/2019
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Franceinfo - le vendredi 14 juin 2019

 

 

Ce qu'il faut savoir du "chat-renard" recensé en Corse et présenté comme une nouvelle espèce

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

 

 

 

L'Office national de la chasse et de la faune sauvage a révélé l'existence de cet animal, pourtant bien connu par les bergers de l'île de Beauté

 

 

 

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Un chat-renard endormi avant d'être relaché à Asco (Corse), le 12 juin 2019.  (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

 

 

 

Un poil gris aux reflets roux sur le ventre, des oreilles plus grandes que celles d'un chat domestique, une longue queue à anneaux... voici le "chat-renard""C'est une découverte extraordinaire", s'enthousiasme Pierre Benedetti, chef technicien de l'environnement à l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

 

 

De son nom corse, le "ghjattu-volpe" est une "nouvelle espèce de félins". C'est ce qu'annoncent en tous cas les chercheurs de l'ONCFS, responsables de l'étude consacrée à cette espèce en Corse et dévoilée vendredi 14 juin. Portrait-robot de cet animal. 

 

 

 

Il ressemble à un gros matou sauvage

S'il ressemble au premier coup d'œil à un félin domestique, le "chat-renard" a le poil soyeux, mesure 90 cm de la tête au bout de la queue, a des pavillons d'oreille "très larges", de courtes moustaches et des canines "très développées"

Animal extrêmement discret et aux mœurs nocturnes, il évolue dans les hauteurs montagneuses et fragmentées. La pose de colliers GPS a également montré que cette espèce se déplaçait loin, jusqu'à 2 500 mètres d'altitude. 

 

 

 

Il est connu depuis longtemps par les chasseurs

Plusieurs références au "chat-renard" ont émaillé l'histoire. Ce chat sauvage "existait dans la mythologie mais n'avait été décrit que de façon très sommaire". Il figure aussi "dans la bibliographie des préfets du XVIIIe siècle, où il apparaît comme une bête fauve", souligne le chercheur Pierre Benedetti.

 

 

Dans le nord-ouest de la Corse, le "chat-renard" s'est surtout fait connaître pour les dégâts qu'il créait dans les troupeaux. Les bergers "racontaient que ces chats forestiers s'attaquaient aux mamelles de leurs brebis et chèvres. C'est à partir de ces récits, transmis de génération en génération, qu'on a commencé nos recherches", renchérit Carlu-Antone Cecchini, chargé de mission chat forestier à l'Office national.

 

 

"Pour nous, l'histoire commence en 2008 par la capture inopinée d'un chat dans un poulailler d'Olcani, dans le Cap Corse", raconte Pierre Benedetti. Cette capture lance l'ONCFS à la recherche du "chat-renard". "C'était un mythe et aujourd'hui c'est une réalité", se satisfait son collègue, Carlu-Antone Cecchini. "Au début, on nous prenait pour des fous mais aujourd'hui, quand on montre ce qu'on a comme données, les gens restent bouche bée", ajoute le chercheur auprès de l'AFP.  

 

 

 

Il a été étudié à partir de 2008

A la suite de cette attaque, un programme de recherche a été lancé en 2008 par l'ONCFS. Des pièges infrarouges nocturnes ont été mises en place. Quatre ans plus tard, des poils récupérés dans ces pièges ont permis d'établir le génome du "chat-renard". Son ADN le distingue clairement du chat sauvage continental. 

 

 

Depuis dix ans, les experts de l'ONCFS sont parvenus à identifier 16 "chats-renards", dont une femelle, dans les hauteurs montagneuses de la vallée d'Asco (Haute-Corse). Douze ont été capturés avant d'être relâchés, à la suite d'un bref examen. L'un d'entre eux a été capturé plusieurs fois puis équipé d'une puce avec un numéro d'identification, ce qui a permis d'étudier ses déplacements. 

 

 

 

Il n'est pas encore officiellement considéré comme une nouvelle espèce 

Aucune preuve de son existence n'avait été apportée avant cette étude. Mais cela suffit-il à le définir comme une nouvelle espèce ? "Oui et non", de l'aveu de Pierre Benedetti, interrogé par franceinfo. 

