L'AIR DU TEMPS

L'AIR DU TEMPS

le Progrès du jeudi 10 août 2017

 

 
 
    TERRORISME - L'ATTAQUE À LEVALLOIS-PERRET RELANCE LE DÉBAT SUR
       L'UTILITÉ DE L'OPÉRATION SENTINELLE

 

 

 

DES MILITAIRES DEVENUS DES CIBLES TROP FACILES

 

 

Si soldats on été renversés hier matin par une voiture qui a délibérément foncé sur un groupe de militaire de l'opération Sentinelle à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). le conducteur présumé, un Algérien de 36 ans, a été arrêté quelques heures plus tard près de Calais. L'homme a été grièvement blessé.

 

 

Les militaires de l'opération Sentinelles sont-ils devenus avant tout des cibles ? La question est posée après l'attaque qui a eu lieu hier matin à Levallois-Perret, en banlieue parisienne. Une voiture a foncé sur un groupe de soldats du 35e régiments d'infanterie de Belfort qui sortaient d'un local utilisé pour l'opération Sentinelle. Six militaires ont été blessés, la plupart légèrement. Leur pronostic vital n'est pas engagé.

 

 

D'après Patrick Balkany, le maire de Levallois-Perret, la BMW était pré-positionnée dans l'allée et a foncé sur les soldats de Sentinelle au moment où ils partaient en patrouille. "C'est un acte délibéré", a confirmé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb qui s'est rendu au chevet des militaires blessés. Le parquet anti-terroriste a immédiatement ouvert une enquête pour tentative d'assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique en lien avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroristes.

 

 

 

Six attaques en deux ans et demi

 

Après une chasse à l'homme de plusieurs heures, le conducteur présumé de la BMW a été arrêté à la mi-journée sur l'autoroute A16 près de Calais. L'homme, un Algérien de 36 ans domicilié dans les Yvelines qui n'était pas armé, a été grièvement blessé alors qu'il tentait de prendre la fuite. Le véhicule a été criblé de balles, dont cinq ont atteint l'auteur présumé de l'attaque. La BMW de location aurait été retrouvée grâce à son système de géolocalisation.

 

 

Cette attaque est la sixième visant les militaires de l'opération Sentinelle depuis sa mise en place après les attentats de janvier 2015. Auparavant, l'armée était déjà mobilisée à un niveau plus modeste dans le cadre des patrouilles Vigipirate pour lesquelles elle fournissait environ un millier d'hommes sur 3 000.

 

 

 

"Une réponse militaire à un problème qui ne l'était pas"

 

Le dispositif Sentinelle avait été porté temporairement de 7 000 à 10 000 soldats après les attaques terroristes du 13 novembre 2015. L'armée est prête à déployer cet effectif de 10 000 militaires en cas d'alerte attentat au niveau maximal. Les soldats n'ont jamais été autant sollicités pour des missions intérieure depuis la fin de la guerre d'Algérie.

 

 

Avant d'être poussé à la démission pour avoir critiqué les 850 millions d'euros d'économies imposées aux militaires, le général Pierre de Villiers, ancien chef d'état-major des armées, s'inquiétait des fortes tensions pesant sur l'armée engagée tous azimuts contre le terrorisme, en Afrique, au Moyen-Orient et en France avec l'opération Sentinelle.

 

 

En juin 2016, les ex-députés Olivier Audibert-Troin et Christophe Léonard constataient dans un rapport parlementaire que "c'est en sous-effectif que les armées doivent assurer l'opération Sentinelle". Ils dénonçaient par ailleurs les "risques" sur le moral des militaires liés à l'installation d'une mission aussi exigeante dans la durée.

 

 

Plusieurs militaires ont rompu leur contrat après avoir craqué parce qu'ils ne s'étaient pas engagés pour patrouiller dans les gares ou des centres commerciaux. À cette lassitude j'ajoute la multiplication des attaques qui donne l'impression aux soldats d'être devenus des "para-tonnerres", comme le souligne Elie Tenenbaum, chercheur au Laboratoire de recherche sur la Défense de l'Ifri (Institut français des relations internationales). Pour François Heisbourg, président du Centre de politique de sécurité de Genève, Vigipirate comme Sentinelle représentent "une réponse militaire à un problème qui n'était pas militaire à un problème qui n'était pas militaire".  Le 14 juillet dernier, Emmanuel Macron avait d'ailleurs annoncé que Sentinelle allait être revue "en profondeur pour prendre en compte l'effectivité et l'évolution de la menace". Luc Chaillot

 



12/08/2017
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