 

 

Le "chat-renard" n'apparaît pour l'heure dans aucune nomenclature officielle mais les chercheurs de l'ONCFS espèrent maintenant que cette espèce soit reconnue et protégée. Selon Futura Planète, 10 nouvelles espèces sont choisies chaque année par le jury de scientifiques de l'International Institute for Species Exploration (IISE), parmi les 18 000 découvertes. Dans ce même registre, 20 000 espèces disparaissent chaque année.

 


15/06/2019
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Une rarissime guêpe-coucou multicolore (famille des Chrysididae). Elle a été trouvée et photographiée à Bloemfontein, en Afrique du Sud. 

Crédits : Hrodulf Steinkampf
 

10/06/2019
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Originaire de l'Amérique du sud, le capybara est classé comme le plus grand rongeur au monde. Environ 1.5 M. Grand à l'épaule, 4 pieds. En longueur, et 75-150 lb. )

10/06/2019
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Oriental whip snake - The oriental whip snake is a very common rear-fanged venomous snake found here in Thailand’s rain forests.
 
Serpent de fouet oriental - le serpent à fouet oriental est un serpent venimeux très commun, trouvé ici dans les forêts tropicales de la Thaïlande.

10/06/2019
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Leadbetter's (or Fairy) Possum is one of the world's most endangered marsupials. Native to isolated forests in Australia, it is threatened by habitat destruction.

 

 

L'Opossum de leadbetter (ou fée) est l'un des marsupiaux les plus menacés au monde. Natif des forêts isolées en Australie, il est menacé par la destruction de L'Habitat.

 

 


08/06/2019
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Lion-Tailed Macaque have tufted and slender tails that resemble those of lions, hence their naming.

 

Les macaque à queue de lion ont des tails touffetés et mince qui ressemblent à ceux des lions, d'où leur nom.
 

08/06/2019
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Lichen Kate (markia hystrix) de l'équateur. Il présente un mimétisme exceptionnel et imite le colortation et la "texture" du lichen. Comme d'autres phaneropterine katydides m

 

 


08/06/2019
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Le faisan de Lady Amherst originaire du Sud-Ouest de la Chine et de l'extrême nord du Myanmar, mais a été introduit ailleurs. La femelle est beaucoup moins voyante.

 

 

 

 


08/06/2019
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Bébé singe feuille, il se trouve en Malaisie, en Birmanie et en Thaïlande.

 

 


08/06/2019
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Franceinfo - le dimanche 26 mai 2019

 

 

Fête de la nature : sur les traces du balbuzard pêcheur, un rapace qui a frôlé l'extinction

 

 

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Sarah TuchschererfranceinfoRadio France

 

 

 

Du 22 au 26 mai, la Fête de la nature propose des animations partout en France pour sensibiliser le public à la préservation des espèces. Le thème cette année : la nature en mouvement

 

 

 

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Un balbuzard pêcheur pris en photo dans à proximité de Grand-Case sur l’île de Saint-Martin, aux Antilles, en 2017. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

 

 

 

La 13e édition de la Fête de la nature se poursuit jusqu'à dimanche 26 mai. Créée par le Comité français de l'union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l'événement a pour but de sensibiliser le grand public aux problématiques de préservation des espèces végétales et animales. Le Loiret propose par exemple de revenir sur les traces du balbuzard pêcheur, un rapace qui a frôlé l'extinction. Grâce à des actions de protection menées depuis quelques années, ses effectifs augmentent à nouveau.

 

 

 

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Marie-des-Neiges de Bellefroid, chargée de projets au sein de l’association Loiret Nature Environnement, sur le site de l'étang du Ravoir, le 10 mai 2019. (SARAH TUCHSCHERER / FRANCE-INFO)

 

 

 

Dans la forêt d'Orléans, l'étang du Ravoir est un lieu d'observation idéal. 

 


L'Office national des forêts y a aménagé une cabane en bois avec une vue sur les nids de balbuzards. Avec sa paire de jumelles, Colette est justement en train d'observer un couple de balbuzards, en pleine couvaison : "On observe le balbuzard qui est posté dans un arbre. On attend qu'il bouge. Il est là, on est content", raconte-t-elle.

 

 

 

Chasse, déforestation... Le balbuzard fragilisé

Marie-des-Neiges de Bellefroid, de l'association Loiret Nature Environnement, l'a vu arriver au mois de février. Il repartira pour l'Afrique après l'été. Entre temps, si tout va bien, deux ou trois petits seront nés. "Ils ne quittent jamais leur nid. Ni les œufs ni les jeunes ne sont abandonnés, sinon une corneille peut venir prendre l'œuf ou le poussin, explique-t-elle. Le froid ou le soleil peuvent aussi détruire la couvée." 

 

 

L'homme est aussi un prédateur pour le balbuzard. C'est à cause de la chasse qu'il a failli disparaître en France. Aujourd'hui encore, la cohabitation entre le rapace et certaines activités pratiquées dans la région n'est pas évidente : "Le balbuzard est un mangeur de poissons. Des pisciculteurs voient fréquemment le balbuzard venir pêcher dans leurs bassins", reconnaît Marie-des-Neiges de Bellefroid.

 

 

 

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Un balbuzard pêcheur pris en photo en action de pêche au large de l'Île de Sanibel, en Floride, en 2009. (MELVIN GREY / MAXPPP)

 

 

 

L'association s'adresse aussi à ceux qui exploitent la forêt pour que les arbres sur lesquels des nids sont installés ne soient pas abattus. Marie-des-Neiges de Bellefroid insiste, le balbuzard a besoin de protection. "C'est une espèce qui est en expansion lente. Elle n'est pas en déclin mais avec 100 couples pour une espèce ça reste une espèce fragile", prévient-elle. Dans le dernier rapport de l'Union internationale pour la conservation de la nature, un tiers des espèces d'oiseaux présentes en France sont considérées comme menacées.

 


26/05/2019
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Franceinfo - le jeudi 23 mai 2019

 

 

Le Botswana, principal territoire des éléphants d'Afrique, lève l'interdiction de les chasser

 

 

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions
 

 

 

 

Le gouvernement promet qu'elle se fera de manière "éthique" et justifie sa décision par la difficulté de contrôler une population grandissante de pachydermes, la plus importante d'Afrique

 

 

 

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Les éléphants dans le parc national de Chobe, au Botswana, le 14 juillet 2017. (DELTA IMAGES / CULTURA CREATIVE / AFP)

 

 

 

Après cinq ans d'interdiction, la chasse aux éléphants va pouvoir reprendre au Botswana. Le pays, qui abrite la plus grande population d'éléphants d'Afrique, a levé son moratoire mercredi 22 mai. Une mesure destinée à satisfaire les agriculteurs, pour qui la population grandissante de pachydermes était devenue un problème, au point d'avoir un effet négatif sur leurs revenus.

 

 

Une étude a montré "que les conflits entre humains et éléphants ont augmenté en nombre et en intensité et affectent de plus en plus les moyens de subsistance" des habitants, a affirmé le ministère de l'Environnement du pays. 

Ce dernier a promis que la chasse reprendrait "de manière ordonnée et éthique".

 

 

 

Une pratique qui avait été interdite en 2014

A cinq mois de la prochaine élection présidentielle, les députés du parti au pouvoir faisaient pression pour lever l'interdiction de la chasse, affirmant que les populations d'éléphants étaient devenues ingérables dans certaines régions. En face, les défenseurs de la faune sauvage estiment qu'un retour de la chasse risque de ruiner le tourisme botswanais, pilier de l'économie du pays.

 

 

La chasse commerciale aux animaux sauvages menacés, dont les éléphants, avait été interdite en 2014 par le précédent président botswanais, Ian Khama. Son successeur, Mokgweetsi Masisi, arrivé au pouvoir l'an dernier, avait pris ses distances avec la politique de défense à tout prix de la faune sauvage.

 

 

Le Botswana a de loin la plus importante population d'éléphants en Afrique, avec 135 000 individus recensés en 2015, qui se déplacent librement et dont beaucoup passent en Namibie, en Zambie et au Zimbabwe. Certains experts estiment que leur nombre pourrait désormais atteindre 160 000, ce qui représenterait une multiplication par trois en trente ans.

 

 

Le braconnage constitue la principale menace qui pèse sur les pachydermes, dont les défenses se vendent à prix d'or en Asie, notamment pour servir les besoins de la médecine traditionnelle. A l'été 2018, l'ONG Eléphants sans frontières avait alerté sur une vague de braconnage au Botswana, et rencensé au moins 90 carcasses d'éléphants entre juillet et septembre.

 


23/05/2019
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Franceinfo - le mercredi 15 mai 2019

 

 

Algérie : des dromadaires victimes d'une nouvelle maladie à prion

 

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Mohammed MoudjouThe ConversationFrance Télévisions
 

 

 

D'origine encore inconnue, une maladie à prion (protéine infectieuse) a été détectée sur des camélidés du pays, qui en compte près de 350 000. "La présence d’un prion dont la dissémination pourrait être très efficace représente un réel danger pour ce patrimoine saharien", prévient le chercheur Mohammed Moudjou. Il s'en explique dans The Conversation

 

 

 

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Dromadaire de la province de Biskra, en Algérie.  (Blackmysterieux/Wikimedia, CC BY-NC-ND)

 

 

 

Une nouvelle maladie touchant les dromadaires du désert algérien a été détectée en 2018 : les Touaregs et autres nomades du désert pourraient-ils un jour se voir privés de leur animal fétiche qui leur sert à la fois de moyen de déplacement, de transport de marchandises et de source de nourriture ?

 

 

La maladie en question a déjà sévi en Europe, et plus particulièrement au Royaume-Uni dans les années 1985-2010. Il s’agit de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), une maladie à prion plus connue sous le nom de "maladie de la vache folle". Une autre maladie à prion a aussi été détectée récemment chez les cervidés dans les pays scandinaves depuis avril 2016.


À lire aussi : La saga du prion : après la vache folle, les élans et les rennes fous ?


famille des maladies du mauvais repliement des protéines, à l’instar des maladies d’Alzheimer et de Parkinson.

 

 

Trois premiers dromadaires malades en 2018

Grâce aux recherches et à l’acharnement de deux chercheurs algériens, Baaissa Babelhadj, vétérinaire de l’université de Ouargla et Semir Bechir Suheil Gaouar, chercheur en génétique moléculaire à l’université de Tlemcen, les premiers cas de dromadaires touchés par un prion ont été reportés en 2018. Il s’agit de trois animaux âgés de 11 à 14 ans.

 

 

Dès 2014, les deux chercheurs avaient commencé à observer des cas de dromadaires destinés à l’abattage présentant des comportements et des symptômes particuliers : hyperactivité, tremblements, grincement de dents, agressivité, mouvements répétitifs et anormaux de la tête, démarche chancelante, perte de contrôle des membres, chutes occasionnelles et difficultés à se lever. La maladie évoluait vers un décubitus et la mort des animaux en 3 à 8 mois.

 

 

Selon les deux scientifiques, 3,1 % des dromadaires envoyés à l’abattoir de Ouargla entre 2015 (20 cas sur 937) et 2016 (51 cas sur 1 322) présentaient ces symptômes, ce qui correspond à une fréquence assez élevée. D’après une enquête rétrospective auprès des éleveurs et le personnel d’abattoirs, de tels symptômes auraient été observés dès les années 1980.

 

 

 

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On estime à 350 000 le nombre de dromadaires en Algérie, animal emblématique et indispensable à la vie économique et sociale. (M. Moudjou, Author provided)

 

 

 

Une nouvelle forme de prion découverte

L’analyse des encéphales des camélidés infectés a permis d’identifier une nouvelle forme de prion appelée « camel-prion disease ». Une étude approfondie a été engagée avec le laboratoire de référence européen des maladies à prion à Rome et a conduit à une publication dans la revue scientifique Emerging Infectious Diseases en 2018. Pour des raisons obscures, ceci a valu aux deux scientifiques algériens et au ministère de l’Enseignement supérieur un avertissement de la part du ministère de l’Agriculture.

 

 

Il s’agit de la première description d’une maladie à prion chez les camélidés dans le monde. Son origine est totalement inconnue à ce stade des investigations. L’Algérie est un pays dit indemne d’autres formes de maladies à prions animales (vache folle, tremblante du mouton et de la chèvre). Mais cela ne garantit pas l’absence de ces maladies du territoire. En effet, pas ou peu de tests sont réalisés, et il n’y a pas d’informations sur l’existence d’une réelle surveillance clinique. Il est néanmoins utile de rappeler ici que si l’Angleterre a interdit les farines animales en 1988 après la découverte de l’ESB dans son cheptel (les farines animales étant le vecteur de transmission de l’ESB au sein des bovins), elle a continué à les exporter vers les pays étrangers. Les pays en voie de développement ont ainsi importé plus de 30 000 tonnes de ces farines jusqu’en 1991.

 

 

Ce qui est inquiétant dans l’histoire du camel-prion, c’est sa distribution dans des organes périphériques lymphoïdes (rate, ganglions lymphatiques), en plus du système nerveux central. Ceci souligne une forme infectieuse de la maladie dont le pouvoir de dissémination pourrait être important, à l’instar de ce qui est documenté pour la tremblante du mouton, la maladie du dépérissement chronique (MDC) des cervidés ou pour le variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (ESB chez l’homme).

 

 

 

Un risque potentiel de transmission à l’humain

Le risque pour les populations autochtones, du fait de la consommation de viande, de lait et d’autres tissus est à considérer sérieusement étant donné le pouvoir de franchissement de la barrière d’espèce de ces pathogènes atypiques.

 

 

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la population de camélidés dans le monde est estimée à 28 millions d’animaux, dont 88 % vivent en Afrique.

 

 

L’Algérie compte près de 350 000 dromadaires, répartis dans trois grandes régions d’élevage (sud-est, sud-ouest et extrême sud) ; les effectifs ayant nettement augmenté depuis le début des années 2000. Cet élevage représente un intérêt économique, social et culturel dans le pays. La présence d’un prion dont la dissémination pourrait être très efficace représente un réel danger pour ce patrimoine saharien. Il serait alors utile d’évaluer assez rapidement l’incidence réelle de cette nouvelle pathologie, et d’identifier son origine en Afrique.

 

 

 

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Caravane de dromadaires dans le désert saharien.  (Denis Burdin/Shutterstock, CC BY-NC-ND)

 

 

 

Une origine encore mystérieuse

D’où le camel-prion peut-il bien provenir ? S’agit-il d’une forme spontanée spécifique aux dromadaires ? Est-il issu d’une forme dérivée d’une autre espèce après consommation de produits contaminés par d’autres prions (tremblante, ESB) ? Quant à la probabilité d’une contamination iatrogène (acquise suite à un traitement médical), elle reste faible du fait de l’absence de programmes de vaccination chez les dromadaires. En effet, des moutons vaccinés en Écosse et en Italie par des vaccins contaminés par l’agent de la tremblante a provoqué une épidémie dans les cheptels écossais au milieu des années 1930 et italiens en 1997.

 

 

L’hypothèse d’une contamination alimentaire a été étayée par l’un des chercheurs dans un entretien accordé au HuffPost :

 

 

 

« Nous ne sommes pas encore sûrs de cela, mais il se pourrait que ce soit le changement de régime alimentaire des dromadaires qui ait causé l’apparition de cette maladie, mon collègue le Dr. Babelhadj m’a envoyé des photos de chameaux, non loin d’une base-vie, en train de manger des saucisses… alors que nous savons tous que les chameaux ne mangent que l’herbe habituellement ».

 

 

 

Cependant, les caractéristiques biochimiques de la protéine prion infectieuse identifiée dans le cerveau des dromadaires sont différentes de celles de la tremblante classique ou de l’ESB. Les expériences en cours (inoculation à des souris de laboratoire) apporteront des éléments de réponse quant au risque de franchissement de la barrière entre espèces, plus particulièrement le risque zoonotique (transmission à l’humain).

 

 

 

Des mesures nécessaires pour enrayer la maladie

Afin de prévenir la transmission de la maladie à court terme, des mesures d’épidémiosurveillance active doivent être mises en place dans les pays où l’élevage et la consommation de produits issus de camélidés (Afrique, Moyen-Orient…) est monnaie courante. Une autre démarche qui a déjà été entreprise par les chercheurs algériens consiste à étudier le gène de la protéine du prion normal des dromadaires afin de savoir s’il existe des génotypes résistants à cette maladie, comme cela a été décrit chez d’autres espèces (mouton, chèvre, humain).

 

 

Une sélection génétique des animaux résistants pourrait mettre fin au camel-prion. Il faudra alors espérer que d’autres souches de prion ne surgissent et ne s’adaptent, comme ce fut le cas pour la tremblante du mouton atypique appelée Nor98 identifiée par Sylvie Benestad en Norvège en 1998.

 

 

Comme pour la maladie touchant les cervidés des Lapons et au-delà des considérations économiques, il est essentiel de réagir face à ces nouveaux pathogènes émergents qui touchent un patrimoine ancestral de l’humanité et menacent d’autres espèces animales.

 

 

The Conversation

Mohammed Moudjou, Ingénieur de recherche à l'Inra. Biochimiste, spécialiste des maladies à prion, Inra


Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 


14/05/2019
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